‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.53Chapitre 36 sur 74 · LALLEMENT · texte numérisé non relu

LALLEMENT

duislt à admettre qu'ils ont pour point de départ les perles séminales involontaires, dont il a peut-être exagéré la fréquence et la gravité, mais dont il a, en réalité, tracé une histoire complète et du plus haut intérêt, tant au point de vue philosophique qu'au point de vue pratique. Cet ouvrage est, avec les lettres sur l'encéphale, un des plus remarquables de la médecine contemporaine. On doit à la plume de Lallemand les traités ou mémoires suivants :

\. Obs. i)athologiques propres à éclairer plusieurs iwints de plnjsiologie. Th. de Paris. 1818, n° 165, m-i"; 2^ édit. Paris, 1824, in-S°, fig. — II. Becherclics nnatomico-pathologiques sur l'encéphale et ses dépendances (lettres 1 à 9). Paris, 1820-54, 5 yoI. in-8° — III. De Vinfluence de V inflammation aiguë sur la cohésion de tous les tissus. In Ann. cliniques de la Société de médecine de Montpellier, t. I, p. 233; 1822. — IV. Sur le ramollissement des tissus organiques considéré comme effet de l'inflammation. In Journ. iiniv. des se. me'd.. t. XXVII, p. 5; 1822. — y . Considération et ohserv. sur les effets des jjréjmrations d'or. Ibid,, p. 129. — YI. Opération d'un anus contre nature, ibid., t. XXVIII, p. 235; 1822.

— VII. Obs. d'abcès par congestion, ibid., p. 248. — VIII. Observ. .<!ur une amputatioti de la mâchoire faite avec succès. Ibid., p. 340. — IX. Pupille artificielle pratiquée avec succès. In Arch. gén. de wie'rf., 1'° série, t. lY, p. 67; 1824. — X. Plaie à la face avec perte de substance guérie par l'application d'un lambeau détaché des parties voisines. Ibid., p. 242.

— XI. Obs. pour servir à l'histoire des hypersar cases du cœur. Ibid., t. V, p. 520; 182i. — XII. Obs. sur les maladies des organes génito-urinaires (rétrécissements) Paris et Montpellier, 1824-27, (2 part.), in-8''. — XIII Pièces relatives à la suspension de M. Lallemand dans ses foncions de cldrurgien en chef à l'Iiôpital Saint-Éloi. yicti, 1821, in-S". — XIV. Réflexions sur le traitement des fistules vésico-vaginalcs , nouveau 7noycn, etc. In Arch. gén. deméd., 1" sér., t. VII, p. 481 ; 1825. — XV. Remarques sur l'inflammation chronique du col de la vessie et l'incontinence d'urine chez les enfants. Ibid., t. XIII, p. 40C; 1827. —

XVI. Observ. sur une tumeur anévrysmale ayant son siège dans les artères du tibia, accomagnée de circonstances insolites. In Répert. d'anat. et de physiol., t. II, p. 137; 1826. —

XVII. Moyen défaire disparaître les taies (macul?e cornefe). In Ephém. de Moiitp. 1826. —

XVIII. Obs. prises à la clinique du prof. Lallemand. In Ephém. de Montp., à partir de 1820. t. I, et suiv. — XIX. Anus contre-nature guéri par la méthode du Bupuytren. In Répert. d'anat. et de physiol., t. VII, p. 155; 1829. —XX. Clinique médico-chirurgicale, recueillie et publiée par E. Verdier et A. Marcus. Montp., 1834, in-8''. — XXI. Des pertes séminales involontaires. Paris, 1835-45, 3 vol in-S", en 5 part.— XXII. Le hachych par Germanos (Lallemand) . Paris, 1843, in-12 ; 2» et 3« édit. (réimpression) avec le nom de l'auteur. Paris, 1847 et 1848, in-12. — XXIII. Clinique chirurgicale rédigée par H. Kaula. Paris, 18i5, in-8°, en 2 part. — WVi. Éducation publique, 1'° part, (éducation physique). Paris, 1848, in-12; 2= part, (éducation morale) , ibid., 1852, in-12. E. Bgd.

li.%LLi:mEniT (M. P.), ancien élève de Desault. Après avoir succédé à Boyer dans la place de chirurgien adjoint à l'école de perfectionnement, il passa à la Salpctrière avec le titre de chirurgien en chef qu'il conserva jusqu'à sa mort ; il occupa aussi la place de professeur à la Faculté de médecine de Paris, où il devait enseigner les maladies des os. Mais une timidité poussée jusqu'à la pusillanimité la plus puérile, l'éloigna de la chaire, il ne paraissait guère à la Faculté que pour les examens dans lesquels il montrait une connaissance très-approfondie des auteurs anciens, ce qui lui avait valu une réputation d'érudit. Éliminé avec les autres professeurs, en 1823, il refusa de reprendre sa place lors de la reconstitution, en 1830, et il mourut peu de temps après.

Lallement a peu écrit, peu enseigné; si nous le mentionnons ici, c'est surtout en raison de son titre de professeur.

I. Propositions chirurgicales. Th. de Paris, 1803, n''53. — II. Observât, sur quelques maladies de l'utérus. In Mém. de la Soc. méd. cVémulat., t. III, p. 521; an VIII. —III. Obs. d'une gastro-entcrocèle. In Journ. de Corvisart, t. I, p. 529, 1801. — IV. Obs. sur une tumeur d'apparence stcatomateiise placée dans lajwitrinc. Ibid., t. II, p. 24, an IX. — V. Sur une hernie crurale droite, contenant l'utcrus, les trompes de Fallope, les ovaires, une "orlic du vagin et une portion considérable d'épiploon, ibid., t. XXXV, p. 1 ; 1816. — YI. Ubs. sur une jeune fille de 22 ans qui portait au-dessus de la protubérance occipitale

1S8 LA MALOU (eaux minéuales de).

externe une tumeur du volume d'un çjros œuf. In Bulletin de la Faculté de méd.,^. 351; 1813. ^- *^<^°-

LA MALOU (Eaux mikérales de), hyperthermales , mésothermales, hypothermaies , protothermales ou alhermales , bicarbonatées sadiques et calciques moyennes, ferrugineuses faibles, arsenicales, carboniques fortes, moyennes ou faibles, est un liameau du département de l'Hérault et de l'arrondissement de Béziers. Il a 39 habitants seulement ; les griffons des sources se trouvent dans les communes de Yillecelle, des Aires et de Taussac. On se rend de Paris à La Malou par les chemins de fer de Lyon, Tarascon, Cette, Béziers et Bédarieux. Une voiture parcourt en quarante minutes les 7 kilomètres qui séparent Bédarieux de La Malou. Le versant oriental du mont Caroux domine la vallée arrosée par l'Orb ; le climat est chaud pendant la journée, mais les matinées et les soirées y sont assez fraîches. M. le docteur Privât, inspecteur de La Malou, a pris trois fois par jour la température des mois de l'année depuis 1850 jusqu'en 1857 et il a trouvé que la température moyenne du mois Ae juin 1850 a été de 20»,5 centigrade; que celle du mois de jwiZ/ef a étéde '21",7 centigrade; que celle du mois d'aoMfaété de 23%6 centigrade ; que celle du mois de septembre a été de 1 7" centigrade.

La colonne barométrique oscille en général de 5 millimètres pendant la saison thermale, qui commence le 1" mai et finit avec le mois d'octobre. Ces dates sont de convention, car on peut suivre à la rigueur un traitement thermal à La Malou pendant toute l'année. La moyenne des jours de pluie par an est de 22 ; le vent dominant est celui du nord-ouest, lèvent du sud-est amène la pluie. Les orages viennent ordinairement du sud-ouest.

Douze sources principales émergent à La Malou, car il en est un grand nombre d'autres qui n'ont jamais été captées et qui n'ont aucun usage. Celles qui nous intéressent se nomment : 1° la Grande source de La Malou-le-Bas , 2° la Petite source de La Malou-le-Bas, 3" la Grande source de La Malou-du-Centre, ¥ la Petite source de La Malou-du-Centre, 5° la source Ancienne de La Malou-k- Haut, 6" la source Nouvelle de La Malou-le-Haut, 1° la source de la Verniî're, 8° ]a source Cardinal, 9» la source de la Vey russe, 10" la source du Capiis, 11» la source du Petit-Vichy, 12" la source de la Mine.

1" et 2" La Grande et la Petite source de La Malou-le-Bas ou de La M(dou- / 'ancien émergent à 194 mètres au-dessus du niveau delà mer, au pied d'un coteau appelé Usclade. La petite source de La Malou-le-Bas, connue aussi sous le nom de source Stoline, alimente la buvette et un bassin spécial destiné aux enfants et aux personnes qui doivent se baigner dans une eau d'une température peu élevée; elle fait monter le thermomètre à 54° centigrade à son griffon, mais elle n'a que 52" au robinet de la buvette et 51" lorsqu'elle arrive à la piscine. La Grande source envoie son eau à deux piscines, à quatre baignoires et à deux cabinets de douches. L'eau de la Grande source de La Malou-le-Bas a ordinairement 55" à 36" centigrade ; elle sort du micaschiste par plusieurs griffons qui alimentaient directement les piscines. Les eaux de la Grande et de la Petite source de La Malou-le-Bas ou l'Ancien sont très-hmpides ordinairement, inodores, incolores lorsqu'elles sont dans une vase d'une petite capacité ; mais lorsqu'on les voit en masse elles semblent un peu ocreuses. Lorsqu'on les laisse séjourner pendant quelques jours dans le même bassin, il se forme à leur surface une pellicule chatoyante et plus tard une croiite grisâtre plus épaisse, comme cela s'observe à beaucoup d'établissements dont les eaux sont assez fortement bicarbonatées. Une quaiuiié assez notable de bulles gazeuses, en général d'un assez gros volume,

LA MALOU (eaux minéra'es de). 189

s'é|janouissent à la surface de l'eau. La saveur des eaux de la Grande et de la Petite source de La Malou-lc-Bas qui n'en est probablement qu'un filet distinct, éloigné seulement de 25 mètres de celui de la Grande source, est à la fois piquante et slyptique; la densité de l'eau de ces deux sources est de 1,1000 et leur débit est de 5,760 mètres cubes en vingt-quatre heures.

M. le professeur Bérard (de Montpellier) a analysé, en 1849, l'eau de la Gi'ande source; il a trouvé dans lUUO grammes les principes fixes et gazeux qui suivent :

Bicarbonate de soude 0,7711

— chaux 0,4528

— magnésie 0,1863

— potasse 0,1''242

Chlorure de sodium 0,0187

Silice 0,0638

Alumine 0,0.")02

Protoxyde de fer 0,0251

Sulfate de soude traces.

Matière organique azotée nature et quantité indéterminées.

Total des matières kikes 1,6722

Gaz acide carbonique 0 litre 8280

M. Bérard ajoute : « La présence de l'arsenic dans cette eau est incontestable ; il Y est contenu probablement à l'état d'arsénite de fer qui se dépose pour la plus grande partie dans les bassins. »

Cette eau laisse déposer un sédiment très-abondant, d'une couleur jaune rougeàtre qui devient moins foncé au contact de l'air. Ce dépôt a d'abord un aspect gélatineux, mais il se durcit avec le temps. C'est lui qui contient surtout de l'arsenic.

5" Grande et Petite source de La Malou-du-Centre. Elles émergent à 400 mètres plus haut et plus au nord que les deux sources de La Malou-le-Bas. Les deux griffons de ces sources se nomment encore la source Bourges. La Grande source a une température de 28" centigrade, et la Petite source de 16° centigrade. M. Albert Moitessier, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Montpellier, a publié un travail sur les quaUtés physiques et chimiques de la source Bourges ; ce savant a contrôlé ses premières expériences et le journal le Montpellier médical a fait connaître, dans le numéro de septembre 1865, les résultats auxquels il e»t arrivé. «L'eau de la source Bourges, dit M. Moitessier, laisse déposer des sédiments ocracés qui sont depuis longtemps déjà l'objet d'applications médicales ; j'en ai étudié avec soin la composition chimique. J'ai aussi analysé cette eau et les sels qu'on en obtient par l'évaporation et voici les résultats de m'în analyse : 1 000 grammes d'eau renferment les principes suivants :

Bicarbonate de soude 0,4507

— potasse 0,1560

— lithine traces,

— chaux 0,6261

— strontiane traces.

— magnésie 0,1951

— fer 0,0224

— manganèse iraoes.

Chlorure de sodium 0,0166

Sulfate de chaux 0,04-25

Phosphate de soude traces.

Arséniate de soude 0,0004

Borate de soude \

Sulfate de cuivre . . . ] ^^^^^^'

Silice 0,0280

Alumine .•;,..(

Acide crénique et apocrénique .....) '^^^^*-

Total des matières fixes 1 53" 8

190 LA MAluu (eaox minérales de).

j Acide carbonique libre 704 cent, cubes 5

Gaz } "Oxygène 0 — 5

( Azote 6 — 5

Total des gaz 711 cent, cubes 5

« Les sels obtenus par évaporation et les sédiments que laisse déposer l'eau de la source Bourges ont donné sur 1 00 parties les résultats suivants :

Sels. Sédiments.

Carbonate de soude 27,33 »

— chaux 40,96 ....... 14.52

— potasse 8,61 »

— litbiiie

. ■ 5 traces,

stiontiane )

— magnésie 11,07 -1,10

Peroxyde de fer 1,00 61,40

— manganèse 0,05 0,13

Silice » 4,20

Oxyde de cuivre 0,01 ... 0,05

— cobalt »

— nickel »

Chlorure de sodium 1,93

Sulfate de chaux 3.71

— baryte >

— strontiane .... ■>

Phosphate de soude i

BoL'ule de soude . |

Arséniate de fer 0,05 0,08

.Acides organiques 1,07 »

Matière organique » 18,30

Perte .... 1,21 0,15

traces.

Totaux 100,00 100,00

5" et 6" Source Ancienne et source Nouvelle de La Malou-le-Haut. L'émergence de ces deux sources a lieu à 600 mètres au-dessus et au nord de celle des sources de La Malou-du-Centre, au bout d'une avenue plantée de très-beaux cbàtaigniers. La source Ancienne est moins importante que la source Nouvelle depuis les travaux de sondage exécutés sous la direction de M. J. François . La température de la source Ancienne est de 31", 5 centigrade,- et celle de la source Nouvelle est de 35° centigrade. Le débit de cette dernière source est de 390,000 litres en vingt-quatre heures ; son eau est d'une saveur plus piquante parce qu'elle est plus chargée de gaz acide carbonique que celle de toutes les sources hyperthermales de La Malou, aussi recueille-t-on ce gaz pour les usages que nous indiquerons bientôt. M. le professeur Bérard (de Montpellier) a trouvé dans 1000 grammes de la source Nouvelle de La Malou-le-Haut les substances suivantes :

Carbonate de soude 0,3653225

— chaux 0,4000000

— magnésie 0,0667425

— manganèse 0,0060473

— fer avec crénate et apocrénate de aesqui-

oxyde 0,0221400

Chlorure de sodium 0,0085750

Sulfate de soude 0,0458500

— chaux 0,0270025

Phosphate d'alumine 0,0027450

SiUce 0,0180000

Alumine 0,0050000

Matière organique azotée , formant les acides crénique

et apocrénique de Berzelius 0,0599500

Total des matières fixes 1,0275730

I Acide carbonique lib re ou formant des hases. 1 litre 2649401

Gaz I Azote 0 — C063247

( Carbonate d'ammoniaque 0 — 0D4.»010

Total des gaz Iiitie27,ib658

LA MALOU (eaux jiinékales de). 191

7« Source de la Vemière. L'eau de cette source est limpide, transparente, incolore et inodore ; des bulles gazeuses la traversent en grand nombre et s'attachent aux parois des verres ; sa saveur est manifestement ferrugineuse. Exposée au contact de l'air, elle laisse déposer un sédiment ocracé qui contient une petite proportion d'arsenic. Sa température est de 17" centigrade. Cette eau n'a point encore été analysée. Elle constitue depuis 1865 une des buvettes de l'établissement Bourges ou de la Malou-du-Centre.

8» La source Cardinale été trouvée en 1847 en creusant les fondations de la chapelle. Son eau a 25°, 3 centigrade, elle est limpide et claire ; mais elle laisse déposer à l'air un sédiment ocracé très-abondant ; elle est moins chargée de gaz que la source de la Vernière ; sa saveur est aussi très-ferrugineuse. On ne connaît point encore la composition chimique exacte de l'eau de la source Cardinal.

9» La source de la Veijrasse est la seule qui, à La Malou, soit athermale, son eau n'a en effet que 13°, 4 centigrade ; elle est limpide, sans odeur, peu gazeuse ; son goût est légèrement ferrugineux. M. Ossiau Henry a trouvé que 1000 grammes de l'eau de la Veyrasse contiennent :

Bicarlioiiates anhydres de soude 0,562

— — potasse . . • 0,186

— — chaux 0,523

— — magnésie 0,174

— — strontiane indices.

— — fer 0,008

Sulfates alcalins et calcaires ) n im

CIdorures alcalins et terreux J '

lodure et bromure indices un peu doutoux.

Silice, alumine, matière organique i „ „„„

Principe arsenical et perte ) "•"^"

Total des matières fixes 1,641

Gaz acide carbonique libre 1/5* du volume environ.

10° Source du Capus. L'eau de cette source alimente les bains et la buvette du Capus; elle marque 2 2°, 8 centigrade. Cette eau est claire, hmpide, transparente, incolore et inodore ; elle est peu gazeuse ; sa saveur est notablement styptique et ferrugineuse. Elle laisse déposer aussi au contact de l'air un sédiment ocracé, plus abondant encore qu'aux autres sources de La Malou. Il contient une proportion notable d'arsenic. L'eau de la source du Capus n'a point été analysée depuis 1809; il serait intéressant de la soumettre à un nouvel examen. 1000 grammes ont donné à Saint-Pierre les principes fixes dont les noms suivent :

Sulfate de soude 0,062")

Chlorure de sodium 0,0512

Carbonate de soude , . . 0,1): 35

— chaux 0,0ii25

— magnésie 0,0082

— fer 0,0161

Uatière colorante et perte 0,0700

Total des matières fixes 0,3456

11° et 12* Source du Petit- Vichy et source de la Mine. Ces sources sont trèspeu importantes. La température de la première est de 23° centigrade, celle de la seconde est de 21° centigrade. L'analyse de l'eau de ces deux sources n'a jamais été faite. Nous ne faisons mention que pour mémoire d'une source, aujourd'hui abandonnée, dont le griffon émerge à 200 mètres plus haut que celui de la source de la Veyrasse, au miheu de l'eau du ruisseau qui decend à la vallée de La Malou.

Établissements. Les étabUssements de La Malou sont au nombre de trois ; ils se

'^- LA MALOU (eaux MiNtuALts ûe).

nomment. l'établissement de La Malou-Ie-Bas, l'établissement de La Malou-du- Centre et l'établissement de La Malou-le-Ilaut. Les malades qui ne doivent pas se contenter des buvettes intérieures et extérieures sont envoyés aux quatre buvettes du Capus, du Petit-Vichy, de la Vernière et de la Mine. L'établissement de La Malou-Ie-Bas ou de La Malou-l'Ancien est le plus important mais le moins confortable; c'est lui seul qui a fait la réputation des eaux de cette station thermale. Il a une piscine des hommes, une piscine des femmes et une piscine des enfants. Les hommes et les femmes ont aussi chacun leur cabinet de douclies. La buvette de l'établissement de La Malou-le-Bas est ahmentée par l'eau de la source Stohne, pi;is connue sous le nom de Petite source. Elle est très-fréquentée ; il n'en est pus de même des cabmets à double baignoire. Il est d'usage, en effet, que les malades préfèrent à La Malou les bains de piscines à eau courante. Les salles de douches sont au contraire très-suivies.

L'établissement de La Maloii-du-Centre, appelé encore étabhssement de VUlecelle, bains du Capus ou établissement Bourges, se compose de la buvette du Capus et de deux piscines, une pour chaque sexe, dans chacune desquelles quinze malades peuvent se baigner en même temps.

La maison des bains de La Malou-le-Ilaiit, ou bain Audibert, a été reconstruite sur les plans de M. François; elle renferme deux grandes piscines, des piscines de lamille où quatre personnes peuvent prendre leur bain, des baignoires avec ajutages de douches variées, deux cabinets de grandes douches et une buvette dont l'eau vient de la source nouvelle.

Des quatre buvettes spéciales de La Malou, c'est celle du Capus qui est la plus fréquentée.

Mode D'ADsiiNisTnATiON et doses. Les eaux des différentes sources <le La Malou sont administrées en boisson, en bains, en douches d'eau et de gaz. Les eaux de chacune des buvettes de La Malou-le-Bas, de La Malou-du-Centre et de La Maloule-Ilaut se prennent depuis un demi-verre jusqu'à huit et dix verres chaque matin à jeun, et à un quart d'heure ou à une demi-heure de distance. On ne débute par la dose d'un demi-verre que dans des circonstances exceptionnelles, il est exceptionnel aussi qu'il faille en ingérer dix verres. La dose journalière moyenne est de quatre à six verres. La source Cardinal est assez rarement employée, on lui préfère la source du Capus qui remplit à peu près les mêmes indications. Us buvettes du Petit-Vichy et de la Mine sont aussi beaucoup moins fréquentées que celle du Capus. Toutes ces eaux bicarbonatées ferrugineuses se prennent pures en général, le matin à jeun et à la dose de trois à six verres, qui doivent être bus à un intervalle de quinze à vingt minutes, c'est-à-dire, après que le dernier verre semble être digéré. L'eau des sources de la Veyrasse et de la Vernière sont prises à la source par quelques personnes, et leur dose varie de deux à quatre ou cinq verres ; mais il arrive souvent que les malades boivent à leurs repas l'eau de ces sources pures ou coupées de vin. Les eaux athermales de La Malou supportent le transport beaucoup mieux que celles de toutes les autres sources de cette station ; leur composition très-faiblement ferrugineuse et la quantité assez notable de gaz acide carbonique libre et en combinaison qu'elles renferment, les rendent très-utiles dans certains états fonctionnels de l'estomac que nous spécifierons bientôt. M. l'inspecteur Privât compare les effets thérapeutiques de l'eau de la Vernière à ceux de l'eau de Selters ou de Seltz naturelle. La composition élémentaire de ces deux sources est cependant loin d'être la même. Lorsque le médecin veut obtenir un effet reconstituant et analeptique énergique et promptemeut

LA MALOU (eaux minérales de). 193

réparateur, il conseille aux repas l'usage de l'eau franchement ferrugineuse de la source du Capus. Enfin, M. le docteur Privât s'est servi avec succès du sédiment de cette dernière source desséché et pulvérisé pour augmenter encore l'efficacité de l'eau.

La durée des bains d'eau est de cinq minutes seulement dans quelques cas rares, elle est quelquefois de quinze ou de vingt minutes, le plus souvent elle est d'une heure. Nous répétons que les bains de baignoires sont exceptionnels à La Malou et que les bains de piscines sont presque exclusivement mis en usage. L'application des douches d'eau varie depuis une jusqu'à quinze minutes suivant les indications. Les malades peuvent prendre des bains et des douches de gaz acide carbonique à l'établissement nouveau de La Malou-le-Haut, mais cette application thérapeutique est encore de date trop récente pour avoir donné tous les résultats qu'on est en droit d'en attendre, et qu'on obtiendra peut-être un jour, lorsque médecins el malades seront familiarisés avec ce moyen curalif particulièrement appliqué dans l'Allemagne centrale. On a l'habitude à La Malou de garder le lit pendant une heure en général après l'administration des bains et des douches d'eau et de gaz. On devrait imiter cet exemple aux stations thermales où cette coutume n'est qu'exceptionnellement suivie.

Emploi thérapeutique. Les sources dps trois stations distinctes et rivales, nous pourrions dire jalouses, do La Malou peuvent être étudiées sous trois points de vue qui feront comprendre tout d'abord leurs indications définies et spéciales. Les Grande et Petite sources de La Malou-le-Bas, de La Ma!ou-du-Centre et de La Malou-le-Haut en boisson et en bains, sont au débul quelquefois excitantes, mais leur emploi ne tarde pas à les faire classer dans les eaux calmantes, sédatives, byposlhénisantes. La boisson et les bains avec l'eau de la source du Capus sont franchement toniques et reconstituants. La composition manifestement chalybée de cette eau et sa protothermalité donnent une explication facile de son action thérapeutique. Les eaux des fontaines de la Veyrasse, de la Vernière, de Cardinal, du Petit-Yichy et de la Mine sont apéritives el; légèrement réconfortantes ; elles agissent à la façon des bicarbonatées carboniques moyennes, athermales ou protothermales; elles activent l'appétit et régularisent les digestions. L'eau de la source de la Veyrasse est la mieux acceptée par l'estomac, c'est la plus légère, c'est par elle que l'on doit commencer la cure interne chez les personnes extrêmement susceptibles. L'eau de la Vernière est parfaitement acceptée en général, par les organes digestifs des hommes anémiques chez lesquels l'emploi d'une eau ferrugineuse doit être conseillé : les femmes se trouvent presque toujours mal de sa fréquentation. C'est à la buvette du Capus qu'il faut les envoyer, tandis que les hommes peuvent rarement s'habituer aux eaux de cette source. Les eaux des sources Cardinal et du Petit- Vichy ont une composition chimique et une température presque identiques, leur action physiologique et curative est aussi à peu près la même. Leur, eau convient en boisson aux malades qui ont des affections des premières voies accompagnées de très-grandes douleurs, même lorsqu'une très-petite quantité de liquide est confiée à l'estomac. Les gastralgiques et les dyspeptiques doivent se rendre de préférence à la source du Petit- Vichy ; la source Cardinal moins carbonique et plus martiale, est mieux appropriée aux chlorotiques et aux anémiques. — La cure par les bains de piscine, nous l'avons dit, est presque exclusivement suivie aux trois établissements de La Malou. Les baigneurs qui se rendent pour la première fois à une des salles de piscine éprouvent presque toujours une sensation de coiistriclion de la poitrine et une dyspnée

DICT. ENC i.' i. l. 13

194 l'A MALOU (eaux minérales de).

passagère. Un sentiment de bien-être et de calme succède bientôt et porte les malades à prolonger la durée de leur bain. L'eau semble onctueuse ; elle fait ressentir une impression de chaleur agréable, de légers picotements à la peau, de souplesse et d'activité à laquelle les baigneurs ne sont pas accoutumés. Le système nerveux maladivement surexcité rentre dans une douce tranquillité ; le sommeil denent plus facile et moins agité. Le pouls augmente de deux à huit pulsations par minute pendant les premiers instants du bain, mais après un quart d'heure de séjour dans l'eau, le cœur et les artères battent moins fréquemment ; l'artère radiale qui indiquait 60 pulsations par exemple, ne laisse plus constater que 50 ou 52 battements par minute, après une immersion de trois quarts d'heure ou d'une heure. Ce que nous savons des effets physiologiques du gaz acide carbonique nous donne aisément l'explication de cette action sur la circulation sanguine. Il est rare que les bains, à l'exemple de l'eau en boisson, ne développent pas sensiblement l'appétit et ne régularisent pas les digestions. Les eaux de La Malou en boisson, mais surtout en bains avancent les époques menstruelles et rendent moins douloureux le flux cataménial des jeunes fiUes affectées de chlorose. Une action physiologique curieuse des bains et des douches d'eau minérale de La Malou consiste dans leur propriété singulière de déterminer quelquefois outre les picotements que nous avons notés, une rubéfaction générale de la peau, suivie ou non suivie de l'exfolialion de l'épiderme qui se détache par plaques assez larges et fait faire peau neuve aux baigneurs et aux douchés. — C'est le lieu de rappeler ici l'installation des bains généraux et des douches locales de gaz acide carbonique recueilli sur le griffon de la source Nouvelle de La Malou-le-Haut, et amené dans une salle de cet établissement thermal. Nous n'avons rien à ajouter aux remarques que nous avons faites en décrivant l'installation balnéaire de cette maison de bains, dont les appareils répondent mieux que ceux des deux autres établissements aux exigences d'une cure convenablement instituée.

Toutes les manifestations du rhumatisme sont du ressort de la médication par les eaux hyperthermales de La Malou ; la chlorose et l'anémie sont justiciables des eaux protothermales ou hypothermales de cette station minérale et spécialement de la source du Capus, de la source Cardinal ou du Petit-Yichy. Tous les rhumatisants, tous les chlorotiques et tous les anémiques chez lesquels l'élément nerveux est surexcité éprouvent à La Malou une sédation, un effet calmant qui donne à ces eaux une place complètement distincte parmi les hyposlhcnisantes. De tous les désordres rhumatoïdes, aucun n'a plus de chances de soulagement, de guérison même, que ceux causés par un état pathologique encore assez mal défini dans son essence de la moelle épinière ou de ses enveloppes. Le symptôme dominant est l'abolition plus ou moins complète de la sensibilité et plus souvent du mouvement dans les membres pelviens, et par suite, la grande difficulté ou l'impossibilité absolue de la station verticale ou de la marche. Les eaux hyperthermales de La Malou ont la réputation d'être très-efficaces alors et d'autant mieux indiquées que les malades sont plus anémiés et plus excitables. 11 serait intéressant à cette occasion de rechercher s'il n'est pas possible de trouver la raison qui conduit à distinguer les cas ressortissant de la sphère d'action des eaux de La Malou de ceux qui doivent être plus utilement traités par es eaux de Néris ou de Wildbad duWurtemberg ; mais nous croyons cette étude plus à sa place dans les générahtés que l'on trouvera à rarticle Eaux minérales. {Voy. ce mot.) Disons seulement ici que les eaux de Wildbad et surtout de Néris ont un effet sédatif moins primitif et moins prompt que celai des eaux de La Malou ; ces

LA MALOU (eaux minérales de). 195

dernières, ont aussi, par leurs éléments chalybés et carboniques, une action analeptique et dépressive de la circulation sanguine que l'on attendrait vainement à Néris ou à Wildbad. Les malades donc chez lesquels il serait inopportun ou dangereux d'enncliir un sang déjà trop pourvu d'éléments globulaires rouges, chez lesquels il faudrait provoquer de l'affaiblissement ou au moins une action doucement déprimante, se trouveront beaucoup plus logiquement adressés à Néris ou à Wildbad.

Nous avons signalé, en parlant de Bagnoles-de-l'Orne, une propriété de l'eau de la source dite Sulfureuse de cette station minérale qui, en boisson et en douches, guérit assez vite les désordres du mouvement chez les femmes qui ont eu un accouchement récent et souvent heureux. Les eaux des trois établissements de La Malou, cubains de piscine et en douches, ont souvent prouvé leur efficacité incontestable en semblable circonstance, et les auteurs anciens et nouveaux ijui, par leurs écrits, ont appelé l'attention des médecins sur La Malou, sont unanimes à atlribuer à ces eaux une grande puissance dans les paralysies, surtout dans les paraplégies avec déformations articulaires qui ont apparu d'un mois à trois mois après les couches. La paralysie de l'enfance, que peu d'établissements thermaux appellent, trouve aussi à La Malou, où une piscine spéciale est réservée au jeune âge, un moyen de traitement qui, à plusieurs reprises, a prouvé son heureuse influence.

Les névralgies rhumatismales et principalement la sciatique, doivent être signalées seulement. Parmi les névroses, l'hystérie et l'épilepsie sont celles qui se trouvent le mieux de l'usage à la fois interne et externe des eaux de La Malou. Nous appelons l'attention des médecins, avec nos deux confrères Chrestien père et Lalleniand, sur les quelques heureux résultats des eaux de La Malou dans le haut mal. Malgré l'autorité de ces noms, nous croyons que les cas observés par les deux médecins de Montpelher n'étaient point l'épilepsie proprement dite, que, pour notre compte, nous avons toujours vu empirer aux diverses stations minérales de l'Europe où on espérait les guérir. Du reste, c'est l'opinion qui a été exprimée en 1850 par M. le docteur Cardinal, alors inspecteur de La Malou, dans un travail présenté au conseil supérieur d'hygiène pubhque. Mais ce médecin déclare avoir vu guérir trois fois Vaura epileptica pendant une pratique thermale de six années. La chorée et la catalepsie sont aussi du domame des bains de piscine et des douches alimentées par les sources mésothermales de La Malou où l'on a souvent constaté que ces affections diminuent de jour en jour pour céder complètement, après un temps qui ne dépasse guère quinze ou vingt jours.

L'action favorable des eaux hyperthermales de La Malou dans les accidents rhumatismaux a tout naturellement conduit à l'emploi de ces eaux dans la goutte confirmée; mais les auteurs qui nous font connaître cette station intéressante, parmi lesquels nous devons citer en première ligne M. le docteur Privât, inspecteur actuel de ces sources, nous assurent que la podagre est au contraire exacerbée sous l'iniluence du traitement par les eaux de La Malou. L'action reconstituante des sources hypoLhermales, à la tète desquelles se place la source du Capus, avaient aussi fait concevoir l'espérance que ces eaux pourraient être enqjloyées avec succès dans l'anémie scrofuleuse. L'expérience n'a pas tardé à montrer qu'il était loin d'en être ainsi

Les eaux de La Malou, en boisson principalement, ont été recommandées dans certains engorgements hépatiques et spléniques, dans la gravelle du foie ou du rein, dans l'albuminurie et le diabète, dans les accidents consécutifs à la syphilis

et aux empoisonnements métalliques, dans le tabès dorsalis des Allemands, qui n'est autre chose qu'un épuisement occasionné par des excès de tout genre et surtout par l'onanisme et le coït trop fréquents, dans les paralysies traumatiques consécutives au dépôt d'un exsudât intérieur, et enfin dans les suites de fractures, de luxations et d'entorses.

M. le docteur Privât résume ainsi aux pages 42 et 43 de son excellente monographie sur les eaux de La Malou leurs contre-indications principales :

« Aux contre-indications générales à l'emploi de la plupart des eaux, telles que l'état pyrétique soit local soit général, la fièvre symptomatique, l'état cachectique; toute dégénérescence organique avancée ; la plupart des épanchements symptoi matiques dans les grandes cavités, etc., nous ajouterons, comme contre-indications spéciales à l'usage des eaux de La Malou :

« 1° L'engorgement actif de l'utérus et toute habitude fluxionnaire, de nature sthénique, sur cet organe ;

« 2° L'état de grossesse ;

(( 3° La diathèse scrofuleuse ;

« 4" La tuberculisation ;

« 5° Les affections cutanées en général. »

Dui-ée de la cure, de dix-huit à vingt jours. On suit assez souvent deux traite» ments thermaux dans la même année, l'un commence dans les premiers jours du mois de mai, et l'autre dans le courant du mois de septembre.

On exporte peu les eaux de La Malou, quoique les eaux de la Vernière soient dans de bonnes conditions pour supporter le transport. A. Rotcread.

Bibliographie. — Leroy (Chai'les). De aquarum mineralium natura et usu. Montpellier, 4758. — Masars de Gazelles. Recueil de l'Académie des sciences et belles-lettres de Béziers, 1759. — Saisset. Mémoire pratique sur les bains de La Malou, 1812. — Dupré. Observations sur l'action générale des eaux minérales de La Malou. Tarbes, 1842. — Lombard. Notice sur les eaux de La Malou. Montpellier. 1850, — Boissier. Etude sur le vallon thermal de La Malou et sur les bains de La Malou-le-Haut en particulier. Thèse de Montpellier, 1855. — Privât (J. S.). Notice statistique et médicale sur La Malou-les-Bains (Hérault), suivie de l'application des eaux alcaline-ferrugineuses et arsenicales de La Malou-V Ancien, au traitement du rhumatisme, de la névropathie, de la paraplégie et de la chloro-anémie. Paris, 1858. — MoiTiissiER (Albert). Nouvelles recherches sur les eaux minérales de La Malou-du^ Centre, Soorce Bourges. In Montpellier médical, septembre, 1865. A. R.

LAMBEAU {àelamberare, déchirer). On désigne en chirurgie sous le nom de lambeau, des parties molles incomplet emeiit séparées des tissus sous-jacents auxquels elles adhèrent par une portion plus ou moins large, dite pédicule ou base, et conservant les conditions nécessaires à la vie. On réserve le nom de lambeaux détachés à des [)arties molles récemment séparées de l'organisme et qui dans certaines conditions peuvent être réunies aux tissus, au lieu de séparation ou à distance. Les lambeaux détachés seront étudiés aux divers articles (Greffe, Transpl.\ntation) .

L'élude particulière des lambeaux est nécessairement faite dans les ai'ticles consacrés aux Amputations, Autoplasties, Cicatrisations, Plaies, Résections, auxquels nous renvoyons.

Une étude générale des lambeaux constituerait un chapitre de pathologie chirurgicale riche de déductions pratiques, dont nous ne pouvons que signaler les principaux éléments.

On définit les lambeaux par des caractères tirés de leur mode de formation,

de leur configuration, des tissus qui les constituent et de certaines particularités

opératoires. • 7 # / ' ^

Suivant leur mode de formation, les lambeaux se divisent en accidentels, c ei,ià-dire produits à la suite d'un traumatisme, de plaies, et chirurgicaux oa formes dans un but oiiératoire, dans les amputations, les résections, l'ablation de tumeurs, etc., et parmi ces derniers l'on doit séparer les lambeaux autoplastiques^. Au point de vue de la configuration, les lambeaux son dits ovalaires, allongés en S, en raquette, triangulaires, carrés, etc.; ils sont composés, d'une forme plus complexe, comme dans les autoplastles, et peuvent être multiples en T, en V, en Y en +. Leurs parties constituantes font distinguer les lambeaux cutanés, comprenant la peau et le tissu cellulaire sous-cutané, en muqueux, revêtus d'une surface muqueuse ; ils peuvent être à la fois muqueux et cutanés, et composes de

diverses parties molles. - .• UoUrr.

Considérant leur mode de formation , on disi ingue en médecine opératoire les am-

beaux partranslixion, lambeaux par dissection, en antoplastie, lambeaux perii.beriques, excentriques, et l'on peut aiusi établir des subdivisions entre les melbodes et procédés. Quelle que soit l'origine du iau.beau, il y a lieu d examiner cbaque particularité de configuration et d'étudier les faces, les bords ou les pomts d union avec les parties voisines. Lorsqu'un lambeau est large, que l'extrémité libre est moins étendue que la partie adhérente, celle-ci porte le nom de base. Le point d'union plus grêle, rétréci, représente nu pédicule. Il serait à désirer pour la clarté des descrintions que l'on ne désignât jamais sous le nom de base la partie non adhérente du lambeau. Le pédicule prend quelquefois le nom de pont, lorsque les tissus sont déplacés à l'aide d'un mouvement de torsion du pédicule, ou que e lambeau adhère par deux pédicules. Quelquefois la base du lambeau comprend a périphérie d'un membre ou d'un organe, comme dans certames amputations de l'avant-bras, du gros orteil, et cette configuration les a fait désigner sous le nom de lambeau en manchette. ,

Les bords du lambeau en déterminent la forme, réguhers, nettement tranches, ou avivés dans les lambeaux chirurgicaux ; irréguliers, déchiquetés, contus dans les lambeaux accidentels. La face externe est tantôt cutanée, ou muqueuse, a l'état d'intégrité, ou présentant des altérations pathologiques ou traumatiques. La face interne est formée par divers tissus, soit la face profonde de la peau, ou le fascia, le peaucier ou des parties plus profondes, tendons, synoviales, muscles et même portions osseuses, c'est de ces parties que dépend l'épaisseur du lambeau. La configuration du lambeau, l'état des parties constituantes, le mode même de formation ont une grande importance en chirurgie, non-seulement lorsqu'd s'agit de tracer à l'avance un lambeau autoilastique, mais encore dans les amputations, la régularisation des plaies. Dès longtemps l'on s'efforce de tracer à cet égard des règles g.'Miérales, et, pour les autoplasties, M. Verneuil a donné l'exemple d'un résumé de ces préceptes. Mais c'esl une tache difficile de réunir des notions s appliquant à tous les cas particuliers. Cependant, quelles que soient les régions ou l'on considère le lambeau, l'on étudie avec soin, à côté des conditions de lorme et d'étendue nécessaires au but anaplastique proposé, les conditions de circulation, d'innervation, de nutrition nécessaires à sa vitalité, et l'on doit prévoir les modifications qu'amènera la réunion et la cicatrisation. Ce n'est que par une longue expérience que Ton jugera les divers termes de ce problème, et plus d'une opération en amputation et en autoi^aslle ont du leur succès à une réunion de ces diverses conditions plutôt qu'à l'application rigoureuse d'un procédé. Nous

n'avons que peu de points à ajouter aux données précises que l'on trouvera à ce sujet dans l'étude des divers procédés d'autoplastie, d'amputation et de réunion des plaicE.

Les conditions de nutrition se rapportent presque entièrement à la conservation de la circulation, et seront d'autant mieux assurées que l'on conservera de nombreux vaisseaux dans le pédicule ou la base, mais en dehors de cette circulation, qu'on pourrait appeler centrale, il est permis de compter souvent sur une communication rapide des tissus juxtaposés, lorsqu'une coaptation parfaite réunit les lambeaux aux jiartics soi.s-jacentes et voisines. Les études récentes faites sur la cicatrisation ont démontré la rapidité avec laquelle des échanges d'humeurs et d'éléments peuvent se faire entre les surfaces sectionnées; aussi est-ce une préoccupation constante pour les opérateurs d'assurer un affrontement exact des lambeaux, et d'éviter tout intervalle où puissent s'accumuler les divers produits d'exsudation .

Ce rétablissement de la circulation par les faces ou par les bords, circulation péri[ hrrique, prend une importance d'autant plus grande que l'on pourra tenter la réunion par première intention; mais dans bien des cas l'on se préoccupera surtout des moyens de circulation propres à la base ou au pédicule. Lors même que la nutrition est largement distribuée par les vaisseaux, les divers tissus du lambeau présentent des modifications successives qu'il faut envisager dans leurs diverses phases. Parmi celles-ci, les unes sont primitives et se rapportent aux divers phénomènes de la réunion immédiate ou médiate. Afllux des humeurs, imbibilion, tuméfaction, multiplication des éléments, établissement de capillaires, et s'il y a suppuration, il faut prévoir les modifications que subiront les di\ers tissus du lambeau, par exemple la fonte du painiicule graisseux au talon, la formation possible de culs-de-sacs, comme dans les lambeaux trop longs et recourbés sur eux-mêmes, les transformations des fihro-cartilages, la rétraction des tendons dans leur gaine, la propagation des exsudats dans les cavités synoviales voisines : on sait combien d'importance ont ces questions dans l'appréciation de divers procédés.

La réunion une fois obtenue, d'autres modifications surviennent dans les lambeaux, avant que ceux-ci aient, pour ainsi dire, obtenu droit de domicile. Ces transformations consécutives sont dues à la rétraction des tissus, l'organisation cicatricielle, on les trouvera exposées à l'article Amputation et Autoplastie. Ces phénomènes ultérieurs penvent singulièrement modifier l'aspect primitif des moignons ou des lambeaux autoplastiques.

Parmi ces phénomènes, le rétablissement de l'innervation présente un intérêt spécial. L'étude en a été faite surtout pour les lambeaux autoplastiques. D'ailleurs, dans les lambeaux d'amputation, le rétablissement se fait plus facilement, grâce à la conservation de nombreux filets nerveux dans la base, et l'on n'a ici qu'k se préoccuper de la cicatrisation des extrémités nerveuses sectionnées et du rôle des nerfs dans la formation des névromes cicatriciels et des iroubles de la sensibilité qui en sont la conséquence.

Le retour de l'innervation dans les lambeaux autoplastiques a été le sujet de discussions nombreuses, et, bien que ce sujet ne soit devenu vraiment compréhensible que grâce aux études expérimentales récentes sur la cicatrisation et la régénération des nerfs, et qu'il doive être complètement traité aux articles Plaie des nerfs. Greffe, etc. Nous devons montrer la part qui apjiartient à l'étude clinique des lambeaux dans l'interprétation de ces phénomènes complexes.

Lorsque Ton parcourt les observations de Busch, Dierfenbach, Aninion, Rom-

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berg, Blasius, Zeis, et surtout celles de Friedberg, etdeJobert (deLamballe), sur l'état de l'ianervation dans les lambeaux rliinoplastiques, on peut s'étonner au premier abord de la variété des résultats obtenus, mais il est possible d'établir la marche ordinaire du rétablissement de l'imcrvation.

Après l'opération, la sensibilité persiste généralement au niveau du pédicule et au voisinage, mais les sensations sont rapportées au pédicule, ou même à la place du iront qui a été dépouillée de peau pour former le lambeau ; ainsi, le malade rapportera au front les sensations de piqûres faites sur le nez reconstitué. .Si l'on coupe le pédicule, toute sensation est abolie, mais elle réapparaît pins tard, quelquefois en un mois, souvent après un temps plus long.

L'innervation se reproduit donc, et le malade rapporte les sensations au lieu même oii l'excitation est pratiquée. Lorsque l'on n'a pus eu besoin de couper le pédicule, les phénomènes diffèrent ; ainsi, au début, les sensations sont rapportées au pédicule, ou au point dénudé ; la sensibilité manque à la périphérie, aux bords du lambeau. Plus tard, la sensibilité réapparaît obscure d'abord vers les parties réunies des bords, elle est exacte et rapportée aux points excités ; près du pédicule, les sensations sont plus nettes, et rapportées au pédicule; entre ces parties, on observe encore des parties insensibles au voisinage des bords, et des parties dont les sensations sont rapportées au pédicule ou au front même, dans le voisinage du pédicule.

Plus lard, enfin, les bords et leurs environs sont nettement et exactement sensibles ; le pédicule et les parties voisines sont sensibles, et il ne se commet plus d'erreur de lieu. En fait, il semble que la sensibilité soit tout entière réservée aux nerfs fournis par le pédicule dans les premiers temps, puis partagée entre le pédicule et les bords dans une période plus éloignée ; enfin, les sensations deviennent de plus en plus nettes et exactes à la phériphérie et au centre.

Comment expliquer ces divers phénomènes? Quels sont les agents de ces sensations périphériques : Admettra-t-on que les nerfs du pédicule en fassent tous les frais, alors que la sensibilité se rétablit malgré la section de ce pédicule?

D'autre part, les expériences de Schiif, Waller, Vulpian, permettent d'admettre que l'innervation se rétablit à la suite de la réunion des nerls périphériques aux nerfs voisins; il semblerait que circulation et innervation se rétabliraient d'une manière analogue, et par le pédicule, et par anastomoses périphériques.

La démonstration anatomique de ce fait n'a pas été faite complètement; Jobert seul a signalé des renflements des extrémités nerveuses au pourtour des cicatrices et en dehors du lambeau, mais il ne pouvait, en l'absence du secours du microscope, savoir si ces sortes de névromes renfermaient du tissu fibreux ou des nerfs, et communiquaient avec les nerfs du lambeau. Cependant, nous pouvons chercher à mettre ces résultats d'observation clinique en rapport avec les données expérimentales qui ont établi les conditions de régénération des nerfs. Lorsque, après la réunion, le pédicule lui-même a été coupé, nous voyons, dans les cas de Jobert, la sensibilité reparaître, soit après plusieurs mois, on ne saurait plus ao tuellement invoquer une sorte de (hffusion de l'innervation à travers la cicatrice, mais on peut admettre que les nerfs coupés dans l'avivement, et qui se trouvent immédiatement en contact avec les bords du lambeau, ont été le point de départ de bourgeonnements ou d'une nouvelle formation de fibres nerveuses qui se sont réunies aux uerfs contenus dans le lambeau. La même explication s'applique au lambeau qui a conservé son pédicule, mais la régénération s'y établit en outre aux dépens des nerfs coupés sur les bords du lambeau et du pé-

200 LAMBERT (les).

diciile communiquant encore avec le centre nerveux. Dans ces derniers cas, la régénération est plus jirompte, comme l'a vu Friedberg qui, huit, quinze, vingtdeux jours après l'opération, constatait la sensibilité des bords du lambeau D ailleurs, une expérience de M. Bert, dans laquelle l'extrémité de la queue d'un rat, greffée dans la peau du dos, présentait de la sensibilité, et par suite une régénération des neris avec communication avec les nerfs voisins, démontre' que même isolés complètement, les nerfs peuvent s'anastomoser ultérieurement avec les nerfs les plus proches.

^ Un point remarquable dans les observations de Friedberg, c'est la rapidité du rétablissement de l'innervation, qui semblerait indiquer une réunion sinon immédiate, au moins très-rapide.

L'on ne connaît pas les condilions de régénération des nerfs vasomoteurs dans le lambeau. La nutrition une fois assurée dans le lambeau, celui-ci participe complètement à la vie commune; il peut être même, avant la réunion complète le siège de lésions cutanées, en même temps que les parties voisines. Jobert a vu de l'érysipèle, des pustules de varioles dans deux cas, avant la section du pédicule L'on ne saurait plus voir que des tumeurs de la région envahissant les lambeaux bien qu'il semble que, dans certains cas, on ait remarqué un développement relativement moins rapide dans les lambeaux autoplastiques, circonstance qui est peut-être en rapport avec le mode de distribution lymphatique nouvellement établi, et sur lequel nous ne savons rien de précis. L'on s'est souvent préoccupé de rechercher si les parties voisines, les couches profondes, n'auraient pas une certaine action sur la nutrition ultérieure du lambeau, et si celui-ci ne tendrait pas à acquérir des parlicularités de structure en rapport avec le siège nouveau du lambeau. Cette question a été fort discutée, mais, le plus généralement, les lambeaux cutanés conservent leurs caractères primitifs, les poils continuent à se développer, les glandes sécrètent comme antérieurement. Quelques faits semblent devoir faire admettre l'influence de la position nouvelle sur le d-Veloppement de 1 epiderme et des diverses productions épithéliales. Ainsi, les bulbes des cheveux des poils, se sont atrophiés, peut-être à la suite de troubles de nutrition dus à diverses circonstances de la cicatrisation. De même, M. Cabadé, dans des expériences de transplantation par glissement du lambeau de muqueuse rectale vers e pennée, ou réciproquement, a signalé des modifications dans la couche épithe lale dont les cellules cyhndriques de la muqueuse rectale se transformaient eu epilhrlmm pavimenteux, lorsque le lambeau de muqueuse était fixé au périnée L 011 voit que ce côté de la question réclame de nouvelles observations

Nous n'avons pas insisté sur les accidents que présentent les lambeaux : Abcès, Atrophie, Cicatrisation vicieuse, GA^GRL^E, Phlkgmoks diffus, Pourriture D HOPITAL renvoyant à ces divers articles, et à ceux qui traitent des plaies de la rewmon Autoplastie, Transplantation, dans lesquels ces diverses complications sont étudiées. a ti

A. Henocque.

LAMBERT (Les). Il y a cinq médecms distingués de ce nom :

Lambert (NicoiAs), de la Faculté de Paris, licencié le 25 mai 1574,docteur le ^I novembre suivant. Il a présidé les deux thèses suivantes:

l.An homo i7erfectus ab utero? Baclielier : Doin. Bour^oin (année 15741 TT 4«

dtœta naturam immutat? Baclielier: Mart. Rapin. ^ '• ~ "' ^"'

Lambert (Nicolas), fils du précédent, licencié le 4 juillet 1622,

LAMETTIilE. 201

Lambert (Antoine), chirurgien de Marseille, a écrit : Commentaire sur la carie et corruption des os. Marseille, 1056, in-S".

Lambert (François), médecin de Toulouse, a laissé la description d'un cas remarquable d'ostéomalacie.

Relation de la maladie de Bernard d'Armagnac, dojit le corps après la mort se trouvait tout ramolli, ses os, ses tendons et les ligaments entièrement dissous, et toutes les parties déboîtées, avec la recherche des causes d'accidents si extraordinaires. Toulouse, 1700 in-12.

Lambert (Aylmeb Bourke), botaniste estimé, membre de la Société royale de Londres, en l'honneur duquel a été créé le genre Lamhertia, a publié :

I. A Description of the Genus Cinchona, comprehending the Varions Species of Vegetables from which the Peruvian and othev Barcks are takcn, illustrated with Figures of AU Species hiiherto discovered. To which is prefixcd Wahl's Dissertation of the Genus. also a Description of a new Genus, named Hijenanchc or Hycna Poison. Lond., 1795, in-4°. — II. A Description of Genus Pinus, illustrated bij Figures, Directions relative to the CuUivation and Remarks on the Uses of the Several Species . Lond., 1805, in-fol. A. C.

LAMETTRIE (Julds-Offray de). « Lamettrie, dissolu, impudent, bouffon, flatteur, était fait pour la vie des cours et la faveur des grands. » — « Ce Lamettrie, cet homme-machine, si gai, et qui passe pour rire de tout, ce jeune médecin, cette vigoureuse santé, cette folle imagination, tout cela vient de mourir pour avoir mangé, par vanité, un pâté de faisan aux truffes. 11 a prié mylord Tyrconnel de le faire enterrer dans son jardin... Les bienséances n'ont pas permis qu'on y eût égard. Son corps a été porté dans l'église catholique, où il est étonné d'être. » Ce jugement porté par Diderot sur Lamettrie, le ton plaisant employé par Voltaire à son égard, disent assez ce qu'a été ce médecin; plus téméraire qu'homme de talent, méchant, tracassier, porté à la satire de mauvais goût contre ses confrères, plein de feu et de désordre dans ses écrits, essayant les traits d'esprit, mais les exécutant d'une manière triviale et dans un style incorrect, faisant heurter une assertion sensée contre une assertion folle, et réciproquement. Ce n'est pas là le vrai pbilosophe, cherchant de bonne foi la vérité, et consacrant à cette reclierche toutes les forces vives de son inteUigence; c'est plutôt Tliistrion jouant la parade, et qui ne craint pas de cacher sous le voile d'une science fausse et de mauvais aloi son orgueil et l'ambition de faire parler de lui.

Piien, dans les écrits de Lamettrie, ne dévoile, en effet, le savant et le penseur: ils ont l'allure verte et pimpante, un grand décoUeté; mais après les avoir lus, quoiqu'on sache très-bien le but qu'a voulu atteindre l'auteur, on est étonne de la pauvreté du raisonnement, de la futilité des faits mis en avant, du peu de solidité des arguments, et l'on se dit : Voilà un amusant bavardage.

Si l'école matérialiste n'avait eu que Lamettrie pour affermir ses doctrines, il y a longtemps qu'elle se fût écroulée; tandis que, soutenue aujourd'hui par des l'ommes de talent, d honneur et de conviction, elle marche lentement, mais sûrement vers ses destinées,

Lamettrie naquit à Saint-Malo, patrie de Broussais et de M. Renan, le 25 décembre 1709, d'un riche négociant, qui lui fit donner une brillante éducation, à Paris. Après avoir pris à Reims le bonnet de docteur, il courut à Leyde (1753), étudier sous l'illustre Boerhaave, dont il se montra le fervent disciple, et dont il traduisit en français plusieurs ouvrages. Grâce au célèbre chirurgien Morand, il obtenait, en 1742, la place de médecin du régiment des Gai-des-Françaises. C'est

202 LAMIER.

en cette qualité qu'il assista à la bataille de Dethingen, (1745), et à la célèbre journée de Fontenoy (11 mai 1745). On raconte qu'étant tombé malade au siège de Fribourg, il s'aperçut que, pendant la durée de sa maladie, l'affaiblissement du moral avait suivi cbez lui celui du physique, et qu'il en tira la conséquence que la faculté dépenser étiit le résultat de l'organisation. De là, ajoute-t-on, la source de tous les ouvrages qu'il a publiés. Quoiqu'il en soit, VHistoire naturelle de l'âme n'eut pas plus tôt paru, que Lamettrie perdait toutes ses places, et que, pour éviter la Bastille, il était forcé de se réfugier à Berlin, auprès du grand Frédéric, lequel, voyant on lui une victime de l'intolérance religieuse et de la poUtique, non-seulement l'accueillit avec bonté, mais encore lui accorda une pension avec le titre de son lecteur. Il mourut d'indigestion le 11 novembre 1751.

I, Traité du vertige avec la description d'une catalepsie hystérique Paris, 1757, in-12.

— II. Lettre sur l'art de conserver la santé et de prolonger la vie. Paris, 17-38, in-i2. — III. Observations de médecine pratique. Paris, 17 i5, in-12. — IV. Histoire naturelle de l'âme. La Haye, 1745, in-8°. — V. Jm politique du médecin de Machiavel, ou le chemin de la fortune ouvert aux médecins. Amsterd. (Lyon), 1746, in-12. — VI. La Faculté vengée '^comédie en ti'ois actes et en prose) . Paris, 1747, in-8">. — VII. Ouvrage de Pénélope, ou Machiavel en médecine, par Alethcius Demetrius (de Lamettrie). — VIII. Description d'une catalepsie. In Journ. des savants, année 1759, t. I, p. 95. Berlin, 1748, in-12. — IX. V homme-machine. Leyde, 1748, in-12. — X. L'homme-plante. Polsdam, 1748, in-12.

— XI. Réflexions sur l'origine des animaux. Berlin, 1750, in-12. — XIl. Lart de jouir. Berlin, 1751. in-12. — XIII. Vénus métaphysique, ou essai sur l'origine de l'âiite humaine. Berlin, 1751, in-12. — XIV. Aphoristnes de M. Hermann Boerhaave, sur la connaissance et la cure des maladies; trad. en Irançais par de Lamettrie. Paris, 1745,in-12°. A. C.

Li.^MlER {Lamium L.). Genre de plantes, de la famille des Labiées, dont les caractères sont ceux des plantes de ce groupe en général, avec les particularités suivantes. Le calice est gamosépale, en tube ou en entonnoir, à cinq dents plus ou moins profondes, égales ou inégales. La corolle est bilabiée, avec un tube nu ou portant un anneau intérieur de poils. Sa gorge est dilatée, et sa lèvre supérieure en forme de casque ou de voûte, rétrécie à la base. Ses deux pièces sont conuées dans toute leur étendue. Les étamines sont didynaraes, les deux antérieures étant les plus grandes. Chacune d'elles est formée d'un filet longuement uni avec la corolle et ne s'en détachant que vers la gorge, et d'une anthère à deux loges placées bout à bout et insérées par la base sur le sommet du filet ; elles sont d'ailleurs introrses et s'ouvrent chacune par mie fente longitudinale qui se continue directement avec la fente de l'autre loge. Le gynécée est formé d'un ovaire supère, à style gynobasique terminé par deux branches stigmatifères aiguës, et à quatre demi-loges uuiovuléos. L'ovule est ascendant, anatrope, avec le micropyle tourné en bas et en dohoi's. Le fruit est un tétrachaine, et les graines renferment sous leurs téguments un embryon dressé, entouré d'un albumen charnu. Les Lamiers sont des plantes herbacées qui se trouvent dans les régions tempérées de l'Ancien-Moncle, en Asie et en Europe. Leurs feuilles sont opposées, pétiolées à la base de la pl.intc, puis sessiles plus haut. Leiu-s fieurs sont réunies dans l'aisselle des feuilles supérieures en faux-verticilles, formés de cymes ou de gloméiules. M. Bentham fait entrer dans ce genre les Orvala L., Galeohdolon HuDS., PoUichia Roth et Erianthera BeiNth. Les espèces médicinales sont les suivantes.

1 . Le Lamier blanc est plus connu sous le nom vulgaire d'Ortie hlaiiche, quoiqu'il n'ait d'autres rapports avec les Orties que sa forme et la situation de ses feuilles. On l'appelle encore, mais plus rarement : Ortie morte. Fausse ortie, Galéopse, Marachemin, Pied-de-poule, Archanc/élique. Les parties employées se

LAMIER. 203

nomment dans les pharmacopées : Herba et Flores Lamii vel Urticce mortiiœ V. inertis, et, plus rarement, mais bien à tort, Urticce albœ. C'est le Lamiiim album L. {Spec, 809), herbe vivace, commune dans toute la France et l'Europe tempérée où elle fleurit dès le printemps, dans les haies, les décombres, sur le bord des chemins, des fossés, dans les jardins négligés. De sa souche étroite s'élèvent des rameaux aériens, hauts d'un pied environ, herbacés, verts, carrés, légèrement velus, creux intérieurement. Ses feuilles sont opposées, pétiolées, ovalessubcordées aiguës, à dentelures profondes, à nervures saillantes sur la face inférieure du limbe. Les fleurs sont disposées au nombre de dix à vingt dans chaque faux-verticille axillaire. Leur calice est tubuleux, conoïde à la base, puis trèsévasé, à cinq longues dents très-aiguës; il est parcouru par dix stries longitudinales, vert, souvent teinté ou tacheté de noirâtre vers sa base. La corolle est d'un beau blanc, recourbée, évasée, à longue lèvre supérieure arquée, à lèvre inférieure partagée en trois lobes peu saillants, les latéraux larges et arrondis, le médian plus large, un peu concave, à sommet échancré. Les étamines ont des filets blancs et des anthères plus ou moins noirâtres, chargées de nombreux poils blancs.

Ou employait beaucoup autrefois les feuilles et les fleurs. Pline les indique comme astringentes, hémostatiques, etc. On les prescrivait, broyées avec du miel, contre les brûlures, contusions, tumeurs, plaies. Les anciens réputaient la plante: « chaude et sèche. » Ils la croyaient propre à couper les fièvres tierces autunuiaies. Ce qu'il y a de plus curieux est ce que dit de l'usage de l'Ortie blanche, L. b'uchs {Hist. des pL, 529, ch. 78), selon les modernes {sic) : « le^ modernes usent de de cette Ortie pour étancher le sang fluant impétueusement de nez, en l'appliquant et liant sur le colet, ou entre les deux épaules : et disent que par ce moyen le sang se détourne d'autre côté. Ils di'^ent aussi qu'elle profile merveilleusement aux ulcères, pourritures et fistules. » On e>t bien revenu aujourd'lmi de ces fables. Le Lamier blanc est une Labiée, et, comme telle, légèrement amer, aromatique. Sa saveur paraît due à un principe extractif, et sa légère astringence à une petite quantité de tannin qu'elle renferme. Mais la dessiccation fait perdre à la plante presque toute son odeur et sa saveur. On voit encore figurer dans nos pharmacies les corolles qu'on dessèche i^apidement au soleil pour ne pas les noircir. C'est encore de notre temps un l'emède populaire contre la leucorrhée, la scrofule; on les emploie en tisane (de 30 à 100 grammes pour un litre d'eau en infusion). Les feuilles s'appliquent encore quelquefois topiquement, comme vulnéraires, résolutives. L'infusion est prescrite dans quelques cas de catarrhes bronchiques utérins. Conshruch la considère comme le remède par excellence contre la leucorrhée {Journ. d'Hufeland, t. XXVI) ; mais cette opinion ne semble pas partagée par la plupart des praticiens. Ou en fait un certain usage dans la médecine homœopathique (sous les signes de Mil et de Lam). Les feuilles et les jeunes pousses cuites servent d'aliment dans quelques contrées et la plante sert quelquefois à teindre en jaune verdâtre.

2. Lamier tacheté'. C'est le L. maculatum L. {Spec, 809. — L. hirsutum Lamk, Dict., 111,410. — L. rubrum^ \LhR. — L. sfoloniferuinL\p. — L. grandiflorum Pourr. — L. rugosum Ait.). M. Bentham le réunit au L. album pour lormer une seule espèce qu'il appelle L. vulgatum. Tous les caraclères sont en effet les mêmes, sinon que les feuilles peuvent être tachées de blanc, et que la corolle est presque toujours purpurine. Cette plante est commune dans presque toute l'iLurope, dans les haies, les fossés, les terrains incultes. C'est le Hcrba

204 LAMINAIRE (botanioue).

Lamii Plinii, et ses fleurs sont les Flores Lmnii rubri v. purpurei des pharmacopées germaniques. Ses propriétés sont les mômes que celles du L. album; mais elle est encore moins employée.

3. On emploie plus rarement encore aux mêmes usages : le L. longiflontm Ten. (L. lœvigatu7nDC)j le L. ample xicaule L. {Pollichia amplexicaulis W.), et le L. purpureum L. (L. muhnn Mœinch), vulgairement nommé Vain de poulet et Ortie morte puante ou 0. rouge.

Le L. luteum est devenu le type du genre Galeobdolon.

Le L. Orvala est l'Orva/e d'Italie. (Fo?/. ce mot.) H. Bn.

L., Gen., n. 710, 808. — Bentiiam, jMbiatarum gênera et species, 507. — Endl., Gen., n. 3645.— Mr. et Dei.., Dict. IV, 34.— Rich (\.), jp/em., éd. 4, I, 488 — Guib., Drog. simpl. éd. 4, If, 457. — Gre^. et Godr., FI. fr., II, 078. — Ducii., Répert., 81. — Kosenth., Syn. pi. diaph., 417. — Payer, Leç. sur les fam. nat., 100.

LAMBi^iiLlRE {Laminaria Lamx). § 1. Botanique. Genre de plantes, de la famille des Algues et du groupe des Fucacées ou Fucoïdées, qui est devenu pour Bory de Saint- Vincent le type de sa famille des Laminariées, et que Stackhouse avait nommé Gigantea. Agardh considérait comme étant des Laminaires, les Fucacées qui ont une fronde fibreuse, stipitée, membraneuse ou coriace, munie de racines, avec des fructificalions en masses pyriformes disséminées dans les lames de la fronde. Bory y ajouta que les Laminaires proprement dites sont dépourvues de côtes. Il admit des Laminaires saccharines, dont le stipe est solide, corné, comme ligneux, les racines fibreuses et rameuses, la fronde constamment simple et entière. Le type de ce groupe est le Fucus saccharinus L. L. saccharina Lamv, algue commune sur toute la côte occidentale de la France et qui se retrouve en Angleterre et jusqu'en Norvège. Son stipe est cylindroïde, gros comme le doigt, parallèle à la longueur de la lame qui est membraneuse et presque coriace, longue ' de 2 à 6 mètres, ovale ou oblongue, ondulée ou frisée sur les borJs, obtuse et arrondie à sa base. Sa couleur est d'un roux verdàtre ou olivâtre. Elle présente d'assez nombreuses variétés, suivant que sa fronde est arrondie, ou plus ou moins allongée, et quelquefois môme très-étroite et tout à fait linéaire. Bory a nommé L. cornea la plante que Turner décrit comme une variété y du L. saccharina. Elle est bien plus courte et plus étroite, dure comme de la corne quand elle est desséchée, plus verte ; ses bords sont entiers ou présentent un étranglement prononcé vers les deux tiers de sa longueur. Cette plante a pour synonymes : Ûlva saccharina Dec. — V. longissima Gunn. — U. latissima L. — Gigantea simplicifolia Stackh. — Palmaria saccharina Link. Cette dernière épilhète est due à la production de malière sucrée qui se fait à sa surface dans des circonstances données et que certains peuples, comme les Islandais, savent, dit-on, mettre à profit. Cette production n'est pas daillems spéciale à cette espèce, et elle existe aussi, quoiqu'à un faible degré, dans le L. digilata et dans quelques autres représentants de l'ancien genre Fucus. Si l'on abandonne à l'air ces plantes arrachées, on les voit en quelques jours se couvrir d'efflorescences blanchàties. Les unes sont de nature saline, les autres sont formées d'une substance sucrée.

Vauquclin, Biarne, Povelsen, Phipson et beaucoup d'autres ont étudié ces produits. Le plus souvent, c'est la portion étalée de la fronde qui se recouvre de cristaux salés et amers, à base de soude et de maenésie, tandis que c'est la base, cylindrique ou renllée, qui est chargée de matière sucrée. En enlevant la couche lentement produite de cette matière, que M. Phipson considère comme de la mannite, on la voit plusieurs fois de suite se reproduire pendant

LAMINAIRE (botanique). 205

les temps chauds, et elle paraît d'autant plus abondante que les cristaux salins sont en moindre quantité. La mannite forme ici de petites houppes ou franges soyeuses, d'un blanc nacré, ayant l'aspect de l'amiante. M. Phipson dit l'avoir observée aussi en petits grains mamelonnés. Souvent encore se trouvent au centre des houppes, longues de 1 à 3 millimètres, des cristaux prismatiques déprimés et des plaques tabulaires à facettes lozangiques. Les caractères de cette substance sont d'ailleurs ceux de la mannite. {Voy. ce mot.) M. Phipson pense que c'est par suite d'une influence désoxydante exercée sur un mucilage végétal dont la formule serait C*''H*''0^", que se produit la mannite des Laminaires. Ce qui parait certain, c'est que la matière sucrée ne préexiste pas dans ces plantes tant qu'elles sont vivantes et que ce n'est point là une sorte d'excrétion vitale qui st produit dans des conditions physiologiques. Quand les Laminaires sont mortes et desséchées en partie, les cristaux de mannite paraissent sortir de l'intervalle des cellules qui constituent le tissu de la plante ; ce qui donnerait à penser que leur production est due à une altération qui porte principalement sur la substance intercellulaire, si développée, comme l'on sait, dans la plupart des Algues. On rencontre assez souvent sur nos côtes des fragments de plusieurs espèces du genre Laminaire, arrachés depuis quelques jours aux rochers sous-marins, et dont la surface présente une saveur mani lestement sucrée.

Plusieurs Laminaria sont alimentaires et peuvent servir à préparer une sorte de gelée comestible. Tel est le L. esculenta Lawx {Fucus esculentus L., F. fimbriatus Gmel.). On récolte la plante àceteffet sur les côtes de l'Océan, au Japon et en Sibérie. Elle sert aussi à alimenter le bétail. C'est cette plante dont Gréville a fait le type du genre Alaria. {Voy. ce mot.) Bory de Saint-Vincent la nomme .4^0rum esculentum. Le L. porroidea Lamx, ou DiirviUœa utilis Bory est recherchée au ChiU comme comestible, sous les noms de Porre, Porra, Poireau de mer ; on en prépare des potages fortifiants. Plusieurs autres Laminaires ont des propriétés analogues. Les peuplades déshéritées de certaines côtes les emploient connue fourrage, ou s'en servent pour eux-mêmes; les Lapons en préparent un pain parlicuher. Ailleurs on en fume les terres. La plupai't d'entre elles fournissent de la soude, de l'iode. Leurs frondes, très-hygrométriques, ont été quelquefois employées pour déterminer grossièrement le degré d'humidité de l'air. D'autres, divisées en brins, desséchées, servent de lignes de pèche ; d'autres encore, dont le pied est creux, s'emploient comme tuyaux de conduite pour les eaux. Ce sont les plus grandes des Algues connues ; elles forment dans cert;iiiies mers des amas énormes de lanières brunâtres, dites Ceintures, Baudriers de Neptune, Diables de mer. Ces amas qui peuvent intercepter totalement la navigation, sont des cimes d'énormes arbres sous-marins, dont les troncs ont été à tort recueillis par des navigateurs ignorants, comme pouvant, après leur dessiccation, servir de bois combustible, et dont le feuillage, étendu sur une immense surface, sans cesse en voie d'accroissement et en même temps de décomposition partielle, sert d'asile à une [lopulation infinie de végétaux et d'animaux sous-marins. Le docteur Hooker compare leur apparence, dans les régions antarctiques, à celle que présentent dans les mers tropicales les récifs madréporiques étendus à fleur d'eau et non moins dangereux pour les navigateurs.

On a employé depuis quelques années en chirurgie, comme il est dit ci-dessous, la Laminaire digitée (L. digitata Lamx, Palmaria digilata Link, Fucus digitatus L.), espèce qui appartient à une section distincte du genre, parce que ses frondes, simples dans leur jeune âge, se divisent et se pahiient plus tard. C'est

200 LAMIiVAlKt; (emploi cniRORGiCAL).

une plante commune sur nos côtes ; on la trouve dans presque toutes les mers de l'Europe, et dans celles qui baignent l'Amérique boréale. Son stipe est court, presque cylindrique, ferme, élastique, presque corné, se laissant toutefois couper assez facilement quand il est frais. Sa fronde est d'abord cordiforme, très-entière, épaisse, brunâtre. Plus tard elle se divise très-profondément par le haut, en lanières inégales entre elles. Elle perd en se desséchant sa teinte brunâtre ou olivâtre et devient presque noirâtre, plus ou moins ridée. Cette espèce est également alimentaire, riche en mucilage; elle renferme des sels de soude, de l'iode; nous avons vu qu'elle peut aussi, en se desséchant, produire de la mannite efflorescente.

H. Bn.

Lamourodx, in Ann. Mus., XX, 40. — Agardh, Spec. Alg., I, 107. ^- Bory de SAiNT-VmcEirr, in Dict. class. d'hist. nat. IX, 187. — Stackh., Nereis, t. 20. — Link. Hor. phijs., 7. — GreviLLE, Algar. Syiiops., 39. — Endl., Gen., n. 108. — Mer. et Del., Dict., III, 505; IV, 34. DucH., Répert., 563. —6. de Claijery, in Ann. Chini., XCIH, 75. — Rich (A.), Elém., éd. 4, I, 9. — GuiBouRT. Drog. simpl, éd. 4, II, 48, fi§r. '26. — Payer, Bot. crypt., éd. H. Bn, Sb! — Berkeley, Introd. to Crypt. bot., '218. — T. L. Phipson, Mém. s. la prod . de la mannite par les pi. marin., 1855. — L. Soubeiran. J^ote s. la mat. suer, de quelques Algues, in Journ. p)harm. et chim., XXXI, 219.- — Rosenthal, Synops. pilant. diaphor.,i.

H. Bn.

§ II. Emploi chirurgical. Le laminaria digilata, que l'on trouve en grande abondance le long des ri\ages de l'Angleterre où elle est connue sous les noms de Sea girdles ou de Sea tangle, est employée depuis quelques années comme succédanée de la gentiane et de l'éponge préparée, lorsqu'il est besoin de dilater un trajet fistuleux ou un orifice trop étroit. Le docteur Sloan d'Ayr, vers 1862, parait être le [ireniier qui en ait introduit l'emploi dans la pratique chirurgicale.

Le laminaria se présente sous deux formes différentes : à l'état brut, c'est-àdire simplement desséchée, ou à l'état de bougies cylindriques de divers calibres. C'est dans le premier état qu'elle a été tout d'abord mise en usage ; mais, si elle a sous cette forme une actioii dilatatrice d'une certaine énergie, cette action est beaucoup moins puissante que celle que possèdent les tiges qui ont subi un degré plus parfiiitde dessiccation et de préparation. C'est ce dont j'ai pu me convaincre en comparant les effets produits par des fragments simplement desséchés que j'avais pu me procurer en Allemagne, en 1864, et par des bougies fabriquées par Krohne, de Londres.

Les tiges de laminaria, telles qu'elles nous viennent de l'Angleterre, dont nous sommes encore tributaires ont le poli, le brillant des meilleures bougies uréthrales ; et, sauf la rigidité et la dureté, elles en ont aussi l'aspect extérieur. Leur diamètre varie suivant une échelle ascendante qui comprend ordinairement six numéros de grosseur diverse ; mais comme la laminaria se coupe facilement comme du bois dur, on peut dans une tige se tailler des fragments de la grosseur d'une épingle. Plongées dans l'eau ou simplement humectées, les liges de laminaria augmentent ïapidenient de volume et, eu quelques heures, leur diamètre est doublé. D'après les expériences du docteur Sloan, quatre heures suffisent pour obtenir cet eïiet, mais l'augmentation de volume peut en quarante-huit heures atteindre jusqu'à Une fois et demie le diamètre primitif.

La l'acilité avec laquelle on fait pénétrer une mince tige de laminaria dans les oiidces les [ilus étroits rend son usage des plus précieux en chirurgie ; aussi l'a l-ou employée dans des cas très-divers. Je ne parle pas de son utihté incontestable lorsqu'il s'agit d'agrandir des trajets fistuleux, soit que l'on veuille extraire des séquestres ou des corps étrangers, soit que l'on cherche seulement à faciliter l'ex-

LAMINARIÉES. 207

ploration d'une plaie sinueuse ou qu'on su|ipose aboutir à un os malade ; la laminaria a été souvent employée pour dilater des conduits naturels, anormalement rétrécis.

M. Edouard Lumpe [Wien medic. Wochenschrift, 1866, t. XVI, p. 12) l'a employée pour redresser l'utérus fléchi et pour combattre la stérilité. M. van Leynseele {Gaz. des hôpitaux, 1867, p. 150) l'a mise en usage pour provoqiiei l'accouchement prématuré. M. CoUis, de Dublin {Dublin Quart. Journ., t. XXXYll, p. 373, 1864), y a eu recours contre le rétrécissement de l'urèthre; elle a été utilisée comme moyen de dilater la trompe d'Eustache {Schmidt Jahrbiicher, J1867, t. CXXXIV, p. 79), et dans beaucoup d'autres circonstances où l'on emploie î communément la gentiane ou l'éponge préj:arée.

M. Boens (de Gharleroi), en rapportant l'observation de M. van Leynseele, reproche au laminaria « d'agir par son extrémité cornée, dure, à bords acérés, à l'instar d'une pointe, d'une espèce de clou, » et de déchirer facilement et hâtivement les membranes dont l'éponge préparée aurait respecté l'intégrité. Le reproche n'est nullement fondé, car il ne pourrait s'appliquer qu'au laminaria non préjjaré, et d'ailleurs il est très-facile de rendre inoffensives même les tiges desséchées et non travaillées, en arrondissant et eu polissant les extrémités avec un couteau ou une râpe.

L'emploi du laminaria comme bougie dilatatrice des rétrécissements de l'urèthre doit être absolument rejeté ; car il pourrait entraîner des dangers ou susciter de graves accidents En effet, la tige ne se dilate l'égulièrement qu'autant qu'elle se trouve placée dans un conduit réguhèrement dilatable. Si une partie du canal est moins extensible que l'autre, la laminaria [irésentera des rétrécissements et des renflements alternatifs, et il est à peu près certain que dans la plupart des cas l'extrémité vésicale delà tige, plus dilatée que la partie qui réjiond au rétrécissement, ne permettra pas de retirer la bougie dilatatrice sans employer une force capable de déchirer l'urèthre ou de briser la tige dont une portion pourrait rester ainsi dans le canal ou dans la vessie. L'accident serait tout aussi à craindre, si on introduisait la laminaire placée, en guise de mandrin, dans l'intérieur d'une sonde de caoutchouc vulcanisé.

J'ai employé récemment avec avantage le laminaria pour dilater le conduit auditif ex^terne, en exerçant une compression sur la muqueuse du conduit auditif épaissie par l'inflammation, dans un cas où une tête de poupée en porcelaine avait été introduite, dans l'oreille d'un enfant et où des tentatives faites antérieurement par divers médecins n'avaient eu d'autre résultat que de pousser le corps étranger vers la caisse du tympan. Je l'ai employée également a\ec avantage pour tenir dilaté l'orifice inférieur du larynx qui s'était rétréci quelque temps après que j'eus fait la section verticale du cartilage thyroïde pour guérir une oblitéiatiou traumatique du larynx. En un mot, le laminaria se prête aux usages les plus variés et ses avantages sont tels qu'il y a lieu de s'étonner de ne pas le voir entré déjà plus lai'gement dans la pratique chirurgicale Irançaise. Léo?) Le Fort.

LAMINARIÉES. Tribu de la famille des Algues, formée d'herbes marines, mélanosporées, inarticidées, à thalle coriace, atténué en un support caulescent, à peu près cylindrique, puis dilaté en une lame élargie, entière ou divisée. La surlace de cette sorte de fronde est entièrement couverte par les spores ; ou bien celles-ci sont disséminées et forment des taches plus ou moins saillantes sur la portion membraneuse. Très-souvent ces Algues aiteignent de grandes dimensions.

LAMlDILiUA.

Quelques-unes d'entre elles sont soutenues dans la mer par un renflement creux de la base. Elles sont intermédiaires, d'après Bory de Saint-Vincent qui a établi cette tribu en 1826 (in Dict. class. dliist. nat., IX, 190), aux Fucacées et aux Ulvacées. La base des frondes est souvent cylindrique, très-solide ; à leur péripbérift se trouve une substance cornée qui se contracte et devient tiès-dure en se desséchant. « C'est parmi les Laminariées, dit Bory de Saint-Vincent, qu'on rencontre toutes les espèces do)it quelques peuplades maritimes tirent de grossiers aliments. Elles sont plus ou moins mucilagineuses et sucrées, et reprennent l'apparence de la vie après une longue dessiccation ; quelques-unes, remouillées, répandent une odeur de violette ou de thé fort sensible; la plupart se dissolvent en gelée, lorsqu'on les laisse tremper trop longtemps. )> .Les espèces utiles appartiennent au genre Dwi^j/Zo-'a; aux Agarum, détachés des véritables Laminaires et dont Gréville a séparé le genre Alaria, dont le type est le Fucvs esculentus L. ; aux Nereocystis qui peuvent prendre un énorme développement ; on en cite des frondes longues d'environ 100 mètres. On a tout lieu de croire que certains corps décrits par des observateurs superficiels comme d'immenses reptiles marins n'étaient autre chose que des amas plus ou moms allongés de Laminariées. J. Agardh a compris une douzaine de genres dans ce groupe. Harvey admet qu'on peut observer dans ces plantes des spores et des anthéridies. M. Thuret a vu des zoospores dans plusieurs d'entre elles. H. Bn.

Endl., Gen., 9. — Berkeley, Introcl. to Cnjptog., 'J17. — Payer, Bot. cryptog., éd. 2, 36.

LAiMllVEUX. Depuis deux siècles environ la plupart des anatomistes ont décrit sous les noms de celhdositates, de tela celliilosa ou laminosa, de textus cellulosus et de membrana carnosa, un tissu grisâtre, e.vtensible, disposé en lamelles, eu fibres ou réticulé, reconnaissable comme l'une des matières prenant part à la composition de la plupart des parties du corps.

Aujourd'hui, par suite des progrès de l'analyse anatomique, dans ce tissu comme dans chacune des parties similaires de 1 organisme, il faut distinguer et décrire successivement : i" \&?, parties élémentaire?, ou l'élément anatomique prédominant dans ce tissu ; 2° le tissu que forment ces parties par leur réunion et leur arrangement réciproque entre elles et avec d'autres éléments; 5° le système anatomique que ce tissu représente par sa distribution dans l'économie : système dont Haller et Cordeu, précédés môme par d'autres anatomistes, avaient donné plus d'une description remarquable à divers titres.

I. De l'élément anatomique fondamental dd tissd laminedx od des cellules et

DES FIBRES LAMINEUSES.

Synonymie. Fi/amentosew stamina tenuia tendimim. (Leenwenhoek, Epistolœ physiologicœ super compluribiisnaturœ arcanis.MiMs, IH9, in-4'', p. 110, 155 et 134, fig. 13 de la planche page 102, t. II ou IV, selon les éditions des Opéra omnia.)

Car. Aug. A. Bergen a dit de ce tissu que « fit ex laminis membramceis in cellulas sphairicas, ovales et magis depressas expansis; » il applique cette description surtout à celui qui renferme de la graisse, et il le distingue sous le nom de mhstantia cellulosa du tissu cellulaire formant la trame des viscères, et des muscles qu'il nomme suhstantia fdamentosa {Programma de membrana ceUu- /osa. Fraucofurti ad Viadrim, 1752, in-4°. Dans [Idilev Dispiitationum anatomicarum selectarum volumen III. Gœltingue, 1738, in-4°, p. 83.) Ce n'est pas Bergen qui a employé le premier le mot lamineur (laminosus) pour désigner le

tissu dont il s'agit : il est par suite inexact de dire avec Béclard que le tissu que Bergen « appelle lamineux correspond au tissu graisseux. » (Béclard, Anatomie générale. Paris, 1823, iu-8", p. 157.)

Fila subtilissima iendinum. (Muys, Musculorum artificiosa fabrica. Lugduni Balavorum, 1751, in4°, p. 283.)

Filaments du tissu cellulaire, fds ou cylindres tendineux primitifs, cylindres tortueux primi'afs du tissu cellulaire. (Fontana, Traité sur le venin delà vipère. Florence, 1782, in-4°, t. II, p. 199, 223, 234 et 238.)

« Fibre laminaire formant le tissu lamineux, cellulaire ou muqueux, qui est i° filamenteux; 2° celluleux ou adipeux; 3" réticulé; i" parenchymateux, c'està-dire formant la trame, le parenchijme ou réseau primitif des différents organes, en s'associant aux vaisseaux et aux nerfs. » Fibre albuginée linéaire, blanche, compacte, formant les membranes albugineuses. (Chaussier. Table synoptique des solides organiques. Paris, an XI (1805) in-fol.)

Elementarcylinder der Zellgewebe. (G. Treviranus etL. G. Treviranus. Ueber die organischen Elemente des thierischen Korpers. In Vermischte Schriften. Gœttingen, 1816, in-4°, t. I, p. 125, et tab. XIY, fig. 74.)

Fibres j)rimitives du tissu celulaire. R. Krause. {Handbuch der menschlichen Anatomie. Ilanover, 1853, in-8'', t. I, p. 13.)

Fibres du lissu cellulaire. (R. \M agner, Lehrbuch der ver gleichenden Anatomie. Leipzig, 1854; !"> édition, Abtheil. I, p. 61.)

Fibres du tissu cellulaire, fibres primitives du tissu cellulaire. (Jordan, Ueber das Gewebe der Tunica dartos. [InArchivfûr Anat. und Physiol. Berlin, 1854, ùi-8°, p. 419, pi. IX, fig. 2 et 5.)

Fibres ligamenteuses. (Treviranus, Beitràge zur Aufkldrung der Erscheinungen und Gesetze des organischen Lebens. Bremen, 1835, in-4°, Heft II, p. 76.)

Fibres du tissu connectif et fibres conjonctives. (Gh. Robin, Recherches sur un appareil quise trouve sur les poissons du genre des Raies (Raia G.) etqui présente les caractères anatomiques des appareils électriques. In Ann. des se. naturelles, 1847, et Paris, 1847, grand in-8 ', p. 66 et suiv. Connectif \ent dire qui unit au même titre étymologiquement que le mot conjonctif, et ces deux expressions sont françaises et régulièrement formées. C'est à tort qu'on a dit de la première qu'elle n'était pas française. J. Béclard. Éléments d'anat. gén. d'A. Béclard, 4'^éd., 1865, p. 129.)

Fibres du tissu cellulaire et fibres-cellules. (Gerber, Allgemeine Anatomie Bern, Thur und Leipzig., 1840, in-8°, p. 123.)

Fibrilles du tissu conjonctif. (KôUiker, Éléments d'histologie humaine. Paris, 1856, in-8%p. 16.)

Fibres lamineuses. (Littré et Ch. Robin, Dictionnaire de médecine, 10« édit., Paris, 1855, grand in-8°, p. 254).

Les diverses dénominations de cette espèce d'élément anatomique viennent^ comme on le voit, des noms donnés aux tissus dans lesquels on trouve principalement cette espèce de fibres. D'après son aspect ou selon les idées qu'on se faisait de ses propriétés, on a en effet appelé successivement tissu cellulaire, aréolaire, lamineux, cribleux, reticulenx, muqueux, glutineux, filamenteux, celluleux, et dans ces derniers temps coalescent, conjonctif, unissant ou connectif, celui qui, sur i resque tous les points de l'économie, remplit les vides entre les I issus d'une importance [ilus grande, et qui, à la surface du corps et de ses

DICT. ESC. î' S, I. 14

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cavités ainsi qu'au pourtour des organes, est disposé en membranes enveiop* pantes. Le nom de cellulairelui vient de ce qu'on y développe artificiellement des cavités ou cellules par insufflation d'air. 11 faudrait revenir à ce nom si, comme l'admettent quelques auteurs allemands, les corps fibro-plastiques , dits aussi cellules plasmatiques et non les fibres qui en sont des prolongements, étaient l'élément prédominant dans ce tissu. Celui de tissu lumineux est meilleur, car il est autant disposé en lamelles qu'en filaments, et il se dissocie plutôt ainsi que de toute autre manière. De plus, les éléments prédominant dans ce tissu sont des filaments longs, un peu aplatis, minces, grêles, mous, hyalins, lisses, non élastiques, fascicules. Dans beaucoup d'organes, tels que le périoste, la peau, les muqueuses, les séreuses, la sclérotique, etc., où se trouvent ces fibres, elles servent, ainsi que les tissus qu'elles lorment, à toute autre chose qu'à joindre. entre eux des éléments ou des organes.

Fibres des tissus fibrillaire et fibreux. (Ordonez. Étude sur le développement des tissus fibrillaire et fibreux. Journal de Vanatomie et de la physiologie. Paris, 1866, in-8».)

Synonymie des fibres lumineuses en voie d'évolution. (Voy. aussi Adipeux.)

Fibres réticulées à noyaux de la pulpe de l'émail. (Todd et Bowman, Physiologicul Anatomy. London, 1847, in-8% part. III, p. 175.)

Cellules-fibres et cellules fusiformes du tissu cellulaire. (Schwann, Ihitersuchungen, 1838. in-8°, p. 135, 137, 142, etc.)

Fibres-cellules à wo^^slux {Kernzellenfasern; jibrœ celluloso-nucleutœ. ) (Ger-ber, Allgemeine Anutomie, 1840, in-8, p XIII.)

Cellules fusiformes de tissu cellulaire; corpuscules fusiformes du tissu cejluloire. (Henle, Anat. générule , 1841. Paris, trad. française, 1843, in-8° t I p. 406. ' ^

Fibres-cellules des tissus cellulaire et des tendons. (Valentin, art. Gewebe, p. 796. In Hundwôrterbuch der Physiologie, 1842, in-8, t. I.)

Corps fusiformes fibro-plastiques. (Lebert, Physiologie puthologique , 1845, t. II, p. 125.)

Cellules fusiformes ou étoilées de la substance fondamentale du tissu conjonctif ; cellules formatrices du tissu conjonctif; cellules de la substance conjonctive qui se rencontrent presque partout coimue cellules plusmutiques dont les prolongements sont des tubes plasmatiques. (KôUiker, loc. cit. Paris, 1855 in-8» pages 60, 64, 65, 73, 75, 77, 81, 82 et 85).

Cellules formatrices des fibres élastiques. (Kôlhker, iUd., 1856, p. 72.)

Définition. La science se trouve encore dans l'impossibilité de définir les éléments anatomiques par l'énoncé de ce qu'ils ont de plus constant, indépendamment de toutes variétés de formes et de dimensions, c'est-à-dire par l'indication de la nature et des proportions des principes immédiats qui composent leur . substance. On est donc forcé d'appuyer leur définition sur ce qu'ils offrent de plus général dans l'ensemble de leurs caractères extérieurs. Pour l'espèce d'éléments anatomiques dont il s'agit ici ces caractères différant beaucoup d'une époque à ' l'autre de leur évolution, cette définition ne peut être que très-complexe.

On est amené ainsi à dire que l'élément fondamental du tissu lamineux se ren. contre sous deux états coexistant en proportions diverses suivant les âges : ayant, dans le premier, dit embryonnaire ou de corps ou cellules fibro-plastiques,: fusiformes ou étoiles, la structure générale des cellules, à noyau ovoïde, dont lecorps pl'olongé par de grêles fibres ou filaments plus ou moins longs, passe, taîit..

LAMINEUX. 2H

normalement qu'accidentellement, à l'état vésiculeux, par réplétion de gouttes adipeuses; puis étant, dans le second état, dit fibrillaire ou de plein dévL'loppement, représenté par ces fibres lamineuses minces qui l'emportent, quant à la masse, sur le centre d'irradiation constitué par la cellule précédente, atrophiée ou non.

Ainsi fibre et corps ou centre cellulaire d'irradiation ne font qu'un, contrairement à ce qu'admettent quelques auteurs.

L'élément que nous venons de définir est la partie constituante fondamentale des tissus lamineux, fibreux, tendineux ; de la trame des séreuses, du derme cutané, du chorion des muqueuses, de la tunique externe des vaisseaux, etc. On le trouve, en outre, comme élément accessoire dans la moelle des os sous forme de trame librillaire grêle, dans celle de tous les parenchymes, dans les nerfs phériphériques et de tous les autres tissus à l'exception du lissu nerveux central, de la membrane élastique et interne des artères, du tissu osseux, du tissu cartilagineux et de tous ceux qui appartiennent au groupe des produits. On en rencontre, en outre, dans presque tous les produits morbides, au sein même des tissus qui n'en contiennent pas à l'état normal, tels que celui du cerveau, etc. Chez l'adulte, on voit toujours des fibres lamineuses à l'état embryonnaire ou de corps fibro-plastiques, tant fusiformes qu'étoiles, mélangés en pelit nombre aux fibres lamineuses proprement dites ou complètement développées.

La trame de la muqueuse utérine, celle de l'ovaire, de l'ovisac, en renferment en proportion plus grande ainsi que quelques autres organes. La trame des ganglions lymphatiques particulièrement est presque entièrement constituée par des corps fibro-plastiques étoiles dont les fibres ou prolongements sont anastomosés de l'un à l'autre après un court trajet. Il en est de même aussi dans l'organe de l'émail, oii cependant les corps fibro-plastiques sont plus larges et leur prolongements plus longs, avec des anastomoses moins nombreuses. Il y a des tumeuis qui sont presque entièrement formées par des fibres lamineuses restées à cet état. Celles qui sont surtout composées de noyaux embryo-plastiques en renferment toujours quelques-uns. Il n'est presque pas de tumeurs, d'indurations à la base des ulcères, etc., qui n'en renferment comme éléments accessoires.

On trouve naturellement les fibres lamineuses à l'état de corps fibro-plastiques chez l'embryon et le fœtus, tantôt existant encore seules avec des noyaux embryoplastiques ou déjà mélangés à des fibres complètement développées.

Des caractères offerts successivement par les fibres lamineuses. C'est à partir de l'époque où l'embryon humain atteint de 10 à 12 millimètres, c'est à-dire un peu après celle où existent déjà les fibres-cellules, qu'apparaissent les }ireniières fibres lamineuses. Elles ont pour centre de genèse, aussi bien dans les tendons que dans le tissu lamineux proprement dit, des noyaux embryo-plastiques. Il est exceptionnel de trouver un noyau servant de centre à la génération d'une seule fibre, tandis que la règle est de voir de deux à six fibres naître autour d'uu seul noyau comme centre. L'examen des phases successives de cette naissance et de cette évolution contredir formellement l'hypothèse d'après laquelle, au lieu d'être constitué principalement par des éléments anatoniiques distincts, le tissu lamineux ne serait autre chose qu'une substance ou masse, dite conjonctive, simplement striée et non fibrillaire.

Aux deux extrémités du noyau naît d'abord une petite quantité de substance organisée disposée en pointe aiguë à chaque extrémité du noyau. On a alors sous les yeux un élément fusiforme à la partie la plus élargie duquel se trouve le noyi^u .

<212 LAMINELX.

D'abord petit, à extrémités aiguës et courtes, cet élément grandit peu à peu, mais lentement, et le temps nécessaire pour qu'il arrive à l'état de fibres paraît être d'au moins un mois sur l'embryon. Cliez le fœtus, comme chez l'adulte, il en est qui peuvent rester à cette phase d'évolution par véritable arrêt de développement pendant un temps plus ou moins long, en constituant la variété dite fusiforme. Dans quelques conditions accidentelles, on en voit même qui subissent de véritables niodilicalions tératologiques de l'orme et de structure bien décrites par Ordonez, ou qui simplement passent à l'état de vésicule adipeuse par réplétion graduelle de gouttes graisseuses. Il n'est pas rare, particulièrement dans certaines tumeurs du périoste formées principalement par ces cléments, de trouver ces derniers à un état d'hypertrophie considérable portant à la fois sur le noyau et sur le corps de l'élément, et plus ou moins déformés.

11 importe de noter qu'on ne saurait à la vue de ces corps fusiformes ou étoiles dire si l'on a une ou plusieurs fibres lamineuses sous les yeux, car le nombre de celles qui en partent varie de l'un à l'autre. L'expérience montre qu'on doit se borner à dire qu'on a devant soi des fibres lamineuses en voie d'évolution aux premières périodes de leur développement.

Dans les conditions normales offertes par l'embryon, après la naissance de la portion de substance organisée aux extrémités seulement ou au pourtour du noyau qui donne au tout la disposition fusiforme ou étoilée, on voit peu à peu grandir ces prolongements. Quand chacun est arrivé à avoir une longueur de 5 à 6 centièmes de millimètre au moins, de 1 à 2 dixièmes au plus, il en est souvent qui se bifurquent ou se trifurquent, et chacun grandit sous forme d'une mince libre ou filament très-pâle plus ou moins onduleux. Quand ce fait a lieu seulement dans la direction des deux extrémités du noyau d'un corps fibro-plastique fusiforme et que les minces fibres sont rapprochées, elles rejjrésentent une sorte de fascicule ou de mèche a[)pendue à chaque extrémité du corps fusiforme encore pourvu de son noyau. Celte disposition est particulièrement caractérisée et remarquable pendant la durée du premier développement des fibres des tendons et des ligaments. Il importe de répéter ici que la production de ces minces fibres aux extrémités du corps lusiforme, d'abord simple et à noyau central, et leur allongement ne sont point le résultat d'une division longitudinale graduelle de ce corps, mais bien celui de la production évolutive incessante de substance organisée s'ajoutant molécule à molécule dans l'intimité même de celle qui forme chaque prolongement ou fibrille séparément. En aucune circonstance également on ne voit ces fibres soit rapprochées les unes des autres comme dans l'exemple précédent, £oit divergentes en toutes directions comme dans le cas des corps fibro-plastiques étoiles, se fondre et se souder ensemble pour former une substance homogène ou simplement striée, dite conjonctive. Ce fait se joint à celui que fournit la netteté avec laquelle on voit des fibres lamineuses isolées s'entre-croiser avec d'autres dans des séreuses, telles que le péritoine, sur des animaux encore vivants pour montrer qu'il s'agit bien là de fdaments doués d'une individualité caractéristique et non d'une substance homogène artificiellement subdivisée en fibres.

Quant au noyau qui a servi de centre à cette génération offrant la succession des phases qui viennent d'être signalées, il s'atrophie ensuite soit complètement, soit imparfaitement ; dans ce dernier cas, l'acide acétique le met en évidence, non avec la figure régulière qu'il avait auparavant, mais sous l'orme d'un corpuscule allongé, irrégulièrement ovo'ide, à contour comme dentelé ou ondulé et recourbé, un peu en demi-cercle ou en S. Cette atrophie est particulièrement remarquable

LAMINEUX. 213

dans les tissus tendineux et fibreux proprement dits, où elle atteint son maximum et où ceiiaitienient beaucoup de noyaux s'atropbient jusqu'à disparition complète. On peut dire, du reste, d'une manière générale que cette atrophie est proportionnelle au degré de développement des fibres mêmes auxquelles le noyau a servi de centre de génération, comme on le voit dans les tissus précédents, le derme, etc., tandis qu'elle n'a pas lieu dans les organes qui, comme la trame de l'ovaire, la muqueuse de l'utérus, la trame de la cornée, etc., restent constitués de fibres lamineuses dont le déveloj)) ement ne dépasse pas la période ou état dit de corps ou cellules fibro-plas tiques fusiformes et étoiles.

Chez l'adulte, dans des tumeurs volumineuses ou non, statiomiaires déjà depuis longtemps et dans quelques conditions séiiiles mais non morbides, à proprement parler, il est commun de trouver des corps fibro-plastiques nombreux; ils accompagnent ordinairement des fibres lamineuses bien dévelo]ipées, tantôt [ilus, tantôt moins abondantes qu'eux et des noyaux libres embryo-plastiques.

Ce fait montre que les fibres lamineuses arrivées à la période de développement dites corps fibro-plastiques, fusiformes ou étoiles, peuvent rester stationnaires à cet état fœtal pendant un temps relativement considérable et même pendant toute la vie dans la trame rctic;ulée des ganglions lymphatiques, dans la muqueuse utérine, etc. Ces cor[is fibro-plastiques qu'on rencontre si fréquemment dans les tumeurs et jiartout où il y a production de tissu lamineux nouveau, quelle qu'en soit la cause, sont réellement des fibres lamineuses à l'état lœtal, restées en voie d'évolution parfaite de conditions encore non déterminées et conslituant la variété fœtale de ces fibres. Mais il n'y a que ces corps fusiformes et étoiles qui soient fibro-plastiques et qui puissent recevoir ce nom, c'est-à-dire qui donnent naissance à des fibres. Quant aux noyaux embryo-plastiques, ils ne sauraient être considérés comme éléments de même espèce que les fibres lamineuses à l'état fusiforme, étoile ou de plein développement, auxquelles ils servent de centre de génération. En effet :

1" Quelles que soient les modifications évolutives normales ou accidentelles que présentent ce.^ noyaux, jamais le noyau, ou plus rarement les deux noyaux qui ont servi de centre de génération à un corps fibro-plas tique, ne suivent dans ces changements ceux de la substance de l'élément qui ^ient de naître autour de lui. Au contraiie, il s'atrophie, disparaît ou reste tel sans se développer, si ce n'est dans quelques cas pathologiques où on le voit s'hypertrophier sensiblement au centre d'un petit nombre de corps fibro-plastiques s'hypertrophiant ou non euxmêmes. Au contraire, les noyaux embryo-plastiques qui restent libres, qui conservent leur individualité anatomique et physiologique, s'hypertrophient, puis alors se multiphent ou non par scission, acquièrent un ou plusieurs nucléoles en s'hypertrophiant, présentent diverses modifications de structure, comme le passage à l'état granuleux, etc., au même titre que nombre d'autres espèces d'éléments du groupe des cellules.

S*" Jamais les noyaux libres ne deviennent eux-mêmes fusiformes ; jamais ils ne deviennent eux-mêmes des fibres soit larnineux, soit élastiques. S'ils deviennent le centre autour duquel se produit la substance organisée qui prend la configuration fusiforme ou étoilée pour se développer ou non plus tard en fibres, ce fait n'est pas nécessaire pour chacun de ces noyaux pris individuellement.

C'est ainsi que naissent et se développent les fibres lamineuses chez l'embryon et chez l'adulte, dans les tumeurs dites fibro-plastiques, etc., sans que le corps fusiforme ayant un noyau dans sa partie la plus renflée offre jamais la disposition de

214 LAMINEUX.

cellule arrondie, ovoïde. De suite aux deux extrémités du noyau embryo-plastique, la substance organisée qui s'y dépose et en fait un élément nouveau, offre une disposition étroite et allongée et grandit en prenant la disposition de fibrilles flexueuses de plus en plus longues ; en même temps le noyau lui-même s'allonge un peu, se rétrécit notablement, devient plus granuleux, quelquefois à contour inoins net et se diflérencie de plus en plus des noyaux embryo-plastiques qui sont restés tels sans prendre les caractères de fibres, jusqu'à ce qu'un certain nombre d'entre eux s'atrojibie, une fois que les fibres auxquelles il a servi de centre ont atteint une certaine longueur.

Ce l'ait est surtout i'rappant dans les tendons, dans le périoste et dans les autres parties du corps où le tissu lamineux est disposé en faisceaux serrés. Ici les noyaux deviennent de bonne heure étroits et paraissent allongés bien qu'en somme ils ne soient pas notablement plus longs que ceux qui ont encore leur forme ovoïde.

Parmi les particularités évolutives les plus remarquables que présentent les fibres lamineuses en particulier, on doit noter celles qui, tant normalement qu'accidentellement, amènent un certain nombre de corps fibro-plastiques à posséder l'état de cellules ayant paroi et contenu distincts, et cela sans que cette vésicule cesse d'être en contimiité avec des fibres proprement dites qui en iont comme autant de prolongements. Quant au contenu, il est formé de gouttelettes huileuses devenant de plus en plus nombreuses, avec ou sans interposition d'un liquide hyabn jusqu'à ce qu'elles se réunissent en une seule grosse goutte homogène donnant à cette partie de ces éléments les caractères qui les ont fait appeler cellules adipeuses et considérer comme espèce anatomique distincte. Mais chacune ne représente, au contraire, qu'une modification évolutive ascendante, une phase de son développement qui débute, alors que l'élément anatomique est né depuis assez longtemps déjà, a pris les caractères de corps fibro-plastiques, et a de plus donné naissance à des fibres lamineuses proprement dites de longueur considérable, mais indéterminée ; puis arrivée à tel ou tel degré, cette phase de développement peut en outre offrir elle-même une marche inverse qui modifie encore la structure de l'élément, sans que toutefois il reprenne les caractères de corps fusiforme ou étoile qu'il possédait au début; sans que ces modifications nouvelles reproduisent celles qui ont eu lieu antérieurement et soient un retour vers elles.

Il y a là, comme on le voit, une modification de structure des fibres qui survient dans cette seule portion qui, après le développement de ces fibrilles multiples, reste encore à l'état de corps fusiformes ou étoiles, sans atrophie du noyau qui a servi de centre à cette génération ; et celui-ci reste en quelque sorte perdu dans la substance du corps fibro-plastique devenue paroi très-mince de vésicule adipeuse, '■ sans qu'il prenne part aux phénomènes qui se passent là. {Voy. Adipeux.)

Voyons maintenant quels sont les caractères des fibres lamineuses, non plus envisagées dans l'ordre des modifications successives si remarquables qu'elles présentent, mais tels que les offrent chacun des états de cette évolution auxquels on peut les rencontrer.

L'aspect des fibres lamineuses à l'état de corps fibro-plastiques diffère notablement selon qu'ils offrent la disposition fusiforme et étoilée. On rencontre les corps fibro-plastiques étoiles partout où existent ceux qui sont fusiformes, mais ils sont toujours biens moins nombreux. Cependant on les trouve assez abondamment dans la trame du bulbe dentaire chez les jeunes fœtus, dans le tissu gélatiniforme du cordon ombilical; en outre, ils forment presque à eux seuls la trame de l'organe de l'émail, et lui donnent une extrême l'iégance par le mode d'entre-croisement

LAMINEUX. -1^

«et d'anastomose même de leurs prolongements entre lesquels est plongée la substance lioniogène amorphe qm donne à ce tissu l'aspect gélatmi(orn.e. Certaines tumeurs de la mâchoire, du cou et du cerveau (indurations rouges encepha- Uques des auteurs) en contiennent parfois en quantité plus ou moins grande, ordinairement déjà prolongées en grandes fibrilles.

Les corps fihro-plas tiques fusiformes offrent chez les jeunes embryons une longueur de 5 à 5 centièmes de mdlimètre ; elles ont aussi à peu près cette longueur dans les tissus de l'adulte où elles se trouvent normalement et dans la plupart des prodmls morbides qui en renferment habituellement. Dans les granulations de la pleurésie et de la péritonite chronique, dans les parois de certains kystes, dans la thyréoKle hypertrophiée, etc., on en voit quelquelo.s qui nont que 2 a o centièmes de millimètre et qui ont une étroitesse eu rapport avec leur longueur. Il est commun d'en rencontrer qui atteignent depuis les dimensions précédentes jusqu'à 1 dixième de millimètre et plus dans certaines tumeurs du périoste, de la peau etc , dans les parois des kystes apoplectiques de l'encéphale, les fongosites des tumeurs blanches, etc. Mais parfois, dans quelques-uns de ces produits morbides dans les tumeurs encéphaliques surtout dites indurations rouges et normalement dans les tissus de l'embryon et du foetus, on observe des corps fibro-plastiques, dont l'évolution est avancée, atteindre une longueur de 1 a plusieurs dixièmes de millimètre ou même trop longs pour qu'on puisse les mesurer. Les prolongements des corps libro-plastiques étoiles offrent parfois chacun isolement cette longueur; ces prolongements sont souvent flexueux, soit régulièrement et alors d'une manière très-élégante, soit irrégulièrement. • . ■ j

Ceux des corps ftbro-plastiques qui sont en forme de fuseau sont aplatis, épais de 1 à 2 milhèmes de miUimètre; leur partie la plus large est située à peu près au milieu de l'élément et a de 4 à 6 millièmes de millimètre, rarement 8 millièmes.

A partir de cette portion plus large, le diamètre de ces éléments va en diiuinuant insensiblement jusqu'aux extrémités qui se terminent en pointe aiguë ou plus rarement tronquée. Ces diverses dimensi6ns s'appliquent aussi aux corps hbroplastiques étoiles non fusiformes, soit à chacun de leurs prolongements soit a leur partie centrale. Celle-ci néanmoins atteint souvent 1 0 à 15 millièmes de millimètre de large dans ceux du tissu lamineux gélatiniforme du cordon, de certaines tumeurs de l'encéphale et autres régions ; elle est un peu plus étroite dans les corps ou cellules fibro-plastiques étoUés des tissus de l'embryon, de la pulpe dentaire, de l'organe de l'émail et de celui du cément des ruminants.

11 est commun de trouver les extrémités des corps fibro-plastiques fusiformes et les prolongements des corps étoiles bifurques ou même élégamment subdivisés en un plus grand nombre de ubriUes, minces, pâles, flexueuses comme les fibres lamineuses complètement développées ; cela se voit surtout sur les plus longs. Lhaque corps fusiforme fibro-plastique est composé d'un noyau central ou plus rarement deux, occupant la partie la plus renflée de l'élément et déterminant en partie c* •renflement par leur présence. Tantôt à ce niveau, les bords de 1 élément fibroplastique dépassent d'un quart environ de leur largeur les côtés du noyau et alors il est manifestement enclavé dans son épaisseur. Souvent chaque moitié du corps fusUbrme n'est pas plus large que le noyau et se trouve insérée en quelque sorte sur chacune des extrémités de celui-ci. Tantôt enfin, les extrémités de l'élément sont bien plus étroites que le noyau, qui se présente comme un renflement brusque, ovoïde, portant à chacune de ses extrémités un appendice ou filament.

Le noyau xiontenu dans chaque élément fusiforme est généralement plus étroit

216 LAMINEUX.

et un peu plus long que les noyaux embryo-plas tiques qui accompagnent souvent les corps fibro-plas tiques. Ce noyau des corps fusiformes n'a pas toujours un contour bien nettement distuict; il se confond avec la substance même de l'élément lusilorme peut-être plus encore vers les extrémités du noyau que sur ses côtés Dans CCS divers cas, il est plus épais au niveau du noyau, moins transparent et s. e contour de ce dernier n'est pas, nettement apercevable, on voit là des -Va nulations qu on trouve dans les noyaux bien visibles, libres ou inclus. En oiUre acide acétique lait réapparaître le noyau d'abord difficile à voir. Ce noyau chez homme n olfre que rarement un nucléole ; mais il en a un chez divers mLmitares, tels que es ruminants, etc. Quelqnefois le noyau est masqué en totalité ou en partie par des granulations moléculaires, réfractant fortement la lumière d^

O^'orfolï.'"' ' ^-'^^-'--^ "--'"" Ces granulations atteignent U ,001 a 0-',005 ou environ; non-seulement il y en a autour du noyau ou

dans son épaisseur, mais encore il y en a d'isolées ou réunies en amas et en chapelets dans 1 épaisseur des prolongements fibrillaires. C'est surtout dans les parois de certains kystes, dans celles des kystes entourant les caillots apoplectiques du cerveau, dans la muqueuse de l'utérus hypertrophié,dans les glandes lymphatiques dites tuberculeuses, qu on observe cette particularité. En dehors des cas précédents on voit dans les extrémités de la majorité des cellules fusiformes une certaine quantité de granulations moléculaires très-fines. On peut constater cette réplétion plus ou moins complète des corps fibro-plastiques, fusiformes ou étoiles par des granulations ou gouttelettes graisseuses plus ou moins foncées dans ceux qui prennent part à la constitution de diverses productions morbides chez l'adulte et sur les enfants Telles sont par exemple les tumeurs dites colloïdes, d'après leur aspect réellement gelatiniforme, qui dérivent du tissu lamineux dont elles représentent une hypergenèse, conservant dans la masse qu'elles forment les caractères physiques et la texture fondamentale du tissu lamineux, du fœtus et du cordon ombilical Souvent la plupart des corps fibro-plastiques de ces tumeurs ofirent un commencement de dépôt de gouttes adipeuses éparses dans leur épaisseur. Ces gouttes sont sur un grand nombre plus fines que dans les conditions normales et de volume d'abord assez uniforme. Çà et là on en trou^ e qui sont entièrement pleins de ces fines goutte e tes et qui sont devenus sphériques malgré leur peu d'augmentation de volume total. 1 importe de ne pas les confondre avec des leucocj tes devenus plus ou moh granuleux-, dont l'existence est presque constante dans la substance hy^ineamo^ phe du tissu amineux gélatiniforme fœtal et morbide. Ailleurs dautr s c rps oni absolument les caractères signalés plus haut d'une manière auss net^que dan eùssu adipeux des embryons. Parplaces, ceux des corps fibro-plastiques^qui son deja devenus vesiculeux, sphériques ou ovoïdes, et dans lesquels les fines grTnl tions graisseuses sont réunies en grosses gouttes adipeuses, sont tellement C" dants qu Ils se touchent ou à peu près, et rendent le tissu opalescent ou tout f^ait opaque, d un blanc jaunâtre.

Le passage des corps fibro-plastiques fusiformes à un état granuleux Canaloeue au précèdent quant aux conséquences qui s'en suivent pour leur arrivée à S sep -oïdal et leurs changements de volume) est souvint déternàné p^ le,^ epletion par des granules d hématosine d'un rouge brun plus ou moins foncé. C'e^ ce que 1 on obserse dans beaucoup de ceux qui sont au voisinage des infiltrations sanguines ou des epanchements apoplectiques de quelque cause que ce soit, aans les tissus restes sains auparavant ou dans les tumeurs

On peut aussi, soit normalement, soit dans des circonstances accidentelles c'est-

LAMINEUX. M?

à-dire clans les tumeurs mélaniques de l'homme, du cheval, etc., en voir qui sont plus ou moins remplis par des granulations de pigment [iroprement dit.

Les corps fibro-plastiqnes sont d'autant moins pùles qu'ils renferment plus de ces fines granulations grisâtres. On en trouve ordinairement aussi, mais de plus petites, dans les corps tibro-plastiques encore fusiformes de la moelle des enfants. S\irlesuns, elles sont autour du noyau; sur les autres, çà et là dans rélénienl anatomique. Des granulations graisseuses analogues s'observent aussi au voisinage du noyau, ou dans l'étendue de la partie fusiibrme des corps de ce nom chez l'embryon. Du reste, tel embryon présente des granulations graisseuses dans la plupart des corps fusiformes, tel antre embryon, qui semble être dans des conditions semblables, n'en possède pas.

Les corps fibro-plastiques étoih's sont composés d'un noyau central, semblable aux noyaux embryo-[)lastiques libres, autour duquel s'irradient en plus grand nombre des prolongements fibrillaires, rectilignes ou flexuciix, simples ou subdivisés décrits plus haut. Ils se détachent quelquefois directement ou presque directement de la périphérie du noyau; le plus souvent, un amas de substance homogène, finement granuleuse, transparente, à contour pâle, comme s'il était mal limité, entoure ce dernier et se prolonge en fibrilles plus ou moins étendues. La forme de cet amas est très-variable, selon le nombre des prolongements, selon qu'ils se détachent de toute sa périphérie, ou d'un seul côté, et selon leur largeur au point de continuité avec l'amas lui-même. Tantôt le noyau est placé à son centre même, ou à peu près de manière à être entouré, par sa substance, de toutes parts, comme dans le plus grand nombre espèces de cellules. Tantôt, cette dernière est comme appliquée sur un des côtés ou à l'un des bouts du noyau, qui reste libre dans une partie de son étendue, fait qui s'observe aussi dans les corps fusiformes. De ces diverses particularités résultent, pour ces éléments, des variétés nombreuses de dimensions et de formes, dont l'ensemble offre presque toujours une grande élégance, surtout lorsqu'ils prédominent sur ceux qui les accompagnent. Ces dispositions sont spécialement remarquables dans l'organe de l'émail et dans la cornée, pendant toute la durée desquels les fibres lamineuses conservent cette conformation qui, ailleurs, ne persiste que pendant les premiers temps de leur évolution.

Les corps fibro-plastiques composant la trame de ces organes se font distinguer par leur forme étoilée, la pâleur et la longueur des prolongements qui, de chacun de leurs angles, se répandent à travers la matière amorphe. Tantôt ces prolongements se terminent en pointe par une extrémité libre, après un trajet d'un ou plusieurs dixièmes de millimètre, et tantôt ils s'anastomosent avec ceux d'un corps fibro-plastique voisin, ou bi-n ils se dirigent directement sur la masse qui entoure le noyau de celui-ci. Ils relient ainsi les uns avec les autres les corps fibroplastiques ^ Ces anastomoses et ces entre-croisements constituent une trame réticulée dont les mailles offrent une configuration polygonale à angles nets, rarement arrondis et d'une dimension qui varie d'un à plusieurs centièmes de milli- ) mètre; leur diamètre le plus ordinaire est de 0'"'",03 à 0°>'°,05. La configuration de ces mailles vues dans leur ensemble donne à ces tissus un aspect des plus élé

' Purkinje et Rascliliow ont exactement décrit sous les noms d'organon adamantinœ ï organe de l émail (1855), comme substratum de la formation de l'émail séparé delà paroî lolliculaire et du bulbe tout à la fois par un espace étroit qui serait plein de liquide Ih ont décrit pour la première fois les corps lîbro-plastiques étoiles qui entrent dans sa composition sous le nom de corpuscules reliés entre eux par des fibres du tissu cellulaire

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gants. Elles sont un peu j)lus près de la face bulbaire de l'organe de l'émail que vers sa surface folliculaire . Des parlicularilés analogues s'observent dans la cornée vers les faces antérieures et postérieures, et dans d'autres parties du corps également.

Les corps fibro-plastiques eux-mêmes, dont se détachent les fibres lamineuses ontre-croisées, offrent des variétés assez nombreuses de configuration. Tantôt, ils sont prismatiques triangulaires, et chaque angle est le point de départ d'une ou de deux fibres lamineuses, tantôt ils présentent quatre ou cinq angles d'où partent autant de prolongements ou fibres, ce qui leur donne un aspect des plus élégants. Le diamètre de ces corps est de 12 à 20 millièmes de millimètre, et parfois un peu plus dans le sens de leur longueur. Ils sont grisâtres, pâles, et leur contour en pari iculier l'est quelquefois au point de sembler mal délimité. Us se composent d'un noyau central clair, finement granuleux, à contour net, pourvu rarement de 1 ou 2 nucléoles et entouré d'une substance représentant un corps de cellule irrégulièrement découpé en polygone étoile et souvent en prisme triangulaire laissant échapper de chacun de ses angles les prolongements ou fibres lamineuses entrecroisées. Il résulte de cette disposition que le noyau semble comme entouré d'une sorte d'atmosphère grisâtre granuleuse, un peu plus foncée que la matière amorphe ambiante, et réunie aux corps fibro-plastiques voisins parles prolongements dont il a été question jilus haut.

Des particularités semblables s'observent sur les corps fibro-plastiques étoiles à nombreuses fibrilles radiées et anastomosées qui abondent dans les ganglions lymphatiques ; mais ils y sont peut-être encore plus pâles, offrent un contour moins régulier et ont une forme plus allongée.

II en est encore de même pour beaucoup de ceux qu'on observe vers la base des jeunes bulbes dentaires, dans les tumeurs que forment parfois leur tissu atteint d'hypertrophie, etc.

Les particularités de cet ordre sont encore plus manifestes dans les cas oià, auprès de certaines tumeurs, les corps fibro-plastiques et leur noyau sont devenus à la fois plus gros et plus larges qu'à l'état normal, et en même temps plus irréguliers, sans jiasser à l'état adipeux. Enfin, parmi les modifications accidentelles que peuvent présenter ces éléments, il laut noter les formes irrégulières variées et curieuses qu'ils présentent, lorsque, après être arrivés à l'état adipeux, ils ont perdu leur contenu graisseux pour passer à l'état de vésicule plus ou moins chitfonnée pleine d'un fluide incolore, plus ou moins grenu, ainsi que nous l'avons vu ailleurs {voy. Adipeux, t. II. p. 12 et 13, fig. 1 h) ; sans que jamais du resteon observe alors un retour de ces éléments à leur constitution antérieure, ni la prétendue multiplication de leurs noyaux par scission prolifiante, dont on les a dit pouvoir être alors le point de départ.

Les corps fibro-plastiques sont souvent après la mort le siège d'une altération cadavérique particulière. Cette altération se produit sous les yeux de l'observateur, entre les deux lames de verre, lorsque la mort du sujet remonte à vingt-quatre heures environ, suivant d'ailleurs que la température extérieure est plus ou moins élevée. Elle consiste dans la production, autour des noyaux embryo-plastiques, de gouttes hyalines faisant passer ces éléments à l'état de vésicules sphériques, ayant parfois pour centre le noyau lui-même, et remarquables par la traiislucidité parfaite et le faible pouvoir réfringent de leur masse, en même temps que pai* la netteté et la régularité de leur contour. La production de ces gouttes dites sarcodiques débute par l'apparition d'un globule liriipide, d'abord très-petit, au

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contact du noyau des corps fibro-plastiques. Ce globule grandit peu à peu comme s'il suintait au travers de la substance du noyau, et finit par entourer ce dernier, auquel il l'orme une atmosphère fluide et transparente. Lorsqu'à ce moment on isole ces cor[S fusiformes ou étoiles, ils présentent leurs prolongements partant non plus du voisinage du noyau central, mais plus loin, comme s'ils naissent de la circonférence même de la goutte sarcodique qui les distend. Cette altération ne se produit pas avec une égale rapidité chez tous les animaux ni à tous les âges. Elle se montre de très-bonne heure sur les embryons.

La production de ces gouttes sarcodiques s'opère aux dé[)ens delà substance de la plu[)art des éléments anatomiques qui offrent une certaine délicatesse de constitution, surtout sur l'embryon. Les matières amorphes, ainsi que les éléments anatomiques bien délimités, en deviennent le siège lorsqu'ils commencent à subir l'altération cadavérique. On peut facilement sur l'organe de l'émaU et parfois aussi sur le bulbe dentaire encore petit, suivre directement les phases de cet ordre d'altérations. 11 en est de même sur les corps fibro-jjlastiques de la tunique externe ou adventice des capillaires. Leurs fibres-cellules peuvent également en être le siège. ■Ainsi, on voit dislinctement, dans les corps fibro-plastiques fusiformes ou étoiles, la petite quantité de substance amorphe grisâtre finement granuleuse qui eiitonre le noyau et d'où partent les prolongements, se gonfler peu à peu sous les yeux de l'observateur, perdre ses graimlations, devenir homogène, spliérique. Les prolongements lamineux ne cessent pas d'établir pendant quelque temps encore des communications entre les corps fibro-plastiques devenus ^ésiculil■ormes, tandis que dans les substances amorphes proprement dites les vésicules contiguës finissent à la longue par se réunir et former une masse liquide.

Quelques auteurs, ayant négligé de suivre les phases successives de cette altération, l'ont considérée comme une disposition normale ^. Ces particularités sont d'autant plus importantes à prendre en considération, qu'il est commun de voir les gouttes sarcodiques produites aux détiens de la substance des corps.iibroplastiques ou autres en voie d'altération et devenues libres, entourer un ou deux noyaux embryo-plastiques ou autres, avec des granulations moléculaires ou non. Ces gouttes isolées ou réunies en groupes simulent alors plus ou "moins des cellules limpides tout à fait sphériques ou polyédriques par pression réciproque. Leur confusion avec des cellules doit surtout être évitée, lorsque étant encore ];longées dans quelque masse de substance amorphe ou dans des tissus transparents, comme la tunique externe des petits vaisseaux, leur couleur, leurs dimensions, leur structure, ne peuvent pas être très-exactement aperçus quand on n'a pas suivi leur mode de formation.

On voit, d'après ce qui précède, que les fibres lamineuses passent par divers états successifs de développement avant d'arriver à l'état de fibres proprement dites. On les rencontre ainsi avec un aspect extérieur, des formes et des dimensions notablement différentes, que l'examen des phases de leur évolution font néanmoins reconnaître comme appartenant à une même espèce d'éléments. Ces variétés diverses se voient généralement mélangées l'une à l'autre, mais en proportions différentes, selon les âges, les régions de l'économie, les conditions

' Hannover, qui a décrit le tissu propre de l'organe de l'émail comme étant l'organe du cément, a signalé, le premier, quelques-unes des altérations cadavériques précédentes sous le nom de cellules primordiales du germe du cément encore liquide, pris dans les follicules des dents incisives permanentes d'un nouveau-né (Hannover, 1855). Mais il les considère à tort comme des éléments normaux et spéciaux.

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morbides. On peut réduire à deux ces variétés. L'une est représentée par les cor/;« fibro-plastiques ; elle peut être appelée variété fœtale ou embryonnaire, tant parce qu'elle prédomine pendant les premiers âges de la vie, que parce que les fibres de la seconde variété passent individuellement par cet état avant d'arriver à celui de fibres proprement dites. Les corps fîhro-plastiques offrent eux-mcmcs deux formes principales, celle de corps fusiformes et celle de coiys étoiles.

L'autre variété est représentée par les fibres lamineuses proprement dites, ne possédant plus de noyau et de caractères uniformes dans toute leur étendue. On ne saurait en outre s'empêcher de reconnaître que, dans ces dernières arrivées à leur entier développement, on doit distinguer aussi deux formes différentes, qui sont les fibres lamineuses proprement dites ou ordinaires, et les fibres tendineuses.

Des fibres lamineuses complètement développées ou proprement dites. Les fibres lamineuses sont toujours abondantes partout où elles se rencontrent. Toutefois, il y a à cet égard dans les tissus morbides d'assez grandes différences qui appartiennent plus à l'histoire de ces derniers qu'à celle des éléments dont il s'agit ici. Elles sont, toutes proportions gardées, plus abondantes dans les tissus de l'adulte, qu'elles concourent à former, que chez le fœtus où. prédominent, au contraire, dans les premiers mois, celles qui sont à l'état de corps ou cellules fibro-plastiques.

En général, lorsqu'elles sont peu nombreuses en un point, elles y sont isolées, entre-croisées à angles plus ou moins aigus. Si, au contraire, elles sont abondantes, on les trouve réunies en faisceaux aplatis ou cylindriques, dont le diamètre a 5 à 4 millièmes jusqu'à \ dixième de millimètre. Leur longueur est considérable et indéterminée comme celle des fibres, dont on ne voit jamais que les extrémités rompues. La largeur des fibres elles-mêmes est en général de ■I millième de millimètre. On en voit pourtant dans certaines tumeurs fibreuses qui ont le double de ce diamètre ; elles sont également un peu plus grosses dans le tissu du derme, des gencives, de la dure-mère rachidienne et chez les grands mammifères tels que le bœuf, le cheval. 11 y en a au contraire beaucoup qui sont moitié moins larges dans le tissu lamineux intermusculaire, en particulier, dans les filaments qui s'étendent de la dure-mère rachidienne au périoste de la face interne des vertèbres, dans les ligaments, la sclérotique, les tendons, etc.

Les fibres lamineuses complètement développées sont aplaties, d'une épaisseur qui est la moitié environ de leur largeur. Leurs Lords sont parallèles, réguliers, nets, bien que très-pàles, et ils ne montrent que rarement des ramifications. Elles sont incolores, très-transparentes, assez molles, très-flexibles, et, par suite, offrent, dans l'épaisseur même des membranes minces dont on porte des fragments sous le microscope, une direction plus souvent onduleuse que rectiligne, bien qu'un certain nombre d'entre elles soient droites. Ces sinuosités sont encore exagérées par les manœuvres de dilacération des tissus pour l'isolement des fibres, ce qui donne souvent à celles-ci un aspect très-élégant lorsqu'elles sont nombreuses dans le champ du microscope. Les bords des fibres sont un peu plus nets, un peu plus foncés chez les grands mammifères que chez l'homme.

Les faisceaux de fibres sont eux-mêmes flexueux ou onduleux, souvent d'une manière très-régulière, et comme les lignes de contact des fibres les font paraître striés longitudinalement, on les a compai-és assez exactement, quant à l'aspect extérieur, à des nattes de cheveux ondes. A l'égard de la disposition en faisceaux et des flexuosités, les fibres lamineuses offrent de nombreuses variétés d'un tissu

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normal à Vautre, suivant sa consistance, etc., et surtout d'un produit morbide à

l'autre.

Dans le tissu lamineux inter-cliorio-amniolique, dans le tissu lamineux de nouvelle génération, à la face interne des séreuses, à la face interne de la duremère, dans les apoplexies méningées et dans quelques autres, elles sont en couches ou nappes qu'on peut artificiellement diviser en faisceaux, mais qui ne le sont pas naturellement. En même temps, elles ne sont que légèrement et régulièrement onduleuses. Chez les embryons, dans les bourgeons charnus, partout en un mot où se trouvent des fibres de tissu cellulaire en voie de développement, les fibres isolées ou en faisceaux sont soit droites, soit légèrement onduleuses seulement.

Dans un très-grand nombre d'organes formés de tissu fibreux ayant l'aspect et la consistance du cartilage, tels que les disques interarticulaires, les plaques de nouvelle formation dites cartilagineuses de la rate, du péritoine, delà plèvre, etc., dans les tumeurs fibreuses très-dures de l'utérus, etc. , les fibres ont un autre

aspect.

Leurs lignes ou stries de contact sont plus ou moins masquées par de la matière amorphe granuleuse ou non, offrent des ondulations courtes, rapprochées, peu prononcées ; il est difficile de les isoler dans une grande étendue, et leurs extrémités rompues se terminent en pointe.

Dans diverses espèces de tumeurs, surtout celles qui offrent l'aspect colloïde, dans les végétations de même apparence qui font saillie dans l'intérieur des kystes de la mamelle hypertrophiée, etc., on trouve fréquemment aussi de ces fibres fort minces, remarquables par la brièveté, le nombre et le rapprochement de leurs fines ondulations. Souvent elles sont isolables dans une assez grande étendue, ou réunies en lames et faisceaux avec ou sans matière amorphe granuleuse.

D.\ns ces tumeurs, non plus que dans les productions végétantes autour des tumeurs blanches, elles ne sont pas disposées en faisceaux nettement limités, mais empâtées en quantité plus ou moins grande par de la matière amorphe. Dans les tumeurs fibreuses proprement dites de la mamelle, des nerfs, du périoste, dans les polypes fibreux du pharynx, etc., les fibres offrent souvent des ondulations très-rapprochées, un diamètre assez large, des bords nets, et bien que pouvant être isolées dans une certaine longueur, par places ou à l'extrémité des faisceaux, elles sont habituellement réunies très-intimement en petits faisceaux larges de 6 à 10 millièmes de millimètre, d'aspect presque homogène, ou un peu striées.

Dans le tissu lamineux du cordon ombilical, où les fibres sont entre-croisées isolément ou forment des faisceaux lâches; dans celui du fœtus, où elles sont en faisceaux, mais lâches et mal délimités, les fibres sont remarquables par leurs ondulations fines et rapprochées. Elles ressemblent beaucoup, sous ce rapport et celui de la disposition de leurs faisceaux, à celles de beaucoup de végétations transparentes, d'aspect gélatiniformc. La ressemblance est encore augmentée par la matière amorphe, finement granuleuse, en quantité plus ou moins grande, qui existe entre elles.

Parmi les caractères physiques que présentent les fibres lamineuses, l'un des plus remarquables est leur peu d'extensibilité propre et leur manque d'élasticité. Aussi, lorsqu'elles sont juxtaposées seules et parallèlement les unes aux autres, constituent-elles des tissus inextensibles ou à peu près, comme on le voit dans les tendons, les ligaments, la sclérotique, etc.

Réciproquement lorsqu'elles prennent part à la composition de tissus extensibles, comme le tissu lamineux, la pie-mère, etc., on constate que ceux-ci doivent

222 LAaUJNEUX.

leur mollesse et leur extensibilité à des particularités de texture ou d'arrangement réciproque de leurs éléments ; c'est-à-dne aux flexuosités et à l'entre-eroisement 2n tous sens des fibres lamineuses isolées ou en faisceaux, que l'extension redresse et fait glisser les uns sur les autres ; puis, ils reviennent sur eux-mêmes lorsque cesse cette extension parfaite du retrait des fibres élastiques qui les accompagnent comme éléments accessoires et qu'avait distendue quelque traction.

Action des agents chimiques sur les fibres lamineuses. Les fibres lamineuses se gonflent un peu dans l'eau, qui rend ainsi leurs bords encore plus pâles et plus transparents. L'alcool n'en change pas l'aspect, il les rend un peu moins transparentes et donne un peu plus de netteté à leurs bords ; aussi peut-on reconnaître les tissus qui en sont formés, même après un long séjour dans ce liquide.

L'acide acétique a sur elles une action particulière souvent utilisée dans les recherches anatomiqiies. Il les gonfle et en même temps les raccourcit, d'où les mouvements qu'elles offrent au contactdecetacideetdes réactifs qui ont une action analogue. 11 les ramollit de telle sorte qu'elles deviennent cohérentes ensemble et se changent en une masse homogène, gélatinifornie, transparente, plus volumineuse du double ou du triple que les fibres qu'on avait traitées. Les stries longitudinales des faisceaux ou des amas de fibres, qui indiquaient leurs hgnes de conlact, dis])araissent tout à fait. 11 en résulte que ces amas et faisceaux de fibres deviennent très-transparents et laissent apercevoir les éléments accessoires du tissu qu'ils enfermaient, tels que les fibres élastiques, les capillaires et les noyaux embryo-plastiques.

C'est par suitç de ce double résultat de l'action de l'acide acétique que se montre une curieuse modification des faisceaux du tissu lamineux pendant l'emploi de ce réactif. Ceux-ci étant devenus transparents, laissent voir une ou deux fibres élastiques disposées en spirale autour d'eux. Ces tours de spire peuvent être plus ou moins rapprochés. Quand les deux fibres marchent en sens contraire, on peut les voir quelquefois se croiser en un ou plusieurs points. Dans certains cas, ce n'est pas une fibre en spirale qui entoure le faisce;iu, mais bien un ou plusieurs anneaux complets, ne communiquant pas l'un avec l'autre par une ramification. Ils sont très-nettement délimités, plus ou moins rapprochés, et se trouvent habituellement en petit nombre sur des faisceaux qui, dans le reste de leur longueur, sont parcourus par une fibre en spirale. Sur quelques faisceaux, on voit simplement une ou plusieurs fibres accompagnant ceux-ci dans le sens de leur longueur, en décrivant de nombreuses flexuosités sans les entourer. Comme l'acide acétique gonfle considérablement les faisceaux en même temps qu'il les rend transjiarenls, ces derniers n'augmentent de volume que dans les intervalles laissés libres par les fibres élastiques. Ils sont étranglés au niveau des tours de spires ou des anneaux de celles-ci, et offre un aspect moniliforine ou variqueux, élégant et fort curieux. L'acide acétique pâlit les corps fibro-plastiques lusiformes et étoiles ; il met en évidence le noyau qu'ds renferment, mais ne fait pas disparaître entièrement la masse qui entoure celui-ci ; il pâlit beaucoup les prolongements et les gonfle un peu, comme il le fait pour les fibres lamineuses proprement dites ou complètement développées. '

^uel que soit celui de ces états de développement auquel se trouvent arrivées les Ebres traitées par l'acide acétique, elles réapparaissent avec presque tous leurs caractères, lorsqu'on ajoute à la préparation une quantité de potasse, de soude ou d'ammoniaque, qui ne dépasse pas trop celle qui est nécessaire à la saturation de

LAMINEUX, ns

Lorsque l'acide acétique est concentré, qu'il agit directement sur des fibre» ou des faisceaux de tissu lamineux qui n'étaient pas placés dans l'eau, l'action est au fond la même ; mais il resserre d'abord les faisceaux et rend la masse homogène. 11 détermine en même temps un plissement transversal des faisceaux; les plis sont droits, pâles, très-fins, rapprochés et régulièrement espacés. L'acide chlorhydrique agit de la même manière, mais plus lentement et sans plisser les faisceaux; il les rend seulement homogènes et finement granuleux. Plus étendu il agit comme l'acide acétique en gonflant moins les fibres. L'acide sulfurique gonfle et raccourcit les fibres très-rapidement, il rend la masse homogène finement granuleuse et à la longue la dissout s'il est moyennement ou très-concentré.

L'acide nitrique étendu d'un tiers ou des deux tiers d'eau commence par déterminer un raccourcissement considérable des fibres ou des faisceaux de libres lamineuses. En même temps il en augmente le diamètre de près du double sinon plus et fait passer chaque faisceau à l'état d'une niasse cylindrique, homogène, sans stries, mais finement granuleuse, gris jaunâtre et plus ferme au centre qu'à la périphérie. Il met en évidence les fibres élastiques comme le fait l'acide acétique, mais d'une manière moins prononcée à cause de la teinte grise jaunâtre des faisceaux et des fines et abondanles granulations qu'il fait apparaître. L'acide nitrique ramollit peu à peu les faisceaux lorsqu'il est très-étendu. Il les rend friables et faciles à désagréger lorsqu'il est concentré.

L'ammoniaque gonfle les éléments du tissu lamineux ; détermine des plis onduleux, très-courts dans les faisceaux, qui paraissent comme finement granuleux, sans perdre complètement leurs stries longitudinales. La potasse à 40" resserre les fibres plutôt qu'elle ne les gonfle, les raccourcit et ne fait pas perdre aux faisceaux leur aspect strié en long. Mais moyennement étendue elle les gonfle, les rend diffluents et finement granuleux, en passant d';ibord, suivant le de"-ré de dilution, par les phases offertes sous l'influence de l'ammoniaque.

Toutes les fois que sur le vivant, comme sur le cadavre, la nutrition ayant cessé se rencontrent les conditions d'humidité et de température nécessaires pour que se manifeste la putréfaction, les fibres lamineuses comptent parmi les premiers éléments qui offrent ce mode de décomposition. Dans les cas de gangrène humide et de pourriture d'hôpital, elles se détruisent rapidement. Elles prennent d'abord un aspect finement grenu, puis ne constituent bientôt qu'une masse amorphe presque diffluente, parsemée d'une quantité très-considérable de granulations moléculaires. C'est aussi l'aspect qu'elles ont lorsqu'elles se putréfient sur le cadavre. Si, au contraire, elles sont desséchées et ne sont pas replacées à l'humidité elles se conservent sans altération presque indéfiniment. Alors ramollies par l'eau, elles montrent tous les caractères qui leur sont propres, sauf un peu plus de netteté des bords et une transparence un peu moins parfaite.

Bien que par la simplicité de la composition anatomique élémentaire de leur tissu, les tendons se prêtent à une analyse permettant de se rendre compte ^'une manière exacte et assez piéeise de la composition immédiate des fibres lamineuses, cette analyse reste encore à faire. Toutefois nous aurons plus loin à revenir sur ce sujet en traitant du tissu lamineux.

Structure des fibres lamineuses. Qu'elles soient larges, comme on le voit dans quelques tumeurs fibreuses, ou minces, soit rectihgnes, soit onduleuses, ou quelles offrent des flexuo.sités très-rapprochées, libres ou accompagnées de matière amorphe, partout elles sont entièrement homogènes avec ou sans ramifica-. tions. Lorsqu'elles sont ramifiées, souvent elles sont anastomosées, ainsi qu'on le

•AU LAMINEUX.

voit dans la trane de l'organe de l'émail, dans celle du cordon ombilical, dans quelques tumeurs d'aspect gélatiniforme et colloïde, etc.

Dans le tissu de nouvelle génération qui entoure certains tubercules de la substance cérébrale ou les épanchemenls apoplectiques anciens, on trouve cependant quelquefois des fibres qui dans leur épaisseur contiennent des granulations graisseuses, soit rapprochées, disposées en chapelet, soit éparses. Il en est de même dans un certain nombre de tumeurs dont les faisceaux fibreux sont accompagnés de granulations graisseuses.

Dans les tumeurs colloïdes ces ramifications s'anastomosent même avec les fibres voisines sous des angles très-nets. Elles constituent ainsi la trame entre les espaces de laquelle se trouve la matière amorphe à laquelle est dû l'aspect gélatinifoime.

Ce fait s'observe aussi à l'état normal sous des aspects variés, dans le cordon ombilical, l'organe de l'émail, etc. Dans la trame lamineuse des glandes lymphatiques, etc., on trouve des dispositions analogues, mais avec des fibres et des anastomoses bien plus nombreuses entre lesquelles sont les noyaux propres de ces glandes.

Les (ibres lamineuses de la variété tendineuse se distinguent nettement par leur diamètre notablement plus étroit, leurs bords plus foncés, plus nets, moins de transparence en somme de toute la fibre, plus de roideur, qui fait que lorsque les filaments ne décrivent pas de longues et élégantes ondulations ils se fléchissent à angle aigu simulant une brisure. Il résulte de tout cela une différence frappante sous le microscope entre ces éléments et ceux de la première variété. Il suffit pour la constater d'examiner des fibres du faisceaux du tendon dit aponévrose d'insertion du fascia lala ou du tendon du grand oblique de l'abdomen, comparativement aux faisceaux de fibres du tissu lamineux qui croisent à angle droit les faisceaux tendineux précédents et qui les tiennent liés les unes aux autres. Je cite cet exemple pour bien faire sentir qu'il n'y a que les fibres tendineuses el des aponévroses d'insertion qui suivent la direction des faisceaux musculaires qui ont les caractères précédents ; tandis que les fibres des aponévroses d'enveloppe ou celles qui retiennent par des faisceaux transverses les faisceaux des tendons aplatis et larges sont des fibres lamineuses proprement dites. De plus on ne trouve pas les fibres tendineuses disposées en faisceaux microscopiques nettement limités comme le sont celles de tissu lamineux, mais en grandes nappes d'une remarquable élégance, surtout quand le manuel opératoire les a rendues flexueuses. Elles ne sont accompagnées que par une quantité fort minime de minces fibres élastiques qui ne les entourent pas. L'acide acétique les attaque plus lentement et ne les rend pas aussi complètement homogènes que les fibres lamineuses proprement dites, car la préparation conserve toujours un peu l'aspect fibriJlaire. Dans les hgaments et les capsules articulaires on trouve mêlées aux fibres lamineuses de première variété des fibresaussi minces que les fibres tendineuses et leur ressemblant beaucoup sous ce rapport, mais elles sont plus pâles, à flexuosités moins roides, commecelles des fdjres tendineuses proprement dites, qui ont en effet moins de rigidité, si l'on peut parler ainsi à propos d'éléments de cette délicatesse.

Les fibres lamineuses ordinaires sont loin de présenter le même aspect dans lous les tissus normaux qu'elles concourent à former et surtout dans tous les produits morbides dont elles font partie. Mais ces différences tiennent surtout à la manière dont elles sont enchevêtrées dans le tissu lamineux sous-cutané et dans les membranes ; à leur adhérence plus ou moins grande dans ces tissus com-

LAMllNbUX 225

parés les uns aux autres et aux ligaments ou aux disques interarticulaires, par exemple ; à la matière homogène plus ou moins granuleuse qui les accompa'rne dans ce dernier cas et dans beaucoup de produits morbides. Elles tiennent par-dessus tout à ce que, dans ces dernières circonstances, elles ne peuvent être isolées dans une étendue aussi considérable que dans les premiers et ne présentent pas de faisceaux, ni des ondulations disposées de la même manière. Ces particularités n'étant pas essentiellement inhérentes aux éléments mêmes, bien que ceux-ci ne soient pas absolument identiques partout, elles n'indiquent pas que ce soient là autant de variétés, mais simplement des dispositions normales ou accidentelles peu importantes.

De toutes les variétés des fibres lamineuses une seule peut être confondue avec quelqu'une des espèces d'éléments anatomiques déjà étudiées : ce sont les corps fusiformes, à contour net et non subdivisés à leurs bouts, qui peuvent ressembler à certaines fibres-cellules.

Quant aux autres, leur longueur, leurs flexuosités, leur homogénéité, la pâleur de leurs bords et l'action de l'acide acétique ne permettent pas de les confondre avec quelque élément anatomique que ce soit.

Les fibres-cellules dont la loiigueur ne dépasse pas encore un dixième de millimètre ressemblent souvent aux corps fibro-plastiques fusiformes ; mais elles ont un noyau plus étroit et plus long qui leur donne un aspect particulier qui frappe bientôt, dès que l'on a accjuis une certaine habitude de l'examen au microscope, et qui empêche de les confondre avec les corps précédents.

Des propriétés des fibres lamineuses et du rôle physiologique spécial quelles remplissent. Les éléments lamineux comptent parmi ceux qui sont doués au plus haut de-ré des propriétés de nutrition, de développement et de génération. Le rôle particulier que remplissent ces éléments dans l'économie ne repose cependant pas autant sur quelque particularité ou sur quelque excès de ces propriétés, que sur leurs propriétés physiques d'inextensibilité et de ténacité jointe à une grande flexibilité, pour ceux du moins qui sont arrivés à leur entier développement fibrillaire. C'est ce dont ces fibres nous offrent des exemples tranchés lorsqu'elles sont disposées parallèlement les unes aux autres etrectilignes comme dans les tendons et les hgaments, qui doivent à la ténacité et à linextensibilité de ces éléments de pouvoir relier entre elles les parties et transmettre le mouvement sans perte de force. Ce fait coïncide, en outre, avec cet autre que là ils sont alors arrivés au plus haut degré de développement, c'est-à-dire à celui qui les éloigne le plus de l'état qu'ils olfrent lors des premières phases de leur évolution. C'est à des particularités de même ordre aussi que les diverses enveloppes fibreuses, comme l'albuginée testiculaire, la sclérotique, la dure-mère, etc., doivent de remplir leur ^ôle d'organes protecteurs.

C'est au contraire à leur flexibihté qu'est due, lorsque ces fibres sont flexueases, comme dans le tissu lamineux, la souplesse qui est la condition essentielle des usages de glissement et de séparation tout à la fois que remphssent les organes premiers qu'il forme. Plus loin nous verrons que l'élasticité de ce tissu est due, non pas aux fibres dont il a été ici question, mais aux fibres élastiques qui les accompagnent et leur sont, à cet égard, en quelque sorte surajoutées.

Le rôle particulier qu'elles remplissent repose spécialement sur l'énergie de leur propriété de nutrition dans les tissus où elles demeurent aux premières phases de leur évolution, comme dans la trame de l'ovaire, dans certaines muqueuses et surtout dans les lobules du tissu adipeux.

DICT. KNC. 2° S. I. 15

226 LAMINEUX.

Ici les éléments anatomiques du lissu lamineux, comme tous les autres à peu près, nous offrent, pendant la durée de leur existence, quelques particularités concernant la nutrition en général, la désassimilation spécialement et celle des corps gras plus spécialement encore. Elles consistent en ce que, à telle ou telle période de leur vie, ils se remplissent normalement de ces principes à l'état de gouttes liquides ou demi-liquides, dont ils se chargent aussi dans nombre de conditions accidentelles. Dans le cas particulier qui nous occupe, nous avons vu qu'une fois développées les fibres auxquelles les corps fibro-plas tiques servent de centre de génération, certains de ces derniers s'atrojihient généralement; mais par places.j ceux de ces corps qui persistent se remplissent de gouttes huileuses, puis dans' des conditions accideiitelles cette réplétion s'étend à un nombre plus grand et excessif de ces éléments non encore atrophiés.

C'est par suite également de ces particularités que ce passage oscille incessamment en quelque sorte autour de l'état normal, qu'il dépasse facilement, et souvent en plus ou en moins ; excès pouvant aller jusqu'à constituer un véritable état morbide. La fréquence et la facilité de ces modifications des corps fibro-plastiques, qui sont là deux conditions solidaires et corrélatives, n'ont, du reste, rien qui puisse surprendre les physiologistes. On sait, en effet, que toute production de principes gras dans l'épaisseur des éléments anatomiques est sénile quand elle est normale, et qu'elle est morbide dans toutes les autres circonstances. Or les corps fibro-plastiques qui passent à l'état adipeux normalement ne subissent cette modification que (jarce qu'ils sont une forme des fibres lamineuses devenue séniles, en quelque manière, même dès l'âge fœtal, parce qu'ils ne sont pas atrophiés et résorbés a[.rès avoir servi de centre de génération aux fibres mêmes. Or, plus il en persiste de la sorte, plus il en passe à l'état adipeux et plus cet état se prononce.

Le passage de ces éléments comme des autres à l'état graisseux est, en effet un phénomène constant et, sinon inévitable, pourtant facile à déterminer sous l'influence de faibles modifications de la circulation ou de l'alimentation. Sans pouvoir dire encore très-exactement quels sont ceux des actes particuliers de l'assimUation ou de la désassimilation nutritive qui amènent cette p.roduction de graisse dans 1 épaisseur des éléments anatomiques, on sait qu'indépendamment des circoiis ances normales remarquables que présentent à cet égard les corps fibro-plastiques, elle a heu toutes les fois que survient un trouble de la rénovation -moléculaire nutritive, toutes les fois surtout que la désassimilation est ralentie, l'assimilation continuant ou étant troublée aussi. Elle a lieu en effet : 1° dans l'état sénile et d abord au sein des éléments des tissus non vasculaires, puis comme conséquence en quelque sorte dans ceux des tissus vasculaires normaux ou accidentels dont les capillaires s oblitèrent ou s'atrophient; 2» dans quelques fibres et cellules qui, toutes conditions conservées d'autre part, ont subi certains changements de structure propre, séniles ou accidentels, dans des kystes, des tumeurs, etc.; 5" dans ceux qui empruntent au sang des principes immédiats que celui-ci ne renferme pas habituellement (poisons minéraux divers) ou qu'il vient à contenir en quantité moindre pour les uns, exagérée pour les autres ; ce dont les corps fibro-plastiques mêmes, les cellules du parenchyme hépatique et d'autres éléments encore offrent de trequents exemples.

Or ce qu'on n'observe qu'accidentellement ou seulement à l'état d'ébauche dans es éléments et dans les conditions indiquées ci-dessus, les corps fibro-plastiques

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deuxième mois de la vie intra-utérine dès qu'ils ont cessé d'être directement actifs

LiAlUin.fiU A.

dans l'économie en tant que centres de génération des fibres lamineuses ; dès que par conséquent leur désassimilation nutritive se ralentit avec ou sans coexistence d'un excès d'assimilation de leur part.

Il faut se garder ici d'assimiler à une sécrétion cette production de principes gras dans l'épaisseur des corps fibro-plastiques qui, par sutte, deviennent et restent généralement vésiculeux, sans que jamais cette graisse sorte de ces éléments autrement que par résorption emaciante ; sans qu'elle séjourne librement entre eux et sans que jamais, par conséquent, on puisse regarder ces éléments comme remplissant un rôle de l'ordre de ceux que jouent les cellules épithéliales dans les actes de sécrétion. Le propre de ces actes, en elï'et, est d'amener les prmcipes immédiats (formés par excès d'assimilation ou de désassimilation) au debors des éléments dans lesquels ils se sont produits, et cela soit directement, molécule à molécule, soit eu masse et indirectement, comme dans le cas particulier des sécrétions sébacées. (Ch. Robin, Leçons sur les humeurs, Paris, 1867, in-S", p. 612.)

Il est sur les animaux des éléments analomiques qui ne jouissent que Aq^ propriétés végétatives; les espèces qui sont dans ce cas sont même bien plus nombreuses que celles qui, en outre, possèdent une propriété de la vie animale. C'est là un fait digne de l'attention des médecins, et qui met en relief l'importance de l'étude des actes nutritifs, que la présence cbez les animaux d'éléments doués des seules propriétés de la vie végétative, en nombre bien plus considérable que de ceux qui jonissent des propriétés de la vie animale. Il est vrai que, à l'exception des os, des cartilages, des tissus lamineux et des épitbéliums, les éléments végétatifs n'existent qu'en masses peu considérables dans l'économie et qu'ils s'y trouvent à l'état d'éléments accessoires seulement; mais ce sont eux seuls qui sont le point de départ de productions morbides accidentelles par hypergenèse ou multiplication exagérée. Quant aux éléments doués des propriétés de la vie animale, ils existent en masses considérables dans l'économie ; ils ne sont jamais l'origine directe de tumeurs, sauf les fibres-cellules, mais ils sont toujours accompagnés par des éléments végétatifs qui, au milieu des autres deviennent fréquemment par hypergenèse l'origine de ces productions. Les éléments nerveux et les duUx sortes de fibres musculaires sont les seuls éléments qui, aux propriétés végétatives, joignent une des deux propriétés de la vie animale.

On emploie souvent d'une manière générale, d'après ce qui précède, le nom ^éléments végétatifs pour désigner collectivement l'ensemble des éléments nombreux qui ne sont doués que des propriétés de nutrition, de développement et de génération, par opposition à ceux qui jouissent des propriétés animales (les éléments nerveux et les éléments musculaires).

Il est inutile de dire que ces mots, éléments végétatifs, ne désignent pas en anatomie une classe naturelle d'éléments ; ils servent seulement, en physiologie, à indiquer un ensemble d'éléments appartenant à des sections diverses, mais doués exclusivement des mêmes propriétés lomlaraentales, avec des différences d'intensité très-marquées d'une espèce à l'autre, ce qui fait que malgré cette communauté, chacun joue un rôle particulier relatif à la nutrition ou au développement du tissu dont il fait partie. Or, lors même que les organes formés par les tissus doués des seules propriétés végétatives remplissent leurs usages uniquement en vertu du haut degré de quelqu'une de leurs propriétés physiques, comme la ténacité dans les os, la ténacité et l'inextensibilité dans les fibres tendineuses, l'élasticité dans les fibres élastiques et lemyolème, et ainsi des autres, rien ne justifie la division des éléments anatomiques qu'on a proposée en éléments actifs et

éléments passifs au point du vue de leur rôle dans les manifestations vitales. Rien surtout ne justifie, d'après ce qu'on vient devoir plus haut, l'introduction des fibres lamineuses parmi les éléments de ce dernier groupe.

II. Du TISSU LAMiNEux. Synonymie. Malpighi ne décrit pas le tissu cellulaire, mais il en signale nettement l'existence à la surface du tronc et des membres sous le nom dernembrana carnosa, placée au-dessous de la membrana propria adiposa, « de qua plura coutrovertuntur apud Neotericos an vers différât a subjecta membrana, » et cette membrane propre renferme elle-même le tissu aôipenx, pinguedo. Ainsi cette membrana propria adiposa formant a multipliées membranœ sacculorum ad instar, et lobulorum excavatorum quœ substratae cuidam membranae, crassiori tanien (cui) veluti fulcimeiito et basi adhaererent, » n'est atitre chose que le tissu cellulaire formant les cloisons interposées aux lobules du tissu adipeux. Il ne décrit pas les fibres du tissu lamineux. (M. Malpighii Anatome plantarum cui subjungitur appendix, etc.; Londini, 1 665, in-folio, t. II. De Omento pinguedine et adiposis ductibus, p. 40.)

'Ma laminosa. (Haller, Elementa physiologiaô. Lausanne, 175 , m-4», t. I, sectio I, p. 8.)

Tissu muqueux ou organe cellullaire. (Bordeu, Recherches sur le tism muqueux ou l'organe cellulaire, 1767, dans Œuvres complètes, Paris, 1818, in-S» t. II, p. 735.)

Parenchyme nutritif, parenchyme commun de nutrition, substance muqueuse qui forme le corps de l'embryon, système et tissu cellulaire. (Bichat, Anatomie générale, 1801 ; nouvelle édit., 1812, 1. 1. Des systèmes généraux, p. 5, 4, 7, H et 64.)

Système muqueux ou tissu cellulaire. (Meckel, Manuel d' anatomie, trad. française. Paris, 1825, in-8°, 1. 1, p. 105.)

Élément générateur ou tissu cellulaire. (De Blainville, De l'organisation des animaux. Paris, 1822, in-8°, p. 7.)

Tissu conjonctif. (J. Mûller, Physiologie humaine, édit. de 1835.) Tissu plastique, vulgairement cellulaire et alhuginé, qui forme toutes les parties dures, fibreuses, cartilagineuses et osseuses, ou genre des tissus sclér eux. (Laurent, Mém. sur les tissus animaux en général. In Annales franc, et étrangères d'anat. et de physiologie. Paris, 1857, in-8°, 1. 1, p. 67, 69 et 412.)

Tissu muqueux. (Virchow, Die Identitàt von Knochen, Knôrpel und Bindgewebskôrperchen, sowie ûher Schleimgeivebe. Yerhandlungen derphysic. med. Gesellschaft in Wûrzburg, 1851, in-8", f. 2, p. 150 et 514.)

Tissu de substance conjonctive. (Kiilliker, Histologie humaine trad fr Paris, 1855, in 8°, p. 57.)

Voyez aussi la synonymie précédente (p. 209), montrant que le nom qui doit être accepté est celui de tissu lamineux {Chanssier, 1803), l'usage voulant rigoureusement, dans les sciences, que le terme le plus ancien prime tous les autres, sauf le cas de double emploi ou d'impropriété trop absolue.

Caractères du tissu lamineux. Le tissu lamineux est un tissu qui est composé des cléments anatomiques suivants : l" il a pour élément fondamental des fibres lamineuses, tant à l'état de complet développement, qu'à celui de corps fibroplastiques fusiformes et étoiles ; en quelques points, ces derniers sont à l'état adipeux ; 2» des noyaux embryo-plastiques libres {formatio granulosa de Purkinje et Rosenthal, noyaux du tissu cellulaire ou conjonctif de Virchow et autres auteurs; cellules indifférentes de Forster, etc.) souvent nombreux; 3" des fibres

LAMINEUX. ' 229

élastiques ; 4° de la substance amorphe, manquant en certaines régions, et 5" des vaisseaux capillaires.

Pour pouvoir se rendre compte des différences que, tout en conservant un fond commun dans sa constitution, le tissu lamineux présente, en ce qui louche ses caractères extérieurs et sa texture d'une époque et d'une région à l'autre, pour comprendre aussi d'une manière complète les notions qui se rattachent tant ; sa distribution dans le plus grand nombre des organes qu'à la continuité de sei parties les unes avec les autres, il importe de rappeler ici quelques données relatives à la disposition du tissu embryo-plastique.

L'un des faits qui frappent le plus dans l'étude de la constitution des tissus poursuivie dès l'époque de la formation du blastoderme, c'est de voir aux feuillets cellulaires de ce dernier [wî/. Blastodermiques (Cellules], succéder le tissu qui forme les parties du corps de l'embryon, telles que celles qui sont connues sous les noms de lames dorsales cl ventrales, cl à'arcs viscéraux ou branchiaux. Ce tissu {tissu embryo-plastique) est entièrement composé de noyaux dits embryoplastiques, du tissu cellulaire ou fibro-plastiques, etc., avec une petite quantité de matière amorphe devenant finement granuleuse quelques heures après la mort de l'embryon et des capillaires. Ces éléments, réunis par simple agglutination les lins aux autres, forment le tissu grisâtre ou blanchâtre demi-transparent, presque gélatiniforme, mou, pulpeux, souvent appelé autrefois tissu cellulaire oumuqueux primordial embryonnaire. Or, ce tissu disparaît peu à peu par suite de l'accompHssement graduel et simultané de deux ordres de phénomènes, ayant précisément pour résultat cette distribution du tissu lamineux dans l'intervalle de tous les organes et même entre leurs éléments, à l'exception des cartilages, des os, du tissu nerveux central et des épitheliums.

Ces phénomènes consistent, en premier lieu, en ce que c'est dans l'épaisseur même des lames dorsales et ventrales, des arcs viscéraux, etc., formés par ce tissu que naissent entre ces éléments, et en les écartant, les éléments fondamentaux et caractéristiques des autres tissus qui laissent de plus en plus le tissu lamineux comme une sorte de résidu d'interposition, tant entre eux-mêmes, qu'entre les masses ou organes distincts qu'ils forment; de telle sorte que lorsque le premier n'est pas disposé en membranes enveloppantes, il sert autant à écarter les parties élémentaires et composées des organes, à supporter leurs vaisseaux, et à permettre leur glissement réciproque en raison de son extensibilité, qu'à les unir ensemble.

Ces phénomènes consistent, eu second lieu, en ce que, à mesure que se multiplient et s'accroissent les éléments des divers tissus, les fibres lamineuses naissent autour des noyaux embryo-plastiques comme centre, et font perdre à ceux-ci leur individualité de la manière dont nous avons parlé plus haut ; de telle sorte que, à mesure que progresse l'évolution fœtale, ce sont de plus en plus des fibres lamineuses à divers degrés de développement qu'on trouve tant entre les éléments caractéristiques de chaque organe qu'entre ceux-ci même, tandis que les noyaux embryo-plastiques libres deviennent de moins en moins nombreux, relativement au moins à une niasse donnée de tissu. De plus en plus aussi le tissu perd sa mollesse et sa friabilité originelles, pour acquérir les propriétés d'extensibilité, d'élasticité, etc., jointes à une certaine ténacité ou ré^istance à la déchirure qu'il n'avait pas, alors que les fibres lamineuses n'existaient pas encore *.

* Il résulte de ces faits et de ceux qui vont être décrits, qu'à partir de l'état fœtal le tissu lamineux présente des différences successives d'aspect très-frappantes sous le microscope. Les noyaux embryo-plastiques, en effet, les uns encore libres, les autres servant de centre

230 LAMINEUX.

Les faits précédents sont importants; on voit en effet parfois, chez l'adulte, les noyaux embryo-pl astiques restés interposés aux autres éléments anatomiques du tissu lamineux sans être devenus le centre do génération de fibres lamineuses, se multiplier outre mesure en certains points de tel ou tel organe. Ils donnent alors ainsi lieu à la réapparition accidentelle, au milieu de ce dernier, de masses morbides ou tumeurs grisâtres, demi- transparentes, gélatinif ormes, friables, semblables au tissu embryo-plastique originel, et composées comme lui, qui tranchent sur l'aspect du tissu au sein duquel elles sont formées [tumeurs fibro-plastiquei ^ à noyaux, colloïdes ou non) .

Ces faits sont en outre importants, en ce (ju'ils nous rendent compte de ce qu'on trouve ce tissu répandu d;ins l'épaisseur des organes, entre leurs éléments anatomiques caractéristiques, toutes les fois que ceux-ci ne forment pas une masse homogène comme les os et les cartilages. Ils montrent de plus, comment ce tissu lamineux intérieur est continu avec celui qui est à l'extérieur, prolongé lui-même sans discontinuité dans tous les espaces interorganiques.

Le tissu lamineux est un tissu dont l'aspect extérieur varie notablement selon l'épaisseur des couches ou lames qu'il forme, car on ne le trouve que disposé en lames plus ou moins épaisses. 11 est grisâtre ou d'un blanc grisâtre, tantôt opahn, tantôt demi-transparent, glutineux au toucher, facilement étirable et extensible sans déchirure quand il est en couches épaisses de un ou de plusieurs millimètres. Alors aussi, il gUsse en quelque sorte sur lui-même lorsqu'on le presse obliquement, de manière à chasser les parties directement touchées sur celles qui sont plus profondes. Il est grisâtre, presque transparent, ou tout à fait incolore, mais toujours glutineux et un peu brillant à la manière d'un vernis, lorsqu'il est disposé en couches de plus en plus minces; encore glutineux, extensible, il se déchire en se réduisant en fdaments déliés quand on l'étiré. Souvent, sa présence n'est décelée que par les filaments ainsi produits quand il est en lames tellement minces, qu'on ne le voit pas d'abord entre les faisceaux du tissu fondamental de quelque organe.

Malgré Tinextensibilité de ses fibres propres, ces particularités s'expliquent aisément en raison de la disposition filamenteuse des flexuosités et des modes d'entrecroisement de ces parties- élémentaires, La présence avec elles d'une certaine quantité de fibres élastiques en rend compte également. Il est d'autant plus utile de signaler ces faits que cette extensibilité, etc., ne s'accorde pas avec la constitution principalement celluleuse du tissu lamineux que quelques auteurs ont cherché à faire admettre, et ne se rencontre pas dans les tissus formés de cellules, tels que le tissu hépatique, la moelle des os, etc. i

Ce tissu est doué d'une certaine élasticité, variant d'une partie à l'autre du

de génération aux corps fibro-plastiques, sont d'autant plus abondants que le fœtus est plus jeune ; mais leur quantité diminue, d'une manière relative au moins, à mesure que celle des fibres augmente. Ils donnent dans le principe un aspect d'autant plus reraai-quable au tissu, quils sont alors plus facilement apercevables enti'e les fibres entre-croisées en raison de la substance amorphe interposée à ces éléments, qui rend la trame très-transparente. Cet aspect est frappant, surtout pai'tout où existent les amas arrondis de corps fibro-plastiques qui vont se remplir de gouttes huileuses; corps fibro-plastiques dont on voit partout les noyaux, parce que leur contour est plus net et plus foncé; mais ces noyaux eux-mêmes cessent bientôt d'être visibles, et sont perdus en quelque sorte dans la paroi de l'élément que distendent les gouttes d'huile ; beaucoup mêm» s'atrophient. La multiplication graduelle des fibres, partout où manquent les cellules adipeuses, suffit à elle seule pour faire que les noyaux libres cessent d'être visibles avant l'action des réactifs quand ils ne s'atrophient pas.

corps, et proportionnelle à la quantité des fibres élastiques qu'il renferme, quantité différant un peu d'une région à l'autre de l'économie. Il est, par suite, rétractile, c'est-à-dire susceptible de présenter un écartement plus ou moins prononcé des bords de celle de ses couches que l'on vient à inciser.

Tous ces caractères physiques résultant de ces particularités de composition et de texture qui viennent d'être signalés sont aussi de ceux qui font que, lorsque sur le vivant aussi bien que sur le cadavre, des gaz pénètrent ou se développent dans ce tissu, ou lorsqu'on y injecte des liquides solidifiables, il se divise en lamelles et en fdaments interposés aux espaces que se creusent et remplissent ces matières ; espaces prenant la forme de cellules ou de vacuoles communiquant entre elles et s' étendant graduellement à mesure qu'affluent ces substances partout où ce tissu existe.

Le tissu prend dans ces circonstances une couleur blanche, une consistance spongieuse et devient crépitant à la pression quand ce sont des gaz qui l'ont pénétré et s'y sont creusés des vésicules en le divisant en lamelles. Cette couleur tient à ce que les lamelles du tissu en se desséchant cessent d'être aussi translucides qu'aupara\ ant et réfléchissent la lumière blanche ; elle tient surtout à ce que les bulles d'air incluses dans les vésicules dont elles ont amené la production réfléchissent par leur surface la lumière que les lamelles du tissu laissent arriver jusqu'à elles.

Ce sont aussi les mêmes particularités physiques indiquées plus haut qui font que ce tissu est susceptible de se gonfler considérablement par inter|iosilion lente entre chacune de ses fibres et chacun de ses autres éléments, de liquide injectés dans quelqu'un des points de son épaisseur ou par infiltration au furet à mesure qu'a lieu l'issue exosmotique au travers des parois des capillaires, soit des sérosités dites de l'œdème sur le vivant, soit de l'eau poussée dans les vaisseaux sur le cadavre. Non-seulement alors il se gonfle, mais encore il devient rcnitent, gélatiniforme et transparent. 11 tranche par là sur l'aspect opaque et la couleur propre des tissus adipeux, fibreux, musculaire, nerveux, etc., dont par son gonflement d tient écartés les lobules et les faisceaux [hydroiomie] . Ce gonflement, cette rénitence, etc. , avec des différences de couleur corrélatives à celles de cliaque liquide sont déterminées également par l'infiltration d'urine ou de sang dans les cas de perforation de la muqueuse vésicale ou uréthrale, dans certains cas de rupture des vaisseaux sanguins, etc. Cette turgescence et cette translucidité sont dus moins au gonflement de ses fibres même qu'à l'interposition morbide, expérimentale ou cadavérique du liquide à chaque fibre ; aussi dès qu'une ouverture est faite à la peau, ce fluide s'échappe graduellement par suintement en quelque sorte, en abandonnant les insterstices capillaires dont il a déterminé l'apparition en écartant chaque fibre. L'hygrométricité du tissu laniineux ou faculté qu'il a de se gonfler au contact de l'eau tient donc plus à un fait de cet ordre qu'à une imbibilion par pénétration et gonflement de ses éléments eux-mêmes. On peut aisément constater dans ces conditions que ce tissu est bien plus composé par des éléments ayant forme de fibres que par des cellules et par des noyaux. En outre, celles de ses parties dans lesquelles les éléments, offrant celte forme, tendent à l'emporter sur les fibres lamineuses, se gonflent beaucoup moins par la production de cette sorte d'oedème que celles qui sont plus exclusivement formées de fibres. Enfin, les tissus composés de cellules offrent la même particularité : ils se gonflent et s'œdématient peu. Partout, au contraire, où les éléments du tissu laminoux ont pris nettement leur complet développement fibrillaire, et où en même temps ils ont une texture peu serrée sur une assez

232 LAMINEUX.

grande épaisseur du tîssu les intervalles (autrefois appelés cellules) que peuvent laisser entre elles ces fibres ou les lamelles qu'elles forment sont plus ou moins larges. C'est surtout aux paupières et au scrotum qu'est remarquable la largeur qu'on peut leur voir prendre dans diverses circonstances, de même en général que partout où sont rare les corps fibro-plastiques déjà devenus adijieux ou non. Ce sont ces variations de capacité des espaces ou cellules dont la production peut être ainsi amenée qui déterminent toutes les différences de volume données à chaque partie du corps comparativement par l'œdème, les infiltrations urineuse ou sanguine, etc.

Il est des régions dans lesquelles le tissu lamineux offre normalement sur le vivant et après la mort cette rénitence, cet aspect gélatiniforme, cette transparence qu'il acquiert quand il est gonflé par l'eau. Ces particularités sont également dues à l'interposition entre ses fibres d'une substance hyaline demi-liquide qui les tient écartées les unes des autres et dont la présence a les mêmes effets que l'interposition de l'eau. C'est ce que l'on voit dans le tissu lamineux de l'allantoïde, dans celui du cordon ombilical, de l'organe de l'émail et dans celui de diverses tumeurs dites d'après ce fait gélatiniformes ou colloïdes. Mais cette substance amorphe {voy. Éléments ANATOJiiQUEs), n'est en aucune manière comparable aux sérosités pathologiques et cadavériques. Quant à la prétendue sérosité ou vapeur intercellulaire qui normalement serait répandue dans les cellules on espaces interfibrillaires du tissu, on sait qu'elle n'existe en aucune manière.

Exposé à l'air, le tissu lamineux se dessèche promptement en raison de sa disposition habituelle en couches minces. 11 forme alors des plaques ou lames blanches ou grises demi-transparentes, souples, se pliant a\ ec facilité en divers sens. Plongé dans l'eau, il ne reprend qu'imparfaitement son apparence pnmitive et ses faisceaux de fibres ne se décollent plus qu'avec difficulté et sur une petite étendue.

Pendant la putréfaction des cadavres, il prend part à celle-ci moins vite que les organes parenchymateux et que les muscles, ainsi que Bichat l'avait déjà remarqué. Pourtant peu à peu il devient de plus en plus mou, glutineux, puis grisâtre, se réduit en putrilage et enfin en un liquide trouble, ayant à peine la consistance d'un mucus. Ce sont particulièrement les fibres lamineuses, les corps fibro-plastiques, les noyaux embryo-plastiques et les plus fins capillaires qui se liquéfient ainsi, en passait tant à l'état fluide qu'à celui de fins granules grisâtres qu'on rencontre en quantité innombrable sous le microscope.

Les fibres élastiques et les faisceaux serrés de fibres lamineuses qui en sont entourés, résistent beaucoup plus et se retrouvent dans le détritus des autres éléments. Aussi les portions du tissu lamineux qui en contiennent plus que les autres, telles que la tunique adventice des artères, etc., se putréfient bien plus lentement que celles-ci. La richesse en vaisseaux du tissu lamineux est cause qu'il est imbibé après la mort d'une bien plus grande quantité de liquide que les autres tissus qui ont le même clément fondamental, tel que les tissus fibreux, tendineux, etc. ; de là vient aussi qu'il se décompose plus vite que ces derniers.

Caractères chimiques du tissu lamineux. Plongé dans l'eau froide qu'on porte ensuite à l'ébullition, ou jeté dans l'eau bouillante, il se racornit, se crispe et diminue de volume, devient plus ferme, élastique et bien moins extensible qu'il n'était. La continuation de l'ébullition lui fait perdre cet état de racornissement, le gonfle un peu et le ramollit beaucoup ; puis à la longue il se liqucfio presque complélement. Ces diverses modifications au contact de l'eau bouillante sont bien plus lentes à s'accomjlir quand le tissu lamineux est

LAMINEUX. 255

riche en fibres élastiques, comme autom- 'des artères, du canal de Sténon, des conduits biliaire et pancréatique, etc., que dans le tissu lauiineux intermusculaire, périœsophagien, scrotal, etc. Dans les parties précédentes aussi le tissu lammeux devient moins transparent et reste plus grisâtre que dans celles où les fibres élastiques sont rares. Ces mêmes particularités s'observent aussi quand on fait bouillir pendant quelques instants divers tissus dans de Teau additionnée d'un peu d'acides sulfurique, acétique, tartrique ou autres, dans le but de rendre le tissu lamineux gélatiniforme et transparent, afin de voir les éléments nerveux, élastiques, vasculaires, les parois propres et les épithéliums glandulaires, etc., que ces agents n'attaquent pas. Les cloisons de tissu lamineux assez riches en fibres élastiques, en vaisseaux et nerfs, par exemple, interposées aux faisceaux tendineux et fibreux dépourvus de ces fibres élastiques restent aussi grisâtres et moins transparentes que les faisceaux auxquels ils sont interposés.

Le résultat final de l'action de l'eau bouillante est la li(iuéfaction et la dissolution du tissu lamineux dans l'eau qui contient alors de la rjéline Mais quelle que soit celle des parties du tissu lamineux qui ait été ainsi traitée, il reste toujours comme partie insoluble les noyaux embryo-plastiques d'une part (noyaux du tissn cellulaire ou conjonctif),les capillaires etenfinles fibres élastiques. D'après Zellinsky S il resterait même toujours entre ces éléments une quantité plus ou moins grande de la substance fondamentale qui ne se dissoudrait pas. Le tissu lamineux donne d'autant moins de géline qu'il renferme pins de noyaux embryo-plastiques; et par suite il en fournit aussi d'autant moins qu'on le prend sur des sujets plus voisins de l'état embryonnaire. Il l'aut tenir compte aussi de ce que dans ces conditions le tissu lamineux renferme une quantité plus grande de substance amorphe, hyaline, telle que celle qui est dans le cordon ombilical, qui ne donne pas de géline par l'ébullition, mais une substance analogue à la mucosine ou à la pyine.

La géline est le principe immédiat fondamental des fibres laminenses qui par l'action suffisamment prolongée de l'eau bouillante passe successivement à l'état de gelée ou geléine, puis de colle ou gélatine. {Voy. Ad. Gannal, Des substances organiques, Thèse de Paris, 1854, in-4°, p. 58 et suiv.) Gannal père, pensait que ce principe est identique à celui qui, vulgairement appelé cartilage des os, donne aussi de la gélatine par une ébuUition prolongée {ibid., p. "il) et que j'ai designé sous le nom à'osséine, parce que je le croyais différent de la géline. (Rohm et Verdeil, Chimie anatomiq., Paris, 18oo. in-8% t. 111.) Mais il est aujourd'hui nettement démontré par les analyses de Mulder, Scherer, Marchand, Bibra et autres que la géline et Vosséine ne sont qu'un seul et même principe (souvent appelé colla gène par les auteurs allemands), ou en d'autres ternies que le principe imnitdiat azoté non cristallisable fondamental des fibres laminenses et de l'élément osseux est le même. Sa composition élémentaire et ses réactions sont semblables dans la vessie natatoire des poissons, dans les tendons, la sclérotique, le tissu lamineux proprement dit et dans les os tant frais que fossiles. Dans les uns et les autres, il donne delà leucine et du glycocolle, quand on le traite à chaud, parles alcalxs ou I ar l'acide sulfurique. 11 n'est pas moins important de noter que ce principe immédiat fondamental des os et des fibres lamineuses est différent du principe immédiat fondamental des cartilages appelé cartilagéine ou chondrogène, et qui par une ébuUition suffisamment prolongée passe à l'état de chondrine, très-

• Dans Schlossberger. Chemie der Gcwebe. Leipzig-, 1856; in-8. Erster Band, Bindgewcbc, p. H7.

234 LAMINEUX.

distincte de la gélatine. Leur composition immédiate est en effet la suivante :

TESSIE NATATOIBB. FÉHDH. CARTILAGES COSTAnX. CORR£i.

(Sclierer.) (Scherer.)

Az 18.8 18,4 14,9 14,4

0 (et S) . . . 23,7 24,3 27,2 28,9

Enfin, pendant que la géline donne de la leucine et du glycocolle, quand on la traite à chaud par l'acide sulfuriqne ou les alcalis, la cartilagéine ne fournit dans les mêmes conditions, que de la leucine sans glycocolle . Le nom de qlutine souvent attribué en Allemagne à la géline, osséine ou collagène ne saurait être adopté, car depuis Rouelle (1776), il a servi à désigner le corps appelé albumine végétale par Fourcroy (1800).

Quant au tissu élastique, sa composition diffère encore plus de celle des deux précédents, ainsi que le montrent celles que Tilanus a faites du tissu du ligament cervical des ruminants, qui lui ont donné les résultats suivants :

Az 17,52

Traité par l'acide sulfui ique étendu et bouillant, ce tissu donne, comme le cartilage, de la leucine sans glycocolle.

Rapprochés les uns des autres, ces faits relatifs à la composition immédiate de ces tissus et à la composition élémentaire du principe qui prédomine dans la subtance de leur élément fondamental, ont une imporftince capitale. Rapprochés en effet de ceux qui se rapportent aux réactions et aux caractères extérieurs des mêmes éléments, depuis leur apparition embryonnaire, ils démontrent nettement que les tissus lamineux, élastique, cartilagineux, osseux ^i JewtoVe ne forment nullement un seul tissu qui pourrait être appelé tissu de substance conjonctive et passer de l'une à l'autre des formes précédentes par des transitions insensibles, ainsi que l'ont admis beaucoup d'auteurs depuis Rcichcit, Virchow, Kolliker, etc. Jamais, en effet, on n'a démontré, dans ce qu'on a appelé la transformation de ces tissus les uns dans les autres, quoi que ce soit qui puisse autoriser à admettre que la géline ou substance des éléments du tissu lamineux s'est chimiquement transformée en un corps ayant la composition de la cartilagéine dans les points où l'on admet la transformation du tissu lamineux en cartilage, pour retourner ensuite de nouveau à l'état A'osséine semblable à la géline lors de l'ossification de ce dernier. Jamais non plus, dans les prétendus retours de l'os à l'état de cartilage, on n'a constaté la transformation chimique de Yosséine en un principe qui en diffère autant que le montre la cartilagéine.

Partout, au contraire, on voit les tissus lamineux, élastique, cartilagineux et osseux conserver une complète individuahté, ne permettant jamais de les confondre à quelque âge que ce soit, aux divers points de vue de leur mode d'apparition partout où ils n'existaient pas, de leurs caractères anatomiques, de leur composition immédiate, de leurs propriétés physiologiques mêmes, bien qu'à ce dernier point de vue ils offrent cela de particulier que tous ne sont doués que de propriétés végétatives, bienqu'àdes degrés d'énergie fort différents. {Voy. plus haut, p. 227.) D autre part, les divers ordres d'allérations morbides dont ces tissus peuvent être

LAMINEUX. 235

le siège, restant en corrélation avec les attributs normaux qui viennent d'être rappelés, offrent de l'un à l'autre des tissus précédents dts dissemblances tranchées, toutes en rapport avec les difrérences spécifiques normales qui les séparent on ne peut plus nettement; elles ne présentent nullement une similitude pouvant autoriser l'admission des transformations ou des transitions insensibles de l'un à l'autre, que l'on a systématiquement admis dans l'intérêt de l'hypothèse d'une identité de nature que l'embryogénie et les faits précédents infirment.

Au contact de l'acide acétique et des acides minéraux étendus, le tissu lamineux se gonfle, fixe de l'eau, devient gélatiniforme et demi-transparent par suite du gonflement et du ramollissement avec fusion entre elles qu'ils font subir aux fibres lamineuses. Ces réactifs rendent en conséquence visibles sous le microscope, au milieu de ces éléments, ceux qu'ils n'attaquent pas et qui auparavant ne pouvaient être aperçus; telles senties fibres élastiques, les noyaux embryo-plastiques, les tubes nerveux et les vaisseaux capillaires. Par l'action de ces acides on ne réduit jamais complètement le tissu à l'état liquide ; il faut, pour cela, y joindre l'action de la chaleur. Si, au lieu de chauffer le tissu ainsi traité, on neutralise l'acide dont il est imbibé, l'état fibrillaire et strié de la masse reparaît.

Les alcalis caustiques rendent homogène et transparent le tissu lamineux; d s'y dissout à iroid lors(iue leur action est prolongée.

Texture du tissu lamineux. Dans le tissu lamineux, les fibres qui le composent essentiellement sont en partie isolées, entre-croisées en toutes directions, qu'elles rayonnent encore ou non autour d'un corps fibro-plastique. Elles sont soit contiguës, soit séparées les unes des autres par de la matière amorphe, suivant les régions de l'économie où elles se trouvent. Beaucoup aussi sont disposées en nappes ou couches de fibres parallèles plus ou moins lâchement adhérentes, et entre-croisées ou non les unes avec les autres. Presque partout aussi j1 en est, bien qu'en moindre nombre que dans le tissu fibreux, qui sont réunies en faisceaux, entre-croisés eux-mêmes avec des fibres isolées ou avec celles qui sont eni nappes ou couches.

Ces faisceaux sont généralement cylindriques, épais de 1 à 6 centièmes de millimètre, composés défibres immédiatement contiguës et parallèles les unes aux autres, bien qu'un peu onduleuses dans chaque faisceau. Ils paraissent plus ou moins nettement striés dans le sens de leur longueur, selon que les plans de juxtaposition sont plus ou moins nettement visibles. Ces faisceaux sont presque tous accompagnés par des fibres élastiques qui leur adhèrent assez pour être entrahiées avec eux lorsqu'on vient à les isoler. Ces fibres sont généralement minces, peu ramifiées et peu anastomosées. Elles sont parfois couchées isolément ou en nombre considérable contre les faisceaux, dentelles suivent la direction générale sans les contourner, et sont alors très-flexueuses, à flexuosités très-rapprochées. Le plus souvent elles sont disposées en spirales à tours plus ou moins rapprochés autour des faisceaux. Par places, elles forment un cercle complet en un point, pour rejirendre ensuite une disposition hélicoïde. On ne voit pas toujours ces fibres avant l'action de l'acide acétique, mais il les rend visibles, parce qu'il donne de la transparence aux. fibres lamineuses. En outre, comme celles-ci se gonflent beaucoup, tandis que les fibres élastiques ne sont pas attaquées, il en résulte que les faisceaux qui étaient primitivement cylindriques et par suite à bords parallèles sous le microscope, deviennent variqueux. Cela tient au boursouflement qu'éprouve \\ substance des fibres de ces faisceaux entre chacun de= tours parcourus par les fibres élastiques, restées inextensibles et non attaquées, qui étranglent en quelque sorte

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cette substance au nivenu des points qu'elles occupent dans tout leur parcours. La transparence donnée aux faisceaux par l'acide acétique permet de reconnaître qu'ils ne contiennent que rarement une ou deux fibres élastiques dans leur intérieur, et jamais des vaisseaux capillaires. On y voit au contraire quelques noyaux embryo-plastiques épars, plus ou moins étroits, un peu flexueux ou non, à grand diamètre parallèle à celui des faisceaux. Ces particularités font qu'en décrivant la texture du tissu lamineuv on peut parler de la direction, du mode d'entre-croisement et des rapports de ces faisceaux avec les autres éléments, au même titre que s'ils constituaient un élément anatomique proprement dit.

Dans le tissu lamineux, les libres, les faisceaux ou les nappes de fibres, tous plus ou moins onduleux selon les régions de l'économie et divers accidents de préparation sont, entre-croisés en divers sens en se coupant sous des angles nets ou sur une épaisseur et une largeur plus ou moins considérables suivant la même direction. Entre les fibres ou dans l'épaisseur des faisceaux et des nappes qu'ils forment, s'aperçoivent les noyaux embryo-plasliques, tandis que les fibres élastiques flexueuses ou non qui n'accompagnent pas les faisceaux s'entre-croisent aussi en directions diverses avec les fibres lamineuses. Les fibres élastiques d'une manière générale suivent pourtant la direction des fibres lamineuses ; en sorte qu'on peut dire que ces éléments anatomiques sont, comme les autres éléments accessoires, subordonnés dans leur distribution ià celle des éléments fondamentaux du tissu. Toutefois les flexuosités des fibres élastiques sont bien plus prononcées que celles des fibres et des faisceaux de fibres lamineuses ; partout où elles abondent comme autour des vaisseaux, dans certaines parties du tissu lamineux sous-cutané et sous-muqueux elles donnent un aspect particulier aux préparations, comparativement aux régions dans lesquelles il y en a peu et surtout à celles où elles manquent tout à lait, comme dans les cloisons de beaucoup de tumeurs, etc.

Cet entre-croisement des fibres et de leurs faisceaux ou nappes est plus ou moins masqué par les noyaux embryo-plastiques libres, lorsqu'ils sont abondants, comme on le voit, non-seulement sur les fœtus, mais dans diverses régions chez l'adulte où leur nombre reste considérable pendant toute la vie, comme autour des ganglions lymphatiques, etc. Il en est encore de même dans celui des cloisons lamineuses des parois utérines, de beaucoup de tumeurs d'origine glandulaire ou autres, dans des tumeurs fibreuses ou les cloisons des tumeurs dites squirrheuses, etc. Là, souvent, la quantité des noyaux est telle qu'elle représente le quart de la masse totale du tissu auquel leur présence donne un aspect particvilier sous le microscope après l'action de divers agents qui rendent les préparai ions transparentes en rendant bomogène à la portion du tissu qui est formée de fibres. Cet aspect varie lui-mèn)e selon que ces noyaux sont uniformément dispersés ou réunis par places en amas arrondis plus ou moins volumineux et à contour plus ou moins nettement limité.

L'entre-croisement de ces éléments est particulièrement observable avec netteté lorsqu'une certaine quantité de matière amorphe hyaline leur est interposée et les tient écartés comme dans le tissu lamineux naturellement gélatiniforme du rostre des raies et dans celui des tumeurs qui offrent le même aspect chez l'homme, aussi bien que dans le tissu lamineux de l'allantoide et du cordon ombilical, dit gélatine de Warthon.

Lorsque, au lieu d'être composé par des fibres lamineuses complètement développées, le tissu est constitué par des corps fibro-plastiques fusifornies ou étoiles,

LAMINEUX. 237

l'arrangement réciproque de ces éléments est sensiblement différent de ce qu'il sera plus tard. 11 varie du reste selon que ce sont des corps fusiformes ou des corps étoiles qui prédominent et que les uns ou les autres sont accompagnés d'un plus ou moins grand nombre de fibres proprement dites. DoiÈi? le premier cas, les corps fusiformes sont souvent presque tous dirigés dans le même sens, de manière à former des couches ou nappes, ainsi qu'on le voit souvent dans des tumeurs dérivant du tissu lamineux. Leurs noyaux existant encore et visibles ou non avant l'action de l'acide acétique donnent uh aspect particulier aux préparations de ce tissu. Cet aspect varie aussi selon qu'il y a ou non entre les éléments figurés de ce dernier une certaine quantité de matière amorphe avec ou sans granulations moléculaires.

Lorsque le tissu est surtout composé de corps fibro-plastiques fusiformes et étoiles, les fibres qui prolongent ceux-ci s'entre-croisent en toutes directions. Elles sont tantôt contiguës, tantôt écartées, ainsi que le corps ou cellule dont elles partent et cela par une certaine quantité de matière amorphe hyaline qui rend ce tissu lamineux gèlatiniforme. L'aspect de ce tissu lamineux est particulièrement remarquable lorsque ces fibres ou prolongements des corps étoiles sont anastomosés entre eux de manière à former un réseau dont les mailles ou intervalles sont remplis par la substance amorphe dont il a été question.

C'est ce que l'on voit surtout dans l'organe de l'émail, dans le tissu de l'allantoïde des mamnifères au moins pendant une partie de la vie intra-utérine, dans celui de l'allantoïde humaine, et dans ses restes formant une couche de tissu lamineux grisâtre à la face profonde du chorion envoyant aussi des prolongements dans les villosités choriales. La disposition réticulée est encore plus nette dans la trame des ganglions lymphatiques où elle persiste pendant toute la durée de la vie. Là les fibres sont courtes, au nombre de 3 à 5 autour de chaque corps fibro-plastique ayant un noyau central; elles sont anastomosées les unes avec les autres, de manière à circonscrire des mailles en général assez étroites, polygonales, se reliant à la tunique externe des vaisseaux voisins et contenant dans leur intérieur les épithéliums nucléaires de ces organes.

Quelle que soit du reste celle des portions du tissu lamineux qu'on choisit pour l'examiner, partout on constate aisément dans nombre de ciiconstances que sa disposition fibrillaire entre-croisée ou en nappes, préexiste à toute action dilacérante ou à l'influence des réactifs, et cela qu'il y ait ou non une certaine quantité de substance amorphe hyaline ou granuleuse interposée à ces fibres. Joints aux particularités déjà signalées relatives au développement de ces éléments, ces faits démontrent de la manière la plus nette que nulle part ce tissu ne peut être considéré comme une substance homogène unissante, simplement striée, parsemée de noyaux, qui serait pourtant parcourue par des fibres élastiques et par des capillaires. Partout il se distingue à cet égard de la manière la plus nette de la substance amorphe granuleuse et riche en vaisseaux du tissu gris cérébro-rachidien et rétinien et de la substance interfasciculaire du tissu encéphalique blanc.

Vascularité du tissu lamineux. Ce qui frappe dans l'étude de la vascuhrité de ce tissu, ce senties différences tranchées qui existent entre la forme et le nombre dçs mailles de ses capillaires et les caractères de même ordre offerts par les cajillaires des tissus entre lesquels il forme des couches ou cloisons. Ces ] articularités s'observent, soit qu'il s'agisse de celui qui est sous la peau ou sous les muqueuses par rapport à celui du chorion de ces membranes ou à celui drs tissus

*2ZS LAMINEUX.

musculaires de la vie végétative et adipeux ; soit qu'il se trouve entre les faisceaux musculaires de la vie animale ou entre les faisceaux tendineux, fibreux et nerveux, «oit enfin qu'il présente la disposition membraneuse qu'on lui voit dans la pie-mère, l'allantoïde, ou entre les deux feuillels séreux des mésentères.

Ici on voit nettement les capillaires suivre la direction générale des nappes et des faisceaux de fibres en présentant pour la plupart, mais non tous, des ondulations régulières. Par leurs anastomoses ces capillaires limitent des mailles généralement quadrilatères, les unes allongées, les autres aussi larges que longues, dont le diamètre égale 5 à 6 lois environ celui des capillaires qui les limitent. Ça et là on peut nettement suivre ceux-ci depuis le point où des artérioles se subdivisent en ces conduits intermédiaires jusqu'à celui oià ces derniers se reconstituent en vaisseaux veineux ou efférents, plus gros, venant se placer ou non à côté de l'artère. Ces capillaires se réunissent sous des angles nets, tant aigus qu'obtus ou droits, dans le tissu laminenx de la pie-mère, dans celui des couches sous-muqueuses, sous-cutanées, sous-séreuses, inter-musculaires, névrilemraatique, périos tique, dans celui qui entoure les conduits excréteurs, les artères, les veines, etc.

Mais dans les cloisons de tissu lamineux sous-synovial, dans celui qui sépare les faisceaux des tendons, des ligaments, des aponévroses, dans le tissu lamineux allantoïdien enloncé ou non dans h cavité des villosités choriales ou placentaires, le plus grand nombre des mailles offre des formes et des dimensions autres que celles qui viennent d'être décrites. Elles donnent par suite un aspect remarquable aux réseaux capillaires de ces portions du tissu lamineux, aspect qui se prononce dès les capillaires de troisième variété et qui devient de plus en plus marqué à mesure qu'on approche des plus petits de ces conduits. D'abord le diamètre des mailles varie et offre de 1 à 10 fois celui des capillaires qui les limite; d'un point à l'autre on peut voir les mailles larges plus nombreuses que celles qui sont très-étroites, ou réciproquement, ou bien le nombre des unes et des autres peut être le même à peu près, ce qui fait varier sensiblement l'aspect général du tissu.

Mais ce qui donne un aspect particulier aussi à ces mailles, c'est que, soit qu'elles aient une forme allongée ou d'égal diamètre dans les deux sens, les capillaires se réunissent généralement en se courbant, de manière à former des angles arrondis au lieu des angles nets qu'on observe sur la plupart des mailles des -autres couches de tissu lamineux. Des particularités de même ordre s'observent aussi dans les mailles des cloisons existant entre les lobes de beaucoup de tumeurs fibreuses. Ces particularités domient une figure générale plus ou moins régulièrement circulaire à beaucoup de ces mailles.

Ajoutons que dans le tissu lamineux allantoïdien, au dedans et au dehors des villosités choriales, la plupart des capillaires limitant ces mailles sont onduleux, d'une manière p'us sensible que partout ailleurs, que dans le périoste ou dans les cloisons interligamenteuses et intertendineuses, par exemple, en. exceptant toutefois le tissu de la tunique adventice des altères et même des veines.

Si maintenant, au lieu d'examiner les caractères de ces mailles capillaiies envisagées en elles-mêmes dans les diverses couches du tissu lamineux , on les compare à celles des tissus qu'elles séparent, on est trappe de plusieurs faits intéressants. D'une part, c'est que ces mailles restent dans le tissu lamineux, si l'on peut ainsi dire, et ne font que ramper à la surface des faisceaux tendineux, ligamenteux, aponévrotiques, sans les pénétrer. 11 en < sf dn même pour les faisceaux

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fibreux qui, de la face profonde du derme, s'étendent aux aponévroses, etc.; quelques-uns de ces faisceaux pourtant sont pénétrés par un petit nombre de capillaires, mais toujours ils trancbent par leur peu de vascularité, tant sur le tissu lammeux que sur le tissu adipeux ambiants. Rien n'est plus frappant aussi que de voir la différence des formes offertes par les maUles arrondies entourant les vésicules des lobules adipeux comparativement aux mailles plus étroites, plus nombreuses, polygonales, anguleuses, du tissu lamineux ambiant, qui est par suite d'une ricbesse vasculaire notablement plus prononcée.

Comparativement à la vascularité du derme et des muqueuses, celle du tissu lamineux sous-jacent se distingue d'abord par ce fait que, dans celui-ci, les capillaires sont mêlés d'artérioles et de veinules. Ce mélange de vaisseaux de volumes divers, offrant des différences entre les plus gros et les plus petits bien plus prononcées que dans les tissus voisins, est im caractère qui se retrouve dans toutes les couches un peu épaisses du tissu lamineux; ce caractère est donc assez général. Il fait distinguer facilement ses réseaux de celui des autres tissus ; il fait paraître le tissu cellulaire sous-muqueux, dans l'intestin particulièrement, plus vasculaire que les muqueuses, ce qui tient aussi à la présence des follicules' dans celles-ci. Il faut noter encore les flexuosités ou ondulations nombreuses de ces vaisseaux, et la longueur du trajet de plusieurs d'entre eux avant qu'ils se subdivisent, ondulations manifestes surtout partout où le tissu lamineux se prête au glissement habituel des organes voisins. Dans le derme et le chorion muqueux, au contraire, les mailles polygonales, d'abord limitées par des capillaires assez gros envoyant vers les papilles ou les villosités ou entre les follicules des vaisseaux presque parallèles les uns par rapport aux autres, ont des caractères bien distincts de celles du tissu lamineux sous-jacent.

Comparativement aux réseaux des lobules ou des couches adipeuses avoisinant les différences sont encore plus tranchées et se manifestent nettement dès le niveau des surfaces de contact des deux tissus. Elles dépendent surtout de la plus grande uniformité dans le volume des capillaires interadipeux, de leur plus de minceur et delà forme arrondie des mailles. La largeur de celles-ci déterminée par le volume des vésicules graisseuses, fait que ce tissu parait moins riclie en vaisseaux que le tissu lamineux ; ce qui, joint à la transparence ou au pouvoir réfrinfent de le graisse rend les lobules adipeux plus transparents que les parties voisines sur les coupes destinées à être soumises à l'examen microscopique. On voit le contraire dans les tissus musculaires de la vie animale et de la vie végétative, dont les capillaires sont bien aussi plus fins et d'un volume plus uniforme que dans le tissu lamineux, mais qui composent des mailles d'une configuration bien plus régulièrement la même, quadrilatères, limitées par des conduits, soil rectilignes, soit flexueux, selon l'état d'extension ou de retrait du tissu. Ces mailles, plus étroites, plus nombreuses par conséquent, doiment à ces tissus un degré de vascularité plus prononcé que dans le tissu lamineux ambiant, surtout dans les cloisons intermusculaires.

Dans les glandes en grappe et autour des glomérules sudoripares, c'est aussi un réseau de fins capillaires, de volume plus uniforme que dans le tissu lamineux ambiant, qui compose des mailles assez régulièrement polygonales, de diamètre presque égal en tout sens rampant à la surface de l'acinus ou des conduits excréteurs.

Aces dispositions, il faut 0])p oser celles que présentent les parties du tissu Januneux qui sont complètement dépourvues de vaisseaux, comme l'organe de

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l'émail, le tissu lamineux du cordon ombilical, etc. Les différences d'aspect qui en résultent sont surtout tranchées lorsqu'on examine comparativement les parties de ce dernier qui, près de l'anneau ombilical, sont encore vasculaires et celles qui ne le sont plus. Là on voit des dernières mailles proprement dites s'avancer des capillaires dans la portion oii manquent les vaisseaux, lesquels se recourbent en anse et reviennent parallèlement à eux-mêmes après un trajet de 1 à 3 dixièmes de millimètre au plus.

Lymphaiiques du tissu lamineux. Notons, jjour achever cette étude de la vascularité du tissu lamineux, quelques particularités concernant les vaisseaux lymphatiques qui le parcourent. Dans celui qui est sous la peau de la verge et des doigts, sous les muqueuses de l'urèlhre et de l'intestin, entre les feuillets mésentériques, sous le péricarde, sous la plèvre pariétale, entre les lobules pulmonaires, etc., on voit des lymphatiques aussi loin que les coupes permettent de les suivre à partir de la su[terlicie de ces lobules, de l'épaisseur des chorions dermique et muqueux, de la lace profonde de la trame des séreuses. Ils sont d'autant plus gros, d'autant plus l.irges et d'autant plus rarement anastomosés, qu'on s'éloigne d'avantage des membranes séreuses, muqueuses et cutanées contre lesquelles ou dans l'épaisseur desquelles sont, à proprement parler, leurs réseaux d'origine. Pourtant ils forment encore de véritables réseaux indépendants au sein du tissu lamineux, jrès de la face profonde de ces membranes ou, dans les cloisons interlobulaires du poumon.

Les mailles de ces réseaux, hmitées par des conduits larges de 5 centièmes à 1 dixième de millimètre ou environ, ont de huit à dix fois au moins la largeur des conduits limitants. L'indépendance de ces réseaux, par rapport aux membranes séreuses, muqueuses ou cutanées voisines, est surtout manifeste dans les points où des conduits repoussent et compriment en quelque sorte les lobules adipeux pour passer entre eux. Au delà de ces réseaux, les anastomoses des lymphatiques, quoique existant encore, deviennent plus rares, et les conduits, atteignant ou dépassant 1 ou 2 dixièmes de millimètre, s'accolent de plus ou moins près aux veimdes ou aux artérioles, qu'ils accompagnent en remontant du côté des ganglions. Rien de plus net que la délimitation de ces vaisseaux et que la couche épithélialc qui les tapisse, que met en évidence l'injection avec la solution d'azotate d'argent de Recklinghausen au 600^ ou au 800*.

La diamètre des lymphatiques les plus grands est de 1 à 2 dixièmes de millimètre ; celui des plus petits est de 0""',05. Bien que cette variation de la grosseur de ces vaisseaux soit notable, elle est pourtant toujours moindre que celle des conduits sanguins, dont le changement de diamètre est très-frappant, rapide ; de sorte que, dans ces derniers, la différence de grosseur entre certains des troncs et les capillaires qui s'en détachent, est beaucoup plus grande que celle que je viens de noter pour les lymphatiques. Belaieff signale, comme caractère distinctif propre de ces lymphatiques, leurs renflemenis qu'on observe tantôt vers le milieu des canaux, tantôt vers leurs confluents ; ces renflements sont plus considérables chez l'homme que sur le lapin ; ils sont soit circulaires ou complets, soit unilatéraux. Dans ces capillaires lymphatiques, ces renflements n'indiquent pas la présence des valvules comme dans les troncs lymphatiques, mais une dilatation' simple.

La couche unique de cellules épithéliales des lymphatiques capillaires et autres consiste en cellules allongées polygonales ou fusiformes, à bords hsses ou dentelés. L'axe longitudinal des cellules correspond à celui des vaisseaux. Plus un tube

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capillaire est voisin d'un tronc, plus ces cellules sont serrées et ont la forme allongée. Les mailles des capillaires, au contraire, ont des cellules assez larges. Au dehors de la couche épithcliale interne, se présentent des fibres annulaires accompagnées de rares cellules fusiformes ou étoilées (dites du tissu conjonctif). Des fibres élastiques et peut-être des fibres musculaires sont placées dans les espaces allongés qui restent entre les rangées de ces fibres lamineuses transversales ou annulaires.

La continuité de cette couche dans les capillaires lymphatiques, la minceur de ces cellules, qui ont à peine un millième de millimètre d'épaisseur, l'aspect d'un certain état de sécheresse, si l'on peut ainsi dire, qu'elles présentent comparativement aux épithéliums glandulaires, montrent que leur rôle est essentiellement relatif à des actes de pure endosmose et exosmose. La netteté avec laquelle la membrane ou couche qu'elles forment limite la face interne des conduits sanguins et lymphati([ues réduit à néant d'une manière absolue : 1° l'hypothèse d'après laquelle ces vaisseaux n'auraient été que de simples trajets interstitiels ou lacunaires par écartement des autres éléments anatomiques, permettant le contact immédiat du sang et de la lymphe avec les éléments anatomiques ; 2° celle d'après laquelle les globules de ces deux liquides seraient produits dans le tissu propre de la rate, des glandes lymphatiques ou du tissu lamineux (dit cellulaire ou conjonctif, si singulièrement comparé aune glande par quelques auteurs), globules qui, de là, seraient tombés dans ces trajets capillaires.

Notons ici qu'il y a des réseaux d'origine des lymphatiques qui sont immédiatement appliqués contre les réseaux capillaires sanguins. De sorte que si l'on se représente la coupe d'un capillaire, le lymphatique d'origine forme toujours sur les côtés de ce vaisseau un canal qui embrasse la moitié, les deux tiers et quelquefois les trois quarts de la circonférence du conduit sanguin. Le lymphatique représente un vaisseau qui n'a de paroi propre que d'un côté ; dans le reste de son étendue, il est limité par le capillaire sanguin. Les vaisseaux lymphatiques sont donc appliqués sur les côtés de ces conduits. On l'observe dans les réseaux d'origine ; mais cela se voit aussi sur des vaisseaux assez volumineux. Ainsi, le long des vaisseaux artériels ou des veinules qui ont déjà un quart de millimètre ou un demi-millimètre de large, on retrouve encore cette disposition. Elle se voit surtout dans les cloisons lamineuses du poumon, du testicule, etc.

Notons encore, pour achever l'étude de la texture du tissu lamineux, qu'il est dépourvu de nerfs qui lui soient propres, qui se terminent contre ses éléments fondamentaux. On n'y voit que les nerfs qui le traversent pour se rendre à d'autres tissus ou ceux qui, composés de tubes minces, accompagnent les artérioles et les veinules des cloisons intertendineuses, interligamenteuses et névrilématiques. (Saprey.)

Delà génération du tissu lamineux et de ses modifications successives. Nous avons vu plus haut (p. 229) comment et à quelle époque le tissu lamineux apparaît dans l'économie ; comment les corps fibro-plasliques, fusiformes et étoiles le composent d'abord principalement avec les noyaux embryo-plastiques qui vont graduellement en diminuant de nombre relatif à mesure que se multiplient ses éléments fondamentaux. En même temps, sa résistance augmente un peu, et par l'épaisseur plus considérable des couches qu'il forme , il tranche de plus en plus par l'aspect gélatiniforme que lui donne la substance amorphe qu'il renferme sur les organes qu'il sépare. Les fibres élastiques ne commencent à naître dans son épaisseur que vers le deuxième ou troisième mois de la vie inlra- DICT. EKC. 2' s. I. 16

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utérine, et augmentent sa résistance à mesure que leur nombre devient plus grand. En même temps aussi diminuent au contraire son aspect colloïde, sa viscosité et sa consistance glutineuse. Ces fibres sont alors courtes, peu ou pas ramifiées et sans anastomoses, ou n'en présentent q-ie de loin en loin.

La brièveté de la plupart des fibres lamineuses et élastiques, le grand nombre des noyaux, l'agglutination de ces éléments par la matière amorphe molle qui leur est interposée, font que ce tissu lainineux ne se laisse que difficilement et inparfaitement insuffler sur les fœtus et les jeunes enfants, comporativement à ce qui a lieu chez l'adulte. Souvent, comme l'a bien remarqué Bichat, il se forme en différents endroits des dilatations considérables oii l'air s'accumule et qui ne dépendent que de cette rupture, tandis que, dans la même expérience sur l'adulte, l'air se propage uniformément. Mais graduellement, avec l'âge, les fibres prenant toute leur longueur, en même temps que la substance hyaline qui leur est interposée est résorbée, le tissu prend de plus en plus sa disposition en lames minces, grisâtres, molles, à déchirure filamenteuse, à texture serrée. Il paraît aussi, comme le remarque Bichat, diminuer de quantité, bien que le fait contraire ait lieu en réalité, mais les organes qu'il sépare augmentant de masse, leurs intervalles se rétrécissent de plus en plus. Cette diminution relative est, du reste, plus ou moins prononcée d'un sujet à l'autre. Il en est chez lesquels il reste assez abondant, mou, glutineux, et d'autres entre les muscles et les divers organes desquels il n'en existe que de minces couches, presque sèches, apercevables parfois seulement par les filaments en lesquels elles se résolvent lorsqu'on écarte les organes les uns des autres. C'est ce que l'on observe sur les individus maigres, bien musclés, sur la plupart des mammifères et des oiseaux sauvages, où le moindre effort du doigt ou d'un corps mousse suffit pour séparer les uns des autres les organes contigus.

Pour compléter ce qui a été dit plus haut (p. 229) et ce qui précède, il importe de noter que le tissu lamineux proprement dit se montre d'abord oîi naît l'allantoide et avec elle, cet organe étiuit composé essentiellement de tissu lamineux type et parcourant toutes les phases d'évolution que nous venons de signaler.

Régénération du tissu lamineux. Pour le tissu lamineux comme pour tous les autres, la génération de ses éléments chez l'adulte et sa régénération totale reproduisent les phénomènes de leur génération première dans l'embryon ; les phases de leur développement consécutif sont aussi les mêmes, à quelques légères différences près, que sur le fœtus. {Voij. Ch. Bobin et OUier, Sur quelques points de la cicatrisation en général et sur celle des artères en particulier. Comptes rendus et Mém. de la Soc. de Biologie, 2 ^ série, 1858, in-8°, p. 25.)

Le cas le plus habituel dans lequel on peut suivre les phases de la régénération du tissu lamineux est celui de la formation des cicatrices et des adhérences, tant à la surface du corps que dans la profondeur des tissus, phénomènes qui, suivant la remarque de Bichat, sont des conséquences d'une génération de tissu lamineux, ou du moins débutent généralement par là.

Dans la première de ces conditions, on voit à la surface des plaies naître successivement des noyaux embryo-plastiques et de la matière amorphe finement granuleuse, en même temps que se développent des capillaires. Bientôt ces noyaux deviennent le centre de la génération de corps fibro-plastiques fusiformes et étoiles et par leur ensemble ces éléments forment la couche rougeâtre et mamelonnée du tissu mou et friable, très-vasculaire qui reçoit le nom de couche des bourgeons charnus. {Voy. Cicatrisation.) Ce tissu est mou, friable comme le tissu dit embryo-plastique sur l'embryon ; il offre une teinte analogue, bien que le plus grand

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nombre et le plus de largeur de ses vaisseaux lui donne une couleur rouge beaucoup plu'^ prononcée au lieu de la teinte grisâtre demi-transparente qu'a son analogue sur l'embryon. Sa mollesse et sa vascularité relative vont en diminuant à mesure qu'y apparaissent des fibres lamiueuses proprement dites, puis des fibres élastiques ; en même temps aussi la matière amorphe qui leur est interposée, cessant d'augmenter de quantité autant que ces fibres, devient de moins en moins abondante par rapport aux autres éléments.

Les noyaux enibryo-plastiques mêlés aux divers éléments précédents en proportion assez uniformément la même dans toute l'épaisseur des couches, avec interposition assez uniforme aussi de la substance amorphe sont, les uns encore petits, sphériques (cijtoblastions), à peine ou un peu granuleux, les autres plus o-ros complètement développés, ovoïdes, généralement pâles, peu granuleux, avec ou sans nucléole. On trouve des uns et des autres aussi bien dans la partie superficielle que vers la profondeur des couches et sans prédominance notable des plus petits vers la portion des bourgeons qui se continue avec les tissus sous-jacents qu'à la superficie. 11 est facile de constater, tant par l'examen des parties ta l'état frais que sur les coupes de bourgeons durcis, que cette matière amorphe a son existence propre et indépendante, qu'elle n'est pas une partie constituante de cellules dont chacun des no\aux précédents serait le centre. Il est facile de constater enfin que ces noyaux n'offrent pas d'exemple de scission amenant leur nuiltiplicalion par prolifération dans l'épaisseur même des bourgeons, comme aussi on ne voit pas au point de continuation de ces derniers avec les tissus sous-jacents les noyaux de ces tissus être en voie de segmentation proHfiante ; car rien n'est plus net que la disposition du sillon sur les noyaux présentant les phases de ce phénomène. 11 faut au contraire, se garder de conclure que cette scission de noyaux, soit préexistants soit nouvellement individualisés eux-mêmes, vient d'avoir lieu ou est en voie de s'accomplir parce qu'on rencontre en ces points beaucoup plus de noyaux que dans les parties saines voisines, et tant isolés que réunis en groupes. En effet, lorsque cette scission a lieu réellement, on rencontre des noyaux qui ont été surpris en quelque sorte à telle ou telle des phases de leur segmentation et en montrent ainsi toutes les périodes. [Voy. Blastème.)

Or ce sont toujours des noyaux ovoïdes plus ou moins allongés ayant atteint un volume plus considérable que celui des autres qu'on voit se diviser de la sorte aussi bien dans les bourgeons charnus que dans les tumeurs, etc. , et jamais les plus petits. De plus, ceux de ces noyaux, en nombre restreint à côté des autres, qui viennent d'acquérir ainsi leur individualité par division de quelqu'un de ces éléments préalablement accru outre mesure ne sont pas entièrement semblables à ceux qui, bien plus abondants et plus faciles à rencontrer isolés et en groupes viennent d'apparaître par genèse. Ces derniers sont notablement plus petits, spliériques, finement granuleux, sans nucléole. Les autres sont pâles peu granuleux souvent pourvus d'un petit nucléole, avant même d'être détachés de celui dont ils proviennent, plus petits que celui-ci ou égaux, mais plus gros que les premiers et de prime abord irrégulièrement ovoïdes, pour prendre bientôt cette dernière forme régulière, sans jamais passer par la configuration sphérique que présentent ceux qui apparaissent pai^ genèse.

Quant à la production des vaisseaux qui pénètrent la couche ainsi constituée à compter du moment de la genèse de ces éléments et pendant toute la durée de celle-ci, on peut sur les animaux expérimentalement en suivre l'évolution et sur les sujets morts pendant la cicatrisation d'une plaie, on retrouve des vaisseaux à

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diverses périodes de cette régénération. Le premier fait à noter, important bien que néo^atif, est qu'on ne voit jamais un des capillaires du tissu en voie de régénération être la continuation d'un des vaisseaux coupés. Ces derniers sont oblitérées par un caillot qui s'étend de leur extrémité et un peu du dehors de cette extrémité jusqu'à la première collatérale. Quelques artérioïes sont oblitérées par retrait de leurs parois jusqu'à occlusion complète de leur canal. De plus, tous les nouveaux vaisseaux, même quand ils sont assez gros pour être déjà apercevables à l'œil nu, ont la structure des capillaires de la première variété et ne commencent jamais par avoir une structure d'artériole ou de veinule, lors même qu'ils partent d'une anse vasculaire de cet ordre.

Enfin, ces capillaires ont d'abord un volume non-seulement inégal sur leur pro[ire longueur, mais plus inégal que celui des réseaux dont ils partent. ljeaucou[i même sont plus gros que le conduit dont ils sont partis et avec lequel ils sont en communication. En fait, c'est des conduits sanguins formant le côté des mailles capillaires qui est le plus voisin de la section et dans lesquelles le courant sanguin persiste, que partent les capillaires de nouvelle formation. Us ne continuent ea aucune manière le trajet des vaisseaux coupés et oblitérés, soit par un caillot,, soit par leur propre resserrement, qui s'atrophient et disparaissent au contraire. Or on peut constater sur les couches de bourgeons charnus, aussi bien que dans^ la mince couche cicatricielle des réunions par première intention, que la vascularisation du tissu nouveau a lieu de deux manières simultanément. On voit, en effet, à côté l'une de l'autre dans une même préparation les deux ordres de dispositions dont il va être parlé qui le prouvent.

Le cas le plus fréquent est celui dans lequel on voit tous les degrés des disp 'sitions suivantes. Une maille dont les capillaires la circonscrivant sont dilatés plus que ceux qui sont éloignés de la surface coupée et du tissu nouveau, cetfe maille, dis-je, qui était de largeur à peu près égale dans tous les sens, devient de |dus en plus longue du côté de la surface des bourgeons charnus ; elle devient de plus en plus étroite et allongée, par suite de ce fait que le capillaire qui la limitait de ce côté s'est d'abord courbé en forme d'anse du côté où naît le tissu nouveau, puis a formé une véritable anse dont la convexité s'est avancée dans ce tissu pendant que ses branches s'allongeant devenaient parallèles ou à peu près. On suit également toutes les phases de ce mode de vascularisation sur les couches de tissu lairc eux qui, prolongeant celui des synoviales, s'étendent dans bien des circonstauf' j morbides à la surface des cartilages articulaires, et aussi pendant la formation du tissu lamineux assez analogue à celui des bourgeons charnus quii constituent les végétations fongueuses des tumeurs blanches. {Voy. Tumeurs BLANCHES.) Ou pcut constater que selon les cas, la convexité de celte maille allongée en anse progresse ainsi, soit parce que les éléments anatomiques qu'elle embrasse augmentent de nombre en même temps que ses branches s'allongent et que tout le tissu nouveau s'épaissit, soit parce que les éléments contre lesquels appuie cette convexité de l'anse se résorbent en même temps qu'il s'en forme du côté opposé dans la concavité de cette dernière.

En deuxième lieu, sur le capillaire plus ou moins dilaté limitant le côté de quelque maille de ce genre ou d'une maille du tissu sain qui est tourné vers la couche en voie de régénération, on peut observer la formation d'une dilatation latérale constituant bientôt un conduit terminé en cul-de-sac, en forme de doigt de gant qui s'allonge de plus en plus et s'avance dans le tissu nouveau. Ce conduit est tantôt de la largeur de celui dont il part, tantôt plus large; c'est même là le

<as le plus habituel et en nijme temps il est toraleux, moins régulier que le capillaire du tissu ancien. Dès qu'il a acquis quelques centièmes de millimètre de long, il se recourbe vers son extrémité, pendant que souvent un conduit voisin en lait autant, et il s'allonge obliquement ou perpendiculairement à la direction qu'il avait d'abord suivie jusqu'à ce qu'il rencontre quelque prolongement ou une des mailles en anse dont il a été question d'abord. Bientôt leurs parois se résorbent au point de contact et une communication s'établit entre eux, ce qui donne lieu à la formation d'une maille nouvelle. Quelquefois, avant de se recourber, le prolongement en cul-de-sac envoie latéralement une branche qui s'allonge de la même manière, jusqu'à ce qu'elle rencontre un autre vaisseau dans son voisinage, penxiant que l'autre partie du prolongement continue à grandir. Parfois on voit des globules rouges et blancs engagés dans ces capillaires, non encore inosculés avec tl'aulres, fait qui s'observe aussi lorsqu'on suit le développement analogue des vaisseaux sur la queue des larves de tritons et des poissons où ces globules oscillent lors de chaque contraction cardiaque.

Ces phénomènes sont tout à fait analogues à ceux qui se passent lors du développement embryonnaire et fœtal des oiseaux et des batraciens, tels que MM. Prévost et Lebert les ont décrits, tels que je les ai vus et figurés de mon côté sur les larves de tritons (dans Segond, le Système capillaire sanguin. Paris, 1855, iu-4°, p. 12 et 13, pi. 2, fig. 4). Ils sont analogues aussi à ceux qu'a observés 'Stricker {Sur la genèse et la structure des capillaires. Journal de Vanatomie et de la physiologie, Paris, 1867, in-8*', p. 653-654). M. Wywodzoff a, de son côté, jiarfaitement décrit et figuré le développement et la progression des madles en mises et des prolongements capillaires en doigt de gant de cliacune des surfaces tranchées puis rapprochées sur la langue des chiens et sur la queue des tèlards, jusqu'à la rencontre et la communication des uns et des autres dans l'épaisseur tle la très-mince couche de tissu lamineux cicatriciel. Il a bien montré aussi comment en une quinzaine de jours ou à peu près, le volume de ces vaisseaux se réduit d'un tiers environ à mesure que les corps fusiformes et les fibres lamiiieuses augmentent de nombre par rapport aux autres éléments et que par suite le tissu cicatriciel devient plus ferme et plus tenace. (Wywodzoff, Des phénomènes qui se passent dam la cicatrisation des plaies. Journal de Vanatomie et de la physiologie. Paris, 1868, in-8», p. 158, pi. 15 e! 14.)

M. Wywodzoff croit que, lorsqu'une anse vasculaire a fourni un prolongement, le liquide s'épanche entre les cellules de la cicatrice, qu'il se forme ainsi des canaux sans paroi propre, qui se rencontrent, s'abouchent et constituent ainsi le réseau de la nouvelle circulation; que, chez beaucoup d'insectes et de mollusques, le «ang circule généralement dans les lacunes ou canaux sans paroi propre, et qu'on peut admettre qu'un état analogue existe temporairement dans une cicatrice (p. 159). Mais il importe de noter qu'il n'en est aucunement ainsi dans l'un ou l'autre de ces cas. D'une part l'injection de la solution d'azotate d'argent dans les vaisseaux que l'on considérait comme lacunaires sur les mollusques démontre péremptoirement qu'ils sont régulièrement tapissés d'une couche épithéliale des plus nettement déterminées. (Ch. Legros, Journal de Vanatomie et de la physioiogie, mai, 1868.) Je me suis assuré d'autre part qu'il en est de même pour les capillaires encore larges et toruleux des bourgeons charnus disposés, soit ea anse, soit encore en cul-de-sac. On parvient même sans de très-grandes difficultés à les isoler sur une assez grande longueur à l'état frais pour reconnaître que leur paroi a, dès celte époque (Ch. Piobin, Leçons sur les substances amorphes et les

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blastèmes. Paris, 1866, in-12, p. 31-52), la structure des capillaires à paroi unique des tissus complètement développés. On voit également cette paroi avec des noyaux sur les capillaires des anses et des culs-de-sac décrits plus haut sur les préparations fraiches traitées par l'acide acétique, qui gonfle et rend transparents tous les éléments autres que les noyaux embryo-plasliques et la paroi propre des capillaires qu'il n'attaque pas et qu'il met en évidence là comme dans bien d'autres tissus.

Ces observations permettent ainsi de constater que cette formation des vaisseaux consiste en une progression de la couche épithéliale vasculaire dont les cellules s'élargissent et se multiplent par segmentation à mesure qu'une dilatation en cul-de-sac s'allonge et s'enfonce dans le tissu nouveau dont les éléments propres augmentent de nombre. Car, bien qu'autour des plus petits lymphatiques des réseaux d'origine on aperçoive des fibres disposées circulairement ou obliquement formant une mince tunique en dehors de la couche épithéliale, il est fort difficile de constater l'existence d'une paroi propre autre que cette unique rangée de cellules épithéliales dans les capillaires de première variété, c'est-à-dire formés d'une seule membrane et sans addition d'une couche de fibres musculaires comme autour de ceux qui leur font suite, ni d'une couche de fibres laniineuses comme dans ceux plus gros encore qui ont un diamètre d'un dixième de millimètre ou environ.

En suivant les différentes phases de la production des adhérences entre les deux faces d'une séreuse et celle des néo-membranes du péritoine ou de la plèvre {voy. Fausses membranes), on observe une série de phénomènes qui ne diffèrent pas essentiellement des précédents, ils n'en diffèrent ni en ce qui touche la génération des éléments du tissu lamineux amenant la fusion des deux feuillets séreux en une seule membrane ou la formation, soit d'une membrane, soit de filaments lamineux qui s'allongent graduellement sous l'influence du mouvement des intestins, etc., ni surtout en ce qui regarde leur vascularisation. Là aussi les surfaces de la séreuse dont l'épithélium est tombé, dont la trame est plus ou moins gonflée par mterposition d'une certaine quantité de matière amorphe, ces surfaces, dis-je, se couvrent d'une certaine quantité de matière amorphe qui ne fait qu'un avec celle de la surface séreuse opposée qu'elle touche, dans laquelle naissent des noyaux devenant promptement pour la plupart le centre de la génération des fibres lamineuses, entre-croisées avec celles de la séreuse aussi bien qu'entre elles, et établissent ainsi la continuité d'un feuillet à l'autre. En même temps s'allongent des mailles en forme d'anses et se produisent comme dans les bourgeons charnus des prolongements capillaires en culs-de-sac qui se rencontrent bientôt, s'inosculent et étabhssent des communications vasculaires de l'un à l'autre des feuillets séreux par l'intermédiaire de la néo-membrane laniineuse ainsi constituée. De la sorte il se produit souvent des anastomoses, pouvant devenir volumineuses entre le système de la vei^e porte et celui des veines des parois abdominales, ain;ji qu'entre les vaisseaux chylifères et les lymphatiques du péiitoine pariétal. Les uns et les autres de ces vaisseaux peuvent être facilement injectés. 11 n'est pas même nécessaire qu'il y ait péritonite locale ou non pour que s'accomplissent ces phénomènes; la pression prolongée d'une tumeur suffit, dès qu'elle en est venue à déterminer la chute de l'épitliéhum, pour que des éléments naissent, s'étendent de l'une à l'autre des membranes contiguës ainsi que les vaisseaux, et établissent de la sorte une adhérence en taisant qu'il n'y ait qu'une membrane où auparavant s'en trouvaient deux.

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Rien au fond ne tlil'fère ici de ce qu'on voit dans les cas de réunion par première et par seconde intention des parties divisées. {Voy. Plaies.) Toutefois lors de la production des néo-membranes naissantes des séreuses on ne trouve pas tant de noyaux libres, c'est-à-dire ne devenant pas le centre de corps fibro-plastiques fusllormes et étoiles que dans les bourgeons charnus. Ces noyaux, en outre, y sont plus allongés que dans ceux-ci ou du moins le nombre des noyaux spliôriques y est peu considérable et la matière amorphe interposée est plus translucide, moins granuleuse.

Pas plus dans les divers ordres de conditions mentionnes plus haut où a lieu la régénération du tissu lamineux, que dans la production première et consécutive de ce tissu sur l'endjryon, je n'ai pu parveuir à constater un seul fait permettant d'admettre que les noyaux précédents proviendraient d'une prolification des leucocytes, bien que j'aie cherché à vérifier les assertions émises à cet é^ardpar Billrolh {Élé^nents de pathologie générale chirurgicale, 1867); Olto Weber et Wywodzoff (/oc. cit., 1868, p. 155).

Dans les cas oîi, comme dans le tissu des bourgeons charnus, il y avait des leucocytes mêlés au noyaux embryo-plastiques, les premiers étaient plus gros que crux de ces derniers qui avaient encore une forme arrondie, et ils ne pouvaient sous aucun rapport être assimilés à ceux qui étaient déjà ovoïdes. Toujours aussi l'action de l'eau et de l'acide acétique sur les leucocytes établissait une différence radicale, sans transition métamorphique possible par rapport aux noyaux endjryo-j.lastiques, tant arrondis qu'ovoïdes, restant insensibles à l'influence de ces agents.

Pas plus dans les observations précédentes touchant la régénération du tissu lamineux et la production des néo-membranes, que dans celles faites sur les embryons de batraciens et d'autres vertébrés, je n'ai pu voir quoi que ce soit qui pût ressembler à des caiiillaires en voie de formation aux dépens de ces mêmes globules blancs ou leucocytes, qui, d'après quelques auteurs ( Virchow, Otto Weber, etc.), pourraient se transformer en vaisseaux capillaires, aussi bien que devenir le point de départ de la formation des noyaux du tissu lamineux, etc. , etc. {Voy. Leucocyte.)

L'examen de chaque coupe d'une portion de tissu considérée dans son ensemble après l'action des agents durcissants et sans préoccupation de l'étude des caractères de chacune des espèces d'éléments individuellement, des réactions propres de ceux-ci conduit du reste nécessairement à des confusions de ce genre dans l'interprétation des dispositions que présentent ces tissus et autres sous le microscope, suivant la manière dont ils ont été préparés.

Ce qui a été dit plus haut du développement et de la structure des bourgeons charnus des plaies s'applique à peu de chose près à celle des végétations fongueuses des tumeurs blanches et du pourtourde certaines formes de caries osseuses. Seulement, outre les noyaux embryo-plastiques, souvent volumineux et transparents, on rencontre un grand nombre de noyaux plus petits, sphénques, plus foncés, plus granuleux, sans nucléoles, appelés cytoblastions. En outre, on y voit une plus grande quantité de fibres lamineuses soit complètement développées, soit à l'état de corps fibro-plastiques, fusiformes et étoiles. Par places elles sont entre-croisées en diverses directions et ailleurs disposées en nappes. Partout, entre ces fibres, les capillaires et les noyaux indiqués ci-dessus, se trouve une grande quantité de substance amorphe hyaline ou grisâtre, finement granuleuse, qui donne aux masses dites végétations fongueuses de formes diverses leur mollesse et leur transparence, ou leur demi-transparence colloïde ou gélatiniforme. L'aspect

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que l'interposition tic celte substance aux cléments ligures donne à ces vé^^étations v;irie en outre selon le degré de leur vascularité, mais, dans tous les cas, c'est à l'état d'évolution du tissu lamineux décrit plus haut que se rattache celui de ces productions morbides.

Des modifications évolutives offertes par le tissu lamineux régénéré. Bien que les phénomènes de la naissance des éléments soient les mêmes lorsque le ti^sii lamineux se régénère après son ablation lors de l'enlèvement de telle ou telle tumeur, etc., et lorsqu'il en naît quelque couche menbraneuse ou filamenteuse nouvelle entre les deux feuillets d'une séreuse, les phases du développement ult 'rieur sont remarquablement difiérentes dans chacune de ces circonstances.

Dans ce dernier cas a lieu la production d'un nouvel organe formé de tissu lamineux véritable, c'est-à-dire semblable au tissu lamineux proprement dit par sa composition, son aspect extérieur, sa vascularité, et dans lequel la plupart des noyaux, sinon tous, deviennent le centre de la génération des fibres.

Au contraire, le tissu lamineux qui succède aux bourgeons charnus, bien que ressemblant à son début au tissu embryo-plastique et au premier tissu lamineux de l'embryon, n'arrive jamais, dans les phases ultérieures de sou développement, à jirendre les caractères du tissu lamineux ni de celui du derme qu'il remplace. Plus riche que le précédent en substance amorphe, finement granuleuse, il la conserve longtenijis et celle-ci concourt à lui donner une compacité particulière avec une certaine homogénéité à la coupe qu'on-ne retrouve pas ailleurs. De plus, toujours dans ce tissu, beaucoup de noyaux restent libres sans servir de centre à la génération des corps fibro-plastiques et deviennent plus ou moins irrégulièrement ovoïdes. 11 n'est pas rare d'en voir au milieu du grand nombre de ceux qui contiiment à prendre part à la composition de ce tissu qui, directement ou presque directement contigus entre eux, sont agglomérés en amas arrondis ou ovoïdes. Toujours est-il que ces noyaux forment du tiers à la moitié delà niasse totale du tissu.

Beaucoup de fibres restent à l'état de corps ou cellules fibro-plastiques fusiformesou étoiles entre-croisés en toutes directions, ou, si elles se développent complètement, elles forment des faisceaux serrés, volumineux, irréguliers, enchevêtrés entre eux et avec les éléments précédents. Alors, au lieu d'être disposés en couches ou en nappes faciles à dissocier, ils composent un tissu analogue par son aspect extérieur au tissu fibreux proprement dit de certaines aponévroses d'enveloppes, ou mieux des ligaments ou des disques interarticulaires.

Loin de rester aussi vasculaire que le tissu lamineux ordinaire, comme les néo-membranes des séreuses, ce tissu devient de moins en moins riche en vaisseaux et passe à l'état cicatriciel ou inodulaire, tenace, inextensible ou à peine extensible et analogue encore sous ce rapport au tissu fibreux. II devient en même temps successivement gris rougeatre, puis grisâtre, demi-transparent ou non, et enfin d'un blanc mat différent sous tous les rapports du tissu lamineux normal'ou de première génération.

Le tissu lamineux sous-muqueux des uretères, de la vessie, de l'estomac, des intestins et d'autres organes encore, passe souvent d'une manière directe par' une série de modifications qui l'amènent à présenter un aspect analogue à celui qui vient d'être décrit en même temps qu'd augmente de masse et de consistance. C'est ce que l'on voit particulièrement lorsque quelque tumeur, des ulcères ou d'autres causes encore ont amené des troubles dans le cours des matières qui traversent ces conduits, dans les contractions de leurs couches musculaires et causé un étal cou-

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gcstif de leurs vaisseaux. Le tissu de ces couches minces perd graduellement son extensibilité, sa mollesse, et en même temps que celles-ci prennent une épaisseur de plus en plus considérable, le tissu lamineux devient d'un gris rougeàtre ou d'un giis blanchâtre demi-transparent, dur, peu extensible, tenace, mo'ins riche en vaisseaux qu'à l'état normal; mais entre ses fibres et ses faisceaux de fibres on trouve une quantité souvent très-grande d'une matière amorphe finement grenue, résistante, et des noyaux embiyo-plastiques libres en quantité variable. Cette diminution de vascularité tient moins encore à la diminution du calibre des premiers capillaires formés qu'à ce qu'ils ne continuent pas à se multiplier autant que lorsque le tissu était encore principalement composé de matière amorphe et de noyaux libres et par suite restait mou et friable. Cela tient beaucoup, en d'autres termes, à ce que les vaisseaux ne se multiplient pas autant que le fout, au contraire, pendant longtemps encore les autres éléments du tissu, les fibres lamineuses particulièrement. Pourtant, pendant qu'il devient ahisi relativement moins vasculaire qu'il n'était, beaucoup de ses capillaires durcissent en prenant la structure d'artérioles et de veinules.

Quelle que soit la durée de la vie postérieurement à l'apparition de ce tissu lamineux de nouvelle génération, on ne voit jamais ceux des éléments qui y restent toujours à l'état de corps fibro-plastiques fusiformes ou étoiles passer à l'état de vésicules adipeuses. Il diminue au contraire de masse et rapproche ainsi l'une de l'autre les parties de première génération avec lesquelles il est en continuité de substance et détermine ainsi ce qu'on appelle la rétraction des cicatrices. Ces phénomènes de rétraction commencent dès que débute la résorption de la substance amorphe interposée aux éléments figurés de ce tissu, tels que les fibres lamineuses les noyau\ libres et les capillaires. Celle-ci a pour conséquence le rapprochement les uns des autres des éléments figurés auxquels elle était interposée et qu'elle tenait écartés, et par suite elle amène la diminution de masse et le retrait du tissu cicatriciel ou lamineux de nouvelle génération. Cette disparition graduelle de la substance amorphe interposée aux éléments du tissu cicatriciel s'o[)ère molécule à molécule et offre ainsi toute l'énergie que présentent les phénomènes moléculaires, quelle que soit leur lenteur. Elle amène ainsi fatalement le rapprochement des ■éléments, la diminution de la masse qu'ils forment et la diminution de l'intervalle •qui sépare les tissus voisins restés sains. Ce phénomène s'accomplissant dans un dssu inextensible et nullement élastique n'a rien de comparable, dans sa cause et son mécanisme, à la rétraction du tissu élastique distendu, ni à la contraction des ■tissus musculaires; il est purement mécanique et dû, non pas au raccourcissement de fibres quelconques, mais à leur rapprochement réciproque graduel pendant la disparition moléculaire de la substance qui auparavant les tenait écartées les unes ■des autres.

Ainsi, c'est à cette résorption moléculaire lente et graduelle qu'est due l'énergie de cette rétraction. 11 se passe là une action aussi puissante que celle qui a lieu lorsque l'on met un coin de bois sec entre deux blocs de pierre qu'il écarte lorsqu'on le mouille, parce que la pénétration de l'eau a lieu molécule à molécule. Il en est de même pour la rétraction cicatricielle ; elle s'opère quoi qu'on fasse pour «'y opposer et à la suite des plaies des muqueuses, on la voit entrahier le rétrécissement de l'intestin, de l'urèthre, etc., tant que dure, après la génération et le développement des éléments figurés, la résorption de cet élément accessoire primitivement abondant.

Ce retrait des cicatrices augmenté ou diminué par certaines influences exté-

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rieures ou intérieures réagissant sur la circulition amène souvent la compression douloureuse plus ou moins prolongée des filets nerveux dont les extrémités, coupées ou non, ont été englobées par le tissu cicatriciel.

L'énergie, la rapidité avec laquelle se passent tous les phénomènes de régénération et de développement du tissu lamineux, montrent que la nutrition y est des plus actives; mais on ne connaît pas encore d'une manière nette quels sont les principes immédiats qu'il emprunte au sang et quels sont ceux qui, formés par désassiraihition dans son éj)aisseur, sont restitués par lui. {Voy. Cicatrice, Cicatrisation.)

Des modifications accidentelles du tissu lamineux. Ce tissu est susceptible de présenter un nombre considérable de modifications accidentelles, toutes en rapport avec sa texture et l'énergie qu'y présentent les propriétés végétatives de génération, d'évolution et de nutrition de ses éléments caractéristiques. Il est ainsi le siège d'un grand nombre de lésions et de plus quelques-uns des éléments qui le composent peuvent, par leur multiplication exagérée, accompagnée ou non de leur propre altération, devenir le point de di'part du développement de tumeurs diverses.

Ce n'est pas dans une description du tissu lamineux lui-même que ces modifications peuvent être décrites, chacune devant l'être séparément dans l'article consacré à la maladie qu'elles déterminent ; mais on ne saurait éviter de donner au moins l'énumération et la caractéristique de ces lésions, quant à leur siège et à leur provenance.

Rappelons d'abord que l'obésité générale ou polysarcie adipeuse résulte de ce que, sans changement dans le nombre ni d'abord dans l'arrangement des éléments du tissu lamineux, une quantité de plus en plus grande des corps fibro-plastiques fusiformes ou étoiles qu'il renferme passent à l'état graisseux et bientôt de vésicule adipeuse. {Voy. Adipeux.) Cette modification peut survenir localement dans tels ou tels organes placés dans certaines conditions anormales ainsi qu'on le voit dans les muscles paralysés, qu'on dit atteints de substitution graisseuse [transformation graisseuse, etc.) quand ks corps fibro-plastiques du tissu lamineux interfasciculaire passent graduellement à l'état adipeux, à mesure que s'atrophient les fibres contractdes. Là cependant naissent probablement aussi de nouvelles fibres lamineuses qui passent à l'état graisseux dès qu'elles ont atteint l'état de corps ou cellules fibro-plastiques fusiformes et étoiles. 11 en résulte que la diminution de volume de la masse de l'organe musculaire n'est pas proportionnelle au degré d'atrophie de ses éléments caractéristiques.

Dans certaines conditions de paralysie des muscles on voit aussi leur tissu lamineux interfasciculaire s'hypertrophier de manière à faire que ces organes conservent leur volume normal ou même en acquièrent un plus considérable que celui qu'ils avaient, bien que leurs faisceaux striés s'atrophient de plus en plus jusqu'à disparition complète pour plusieurs d'entre eux. [Voy. Muscles (Pathologie) ] En dehors des variétés d'aspect dues à la présence des faisceaux musculaires, ce tissu lamineux est grisâtre, ou d'un gris rougeàtre, moins extensible, plus compacte que le tissu lamineux normal, bien que plus friable. Ces particularités de ses caractères physiques tiennent à ce qu'il est composé principalement de fibres lamineuses à l'état de corps fibro-plastiques, d'un grand nombre de noyaux embryo-plastiques libres et d'une quantité variable de matière amorphe très-peu granuleuse. Il n'est pas rare de rencontrer çà et là dans ce tissu des corps libioplastiques à diverses phases de leur passage à l'état de vésicules adipeuses. Des productions morbides de ce genre peuvent aussi apparaître dans quelque partie

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