‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.54Chapitre 17 sur 86 · II. Bn · texte numérisé non relu

II. Bn

L., Gen., n. 546; Spec, 591 ; Amœn. acad., VIII, 268; Diss. de Ledo palustre, resp. J C. Westring. Upsal., 1775. — G.ertn., De fruct., II, 145, t. 112. — Hook., FI. londin., t. 212. — Don, in Edinb. Phil. .hum., VI, 50. — Exdl., Gen., n. 4344. — Mér. et Del., Bict., IV, S'?. — A. DC.PMrfj'., VII, 730. — H. Bx., ap. Payer, Leçon sur les fam. nat., 'J25; Adansonia, I, 201). — Lindi,., FI. med., 379, — PiOsenth., Sijnops. plant, diaphor., 352.

H. Bx.

LE DRAIV (Les trois). Une partie des papiers de la famille Le Dran étant tombée de la bibliothèque de Desgenettes dans nos mains, nous pouvons donner sur ces trois hommes distingués des détails jusqu'ici inédits et d'une rigoureuse exactitude.

Le DraiB (HfNni) , le premier de tous, était fils de François Le Dran, marchand

LE DRAN (les trois). 135

à Saint-Cloud, et de Denise Feuillet, cette dernière sœur du chanoine Nicolas Feuillet, qui s'est rendu célèbre par ses prédications à Paris. Il naquit à Saint- Cloud, le 24 décembre 1656. Ayant embrassé l'étude de la chirurgie, il s'acquit une telle réputation qu'il parvint bientôt au.x plus grands emplois et aux plus grands honneurs. Ce fut lui qui remit en vigueur l'extirpation du cancer au sein, qui était depuis longtemps fort négligée en France, alors qu'Helvétius se vantait d'avoir pratiqué en Hollande deux mille fois cette opération. A la bataille de Malplaquet (1709), Le Dran accompagnait le maréchal de Villars en quahté de chirurgien-major du régiment des gardes françaises, et s'attirait un grand relief parmi les chirurgiens des troupes royales, en sauvant l'illustre guerrier d'un coup de feu qu'il avait reçu. De retour à Paris, il tint, comme on dit, le haut du pavé dans la pratique chirurgicale, et lorsque Louis XIV fut atteint de cette gangrène sénile qui l'enleva en quelques jours, les chirurgiens et les médecins du grand soleil en putréfaction voulurent que Le Dran vînt les aider de ses conseils et de son expérience : ils en avaient besoin, ces malheureux archiàtres, harcelés qu'ils étaient par une foule de charlatans qui se faufilaient jusqu'au chevet du roi, prétendant le sauver d'une affection devenue incurable chez un monarque épuisé par sa gloutonnerie, les excès, la gravelle, la goutte, les lavements et les médecines quotidiennes.

Henri Le Dran mourut à Paris, le 1'^'' février 1720, dans sa maison de la rue Férou, et fut inhumé à Saint-Sulpice. Il n'était âgé que de soixante-quatre ans, et dans cette vie, relativement courte, il avait trouvé moyen de se marier deux fois et de procréer seize enfants, dont voici la liste. De son mariage avec Catherine Darvoy, il eut :

1" Henriette-Catherine, née le 16 juillet 1682; 2° Denise, née le 9 novembre 1684; S" Henri-François; né en 1685; 4° Nicolas-Louis, né le 24 avril 1687; 5° Pierre, né le 26 avril 1688 ; 6« François-Antoine, né le 5 avril 1690 ; 7° Charles-Pierre, né [le 16 mai 1691 ; 8" Catherine-Marguerite, née le 20 octobre 1692 ; 9° Gabriel-Jacques, né le 29 juin 1694. De son second mariage avec Marie-Madeleine Berthe (1705), il eut : 10° Louis-Yictor, né le 4 août 1704; 11° Henri-Joseph, né le 3 septembre 1705 ; 12" Auguste-François, né le 12 octobre 1 707 ; 1 5" Christine-Victoire, née le 24 novembre 1708; 14" Louis-Gabriel, né le 27 avril 1710; 15° Abraham- Maur, né le 15 janvier 1712 ; 16° Madeleine-Catherine, née le 28 novembre 1713. N'oubhons pas de relever une erreur qui est commune à presque tous les biographes qui se sont occupés des Le Dran. Ils assurent, en effet, que ce fat Henri- François Le Dran qui le premier pratiqua la désarticulation scapulo-humérale, tandis que cette priorité appartient k Henri Le Dran. L'erreur vient de ce que l'observation se trouve rapportée dans un ouvrage de Henri-François Le Dran {Observât, de chirurg., 1. 1, p. 315) ; mais le fils prend cette observation dans les notes de son père, et il a soin de le dire tout d'abord.

Le Dran (Henri-François), fils aîné du précédent et de Catherine Darvoy, naquit à Paris, en 1685, et fut baptisé dans l'église de Saint-Barthélomi. La pratique de cet homme, justement célèbre ; ses livres nombreux et excellents; les réformes heureuses qu'il a apportées à différents procédés opératoires ; ses profondes connaissances en anatomie, le recommandent vivement à la postérité. L'on ne peut oublier qu'd donna le premier les signes caractéristiques de l'empyème ; qu'il s'éleva avec énergie contre cette prétendue impossibilité d'enlaver

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le leslicule lorsque le cordon est très-eiigorgé ; qu'il donna pour le traitement du cancer des préceptes judicieux, voulant qu'on tente la guérison lorsqu'il n'y a pas d'ulcération, recommandant dans le cas contraire l'amputation ; qu'il émit des idées fort judicieuses sur les accidents qui surviennent à la suite des plaies du crâne; que son manuel opératoire du bec-de-lièvre n'a guère subi depuis lui de modilications : qu'il apporta à l'opération de la taille par l'appareil latéral d'heureuses améliorations.

I Henri-François Le Dran mourut, chirurgien en chef de l'hôpital de la Charité, chirurgien consultant des armées et membre de l'Académie de chirurgie, le 17 octobre 4770, laissant, de sa femme Françoise de Saint-Remy, une seule fille, qui a épousé Lalouelte, médecin de la Faculté de Paris. Voici les titres de ses ouvrages :

I. Parallèle des différentes manières de tirer lapierre hors de la vessie. Paris, 4750, in-S», 2 vol. traduits en allemand (1737); en anglais (1758); et Journal des savants, année 1751, t. I, p. 548. — II. Observations de chirurgie auxquelles on a joint plusieurs réflexions en faveur des étudiants. Paris, 1751, in-8°, 2 vol. Un grand nombre de ces observations n'appartiennent pas en propre à l'auteur, mais il les pi^end à peu près partout. — III. Traité ou réflexions tirées de la pratique sur les plaies d'armes à feu. Paris, 1757, in-12. Trad. en allemand (1740); al Journal des savants, année 1758, t. II, p. 489. — IV. Traité des opérations de ddrurgie. Paris, 1742, in-8». Traduit en anglais par Gatacker, avec des notes de Clieselden (1749). — V. Supplément au parallèle des différentes manières de tirer les pierres hors de la vessie. Paris, 175t), in-8°. — VI. Consultations sur la plupart des maladies qui sont du ressort delà cliirurgie. Paris, 1763, in-8°. — VII. Traité économique de Vanatomie du corps humain. Paris, 17ti8, in-12.

Le Bran (Frakçois-Antoine), un des seize enfants de Henri Le Dran, et frère, par conséquent, du précédent, nacpiit à Paris, le 5 avril \ 690, et devint docteiu' en médecine de la Faculté de Paris (11 octobre 1714). Nommé médecin du roi à la Martinique (1716), il se rendit à son poste, et revint en France en 1721. Mais s'étant embarqué de nouveau pour le Pérou, il mourut en route, à Cadix, le 7 février 1724. On ne lui connaît que ses deux thèses soutenues à la Faculté de médecine de la rue de la Bîi chérie.

I. 16 novembre 1715, sous la présidence do Armand-Joseph Collot : An renum et vesicœ morhis diuretica calida? — II. 22 février 1714, sous la présidence de Louis Poirier, premier médecin du Dauphin : An ad tuendam senum, qiiam jitvenum sanitatem potiores vence sectio atque jmrgatio ? A. Cuéreau.

liEGii L. Genre de plantes que Linné a encore nommé Aquilicla et que Gaert. ner appelait Ottilis. On en a fait d'abord le type d'une petite famille des Leeacées; après quoi l'on a reconnu qu'elles devaient être placées dans la même famille que les Vignes, dont elles ne diffèrent essentiellement que par deux caractères : les loges ovariennes sont uniovulées, et les étamines au lieu d'être libres, sont unies en un tube qui se partage supérieurement en languettes alternipétales, interposées aux anthères. D'ailleurs la fleur est pentamère et régulière. Le calice est gamosépale, quiuquédenté. La corolle est gamopétale, à cinq divisions valvaires. Les étamines sont oppositipétales, et leurs anthères, extrorses quand leur filet est déployé, i"egardent d'abord en dedans parce que leur filet est replié sur lui-même. Le gynécée se compose d'un ovaire à cinq loges oppositipétales (plus rarement à 3-6 loges), surmonté d'un style à autant de lobes stigmatifères qu'il y a de loges. L'ovule est ascendant, anatrope, avec le micropyle inférieur et extérieur. Le fruit est une baie polysperme. La graine contient un albumen cartilagineux. Les Leea sont des arbustes à feuilles alternes, composées-pennées, rarement simples, à pétiole dilalé en gaine, à fleurs disposées en cymes composées, oppositifoliées. Ils

LEFËBUUE DE SAINT-ILDEFONT. l."^?

Iiabitent les régions chaudes de l'ancien monde. Plusieurs espèces sont employées. , 1. L. sambucina (W., Spec. plant., I, H77. — Aquiliciasambucina L. Mcmtiss, 2H . — Staphiilea indien Burm., F/, nîf?., t. 24, lige 2). Cette espèce est le Bois de source àe l'île Bourbon. Ses tiges sont glabres, anguleuses, cannelées. Ses feuilles sont composées-pennées et ses Heurs très nombreuses. On la trouve aussi dans riude, où les habitants lui accordent d'importantes propriétés thérapeutiques. Ses feuilles jeunes fournissent par expression un suc qui s'administre pour faciliter les digestions. On broie les feuilles, on les torréfie, et on applique cette préparation sur la tête, dans les cas de « faiblesse de cerveau, de vertiges, » etc. Contre les douleurs d'origine goutteuse, on prescrit une décoction dont la vapeur est dirigée sur les points aifectés. On dit qu'en Guinée cette décoction sert à dissiper les nausées, et que les femmes enceintes dont le ventre est douloureux en font usage. Le bois sert à préparer une infusion qui chasse la soif. L'écorce s'emploie en frictions contre les enflures; les racmes, en décoction contre les douleurs d'estomac. Les baies renferment un suc violet caustique.

2. L. rubra Bl. Ses fruits sont employés à Java, dans le traitement des dysenteries.

3. Les L. hirta Hor?;em. (L. scahra Boxb.) et speciosa Jacq. ont des propriétés analogues. Plusieurs espèces ont, dit-on, des fruits comestibles, acidulés ou astringents. H. Bn.

L., Manfiss., 124, 21t. — Roxr., FI. încl, II, 407. — Blume. Bijdrag., 193. — D. C, Proclrom., I, 035.— G.ïrtx., Fruct., I, 275, t. 57. — Mée. et Del., Dict., \, 574 ; Suppl., 52. — En'dl., Gen., n. 4569. — Rosenth., Sijn. plant, diaphor., 569, 1140. — Bextii. et Hook., Gen., I, 588,11. ô, — B.uuon (11.), in Payo, Fam. nat., 543.

LGFEBIJRE (Guill.\UME-BenÉ) ©E SAI!\'T-IL»EFOr\IT OU IL»EPffl©^'T.

Successivement militaire, médecin, littérateur politique , auteur dramatique, Lefébure de Saint-lldefont, entraîné par les événements au miheu desquels il vivait, mena une existence assez agitée, que couronna dignement, d'ailleurs, une mort honorable. Il était né à Sainte-Croix-sur-Orne, le 25 septembre 1744. Ses études terminées, il entra, en 1769, dans les chevau-légers ; mais, cédant à soîi penchant pour les sciences, il abandonna bientôt l'état miUtaire pour la médecine. En 1775, nous le voyous à Versailles professeur de maladies vénériennes et en l'art des accouchements ; peu après il est médecin de Monsieur (depuis LouisXYIll). Cette position l'obligea de s'e.xpatrier pendant la Révolution, et il alla successivement pratiquer la médecine en Hollande, en Allemagne et en Italie. 11 crut pouvoir revenir en France , en 1801 ; mais ses opiaions indépendantes et philosophiques ne pouvaient s'accommoder du pouvoir intolérant et despotique de cette époque. Il se vit de nouveau forcé de se retirer en Allemagne. 11 était à Âugsbourg lorsque les événements de la guerre y conduisirent l'armée française. Les sanglantes batailles de Batisbonne et d'Essling avaient encombré les hôpitaux de blessés français, décimés en outre par le typhus, cet autre fléavi; c'est alors que nommé médecin en chef des hôpitaux d'Augsbourg, il se dévoua avec un zèle sans égal à secourir ses malheureux compatriotes ; mais bientôt atteint par la contagion, il y succomba le 27 juillet 1809. Libre penseur jusqu'à ses derniers moments, il sut résister aux obsessions de quelques prêtres d'Augsbourg qui s'étaient mis eu tète de le couvertir, et, pour couper court à tout scandale sur sa tombe, il voulut être enterré dans le cimetière protestant.

Lefébure a beaucoup éerit ; il avait plus d'esprit que de savoir, bien que son esprit lie fut pas toujours du meilleur goi^it. Ses recherches sur les maladies véné-

138 L;E gallois (i.e pèbe et i,e fils).

Tiennes n'ont rien ajouté à l'histoire de cette maladie, mais il a donné là une biblio^ranhie destinée à servir de complément à la savante bibliographie d'Âstruc, et qui, sans être bien complète ni bien exacte, 'donne cependant de précieuses indications sur une foule de brochures de ce temps, presque complètement oubliées ou perdues aujourd'hui.

Laissant de côté ses écrits politiqnes et littéraires, nous citerons les ouvrages suivants de Lefébure de Saint-Ildefont :

I. Méthode familière pour guérir les mahulies vénériennes, avec les recettes qui y sont propres, etc. Amsterdam, 4773, in-1 2. — II. Le médecin de soi-même, ou méthode simple et aisée de guérir les maladies vénériennes, avec la recette d'un chocolat aussi îttile qu'agréable. Paris, 1775 , 1 vol. en 9 parties. — III. Lettre au sujet d'un ronge à l'usage des dames, tiré du règne végétal . Paris, 1775, in-8". — IV. Remède éprouvé pour guérir radicalement le cancer occulte ou manifeste et ulcéré. Paris, 1775, in-8°. — Y. État de la médecine , chirurgie et pharmacie en Europe , et principalement en France, pour l'année un (en société avec L. A. César). Paris, 1777, in-12. — VI. Le inanuel des femmes enceintes, de celles gui sont en couches, et de celles qui veulent nourrir. Paris, 1777, in-12; ibid., 1782, in-12; ibid., 1797, in-8°. — VII. Mém. clin, sur les maladies vénériennes. Utrecht, 1781, in-12. — VIII. Ohs. pratiques, rares et curieuses sur divers accidents vénériens. Ibid., 1783, in-8°. — IX. Sichere geschwinde und leichte Art sich selbst ohne Hiilfe eines Arztcs von der Gonorrhœa oder dem Tripper zu lieilen. lena, 1787, in-S». — X, République fondée sur la nature phijsique et morale de l'homme. Nuremberg, 1797, in-8<". — XI . Z,e guide des personnes de Vun et de l'autre sexe, qui sont affligées de hernies ou descentes, oa Instruction, etc. Francfort-sur-Ie-Mein, 1798, in-8°; ibid., 180O, in-8°. —XII. Becherches et découvertes sur la nature du fluide nerveux ou de l'esprit vital, principe de la vie, etc. Ibid., 1799, in-8°. — XIII. Traité sur la paralysie du nerf optique vulgairement nommé goutte-sereine, au traitement de laquelle on applique le gaz hydrogène. Paiis, 1801, in-S". — XIV. Histoire anatomique, physiologique et optique de l'œil, pour sennr d'introduction, etc. Francfort, Strasbourg et Paris, 1805, in-8°. E. Bgd.

IiEF£B¥RE DE YILLEBRIME ( Jea.n-Baptiste) . Philologue né à Senlis en 1732, se tit recevoir docteur en médecine; mais, entraîné par une véritable passion, il se voua exclusivement à l'étude des langues mortes et vivantes. Lefebvre profita de ses connaissances spéciales en médecine pour traduire de l'anglais, de l'allemand et de l'italien divers ouvrages relatifs à cette science — immense service rendu aux médecins aloi's peu versés dans la connaissance des idiomes étrangers. Après avoir professé à Paris l'hébreu et le syriaque, il se retira à Angoulême où il occupa successivement une chaire d'histoire naturelle, puis une chaire d'humanités, et mourut dans cette ville le 9 octobre 1809. Ou doit à sa plume infatigable une traduction des aphoTismes d'Hippocrate; des traductions des traités des maladies des enfants, de Rosen et d'Undervvood ; des traités de la dysentf^rie et de l'expérience de Zimmermann ; des recherches sur les fièvres de Grant ; du traité des ulcères des jambes d'Underwood ; de la manière d'allaiter les entants de Baldiiii ; du traité des maladies périodiques de Casimir Medicus, etc. E. Bgd.

LEGALIiOIS (le père et le fils).

Legaiiôis (Jclien-Jean-César) fut un des premiers médecins français qui lancèrent décidément la physiologie dans la voie féconde de l'expérimentation. 11 était néle 1" février 1770, à Gherneix, près de Dol, en Bretagne. Après avoir fait avec les plus brillants succès ses humanités dans cette dernière ville, il étudiait la médecine à l'École de Gaen, en 1795, quand il fut obligé d'en partir, après avoir pris, les armes à la main, le parti des fédéralistes. Il se réfugia alors à Paris et se perdit dans la fode des étudiants ; mais, menacé de nouveau, il se fit, après un examen, donner une coiumission parle comité des poudres et salpêtres, qui l'envoya dans

LE GALLOIS (ie pèp.e et le fils). -I3t)

son département, d'où il revint comme élève de l'École de santé. Sa réception au doctorat fat signalée parla publication d'une thèse des plus remarquables, et qui indiquait ses études et ses tendances en physiologie expérimentale. Nommé, en 1812, à l'hôpital de Bicètre, il s'y rendait chaque jour, à pied, de Paris. C'est dans une de ces courses, pendant le froid de l'hiver, qu'il fut pris d'une pneumonie à laquelle il succomba en février 1814. Isid. Bourdon prétend qu'il attenta lui-même à ses jours, en s'ouvrant l'artère crurale, pour se soustraire à de cuisants chagrins.

Doué d'une iraagmation moins brillante que celle de Bichat, Legallois se montre aussi plus positif, plus réservé. Un fait le frappe, et c'est par l'expérimentation qu'il cherche les conditions du phénomène qu'il veut étudier; les résultats auxquels il arrive sont donc presque toujours la déduction d'observations faites rigou' reusement et a posteriori.

Ses recherches ont spécialement porté sur la moelle épinière, et il a surtout cherché les rapports de cet organe, non-seulement avec les mouvements, mais encore avec la respiration, la circulation, la chaleur animale, 11 a démontré que chaque partie emprunte le principe de ses mouvements à la portion de la moelle d'où lui viennent ses nerfs. Il a fait voir, le premier, que le principe de la vie semble résider dans un point particulier de la moelle allongée, au^niveau du trou occipital, dans l'origine des nerfs pneumogastriques, et, enfin, que la destruction du cordon médullaire en ce point détermine une mort en quelque sorte foU' droyante.

Voici la notice de ses publications :

I. Le sang est-il identique dans tous les vaisseaux qu'il parcourt? Th. de Paris, an XIII, n" 131, in-8°. — II. Recherches chronologiques sur Hippocraie. Paris, 1804 , in-8°. — III. Recherches sur la contagion de la fièvre jaune. Paris, 1805, in-8''. — IV. Expériences sur le principe de la vie, notamment sur celui des mouvements du cœur, et sur le siège de ce principe, suivie, etc. Paris, 1812, in-8°. — V, Un grand nombre d'articles publiés dans divers recueils; l'art. Cœur (anat. et pliysiol.) dans le Dict. clessc.méd. Ses divers ouvrages ont été réunis sous ce titre: OEuvres de Ces. J. Julien Legallois, avec des notes de M. Pariset,prén cédées d'une notice, etc. Paris, 1828, 2 vol, in-8°. (A la fin, dans les éditions complètes, il doit se trouver un opuscule de \') pages, intitulé: De la possibilité d'opérer une résur" rection.)

I.eg:alIois (Eugène), fils du précédent, naquit à Paris en 1804, et, voulant suivre les traces de son père, commença l'étude de la médecine sous les auspices du grand Laennec qui se plut à diriger ses premiers pas ; il passa ensuite dans le service d'Esquirol à la maison de Charenton, où il se livra à son goût héréditaire pour la physiologie expérimentale, et fit de curieuses études sur les altérations du sang des animaux dans les maladies. Reçu docteur en 18"i8 il avait été nommé médecin de l'hôpital de Saint-Mandé, quand il partit pour la Pologne avec M, Brierre de Boismont en 1831 . Atteint du typhus des camps, il en guérit et il revenait en France, quand il succomba, avant d'avoir revu sa patrie, aux progrès d'une phfhisie aiguë dont il avait déjà présenté plusieurs symptômes.

Il a laissé les quelques mémoires suivants qui montrent ce dont il eut été capable si la mort ne l'eût si prématurément enlevé à la science,

I. Plusieurs perforations du canal intestinal et spécialement du gros intestin à la suite d'une affection tuberculeuse. In Arch. gén. de niéd., i'" sér., t. VI, p. 08 ; 1824 — II. Mém. sur la vaccine, lu à l'Acad. de méd. Ibid. , t. IX, p. 441; 1825. — III. Aperçu sur quelques maladies qui paraissent consécutives à une affection du nerf trisplanchnique. In R»v. med. 1S26, t. II, p, 418. — IV. Réponse expérimentale à cette question: La vaccine perd-elle son efficacité préservative après vingt ans d'insertion. Th. de Paris, 1828, n''lj. V. Des maladies occasionnées j'ar la résorption du pus. la Journ. hebd., t, 111, p. 166, 321 ;

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