LAPIN
six sépales colorés, six étamines liypogynes et un gynécée tricarpellé. Mais l'ovaire, au lieu d'être partagé en trois loges, n'a que des cloisons incomplètes qui forment trois placentas pariétaux superposés aux sépales intérieurs. Les ovules sont nombreux et anatropes. Les fruits sont des baies polyspermes à graines albuminées et arillées. Les Lapageria sont des plantes grimpantes dont le port est tout à fait celui des Salsepareilles. Leurs feuilles sont alternes, ovales-lancéolées, veinées, à nervures en réseau. Leurs fleurs sont axillaires et souvent soUtaires, ou groupées en cymes pauciilores. Des écailles imbriquées les accompagnent. Ce sont des plantes chdiennes ; il n'y en a qu'une ou deux espèces. La plus connue est le La/ja^eriaroseaRuiz et Pav., dont les racines fasciculées, allongées, sontemployées exactement aux mêmes usages que celles des Smilax, c'est-à-dire comme sudorifiques et dépuratives, principalement dans les affections syphilitiques. Ce médicament s'appelle Copiu au Chili ; il s'emploie en infusions et décoctions. Les fruits sont comestibles, d'une saveur douce et agréable ; on les dit très-rafraîchissants. Ds se vendent fréquemment sur les marchés dans leur pays natal.
H. Bn.
Rniz et Pav., Prodr. fl. peruv. et chil., III, 65, t. 297, — Endl., Gen., n. 1199. — Mér et Del., Dict., IV, 40. — C. Gat, Fl. chil., VI, 45. — Rosentu., Syn.pl. diaph., 105. — H. Bâillon, in Adansonia, I, 44.
LAPAROCÙLE. Voy. LoMBES.
LAPATHVin. Nom officinal du Rumex Patientia L. {Voy. Patience.)
LA FAUTE (Eau minérale de), athermale, amétalUte, sulfureuse faible. Dans l'arrondissement de Grenoble, émerge la source gazeuse de La Pau te. Sa température est de 12°, 3 centigrade, sa densité n'est pas connue. Son analyse chimique a été faite par M. Niepce qui a trouvé dans 1,000 grammes d'eau les principes qui suivent :
Sulfate de soude 0,138
— magnésie 0,097
— chaux 0,029
— alumine traces.
Carbonate de chaux 0,028
— magnésie 0,016
— fer traces.
Chlorure de sodium 0,237
— magnésium 0,012
— calcium 0,007
Iode et glairine traces.
Total des MAnÈREs nxEs 0,474
i Acide carbonique 0,02928 litre.
— sulfhydrique libre ou combiné. . . . 0,007-23 — Azote traces.
Total des gaz 0,03653 —
Les eaux de La Faute ne servent qu'à l'intérieur. Elles sont employées par un très-petit nombre de malades des environs qui viennent les boire pour se débarrasser de digestions difficiles ou d'affections cutanées légères. A. Roidreau.
liAPETROlVlE (François de). Fondateur de l'Académie de chirurgie; le plus célèbre des chirurgiens du dix-huitième siècle, sinon par des talents hors ligne, du moins par les hauts emplois dont il fut honore, et par les services immenses qu'il rendit à la compagnie à laquelle il appartennit. Ce fut un chirurgien
*28 LAPEYRONIE.
grand seigneur, favorisé de l'amitié de deux puissants rois, comblé des dons de la fortune, mais que de nobles intentions Tuent toujours agir, et qui ne cessa de travailler à la gloire de l'art auquel il avait voué sa vie. Lapeyronie naquit à Montpellier, le 15 janvier 1678, de Raymond Lapeyronie et de Elisabeth Subreville. Formé à l'école des plus habiles praticiens de Paris, il ne revint dans sa patrie que pour y enseigner à son tour, pour devenir chirurgien-major de l'Hôtel- Dieu de Saint-Éloy, puis démonstrateur d'anatomie aux écoles de la Faculté de medecme. En 1 704, il fut nommé chirurgien-major de l'armée que le maréchal duc de Villars rassembla dans les Cévennes. En 1714, il était appelé à Paris pour donner ses soins au maréchal de Chaulmes. Ce fut la source de sa fortune. A dater de cette époque, Lapeyronie marcha graduellement, mais sûrement, vers les plus hautes dignités qui s'échelonnent ainsi : 1717, survivancier de la place de premier chirurgien de Louis XV; 1721, anobli par le jeune monarque ; 1751, nommé maître d'hôtel ordinaire de la reine, pour lui rendre plus douce sa convalescence a la suite d'une grave maladie; 1752, associé libre de l'Académie des sciences; 1755, médecin par quartier du roi; enfin, en 1756, le bâton de maréchal pour tous les médecins et chiruigiens de ce siècle de favoritisme, c'est-à-dire un brevet de premier chirurgien de Sa Majesté, avec les titres de médecin consultant, de gentilhomme ordinaire de la Chambre, de chef de la chirurgie du royaume. Disons bien vite que Lapeyronie se rendit dignedes caresses de la fortune; son humanité, son zèle, le soin qu'il mit à organiser les hôpitaux militaires, à y remplir, sous les yeux mêmes du roi, le rôle de simple pauseur de plaies, ne furent pas sans doute sans infliience sur la protection que Louis XV accorda à la chirurgie; le monarque ne pouvait qu'avoir en grande estime cet art, lorsqu'il voyait son chirurgien démeubler son château de Marigny, et convertir cette résidence quasi royale en une espèce d'hôpital ouvert aux indigents.
Lapeyronie mourut le 25 avril 1747. Ses dernières pensées ont encore été pour sa chère profession. En vertu de son testament fait à Versailles, le 18 avril 1747, et confirmé par arrêt du parlement du 8 juillet 1748, les établissements qu'il avait conservés, augmentés ou créés, et tous consacrés à l'enseignement, à l'exercice et au perfectionnement de la cliirurgie, devinrent les héritiers presque exclusifs de son immense fortune.
Les dépouilles mortelles de Lapeyronie furent confiées à l'église de Saint-Cosme, et l'on peut voir dans les Antiquités nationales de Millin (1798, in-4', t. UI, n° xxv), le dessin du magnifique mausolée qui lui fut construit par les soins de la compagnie qui lui devait tant.
La statue en bronze de ce chirurgien a été récemment érigée à Montpellier, sur la proposition de M. Bouisson, doyen actuel de la Faculté de médecine, et par le produit d'une souscription publique. Cette statue et celle de Bartliez, sont placées sur le pont qui précède l'entrée de l'école de médecine de Mont| ellier.
Lapeyronie a peu écrit, et on ne lui connaît aucun ouvrage étendu. Tout se borne à des mémoires publiés dans divers recueils, et dont voici la liste :
I. Mémoire contenant plusieurs observations sur les maladies du cerveau, jmr lesquelles on tâche de découvrir le véritable lieu du cerveau dans lequel l'âme exerce ses fonctions. In Acad. des se. de Paris, année 17 H, p. 199. — II. Observations sur une excroissance de la matrice. In Mém. de la Soc. royale de Montpellier. Lyon, 17(i6, in-i°, 1. 1. — III. Observation sur la dernière phalange du pouce arrachée avec tout le tendon de son muscle fléchisseur, et une partie de ce muscle. Ibid. — IV. Observation sur une grande opération de chirurgie (carie du crâne). Ibid. — V. Sur les petits œufs de poule sans jaune, que l'on appelle vulgairement œufs de coq. Ibid. — VI. Description anatomique d'un animal connu
LAPOME. 429
sous le nom de Musc. Tn Mém. de l'Acad. des sciences de Paris, année 1731. — YII Observations avec des réflexions sur la cure des hcriûes avec qangrcne. In Mcm de l'Acad de chirurg., t. I, année 1743. — VIII. Mémoire sur quelques obstacles qui s'opposent à Véjaculalion naturelle de la semence. Ibid. — IX. Observation sur un étranglement de l'intestin causé intérieurement par l'adhérence de l'épiploon au-dessus de Vanneau. Ibid,
LAPIN. Espèce de Mammifère de l'ordre des Rongeurs et du genre f ièvre dont ou a essayé de faire un genre spécial. Le Lapin, donf, on connaît plusieurs races ou variétés dérivées de l'espèce commune [Lepus cuniculus) parait originaire d'Afrique ; il s'est d'abord naturalisé en Espagne, et, de là, répandu dans toute l'Europe, où il s'est extrêmement multiplié. A l'état sauvage, son pelade est brun cendré en dessus, blanchâtre sous la gorge et le ventre; la nuque rousse, les oreilles presque de la grandeur de la tctc, noires au bout; la queue blanche en ! .dessous, brune ou noire à l'extrémité. Les principales variétés sont le Lapin domestique ou Clavier, à coloration très-variable, et dont les oreilles sont plus longues ; le Lapin riche, à pelage gris d'ardoise et argenté ; le Lapin d'Angora, dont les poils sont longs, très-soyeux et ondulants.
Le Lapin ordinaire est facile à apprivoiser quand il est pris jeune, et sa chair blanchâtre a un fumet différent, suivant que l'animal a vécu à l'état sauva^^e, ou bien qu'il a été nourri en domesticité. Cet animal a un instinct de sociabihté^ beaucoup plus développé que celui du Lièvre, car il sait creuser des terriers profonds, qu'il place de préférence dans les coteaux montuenxet dans les bois; ses habitudes sont nocturnes. Les portées des femelles, très-fréquentes, au nombre de sept ou de huit chaque année, se composent de 4 à 8 petits. La fécondité du Lapin domestique est encore plus considérable.
La chair du Lapin sert à l'ahmentation; l'industrie utilise sa fourrure, et les médecins ne peuvent oublieras services que cet animal a rendus à la 'science en servant de sujet aux expérimentateurs ; enfin, sa graisse (axungia cuniculi) a eu un rôle officinal, aujourd'hui délaissé. (]%. Mammifères et Yuinde.)
La dénomination de Lapin a été employée à tort pour désigner un assez grand nombre de petits Mammifères qui n'appartiennent pas au genre Lapin ; tels sont le Sourhtz, qui a reçu le nom de Lapin d'Allemagne ; l'Agouti celle de Lapin d'Amérique, le Kanguroo philandrc celle de Lapin d'Arve, le Cochon d'Inde celle de Lapin du Brésil, le Lemniing celle de Lapin de Norwige, etc.
A. Laboulbène.
LAPOl^fSE. La contrée habitée par les Lapons n'est point une division politique, car elle s'étend dans trois États (Norwége, Suède, Russie). Sa circonscription géographique, déterminée au nord par l'océan Arctique, est incertaine du côté des terres, parce que cette race affaiblie est successivement et de plus en plus refoulée vers les limites septentrionales de l'Europe : en sorte qu'on peut dire d'elle que, reculant toujours devant des races plus fortes, elle s'est arrêtée où la terre lui a manqué^.
Les recherches archéologiques donnent heu de croire que les Lapons ont occupé primitivement la Suède jusque dans ses provinces méridionales, le Danemark et même le nord de l'Allemagne. C'est ce que le professeur Kilsson conclut des armes en pierre, ustensiles et crânes, trouvés en divers lieux, sous le sol de la Scanie.
» Ce qu'avec moins de vérité Regnard disait de lui-même et de ses compagnons de voyage; Sistimus hic tandem nobis ubi défait orbis .
On conclut aussi des traditions de la Garélie (0. et N an Un 1 A ^ . . vestiges de leur séjour qui y subsisteiit aue p. T ^^'^°^'^' ^* ^^'
presqu-ile située en/re leVe de Bott^iriac 0^^^^^^^^^ ']^^f!
les Fmno. les ont chassés, en lui donnant le nom des vatlLT^^^^^^^^ ''
U conservent, dans des récits populaires le souvenir I? ^"^'^ • *^"'''-
aussi en Carélie d'anciens foyer's e't fo^l^^ZZt^^.f!] ^-désigne orgueilleusement, par le nom de tombes lannZ.! a ?''^' ' ''^ ^
ciles, qui ont la forme de la tente des Lap nf ce^^^^^^^^^^^^^^^ t ""^'^^ '^"^■ comques, en bois ou en pierre, même en'to rbe ony rou e Tu^T T 'T charbons des cendres, des morceaux de fer qui ont 2s paH; f^^^ Vl' ^'' des traditions analogues et des restes semblables en E/ et dans^a n" "T gouvernement d'Archangel adjacente à la Finlande ^ ' ^' ^'''''' ^"^
De nos jours, on ne trouve plus les Lapons que vers l'extrpmp N. i wége, ans la province appelée Finmaln eJ e^a t -af rKai^lirn "' Suéde, dans les deux dcparlemeins dp rinil,„:<. „ !''"•'"'« oe hautokeino; en Lan de WaslerboUon el de Cb e' en rêlr, "'"'"/' 7'-'™"»'=. »" la Knlande (paraisses d'Enaré TZZlZ , H C ï '. ."" '" ''^''^ """• <"' pes<,u'i,e, ,;.i.,e ,.,• les lac,; KTT\:ZTC\fJ:;Z:C:T^ Arct,q„e, et qu, est rallachée an gouvernement d'irehangT *'""
aux terrains de gneiss. Celle lor„,at,„„ sl.d u ^ù'^au Z nIT', î,''"'™' à nu sur un lon« espace des côlc, PII. „„ . , j ' "'■ '*' * ™«"«
P0g„,a.ile.dele;iiuurdepl fc.!a.rrdL:rr?a"'n°''l^^ Iréquenimenl entrecoupé de filon, de nuartz .t mf L i , <"'f"hohte, le tout
coupe à pic dans la pctilo ile itt^Line de .^"''1'' ''"''' ''"'■'*'
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JlTh ''"° f '■''"S™»' io niveau, entre les mers du Nord et les terres
^" -eau. csri;=:: p^trrt=nir^:s
Bjorkôr. Élie de Beaumont explique le rhénomèiie par l'élévation progressne du sol; Eugène Robert penche pour l'abaissement de la mer. [Voy. de la Comm scient, du Nord.) ''
De Buch signale, au sud-ouest de Kaafiord (69M/2 de lat.), — l'Akka-Uolki montagne qui sélève à 1100 mètres.
Des monts de Laponie descendent de nombreux cours d'eau, qui au nord arrosent le Fumiarken et la Laponie finlandaise, et au sud se rendent au -olfe de Bothme. Nous signalerons, parmi les premiers, l'Alten et le Tana en Norw'ége le Luta et le Kola en Finlande. Les rivières qui courent au midi sont plus considérables. Parmi elles le Torneâ et le Muonio, son affluent, forment la limite actuelle entre la Suède et l'empire russe.
La majeure partie du terrain montagneux que traverse le fleuve Alten offre de puissants lits calcaires, alternant avec le schiste argileux et le quartz schisteux Ces roches enclavent de grandes masses de diorite, qui contiennent du minerai de cmvre, exploité à Kaafiord et à Raipas.
Les blocs erratiques abondent dans le Finmarken. On en trouve, qui ont iusqu à 8 mètres d'épaisseur. On les regarde comme apportés du Nord, sur des banquises de glaces.
Météorologie. Le climat des régions polaires est caractérisé en général par l'état brumeux de l'atmosphère. Pendant une grande partie de l'été, l'air est obscurci de brouillards très-épais qui interceptent les rayons et la chaleur solaires. On n'a souvent, dans tout un mois, que trois ou quatre jours de temps clair. De là un air très-humide, surtout au cœur de l'été, en juin et juillet. Les conditions hygrométriques sont donc ici tout autres que celles des hautes montagnes des latitudes modérées. La brume diminue beaucoup, annule parfois les variations diurnes de la température. Dans l'Iiiver et le printemps, au contraire, les variations diurnes s'étendent considérablement, selon la direction et la force des vents. Le voisinage de l'océan Glacial et du golfe de Bothnie contribue à l'adoucissement de la température ; elle passe quelquefois subitement de — 30" à + 2° ou 3°. Cet air tiède peut se maintenir plusieurs jours ; alors la neige et la glace fondent; puis le vent de nord-ouest ramène toute la rigueur du froid.
La moyenne annuelle de température, qui est de -|- 1^88 à Umeâ (lat. 63",50') et de — 1»,20 à Uleâbnrg (lat. 65°), descend à — 2«,76 à Enontekis ^lat. 68030') ^w^ ~.^"'^^ ^ Karesuando, qui est sous la même latitude, mais à 32 i mètres d'élévation sur la pente sud des monts de Laponie. La moyenne annuelle est bien moins rigoureuse à Kaafiord (-t-0°,59, en 1837-41, lat. 69» 1/2), qui est au niveau de la mer vers le golfe de Lpden, à Alten (-h0°,49, lat. TO»), et au cap Nord {+ 0',07). A Alten, il n'y a que 17 degrés d'écart entre les deux températures moyennes de l'hi\er (— 7",33) et de l'été (-f- 10").
Nous retrouvons donc ici cette influence du climat maritime dont nous avons signalé les effets avec plus de détails dans la zone tempérée (article Allemagne, t. III, p. 310-312). La température moyenne de l'air, sous le 70« degré lat., sur la côte ouest de la Scandinavie, diffère peu de-f- 0",6 ; et à la même latitude,' sur la cote est qui regarde la mer Blanche, cette moyenne est très-voisine de — 1° Cette différence est due à l'action échauffante du courant marin, prolongement dû Gulf-Stream, qui, longeant la côte occidentale de Norwége. s'étend jusqu'au delà du cap Nord.
L'heure du maximum de température, au bord de la mer, se rapproche beau-
452 LAPON lE.
coup de midi ; dans l'intérieur des terres, le maximum se rapproche d'avantage de trois heures.
Les variations diurnes sont presque nulles en septembre et en mars. Elles s'étendent à 8" en août, à 9° en juillet.
La tempéiature moyenne de chaque mois (observée à Kaafiord) indiquera comment se compose la moyenne annuelle, et quel est le rapport des saisons à ce point de vue.
JanvCîr .... — 9,54 Féviiei- .... — 8,04
Mars — 6,15
Avril — 0,13
Mai + 4,54
Juin + 8,09
.luiUet ....-+- 11,83 Aoûl + 10,53
Septembre. . . -f- 5,85 Octobre . . . . -i- 0,44 Novenilirc . - . — 4,87 Décembie ... — 5,52
Au cap Nord , les cinq mois rigoureux, novembre-avril, ont la température moins basse (janvier — 5", 50), mais les sept autres mois l'ont moins élevée qu'à Kaafiord : juillet donne le maximum moyen H- S". En sorte que, dans ces deux stations météorologiques, dont la maritime a beaucoup moins d'écart que l'autre la moyenne annuelle résulte à peu près la même, c'est-à-dire, quelques centièmes de 1 degré au-dessus de zéro.
Le pasteur Lœstadius, ià Karesuando (lat. 68", 26'; altitude 524 mètres), a fait des observations météorologiques assidues de 1830 à 1838 : il a trouvé, pour maximum moyen de température 24" en juillet; minimum, — 38° en décembre; moyenne annuelle — 5", 4. 11 a noté, par an, 118 jours calmes, 47 jours de vent du suil-ouest, 40 du nord-est, 38 de l'ouest, 33 du sud, 31 de l'est.
A Allen, plus près de la mer, on compte, dans l'année, 124 jours sereins, 71 de brouillards, 52 de temps couvert, 25 de pluie, 32 de neige, 50 de vent.
Lœstadius, pour rendre |)lus sensibles les vicissitudes du climat de Laponie, dépeint ainsi eu quelques traits la physionomie des mois :
Janvier. Temps froid et clair ; !c jour ne consiste qu'en quelques heures d'une lueur rougeàtre. Le mercure a gelé dans une soucoupe en ! 8 1 6.
Février. Vents impétueux, neige abondante. Il y a une lueur de jour, de sept heures du malin à cinq heures du soir. Le thermomètre descend jusqu'à — 30» et — 40'. Température moyenne — 18°.
Mars. A midi, le soleil tempère la rigueur du froid. On voit reparaître quelques cygnes vers le milieu du mois.
Avril. Temps variable, neige et orages. Retour de quelques oiseaux de passage (corbeau, pinson). Le soleil est au-dessus de l'horizon tout le jour, et le crépuscule dure une partie de la nuit.
Mai. Mois charmant. Chant des oiseaux dans les bois et dans les vallées, la bergeronnette [Motacilla alba), l'hiroudelle, le pigeon du Nord.
Les arbres et arbustes feuillent : le tremble, les saules, VEmpetnim et à la fin du mois le bouleau, qui est l'arbre le plus répandu. Le thermomètre monte jusqu'à -h 20° au miheu du jour. Cette chaleur, avec les rosées abondantes, développe les graines en huit jours. Le fleuve Muonio dégèle vers la fin de ce mois ou au commencement de juin.
Juin. Les glaces se brisent avec fracas sur les fleuves et les lacs. Belles nuits, limpides. Le 25, on va voir le soleil à minuit au haut de la montagne d'Avasara. En se rapprochant du pôle, on le voit à cette heure-là pendant plusieurs semaines. On lit dans le Voyage de Berna et Vogt : « Le 5 juillet, le vaisseau coupa le cercle polaire arctique, et les voyageurs aperçurent le soleil de minuit. Dès neuf heures du soir il est si près de l'horizon que, dans nos latitudes moyennes, il serait
couché en moins d'une heure et demie; mais au lieu de plonger dans l'Océan, il semble glisser à sa surface, que son disque effleure à minuit, pour se relever peu à peu à mesure que l'aiguille marque les heures du matin. »
Juillet. Toutes les plantes sont en pleine sève. Température très-chaude. Les cousins poursuivent nuit et jour les animaux et les hommes. Ils introduisent l'haustellum aspirant dont ils sont munis, perpendiculairement dnnsla peau de lonr victime, pour en sucer le sang. Il n'est pas rare que des veaux et des brebis succombent sous leurs morsures. Les rennes n'échappent à cette torture qu'en se réfugiant au bord dos glaciers ou au sommet des montagnes. Les Lapons s'en préservent imparfaitement en se plongeant dans d'épais nuages de fumée et en se couvrant le visage et les mains d'une épaisse couche de graisse, qui ne garantit pas leurs yeux. Ces terribles petits insectes remplissent même la bouche, si on l'ouvre imprudemment. ^
C'est un temps de chasse, de récolte des baies pour liqueurs et confitures. Août. Pluies fréquentes.
Septembre. Pluies abondantes; coups de vent et neige. Les feuilles tombent. Le Muonio gèle à la fin de ce mois ou aux premiers jours du mois suivant. Octobre. Les petits lacs se glacent ; le sol se couvre de neige. Novembre. Hiver complet.
Décembre. Obscurité prolonde. On chasse l'ours, le loup, le renard, la martre, l'hermine, la gelinotte. Température moyenne — il".
Si Karesuaiido est plus froid que Kaadord malgré un degré de latitude de moins, cela est dû à son élévation. Ou trouve que rabaissement de la température de l'air en proportion de l'élésation est de 1° pour 72 mètres par les temps brumeux, mais de 1° pour 310 mètres dans les temps sereins.
Le thermomètre plongé dans le sol à l™,25, à Bossekop, reste au-dessous de 2éro pendant les six mois d'hiver, novembre-avril (il e^t descendu à — 4" le i4 mars). Mais à 8 mètres de profondeur la température moyenne se maintient à -f- 1°,56 pendant les douze mois (celle de l'air étant + 0%18). D'un autre côté, à Kaafiord, au fond d'un galerie profonde de 68 mètre.«, le thermomètre placé dans le rocher se maintient invariablement à 5", 4.
On en conclut que la température de la roche s'élève de 1 degré par 35 mètres de profondeur.
Dans cette galerie, la température moyenne de l'air est 3°,25. Une source voisine marque constamment 3°,05. L'épaisse couche de glace dont se couvrent en hiver les sources qui coulent sur le sol les garantit aussi du froid, mais moins complètement : une source qui est dans cette condition à Bossekop (près Kaafiord), marque 3" en octobre, 2" en novembre, 0",25 en février, 0°,70 en mai, 1",70 en juin.
La limite des neiges perpétuelles s'abaisse naturellement à mesure qu'on approche du pôle. Duroclier en dresse l'échelle suivante :
Latitude GT-OO Sulilelma (Lapouie suédoise). . . 1,169 mètres. '
— 70-00 Talrig(Finmark) 1,060 —
— 70''34 Seyland — 886 —
— 70''40 Qualoc — 812 —
— 71»13 Wageiœ — 71i
(Aux Cordillières, la limite inférieure est au-dessus de 450O mètres). Les tremblements de terre, qui, d'après Olaiis Magnus, sont violents mais passagers en Suède et Norwége, et causent rarement de grands dommages, sont "éné-
niCT. ENC. 2* s, I. 28
434 LAPON lE.
ralement de la classe ondulatoire (par opposition à ceux de vibration, qui sont communs au Mexique, et à ceux de trépidation, très-fréquents au Chili)
Flore et Faune. Linné, après un voyage en Laponie, publiait, en *i737 sa Flore lapponica, qui est regardée comme un chef-d'œuvre pour le' temps Il'est intéressant de voir quelle étendue il reconnaissait au pays des Lapons. U entre en Laponie, dit-il, à Lyksela (lat. 64^55', dans l'Umeâ-Lappmark) : il pose pour limites au sud la Jemtie; à l'est, partie de l'Angermanie, de la Westrobotnie et de rOstrobotnie. U divise la Laponie suédoise en Angermanienne, Westrobotnienne et Ostrobotnienne ; cette dernière est la plus grande et c'est celle qu'il visite. Il y ■reconnaît 4 districts : Umensis {maxime australis), Pithoensis, Luiensis et Torjioensis {maxime borealis). Le désert, ou Lapmark, est entre les Alpes Scandinaves et la Suède. On y cherche en vain des villes, des cultures, des prés, si ce n'est fen quelques localités où se sont établis les Finnones en ces derniers siècles. ^ La flore laponienno, dit l'illustre Suédois, est comme les Lapons eux-mêmes • elle se nourrit de peu. Le sommet des Alpes de Laponie est dépourvu de tout humus. Les lichens couvrent les rocs nus. Au-dessous on trouve des saxifrages des andromèdes, l'azalée, la diapensie ; plus bas le bouleau, l'arbousier, VEmpetrum; dans les vallons, les saules. Les plantes alpines à corolle bleue ou rou<re deviennent presque toutes blanches. L'Upland a très-peu de plantes légumière°s peu de plantes grasses, peu d'odorantes, point de Labiées, beaucoup d'arbustes à feuilles persistantes. Le désert a les mêmes plantes que l'Upland, mais beaucoup moins abondantes. ^
Linné trace à grands traits, avec sa verve ordinaire, le parallèle des ré-^ions botaniques : « Les plus chaudes parties du globe sont fièrcs de la belle famille des Palmiers; les terres chaudes sont habitées par les hordes frutescentes ■ le midi de l'Europe a sa couronne de plantes herbacées; la Belgique le Danem'ark sont riches en Graminées; la Suède a ses légions de Mousses; enfin'la terre -lacée de Laponie a les pales Algues et encore plus les blancs Lichens : le dernier de-ré de la végétation sur la dernière des terres ! » ''
Le bon Linné est dans le vrai; seulement il l'exagère. Il a publié lui-même 5û6 espèces des plantes de [,aponie. Wahlenberg, en 1812, en a doublé le nombre- Sommerfeld et Andersony ont ajouté quelques suppléments. MM. Bravais et Martins ont dressé quelques flores partielles : celle des iles Loffoden a près de 900 especes, appartenant à 48 familles. Ils signalent le sommet neigeux de Tromdal. stmd^ ,234 mètres), au pied duquel on trouve quelques plantes sous-alpines. M. Marlins aborde, en septembre, à Ilornvig (i\orw., Baie de la Corne) et il v trouve « avec ravissement la plus riche prairie subalpiue, herbes hautes et touffues plantes aussi vigoureuses, fleurs aussi brdlantes et plus grandes qu'au pied des Alpes de la Suisse. » ^ ^
Les mêmes savants ont observé que la limite septentrionale de l'or-e la der mère graminée cultivée, est vers le 69^ degré. On le moissonne vers le 20 septembre On e sème jusqu'à Alten (lat. 70»), mais il y mûrit rarement. On y trome avec lui les Ihlaspi, Sinapis, Asperugo, Alsine, qui disputent le sol à nos céréales Alten est situé sous l'isotherme 0"; la temiiérature moyenne de l'été y est de lO»les plantes y accomphssent toutes les phases de leur végétation dans l'espace dé cinq mois. '■
MM. Bravais et Martins ont relevé aussi les limites de la végétation des arbres ea observant combien l'échelle de latitude est analogue à l'échelle de hauteur que présente la végétation arborescente de la Grimsel.