LAMPOURDE
souches sont aromatiquos, excitantes. Mérat et Delens {Dict., IV, 34) regardent les Lampajum de Runipliius [IJerbar. amboin., \, cap. lO) comme voisins du Zerumbet on même comme idenliques avec lui. Ils servent de condiment à Amboinc; les L. mojiis et minus y sont employés contre les morsures des serpents. Guibourt {Drog. sinipl., éd. 4 II, 204) attribue au L. majus de VHerbarium amboinense (V, 148, t. 6i, f. 1) la production du Gimiembre sauvage ou Katon-lnschi- A'wa décrit par Rtieede dans son Hortus malabaricus. {Voy. Gingembre.)
H.Bn.
LAiMPiiOS. Plante du Deccan, sudorifique et dépurative. C'est probablement le Smilax China L. {Voy. Squune.J
liAMPATAlV. Voy. Salsepareille, Squinb.
LAMPES. Voy. Éclairage.
UkMPOlJWtnE {Xanthium T .) . Genre de plantes, du groupe des Ambrosiacées, leipiel est considéré, par les uns comme ime pi'tite famille distincte, et par les autres comme une simple tribu de la l'amille des Composées. Les fleurs sont diclines dans ce genre;, ordmairement monoïques. Les fleurs mâles, réunies en petits capitules, et placées chacune à l'aisselle d'une petite bractée, sont formées d'une coniUe gamopétale à cinq dents et d'un androcée de cinq étamincs monadelphes, à anthères biloculaires, introrses. Les fleurs femelles sont formées d'un ovaire uniloculaire, uniovulé, surmonté d'un style à deux branches sligmatifères. Un fruit sec, à une seule graine dressée et sans albumen, succède à cette fleur, et il y a de\ix fleurs ou deux fruits semblables rapprochés l'un de l'autre dans un sac commun chargé d'aiguillons crochus. Une cloison sépare l'une de l'autre les deux fleurs, et leur style sort par une ouverture supérieure de cette sorte de sac surajouté dont nous avons recherché la signitication à l'aide de l'étude organogénique [Adansonia, I, 117). Les Lampourdes sont des herbes annuelles des régions chaudes ettem[iérées, à feuilles alternes, in(i é^s, à fleurs disposées en épis de capitules, les supérieurs ordinairement mâles. Les espèces utiles sont les suivantes :
1. \j9.Lampourde auxécroueïles {X. strumarium L., Spec, 1400. — X. vulgare Lamk, FI. fr., Il, 56), encore appelée Lambourde, Gletteron ou Glaiteron, Grappeles, Petit Gratteron, Petite Bardane {Herba Lappœ minoris Otï.), est une plante commune dans presque toute l'Europe, sur les décombres, le bord des routes, des cours d'eau. Sa tige, haute d'un à deux pieds, est chargée de feuilles longuement pétiolées, d'un vert cendré, à limbe en cœur, pédatinervé. Les grappes de capitules sont axillaires et terminales. Le sac qui enveloppe les fi uit> est ovoïde, atténué à la base, terminé par deux becs non crochus au sommet, tandis que les nombreux aiguillons qui recouvrent ce sac sont grêles et crochus en haut. Toute la plante est légèrement aromatique. On la considérait autrefois comme antiscrofuleuse et antiscorbutique. Ses leuilles, araères, étaient employées comme astringentes, toniques (suc de feuilles, 100 à 150 grammes; ou extrait, 4 à 8 grammes). Ou le prescrivait fréquemment dans la gravelle, dans les maladies de la peau, entre autres la gale. Elles renferment un principe colorant jaune qu'on emploie quelquelois dans les arts et qui servait aux anciens à teindre leur chevelure en blond. De là son nom, suivant Dioscoride (lib. IV, cap. 153). Ses Antite-
DICT. ESC. 2« s. I. 20
gQg LAMPROIE.
sion étaient, croit-on, des Lampourdes.Théophraste les nommait Aparine. (Foy.
ce mot.)
2 Les X. echinatum Mdrr. et macrocarpum DC, espèces qui croissent en Europe et en Améiique, ont les mêmes vertus que le X. stnimarium.
3. LeX catharhcumll.B. K. (Nov. gen. et spec. pi. xquin,\l, 127), commun aux environs de Quito, sert au Pérou de plante purgative, sons le nom de Cazema roncha. "• ^'"'•
ToiiRNEFORT, Itist. Tci hevb., 438, t. 252. — L., Géra., n. 1056. — Cass., in Dict. se nat., XXV 195 — DC, Prodr., V, 522. — Labik., Illustr., t. 665, fig. 1, 2.— G^ertn-., Fruct.^ II, 418, t. 164. — MÉh. et Del., Dict., VI, V09.— Huch., Répert., 143.— Endl , Gen., n. 2480. — PaïÉr Fam. nat., 30. — Bailon (H.) , Orgauog. flor. des Xanthium, in Adansonia, I, in. Gren. et GoDR., FI. de Fr., Il, 393. — Uosenth., Synops. 1)1. diaphor., 213.
LAMPROIE. Genre de Poissons de l'ordre des Cyclostomes et de la famille des Pétroniyzonidés, à chair comestible, et qui se trouvent dans les eaux douces. Ces animaux ont le corps allongé, cylindrique, rappelant la forme des serpents avec la bouche circulaire, sans mâchoires, propre à la succion, munie de dents qui ont une enveloppe cornée. Le squelette est cartilagineux, les naf^eoires pectorales et ventrales manquent; un seul orifice nasal; branchies en forme de bourse, sans opercule, au nombre de sept de chaque côté, communiquant avec l'air extérieur par des trous arrondis, situés à la file les uns des autres, derrière la tête. Piiut de vessie natatoire.
Les Lamproies éprouvent des métamorphoses ; le fait est certain pour une petite espèce : la Lamproie de Fbner Pelrom7jzon Planeri Bloch). La larve de cette espèce est l'Ammocète Laniprillon ou Lamproyon, ahisi que l'a démontré Au'Tuste MûUer en 1856. Il est probable que les Lamproies marines et fluviatiles présentent des changements analogues avant d'arriver à l'état adulte.
Les trois espèces de lamproies qu'on trouve dans les eaux douces de la France,, sont la Lamproie marine [Petromyzon marinus L.), longue d'un mètre, à peau unie, visqueuse, d'une teinte olivâtre ou brune en dessus, formée par des taches irré"ulières ; d'un blanc grisâtre ou jaunâtre en dessous. Elle remonte dans la plupart des grandes rivières de l'Europe au printemps. Elle se nourrit de vers, d'insectes, de mollusques, et même de gros poissons auxquels elle s'attache par son redoutable suçoir. Les grandes Lamproies marines sont pêchées non-seulement dans les fleuves et les rivières, mais dans les canaux, où elles sont quelquefois fixées aux barrages par leur bouche; il est à peu près certain qu'elles ne frayent pas dans les fleuves.
La Lamproie fluviatile [Petromyzon fluviatilis L.) n'est pas d'une manière permanente dans les eaux douces, et sa taille ne dépasse guère 30 à 40 centimètres. Elle est olivâtre en dess s, jaunâtre sur les côtés, d'un blanc argenté en dessous; la bouche n'a qu'une seule rangée circulaire de dents, au lieu d'être pourvue, sur toute sa surface, de très-fortes dents, comme la bouche de la Lamproie marine. (Blancha d. Poissons des eaux douces de la France p. 512 à 515, et fig. 137, 18(56.)
La Lamproie de Planer ( Petromyzon Planeri Bl och ) porte les noms vulgaires de petite Lamproie de ri\ière, de Sucet, de Chatouille ou Sat ouille. Elle ne quitte jamais les eaux douces, sa taille est de 20 à 25 centinièlres, la bouche a une seule rangée de dents obtuses et non aiguës comme dans la Lamproie fluviatile ; elle se tient dans les ruisseaux peu profonds, et fraye pendant les mois de mars et d'avril.
LAMURE. 507
On mange surtout les Lamproies marines et fluviatiles, et leur chair est assez estimée dans le midi de la France, beaucoup moins dans le Nord. {Voyez Poissons.)
Jaidrja dit que les métamorphoses de la Lamproie de Planer ont été suivies, et que lAmmocète branchiale {Ammoccetes branchialis) de beaucoup d'auteurs, est le premier état de cette Lamproie; ces larves mettent deux et peut-être trois ans à acquérir leur développement complet. A. Laboulbène.
I^PSAIVE {Lampsana Ykill. — Lapsana T.). Genre de plan'es, de la famille des Composées, tribu des Chicoracées. Les fleurs sont réunies en capitules a réceptacle plan ou légèrement concave au sommet, et à involiicre lornié d'un petit nombre debraetées al ongées, disposées sur une seule rangée et accompagnées en dehors de quelques bractées beaucoup plus courtes et inégales entre elles. La surface du réceptacle est nue, et ne porte qu'un nombre considérable de fleurs toutes pareilles entre elles, toutes hermaphrodites, à corolle ligulée, quinquédentée, à longues étamines syngénèses, à style partagé supérieurement en deux branches grêles, égales, réfléchies ou révolutées. Il n'y a point de calice. Par suite, les fruits sont sans aigrette, allongés, finement striés suivant la longueur, monospermes. A la maturité, ils sont étroitement renfermés dans une sorte de sac formé par les folioles dressées et rapprochées de l'involucre. Les Lampsanes sont des herbes annuelles, glabres, communes en Europe. Leurs feuilles sont alternes, l^rées à la base de la tige, simplement dentées ou presque entières au voisinage des inflorescences. Cefles-ci sont des cymes de capitules, terminales et axnlaires.
La L. commune (L. communis L., Spec., 1 14i) est Y Herbe aux mamelles de nos campagnes. On l'appelle encore Poule grasse. Saune, Gras de mouton, Gragehne. C est une mauvaise herbe qui croit communément dans les bois, les lieux cultivés, les bords des fossés humides et sombres. Sa tige, haute d'un à deux pieus, porte des feuilles lyrées, puis ovales, lancéolées au voisinage des fleurs. Celles-ci ont une corolle jaune, et les cymes de capitules qu'elles forment sont groupées en une large panicule lâche et dressée. Les feuilles sont comestibles et se vendent en Orient sur les marchés, comme celles des Laitues. Phne {Hist. nat., hv. 20, chap. ix) cite cette plante comme laxative. Son nom viendrait de >a7rico (je purge). EUe est émolliente; elle sert à préparer des cataplasmes qu'on appli|ue dans les cas divers de phlegmasies externes, notamment sur les mamelles, pendant la période d'engorgement inflammatoire qui suit l'accouchement et qui reparaît quelquefois chez les nourrices. Elle passe pour guérir également les excoriations du mamelon. H. Bn
VAiLL.,inicf. icaJ. par. (1721), 180. — TouRN., /«.sf, re£ Aerè., 272 — L Gm 919 — Juss., Gen., 168. — Cass., in Dict te. nat., XXV, 209. — Mér. et Del., Dict., IV, 42 - Duch Rép., 125. — Endl., Gen., n. 2967. — Gren. et Godr., FI. de France, II, 29l'. - Ro=entu"' Syn. pi. diaph., 5U5. .
liiLniJRE (François Bourguigjnon de Bussière de), médecin de l'école de Montpellier, né au fort Saint-Pierre de la Martinique, le 11 juin 1717, mort le 18 mars 1787, à Montpellier, où il avait été professeur. Ce fut un homme d'un vrai talent, né pour l'enseignement, d'une éloquence entraînante et élégante; on lui doit des expériences physiologiques d'un liaut intérêt, parmi lesquelles il faut citer en première ligne celles qu'il a entreprises sur l'action des glandes sali-
30g LANCETTE.
vaires, et sur les mouvements de l'encéphale dans l'homme et dans les animaux. On connaît de lui les ouvrages suivants :
I Tkeoria inflammationis. Montp., 174"., in-8°. —II. Dissertatio de vero mechanism. sccrcliunum in corpore humano . Montp, 174"., in-4''.— III. Questiones medicœ XII. Montp., 1749 in-8°. — iV, Examen animadversionum in jjarergan de anevrijxmate. Montp , 1749, in-i' — V. Conftpectus p/ujsiolofjicus. Montp., 1751, in-4- . — YI. Dissertatio de respiratione. Montp., 1752, in-4°. — VII. Positiones ex phijsiologia. Montp., 1761, in-8°. — yill. Primœ lincœ jjathologicœ. Uonlf., il&&, in-8°. A. C.
LAMZWEKDE (Jean-Baptiste), natif de Cologne, professeur dans l'université de cette ville à la fin du dix-septième siècle, s'est particulièrement fait connaître en éditant V Armetttarium chirurgicum de Jean Scultet (Amstel., 1672 in-8°), et en publiant les deux ouvrages suivants :
I Respirationis Swammerdaminianœ exspiratio; una cum anatomia Neologices Johannix de Raei, pkHosoplùœ professons, primari Quitus adjecta est utriusquc p/ulusophiœ clavis et mirabilis de carbonum, arenarum, et lapillorum excretione pcr alvum et vesicam, urinœque vomitu historia. Amstelod., 1674, in-8<>. — II. Historia naturalis molarum uteri, in qua de natura seminis ejmque circulari in sanguinem regressu, accurattus disquintur. Lugd. Batav., 1680, in-8°, planches. A. C.
LAIXCETTE. Instrument de chirurgie qui se compose d'une petite lame allonf^ée en forme de lance et d'un manche ou châsse. On emploie la lancette principalement pour inciser la veine dans l'opération de la saignée, accessoirement pour scarifier les téguments, pour faire des mouchetures, pour pratiquer une inoculation, pour ouvrir de petits abcès et des kystes superficiels, pour faire une ponction exploratrice dans certaines tumeurs dont la nature est douteuse.
Voici les qualités que doit posséder une bonne lancette. La lame est en acier fondu; elle est aplatie, rectangulaire, et se termine à son extrémité libre par une pointe ogivale. Son épaisseur, qui atteint à peine 1 millimètre au talon, va en diminuant progressivement jusqu'à la pointe. Une arête saillante renforce le milieu de chacune des deux faces de la lame, et s'effile en mourant vers la pointe. Les bords de la lame, d'abord mousses, deviennent tranchants au voisinage de son extrémité libre, et en s'inclinant l'un vers l'autre forment une pointe acérée. Avec ces dispositions, l'instrument peut pénétrer dans les tissus en piquant et en coupant sans causer de délabrement et sans occasionner une douleur bien notable.
Le manche est formé par deux plaques d'écaillé ou de toute autre matière analogue. Elles sont un peu plus longues que la lame, et fixées par un clou de chaque côté de son talon. La lame et les deux plaques de la châsse sont mobiles autour de ce clou comme autour d'un axe commun, en sorte qu'elles peuvent être à volonté réunies ou séparées : réunies, l'instrument est fermé, et la lame eist protégée par les plaques de la châsse ; séparées, la lame est à nu et peut être inclinée sur le manche à un degré déterminé.
Les lancettes présentent des variétés nombreuses qui s'écartent plus ou moins du type que nous venons de décrire. — Au point de vue de la longueur de la lame, on distingue les lancettes ordinaires (destinées à la saignée), qui ont une lame d'environ 4 centimètres, et les lancettes à abcès, dont la lame, plus forte, mesure de 5 à 7 centimètres de longueur. — D'après la forme de la pointe, on appelle lancette à grain d'orge celle qui a une lame large et une pointe en ogive surbaissée; lancette à grain d'avoine, celle qui a une lame plus étroite que la précédente et une pointe en ogive aiguë; lancette à lariQue de serpent, celle qui aune
LANCETTE
lame très-étroite et une pointe triangulaire très-aiguë; une variété de lancette a langue de serpent a une petite lame en fer de lance portée jtar une lige étroite avec une rainure sur une de ses faces, c'est la lancette qui sert à vacciner. (Voy. le mot Vaccination , oii se trouvera la description d'autres instruments propres à vacciner.) 11 y a des lancettes dont les bords près de la pointe sont légèrement courbés, et qui servent surtout à ouvrir les abcès. — Dans le but de rendre 1 operation de la saignée plus sure chez les personnes indociles, Malgaigne a faii faire une lancette à grain d'orge, qui n'est tranchante que sur un seul de ses bords, et Colombat a fait placer autour de la lame ordinaire un étui métallique qui ne laisse à nu qu'une étendue, déterminée d'avance, de la pointe de l'instrument. — Certains instruments, que l'on doit rapprocher des lancettes, en diflèrent, cependant, en ce que la lame n'est pas portée par une châsse mobile, mais est fixée sur une pièce mét^Uique. Un ressort est quelquefois adapté à ces lames et fait mouvoir tout le système. Parmi ces instruments, nous citerons d'abord ceux qui ont été inventés par A. Paré. « 11 y a des malades, écrit cet auteur {OEuvres complètes, édit. de Malgaigne, 1840; t. 1, p. 7.55), ([ui craignent tant l'ouverture, qu'ils s'esvanouissent seulcmeut voyans la lancette, de la crainte de douleur, avant que l'iucision soit faite... Parquoy faut que le chirurgien fasse l'ouverture avant que le malade aye loisir d'y penser, en l'abusant, comme faisant una fomentation ou autre chose à la dérobée, ayant une pointe de lancette laquelle sera attachée au milieu d'un gotton ou autre pièce d'argent, laquelle sera mise sur une emplastre ou cataplasme; et la pointe d'icclle si couverte d'onguent ou du cataplasme, que le malade ni les assistants ne la pourront apercevoir : et étant ainsi accommodée, sera appliquée sur l'endroit où l'on doit faire l'opération : et lors le chirurgien subit pressera en l'endroit diidit getton ou pièce, tant et si peu que ladite pointe soit entrée en l'apostème... Autre moyen de tromper le malade, c'est que le chirurgien aura au doigt index un anneau, auquel sera insérée une petite lancette, propre à faire ouverture à l'apostème : ou avec un pistolet comme tu vois par ces figures. » Ce pistolet se compose dune canule qui contient dans sa cavité mi ressort en boudin, lequel fait sortir une lame pointue quand on presse la drtente. Les vétérinaires emploient pour saigner les chevaux un instrument qu'ils appellent flamme; c'est une lame triangulaire dont la base est fixée à angle droit sur nue tige de fer, comme le corps d'un marteau sur son manche. Pour faire agir cet instrument, on applique la pointe de la flamme sur la veine à ouvrir, puis tenant solidement le mamhe, on imprime un choc brusque sur la base de la lame. La flamme forme la partie essentie.le d'un phlébolome fort usité par les médecins allemands • dans ce phkbolome, la tige de la flamme est renfermée dans une boîte en laiton à côté d'un ressort qui peut lui imprimer un mouvement brusque ; la lame fait seule saillie à une des extrémités de la boite. Pour pratiquer la saignée, il suffit de placer la pointe sur la veine à ouvrir, puis de lâcher le ressort : la lame part, et en décrivant un petit arc de cercle fait une incision plus ou moins étendue. Ce phlébotome, dont on ne peut mesuver l'action, n'a pas été adopté dans la pratique en France. 11 est désigne sous le mm de flammette on petite flamme, i. Walbaum (Disputatio medico-chirurgica de venœ sectione, Gœtting., 50 sept. 1749 ; dans les thèses chirurgicales choisies de Haller, tome V, page 477) a donné la description et les figures de plusieurs phlébotomes analogues ; mais ces instruments ne doivent pas nous arrêter, car ils sont tous tombés dans l'oubli.
La lancette employée par une main exercée sera toujours très-préférable à tous
LANCETTE
les instruments qui agissent par surprise et dont l'action est aveugle. En effet, on peut enfoncer la lame d'une lancette à une profondeur proportionnée à celle delà veine, on peut l'incliner dans tel ou tel sens afin d'éviter un organe dont la position est connue ; au contraire, les lames mues par un ressort percent toujours à une profondeur invariable, et peuvent ou ne pas atteindre la veine ou inciser au delà de la veine et blesser les artères ou les nerfs collatéraux.
Avant de se servir d'une lancette on doit toujours s'assurer qu'elle est parfaitement aflilre, en l'essayant i lusieurs fois sur le canepin. Si la pointe est émoussée elle coup ra avec peine les téguments, et, le plus souvent, parviendra jusqu'aux parois de la veme sans les ouvrir.
Les Lincettes sont habituellement renfermées dans un étui qui porte le nom de lancellier. Il contient généralement six lancettes de formes variées.
Le maniement de la lancette sera étudié à propos du manuel opératoire de la saignée. ( Voy. le mot Saignée). C'est aussi dans cet article que l'api.réciation des avantages et des inconvénients des diverses formes de cet instrument trouvera sa place natuielle.
Les ouvrages hippocratiques traitent de la saignée dans les diverses parties du corps, mais ne font pas connaître l'instrument qui servait à la pratiquer. Cet instrument était-il semblable à notre lancette? Les commentateurs d'Hippocrate et des médecins qui l'ont suivi ne nous apprennent rien à cet égard. Dans les livres de Celse, de Galien, d'Oribase, d'^tius,de(:œliusAureliaiius, de Paul d'Égine, d'Albucasis, etc.] l'expression lancette, appliquée à une lame propre à inciser les veines, ne se rencontre nulle part. On en a conclu que les médecins de l'antiquité ne connaissaient pas la lancette. Mais ne pouvaient-ils pas posséder l'instrument dans sa forme essentielle sans employer le mot qui nous sert à le désigner aujourd'hui? Cette idée frappe l'esprit quand on examine les instruments de chirurgie trouvés dans les fouilles d'Herculanum et de Pompéi, où ils sont enfouis depuis l'année 79 de l'ère chrétienne. Sous le nom àmstruments pour pratiquer la saignée, Pierre Savenko domie les ligures de deux instruments dont la lame est en bronze. Ils sont de grandeur inégale : le plus petit (^gr. 1) a environ 7 centimètres Fig. 1. Instrument '^^^°"S"^"'' ^t le plus grand 8 cenlimètres. « La lame a une saiUie repré=,nté da, s ^"' ^^ë^^ sur toute la longueur de chaque côté, et représente assez ,. ^.^.■..... .„ bien un fer de lance dont la plus grande largeur est au milieu.
L'extrémité opposée à la poinle offre une partie presque cubique, d'où naît un prolongement qui s'introduit dans le manche. Une rouille verdàtre couvre les deux instruments. » (iNote sur la chirurgie dans les premiers âges, et sur quelques instruments propres à cet art, dans h Revue médicale historique et philosophique, 1821, tome VI, p. 427, fig. 4 et 12.) Ces sortes de lancettes furent trouvées en 1819. Depuis cette époque, on a découvert d'autres instruments analogues. Presque tous ont une lame en bronze quelques-uns en fer, un seul l'a en argent. Ce dernier {fig. 2), d'une conservation admirable, a été dessiné dans l'ouvrage de B. Vulpes. {lllustrazioni de tutti qll strtimentl chirurgici scavati in Ercolano e in Pompei et che or a corner vanzi nel Reale museo Borbonico, actuellement AJuseo Reale, tapies, m-4«, 1847: p. 61 pL vï, fig. -1.) I.a lame a la forme d'un triangle isocèle à sommet très-aigu ; elle est fixée sur un manche de bronze, artistement ciselé. La longueur totaleVl'in-
le mrmoirL' de
Pierre Savenko,
fig. 4 (yiaiideur
naturelle).
LANCETTE
«trument est d'environ 12 centimètres. A côté de lui on a découvert une petite cupule munie d'un manchequi est en bronze, et dont l'ornementation est analogue à celle du manche qui porte la lame tranchante. Vulpes a pensé que ces deux instruments devaient servir dans la saignée : l'un pour ouvrir la veine, l'autre pour recueillir quelques gouttes de sang destiné à être examiné. 11 est donc bien certain que les anciens avaient des uistruments fort analogues à notre lancette, et si les lames de ces instruments n'étaient pas fixées d'une manière immobile sur les manches, l'analogie serait encore plus complète. Ces instruments leur servaient à faire de petites incisions et probablement aussi l'incision des veines ; pour les grandes incisions, ils avaient de grandes et fortes lames dont on a retrouvé plusieurs spécimens. {Voy. l'article Bistouri.)
Cherchons maintenant quel nom portaient ces sortes de couteaux que nous croyons être les lancettes de l'antiquité, (latte recherche est difficile, car les auteurs anciens n'ont pas laissé, à propos des instruments qu'ils citent, des figures ni des descriptions que nous puissions comparer avec les objets retrouvés à l'ompéi. Celse, dans le deuxième livre de la médecine, au chapitre xi, appelle scalpellus l'instrument avec lequel on doit retirer le sang. Or, la lancette pompéienne a une forme propre à inciser la veine, et ne semble être autre chose que le scalpellus dont parle Celse. — Gahen fait mention d'une lame à deux tranchants qui avait la forme d'une feuille de myrte, comme les instruments trouvés en 1819 et décrits par Savenko. En outre, il désigne sous le nom de y^sSoTo^ov un instrument tranchant qu'Hippocrale recommande pour opérer l'empyème, mais qui était aussi employé pour saigner et pour l'aire 'toutes sortes de petites incisions par ponction. 11 est même probable que plus tard le phlébotome servit surtout à la saignée, car c'est de là que vient l'expression de pldebotomare, employée par tous les auteurs latins des premiers siècles de notre ère, pour exprimer l'action de saigner. Or, le phLbotoiue, comme le couteau myrtiforme, devait avoir les bords tranchants et la pointe acérée pour traverser les téguments et pénétrer dans la cavité des veines, toutes conditions qui se trouvent remplies par les instruments de Pompéi. — D'après Freina (Histoire delà médecine, traduite de l'anglais, Paris, 1728, p. 198), le mot /anceo/a employé pour désigner un instrument de chirurgie, ne parait pas remonter au delà de 1220. Guillaume de Bretagne, qui a écrit l'histoire de Phihppe Auguste, dont il était l'aumônier, nous parle pour la première fois de la lanceola et la distingue fort clairement d'un phlébotome sur lequel on frapj ait pour ouvrir la veine : Lanceola dicitur subtile ferrum acutum, cum quo minutores aliqui pungendo venam aperiunt in miniitione, aliqui cum phlebotomo venam percutiunt, unde et phlebotomia dicitur minutio. Dans les ouvrages de Guillaume de Salicet (1275), de Laiitranc (1296) et de Guy de Chauhac (1363), le mot lancetla est l'expression usuelle pour désigner non-seulement l'instrument de la saignée, mais encore le bistouri. — A Ibucasis possédait trois espèces d'in.struments pour faire la saignée : un scalpellus en forme de feuille de myrte (H* de feuille d'oUvier, laquelle a une extrémité plus aiguë, c'est la véritable laifuîtte
Fig. 2. Instrument
reprébenté par
Vulpes, pi. VI,
fig. i, (grandeur
naturelle).
512 LANCISI.
avec ses variétés de lame {voy. la fig. de la page 245 de la cjiirurgie d'Albucasis, édition de Channiiig) ; un alnessilphlebotomus, scalpellus oucultellaris qui n'était probablement pas une lancette, conin.e le croyait Guy de CliauHac, mais une sorte de rasoir ou un instrument en forme d'iiameçon {loc. ci<., p. H5) ; et une flamme tout à fait semblable à la nôtre, et (pii incise en frappant sur la lame, c'est sans doute le pblébotome dont veut parler Guillaume de Bretagne. Dans le chapitre /)e phlebotomia, Guy de Chauliac dit : « Haly abbas (qui vivait vers 980) affirme que le saigneur doit ctre jeune, habile, clairvoyant et accoutumé à saigner, et qu'il soit muni de bonnes lancettes à diverses pointes. » Depuis le treizième siècle, le mot lancette passa délinitivement dans le langage chirurgical.
La lancette de l'antiquité et du moyen âge dilférait de la lancette moderne surtout en ce que la lame était adaptée d'une manière fixe à l'extrémité du manche. C'est dans ces ouvrages du seizième siècle que l'on (rouve, pour la première fois des figures de lancettes avec lame mobile sur la châsse et pouvant se fermer entre ses deux plaques. A l'exception de quelques ornements de la châsse, ces lancettes ressemblent tout à fait à celles dont nous nous servons aujourd'hui.
On peut conclure de cette rapide revue historique que le mot lancette a pris cours dans le moyen âge, pour désigner un instrument bien anciennement connu sous les noms de scalpellus, àe phlehotomm , de scalpellus ou gladiolus myrtacœus, et qui s'est conservé depuis l'antiquité jusqu'à nos jours avec des variations presque insignifiantes de forme.
On a trouvé dans les fouilles de Pompéi une flamme semblable à celle de nos vétérinaires. {Voy. B. Vulpes, loc. cit., p. 67, pi. vi, fig. 6.) Albucasisen donne au^si une ligure. Il est probable qu'anciennement la flamme servait pour pratiquer la saignée chez l'homme aussi bien que chez les animaux. Polaillon.
LAKCISI (Jean-Mabie). L'un des plus grands anatomistes et médecins de la fin du dix-septième siècle, ami de Malpigbi, de Tozzi, de Galliani, correspondant de Bellini, Guglielmini, Fagon, Vallisnieri, CiriUo, Fantoni, Schenk, Boerhaave, Manget, Morgagni, Cockburn, Heister, Lentilius, Cipriani, Locker, Georgi' Gekel, etc.; médecin ordinaire du grand hôpital de S. Spirito in Sassia, à Rome (1675); chanoine de l'église collégiale de Kotre-Dame de Loretta (1678); professeur d'anatomie à la Sapience (1684); cbanoine du chapitre de Saint-Laurent (1689) ; médecin de trois papes, Innocent XI, Innocent XII et Clément XI. Ce grand homme naquit à Rome le 26 octobre 1654, et mourut le 21 janvier 1720, laissant à l'hôpital du Saint-Esprit sa riche bibliothèque, dont l'inauguration fut faite en présence de Clément XI, entouré de sa cour, ainsi qu'un beau cabinet de physique, le tout appuyé de sommes importantes destinées à entretenir' et à augmenter annuellement la donation. L'on peut voir par la liste des ouvrages publiés par Lancisi, la variété de ses connaissances et son aptitude singulière à embrasser toute espèce de sujet, scrutant ici les rouages de la vie, là donnant de salutaires conseils à ses concitoyens frappés par l'épidémie, aujourd'hui étudiant une épizootie qui désolait les fermes, demain instituant tout un programme pour les élèves en médecine; une autre fois favorisantde tout son pouvoir la publication, par Bernard Genga, d'un atlas d'anatomie destiné aux artistes. Tout le temps que Lancisi ne donnait point à l'accomplissement des devoirs que lui imposaient ses charges et la confiance du public, appartenait à l'étude, et il put ainsi, aidé par ïtiie excellente santé, mettre au jour les ouvrages suivants :
t. Lucubratio de virgine Calliensl, mirahili vexala symptomate, habita in congressu me-
LANDECK (eaux minérales de"). 315
(fico-romano in cedibm Hieronymi Braaavolœ. Roma, 1682, in 4°. — II. Joan-Mai-'u» Lancisi, corporis humani anatomica synopsis, prolusio habita in ahno romano Sapientim hjceo, ciim primum demandatum ab Innocenlio XI P. M. anatomiœ calhedram susciperet VIII idibus novembris M DC LXXXIV. Romœ, 168Î, in-4». — III. Del modo di filosofar nelV arte medica. In Galleriadi Minerva. Venise, 1691, in -fol,, t. IV. —IV. De subitaneis mortibus l ib ri duo. T{ome, 1707, in- i\ — V. Difserlatio de votivis deque adventitiis Ro- )mni cœli qualitalibus, cui accedit historia cpidemiœ rheumaticœ quœ per hiemem anni rmvaqata est. Romae, 1711, in-4». — y\. Analomia corporis humani ad usum tkeatri accomudata Turin, 1711, in-4». —VII. Leltera al padre Antonio Borromeo intorno ail' epidemia dei buor. Naples, 1712, in-8-. — VIII. Raggionamento intorno alV epidemia det cavalli. Naples. 1712, in-S". — IX. De physiognonwnia et sede animœ cogitantis. Venet., 1715. in-4°.— X. Tabulas anatomicœ clarissimi viri Bartholomœi Eustachii, quasetenebris tandem vindicatas, et S. S. Domini démentis XI P. M. muniftccutia dono acceptas, prœfatione notisque illustrnvit, ac ipso suœ bibliothecœ dcdicatioiiis die publici juris fecit, Joanne-Maria Lancisius. Roma^, 1714, in-lol. — XI. De Pliuianœ villœ rudcribus. Rom.i 1714, in-fol. — XII. Disserlatio historica de bovilla peste ex Campaniœ finibus anno 1713 IMio importata deque prœsidiis ad avertandam aeris labem et annonce caritalem a Pontiftce Maxime adhibitis. Accedit consilium de equorum epidemia. Rom., 1715, in-4'',
— XIII. Disserlatio de recta medicorum stttdiorum ratione instituenda. Rom., 1713, in-4».
— XIV. De no.xiis paludum effluviis, eorumque remedi'is, libri duo. Rome, 1717, in-8°.
XV. Mic/taelis Mercati metacotheca Vnlicana, opus posthumum autorilate et muni/iccntia démentis XI. P. M. e tenebrh in lucum eductum, opéra et studio J Mariœ Lancisi Rom., 1718, in-f". — XVI. Disserlatio epistolarvi de natura et prœsagio Dioscurorum nantis in tempestate occurentium. Rom., 1720, in-8°. — XVII. De motu cordis et anevrismatibus, opus posthumum. Rom., 1728, in-fol. Les œuvres complètes de Lancisi ont été publiées • Genev., 1718, 2 vol. in-4*; Venet., 1739, in-fol. A, C.
LAIVDECK (Eaox minérales, boues et cure de petit-lait de), protothermales ou hypothermales , amétallites, sulfureuses faibles, est une petite ville de 1500 habitants, située à 566 mètres au-dessus du niveau de la mer, dans la Sdésie prussienne, dans le cercle de Breslau, sur le cours de la Biela, à 15 kilomètres de Glatz, chef-lieu du comté, sur les confins de la Bohème et au pied du Dreiecker. (On s'y rend de Paris par Dresde, Gôrhz, Kohifurt, Liegniz , Frankenstein et Glatz, d'où une voiture publique part plusieurs fois par jour et conduit à Landeck en trois heures.) Landeck est entouré de montagnes assez élevées, aussi l'air y est-il pur et le climat assez frais au commencement et à la fin des journées de la saison thermale, qui s'ouvre le 15 mai et se termine le 15 octobre. Les ascensions et les excursions les plus intéressantes sont le Karpenstein, le Capellenberg, le Waldtempel, le Kreuzberg, le Dreiecker et l'Uberscharberg ; ceux qui ne peuvent sortir jouissent de la vue de la chaîne du Schneeberg toujours couverte d'une teinte azurée.
Six sources émergent à Landeck d'un banc de gneiss ; leur débit général est de 816,100 htres en 24 heures On lesdésigne ainsi : Wiesenquelle (sourcede hVrC rie) ; Mariannenhrunnen (source de Marie-Anne) ; Georgenbrunnen (source de Georges) ; Marienbrunnen (source de Marie) ; Douchequelle (source de la Douche) et MûJilquelle (source du Moulin). L'eau des deux premières sources sert en boisson seulement ; celle des quatre dernières ahmente les bains et les douches d'eau la salle d'inhalation gazeuse, et la salle de bains et d'application locale de boues.
Les caractères particuhers des sources de Landeck sont : la limpidité, une couleur bleu verdàtre quand on les voit en masse, une odeur sulfureuse assez faible, une saveur à la fois hépatique, salée et amère. Des fiocons blanchâtres assez semblables à de la barégine altèrent un peu la transparence de l'eau. La température de Wiesenquelle est de 26°,4 centigrade ; celle de Mariannenhrunnen est de 21» centigrade ; de Georgenbrunnen, de 29" centigrade; de Marienbrunnen, de 21M centigrade; de Douchequelle de 26° centigrade, et de Muhlquelle de 170,9 cen-
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tigrade. La densité de l'eau de Marienbrunnen et de Georgenbrunnen est de 1000J02 et celle Mariaimenbrunnen est de 1000.104. 1000 grammes de l'eau des trois principales sources de Landeck ont donné à Fischer les résultats suivants :
GEORGENBRUNNEN. MARIENBRUNNEN. MAUIANNENBRUNNBN.
Sulfate de soude 0,01015. . . . 0,01710. . . . 0,011)17
— chaux 0,00077. . . . 0,00255. ... »
Crénale de soude 0,0J51'. . . . 0,011 lO. . . . O.OHOO
Cliloiuro (le potassium. . . . 0,(0010. . . . 0,013i;0. . . . O.dOiiSo
Cai-bonatL de chaux 0,00105. . . . 0,00â62. . . . 0,ii0l38
— magnésie. . . . 0,00US7. . . . 0,00174. . . . 0,00.17 Phosphate de chuux 0,00155. . . . 0,00155. . . . 0,00768
— alumine, fer et
manganèse. . 0,00100. . . . 0,01015. . . . 0,00520 Silice 0,0l)30o. . . . 0,00110. . . . 0,00138
Total DES MATIÈRES FIXES. 0,0-2349. . . . 0,03191. - . . 0,04403
Les trois sources renferment la même quantité de gaz, soit :
i Azote 0,6"2 pouces cubes = 24 cent, cubes.
Gaz s Acide carbonique 0,-6 — =10 —
( .\cide sulfhydrique .... traces. traces.
Total des gaz. . . . 0,88 pouces cubes = 34 cent, cubes.
Depuis l'analyse de Fischer, Mogalla et Gunther ont trouvé dans 1000 grammes de ces eaux 0''',166 de gaz acide suifli\drique. L'eau de Wiesenquelle contient un peu plus de gaz acide carbonique et sulfliydrique que celle de Georgenbrunnen, de Marienbrunnen et de Mariannenbrunnen, ainsi que le démontre l'analyse suivante :
WIESENQUELLE.
Bicarbonate de soude 0,0145
Sulfate de soude 0,0150
Chlorure de caliium 0,tl073
— sodium 0,11009
Carbonate et phosphate de chaux O.Odlo
— de magnésie 0,0001
Silice 0,01 !0
Total des matières fixes 0,0505
- ( Acide carbonique. . 0,172 pouces cubes. = 70 cent, cubes. ( — sulfhydrique . 0,015 — =3 —
Total des gaz . . 0,187 pouces cubes. = 75 cent, cubes.
L'établissement de Landeck se compose d'une trinkhalle construite en 18-42 et désignée le plus souvent par le nom de Albrechtshalle, c'est une galerie couverte réunissant Wiesenquelle à Marienquelle dont le griffon émerge près de la chapelle zu Maria Einsiedel; d'un bàtimeut appelé Georyenhad q i contient les bains d'eau et de boues, les douches d'eau et de vapeur et la salle d'inhalation gazeuse.
Mode d'administration et doses. Les eaux des deux sources de Wiesenquelle et Mariannenquelle se prennent à la dose de trois à six verres par jour, le matin à jeun et à un quart d'heure d'intervalle. Les médecins les ordonnnent pures assez souvent, mais assez souvent aussi ils conseillent de les couper d'une certaine quantité de lait de brebis ou de chèvre ; dans certaines circonstances que nous allons bientôt spécifier, ils se trouvent bien de faire ajouter aux eaux des sources de la Prairie et de Marie-Anne une certaine quantité des eaux transportées de la Salzquelle de Franzensbad, du Ragoczi de Kissingen, du Schlossbrunnen ou du Mùhlbrunnen
LANDECK (eaux minérales de). 315
de Carlsbad. La durée des bains et des douches d'eau et de vapeur est d'une heure pour les bains d'eau, et de quinze à vingt minutes pour les bains de vapeur. Les douches d'eau et de vapeur sont générales et locales; les douches générales sont beaucoup moins suivies à Landeck que les douches vaginales dont la réputation est très-grande. La division des douches topiques du Georgenbad est très-fréquentée par les femmes qui y trouvent une installation particulière. Elles s'étendent dans une baignoire vide à laquelle aboutit un tube de caoutchouc terminé par un robinet <jui s'ouvre à volonté et laisse couler l'eau de Marienbrunnen ; le temps de cette douche intérieure est ordinairement d'un quart d'heure. Le dépôt retiré du bassin des diverses sources, sert aux applications générales et locales des boues minérales. Quelquefois on mêle ces boues à l'eau des bains; d'autres fois on les applique en cataplasmes sur les parties du corps que l'on veut guérir. Les malades séjournent dans la salle d'inhalation gazeuse duGeorgenbad pendant une demi-heure et quelquefois pendant une heure.
Emploi THÉRAPEUiiQUE. La température et la minérahsation peu considérables des eaux de Landeck que l'on est obligé de chauffer artificiellement pour les bains et les douches expliquent suffisamment leurs effets peu marqués sur les personnes en sanlé. Ainsi, si l'on excepte les propriétés sédatives de ces eaux en bains hypothermaux et les vertus expectorantes du gaz acide suif hydrique contenu dans la salle d'inhalation, il n'y a presque aucune remarque à faire sur l'action physiologique des eaux de Landeck. En boisson, elles sont légèrement excitantes des fonctions de la peau et des membranes muqueuses dont elles activent les sécrétions. Leur efficacité thérapeutique se manifeste dans les maladies chroniques des voies respiratoires lorsque l'aphonie est le symptôme prédominant. L'eau en boisson et le séjour dans la salle d'aspiration donnent de bons résultats dans les laryngites et les bronchites chroniques simples, principalement quant elles sont consécutives à des grippes qui ont laissé une altération profonde de la voix et une expectoration abondante. L'altitude de Landeck et sa position dans une vallée à l'abri des vents froids et humides prêtent un très-utile concours à la cure de cette station minérale dans les affections partielles ou générales de l'arbre aérien. Les bains et les douches d'eau et de vapeur rendent d'utiles services dans les maladies rhumatismales ; mais ce sont les bains et les cataplasmes de boues qui sont employés dans les tophus goutteux, dans les engorgements articulaires chroniques, dans les troubles du mouvement consécutifs à une altération incomplète des centres de tlexion, à une contraction douloureuse ou difficile des fibres musculaires. Les femmes sont en majorité aux e^iuxde Landeck, qui ont une vertu calmante dans les affections nerveuses. L'installation bien entendue des douches locales de l'établissement de Georgenbad attire aussi les malades qui ont des accidents utérins provenant soit de métrites chroniques avec hypertrophie du corps ou du col de la matrice, lorsque surtout ces maladies sont accompagnées de dysménorrhée et même d'aménorrhée complète.
Les états pathologiques de l'estomac et de l'intestin qui exigent une cure par les eaux de Marienbrunnen ou de Wiesenquelle auxquelles on mêle les eaux de Franzensbad, de Kissingen, de Carlsbad ou d'Adelheidsquelle, doivent être rangés dans les indications secondaires des eaux de Landeck.
Les boues de Landeck en suspension dans l'eau des bains ou appliquées comme topiques sont un accessoire de la cure minérale. Il suffit pour s'en convaincre de jeter un coup d'œil sur leur composition élémentaire. lOUO parties contiennent en effet :