COMPOSITION TES LENTILLES
.Amiilon, ilextrine et matière sucrée 56,0
Légumine et autres matières .Tzotées 25,2
Matières grasses et traces de substances aromatiques. ... 2,6
Cellulose 2,4
Sels minéraux 2,5
Eau (variable) en moyenne -11,3
Total 100,0
Les lentdles ont été introduites de France eu Angleterre, vei^s 1548. D'après leur composition, il est facile de voir qu'elles constituent un excellent aliment, tant par la proportion considérable des matières azotées, que par l'arôme particulier qu'elles renferment. Cet arôme réside dans l'épisperme, car la farine de lentilles décortiquées eu est complètement dépourvue.
Il existe deux variétés de lentilles, qui sont cultivées en grand : 1° la grande lentille, la plus commune et la plus productive, à graines grosses, blondes et farineuses, etc. ; 2° la petite lentille, dont les graines sont plus petites, plus renflées, et d'une nuance roux foncé. Cette dernière est la plus estimée en raison de sa saveur plus agréable.
Les lentilles peuvent être altérées, par les insectes, par les moisissures, ou par suite d'une fermentation spontanée. Dans le premier cas, on les vanne pour séparer les grains légers. On peut également, au moment de s'en servir, les plonger dans l'eau, et rejeter tous les grains qui surnagent, parce qu'ils sont piqués. Les moisissures et la fermentation ne se développent que lorsque ces graines sont ti^op humides. Quand elles sont peu hydratées, elles peuvent se conserver indéfiniment. Il est probable que, si l'on voulait les conserver en grand, on réussirait à tuer les insectes qui s'en nourrissent, à l'aide du sulfure de carbone, employé comme il a été dit pour le blé.
Dans ces derniers temps, les lentilles sont devenues la base de préparations alimentaires, désignéespar les noms de Revalenta, Bevalesciére, Ervalenta et autres. Il est mutile de dire que les propriétés thérapeutiques qu'on leur prête sont imagmaires. On rencontre pourtant, dans la pratique, nombre de personnes qui assu-
LEiSZlTES. l''7
rcut retirer de leur eini)loi journalier une tlimiiuitiou notable de la constipation. L'es expertises judiciaires cl des analyses faites par les sonis de quelcpies sociétés savînites n'y cnt décelé aucune trace de substance médicamenteuse, purgative ou iivdiw C'est à cause de cette circonstance que la vente de ces produits, autrefois ]:oursuivie, est maintenant permise en l'rance. h'Ervalenta Warton est de la lariiie de Icnlillcs décortiquées : son nom est grossièrement dérivé du latiu Erviim lois, qui sert à désigner la lentille. La Uevalenta arabica du docteur Barry, qui est aussi nue importation anglaise, ne peut plus, par décision judiciaire, être vendue sous ce nom, qui avait été formé avec le mot Ervalenta, par interversion de ses deux premières lettres, ce qui constituait une concurrence illicite. EUj s'appelle aujourd'hui Revalescière. La Commission sanitaire de Londres, d'accord avec M. Payen, y atrouvé, avec la farine de lentille, des farines de pois, de maïs, de sorgho, d'avoine et d'orge, ainsi que du sel de cuisine. La Revalescière ne diffère de l'Ervalenta que par son prix, qui est double ; et cette circonstance est la seule qui puisse justilier l'épithète de concentrée ou doublement raffinée, qu'on lui cloune sur le prospectus. P. Coulieu.
LEIVTILLF. (Physique) voij. Dioptrique, Optiqoe.
LEXTII.L01V. Nom donné à une variété commerciale de la lentille.
LEXTlîVîJS Fr. Genre de la famille des AGAmciNÉEs, de la section B des Agariciuées à tissu tenace, réviviscent, à lames flexibles. Genre très-naturel, caractérisé par son tissu entièrement flexible, jnais tenace, par ses lames bien formées, minces, à bords aigus, mais le plus souvent dentelés en scie, incisés ou déchiquetés ; ces lames sont inégales, mais simples, et les spores sont blanches; le chapeau a ses bords infléchis, le plus souvent d'abord convexe, puis à disque plus ou moins déprimé ou concave, quelquefois lobé ou dimidié; sa surface est le plus sou\eut squamulée; le stipe plus coriace évasé en haut est quelquefois tubiforme, surtout chez les individus qui, s'étant développés dans les antres creux et obscurs, se sont allongés vers la lumière. Espèces presque constamment éjnxiles sur le bois pourri, dans l'intérieur des vieux troncs, etc. Ces Agaricinées sont déjà trop coriaces pour servir d'ahment : aussi ignore-t-on leur propriété. L'espèce la plus commune est L. Lepideds, cpie caractérise son chapeau, relativement assez charnu et compacte, les fibrilles squameuses qui jaspent de taches plus obscures le fond jaune ocracé du chapeau ; enfin, les lames assez lai'ges, et que divisent transversalement de nombreuses scissures, sont décurrentes sur un stipe squameux, tomenteux. L'odeur est notable et plutôt agréable, et sa chair sert de nourriture à plusieurs insectes; sa taille très- variable s'élève, à en juger d'après les seuls échantillons que j'ai rencontrés de 10 à 50 centimètres.
Deux autres espèces sont figurées par BuUiard, L. tigrinus, pi. 70, et L. DunalilFr., pi. 56. Bertillon.
LEiVTiSdjUE. Vorj. Pistachier.
LE\ZITES. Un des derniers genres de la famille desÂgaricinées, division des tenaces réviviscents à lames coriaces; leur tissu général est subéreux et coriace; leur chapeau dimidié et sessile, les lames rayonnantes, fermes, tantôt simples et inégales, tantôt rameuses et anastomosées, et même alvéolées par derrière, c'est-à-dire près du stipe (et non vers la marge, comme dans les D.edalées et les
itjS LÈOA'IDÈS.
CïCLOMïcÈTEs); leurs bords sont entiers, tantôt obtus, tantôt aigus; ces champignons, sans odeur notable, sont toujours épiphytes. Les espèces des tropiques sont ligneuses, celles d'Europe seulement subéreuses. Les wnes croissent sur les arbres munis de feuilles, comme L. betulina, L. flaccida, Bull, pi. 59-4 et L. variegata Bull., pi. 557, fig. I, K, L; les autres sur les Conifères, comme L. Abietina, Bidl.,])\. 442, etc. 11 est évident que le tissu tubéreux des Leïszites ne leur perraei pas de servir d'aliment, c'est pourquoi leurs propriétés sont inconnues. Ces champignons sont sans usage. Beutillon.
LEO\lîÂK»l (.IoHANN-GoTTFEiED),né le 18 3uin4746 à Leipzig, oiiii commeiiu ses études médicales sous le célèbre Chr. Gttl. Ludwig. Promu au doctorat en 1771, Leonbardi se fit bientôt connaître par des cours particuliers sur les différentes branches de la médecine, il était alors attaché à la rédaction des Cornvientaria Lipsienûa; nommé professeur extraordinaire en 1781, il quitta celte position l'année suivante, pour occuper à "Wittemberg une chaire d'anatomie et de physiologie qu'il échangea bientôt pour une chaire de pathologie. Appelé dix ans après à Dresde par l'électeur Frédéric Guillaume pour remplir les fonctions de médecin de la famille royale, Leonbardi resta dans cette brillante position jusqu'à l'époque de sa mort, arrivée le H janvier 1824.
Ce médecin éminent a publié un très-grand nombi'c de dissertations et de programmes académiques. Nous citerons seulement les suivants :
L Progr. de resorptiona cutanea. Lipsiaj, 1768, in-8°. — II. Dissert, de frigoris atino' sphccrici effectlbus in corpus humanum. Ibid., 1771, in-^". — III. Dissert de resorptionis in corporc liumano prœter naturam impeditœ causis atquc noxis . Ibid-, 1771, iii-4°. — IV. Animadversioiies chimico-therapeuticœ de ferro. Wilteb., 1785, in-4''. — V. Progr. de latice pulmonum spumoso liominis vivi suhmersi signo ambiguë. Ibid., 1786, )n-4°. — VI. Pliijsiologia muci primanim viarum. Ibid., 1789, in-4°. — VII. Pharmacopœa Saxonia jussu régie et auctoritate publica édita. Dresde, 1820, in-S", E. Bgd.
LEOî^'ïCERI® (Nicola) ou Nicolas de Lonigo, partage avec quelques autres médecins italiens l'honneur d'avoir, cà l'époque de la renaissance contribué à vulgariser les classiques grecs de notre art, et d'avoir réveillé l'esprit de critique et de libre examen endormi depuis tant de siècles. Né à Lonigo, près de Vicence, en 1428, il se fit recevoir docteur à Padoue, el après avoir professé pendant quelque temps dans cette ville, il obtint à l'université de Ferrare une chaire de mathématiques et de morale qu'il occupa jusqu'à sa mort, en 1524; il avait alors quatre-vingt-seize ans. Leoniceno a donné des traductions de plusieurs hvres d'Hippocrate et de Galien. Dans un traité spécial sur le mal français il admet que cette maladie n'a point été décrite ni dénommée d'une manière précise par les anciens, et il la regarde comme une épidémie particulière due à des inondations. Il a osé, courage bien rare à cette époque, signaler et relever des erreurs dans Pline l'Ancien, et surtout dans les Arabes copistes et commentateurs du naturaliste latin.
Laissant de côté les traductions, on doit à Leoniceno les ouvrages suivants :
I. PUnii et aliorum plurium auctorum qui de simplicibiis medicaminibus scripserunt errorcs notatœ, Ferraraj, 1492, in-4, et Epistolœ ad Hcrm. Barbarum; ad Fr. Titum; ad H. MeiiocMum. (Défense de son ouvrage.) Ibid., 1509, in-4; Basileœ, 1529, in-4 ; ibid., 1552, in-fol. — II. Lib. de epidemia quain viilgo morbum gallicum vocant. Venetiis, 1497, in-4; Médiol., 1497, in-4; Papiœ, 1506, in-fol.; et in Coll. Luisini. — III. De dipsadc et plurihus aliis serpentibus . Basil., 1529, in-4. — IV. Opuscula. Ibid., 1532, in-fol. E.Bgd.
LÊONTICE. 153
LÊONIDÈS (AîmiSr,;). Ou sait par Galien [Introd. seu med., 4) qu'il était d'Alexandrie, et par Soranus (Cœlius Aurel. , Morb. acut. ,11, 1 , p. 75) , qu'il appartenait à la secte des Episynthetici {voij. BIédecixe, histoire). Soranus llorissaitsous Trajan et Adi'ien, c'est-à-dire de l'an 98 à l'an Jo8 environ, et puisqu'il cite Léonidès, il faut bien admettre que ce dernier était plus ancien que lui ou du moins son contemporain; de sorte qu'il n'est guère possible de croire que Léonidès ait vécu après Galien, né l'an loi , et encore moins au troisième siècle, comme on le pense généralement. Mais on dit : Léonidès, qui est cité par Soranus, cite à son tour Galien, et pour justifier cette assertion on renvoie à Aétius, livre XIV, ch. ii, lequel chapitre a pour titre : De fistulis ani, Leonidœ, et dans lequel on trouve, eu effet, un renvoi à VEinpIastrum fulvum et sine cera Galeni. Comme en général on ignore les procédés dont Aétius a usé pour composer ses chapitres, on n'a pas remarqué que le texte de Léonidès finit avant cette mention de Galien, et qu' Aétius a pris la parole pour son propre compte, en renvoyant à Galien et à un autre chapitre du même livre XIV où il est parlé plus au long, d'après Galien, du traitement des fistules. Ainsi tout s'explique et les impossibilités disparaissent. Voilà comment l'étude critique des textes, quoi qu'en disent certaines personnes intéressées, peut sei'vir à l'étude de l'histoire et de la chronologie. Aétius et Paul d'Égine ont fait à Léonidès, soit directement, soit plutôt encore par l'intermédiaire d'Oribase, de fréquents emprunts, pour la description et le traitement de plusieurs affections chirurgicales : hydrocéphale, maladies de l'anus et des organesgénitaux, tumeurs, fistules, hernies. Ces extraits prouvent que Léonidès s'était appliqué à la chirurgie et qu'il excellait dans son art. Gh. Daeemberg.
LEOlMTîCE L. Genre de plantes de la famille des Berbéridées, dont les fleurs sont construites sur le même plan général que celles des Épines-vinettes : trois sépales pétaloïdes, trois autres sépales, alternes, semblables, et six pétales disposés sur deux verticilles et superposés chacun à un sépale. Les pétales sont courts, en forme de nectaire écailleux, étroit, allongé, concave en dedans et glanduleux à la base. Les étamines sont aussi au nombre de six, libres, à anthère introrse, biloculaire, dont la demi-loge dorsale prend seule tout son développement de chaque côté et se relève en forme de panneau pour laisser échapper le pollen. L'ovaire, libre, uniloculaire, surmonté d'un style court, dilaté, stigmatifère, renferme un placenta central basilaire, court, supportant quelques ovules anatropes à funicule dressé. Le fruit est une vésicule sèche, indéhiscente ou inégalement déchirée en haut et contenant une ou plusieurs graines albuminées. Les Leontice sont des herbes \ivaces de l'Asie moyenne. Leur souche tubériforme porte des feuilles pennées, bi ou triséquées, alternes. Celles des rameaux sont plus simples. Les ileurs sont disposées en grappes simples ou ramifiées, terminales. On a employé de toute antiquité, dans l'Oiient, le L. Leontopetalum L. {Spec, 448), espèce qui se trouve en Orient, en Crète et en Itahe, et qui a des feuilles biternées, à sog^ ments obovés subpétiolulés, avec des fleurs jaunes, vernales, et des bractées bien plus courtes que les pédicelles. On s'en sert aujourd'hui pour guérir la gale. On la croyait autrefois efficace contre la morsure des serpents, la sciatique, les douleurs en général. {Dioscoride, liv» 111, ch. 94;) La souche est savonneuse. Olivier l'indique comme servant j en Perse, au dégraissage des laines et des cachemires. Les propriétés de ce tubercule semblent analogues à celles de la Saponaire. C'est le Moiadé des Orieutaux. La souche s'appelle encore Ischar ou Saponaire dii Levant. H. Bn
160 LiOTIACEliS.
ToiT.NEF., CoroIL, 484. — L., Gen., n. i'23. — Endl., Gcn., n. 4810. — Miin. et BiiDict., IV, 87. — Centh. et HooK., Gen., I, 43, n. 10. — I'vOsenth., Synops. pi. diaphor., GlO.
LÉOIVTODOIV, Liondent. Genre de plantes de la famille des Synanthérées, de la tribu des Chicoracées. Ce genre, tel qu'il avait été établi par Linné, contenait les plantes dont le Pissenlit est le type. Mais lialler, suivi par Jussieu et les botanistes modernes, fit rentrer ces dernières dans un nouveau genre : Taraxacum, On en a distrait également quelques autres plantes pour les rapporter aux Thrhicia, Phrenanlhes, Picris, etc. Ainsi limité, le genre Léontodon ne contient que huit à dix espèces, participant des propriétés générales des Chicoracées, mais n'étant pas spécialement employées en médeciue. Ce sont des herbes vivaces caractérisées par leur péricliiie à folioles imbriquées sur plusieurs rangs, leur réceptacle nu, leurs acbaines striés, insensiblement atténués en bec, leurs aigrettes toutes semblables, persistantes, sessiles, à poils les uns denticulés, les autres plumeux.
Halleii. Helv. n" 25. — Jdssieu. Gen. Plant. 169. — De Candolle. Prodr. VU, lOJ.
G. Plaschox.
LÉOMTODOI^I. Voy. Pissenlit.
LÉOî^TOPÉTALOîV, Voij. Léontice. Le Corydalis bulbosa ou Fumaria bulbosa, porte aussi quelquefois ce nom dans les anciens ouvrages de Matière médicale. H. Bi\.
ILÉO^'IIRUS. Voy. Agripaume.
LKOPfflAî^ES (Acwyâ-jyj;), médecin grec, ou plutôt simplement phymlocjue, ne nous est connu que par deux auteurs, Aristote et son disciple Théopliraste. Aristote {Gêner, anini., IV, i, 22), copié par l'auteur inconnu des Placita philosophorum, nous apprend que, suivant Léopbanes, il faut lier le testicule gauche au moment de la copulation, si on veut avoir un enfant mâle, et vice versa. Un texte tout semblable se trouve dans le traité hippocratique Delà super fétaiion; M. Littré, qui n'a pas manqué de faire ce curieux rapprochement (t. I, p. 580- 7)81 ; voy. aussi Epid., YI, iv, 21), en conclut ou que le traité liippocratique est peut-être de Léopbanes, ou que, du moins (ce qui me semble le plus vraisemblable), l'auteur de ce traité De la super fétaiion a extrait et inséré dans son ouvrage un passage de quelque ouvrage de Léopbanes. ïhéophraste [Caus. plant., II, iv, 12) cite Léopbanes à propos des qualités que doit avoir le sol. ùi. Dauesiderg.
LÉOTIACÉES Corda, et Leotia Pers. Famille et genre de Champignons, charnu, claviforme, stipité, et dont l'extrémité supérieure capitée est revêtue d'un hyménium recouvert de thèques ou asces (petit sac) renfermant les spores comme dans les Pezizcs ; en vertu de cette organisation, les Léotiacées appartiennent à l'ordre de HyiIIÉinoiiicètes ascophorées de Corda, ou encore à celui des DiscomycLtes de Fries et de Bonorden, et aux Thécasporées, section des Géo- GLOSSÉS de Lé veillé.
La famille des Léotiacées de Corda comprend cinq 'genres, renfermant des champignons slipités, de petite taille, mais ayant ordinairement plusieurs centimètres de hauteur; le stipe, souvent creux, est surmonté d'une lête charnue, diversement teintée, portant sur la face supérieure (L. cucullaria excepté) un hyménium hsse vaguement ondulé ou plissé; cet hyménium, composé d 'asces (ou thèques) nombreux, pressés, allongés et remplis de spores simples (non composés) mêlés à des paraphyses. {Voy. Champignon, § Hyménium.)
LEPECQ DE LA CLOTUUE. 161
i . Le genre des Cccullariés (Cord.), que caractérise leur stipe, qui s'évase en une tête étalée, comme le chapeau d'une cantarelle et un hyménium lisse et inférieur.
2. Les ViBRissÉES Fr., ont aussi une tète hémisphérique à marge infléchie ou enroulée; mais c'est la face supérieure veloutée qui porte l'hyménium.
0. Le genre des Léotiés Pers. (Géoglossés de quelques auteurs), à tête globuleuse, charnue ou gélatineuse, plus ou moins sillonnée, plissée, ondulée ou lobulée, revêtue partout d'un hyménium d'abord lisse, coloré, gélatineux, puis diffluent ; à asces tubuleux, octospores, mêlés à des paraphyses rameuses et capitées à leur extrémité libre. La Leotia lubrica est des plus communes.
<4. Le genre des Spatules Pers., à tête en massue, spatulée, ondulée, irrégulièrement décurreute et adnée sur le stipe et revêtue d'un hyménium charnu, ceracé, coloré, portant des asces tubuleux et claviformes mêlés de paraphyses simples, ondulées et contenant des spores très-longs en faisceaux parallèles simples et un peu courbés.
5. Le genre des Mitrclés, à tète claviforme, ovoïde, charnue, lisse, revêtue de toutes parts de l'hyménium et embrassant étroitement le stipe grêle; asces allongés (sans paraphyses?). {Bull., pi. 465, fig. 5.)
Diagnose. Cette famille peut être rapprochée des Géoglossées Cord., et des Helvellacées Fr., que plusieurs auteurs réunissent en une seule famille; mais les spores sont simples chez les Léotiacées et chez les IIelvellacées, tandis qu'ils sont composés de plusieurs articles chez les Géoglossées. La tête, hyménophore, est charnue, épaisse, lisse, capitée ou spatiforrae, le stipe lisse, chez les Léoru- CÉES et les Géoglossées, tandis que chez les Helvellacées le stipe est plus oum.oins profondément sillonné ou réticulé ou alvéole, et la tête est plutôt mince, sèche membraniforme, que cet hyménophore soit campanule (H. verpa) ou diversement contourné, a\ec un stipe costé profondément alvéolé (H. Helvklle), ou que le chapeau, encore campanule, ou adné par sa face profonde (Morille), soit luimême plus ou moins alvéolé. Bertillon,
liE PALAIS (Station marine), dans le département du Morbihan, dans l'arrondissement et à 68 kilomètres de Lorient, est une ville de 5,000 habitants. Sur la côte de Fenmer, au nord de Belle-Ile-en-Mer, dont elle est le chef-lieu. Cette station de l'océan Atlantique a une belle plage qui n'est encore fréquentée que par les habitants de l'île, elle n'a, en effet, aucune installation que y attire les étrangers.
LE PAL'LMIER. Yoy. Paulmier.
LEPECQ DE LA CLOTURE (Louis), né en 1736, à Caen, où il fit ses études
médicales et où il prit le bonnet de docteur. Après avoir passé quelque temps à Paris, il retourna dans sa ville natale, professer la chirurgie pendant cinq ou six ans; mais, désireux de déployer ses talents sur un plus vaste théâtre, il vint à Rouen; il fut bientôt attaché à l'Hôtel-Dieu de cette ville, et nommé médecin des épidémies pour la généralité de Normandie; là il put donner cours à son goût pour l'observation des constitutions médicales et à son amour sincère de l'humanité. C'est alors que, cédant à une vaine gloriole indigne de son mérite, il sollicita, dit-on, des lettres de noblesse, qui lui furent accordées en 1781 et lui attirèrent, de la part de ses envieux, des tracasseries et des désagréments assez amers pour l'obliger à quitter la pratique médicale. Il alla chercher le repos dans une propriété qu'il possédait à Saint-Pierre-des-Assis, et il y mourut en 1804.
DICT. ENC 2' S. il. M
Lepecq de la Clôture est venu trop tard dans la science. Son livre des épidémies, rédigé d'après les principes formulés par Hippocrate, lui eûL fait une immense renommée dans le dix-septième siècle, mais ses opinions sur la marche des maladies, sur les crises, la coction, n'étaient déjà plus de mise à l'époque où il vivait; un autre ouvrage, publié peu de temps après, contient une exceileulj topographie de la Normandie, qui mérite d'être encore consultée aujourd'hui cl dont M. Max Simon a donné une analyse très-complète dans un mémoire coulonné par l'Académie de Roiien.
I. Observ. sur les maladies épidémiqiies [année MIQ), ouvrage rédigé d'après la tableau des épidémiques d'Hijjpocrnte, etc., publié 2)ar ordre du gouvernement. Paris, 1776, in-i°. — II. Collection d'observations sur les maladies et constitutions épidémiques, ouvrage qui expose une suite de quinze années d'observations et dans lequel les épidémies, les constitutions régnantes, etc. Rouen et Paris, 1778, in-4<', 2 tomes en 1 vol. E. Bgd.
LEPîaîïJM. Voy. Passerage.
LÉPil*®I»TÈïlES (dè^sfft'ç, IzniSoç, écaille, Trrspov, aile; aile écailleuse). Ordre d'insectes créé par Linné et l'un des plus naturels et des plus remarquables de la classe des animaux articulés. Les Lépidoptères présentent les caractères suivants: Quatre ailes, formées d'une double membrane incolore, recouvertes de petites écailles microscopiques, facdes à détacher et ressemblant alors à une fine poussière; trompe roulée en spirale (spiritrompe), placée entre deux palpes labiaux, composés ordinairement de trois articles velus ; antennes de forme variable et composées d'un très-grand nombre d'articles ; une pièce appelée ptérygode ou épaulette, placée en-dessus, à la base des ailes supérieures ; abdomen sans tarière; presque toujours deux sortes d'individus de sexe différent pour chaque espèce, le mâle et la femelle.
Les Lépidoptères, si connus sous les noms vulgaires de papillons de jour ou de nuit, doivent compter parmi les insectes les plus remarquables par la beauté de leurs coideurs et la grandeur de leurs ailes. Ils oltrent des métamorphoses complètes, mais au point de vue biologique leur organisation est presque uniforme et leurs habitudes fort semblables. Leurs larves, qui portent le nom spécial de Chenilles, faciles à trouver et à élever, ont frappé les plus anciens observateurs, aussi l'ordre des Lépidoptères est-il celui dont les premiers états sont le mieux connus. Nous allons successivement passer en revue l'insecte parlait, sa larve ou Chenille, et sa nymphe ou Chrysalide.
Le Lépidoptère à l'état de développement complet présente à considérer : 1» la tète, 2" le thorax, et 3° l'abdomen.
1" La tête, ordinairement grande, surtout chez les insectes diurnes, est élargie et transversale, un peu plus étroite que le thorax. Les yeux sont grands et à facettes multiples, ou à réseau ; les stemmates, ocehes ou yeux lisses, sont placés sur le vertex et cachés par des écailles. Les antennes varient beaucoup pour la forme : chez les insectes diurnes elles sont d'abord fdiformes, puis renflées en massue ou en bouton à l'extrémité, d'où le nom de Rhopalocères donné par Duméril et Boisduval [porcrAo-j massue, y.épocç corne, antenne) ; chez les Lépidoptères crépusculaires ou nocturnes les antennes sont très-diversifiées, tantôt prismatiques ou en corne de bélier, tantôt pectinées ou plumeuses, ou filiformes, etc. , d'oij le nom d'Hétérocères donné à ces insectes par Bois&uval {sTipoloç, variable ■Aépocç antenne). Les palpes sont au nombre de quatre : ilcux sont maxillaires et deux autres labiaux. Les palpes maxillaires sont très-petits, difficiles à apercevoir
situés à la base de la spiritrorape; les palpes labiaux sont au contraire fort développés, très-saillants, très-grands, redressés et velus. La trompe ou spiritrompe, de longueur variable, parfois atrophiée, parfois trois ou quatre fois plus longue que le corps (Sphingides), est constituée par les mâchoires, qui sont allongées, flexibles, rapprochées et creusées en demi-canal à leur partie interne, formant amsi une langue ou trompe caractéristique. La conformation spéciale de la langue des Lépidoptères leur avait fait donner par Fabricius le nom de Gloi^sates {yl^frao. langue). Les mandibules de ces insectes sont tout à fait rudimentaires, ainsi que l'a démontré Savigny dans ses mémoires sur les animaux articulés; le labre, ou lèvre supérieure, est de même très-peu développé, très-difficile à apercevoir.
2" Le thorax (ou corselet des Lépidoptères) situé entre la tête et l'abdomen, donne attache aux ailes et aux pattes ; il est formé de trois segments, dont le premier représente une mince bande antérieure en forme de collier, c'est le protliorax ; le segment moyen est le mésothorax, qui donne attache aux ailes supérieures; puis vient le métathorax, intimement uni ou soudé au précédent et donnant attache aux ailes inférieures. Le thorax est moins gros chez les papillons diurnes que chez les crépusculaires et les nocturnes. En dessus, le thorax donne attache aux ailes, et en dessous les trois segments thoraciques portent les trois paires de pattes.
Les ailes sont toujours au nombre de quatre ; elles sont très-rarement rudimentaires et alors elles sont l'emplacées par des moignons chez quelques femelles àes gemesOrgya, Psyché, Hibernaria, etc. Les ailes sont formées par deux lames membraneuses, incolores, soudées par leur face interne, divisées par des nervures cornées ou chitineuses. Ces écailles qui recouvrent les ailes sent attachées au moyen d'un pédicule mince à la face externe des membranes alaires et placées comme les tuiles d'un toit. Les écailles, qui sont des poils élargis ou contournés en forme de cornet, ont une forme variable et des stries longitudinales, et plus rarement transversales. Leur coloration est très-remarquable et tout autre à la lumière pénétrante qu'à la lumière réfléchie. Cette dernière donne aux ailes des Apatura ilia et iris mâles des reflets changeants, parce que l'écaillé est teinte de deux couleurs à la manière de ces dessins disposés en relief et représentant des objets différents, suivant le point latéral examiné.
Les écailles sont quelquefois très-clair-semées sur les ailes (Parnassius, Macroglossa, Sesia), mais j'ai vérifié plusieurs fois que dans ces derniers genres l'insecte venant d'éclore a ses ailes couvertes d'écaillés, celles-ci sont extrêmement fugaces et se détachent dès les premiers battements ; les ailes paraissent alors comme vitreuses. Lyonet [Œuvres posthumes, in Me'm. du Muséum, t. XX, p. 44, pi. VI à XII), Bernard Deschamps (Annales des sciences naturelles, S'' série, t. III, p. dlî, pi. 5 et 4, 1855), et tout récemment Émde Blanchard {Métamorphoses, mœurs et instincts des insectes, p. 157, 158, 1868) ont publié d'intéressantes recherches et des figures sur la forme des écailles des ailes chez les Lépidoptères. Les entomologistes classificateurs ont étudié avec soin les nervures alaires pour établir les genres au milieu d'espèces nombreuses et très-diffi- ' elles à séparer.
Les ailes supérieures sont constamment plus grandes que les inférieures; celles-ci ont souvent, chez les diurnes, une excavation interne comme moulée et embrassant l'abdomen. Pendant le repos les Papillons de jour relèvent ordinairement leurs ailes, tandis, que les nocturnes les tiennent horizontales ou repliées. Une disposition très-remarquable des ailes chez les crépusculaires et les nocturnes consiste en un frein ou anneau placé sur les premières ailes et recevant une soie,
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ou crin rigide, situé à la partie marginale supérieure des secondes ailes. Emile Hiancbard a tiré parti de ce caractère organique pour former deux grandes divisions des Lépidoptères correspondant aux Rhopalocères et aux llétérocères, il a nommé Achalinoptères (à;^(/).tvoç, dépourvu de frein, et 7TTsp6v,aile) les diurnes qui n'ont pas la soie roide aux ailes inférieures, et Ctialinoptères les autres Lépidoptères crépusculaires et nocturnes qui ont cette soie spéciale engagée dans un frein des ailes supérieures (/â)Livoç, frein, et izrzpôv, aile). (E. Blanchard, loc. cit., p. 170.)
Les ailes des Lépidoptères peuvent refléter les teintes les plus brillantes, celle des Morpho de l'Amérique méridionale sont d'un bleu métallique cbez les mâles ; d'autres espèces, même de nos climats {Polyommatus vivgaureœ, chryseis, phlœas), offrent en dessus une couleur de cuivre rouge fort éclatante. Les Lépidoptères les plus richement colorés se trouvent dans les parties les plus chaudes et les plus humides du globe. Du reste, la coloration des ailes offre une certaine uniformité suivant les genres et souvent les contrées d'où ils proviennent. Beaucoup de Papilio sont jaunes et noirs, d'autres d'un noir de velours sablé de bleu ou de vert métallique; les Piérides sont blanches, les Coliades jaunes, les Danaïdes ont la tête et la poitrine ponctuées de blanc, les Mélitées sont fauves et noires, les Lycœna mâles le plus souvent bleus, les Zy gènes verdàtres à tacbes rouges, les Catocala ont ordinairement les ailes inférieures rouges, ou jaunes à bandes noires, ou bien d'un noir de velours, etc., etc.
Les pattes offrent, comme chez les insectes des autres ordres, la hanche, le trocbanter, la cuisse, la jambe et le tarse. Ces pattes sont longues, assez grêles, comparées à la masse du corps, et en effet les Lépidoptères marchent peu et ne se servent guère de leurs pattes que pour s'accrocher à l'état de repos. Dans certains groupes de Diurnes, les pattes antérieures sont atrophiées (Nympbalides, Satyrus, Vmiessa), elles sont alors plus petites que les autres; le tarse est d'un seul article, sans crochets, et ces pattes, très-velues et vestigiaires, sont appliquées contre le sternum. On a dit que les Lépidoptères à pattes antérieures réduites ou à pattes palatines étaient tétrapodes, n'ayant que les quatre pattes ambulatoires ; il y a là une exagération évidente, car ces insectes sont réellement hexapodes. Les pattes, toujours couvertes de poils ou d'écaillés, offrent des pointes ou éperons qui ont rarement une valeur spécifique ou générique. Les tarses sont pourvus de crochets à l'extrémité; les crochets, presque uniformes chez les Hétéroo^res, varient beaucoup dans les Rhopalocères, et ces organes n'offrent point de valeur générique, car dans le même genre les espèces voisines ont les unes les crochets simples, les autres les crochets bifides ; chaque espèce a les crochets conformés pour se poser sur les plantes, fleurs ou feuilles, tronc d'arbre ou rocher, et adaptés à une condition biologique particulière.
L'abdomen est ovale et parfois presque cylindrique ou conique. Il est formé de huit anneaux ou segments. Lacaze-Duthiers en a étudié la composition en ellemême et comparativement aux autres ordres d'insectes. (Recherches sur l'armure génitale femelle des insectes, thèse in-8°, p. 228.)
Les derniers segments présentent l'orifice des organes digestifs et ceux de la génération très-rapprochés. Le conduit des œufs est distinct de l'orifice par où s'introduit l'organe mâle; cette particularité anatomique était connue de Mal pighi et je la signalerai bientôt avec soin. 11 n'existe jamais de tarière comparable à celle des Hyménoptères, mais dans quelques espèces qui pondent leurs œufs dans le bois les derniers segments abdominaux s'allongent en un oviducte pointu. On
voit difficilement les organes mâles à l'extrémité de l'abdomen ; il faut, par la pression, écarter les valves cornées au milieu desquelles se trouve le pénis entouré parfois d'un forceps à deux petites branches. L'appendice extérieur le plus remarquable des organes génitaux femelles des Lépidoptères est la poche cornée des Parnassius ApoUo et Mnemosxjne, profondément creusée en gouttière et carénée à l'extérieur.
Les organes internes des Lépidoptères sont presque uniformément disposés dans tous les insectes de cet ordre. Cette similitude a frappé les anatomistes et, dans un travail couronné par l'Académie des sciences et encore inédit, Léon Dufour a décrit et représenté la splanchnologie des Lépidoptères. Le tube digestif, commençant par la spiritrompe, se continue en un œsophage grêle sur le côté duquel se trouve une poche (estomac de succion, jabot modifié), puis un ventricule ch;)lifique. Les vaisseaux de Malpighi sont au nombre de quatre. L'intestin grêle est assez court, un peu allongé, le caecum ordinairement très-ample, et le
rectum de médiocre longueur,
Les stigmates sont thoraciques et abdominaux, un très-grand au thorax et cinq ou six à l'abdomen ; il y a deux gros troncs latéraux trachéens sur les côtés desquels s'abouchent les conduits qui viennent des stigmates; ces troncs latéraux fournissent les branches qui se distribuent dans les diverses parties du corps de l'insecte.
L'appareil génital mâle consiste en deux testicules formés par une paire de glandes ovales ou arrondies, parfois réunies sous une seule enveloppe. Ces testicules sont fréquemment rouges, rosés, violets, et la coloration est due à une couche pigmentaire. Les canaux déférents s'unissent à deux glandes accessoires trèslongues et il existe ensuite un conduit éjaculateur très-long et très-enroulé. Les organes femelles internes consistent toujours en quatre tubes ovariques très-longs, enroulés en spirale, pourvus d'un grand nombre d'œufs. Le receptaculum seminis est disposé en massue ou pyriforme, et son conduit est souvent allongé ou .spiroïde. Une glande simple ou bifide s'insère souvent sur le fond du réceptacle séminal. Auprès du réceptacle il y a toujours une glande sébifique volumineuse, formée par deux longs ctecums qui se dilatent avant de se réunir en un conduit commun assez court et inséré sur le vagin. Quelques Lépidoptères seulement ont deux glandes ramifiées plus petites, près de l'orifice du vagin. Enfin la poche copulatrice est très-remarquable dans toutes les femelles de Lépidoptères ; cette poche consiste en un réservoir volumineux pourvu d'un canal destiné à recevoir le pénis du mâle, canal qui s'ouvre au dehors par un orifice particulier situé au-dessous de la vulve. Pendant son trajet, il envoie un conduit latéral grêle qui aboutit au vagin, vis-à-vis de l'embouchure du receptaculum seminis, et établit ainsi une communication entre ce dernier et la poche copulatrice. Malpighi {De Bombyce, p. 81, pi. XII, 1669) avait très-bien distingué, chez le Bombyx du Ver à soie, la poche copulatrice, avec un conduit spécial de communication vaginale.
Le système nerveux des Lépidoptères à l'état parfait consiste en un cerveau occupant le segment céphalique, cerveau composé de 2 ganglions sus-œsophagiens et sous- œsophagiens réunis par deux commissures latérales. La moelle abdominale, faisant suite aux ganglions sous-œsophagiens, se compose de sept ganglions, les premiers appartiennent au thorax et sont très-volumineux, les doubles commissures qui les relient sont très-apparentes. Celles des ganglions abdominaux sont fréquemment réunies ou accolées. Les ganglions de la chenille sont séparés et très-visibles. (E. Blanchard, loc. cit., p. 89.) Au nombre de neuf dans la chry-
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salide, ces ganglions commencent à devenir coltérents et par se confondre.
Des nerfs sympathiques existent chez les Lépidoptères, au-dessus de la moelle ganglionnaire. [Voy. Blanchard, loc. cit., p. 94 et suiv.)
Le système musculaire est très-développé au thorax, les muscles sont à fibres striées ; les organes des sens sont comme chez k plupart des insectes, la vision a lieu au moyen d'yeux à réseau et de stemmates ; le système circulatoire rodimentaire est plus appréciable chez la chenille que che'z l'insecte parfait. Les organes de sécrétion diffèrent considérablement chez les chenilles et les Lépidoptères ; les premières ont des glandes stricifcres, les deuxièmes des glandes odorifiques destinées à faciliter la recherche des femelles par les mâles ; ceux-ci ont parfois une odeur musquée {Charaxes Jasius, Sphinx convolvuli). Certaines chenilles ont des tentacules situées entre la tête et le pro thorax, qu'elles font saillir au dehors quand on les inquiète {Papilio, ApoUo), celles des IJarpîja hncent un liquide sécrété dans une poche placée entre ia tête et le premier anneau du
corps.
Les organes spéciaux, pour la production des sons ou de bruits particuliers sont rares chez les Lépidoptères. Le cri produit par le Sphinx airopos n'est pas encore suffisamment expliqué dans son mécanisme, j'ai cherché la cause du bruit produit par la Chelonia pudica et la Setina aurita. {Ann. ent. de France, p. 689, pi. X, fig. 4 et 5, 1864.)
Le mâle des Lépidoptères est en général plus petit et plus agile que la femelle ; sa coloration est souvent beaucoup plus brillante [Morpho, Apatura, Lycœna) ou plus accentuée [Saturnia, etc.). La forme des ailes varie parfois suivant le sexe; les mâles ont des prolongements aux ailes inférieures chez plusieurs Nymphalides et ces mêmes ailes sont arrondies chez les femelles. Mais souvent, principalement chez les diurnes ainsi que chez les moyennes et petites espèces de nocturnes, la forme et surtout la grosseur de l'abdomen distinguent à première vue les sexes, car l'abdomen est constamment plus gros, à cause des œufs qui le remplissent chez toutes les femelles des Lépidoptères. Il y a parfois des dissemblances extrêmes entre les sexes et de très-grandes différences dans leur développement. On connaît, ainsi que je l'ai déjà dit, des femelles privées d'ailes et ayant l'aspect de larves.
Les Lépidoptères vivent en général peu de temps sous leur dernière forme d'insecte parfait : le mâle meurt après l'accouplement, et la femelle se hâte de pondre, en choisissant pour placer ses œufs l'endroit le plus favorable pour les jeunes larves ou chenilles qui sortiront de ces œufs. Parfois, chez les lépidoptères nocturnes, elle recouvre sa ponte avec les poils et le duvet qui revêtent son corps, et toujours les œufs sont enduits d'une substance glutineuse, ou d'une matière gomraeuse qui les colle sur les objets oii ils sont déposés. On a souvent l'occasion, au printemps, de voir voler dès les premiers beaux jours, des insectes qui ont passé l'hiver, ce sont toujours des femelles n'ayant pas encore pondu et qui ont été fécondées pendant l'automne. On voit aussi des femeUes de nocturnes pondre sans accouplement et alors ou bien les œufs sont inféconds, et c'est le fait le plus ordinaire, ou bien ils donnent naissance à des larves ou chenilles. Dans ces derniers temps, de Siebold et Leuckart ont expliqué cette ponte, féconde sans accouplement préalable, par la parthénogenèse. Balbiani pense qu'en pareil cas il y a plutôt réunion des spermatozoïdes et des ovules chez les mêmes individus et il croit que les éléments anatomiques caractérisant les sexes se trouvent actifs dans le même abdomen.
Les mâles des Lépidoptères ne s'accouplent ordinairement qu'avec une seule femelle, et une seule fois. Cependant on a vu, en captivité, des mâles de Bombyx féconder plusieurs femelles. Du reste, les Bombyx mâles qui volent en plein jour sont extrêmement ardents à la recherche de l'autre sexe; ils arrivent jusque dans les appartements des villes où une femelle est éclose. Souvent plusieurs mâles se posent sur une boîte où une femelle est enfermée et qu'ils ne peuvent voir, il est très-digue de l'emarque que tous ces mâles ont des antennes extrêmement développées et plumeuses; ces organes, dans lesquels réside le sens de l'odorat, leur servent à percevoir quelque odeur spéciale inappréciable pour nous et qui les attire.
La nourriture des Lépidoptères consiste en matières sucrées et miellées qu'ils récoltent sur les fleurs, au moyen de leur trompe. Rien n'est plus facile que de voir aspirer par un papillon diurne au repos le suc renfermé dans une corolle ; j'ai nourri pendant assez longtemps, à Paris, avec du sucre humecté un Apollo rapporté des Alpes. Quelques Lépidoptères nocturnes et diurnes sucent le suc séveux qui s'écoule des plaies des arbres ; d'autres se posent sur les matières excrémeutitielles, où ils trouvent des sucs azotés {Nymphalis, Apatura, Limenitis).
Le vol des Lépidoptères est connu de tout le monde; le mécanisme de ce vol facile, déjà étudié par Chabrier, Straus-Durckbeim, Girard, etc., excite en ce moment les investigations de Marey. Les Papilio peuvent planer; parmi les Sphingides à vol très-rapide et qui restent comme suspendus, ou stationnaires, devant la fleur sur laquelle ils butinent, le Moro-Spbinx {M. stellatarum) contre-balance, par la vibration contiime des ailes, l'action de la pesanteur, pendant que la trompe, allongée, pénètrejusqu'au fond de la corolle. Beaucoup de Lépidoptères ne prennent aucune nourriture à l'état parfait.
OEuf. Les œufs des Lépidoptères ont généralement une forme sphéroïdale ou allongée en ellipsoïde, très -fréquemment ils sont cannelés ou striés. J'ai déjà dit qu'ils sont enduits au passage dans l'oviducte par une matière insoluble dans l'eau et qui les protège contre les intempéries. Du reste la température n'a qu'une action faible sur ces œufs, car chauffés avec soin à 80° Réaumur et refroidis lentement, ils éclosent ensuite, et un froid de 40° ne les empêche pas de se développer après avoir été réchauffés. Parfois les œufs sont placés sous une couche de poils préparée par la mère [Liparis dispar); dans d'autres circonstances la femelle larviforme les dépose dans la coque où elle est rentrée après l'accouplement [Eeterogynis penella). Les petites chenilles de cette dernière espèce mangent après l'éclosion l'humeur visqueuse qui fixe les œufs et même le corps desséché de la femelle; ce n'est qu'à la première mue qu'elles se répandent sur les tiges du Genêt. (De Graslin.)
Chenille. Li larve qui sort de l'œuf prend le nom spécial de Chenille ; elle présente une tête arrondie et un corps toujours allongé, formé de segments distincts, qui sont au nombre de trois pour le thorax et ordinairement au nombre de neuf pour l'abdomen. La tète de la chenille est caractéristique en Ce qu'elle est partagée en deux parties médianes dans sa portion supérieure et parce que la bouche offre, outre un labre, des mandibules et des mâchoires, une filière portée par la lèvi'e inférieure. La présence de la filière, sur une larve mineuse des feuilles du bouleau, m'a permis d'affirmer qu'elle n'appartenait point à un Coléoptère, mais qu'elle devait produire un Lépidoptère de petite taille. Les observations ultérieures ont démontré la justesse de mon observation. [Annales de la Société entomologique de France, 1865, p. 405, pi. 2, fig. 5.)
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Les antennes sont toujours petites, et les stenimates ou yeux lisses placés de chaque côté de la tète.
Le corps de la chenille toujours allongé, formé d'anneaux à peu près semblables, offre, au bord postérieur du premier segment ou prothoracique, un stigmate volumineux; les autres stigmates sont placées sur le quatrième segment représentant le premier anneau de l'abdomen et sur les autres segments jusqu'à l'avantclernier inclusivement.
Les pattes sont toujours attachées au tliorax et au nombre de six, trois de chaque côté . Ces pattes qu'on a souvent indiquées sous le nom de pattes écailleuses se retrouvent chez le Papillon. On a désigné sous le nom de fausses pattes ou de pattes membraneuses des organes placés sous l'abdomen, n'appartenant pas au thorax, et qui dispai'aissent chez l'insecte parfaitement développé. Les fausses pattes sont des organes de préhension très-remarquables par leur diversité, variant de quatre à dix suivant les familles des Lépidoptères, modifiées parfois par les mues (Goossens) , et qui ont fait donner à certaines chenilles les noms de fausses arpenteuses, ilemi-arpenteuses et arpenteuses . [Voy. Chenilles.)
Les chenilles sont pourvues d'appendices variés, de poils parfois caduques, de spinules, dépiquants, d'autres sont couvertes de mamelons, il en est d'entièrement lisses ou glalirt;3. Les détails de cette vestiture du corps et leurs modifications diverses seront plas spécialement étudiés au mot Chenille. La couleur peut varier extrêmement. Du reste, elle est quelquefois peu constante même chez les chenilles de la même espèce, elle se modifie avec l'âge ; généralement le dessin, raies ou taches du corps, diffère beaucoup moins que la coloration de ce même dessin.
La mue des chenilles consiste dans le changement de peau qu'elles éprouvent en grossissant et avant de se transformer en chrysalide ; les mues sont au nombre de trois à sept. La cheniUe qui est sur le point de muer cesse de manger, reste quelque temps immobile, puis gonfle la partie antérieure du corps, l'ancienne peau se fend sur le dos du thorax et la chenille quitte sa dépouille ancienne en dégageant d'abord la tête, puis successivement les anneaux du corps. Les diverses pa.aesdes téguments, poils, revêtement des pattes, etc., restent sur la dépouille, et celle-ci est parfois dévorée par la chenille dès qu'elle vient de s'en débarrasser, ainsi que je l'ai constaté avec Jules Fallou pour le Sphinx euphorbiœ.
Le développement des chenilles est ordinairement rapide, elles vivent tantôt solitaires, tantôt en société, presque toujours aux dépens des végétaux. Rarement elles attaquent les matières grasses {voy. Aglosse), les pelleteries, les étoffes. {Voy. Teignes.) Plusieurs espèces sont très-nuisibles, celles des Bombyx, surtout du Ver à soie produisent une matière employée par l'industrie. {Voy. Chenilles et Ver a soie.)
Chrysalide. A la chenille succède, dans la métamorphose du lépidoptère, la Nymphe qui porte le nom spécial de Chrysahde chez les Lépidoptères. La chrysalide est nue ou enveloppée d'une coque soyeuse, ou cocon. La forme en varie beaucoup et sert à caractériser quelques groupes des Lépidoptères. Les chrysalides des papdlons de jour sont ordinairement nues, attachées par le dernier segment du corps et suspendues tantôt verticalement {Vaiiessa), tantôt soutenues par un fil transversal {Papilio, Pieris).
La couleur de quelques chrysalides seulement est très-brillante à cause des taches dorées ou argentées du tégument, d'oii leur nom {xf>^<^oi;, or) ; telles sont, dans notre climat, les chrysalides des Vanessa.
Les chrysalides des Hétérocères, enfouies dans la terre ou cachées dans des coques, sont généralement brunes ou de couleur terne, et leur nombre est de beaucoup le plus considérable. La couleur brillante des chrysalides est l'exception.
La forme des chrysalides est variable pour les Rhopalocères surtout; elles offrent souvent dans cette division des saillies, et des pointes imitant grossièrement un masque ou des mufles d'animaux. Les chrysalides des Hétérocères ont toutes une forme stéréotypée, celle de la chrysalide du Ver à soie connue de tout le monde, offrant, emmaillottées, les différentes parties du papillon avec des moignons d'ailes enroulés autour du corps.
La manière dont le Lépidoptère sort de la chrysalide varie suivant que celle-ci est nue ou enveloppée d'une coque. Le papillon se dégage parune fente médiane thoracique.
D'abord très-faible, il se fixe sur un corps solide et agite doucement ses moignons d'ailes ; celles-ci s'étendent à vue d'œil et prennent le développement propre à l'espèce. L'abdomen se dégonfle par plusieurs évacuations d'un hquide accumulé dans le cœcumet très-riche en sels uriques, d'une couleur rougeàtre. Quand l'insecte est bien séché et entièrement développé il essaye ses ailes, prend son vol et recherclie l'autre sexe pour s'accoupler et reproduire des individus semblables à lui, mais variables de taille ou de coloration si la chenille ou la chrysalide ont eu des conditions spéciales de développement.
Je ne dois point omettre de citer ici les pluies de sang qui ont à plusieurs reprises effrayé les populations crédules et dont les Lépidoptères sont les auteurs inoffensifs. Réaumur, dans ses admirables Mémoires sur les insectes, en a fait justice. Voici comment les faits se produisent. Les papillons venant d'éclore répandent par l'anus un liquide rougeàtre ou jaunâtre, dont l'accumulation s'est faite pendant la nymphose. Chez les Vanesses, papillons de jour très-communs, et dont l'éclosion a lieu le long des murs rustiques, cette déjection est d'un rouge vif et carminé, imitant assez bien la couleur du sang.
Vers le mois de juillet de l'année 1608, les murailles d'un cimetière voisin de la ville d'Aix et celles des villages des environs parurent tachées de larges gouttes de sang. Le peuple et même, ajoute Réaumur, certains théologiens n'hésitèrent pas à y voirl'œuvredes sorciersou du diable lui-même. Mais un homme instruit et peu crédule, nommé de Peiresc, alors dans la ville, observa qu'une multitude de Lépidoptères volaient dans ces endroits maudits. 11 rassembla des chrysalides dans une boîte, il les fit éclore et montra aux curieux inciuiels la diabolique pluie de sang sur les parois et le fond de la boite renfermant les insectes. Il les mena dans la campagne après leur avoir fait remarquer l'absence des gouttes miraculeuses au contre de la ville, sur les toits ; il leur prouva qu'elles se trouvaient dans des eudroits creux, sous les chaperons et les saillies des murs et non à la surface des pierres tournées vers le ciel, enfin qu'il n'en existait pas à de plus grandes hauteurs que celles où volent ordinairement ces Lépidoptères. De Peiresc n'hésita pas à attribuer à la même cause certaines des pluies de sang dont on rapporte l'histoire ; par exemple, la pluie de sang tombée sous le règne de Childobert dans diilérents endroits de Paris et près de Senlis ; une autre sous le roi Robert et arrivée à la fin de juin. Réaumur ajoute que c'est l'espèce ravageant les Ormes dans certains cantons, ki Grande tortue [Vanessa /Jo///c/i/oros), à chrysalide dorée, qui lui parait la plus capable de répandre ces alarmes. Elle apparaît quelquefois en très-grande quantité, quitte les arbres au moment de se mettre en chrysalide et se disperse alors contre les mmv, sons les cintres desporl s et mémo dans les maisons.
Lépidoptères utiles et nuisibles. Tout le monde sait que la soie est uue production due à une chenille de Lépidoptère et que d'autres chenilles voisines [ooy. Bombyx) filent des coques dont l'industrie cherche à profiter pour la fabrication des étoffes. Maisàpart ces insectes utiles, la plupart des chenilles, extrêmement voraces, nous sont fort nuisibles ; elles causent des dégâts souvent irrémédiables ; elles dévorent les feuilles dans les forêts {Bombyx processionea, pitjjocampa, dispar, etc.), dans les vergers {Bombyx neustria, Ypomoneuta), les jardins {Pieris); elles creusent les arbres {Cossus, Sesia, etc.), attaquent les fruits {Carpocapsa) , les grains {Al'ucita, Tinea), la. vigne {Pyralis piller tana, etc.), les betteraves {Agrotis) ; enfin les étoftës, les fourrures {Tinea sarcitella, pezella, pellionella), etc., etc. Ce sont des ennemis continuels avec lesquels l'homme a chaque année à lutter, dont l'échenillage ne fait qu'imparfaitement justice et qui pulluleraient à l'infini sans leurs ennemis nombreux (oiseaux, mamm.ifères, reptiles et surtout insectes hyménoptères et diptères entomobies) .
A l'état de chenille, les Lépidoptères ne sont point-venimeux comme on le croit souvent, mais bien à tort. Les tentacules rétractiles de quelques espèces, les appendices de quelques autres ne sont que des moyens employés par elles pour effrayer leurs ennemis tels que les Ichneumons. 11 est très-vrai qu'il faut manier avec la plus grande précaution les nids des chenilles processionnaires du chêne et du pin et des autres chenilles analogues. Les poils, surtout au moment des mues et de Ja transformation en nymphes, sont très-caduques, ils se détachent et se trouvent en grande quanSité dans les nids. Ces poils, emportés par le vent, se répandent de toutes parts dans les forêts ou les bois, et pénétrant dans la peau, surtout au visage et aux mains, y causent des douleurs très-vives et des cuissons brûlantes. On a plusieurs fois empêché l'accès des allées du bois de Boulogne où se trouvaient une grande quantité de chenilles processionnaires du chêne.
J'ai déjà noté que quelques grosses chenilles {voy. Larves) servent à l'alimentation des peuplades sauvages ; la chenille énorme de YHeplalus grandis, qui ^it à la Nouvelle-Hollande dans les troncs des Camarinas, est recherchée par les naturels qui s'en régalent avec avidité en humant l'intérieur comme s'il s'agissait d'un fruit pulpeux.
Les chrysalides servent aussi comme aliment. On les manse frites ou bouillies. Le docteur Vinson m'a dit, et a rapporté, qu'à l'époque du couronnement de Radama, roi de Madagascar, le fils du roi, enfant de 10 ans, présent à la réception de l'ambassade française, mangeait des chrysalides de Bombyx avec un grand plaisir. En Chine, les chrysalides du Ver à soie sont employées dans l'alimentation.
Pendant ces dernières années, lamode a fait rechercher comme ornement ungrand nombre de Lépidoptères. Les ailes fragiles des Morpho, à couleur d'un bleu métallique, et d'autres espèces resplendissantes, ont été appliquées sur des gazes ou pkcées sous des lames transparentes et minces. Elles ont sei'vi de la sorte pour parures de bals et de soirées.
Les Lépidoptères, surtout à l'état de domesticité, sont sujets à des maladies qui en font périr un grand nombre. ( Foy. Ver a soie. ) A l'état libre, beaucoup de chenilles, par suite de circonstances spéciales, sont atteintes par des cryptogames {muscart/iree, etc.), oubien elles s'étiolent, cessent de manger et meurent tantôt desséchées, tantôt au contraire bouffies et infiltrées. Les variations atmosphériques, l'électricite de l'air, un excès d'humidité, ou la trop grande sécheresse, une nourriture avariée en rendent parfois l'éducation impossible entre les mains des observateurs
les plus habiles, des eulomologistes les plus zélés. Quand ces chenilles sont passées à l'état de chvysahde, une sécheresse très-forte delà terre où elles sont enfermées, ou bien un degré trop grand d'humidité, une chaleur solaire brûlante et prolongée, etc., en détruisent d'innombrables quantités; ces cuxonslaiïces empcchent souvent une destruction complète des arbres des lorèis attaqués par les chenilles. (Ratzeburg, Perris.)
Je ne signalerai point les stations des Lépidoptères sur le globe, cette question se rattache à celle des insectes en général {voij. Insectes), ni les monstruosités qui seront étudiées en cet endroit. Cependant comme il est peu de collections de Lépidoptères qui ne possèdent des individus ayant un côté du corps plus petit que l'autre, atteint de nanisme par rapport à celui du côté opposé, ou bien des individus mâles d'un côté et femelle de l'autre ; je vais dire quelques mots sur cette dernière disposition.
On connaît un assez grand nombrede ces Lépidoptères anormaux ou monstrueux. 11 s'agit nettement d'individus ayant à la fois les formes et la coloration des deux sexes, par moitié parfaitement égale ou avec prédominance de l'un des deux. Th. Lacordaire désigne cet état sous le nom de Gynandromorphisme, pour le séparer de l'hermaphrodisme vrai et qui est naturel ou normal chez quelques articulés : il y a ainsi des gynandromorphes i° mixtes, 2" masculins, 5° féminins. Malheureusement les observations anatomiques sur ces Lépidoptères monstrueux sont très-rares, elles font défaut et je regrette pour ma part que tous les Lépidoptères, à la fois mâles d'un côté et femelles de l'autre, soient dans les collections à titre d'objets curieux, au lieu d'être étudiés à l'état frais, pour établir la splanchnologie de ces êtres anormaux, si remanjuables.
Classification. La classification des Lépidopb^.res présente de grandes difficultés à cause de la conformation uniforme de cej articulés. On peut réduire sous trois chefs principaux les essais tentés à cet égard : i° tantôt les caractères ont été tirés exclusivement de l'insecte parfait; 2" tantôt les caractères ont été pris exclusivement sur les chenilles ; o" enfin les caractères sont fournis par l'insecte parfait, mais à ceux-ci ont été adjoints ceux que présentent les chenilles et les chrysalides. A mon avis, cette dernière est la plus méthodique et celle qui devra rester dans la science. {Voy. Iksectes.)
Linné divisait les Lépidoptères en trois grands genres : les Papillons, les Sphinx et les Phalènes. Les auteurs qui vinrent après lui subdivisèrent ces grandes coupes primordiales etLatreille établit les familles des Diurnes, Crépusculaires et Nocturnes correspondant aux genres Linnéens. En France, Godart et Duponchel suivirent en la modifiant la classification de Latreille, basée sur l'insecte parfait. A l'étranger Denis et Schiffermiïller, Ochsenheimer, ïreitschke, Stephens, Curtis, etc., s'occupèrent plutôt pour leur arrangement du premier état ou des chenilles. Enfin Boisduval modifia profondément la méthode de Latreille, prit en grande considération les caractères fournis par la chenille et partagea les Lépidoptères en deux grandes divisions, dont nous avons déjà parlé, les Rhopalocères (Diurnes) et les llétérocères (Crépusculaires et Nocturnes). E. Blanchard les divisa particulièrement en Achalinoptèrcs et Chalinoptères. De nos jours une division assez commode, mais peu naturelle, a fait surtout en Allemagne partager les amateurs en ceux qui s'occupent des premières familles de grande taille et ceux qui n'étudient ni ne récoltent que celles d'une taille exiguë; d'oîi les macrolépidoptères et les microlépidoptères : il est bon de remarquer que certains Crambides placés parmi ces derniers sont de forte taille. Voici un aj)erçu de la
division des Lépidoptères, d'après Boisduva!, Duponchel, Blanchard et les derniers ouvrages publiés eu Allemagne.
1" division. Hétérocères. Boisduval {diurnes. Latreille). Antennes en forme de massue, corps peu velu et petit relativement aux ailes, rétréci entre le tliorax et l'abdomen. Quatre ailes d'égale consistance, libres, nnn retenues par un frein se relevant perpendiculairement l'une contre l'autre pendant le repos. Vol diurne. Cbenilles à 16 pattes, se métamorphosant à l'air libre sans se renfermer dans. une coque (excepté les Parnassius, Zegris et Hesperia). — Familles Dandides, Argyyinides, Vanessides, Lyhithéides, N ijmphalides , Saty rides, Vapillonides, Parnassides , Piérides, Pihodocérides, Lycénides, Erycinides, Hespe'rides.
'"2" division. Hétérocères. Boisduval.
Groupe l". Crépusculaires. Latreille. Antennes tantôt renflées au milieu ou prismatiques, tantôt pectinées ou dentées. Corps très-gros relativement aux ailes, sans étranglement entre le thorax et l'abdomen. Ailes étroites, en toit horizontal ou inclinées dans le repos, les supérieures recouvrant alors les inlérieures qui sont très-courtes et retenues aux premières par un frein, dans les mâles seulement. Vol crépusculaire exceptionnellement diurne. Chenilles à 16 pattes, glabres ou demi- velues, se métamorphosant dans la terre ou à sa surface, ou dans une coque. Chrysalides non anguleuses, comco-cyUndriques. — Familles Sphingides, Sésiides, Zygénides.
Groupe 2^ Nocturnes. Latreille. Antennes sétacées, à tige diminuant de grosseur de la base au sonuuet, abstraction faite des cils, barbes, ou poils, dont elle peut être garnie. Corps tantôt grand, tantôt petit relativement aux ailes, sans étranglement entre le thorax et l'abdomen. Ailes d'égale consistance quand les supérieures ne couvrent pas les inférieures, les unes et les autres retenues ensemble par un frein dans les mâles, ne se relevant jamais perpendiculairement dans le repos, mais horizontales ou en toit ou en fourreau enveloppant le corps. Chenilles ayant de 10 à 16 pattes, glL.bres ou velues, mais jamais épineuses, se métamorphosant soit dans la terre ou dans l'intérieur des végétaux dans des coques de soie pure ou avec d'autres matières. Chrysalides cyHudro-coniques, glabres ou parfois un peu velues. — Familles Liihosides, Chélonides, Psychides, Liparides, Lasiocampides, Bombycides, Attacides, Endromides, Hépialides, Endagrides, Limacodides, Platyp ter ides, Dicranurides, JSotodontides, Pygcrides, Bombycoïdes, Noctiio-bombycites, Orthosides, Gortynides, Nonagrides, Leucanides, Caradrinides, Apamides, Hadénides, Noctuélides, Amphipy rides, Xylinides, HeliotJiides, Calpides, Plusides, CatocaUdes, OpJdusides, Anthophilides, Agropitilides, Anomalides, Phalénoïdes, Goniatides, Acontides., Noctuophalénides, Pyralides, Phaknides, Platyomides, Schénobides, Crambides, Yponomeutides, Tinéides, PtéropJwrides.
Emile Blanchard a divisé les Lépidoptères en deux grandes sections : i° Acha- Unoptères (Diurnes des auteurs, Rhopalocères Boisduval). Ailes dépourvues de Irein pour les maintenir. Antennes toujours renflées en massues vers l'extrémité. — Familles PapiUonides, Nymphalides, Erycinides, Cydimonides.
2'' section. Chalinoptères (Crépusculaires et nocturnes, Hétérocères Boisduval) . Ailes presque toujours munies d'un frein pour les retenir ensemble. Antennes renflées en massue, fusiformes ou sétacées, souvent pectinées dans les mâles. — Familles Sésiides, Zygénides, Sphingides, Bombycides, Noctuélides, Phalénides, Pyralides.
On s'accorde assez généralement, en Allemagne, à diviser les Lépidoptères en
LÉPIDOI^TÈRES. 173
deux grandes sections, Macrolepidoptera et Microlepidoptera. Voici un aperçu de la classification donnée, d'après Lederer {Verhandlungen des zoologischbotanische Vereinsin Wien) par Staundiger et Wocke.
Cette classification ne diffère pas beaucoup, pour les Macrolépidoptères, de celle adoptée par Ochsenheimer, Treitschke et Herrich-Schœffer ; pour les Microlépidoptères, elle est empruntée surtout à Herrich-Schœffer, Zeller et Stainton. (Yoy. Caialog der Lepidopteren Europas, Bearbeitet von 0, Staudinger und M. Wocke, Dresden, 1861.)
Macrolepidoptera. 1. Rhopalocera. Papilionidœ, Pieridœ, Lycœnidœ, Ericynidœ., Libytheidœ, Apaturidce, Nymphalidœ, Danaïdce, Satyridœ, Hespe' ridœ.
2.Heterocera. — A. Sphinges. Sphingidce, Sesiidœ, Thyrididœ, Heterogynidœ, Zygenidœ, Syntomidœ. — B. Bombyces, Nycteloïdœ, Lithosidœ, Euprepiœ, Epialidœ, Cossidœ, Cocliopodœ, Psychidœ, Liparidœ, Bo7nbycidœ, Satiirnidce, Drepamdidœ, Notodontidce, Cijmatophoridœ. — C. Noctuse. — D. Geometrse.
Microlepidoptera. E. Pyralidina. — F. Crambinse. — G. Tortricina. — H. Tineina. Tineidce, Hyponoineutidce , Plutellidœ, Gelechidœ, Glyphypterygidœ, Argyresthidœ, Gracilaridœ, Coleophoridœ, Elachistidœ, LithocoUetidce, Lymietidœ, Nepticulidce. — I. Pterophorina. — K. Alucitina (Orneodes).
A. Laboulbène.
BiBLiocnAriiiE . — Cette bibliographie ne comprendra pas les indications des traités généraux sur les insectes où il est parlé des Lépidoptères, tels que les Mémoires de Réaumuk, de DE Géer, et les œuvres de Linné, de Fabricius, d'OuviEn, de Latbeille, etc., etc. Les Annales et les Recueils où il n'est pas exclusivement question des Lépidoptères ne peuvent fic^urer ici ; les auteurs cités sont ceux qu'on désigne ordinairement sous le nom de lépidoptéristcs. A l'article Insectes, on trouvera les ouvrages qui n'ont pas pu avoir en cet endroit spécial leur place naturelle .
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tÉPiDOSAïtcOME, OU tumeur écaillante de la bouche (squamiformis tumor hiiccce interioris) . Marc-Aurèle Séverin a décrit sous ce nom une tumeur qui l'étonua siogulièremeut par les caractères qu'elle présentait. Il n'est pas possible de rattacher avec quelque certitude l'expression de lépidosarcome à aucun groupe bien défini de timieurs. L'observation de Séverin reste à cet égard insuffisante.
Observée sur un adulte, la tumeur existait depuis plusieurs années, siégeant à la face interne de la joue; du volume d'une grosse fève, elle rappelait par sa structure l'aspect du tbyrse, des fleurs de chou, il s'agissait peut-être d'un épithélioraa, ou d'une tameur fibroplas tique, ou d'un papillome, d'une structure cojuplcxe. Le mot lépidosarcome ne mérite d'être reproduit qu'à titre de curiosité historique. Il pourrait servir d'exemple à prouver combien sont restées stériles les dénominations de tumeurs, basées sur un caractère purement extérieur, ou sur une comparaison grossière. A. Hékocque.
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t'ÉPllVAY (Eau mdérale de), protothermale, ame'tallite, hicarhonatée ferrugineuse faible, carbonique faible. Dans le département de îa Seine-hiférieure, dans l'arrondissement du Hayre-de-Gràce, dans le canton et à 5 kilomètres de Fécamp, émerge la source de l'Épinay, dont leau claire et hmpide laisse déposer une couche rouillée sur les parois inférieures de son bassin de captage. Elle n'a aucune odeur; son goût est très-sensiblement ferrugineux. Sa température est de 15°, 5 centigrade; son analyse chimique a été faite par Germain, qui a trouvé, dans 1000 grammes d'eau, les principes suivants :
Carbonate de fer 0,064
— chaux 0,'636
— magnésie 0,042
Chlorure de potassium 0,021
— calcium 0,042
Acide silicique 0,042
Total des matièbes fixes 0,547
Nous ne donnons cette analyse que comme un renseignement tout à lait insuffisant, car elle ne mentionne ni les sulfates ni les autres sels de soude, qui sont en général contenus dans les eaux minérales.
ne LÉPIOTE.
L'eau de L'Épinuy est exclusivement employée eu boisson par les populations voisines, qui viennent y chercher la guérison de leurs maladies oii les martiaux conviennent. A. R.
LÉPIOTE (IcTTiç, écaille, ou ïsttm peler). Ce petit groupe des AGARICIXÉES LEUCOSPORES est si distinct que le temps me paraît venu de le séparer du genre AGARicus qui comprend trop d'espèces; d'ailleurs, il mérite aussi bien cet honneur que le groupe des amanites dont il est fort voisin, et dont il se rapproche par son port élégant, par ses formes sveltes, symétriques, par la présence des deux voiles : du voile universel qui enveloppe tout le champignon dans sa jeunesse; et du vélum constituant ordinairement la plus grande partie du collier plus ou moins persistant, quelquefois même très-fugace et discernable seulement au moment de l'épanouissement ; cependant ce qui rapproche surtout ces deux groupes, c'est que l'hyménophore (c'est-à-dire cette couche de substance spéciale, souvent céracée, tapissant la face inférieure du chapeau et sur laquelle les lames se développent et s'attachent) ne se prolonge pas sur le stipe, mais souvent, et chez toutes les vraies Lépiotes, s'arrêtant tout à coup, forme autour delà tète du stipe un petit bourrelet spécial très-remarquable appelé collarium et qui occupe le sillon circulaire {rainure) séparant les lames du stipe ; par suite de cette conformation, les lames ne sont jamais ni adnées, ni sinuées, mais libres et le plus souvent, leurs terminaisons internes sont éloignées du stipe.
Cette indépendance de l'hyménophore et du stipe qui rapproche les Lépiotes des Amanites, est ce qui les sépare des armillaria, petite section des tricholoma, ayant un collier encore distinct {voy. Agaric), aussi la quatrième section des Lépiotes chez laquelle ce caractère est défaillant, est-elle une section de passade entre ces deux groupes. Enfin, l'indépendance du stipe et de l'hyménophpre parle collarium semble s'étendre chez quelques espèces types du genre, au chapeau en entier ; caria substance céracée du collarium paraît, surtout dans le jeune âge, passer sur la tête du stipe et le séparer de la chair du chapeau qui ne semble guère se continuer qu'avec les fibrilles aranéeuses du canal médullaire. Il y a sans doute d'autres connexions poui' la nutrition, mais elles sont très-faibles et facilement rompues, de sorte que la tète du stipe paraît avoir déprimé le tissu charnu et s'être logée dans un enfoncement central capuliforme de la l'ace inférieure du chapeau [acetabulum de Prie), c'est pourquoi il peut en être facilement détaché, nous dirons aloi's que la tête du stipe est adnexe'e et énucleable, mais elle sera dite adnée quand on la détache plus difficilement et avec quelques déchirures manifestes, enlin connée quand la connexion est si intime qu'il y a rupture et aucune trace de décollement.
D'autre part, ce qui sépare radicalement les amanites des léi^otes, c'est l'origine et la fabrication entièrement différentes de leur enveloppe générale ou voile universel; car on peut dire que chez les lépiotes ce voile n'est plus un organe spécial et indépendant, mais un faux voile, une simple émanation du tégument du chapeau dont les fibres, plus ou moins toisonnées, se prolongent, se continuent sur le stipe pendant cette époque de la vie oii, ce qui sera la face supérieure du chapeau, plus ou luoins enroulé, est encore en rapport imméiliat avec la surlace du stipe; or, au fur et à mesure du déroulement, puis de l'épanouisse, ment, ces fibres de connexion se trouvent tiraillées, puis rompues, et suivant leur consistance, leur résistance, leur allongement, la fomuc etle lieu de leur rupture, les teintes dont l'air ou la lumière les colorent ; elles dét'rmiiicnt sur le chapeau
LÉPIOTE. i77
etswle stipe des éraillures, des squames, dds peluchures, des clniuires nombreuses et caractéristiques d'espèces ; mais si ces fibres unissantes restent blanches, si, très-peu résistantes, elles se rompent très-facilement sans allongement ui déchirures, la surface du chapeau comme celle du stipe, restera simplement finement villeuse (lep. naucixa).
Les formes si diverses que le collîep présente dans ce groupe résultent aussi des détails du développement ; en effet ce collier doit toujours être considéri comme la continuation des fibres du tégument, car quand le chapeau était encore fermé et connivent par son bord autour du stipe, son tégument fibrilleux ou squameux se prolongeait, se continuait sur ce stipe ; alors les fibres, en passant du bord du chapeau sur le stipe, l'embrassent étroitement, puis se divisent en deux parts souvent inégales : les unes descendantes se dirigent vers le pied, c'est le i;oi7e (voile universel de Frie), les autres ascendantes, vers la rainure, c'est le vélum : quand le revêtement du stipe qui en résulte est beaucoup plus marqué au-dessous du collier, nous disons que ce collier est descendant (première et quatrième section). Quand il est plus mai-qué au-dessus du collier, nous disons qu'il est ascendant (troisième section). Quand il paraît se continuer à peu près également au-dessus et au-dessous, nous le disons collier mixte comme dans les clipeolarii ; nous ajoutons mixte ascendant, si la portion ascendante est plus considérable, et mixte descendant, si c'est la division descendante qui l'emporte.
Ces généralités posées, résumons les caractères des Lépiotes : les Lépiotes constituent un groupe fort naturel des Agaricinées, ayant pour caractère : un hyménophore qui ne se prolonge pas sur le stipe, mais s'arrête souvent tout d'un coup pour former le collarium plus ou moins visible au fond de la rainure ; par suite, les extrémités externes des lames toujours libres sont souvent éloignées du stipe, et dans une seule section de passage (la quatrième), elles sont arrondies, presque atteignantes, et plus rarement encore faiblement adnexées, mais jamais sinuées ; un voile universel conné avec tégument du chapeau et celui du stipe ; de là, lors de l'épanouissement, des ruptures, des éraillures, laissant sur le chapeau des squames ou au moins des villosités tomenteuses plus ou moins manifestes et sur le stipe, des squames, des chinures, ou au moins un revêtement fibrilleux ou squameux ; la surface du chapeau n'est donc jamais délimitée comme chez les Amanites par une pellicule, mais par un cutis, un tégument tomenteux, villeux bu moins drapé. La chair du chapeau plutôt mince, molle, légère, cotonneuse, hétérogène avec celle du stipe fibreuse, souvent plus coriace et tenace que charnue; le stipe est presque toujours fistuleux ou fistulo-médulleux, souvent bulbeux ou sous-bulbeux. La forme générale du champignon est bien symétrique, le port svelte et élégant ; les teintes sont généralement ou blanches ou teintées de fulgineux ou d'oranger ocracé ; la plupart sont odorantes ; beaucoup d'espèces sont comestibles; deux ou trois passent pour vénéneuses et ont une odeur forte et désagréable; spores blanches, ou très-faiblement teintées d'ocracé, et, sur les quelques espèces où on les a observées, ovoïdes et fisses. Toutes terrestres.
Nous diviserons les Lépiotes en 4 sections : le collarium très-développé dans la première, moindre dans la seconde, inégalement distinct dans la troisième, manque dans la quatrième. Le collier est mobile et fortement constitué seulement dans la première, plus ou moins fibrilleux, faible et fugace dans la seconde; mais mixte et plutôt descendant àans les deux premières sections, il est
DICT. EWC. 2' s. II. 12
francliement membraneux et ascendant dans la troisième, et seulement descendant, squaniuleux et caduc dans la quatrième. La surface du chapeau fortement squameuse et même éraillée dans la première section, plus finement squameuse ou au moins fibnlleusedans la seconde, est lisse et seulement drapée dans la troisième ; elle est encore unie ou finement squamulo-granulée ou unie dans la quatrième ; mais dans toutes ces sections la surface est sèche ; or, Prie en Suède, et Secrétan, en Suisse, ont trouvé des Lépiotes à chapeaux dont le tégument est visqueux ; ces espèces rares constituent une eînfjsBîème section, mais elles n'ont jamais été signalées en France, et nous ne les décrirons pas.
P'^SECTIOjV. pkoceri. Lépiote muni d'un anneau mobile, épais, solide et persistant ; chapeau décidément squameux, plus ou moins profondément éraillé; le stipe n'est pas guêtre de fibrilles comme dans la 11" section, ni de granulations caduques comme dans la IV' ; mais il est souvent orné, au-dessous du collier, de chiuures squamuleuses. Le coUier, d'abord nettement descendant, devient mobile parce que, d'abord en coimexion intime avec le pourtour du chapeau fermé, il est entraîné par ce chapeau lui-même vigoureusement poussé en haut par le développement rapide du stipe, et il rompt les attaches inférieures, et dès lors, libre de toute attache, il remonte facilement sur le stipe atténué en haut. Le sommet du stipe est entouré d'un cotlarium large, manifeste, par suite, les lames libres et éloignées. La tète elle-même, facilement énucléable, car le tissu charnu-fibreux très-ferme du stipe est brusquement interrompu à son contact avec le tissu mou, léger du chapeau : de là une séparation nette et facile entre les deux organes.
1. Lép. rRocEEA Bull, et Prie, chnpeaa charnu, d'abord ovoïde, puis étendu en parasol, mais encore timboné ; sa surface, gTossièrcment et di\crsemenl éraillée, écaillcuse ou enfin presque plane, semée d'écaillcshrw\es, plutôt opprimées, fugaces, ocracées, plus ou moins foncées; chair bien blanche, /i.re (ternie avec le lemps), très-molle (diam. i5à20 c.;épaiss.dela chair environ lOmm). stipe très-long [h. 20 à 30 c.,et diam. 18 à 20 mm.), atténué etblanchâtre en haut, où il se terndne en tête arrondie, plongée et très-faiblement adnexée dans Vacetabithim et par suite très-facilement énucléable; son pied, charnu et très-bulbeux, est assez profondément hypogé; au-dessous du collier, il est élégamment chiné de squames fibreuses, plates, brunes, concentriques ou en spirales; à l'intérieur, longuement et largement fistuleux; il est d'une consistance subcartilagineuse, sa chair fibreuse, d'un blanc teinté de roux vers la surface, est d'abord ruptile et enfin fissile. Le coiiier dans le principe descendant, puis libre, mobile, à corps bien modelé, chantourné, charnu, ferme, subcartilagineux . liâmes aussi ou plus larges que la chair (1. 10 à 12 mm.), très-atténuées en dedans et éloignées du stipe par un collarium Urge, modelé, céracé; lames convexes, minces, simples, blanches à la fin, se maculant de roux sur la iranche; odeur agréable, saveur douce; ce. dans les bois, clairières, prairies montueuses et boisées. Excellent aliment.
ISoiA. Viviani figure, sous le nom de Lép. prominea, un type très-voisin de Lép. peocera, qui paraît s'en distinguer seulement par les écailles du chapeau plus fines, ocracées, et un disque plus fortement ombonê.
2. Lép. RACHODEs Vitt. ciiopean plus charnu, fZ'aZ)ord$'/o6î</eîw, puis enfin étalé et à disque, à la fin méplat; tégument d'abord épais, ferme, puis concentriquement fissuré, réticulé en squames épaisses, polygonales, persistantes, élégamment fixées par des fibres rayonnantes blanches, tomenteuses, que forme la chair fissurée du chapeau; le disque reste intact, lisse, très-glabre, bai-brun (d. 15 c, ép. ch. 18 mm.), stipe robuste, fistuleux, encore atténué en haut (h. 1.^ à 20 c; d. 20 à 25 mm.) adnexé et énucléable, terminé en b;is en un bulbe trèsdéveloppé (d. 5 à 6 c), surface du stipe blanche, lisse, enfin soyeuse, mais sans squames ni même fibrilles (ce qui me paraît paradoxal avec un collier descendant), portant un collier descendant (?) et longtemps adhérent à la marge, enfin mobile; à pourtour layonnant, squamuié en dessus. Lames plutôt moins larges que la chair, éloignées du stipe par un collarium proéminent, simples, nombreuses, blanches, quelquefois rougissantes, chair blanche; mais rompue, elle se teinte aussitôt de rose ou de rouge brique, puis redevient blanche; odeur et saveur ingrates; à peine comestible, mais non vénéneux. RR. Avec les plâtras humides et ombragés, les thermes et aussi bois et clairièi'es (V. Lép. saxosa, n" 12).
3. Lép. excoriata Schaf. Cbapena mou, cliamii, ovo-gloljuleux, puis étendu; un peu g'ib- Leux sur le disque, blanchâtre, plus ou moins enfumé ; tégument mince, tantôt restant lisse et soyeux, tantôt fissuré en petites squames [à. 10 à 12 c.; ép. cli. 8 à 10 mm.), stipe égal et seulement un peu bulbeux, et retenant la terre; fistulo-racduUeux, élastique, sub-charnu, encore bien énucléable, suriace lisse, glabre, sans squames ni taches, portant un anneau plus mince, plus tenace, moins mobile (descendant?), souvent enfin tombé et disparu (h. 10 à 11 c; d. 13 mm., et 25 au bulbe. Lames aussi larges que la chair, libres, mais peu éloignées, blanches, chair molle, blanc fixe. Édule. Dans les champs, parmi les gramens isolés, U.
Nota. Il y a encore de nombreuses formes de ces proceru, surtout plus grêles et plus petites, à lames plus larges que la chair, etc. : l'une élevée (15 à 18 c), à stipe grêle, onduleux, subbulbeux, mais à bulbe arrondi en dessous; tégument du chapeau mince, finement fissuré en squames larges, plates, persistantes, par suite le chapeau blanchâtre, riolé de brunâtre : c'est 4. Lép. gracilenta de Krombh. et de Frie. — Une autre forme moins grande, campanulée, umbonée comme un dôme byzantin, à bulbe fusiforme aux deux exlréntités; tégument du chapeau couvert de fines squames granuleuses et persistantes : c'est 5. Lép. MASTOiDEA de Frie; tous deux, aliment médiocre quoique non vénéneux.
Nous avons trouvé encore d'autres formes qui sont ou des espèces ou des variétés; nous croirions hâtif d'en décider.
11"^ SECTION. ctypEoi.A«n. Lépiotes munies d'un collier mixte QïAhihxs fixe plus souvent fihrilleux ; le stipe, de bonne heure distinct, est vêtu (guêtre) de ces fibrilles plus ou moins fugaces de la portion inférieure du voile universel rompu, tandis que la portion supérieure reste appliquée sur le chapeau. Il n'y a plus d'acetabidum recevant la tète du stipe; mais un collarium encore manifeste quoique souvent réduit à un' mince cordon céracé entourant la tête du stipe (plutôt adné avec le chapeau); par suite, les lames en sont plus rapprochées. Chair moDe et odeur désagréable le plus souvent de rave, de moisi.
* Lépiotes dont le chapeau est tout couvert et hérissé de nombreuses verrues ^ de squames tomenteuses ou fibrilleuses.
6. Lép. Fbiesu chapeau convcxe, charnu, tigré d'un rouge brun par les verrues pyramidales à sommet mucroné, à base rayonnante par l'épanouissement de nombreuses fibrilles rouge hrun; elles sont très-serrées et très-brunes sur le disque, pluE espacées sur la marge où elles se détachent d'un lond clair (d. C c; ép. de la chair, 5 à 4 mm.), supo droit, égal solide, ûhro-charnu , ruptile, cartonné, assez finement fistulo-aranéeux; la tête est presque connée avec le chapeau, le pied bulbeux, bien aiTondi à sa base, en connexion avec les radicules d'un mycélium blanc. 11 porte aux deux tiers supérieurs un coiuer membrano-aranéeux, flasque, débile, mais nettement mixte-ascendant, blanchâtre par sa face supérieure, brun sur sa face inférieure, portant une rangée de verrues du chapeau; caduques, brunes les mêmes verrues recouvrent de plusieurs rangs le haut du bulbe; au-dessous de ce collier le slipe est revêtu de longues peluches fibrilleuses brunes, reste du voile; au-dessus, par les fibres plus claires du vélum (h. 7 à 8 c; d. 8 mm,., et le bulbe 17 mm.). Lames larges (plus larges que la chair), nombreuses, minces, libres, mais approchées, arrondies, lamelles tout à coup arrondies ou cannées; de là les lames bifurguées, blanches, à la fin roussâtres. odeur désagréable de clipeolarii ; épigée. Pi R. Je n'ai rencontré qu'une fois cette jolie et élégante Lépiote, en septembre, dans les bois de chêne de Vascœuil (Seine-Inférieure).
7. Lép. ACUTESQUA3I0SA ^Yeinm. chapeau convexe, d'abord couvert d'un tégument tomenteux, ocre ferrugineux rouge brique clair; bientôt hérissé de squames floconneuses, dresséei. mucronées qui, tombant, laissent des aréoles plus pâles; marge fibrilleuse (d. 10 c; ép.; ch. 8 à 10 mm ) . stipe solide, épais, cave et rempli d'une moelle lâche (h. 7 à 8 c; d. 15 à 30 mm.), élastique, presque égale; blanc, fibro-soyeux, mais vers le pied subbuleux, teinté de ferrugineux par les restes de voile ou fibrilleux ou squames aréoles et disposés en spirales; il porte un aoneauample, mou, fibrilleux, tomenteux, d'abord blanc ocracé, ferrugineux mixte. Lames libres, mais rapprochées du stipe, dont les sépare seulement un collarium étroit, embrassant la tête du stipe, plutôt larges, simples, nombreuses et blanches, chair blanche, ferme, épaisse. R. Dans les jardins herbeux, gazon, etc.
8. Lép. hispida, voisin du précédent, mais plus petit, plus grêle, et à chapeau umboné, enfumé, voile plus maigre, sec, dans les bois épais; il fait la transition avec les suivants Pi.R.
'* Chapeau plutôt fibrilleux ou à squames apprimées.
9. Lép. cupéolaria Bull, chapeau sub-charnu, mou, campanule, puis étendu et umboné, couvert d'un tégument teinté d'orangé ocracé plus foncé sur le disque, fibrilleux, tomenteux, sec, très-finement floconneux, squameux par Ici éraillures de l'encroûtement coloré, qui
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(ait d'abord continu et s'écaille par le développement en diamètre du chapeau (d. 5à 8 c; ép. ch. 3 à 5 mm.). supe fibreux cartonné, avec centre médullaire; puis listuleux aranéeux (h. 6 à 8 c; d. 6 mm.), égal, seulement un peu renflé au pied; la tête adiiée au chapeau, perlant un coiuer fibrilleux peu prononcé, mou, bientôt effacé ; collier mixte et surtout descendant ; de là, un stipe guêtre d'un revêtement fibrilleux qui au-dessous du collier, est ]nqueté de squamules ocracées. i-amcs nombreuses, minces, simples, blanches, plus larges que la chair, arrondies, approchées, mais libres; car on retrouve, non sans attention, un reste du coUarium. odenr faible, plutôt pénible; insipide. C.C. Dans les bois humides, toute l'année.
10. Lép. ciustata Frie, Espèce extrêmement voisine, à peine distÎKcte par ses foi^mes. Se rencontre plutôt en automne, dans les bois, les jardins humides, et est surtout, et d'abord, caractérisée par son odeur trcs-pcnctrante, très-pénible. Cette espèce est généralement plus grêle; le chopean encore moins cliarnu, les squamules granuleuses, plus nombreuses, mais sèches et glabres, plutôt que tomenteuses ou floconneuses; les lames atténuées en dedans, enfin éloignées d'un stipe encore fibrilleux, mais non squamulé, plus sec, plus grêle, mais peut-être pied plus bulbeux. C.C. Son odeur désagréable, typique de la section, Je fait regarder comme vénéneux.
11. Lép. erminea Fr. Les auteurs distinguent encore une forme voisine à chapean p'us umboné, gibbeux, lisse, glabre, seuleinenl fibrilleux-soyeux sur la marge (d. 5 c). stipo égal, fragile, fistuleux, à peine fibrilleux avec un collier membraneux, débile et fugace. (h. 7 c; d. 5 à 6 mm.). Lames libres, mais arrondies, atteignantes, plus larges que la chair, blanches; sans odeur, mais d'une »a»eur de rave.
IIP SECTION. ANNutosii. Lépiotes ayant un collier ou mieux une collerette membraneuse, mince, tombante, fixe et nettement ascendante. Le coilarinm,
inégalement développé, manque le plus souvent. On voit que dans cette section nous retrouvons le vélum et la fabrication du collier propres aux Amanites; mais ce qui doit séparer ce groupe des Amanites, c'est que le voile universel est ici conné avec le tégument du chapeau ; que sur ce chapeau on ne retrouve pas, conmie dans toutes les Lépiotes, cette pellicule distincte, séparative du voile et de Jai/èubstance du chapeau, qui caractérise le genre Amanite.
Cependant si ce caractère anatomique est toujours facile à discerner sur les champignons frais, il n'en est pas de même sur des figures, sur échantillons desséchés dans l'herbier : aussi y a-t-il quelques incertitudes sur deux espèces que nous avons cru, malgré l'autorité de Frie, devoir placer avec les Amanites. {Voy. art. Amanite: Am. échiwo-céphala et Aw. Yittadini, n"^ 21 et 22.)
12. Lép. saxosa (traduction latine de rachodes, V. n» 2). Bertillon. (J'ai recueilli aux environs de Montmorency plusieurs grandes Lépiotes qui, par le portet la forme de quelquesunes de leurs parties, se rapprochent singulièrement de Lep. proceba et surtout de Lep. bacH0DEs;mais, comme elles s'en distinguent aussi par des traits d'une importance primordiale : la fabrication du collier, le moindre volume du bulbe, des spores plus petites, etc., il n'est pas douteux que ce ne soit une espèce absolument diCféi-ente.)
Le cbapeau de Lép. saxosa est d'abord hémisphérique puis étalé, avec disque méplat, tout couvert de larges écailles à sommet plus large et aplati sur le disque, et mucronc sur Ja marge, à base large, tomenteuse et rayonnante, par les déchirures de la chair blanche du chapeau, le sommet des écailles enfumées, leur base rayonnante d'un blanc satiné. La Chair épaisse et blanche du chapeau devient d'abord ?-osc oa vineuse étant rompue et fournit, par expression, un suc qui se teinte de même. (D. 20 c; ep. ch. 20 à 25 mm.), supe solide, fibro-charnu, un peu atténué en haut, mais à pewe subbulbeux à la base, sa tête est plongée dans l'acetabulum, et parfaitement énueléabie; il est longuement fistulo-médulleux jusque dans le bulbe; sa surface, au-dessous du collier, est nue lisse, un peu brune; le Collier membraneux, étendu descend d'abord un peu en bas, puis, se repliant sur lui-même, remonte vers la rainure; il est donc ascendant et engainant le haut du stijpe; il est fixe, sa Chair est grisâtre incarnat ; (h. 14 à 15 cent.; d. 22 mm.). i.ames et lamelles blanches, nombi-euses, simples, également atténuées aux deux extrémités, se terminant en s'insérant en dedans au collarium céracé, tr'es-développé souvent creusé de petites vacuoles qui sont comme les racines des lames, odeur et saveur agréables. Excellent comestible. Automne, le long d'un mur ombragé, aux environs de Montmorency. R.
15. Ltp. c£P£STiP£s Sow. Fr. et Bertillon. cnapeau d'abord ovoïde, puis campanule en c/o-
ckelie, à peine charnu, hlanc, à peine telnlé d'un point roussâtre sur le centre du disque ou sur les écailles contuscs ; marge d'abord un peu infléchie et substriée ou sliiée ; suitace semée d'écaillcs fines, blanches, fibrilleuses, plaies, réguUèvenient concentriques, nombreuses, presque imbriquées ; chair blanche, molle (rayon du chapeau égale le diamètre de la clochette 3c; épaiss. de la ch. à peine 2 mm.). Stipe blanc, long-, tortueux, finement fistuleux, atténué en haut ou il se termine par une lête arrondie, seulement adnexée au chapeau et facilement énucléable ; son pied d'abord tuméfié, souvent adné ou adnexé aux pieds voisins et à un mycélium abondant; il porte en haut un petit collier blanc, étendu ascendant, mais dont le manchon, entier chez les jeunes, se perd bientôt chez l'adulte, sur le stipe dont la surface est bien blanche, unie, onctueuse, finement tomenteuse au-dessous du collier long. 8 à 10 c; d. moy. 6 à 7 mm.), lames et lamelles blanches, nombreuses, simples, larges en dehors, atténuées en dedans où elles se terminent assez loin du stipe, sur un hijménophore, non céracées, et par suite sans collarium discernable, mais laissant pourtant une large rainure. Odeur et saveur très-faibles.
J'ai trouvé en septembre, cette jolie espèce qui a le port et la fabrication des coprins, en troupe et en touffe sur un vieux monceau de tan à Caudebec (Seine-Infér.), et cest d'après ces échantillons que je l'ai décrite.
14. Lép. cretaceaBuU., pi. 374. Frie le cite comme répondant à son Lep. cepestipes que nous croyons identique à l'espèce décrite ci-dessus ; mais la figure de Bull, ne répond en aucune manière ni à la description de Frie, ni à l'espèce ci-dessus décrite sur l'échantillon que nous avons récoltée sur la tannée (à Caudebec), qui, comme celle de Frie a lechnpeou companulé et jamais étalé comme Lep. cretacea ; sans collarium appréciable (Bull, en iigure un), toujours parfaitement blanc dans sa jeunesse (Bull, figure et dit le sien d'abord giissale ocracé), et le chapeau régulièrement concentriquement squamuié et non uniformément tomenteux comme Cretacea; le stipe du nôtre est toi-tueux, celui de Bull, droit; enfin, le nôtre était presque inodore et non comme celui de Bull. « Très-agréable au goût et à l'odorat. » Nous croyons donc que ce sont deux espèces diflerentes, et qu'il y a lieu de laisser à cette place l'espèce de Bull, en attendant qu'on la retrouve et qu'on la décrive plus complètement.
15. Lép. densifolia Bertillon. Sur le même monceau de tan, à Caudebec, j'ai récolté la très-remarquable et nouvelle Lépiote suivante : cbapean, d'abord hémisphérique, est dans le principe recouvert d'un pruiné blanchâtre bientôt effacé; il s'étale, et le disque, de bonne heure méplat, est enfin déprimé ; entièrement étendu; sa marge s'est profondément fendue, de sorte que le chapeau est souvent découpé et rayonné en 3 « 5 lobes, sa surface est unie, lisse, tannée (à la fin fendillée et rugueuse) ou semblable ci du cuir tanné trèssouple à l'aspect et au toucher. (Une coupe suivant l'axe montre ce corion dense et brun, enveloppant tout le champignon, les deux faces du chapeau et le stipe , à 1 intérieur, on trouve une abondante chair blanche médulleuse) (D. 8 c.; ép. ch. médulleuse 3 à 4mm.). siipe, d'abord fusiforme, ventru au milieu, pointu et radicant en bas, et terminé en haut par une lête arrondie, d'abord seulement adnexée au chapeau, et chez les jeunes, facilement énucléable ; mais ensuite adnée et ne se séparant plus qu'avec quelques ruptures. Le stipe est alors long, cylindrique, tordu, égal ou un peu atténué en haut, tanné, jwesque lisse, mais marqué de quelques rangées dechinures squameuses, onduleuses, plus distinctes chez les plus jeunes ; en haut, coiiier membraneux, débile, nettement ascendant. Son pied atténué est en connexion avec un mycélium blanc abondant (12 à 14 c.; d. 12 à 15 mm.). Le centre charnu, méduleux, est très-large (7 mm.). Les Lames présentent le trait le plus caractéristique du champignon ; elles sont épaisses et si nonbreuscs que, chez l'adulte, elles sont pressées les unes contre les autres comme les feuillets d'un livre, et trop longues, elle sont souvent ondulées selon leur face; leur extrémité interne atténuée, entièrement libre, laisse une large rainure, tandis que leur bord libre est lisse et convexe; leur hauteur supérieure à l'épaisseur de la chair est de 5 à 6 mm., odeur très-faible, saveur nulle. En automne sur le vieux tan en touffe à pieds adnexés.
16. Lép. nadcina Fr. chapeau blanc, d'abord hémisphérique, puis convexe, couvert d'un cutis blanc ou blanchâtre teinté de jaune, drapé ou finement tomenteux (D. 0 ;\ 8 c; ép. ch. 6 à 7 mm.), supe égal, lisse, se gonfle peu à peu en massue vers le pied (au lieu du bulbe marginé ou tout au moins squamulé des Amanites). La tête du stipe arrondie est annexée, facilement énucléable; le corps solide, fibro-charnu, fistulo-médulleux; la surface blanche, nacrée-fibreuse; en haut, un petit coiiier blanc plus épais sur ses bords, débile, bientôt flottant et fugace, mais nettement ascendant. Lames blanches, larges en dehors et dépassées par le cutis œdémateux, en dedans libres, mais approchées, arrondies et insérées par leur pointe terminale au fin liseret du collarium. odeur très-faible, rappelant quelque peu celle des Clipeolaru, tandis que la saveur m'a rappelé celle d'Ac. campestris. En automne, sur les pelouses inclinées. R. Comestible.
DiAGMosE. Cette jolie Lépiote ressemble extrêmement par le port, la couleur et par la
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construction à la Ac. cAHrEStnis, qui est une Lépiote à spores noires, mais elle s'en distingue par ses lames toujours blanches. Ce qui est plus grave, elle pourrait encore être confondue par un novice avec Asi. phalloïde, variété blanche, erreur qui peut coûter la vie; mais la terrible Amanile se distingue par son gros bulbe à bord marglné et portant les clébns de sa volve, par un slipe dont la tête adnée au chapeau ne peut être ènucléiie, et enûn par son odeur vireuse.
47. Lép. holosekice.4 Fr. chapea» charnu, mou, convexe, planuscule, obtus, suh-fihrillcux soijeuT, lisse, fragile, blancliàtre ou teinté d'ocracé; le disque mcjilat et concolore, marge intléchie chez les jeunes (D. 7 à 8 c). st-.pe plein, bulbeux et muni de racines, mou et fragile, soyeux-iibrilleux, blanchâtre, muni d'un anneau ascendant, membraneux, ample, flottant (h. 6 à 10 c; d. 12 mm.). Lames libres, larges, convexes, nombreuses, d'un blanc jaunâtre, chair blanche et molle. Dans les bois humides. R. Inodore et, selon Frie, édule.
W SECTION. Lépiotes dont l'anneau fugace, squamuleux et concolore, est semblable au tégument du cbapeau et descendant, et par suite stipe guêtre; tête du stipe connée avec le cbapeau et dès lors jamais énucléable. CoUarium nul et par suite lames approcbées, quelquefois atteignantes et même adfixées, mais jamais sinuées ni décidément adnées, car ce serait une Ac. armillaria.
Dans cette section, on n'a guère décrit jusqu'à ce jour que des espèces trèspetites, ocracées, feiTugineuses, etc., qui par leur petite taille écbappent aux applications de l'hygiène. Aussi nous les citerons très-succinctement.
18. Lêp. fdbnaceus Lett. C'est sans doute la place d'une Agaricinée représentée (pi. 655), mais non décrite, par le docteur Letellier. Ce serait la plus grande Lépiote de cette section.
19. Lép. graxulos^. Petit groupe réunissant des formes assez nombreuses, mais dont la taille dépasse rarement quelques centimètres (5 à 5); leur nuance varie • rouge-brique, canelle, oci~acé, etc. Le chapeau et surtout son pourtour sont semés de granulations squameuses, concolores, caduques, qui, concrétées autour du slipe, forment son collier et son revêtement inférieur.
20. Lép. parvulenta Lasch. chapeaa plutôt pruiné et à collier persistant, floconneux, fibrilleux.
21. Lép. MEsoMORPHA Bull., pi. 506, fig. 1, cbapeaa aiusi que le collier persistants, dressés, glabres, lisses.
Le mycologue trouvera certainement d'autres espèces qui n'ont été ni décrites ni nommées par les auteurs : nous en avons plusieurs dans notre herbier ; mais pour ces êtres si polymorphes, il ne faut pas se bâter d'admettre comme espèces des formes nouvelles. Nous en avons hasardé deux (n°^ 12et 15) qui, par leurtaille et leur type, nous ont paru ne pas permettre le doute. D'ailleurs, nous espérons que l'on trouvera facilement la place des espèces nouvelles qui se présenteront.
En résumé, les Lépiotes fournissent par leurs grandes espèces (Lép. procera; — excoriata; — saxosa; — naucina) d'excellents aliments, et Lép. procera, par sa qualité très-supérieure, comme par son abondance se place au premier rang paririi les champignons alimentaires. D'un autre côté, si quelques espèces, par leur odeur forte, pénétrante et désagréable inspirent des doutes légitimes sur leurs quahtés alimentaires, aucune preuve expérimentale ni aucune observation ne sont encore venues les confirmer. Bertilloîj.
LE PLAl^l (Eau mlnérale de), athermale, bicarbonatée ferrugineuse faible, carbonique moyenne. Dans le département de la Haute-Garonne, dans l'arrondissement et à 42 kilomètres de Muret, émerge la source du Plan. Son eau est limpide et transparente, mais elle laisse déposer une couche épaisse de rouille ; elle n'a aucune odeur; sa saveur est franchement ferrugineuse; sa température est de 12",! centigrade; sa densité n'est pas connue. M. le professeur Filhol (de Toulouse) a fait connaître, en 1858, son analyse. Ce chimiste a trouvé, dans 1000 grammes d'eau, les matières suivantes ;
LE POULINGUEN. 18
Bicarbonate de chaux O.SSS
— magnésie 0,013
Chlorure de sodium ■. • • 0,033
— potassium traces.
Silice 0,008
Osyde de fer 0,012
— manganèse 0,003
Acide crénique 0,020
Arsenic et iode traces.
Total des matières fixes 0,433
! Acide carbonique libre 61 centimètres cubes. Azote 23 —
Oxygène 2 —
Total DES gaz 86 centimètres cubes.
Le Plan n'a poinl encore d'établissement, mais sa source, découverte seulement en 1852, est assez fréquentée déjà pour qu'on puisse prédire un avenir meilleur à ce poste minéral. M. Filhol a constaté que l'eau du Plan était dans d'excellentes conditions pour supporter le transport; il a vu, en effet, qu'elle ne laissait pas déposer, dans les flacons qui la contiennent depuis longtemps, le fer qui la minéralisé; aussi ce savant assure-t-il que cette eau est dans les conditions de fixité les plus favorables pour être utilement exportée. A. Rotureau.
liE P05S ou PIS© (Les). Famille distinguée de Nancy, et qui a donné trois médecins à la profession.
Le Pois (Nicolas), naquit en 1527, étudia à Paris, sans cependant y prendre de grades, et alla mourir dans sa ville natale en 1590, après avoir été premier médecin de Charles HI de Lorraine, et après avoir publié un ouvrage hippocralique sous ce titre :
De cognoscendis et curandis prœcipue internis humani corpons morbis libri très, ex clarissimorum medicorum, tum veteriim, tiim recentiorum, 7nomimcntis , non ita pridetn collecte. Francof., 1581), in-fol.
Le Pois (Antoine), frère du précédent, né à Nancy en 1525, mort en 1580, fut aussi médecin du même duc Charles de Lorraine; mais sa passion pour la numismatique lui fit quitter cette charge pour mener à bonne fin un ouvrage qu'il publia sous ce litige :
Discours sur les médalles et graveures antiques. 1579, in-4''.
Le Pois (Charles), fils de Nicolas, né à Nancy en 1563, mort à Pont-à-Mousson en 1655, docteur de la Faculté de Paris (14 mai 1598) ; fondateur de l'école de médecine de Pont-à-5îousson, dont il fut le premier professeur; médecin consultant du duc de Lorraine; fort érudit, également habile dans les langues anciennes et modernes, iiistmit en mathématiques, profondément versé dans la doctrine des anciens médecins de la Grèce. On a de lui :
I. Caroli III macarisnios, seu felicitatis et virtutum egregio Principe dignarum coronœ. Nancy, 1609, in-4''. — II. Sclectiorum observationum et consiliorum de prœtcritis liactenus morbis, etc. Pojit-à-Mousson , 1608, in-4°. — III. Physicum cometœ spéculum. Pont-ù- Mousson, 1619, in-S». — iV. Discours de la nature, causes et remèdes... des maladies populaires., . Pont-ii-Mousson, 1623, in-12. A. C.
LE POïJLîî^CitiEM (Station narine) , dans le département de la Loire-Inférieure, dans l'arrondisjement de Savenay et à o5 Idiomètres de la ville de ce nom (chemin de fer de Paris à Nantes), est une station marine fréquentée surtout par les bai-