‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.53Chapitre 41 sur 74 · LA M IN EUX · texte numérisé non relu

LA M IN EUX

deur des fibres qui partent de la périphérie des corps fibro-plastiques comparativement à ceux des canicules qui continuent les ostéoplastes.

On reconnaît alors que c'est sur des caractères mieux déterminés que ceux tirés des analogies générales de forme des éléments anatonùques complètement développés que doivent être tondëes les inductions relatives à leur génération.

Ce serait donc vouloir se mettre de parti pris en contradiction avec la réalité que de chercher dans ces conditions de la génération des os, qui sont les plus habituelles, à faire provenir les ostéoplastes d'une modification quelconque des corps fibro-plasti jues ou de leurs noyaux, ainsi qu'ont voulu le faire quelques médecins, puisque ces éléments n'existent pas dans le cartilage où uait la substance osseuse. Nulle part, du reste, on ne voit à la place où naissent les maxillaires, les os de la voûte du crâne, non plus que dans le périoste, les corps fibro-pl astiques, ni les noyaux embrp-plastiques rangés régulièrement autour des capillaires, comme le sont, dans un ordre déterminé, les ostéoplastes autour des canaux vasculaires dans le tissu osseux. De plus, partout les ostéoplastes sont primitivement dépourvus de leurs canalicules radiés périphériques, dont la formation n'a lieu que par suite des phases ultérieures de leur développement. Ce fait prouve encore que les ostéoplastes ne résultent, en aucun cas, d'une transformation des corps fibro-plastiques (prétendues cellules plasmatiques), puisque ces derniers sont précisément caractérisés par la présence de prolongements ou fibres s'irradiant à leur périphérie (dits par hypothèse tubes plasmatiques) ; prolongements assimilés aux canahcules radiés des ostéoplastes, mais pour les besoins de l'hypothèse seulement, puisqu'ils sont pleins, toujours beaucoup plus longs et moins nombreux que ces canahcules des cavités caract 'ristiques de l'os.

Lieberkùhn, de son côté, esl du reste arrivé à des résultats analogues aux précédents et à ceux que j'ai publiés en 1850 ; il s'exprime ainsi sur le point particulier dont je viens de parler :

«Il est démontré, par mes observations, que le tendon en voie d'ossification perd la structure de tendon et reçoit celle d'os, sous l'influence des changemeuis contnms du tissu qui s'ossifie. L'opinion récemment émise, qui consiste à avoir recours^ pour l'ossificalion du cartilage à celle dans laquelle ce ne doit pas être le cartilage même qui forme la base des os, mais un nouveau blastème formé par les espaces médullaires après la dissolution préalable du prétendu cartila-e calcaire, cette opinion, dis-je, manque non-seulement de fondement, mais en outre des éléments d'un grand poids étabhssent décidément le contraire. » (Lieberkùhn, Ueber die Ossijication, in Archiv fur Anal, und Phvsiol Leinzi^r 1860,in-8°,p. 858.) ^'°'

« Par mes observations exposées plus haut, il est démontré en outre : que les €orps étoiles du tissu unissant n'existent pas dans le tissu des tendons teh que Virchow les a décrits ; s'il y existaient ils devraient, selon les assertions propres deVuxhow, devenir des corpuscules osseux pendant l'ossification. Nous voyons pourtant de la manière la plus évidente les corpuscules osseux naître uniquement et absolument des cellules de la substance cai'tdaginiforme interposée à los et au tendon apparaissant avant l'ossification. » (Lieberkiihn, p. 840. La subsiance dojit parle Lieberkùhn est celle dont j'ai fait mention. Mémoires de la i>oc de biologie, Paris, 1850, p. 1 25, sous le nom de cartilage d'envahissement.) ^ Plus tard, Lieberkùhn, traitant une autre question qui se rattache à celle-ci, s est exprimé ainsi : « Si les cellules étoilées n'existent pas dans le tissu des >

tendons, la doctrine d'un prétendu système de tubes plasmatiqiies ne peut plus être soutenue ici, contrairement à ce que Yirchow, et après lui Kôlliker et d'autres auteurs, ont admis dans les tendons, » etc. Dès 1858, je me suis élevé aussi contre cette hypothèse.

Plus loin (p. 841) Lieberkûlm ajoute : « Dans les régions où des corpuscules osseux naissent réellement par ossification du tissu unissant figuré (c'està-dire formé de faisceaux subdivisibles en fibres), l ossification commence et s'avance par une précession particulière de substance cartilagineuse pourvue de cellules; c'est ce qui a lieu dans le tissu tendineux. On doit maintenant remarquer que si Yirchow a donné comme acceptable d'une manière générale son opinion sur l'identité des os, des cartilages et des corpuscules du tissu unissant, parce que le tissu cellulaire figuré peut s'ossifier et que ses corpuscules ci-dessus seraient des corpuscules osseux, il importe, dis-je, de remarquer, au contraire, que jamais ce fait n'a été démontré une seule fois. »

Du reste, en 1851 et 1852, Heale a discuté la question de l'illusion d'optique, qui avait fait voir à Hassall et à Yirchow dans le tissu connectif des adultes des cellules étoilées et s'anastomosant par leur prolongement, et que Virchow [Zur Streitfrage iiher die Bindesubstanzen, in Archiv fur Pathol. und anat. Pliysiologie, Bd. II, Ileft 4, 590) nomme corpuscules du tissu connectif. Les cellules apparentes sont des coupes transversales des cavités en forme de fente entre les faisceaux du tissu connectif ; ce qui paraît être des prolongements n'est rien autre chose que les contours des faisceaux coupés transversalement.

Les conditions intimes ou moléculaires de la génération de la substance osseuse peuvent donc se rencontrer au sein de tissus très-distincts ; mais les phénomènes de cette génération restent les mêmes dans chacun d'eux.

L'élément osseux en un mot, comme toutes les autres espèces d'éléments, naît d'une manière qui lui est propre, à des places et à des époques déterminées, lorsque certaines conditions moléculaires s'y trouvent réunies ; indépeudamineut de toute relation de filiation ou de lien généalogique direct avec les éléments des tissus au sein desquels il apparaît ; sans qu'il y ait trace de sécrétion ou de transformation directe de la part de celui qui précède par rapport à celui qui succède.

L'os naît en effet : a. dans le cartilage indépendamment du périoste, b. dans les enveloppes fibreuses du crâne et à la surface extérieure de l'os sous le périoste, indépendamment du cartilage, et enfin c. dans le tissu embryo-plastique bordant la bouche de l'embryon, indépendamment des deux tissus précédents.

Dans le cas particulier des os précédés d'un cartilage de même forme qu'euxmêmes, par exemple, le tissu osseux prend la place du tissu cartilagineux d'une composition immédiate nettement différente en partant du centre pour aiier vers la périphérie, comme dans la rotule, les vertèbres, ou d'un point superficiel vers le milieu de la longueur, comme dans le cas des os longs. A son tour le tissu médullaire se substitue du centre à la périphérie au tissu osseux qui se résorbe, sans qu'il soit possible de faire provenir les éléments de la moelle des noyaux embryo-plastiques, ni de cellules du cartilage, contrairement à ce qu'où a prétendu, car elles n'existent plus dans l'organe osseux quand la moelle y apparaît, ni enfin des ostéoplastes eux-mêmes. Ces éléments de la moelle diffèrent eu tous points physiquement, chimiquement, physiologiquement et par leurs altérations, de ceux du tissu lamineux, du cartilage, de l'os, etc. Parfois même ils sont à leur tour remplacés plus tard partiellement par des éléments du tissu lami- 1 neux à l'état librillaire et à l'état adipeux, qui normalement s'associent à ceux de

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hi moelle dans toutes les grandes cavités médullaires, comme celles des os longs el de quelques os plats.

Le périoste ne fait pas exception à cette loi de substitution graduelle, et disparait devant le tissu qui le remplace lorsque l'os atteint son complet développement. Cette substitution se continue dans les parties qui restent toujours intimement adhérentes aux os, telles que les ligaments et les tendons ; de là vient que les crêtes et les apophyses osseuses sont d'autant plus saillantes à leur niveau que les sujets sont plus avancés en âge.

On comprend aisément que, dans ces conditions, il ne peut se faire autrement qu'il y ait continuité du cartilage articulaire avec l'os succédant au cartilage d'ossification d'abord, puis ultérieurement de l'os avec les tendons, les ligaments et k périoste, sans que cela indique une identité de nature, alors que leur composition immédiate, leur texture, leurs caractères physiques, leur mode d'apparition, leurs propriétés physiologiques et les modes de leurs altérations sont si

différents. •

Avant qu'une pareille transformation directe du tissu lamineux ou fibreux en tissu cartilagineux, etde celui-cien tissu osseux put être admise, il faudrait du reste démontrer d'abord le fait de la transformation chimique de la géllne ou gliUine en cartilagéine, puis le retour de celle-ci à l'état de géline ou glutine, puisqu'on sait aujourd'hui que celle-ci est semblable chimiquement à Vosséine qui diffère au contraire de la manière la plus notable de la cartilagéine. {Voy. p. 254.) Et cependant, rien n'est plus tranché que la manière dont cessent ncttenieut au contact de la superficie des cartilages, les fibres élasliques de la trame de la pituitairc au nez, du péricho'.idre au larynx et au thorax, sans qu'il y ait continuité de la substance du cartilage avec celle de ces fibres. Il en est à plus forte raison de même des fibres lamineuses dont h composition immédiate diflere davantage encore de celle de la substance fondamentale du cartilage, mais dont la plus orande transparence laisse voir plus difficilement les difféieiices.

Ajoutons, enfin, qu'on ne voit jamais dériver des éléments du cartilage, ou de la substance osseuse, les produits morbides tels que les granulations -tubercu- Jeuses, les tumeurs, dites fibro-plas tiques à noyaux ou embryo-plastiques et autres, qui dérivent si souvent du tissu lamineux.

11 ne faut pas croire, en effet, que la continuité des organes et des tissus les uns avec les autres, ni que la succession des uns aux autres chez l'embryon, indique une identité de nature comme on l'a si souvent cru ; que par exemple la continuité de l'intestin au pédicule de la vésicule ombilicale indiquent qu'ils sont de nature élémentaire et de texture semblables. 11 n'en est rien, pas plus que le cordon continu aux parois abdominales ne leur est semblable, quant à la structure et à la composition anatomique. Dans les cas dont nous avons parlé, il y a continuité par adhésion, due à la juxtaposition des éléments, mais ces éléments et les tissus qu'ils composent ne sont point semblables de l'un à l'autre.

Quand il y a succession d'un tissu à l'autre, comme on le voit si souvent chez l'embryon, et comme dans les cas que nous venons d'examiner en particulier, celui auquel un second succède n'a été que la condition de genèse de ce dernier, qui nait à sa manière et a son individualité propre, indépendante de celle du premier; il n'en a été dépendant qu'au point dû vue de sa genèse dont l'antécédent a été la condition d'accomplissement, mais il ne l'a pas été au point de vue de sa nature anatomique et physiologique.

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On observe en outre que les tissus eu relation les uns avec les autres dans l'écononiie, ne le sont pas au hasard ; ils suivent à cet égard certaines lois en rapport avec la constitution propre de leurs éléments. Ces lois de l'association des tissus distincts sont très-importantes à connaître à l'état normal. Elles éprouvent des modifications remarquables dans les conditions morbides, dans les cas surtout où certains éléments anatomiqucs d'un tissu se multipliant outre mesure forment des tumeurs dont le tissu se substitue graduellement aux éléments du tissu normal qu'il envabit en déterminant, molécule à molécule, la disparition de ceux-ci, à mesure que les éléments qui naissent et s'accroissent le plus rapidement prennent leur place molécule à nïolécule également. Ils le sont ainsi, soit régulièrement, soit sous forme de prolongements subdivisés ou non, offrant des configurations souvent des plus diverses, même lorsqu'il s'agit de l'envahissemeiit du tissu lamineux par une tumeur cartilagineuse par exemple, sans que naturellement il y ait discontinuité entre les ûbres du tissu envahi et la superficie de la masse envahissante.

Il serait du reste impossible de se faire une idée nette de toutes ces variétés accidentelles de dispositions organiques et de les bien interpréter sans avoir préalablement étudié comment à l'état normal se fait l'envahissement des tissus cartilagineux, lamineux, fibreux et tendineux par les os.

Nous voyons en résumé :

1° Que l'idée d'après laquelle le tissu lamineux serait une substance conjonctive homogène, simplement striée et non fibrillaire, est contredite par l'étude de son développerrient, de sa constitution propre par des fibres lamineuses à divers états de développement, par des fibres élastiques, des noyaux et des vaisseaux visibles en dehors de l'emploi de réactifs susceptibles de déterminer dans la matière observée les aspects sous lesquels ces éléments se présentent ;

2^ Que l'hypothèse d'après laquelle divers éléments non figurés tels que les matières amorphes de l'encéphale, de la moelle des os, etc. , seraient semblables au tissu lamineux dit substance ou tissu conjonctif, est contredite également par l'examen de leur mode d'apparition et d'évolution embryonnaires, de leur constitution propre, de leurs réactions chimiques, de leurs altérations morbides et du rôle physiologique rempli par ces deux ordres de tissu ;

5" Qu'il en est de même, et par des raisons de même ordre, de l'hypothèse qui voudrait que les parois propres des tubes glandulaires, des tubes nerveux péripliériques, le périnèvre, etc., ne soient pas des éléments ayant leur individualité spécifique, mais simplement des formes ou configurations particulières et secondaires de cette même substance conjonctive, et cela malgré les différences d'aspect et de réaction que ces tubes présentent à côté des couches de tissu lamineux réel qui les entourent ou leur sont interposées.

Rien du reste ne démontre mieux combien étaient mal fondées toutes ces hvpothèses que l'obligation où l'on se trouve aujourd'hui de reconnaître que si la paroi des capillaires les plus fins ou à une seule tunique n'est pas constituée par une substance propre hyaline homogène, sans ostioles ni perforations, parsemée de noyaux, elle est formée par de minces cellules épithéliales immédiatement juxtaposées, et nullement par une couche de substance conjonctive non fibrillaire ;> laquelle auraient appartenu les noyaux précédents, en tant que noyaux du tissu cellulaire.

4° Quant à l'idée d'après laquelle le tissu lamineux pourrait se transformer en tissu fi!)rcu\, elle s'nppuye sur C(> !:iit qu'en plusieurs régions de l'économie ou

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voit le tissu laniineux disposé sous forme de couche ou de fascîa se continuer sans transition brusque avec de véritables nienibranes fibreuses ou aponévroses. 11 est certain aussi que sur tel sujet jeune ou faible on trouve des couclies de tissu laniineux à la place où sur d'autres plus âgés ou plus robustes existent de véritables feuillets aponévrotiques. D'autrefois aussi on voit pathologiquenient se produire sous les muqueuses, sous la peau ou entre divers organes des couches ou des faisceaux de ce tissu fibreux à la place du tissu lamineux qui existait en ces points. Dans ces conditions, il est facile de constater que c j que l'on a considéré comme une transformation consiste en une véritable substitulion du tissu fibreux: au tissu lamineux qui l'a précédé. Bien que les éléments atiatomiques soient les mêmes dans les deux tissus, la texture fasciculée du premier, sa moindre vascularité, montrent qu'il y a eu là un dévelo[;pement réel de tissu iibreux proprement dit entre les faisceaux duquel le tissu lamineux antécédent demeure comme résidu en quelque sorte formant les cloisons :nterfasci cul aires qui dans le lissu fibreux conservent toujours la texture propre à celui-là. On vérifie mieux encore ce fait en poursuivant l'examen de la texture des membranes fibreuses depuis les parties où leur texture est très-nettement caractérisée, jusfjue sur les points où elles prennent celle du tissu lamineux ou vice versa. On voit alors nettement que cette transition de l'une à l'autre de ces dispositions anatomiques résulte de ce que les cloisons de tissu lamineux deviennent de plus en plus larges et les faisceaux fibreux de plus en plus écartés et plus rares, jusqu'à ce qu'ils manquent complètement ou à peu près. Quant au tissu des cicatrices dit albuginé ou modulaire, qui prend plus ou moins complètement la place du tissu lamineux ou de tout autre tissu tulevé ou détruit, il résulte d'une véritable substitution de toutes pièces d'un tissu à un autre qui a disparu et non d'une transformation sur place d'une partie en quelque autre d'une espèce différente, [Voy. Fibreux (Tissu).]

o° La transformation du tissu lamineux en tissu dermique ou en chorion des muqueuses ne saurait non plus être soutenue en face des différences de texture qui sépai-ent ces deux ordres de tissu, en ce qui touche particuhèrement la quantité et la disposition des éléments élastiques du derme. {Voy. McQUF.nsES (Membranes) et Peau.)

6" Enfin, quant à l'idée de la métamorphose des tissus lamineux, fibreux et tendineux en cartilage, et de celui-ci en os, elle est formellement démontrée fausse par l'examen du mode de production de chacun de ces tissus, ou sein de celui auquel il vient se substituer, indépendamment de ce que montre l'étude comparative de la composition immédiate de chacun d'eux, ainsi que nous l'avons vu plus haut. Partout on voit qu'il y a substitution graduelle d'un tissu à l'autre, jus'jue dans les cas dits d'ossification normale ou accidentelle des tendons ou d'autres tissus normaux. Et c'est précisément en raison du fait de cette substitution graduelle que se rencontrent ces exemples curieux par leur complication, d'association et de liaison intime l'un à l'autre de tissus différents, qui dans les cas morbides peuvent être reconnus comme se rattachant tous, en fait, à tels ou tels des exemples normaux d'association des tendons et des ligaments aux os et aux cartdages et 3on à des cas de transformation de l'un en l'autre de ces tissus. [Voy. Cartilages £!t Osseux (Tissu).]

On trouve, en traitant le tissu lamineux par l'acide acétique, des noyaux réguliers ou un peu irréguliers ; ce sont des noyaux erabryo-plastiques et les noyaux des corps fibro-plastiques qui persistent pendant toute la vie partout où il y a des fibres lamineiises. Virchovv les suppose être des formes îîO» développées du tissu

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élastique qni serviraient à charrier des sucs et à favoriser la nutrition. KolUkcr, les regardant comme analogues physiologiquemcnt aux canalicules de la d ntiae et au\ ostcoplastes, les appelle cellules plasmatiques, et nomme tubes plasmatiques les prolongements qui rendent fusiibrmes ou étoiles ces éléments. 11 est manifeste que sous ce seul nom se trou\ent désignés : 1" dos noyaux embryoplastiques ou fibro-plastiques libres ; 2° des fibres élastiques en voie de développement et encore incomplètement dévcLjppées ; 5° et enfin ordinairement des libres lamineuses à l'état de cellules ou corps libro-plastiques fusiformes et étoiles, c'est-à-dire, les éléments qui, dans certaines circonstances données, se remplissaut de gouttes d'iiuile passent à l'état de vésicules adipeuses et que nous avons vu plus haut avoir été considérés comme des cellules d origine, soit des cartilages, soit des ostéoplastes .

Mais en ce qui louche l'hypothèse d'après laquelle ces éléments transporteraient le [ilasma dans les espaces intervasculaires pour favoriser la nutrition, il importe de mettre en relief les données suivantes que toute observation j ermet de constater aisément.

Eu fait de liquide de l'économie, nul de ceux qui sont hors des capillaires n'est semblable au plasma ou contenu liquide de ces derniers, bien qu'il ait fourni les matériaux de la formation des sérosités extravasculaires, mais par exosmose dialytique.

Naturellement, et à plus forte raison encore que pour les sérosités, il en est ainsi des liquides intranucléaires et intracellulaires. Rien de plus impropre, par conséquent, à cet égard, que les noms de noyaux et de cellules plasmatiques donnés aux noyaux embryo-piasiiques et aux libres laujineuscs à l'état embryouiiaire de corps fusiformes et étoiles ; rien aussi de plus impropre que le nom de tubes plasmatiques , attribué aux fibres du tissu cellulaire ou lamineux qui prolongent ces corps ou cellules fibro-plasliques. On sait du reste, que nul des éléments anatomiques creux, commes les ostéoplastes et leurs caiiahcuics, etc., ne communique avec la cavité réellement plasmatique des caj.illaires. Lorsqu'on parvient à rendre probable l'existence d'une cavité dans les noyaux embryo-plactiques (dits fibro-plastiques ou plasmatiques), on prouve facilement que l'intérieur de ces noyaux n'est pas en continuité canaliculaire avec l'intérieur des fibres rayonnant autour d'eux comme centre.

On comprend difficilement qu'une pareille hypothèse ait pu être émise à l'époque même où l'on démontrait la parfaite et absolue délimitation du canal des vaisseaux capillaires, sanguins et lymphatiques, sans que jamais les injections de la solution d'azotate d'argent qui rend si nettement évident l'épithéhum puisse permettre de constater une continuation ou communication par une ouserture quelconque entre ces conduits ^ nettement Umités et des canahculos plasmatiques extravasculaires ; canalicules supposés soit inlrafibrillaires, soit représentés par de jirétendus espaces aréolaires ou caverneux interstitiels, c'est-à-dire, creusés «ntre les éléments des tissus lamineux et fibreux.

Enfin, jamais également on n'a pu démontrer l'existence d'une cavité non plus que d'un liquide dans ces libres, soit lamineuses, soit élastiques appelées arbitrairement tubes plasmatiques, et que, sans aucune preuve tirée de l'expérience ni de l'observation, on suppose être destinées à charrier des sucs pour favoriser la nutrition. La translation du plasma se comprend difficilement dans l'état actuel de la physique au sein de tilaments supposés creux, dont la largeur totale ne dépasse jamais un millième de millimètre, et sans continuité avec uu organe quelconque

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de propulsion des liquides. Ces faits sont, d'autre part, e.i rapport avec ce que nous apprend l'étude de la composition innuédiate de ces élcnients ; dans les tendons, ds sont, en effet, avec les cartdages et le tissu jaune élasti([ue, ceux qui de tous contiennent le moins d'eau et le plus de principes solides et fixes, l'émail, l'ivoire et l'os exceptés.

Du reste, si ces fibres élaient creuses, ainsi que le fait devrait être pour qu'elles fussent plasmatiqnes, on les verrait se remplir d'iiuile quand celle-ci remplit le corps de l'élément et le fait passer à l'état de vésicule adipeuse. De plus également, quand ces corps ou cedules libro-plastiques fusifbrmes et étoiles deviennent vésiculeux par production cadavérique dans leur épaisseur de substance fluide, hyaline, dite sarcodique, ces fibres se rempliraient de ce li(juide; fait qui ne s'ol)serve jamais dans quel que ce soit de ces deux ordres de conditions.

Parmi les hypothèses plus encore en contradiction avec l'observation que les précédentes, si tant est que le fait soit possible, d faut signaler celle il'après laquelle le tissu laniineux producteur de tout ce qui existe dans l'économie serait un tissu analogue aux glandes. Il mériterait d'après cette hypothèse les noms de tissu lymphoïde ou adénoïde, en raison de ce qu'il serait creusé de sim|ilcs sillons ou conduits interstitiels sans parois propres (ilisj qui Ibrmeraient les véritables origines des vaisseaux lympathiques tant dans le tissu lamineux proprement dit que dans la peau, les muqueuses et les tuniques même des vaisseaux. De plus, ces sillons communùiueraient avec les cor|is ou cellules du tissu cellulaire ou conjonetir qui seraient les cellules-mères, formatrices des globules ou cellules de ia lym[ he {leucocytes) dans l'état normal et des globules de pus dans les cas de supiiuration ; globules que l'on sait en efiet être semblables aux globules blancs du sang et de la lymphe. {Voy. Leucocïtes.)

Jamais, du reste, quelque anatomiste que ce soit ayant fait des injections de lym| Italiques, tant à l'aide du mercure que de la solution étendue d'azotate d'argent ou de glycérine colorée ne pourra admettre l'existence de ces prétendus camivipla.smatiques, soit intrafibrillaires, suit interstitiels, en présence des différences offertes par toute injection selon qu'elle a pénétré dans un capdlaire lymphatique ou au contraire qu'elle s'est infiltrée dans le tissu extra-vasculaire. 11 est manifeste en effet que si le tissu de la trame des muqueuses ou du derme, le tissu lamineux des glandes saines ou malades, ou toute autre partie de ce tissu étaient creusés des uns ou des autres de ces conduits qui formeraient les origines des lymphatiques, les injections non réussies, donnant une infiltration plus ou moins boursouflée sans réplétion des réseaux et autres conduits lym[iliatiques ne se présenteraient jamais ; ou du moins elles mèneraient toujours à remplir ces derniers conduits aussi bien que les injections dites réussies, et ainsi dites ajuste titre puisque ce sont les seules qui remplissent les réseaux, puis les vaisseaux allant aux ganglions, les seules qui montrent bien les épitheliums qui délinutent si nettement ces canaux. Or, les anatomistes ne connaissent que trop les différences existant entre ces deux sortes d'injections pour défendre une hypothèse si facdement admise en dehors de tout examen des faits qui l'infirment.

Dans l'état de nos connaissances touchant la constitution des lymphatii|ues formant les réseaux d'origine et la disposition de leur épithélium, cette liypothèse n'est pas plus soutenable que celle de Leydig, qui considère les capillaires sanguins comme dérivant dans leur formation embryogénique de ces mêmes noyaus du tissu cellulaire ou conjonclif. Or sans parler ici des simples données de l'examen direct et des observations embryogéiiiques qui contredisent formellement

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toutes ces suppositions, contradicloires elles-mêmes l'une par rajiport à l'autre, on sait d'un autre côLé que ce sont, soit les noyaux embryo-jilasti(jues libres, soit ceux qui a|i{)artiennent en propre aux corps fibro-plastiques, fiisirornies ou étoiles qui, sous les noms de noijaux du tissu cellulaire (Vircbow, etc.) et de cellules indifférentes (Fôrster), ont été considérés comme susce|)tib]es dépasser à un état spécifique dilféreut, à celui de leucocytes, en se multijiliant par scission proliflante. Mais nous avons déjà vu que rien dans les faits ne justifie cette hypothèse. Il en est à plus forte raison ainsi de l'hypothèse d'après laquelle les épitholiun;s, soit dans l'évolution normale des glandes chez le fœtus, soit dans le cas de produi;tion et de généralisation des tumeurs éjiithéliales, seraient considérés comme une provenance directe des noyaux dits du tissu conjonctif, se multipliant aussi par scission prolifiante, mais se métamorphosant en cellules épitliéliales, au lieu de passer à l'état de corps fibro-plastiques ou de leucoc^'tes.

Rien donc ne justifie en fait l'hypothèse d'après laquelle le tissu lamineux, par un seul de ses éléments anatomiques en particulier, désigné sous les noms de noyaux, de corpuscules et de cellules plasmatiques ou du tissu conjonctif, pourrait, selon les besoins fonctionnels des parties, ou selon certaines circonstance? accidentelles devenir générateur ici des ca\ités caractéristiques des cartilages ou des os (Virchovv, etc.), là des capillaires sanguins (Lfydig), aussi bien que des globules blancs de la lymphe et du sang ou leucocytes à l'état normal et de ceux du pus, durant l'inflamniation (Mis, Vircbow, etc.), en même temps que ceux-ci seraient susceptibles de se transformer dans les caillots artériels, soit en capillaires suivant quelques auteurs (Vircbow, Otto Weber, etc.), soit, au contraire, en corps on cellules fibro-plastiques fusiformes, d'après Billroth, pour conduire à l'organisation de ces caillots, tandis qu'ailleurs ils seraient le point de départ, soit de la formation des noyaux et des cellules d'épithélium, soit des corpuscules du tubercule. Cm. Robin.

BiBuoGKAPMiE. — Pour la bibliographie, voyez les auteurs cités aux paraeraphes consacres à ]a synonymie (p. 208 et 228) et ceux qui so»t cités dans le cours de cet art ck).

Uk^uvn. Voy. Lamier.

L.^MOi^iJiKSiE (Jean de). Il suffit d'un lion ouvrage pour recommander un homme à la postérité. Lamonière a bien prouvé la vérité de cette remarque. Ou ne lui connaît qu'un livre, mais ce livre a établi de suite sa réputation. Il porte ce titre :

Obftervatio fluxus dysenterici, Lugduni Gallorum populariter grassantis anno Domim 1625, et reincdiorum illi utilium ; in qun prœcipue circa dysenterice naturam et curationeiu dif/icultcdesab autharibitsvel oinissœ, vet Jjrcvius propositœ, dissolvuntur. Lugd., 162G, in-16; Amstelod., 1629, iu-12. llaUer, si bon juge en pareille matière, fait un grand éloge de cet ouvrage, qu'il honore d'une analyse soignée. [Bibl. de méd. prat., t. II, p. 543.)

Lamonière y étudie, en effet, avec un grand talent d'appréciation, cette épidémie dysentérique qui ravagea la ville de Lyon à la suite de l'été chaud et humide de l'année 1625 ; il fit à cette occasion un certain nombre d'ouvertures cadavériques si rares, si difficiles dans ce siècle, et il trouva le foie sphacélé, l'épiploon, le pylore et les intestins grêles entlammés, les gros intestins mortifiés jusqu'au rectum. Ce n'est pas chose commune que de voir au dix-septième siècle l'anatomie pathologique jouer 3on rôle dans les œuvres des médecins, et, nous le répétons, Lamonière tient une place honorable parmi les membres dévoués et intelligents do b profession. Il mourut, dit-on, eu 1671. A. G.

LA MOTTIÎ-LES-BALNS (eaux minérales de). 2D9

LAMORïER (Louis), anatoniiste et chirurgien, né à Montpellier en 1696, mort en 1777. François Méry devint son maître, et fit de lui ce qu'il a été, c'està-dire un homme instruit, laborieux, et qui a enrichi les Mémoires de l'Académie des sciences de Paris, et ceux de la Société rovale des sciences, de ti-avaux cstimailles. Nous citerons surtout :

Tn mémoire sur une Nouvelle manière d'opérer la fistule lacrymale. In Mrm. de l'Acad. dct se. année 1729, p. 421. Un autre mém. très-curieux sur les Causes qui emprclwnt le cheval de vomir . In Mém de l'Acad. des se., année I7."i">, p. 511. De Ratte a fait l'élojie de I.-moricr. On le trouvera dans les éloges des académiciens de Montpellier, recueillis ^ abrégés par Dcsgenettes, et publiés à Paris, en 1811. A. G.

IL.%MOTTE (Guillaume Mauquest de), chirurgien-accoucheur, né à Valognes (Manche), le 27 juin 16ô5, mort le 27 juin 1757. C'est dans sa ville natale qu'il exerça; c'est là qu'il s'acquit une grande réputation par son habileté dans l'art des accouchements et dans plusieurs parties de la chirurgie. Lamotlc, sans être ce qu'on appelle un homme instruit et savant, était doué d'une grande sagacité, d'une singulière aptitude pour l'observation; l'obstétrique lui doit beaucoup; on citera toujours avec éloge la description qu'il donne des signes de la grossesse normale, et l'on n'oubliera pas qu'il fut un accoucheur naturiste, attendant du secours plus de la nature que des opérations, et que durant sa longue pratique il n'eut recours que deux fois aux instruments tranchants ou au crochet. Voici les titres des trois ouvrages qu'on a de lui :

1. Dissertation sur la génération et sur la super fétation, et Réponse au livre intitulé : D>^ l'indécence aux hommes d'accoucher les femmes, et sur l'obligatioii aux mères de nourrir leurs Cii/anfs. Paris. 1718, in-S». — II. Traité des accouchements naturels, non naturels it contre nature. Paris, 1715, in4*. — III. Traité complet de chirurgie, contenant des observations et réflexions sur toutes les maladies chirurgicales et sur la manière de les trailcr. Paris, 1722, in-12, 3 vol.; Paris, 1732, in-12, 4 vol. A. G.

1,.% MOTTE-LES-BAIXS (Eaux MINÉRALES DF.) liyperthermales, chlorurées sadiques et sulfatées calciques moyennes, carboniques faibles, dans le département de l'Isère, dans l'arrondissement de Grenoble, est un village peuplé de 60 habitants sur la rive droite du Drac, dans une gorge étroite fermée par des montagnes à pic, à 475 mètres au-dessus du niveau de la mer. On s'y rend par Grenoble ; La Motte-les-Bains n'est distant que de 30 kilomètres de cette ville d'où partent plusieurs fois par jour des voitures publiques pendant la saison thermale. Le hameau de La Molte-les-Bains est abrité au nord parle Monteynard, au sud parle mont Sénèpe, à l'est parle mont Sagnereau; la vallée est ouverte au couchant, c'est sur le monticule isolé dont la base est dans le vallon qu'est bâti Fancien château où est aujourd'hui l'établissement thermal. Les baigneurs doivent être prévenus que le climat de La Mette exige qu'ils emportent pour le matin et le soir des vêtements épais et chauds, car la transition de température entre le commencement, le milieu et la fin de la journée est presque toujours très-sensible, quoiqu'il ne fasse pas dans le plateau de La Motte l'humidité si commune pendant les matinées et les soirées des stations minérales situées dans les montagnes. L vie de famille, les distractions intimes occupent la journée des malades privés de l'usage de leius jambes ; mais ceux qui sont valides trouvent aux environs de ce poste thermal des promenades intéressantes «t variées ; ceux qui ne craignent pas la fatigue des longues courses à pied ou à cheval peuvent faire de charmantes excursions dont les principales sont : Les griffons de la source thermale de La Motte ; Marcieii et son chcUcaii ; le mont Séuèpo ; la source llicniialc de Mayres [voy. ce niol.) ; le

300 LA MOTTE-LKS-UAl.MS (eau.v minérales de).

Rocher inaccessible; Le Moiiestier {voy. ce mot) et ses eaux carboniques; Montcynard, sa montagne et son village; la Fontaine ardente et son feu grisou; les mines d'anthracite et leurs galeries; Pierre-Percée, sa montagne et ses carrières; les chalets où se prépare le fromage de Saint-Christophe ; La Mure, petite ville dont l'animation et le commerce étonnent les jours de marché, dans un pays si tranquille ; Laffraie et ses beaux lacs; Uriage même {voy. ce mot) et Vizille, l'antique station militaire de la voie romaine de Suze à Vienne par la vallée d'Oysans et Saint- Jean-de-Bournay.

La vallée de La Motte, très-étroite et entourée de m.ontagnes de tous colés excepté d'un seul, est abritée des vents excepté de ceux qui soufflent de l'ouest. La moyenne baroméirique y est de 748 millimètres, la moyenne thermométrique des mois de la saison thermale qui commence le l" juin et finit le 1" octobre, est de 25" centigrade en général. Deux sources venant très-vraisemblablement d'une nappe commune émergent à 1,900 mètres de l'établissement par trois griffons principaux du calcaire àbélenuiites recouvrant le grès anthracifère dans un encaissement resserrée presque inabordale qui a toujours empcché de construire un établissement thermal au point de l'origine des sources. Force a été de tout temps de transporter l'eau, d'abord à dos de mulet à une petite maison de bains construite dans le hameau du Pérailler, puis à l'établissement actuel où vingt mules en apportaient environ 8,000 litres par jour dans des barils de bois où la température native de l'eau s'abaissait de plus de 20 centigrade. Cette façon d'apporter l'eau thermale de La Motte pour l'ahraentation des baignoires et des douches était trop défectueuse pour être longtemps conservée. La compagnie qui était devenue propriétaire des sources et du château, parvint en 18 U, avec de grandes dépenses à conduire l'eau des sources à la terrasse semi-lunaire de l'établissement de LaMotteles-Bains sous laquelle on avait disposé un réservoir pouvant contenir plus de 300,000 litres d'eau minérale. Une machine hydrauhque foulante, à colonne, dont la cascade voisine est le moteur, fonctionne jour et nuit pour fournir aux besoins des bains et des douches. La pompe élève l'eau thermale à 280 mètres de hauteur, là elle est reçue dans des tuyaux de terre dans lesquels elle coule jusqu'à un bassin étabh en face de l'aile nord-est de la maison de bains et à 10 mètres au-dessus du niveau du réservoir, d'où elle est distribuée à l'étabhssement. Mais comme le bassin et le réservoir de la terrasse sont séparés par le ravin où coule le Drac, on a été obligé de jeter un pont qui supporte un siphon de fonte renversé, au moyen duquel l'eau minérale arrive au terme de son voyage. Avant d'entreprendre tous ces travaux, on a eu un moment l'idée, assez malheureuse selon nous, de conduire l'eau de La Motte à Grenoble même où on aurait construit un établissement thermal.

Le premier griffon se nomme la source du Puits, les trois autres s'appellent la source de la Dame. L'eau de ces deux sources est claire, limpide et incolore, elle a une légère odeur de miel, son goût est salé et un peu amer ; sa réaction est alcaline ; l'eau semble à peine gazeuse ; sa température au griffon est de 58° centigrade à la source du Puits et de 60", 65° et 65° centigrade aux trois griffons de la source de la Dame. Lorsque toute celte eau a parcouru le long trajet que nous avons indiqué, elle ne fait monter le thermomètre qu'à 57° centigrade, de sorte qu'on est obligé de la chauffer artificiellement au moyen d'un serpentin à sept divisions, avant de l'envoyer aux douches. 1,000 grammes de l'eau des sources de La Motte-les-Bains analysés en 1844 par MM. Bally et 0. Henry, membres de l'Académie de médecine de Paris, ont donné les résultats suivants :

LA MOTTE-LKS-BAINS (eaux minérales de). 301

soLT.CE hd puits. soui'.ce de la dame.

Chlorure de sodium 3,80 3,S6

— magnésium 0,14 0,12

— potasiium 0,06 O.O.j

Sulfate de chau\ 1,63 1,40

— magnésie 0,12 0,10

— soude anhydre 0,77 0,67

Carboiiale de cliaux 0,80 ] „nt

— magnésie O.aO )

Bromure alcalin 0,0^2 traces.

Silicate d'alumine 0,02 0,05

Ciénale et carbonate de fer 0,02 i 0 01

Manganèse traces 1 '

Total des matièiiis fixes. . . 8,20 6,60

Les essais postérieurs de M. Chevallier, ont appris que les sédiments déposés sur les pierres des réservoirs, sur la roche qu'elle haigne, ou formés après sou évaporation, conlienneut de l'arsenic. Les analyses de MM. Paul Breton et Buissard, médecin inspecteur des sources de La Motte-les-Bains, leur ont fait constater la présence de l'iode et de 0s'',0u011 d'arsenic dans chaque litre d'eau minérale. Le débit de la source du Puits est de !>oO,OOU htres, celui de la source de la Dame est 70,UÛÛ litres pendant vhigt-qualre heures.

Les moyens balnéotliérapiques de l'établissement de La Motte se composent d'une buvette, de cabinets de bains, de cabinets de douches, d'un vaporarium et de bains de vapeur locaux par encaissement. Les salles de bains occupent l'étage sui)érieur de la galerie semi-lunaire de la terrasse; les cabincis de douches sont à 8 mètres au-dessous. Le vaporarium consiste on une grande salle garnie de gradins où l'on fait arriver la vapeur à la chaleur prescrite par le médecin. Cette pièce sert de salle d'aspiration lorsqu'on y fait arriver un jet d'eau thermale qui, lancé avec force au travers des trous d'un diaphragme, se brise contre des corps solides et foi me des vapeurs humides.

Mode D'ADMiMsiRATioiN LT DOSES. Lcs caux de La Motte sont employées en boisson, en bains et en douches d'eau de toute forme et de toute force, en bains et en douches de vapeur et en aspirations chaudes.

L'eau de La Motte malgré son odeur mielleuse, sa saveur à la fois salée et amère, n'est pourtant pas désagréable à boire. On la prend par verres de 225 grammes chacun et à la dose d'un à deux htres ingérés aussi chauds que possible, et à quinze ou vingt minutes d'intervalle, lorsque le médecin veut obtenir une action sudorifique. Cette eau devra être prise froide ou presque froide, et en quantité aussi considérable, s'il veut produire un effet diurétique. Lans le premier cas, le buveur doit rester au ht, dans le second, il doit faire une promenade à pied et au grand air. On commence ordinairement par trois ou quatre verres et on augmente progressivement la dose , suivant le résultat que l'on désire atteindre. Presque tous les malades l'ingèrent pure, quelques-uns y ajoutent du lait, une infusion aromatique, calmante, ou un sel neutre, comme le sulfate de soude ou de magnésie .

Les bahis de baignoires sont presque toujours administrés avec l'eau thermale pure, ce n'est qu'exceptionnellement qu'on les coupe d'eau ordinaire, de décoction de fleurs de tilleul, d'eau amidonnée ou gélatineuse. Leur durée est de quarante-cinq à soixante minutes en général, mais d est des circonstances ou ils doivent être prolongés pendant trois et quatre heures. La température de l'eau du bain est de 52" à 55" centigrade.

La grosseur de la colonne d'eau pour les douches générales se proportionne comme on le veut, depuis un diamètre de 2 centimètres jusqu'à celui de moins

302 LA MOTTE-LES-b.\liNS (eaux minérales de).

de 1 millimètre. L'eau tombe toujours de 5™, 50 ; mais au moyen d'ajutages convenables et de l'inclinaison plus ou moins forte du jet, on augmente ou on diminue le choc à volonté. La température de l'eau des douches est de 45" et quelquefois de 50" centigrade. Ce n'est que par exception que les douches alternativement chaudes et froides et en pluie, sont conseillées à La Motte; la douche chaude, très-chaude même, et en jet, est presque exclusivement suivie. Le douché est rarement couché ou placé sur un siège de bois, il est toujours ou debout ou assis dans une baignoire vide ; le doucheur dirige la colonne thermale sur les pieds et les jambes qu'il frictionne sous l'eau. Lorsque ces premières parties sont rouges, le jet arrive aux genoux et aux cuisses qui, à leur tour, sont massées sous la douche. Après ce premier temps, l'eau est un peu refroidie et alors on passe aux lombes, à la colonne vertébrale, aux épaules et aux bras. Cette double manœuvre dure de dix à douze minutes, après lesquelles la baignoire est pleine et la douche terminée. L'ajutage qui laisse arriver l'eau hyperthermale est fermé, l'eau de la baignoire doit faire monter alors le thermomètre à 38" centigrade. Le corps du douché doit plonger pendant trois ou quatre minutes dans ce bain, être promptement essuyé, entouré de hnges ou de laines chauds et porté dans un ht, où des boissons diaphorétiques et plus souvent un verre d'eau minérale l'attendent pour déterminer une abondante transpiration. Les douches locales doivent être données pendant quinze et souvent vingt minutes. Leur calibre et leur force varient en raison de la maladie. La partie du corps, qui doit recevoir l'eau, est le plus souvent exposée seule à la colonne liquide, par la solution de continuité d'un paravent qui permet d'appliquer la douche sur le point affecté.

Les bains et les douches de vapeur occupent une place importante dans le traitement hydrothermal de La Motte, car on les considère comme nécessaires à l'absorption par la peau de l'eau thermale prise en bams. Ils sont utiles aussi chez les malades qui doivent transpirer abondamment, afin d'obtenir une guérison p'ii; prompte. Le séjour dans la salle du vaporarium ne doit jamais dépasser vingt n;inutes. Les bains de vapeur pai- encaissement, dans lesquels la tète est à l'air libre, sont prescrits aux personnes dont on craint de trop congestionner le cerveau, les aiembranes qui l'entourent, ou le tissu du poumon Les bains et surtout les douches avec la vapeur des eaux de La Motte dont on a rétabh arlificiellement la température pnmitive, sont administrés toutes les fois que la douleur est locaUsée. Les douches de vapeur ont une chaleur telle qu'elles produisent presque toujours une rubéfaction suivie d'urtication très-sensible. Lorsque la salle du vaporarium est convertie en salle d'aspiration par la pulvérisation de l'eau hyperthermale, il ne faut pas en permettre une fréquentation trop longue, si l'on veut éviter des accidents de dyspnée parfaitement inutiles. La durée du séjour dans la vapeur et dans l'eau fragmentée ne doit pas dépasser cinq à dix minutes.

Emploi théhapeutique. Les effets physiologiques de l'eau de La Motte-les-Bains en boisson sont différents, nous l'avons déjà vu, suivant ia dose et l'a température auxquelles on les emploie. Ainsi, elles sont diaphorétiques ou diurétiques presqu'à la volonté du médecin. Les urines dans ce dernier cas contiennent une proportion beaucoup plus considérable qu'à l'ordinaire d'acide urique et d'urates. La purgatiou est un i^ésultat qui s'observe assez souvent encore, et les eaux de La Motte agissent comme beaucoup d'eaux chlorurées sodiques et magnésiennes ; mais elles produisent souvent la constipation, surtout au début de leur emploi. La proportion relativement peu considérable des chlorures explique plus aisément qu'ailleui s ce dernier phénomène ; car on se souvient de la propriété qu'ont les eaux

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chlorurées sodiques fortes de rendre moins facile l'exonération intestinale, lorscfu'elles sont prises à faibles doses. Les eaux de La Motte enfin ont une action tonique et reconstituante. Les malades pléthoriques qui en font usage à l'intérieur s'aperçoivent aussi vite que les chlorotiques et les anémiques de cette propriété l'ortifiante. Les premiers sont menacés d'accidents sanguins, tandis que les seconds voient tous les jours revenir leur énergie physique et morale,

La haute température de l'eau et de la vapeur dont on se sert pour les bains et les douches en explique presque complètement les effets physiologiques. Une rougeur de la peau qui devient plus chaude, une accélération notable des battements ■du cœur et des artères, et une transpiration profuse de tout le corps accompagnent et suivent habituellement l'usage externe de l'eau et de la vapeur. Cespliénomènes principaux n'ont rien qui étonnent ; un effet seul semble être spécial à ces eaux; il consiste dans I espèce d'intermittence périodique qui apparaît après le départ de quelques baigneurs et surtout de quelques douchés qui voient revenir, presqu'à la même heure et en même abondance, la sueur dont ils inondaient leur couche au château de La Motte. La chaleur élevée de la salle du vaporarium, surtout lorsque cette pièce est remplie d'eau pulvérisée, cause la difliculté de respirer, l'anhélation même de certains malades qui n'en peuvent longtemps supporter le séjom\ Il faut signaler au contraire le bien-itre éprouvé par plusieurs personnes qui semblent y respirer plus à l'aise qu'à l'aii' libie, et qu'on y envoyait au début avec une certaine appréhension.

L'action tonique et reconstituante des eaux de La Motte en boisson, tout en étant quelquefois purgatives, les rapproche des eaux chlorurées : leur action diurétique et surtout leur propriété d'augmenter l'acide urique contenu dans les urines, les fait ressembler aux eaux sulfatées et carbonatées calciques. Si ces deux effets physiologiques sont mis à profit dans la chlorose, l'anémie, la scrofule et la diathèse urique, l'usage interne de l'eau minérale n'en est pas moins regardé comme un accessoire de la cure à La Motte-les-Bains. L'emploi des bains et des douches d'eau et de vapeur constituent le vrai traitement ; il ne faut donc pas s'étonner de voir placer en première ligne le rhumatisme comme l'affection qui est, avant toutes, du ressort des eaux de cette station hyper thermale. Aussi, plus des trois quarts des malades de La Motte appartiennent-il aux rhumatisants avec des douleurs ou des contractures articulaires ou musculaires anciennes, viscérales, parcourant le trajet d'un gros tronc nerveux, ou locahsées dans l'enveloppe extéi^ieure ou dans une partie des membranes séreuses ou muqueuses, ou qui ont même une atropine locahsée. Les eaux hyperthermales de La Motte conviennent au traitement des accidents rhumatismaux, quelle que soit leur expression pathologique et leur apparente gravité; aux paralysies, aux paraplégies rhumatiques comme à la simple douleur d'une partie de la peau, d'un seul muscle ou d'une seule articulation; la durée du traitement thermal diffère seule alors, comme la raison l'indique. Les suites de grands traumatismes comme les conséquences des fractures, lies luxations et des entorses, sont très-utilement traitées par les bains et les douches avec l'eau hyperthermale de La Motte.

La seconde indication de ces eaux s'applique aux affections qui dérivent du tempérament lymphatique. Si, dans les accidents rhumatismaux et traumatiques, c'est à la méthode externe qu'il convient avant tout de recourir, c'est à la médication combinée, c'est-à-dire à l'eau en boisson et en bains d'eau surtout, qu'il faut recourir dans les engorgements ganglionnaires, les catarrhes des membranes muqueuses, les altérations des cartilages et des ligaments, les ostéites et les

Z'O^i LAMPAJUM.

périostites scrofuleuses, comme dans les tumeurs blanches, les coxalgies, le mal vertébral do Pott avec ou sans collections purulentes voisines ou éloignées, dans les caries et les nécroses des os, dans le rachitisme, etc. Certains médecins qui ont écrit sur l'efficacité de ces eaux, M. le docteur Bally à leur tête, les ont comparées à celles de Yichy dans les maladies de l'estomac, du foie et des reins, et ont dit que la boisson et les bains donnent à La Motte des résultats aussi marques qu'à Vichy. Les eaux chlorurées sodiques et sulfatées calciques moyennes de La Motte ont trop de valeur intrinsèque pour vouloir empiéter sur celles d'un autre ordre telles que les bicarbonatées sodiques fortes de Yichy. Nous ne nous arrêtons pas d'avantage à cette prétention justifiée quelquefois, puisque le groupe des eaux chlorurées sodiques n'est pas sans action favorable sur les états pathologiques de l'estomac, du foie et des reins, mais leur application dans ce cas ne peut faire une concurrence sérieuse aux eaux bicarbonatées sodiques.

Il nous reste à parler de l'action des eaux chlorurées de La Motte contre les paralysies récemment occasionnées par une aitaque d'apoplexie. Il se peut que, dans un petit nombre d'observations, l'usage intérieur et extérieur de ces eaux ait produit un bon effet. Nous partageons cependant les craintes de MM. Buissard et ûorgeval Dubouchet, inspecteur et inspecteur-adjoint de La Motte-les-Bains, aux travaux desquels nous avons eu plus d'une fois recours pour la rédaction de cet article. Ces confrères n'appliquent qu'en tremblant et avec une excessive réserve le traitement hyperthermal de leur station chez les malades qui leur sont adressés après une hémorrhagie cérébrale remontant seulement à quelques jours, et même à quelques mois.

Comme toutes les eaux d'une température naturellement élevée, les eaux de La Motte sont une bonne pierre de touche pour appeler à la peau les manifestations visibles d'une syphilide larvée, mais elles doivent à cet égard être rangées après les eaux hyperthermales sulfurées et sulfureuses.

La phthisie pulmonaire est non-seulement réfractaire à l'usage des eaux de L;i Motte, mais à toutes ses périodes leur emploi tant interne qu'externe est dangereux et conduit plus promptenient les malades à une issue fatale. Ces eaux sont contre-indiquées aussi dans tous les états pathologiques où l'on ne peut trop redouter l'action excitante des eaux thermo-minérales qui, comme celles de La Motte, peuvent déterminer des accidents mortels lorsqu'une lésion organique du centre circulatoire ou des artères a été préalablement constatée.

Durée de la cure, de quinze à trente jours. On fait souvent à La Motte-ks- Bainsdeux saisons dans la même année; il est bon dans ce cas de laisser deux mois d'intervalle entre chacune d'elles.

Onn experte pas les eaux de La Motte. A. Botukeau.

Bibliographie. — Taudix, Kicolas, Billon, Billehey, Gachet, (H.) Breton, Leroy, Svi.va'n, Eymaku. Notices médicales sur les eaux de La Motte-les-Bains — Bally (Victor). Analogie d'action des eaux de La Motte-les-Bains (Isèi'e) avec celles de Vichy. Paris, 1844. — Dougeval-Dlbol'chet (L.). Guide du baigneur aux eaux thermales de La Motte-les-Bains, Paris et Lyon, 1849, in-S", 251 pages et 2 planches. — Bl-issard. La Motte-les-Bains, lettres au réducteur de là Gazette médicale de Lijon. Lyon, 1851, in-S". — Du même. Eaux thermales el salines fortes de La Motte, études cliniques. Grenoble, 1854, in-8°. — Du même De la salle de respiration installée à La Motte-les-Bains en 1845. In Annales de la Société d'hydrologie médicale de Paris, tome VIII, 18111-1802, page 115. — Baron. tLtade sur quelques cas de paralysie observés et traités à La Motte-les-Bains. — Fol-uert. Bapport sur le travail précédent. In Annales de lu Société d'hydrologie médicale de Paris, tome IX, pages 242 et suiv. A. P..

LAMPAJLM, L.4MB*UJUM. Plantes de la famille des Zinzibéracées, dont les

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