‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.54Chapitre 27 sur 86 · LÈPRE KABYLE · texte numérisé non relu

LÈPRE KABYLE

pour les anciennes appellations et adopte les définitions de ses ancêtres scientifiques. (Meth. nied., fl, 11.) Il établit une sorte de hiérarchie solidaire entre les différentes maladies de la peau. Ainsi, pour lui, la lèpre est moins grave que l'éléphantiasisja psore moins grave que la lèpre et le lichen moins que la psore ; mais le lichen néghgé peut se transformer en psore, puis en lèpre; il ne va pas au delà; l'éléphantiasis reste à part.

Pour terminer, disons que ce mot lèpre a été appliqué pour désigner certaines maladies graves de la peau, tel que le mal de la rose ( Voy. Pellagre) ; l'éléphantiasis des Arabes, etc. Enfin, pour quelques auteurs du seizième siècle, la syphilis n'était qu'une dégénérescence, une modification de la lèpre. {Voy. Syphilis.)

Tout ce qui regarde l'historique de la lèpre ou ladrerie, les règlements, les fondations diverses auxquelles cette maladie a donné lieu, la bibliographie, etc. tout cela doit être renvoyé au mot Éléphantiasis. E. Bgd,

LÈPRE KABYLE. Dénomination adoptée par M. le docteur Arnould {Recueil des mémoires de méd., de chir. et de pharm, milii., année 1862, p. 538), pour exprimer la fréquence et la gravité d'une syphilide ulcéreuse mahgne, particulière aux populations berbères du Djurdjura et des oasis, et les analogies qui la rapprochent des épidémies de syphihs du moyen âge, confondues, avant Frescator et Fallope, avec la lèpre tuberculeuse des Grecs.

Loin d'étabhr l'existence de la lèpre en Algérie, le travail de M. Je docteur Arnould permet d'attribuer les quelques cas qui en ont été indiqués antérieurement par M. Deleau et M. E. Berlherand soit à la syphilis, soit au Mycosis fungoïde d'Alibert, et d'affirmer que l'affection suffisamment déterminée par les travaux de Boech et Danielsen n'existe pas en l'Algérie. En effet, la lèpre kabyle a tous les caractères des syphihdes : généralité de l'éruption, absence de prurit et de douleur, teinte spéciale, cicatrices indélébiles, coïncidence d'accidents secondaires, efficacité du traitement spécifique. Si elle débute comme la lèpre par des lésions anatoniiques communes aux différentes manifestations des maladies cutanées, son processus aboutit toujours à des ulcérations serpigineuses, et jamais aux lésions spéciales de la lèpre : les macules, les tubercules, les tumeurs et les plaques fongoïdes constituées par une matière spéciale. La lèpre kabyle ne présente jamais les modifications de sensibilité tantôt exagérée, tantôt aboUe, particuhères à la lèpre tuberculeuse.

M. Arnould rapporte la description de la maladie aux deux formes suivantes :

« Première forme. L'affection, au début, se présente avec un type assez net et qu'on peut en général rattacher à une classe et même à un genre de la nomenclature dite anatomique. Il apparaît un groupe de petites élevures ou papules ayant, en moyenne, le volume d'une tète d'épingle, iî sommet arrondi plutôt qu'acuminé, à bases tellement rapprochées qu'elles donnent à l'aspect du tégument qu'elles occupent un relief total de 1 à 2 millimètres, à surface très-légèrement mamelonnée ou framboisée. Ces saillies paraissent pleines et sont d'un rouge paie qui, avec le temps, prend successivement des teintes plus foncées. Quelques-unes, plus claires en couleur, ont une transparence analogue à celle de l'ambre et le sommet acurainé; on dirait presque de l'herpès.

« Le groupe forme toujours une tache circulaire qui, à l'origine, peut ne pas avoir un diamètre plus grand que celui d'une pièce de 20 centimes. La tache est complètement occupée par des élevures; ou bien, et dans ce cas elle est plus

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