LÈPRE KABYLE
grande que je ne viens de le dire, les élevures forment une petite couronne autour d'un espace sain, très-restreint, qui se retrouvera encore tel, chose bizarre, après que les parties environnantes auront subi les plus affreux ravages.
(( Dans d'autres cas, le soulèvement morbide initial de l'épiderme a des proportions plus considérables ; il arrive aux dimensions de l'impétigo : on voit de vraies pustules à contenu liquide encore, ou plus souvent déjà concret, reposant sur une base qui forme une masse sobde, légèrement élevée au-dessus du niveau tégumentaire. Mais alors les élevures perdent en nombre ce qu'elles ont acquis en volume. On peut très-bien compter les pustules formant les taches isolées; elles ne sont pas, quelquefois, plus de huit ou dix, tandis que les saillies papuleuses ou vésiculeuses sont innombrables, même dans une très-petite plaque de lèpre.
« Enfin nous avons eu des malades chez lesquels on ne pouvait saisir la forme initiale qu'à l'état de taches plus ou moins grandes, à saillie partaitement uniforme et très-légère, à coloration rouge brun, et recouvertes d'une fine desquamation qui leur donnait de la ressemblance avec certains psoriasis.
« La forme du début est extrêmement variable ; mais, ce qu'elle a de spécial, c'est la disposition en cercle des efflorescences, disposition que révèlent les premières manifestations morbides les plus limitées et que l'on retrouve encore lorsque le mal accompht les plus vastes dégâts...
« Une particularité non moins constante, c'est la coloration rouge violet ou rouge brun,,.
« 11 est des malades chez qui l'altération tégumentaire ne va pas plus loin en profondeur; elle est entièrement constituée par des taches de toutes dimensions jusqu'à celles de deux ou trois fois la largeur de la main, situées presque exclusivement à la face postérieure du tronc et externe des membres. La couleur rouge y est très-prononcée ; à la surface on reconnaît des squames très-fmes au centre, très-larges à la périphérie.
« Deuxième forme. La forme ulcéreuse n'apparaît jamais primitivement; elle ne fait que succéder à la première d'une façon plus ou moins brusque...
« Tantôt l'ulcération apparaît dans un point d'une de ces taches rouges à mince épidémie. Dans d'autres cas, l'ulcération succède à l'apparition de pustules analogues à celles de l'ecthyma...
« L'aspect habituel le plus fréquent de la lèpre kabyle est celui de la syphilide tuberculeuse crustacée. Détachées violemment, les croûtes laissent à nu une sur^» face saignante...
« L'ulcère est rarement profond : il est rosé, bourgeonnant... « Les cicatrices sont tantôt en creux, anfractueuses, ou en relief de 4 ou 5 mil^ limètrès, à surface ondulée.
« C'est principalement à la partie postérieure du tronc, à la face externe des membres que siège la maladie. Le coude, l'épaule, les hanches en sont les lieux d'élection.
« Sa durée est longue et indéterminée. Sans douleur ni prurit, elle s'accompagne presque toujours, quand elle est confirmée, d'un état général fâcheux, d'embarras des voies digestives, d'amaigrissement, de pâleur ou de ces teintes de cachexie qu'on retrouve dans des maladies en apparence plus graves.
« La fréquence de la lèpre kabyle, très-commune dans les oasis du Sud, a été surtout déterminée par les chiffres fournis par l'hôpital de Delly. Sur 425 malades indigènes, M. le docteur Vincent {Exposé clinique des maladies des Kabyles, Paris, 1862) a compté 188 cas de syphilis et % de sypliiiides malignes »
188 LE PRESE (eau MiNÉRAiE de).
Rare chez les gens aisés, le mal pèse surtout sur le pauvre fellah, couvert d'un burnous immonde de malpropreté et de vétusté, et placé dans les plus tristes conditions d'habitation et d'alimentation. Tous les âges en sont également tributaires, excepté les six premiers mois de la vie, pendant lesquels appai^aît généralement la syphilis héréditaire. Il est donc logique d'exclure l'hérédité comme point de départ, et d'attribuer le développement du mal, tantôt à une infection par des accidents primitifs dont les traces sont manifestes, tantôt et le plus souvent à la transmission d'accidents secondaires au milieu de populations vivant dans une promiscuité misérable, la dépravation et l'ignorance {s'i^philis in\ sontium).
C'est en effet dans ce milieu de conditions favorables à sa perpétuité que la syphihs constitue en Algérie un foyer endémo-épidémique semblable à ceux qui ont été signalés en Illyrie, sur les côtes de 1 Adriatique, dans les provinces occidentales de l'Ecosse, dans les pays Scandinaves, les côtes occidentales d'Afrique, aux Antilles et dans l'Amérique du Sud. Si le nom de lèpre kabyle doit aller se perdre dans l'histoire de la syphilis, comme ceux de Scherhevo, de Falcadine, de Sibbens, de Radesyge, il pourra figurer à côté du yaws des Antilles et du bouton d'Amboine dans l'étude des modifications que le climat peut imprimer aux formes de la maladie; s'il est destiné à disparaître, le nom de lèpre kabyle suggère pour le moment un rapprochement naturel : les Berbères, commerçants, industriels, horticulteurs, agglomérés dans des villes et des villages, habitant des maisons basses, insalubres, mal aérées, reproduisent par leur vie sociale, leur malpropreté, leurs maladies, les mœurs du moyen âge. Mais, tandis qu'en Europe, le christianisme et le génie patient des peuples du Nord refoulaient dans le passé les grandes épidémies des maladies de la peau, en multiphant à l'infini les léproseries, en introduisant l'usage du linge de corps et le luxe de la propreté; l'invasion arabe immobilisait en Algérie la civilisation berbère, et aggravait le mal en substituant à l'idée chrétienne le dogme de la fatalité et la tolérance pour la dépravation des mœurs. Laveran.
LÉPROSERIES». Yoy. Éléphantusis.
liE PRESE (Eau minérale et cure de petit-lait de) , athermale, amétallite, carbonique et sulfureuse faible, en Suisse, dans le canton des Grisons, à 3 kilomètres de Poschiavo sur la rive septentrionale du joU lac de ce nom, alimenté par le ruisseau le Poschiavino et par les cascades qui tombent des glaciers voisins, est au fond d'une vallée circonscrite par une diaîne de montagnes, qui s'étend de la ville de Poschiavo à Le Prese. (Chemin de fer de Paris à Chur (Coire) d'où la nouvelle route de Samaden et de la Bernina conduit à Le Prese. On peut aller aussi par le chemin de fer de Paris à Turin d'où une voiture conduit en vingt-quatre heures à Le Prese.) Le Prese est à 962 mètres au-dessus du niveau de la mer ; la chaleur, quoique assez variable, y est cependant beaucoup plus égale et beaucoup plus douce qu'aux autres stations minérales du voisinage {voy. Saist-Moriz, BoRMio et Tarasp) ; le thermomètre indique, eu effet, 17° centigrade, comme température moyenne des mois de la saison, qui commence le 20 juin et finit le 15 septembre. La proximité du lac, des pics recouverts de neige, au lieu de produire de la pluie et des brouillards, comme on aurait pu le craindre, entretient la pureté de l'air qui est rarement humide. Le climat doux et relativement assez chaud fait cfue l'établissement de Le Prese est fré-
LE PRESE (eau minérale de). 189
quenté non-sèuiêmcnt par des buveurs et des baigneurs, mais par presque tous les touristes qui visitent l'Engadine et la Valteline.
La station de Le Prese n'a qu'une source, qui se nomme la sorgente Caddea (la source Caddea), son origine est à 50 mètres du bâtiment principal qui sert à l'administration des bains et au logement des malades, et à 10 mètres du mur qui limite au nord le lac de Poschiavo. Son bassin de captage, en granit, est carré. Un conduit de bois vient aboutir au-dessous du niveau de l'eau, et emporte au grand établissement l'eau nécessaire pour l'alimentation des baignoires et des appareils de doucbes. L'ouverture d'un deuxième tuyau, incomplètement fermée, ne laisse passer que la quantité d'eau convenable pour l'alimentation des deux buvettes.
L'eau minérale, vue en masse, est assez claire et assez limpide pour permettre de distinguer aisément la couleur du sable du fond de son puits, et des corpuscules nombreux, semblables à des mucosités blanchâtres, qui sont suspendues ou surnagent dans le bassin. Ces corps étrangers ont tout à fait l'aspect de la barégine, dont ils n'ont pourtant ni la douceur ni l'onctuosité. Lorsqu'on entre dans le pavillon, l'odorat ne renseigne 'aucunement sur la quabté de la source, même lorsqu'on a eu la précaution de fermer la porte et de découvrir le puits, afin de mettre l'eau en contact plus direct et plus facile avec l'air atmosphérique. Cette eau, dont la surface n'est qu'à 10 centimètres du bord du bassin, puisée dans un verre est claire, hmpide et transparente, elle laisse distinguer cependant les fragments très-petits, qu'elle tient en suspension ; des bulles de gaz peu volumineuses la traversent et mettent dix secondes à gagner sa surface ; elle n'a nulle odeur hépatique, mais sa saveur l'est très-manifestement ; elle est plus prononcée que celle de la plupart des sources sulfureuses et sulfurées. Sa réaction est neutre; sa température est de 8°, 2 centigrade, celle de l'atmosphère du pavillon étant de 14°, 2 centigrade; sa densité est de 1,0003. L'analyse chimique de l'eau de la source Caddea a été faite en 1855, par M. le docteur Witlstein (de Monaco), qui a trouvé sur 1000 grammes les prmcipes suivants :
Sulfate de potasse 0,0758
— souile 0,0230
— ammoniaque 0,0090
— chaux 0,0650
Chlorure de calcium 0,0045
Phosphate de chaux 0,0038
Sous-sulfate de chaux 0,0084
— magnésie 0,0568
Bicarbonate de magnésie 0,0093
— oxyde de fer . . 0,0065
Acide silicique 0,0260
Matière organique 0,0290
Total des matières fixes 0,5173
Gaz. { **=!^'
Acide carbonique libre 0,0140 gramme.
sulfhydrique 0,0070 —
Total des gaz 0,0210 gramme.
Les moyens balnéothérapiques de la station de Le Prese se composent de deux buvettes et d'une maison de bains.
L'eau de la buvette des payants a les mêmes caractères qu'au griffon, sauf qu'elle contient une moins grande quantité de flocons gris-blanchàtres ; l'eau de la seconde buvette a une odeur désagréable, à peiue supportable même, qui a a beaucoup d'analogie avec celle des fèces humaines, ce qui prouve certainement
190 LE PRESE (eau minérale de).
la décomposition au contact de l'air du sulfate d'ammoniaque qu'elle tient en dissolution.
L'établissement de Le Prese, de construction récente et parfaitement approprié à sa destination, a onze cabinets de bains non précédés de vestiaires. Les salles éclairées par une fenêtre renferment quinze baignoires de marbre. La pièce qui porte le n" 1 a une baignoire surmontée d'un appareil complet de douches, dont l'eau vient d'un bassin de bois doublé de zinc, fixé à 3 mètres de hauteur. Les pièces n^^ 2, 4, 8 et 10, ont des baignoires doubles. Les canaux de bois qui apportent l'eau sulfureuse du griffon sont remplacés, à leur entrée dans les cabinets, par des tuyaux de plomb de 3 centimètres de diamètre ; ds se terminent par un robinet de cuivre, placé au fond des baignoires. Un canal rempli de vapeur, auquel aboutissent deux tuyaux de cuivre qui la descendent au fond de la baignoire, et qui la conduisent autour de ses parois internes, sert au besoin à élever la température des bains, suivant les prescriptions médicales ou le désir des baigneurs.
Mode d'adjiiinistratioîj et doses. L'eau de la source de Le Prese, se prend à la dose de quatre à six verres de 150 grammes chacun, le matin à jeun et de quart d'heure en quart d'heure. La durée des bains est ordinairement de vingt minutes à une demi-heure, celle des douches est de cinq à quinze minutes .
11 faut avoir soin, au début de la cure par l'eau de Le Prese en boisson, de ne pas donner de trop fortes doses, car elle est très-excitante, et déterminerait un mouvement fébrile et une exaltation générale, qui pourraient forcer d'interrompre le traitement. Les sujets à tempérament irritable font donc bien de n'en boire qu'un demi-verre ou un verre pendant les premiers jours, afin de s'habituer progressivement à l'effet des eaux de la source Caddea ; il est bon même quelquefois de ne pas prendre cette eau pure, et de la couper avec une certaine quantité de lait, d'une infusion émoUiente, et de l'édulcorer avec un sirop béchique.
Emploi thérapeutique. L'eau de Le Prese est aisément supportée, lorsque son emploi interne et exteriie est sagement dirigé ; voici quels sont les effets physiologiques qu'elle produit le jjIus habituellement. La constipation manque le moins souvent, ce dont les buveurs doivent être prévenus ; on doit les avertir aussi que cet état ne continue pas, et qu'api^ès les cinq ou six premiers jours, les selles redeviennent régulières. L'appétit augmente alors et les digestions se font mieux et plus promptement. L'usage interne des eaux de la source Caddea rend plus fréquents les battements du cœur et du pouls, il active la sécrétion urinaire et il augmente la transpiration cutanée. Les personnes qui sont atteintes d'un catarrhe laryngien ou bronchique expectorent avec beaucoup plus de facdité, et leurs crachats changent de couleur ; de jaunes, ils deviennent verdâtres ; de compactes, ils deviennent opahns ou tout à fait muqueux.
L'administration des bains et des douches n'a pas un résultat très-marqué sur l'homme sain, ainsi que nous l'avons constaté en nous mettant pendant urio demi-heure dans l'eau de Le Prese chauffée à 53° centigrade. Nous avions vingttrois mouvements respiratoires par minute, et soixante-trois pulsations artérielles; les urines étaient acides et la suhve alcaline. Au bout de dix minutes d'immersion, le pouls battait soixante-seize fois, et la respiration était à vingt-quatre par minute ; après un quart d'heure, le pouls était le même, et la respiration était à vingt-deux. Après vingt minutes, le pouls monta à quatre-vingt-huit pulsations,
LE PRESE (EAU MiNÉaALE de). 191
les mouvements respiratoires ne s'étaient pas modifiés. Au bout d'une demiheure, \ingt-deux respirations et quatre-vingt-huit pulsations. I/urine était beaucoup moins acide et la salive était neutre ; la peau était douce et onctueuse au toucher.
Les bains avec l'eau de la source Caddea n'ont presque aucune influence sur la respiration, sur la qualité de l'urine et de la salive; mais ils activent sensiblement la circulation sanguiue. Ils n'occasionnent presque jamais la poussée; ils agitent presque toujours assez, dans les premiers jours au moins, pour causer de l'insomnie et des rêves pénibles. Après sept à huit jours, il est bien rare que les malades ne jouissent pas, au contraire, d'un bien-être et d'un calme qui ne leur sont pas habituels. Les douches ont les mêmes résultats que les bains ; seulement elles activent plus encore la circulation sanguine.
Les eaux de Le Prese sont employées avec succès en boisson, en bains et en douches dans la diathèse scrofuleuse; les eaux sulfureuses et sulfatées ammonicales de Caddea ont, sous ce rapport, une action spéciale plus énergique que les sources sulfurées et sulfureuses qui renferment même une notable proportion de chlorure de sodium, d'iodures et de bromures. Ces eaux, en boisson princi paiement, sont indiquées dans les catarrhes chroniques des membranes muqueuses, et surtout dans ceux qui siègent dans le larynx ou les bronches; mais elles n'ont jamais donné de résultats favorables dans la phthisie tuberculeuse des voies respiratoires.
Les affections humides de la peau sont plus favorablement traitées par l'uaage des eaux de Le Prese en boisson, et surtout par les bains et par les douches; l'herpès, l'eczéma et l'ecthyma sont les maladies cutanées qui cèdent le plus promptement et le plus sûrement. Le psoriasis résiste d'avantage, mais non toujours.
L'anémie et la chlorose cèdent souvent à l'effet excitant et tonique de ces eaux minérales ; la situation topographique de l'établissemeni de la vallée de Poschiavo, l'air pur qu'on y respire, les excursions intéressantes, nombreuses et variées qui sont l'occasion de promenades journalières, favorisent singuhèrement l'action du traitement hydrosulfureux, dont l'efficacité n'est cependant mise en doute par personne. Les remarques qui précèdent nous exemptent d'insister d'avantage sur les vertus de ces eaux dans la menstruation irrégulière, difficile ou douloureuse, la leucorrhée, l'aménorrhée, etc., déjeunes fdles affectées de chlorose. L'eau de la source de Caddea réussit parfaitement encore dans les enpoisonnements métalliques arsenicaux, mercuriels ou saturnins.
Les eaux très-excitantes de Le Prese sont contre-indiquées chez les personnes irritables dont le système nerveux a besoin de calme, ou à celles dont la circulation sanguine ne peut être accélérée sans danger.
On peut suivre encore à Le Prese un traitement par le petit-lait de chèvres, d'ànesses ou de vaches. On peut y prendre aussi des bains de décoction de bourgeons de sapin.
La durée de la cure est de vingt et un jours.
On exporte peu les eaux de Le Prese, A. RoTunEAU.
Bibliographie. — Kjllias (docteur) . Brevl cenni sopra le acque solforosc di Poschiavo. Poschiavo. 1858. A. R.
LEPTOCARCiA. Noui que donne Dioscoride (II, 444), d'après Mérat et Delens ifiict.^ IV, 90), au Corylus Avellana. (Voy. Noisetier.) H. Bn.
192 LEPTOMITE.
IjEPTOMITE {Leptomitus Ag.). Genre d'Algues, créé par Agardh, qui l'a rapporté au groupe de ses Confervoïdées ; ce genre a donné son nom à la tribu des Leptomiteœ du même auteur {Syst., XXII, part.). Les caractères généraux des Leptomitées sont, d'après lui, les suivants. Ce sont des végétaux représentés par des fdaments grêles, presque hyalins, à articulations peu visibles, qui se fixent sur les corps organiques plongés dans les liquides. Ces plantes ont été considérées comme intermédiaires aux Algues proprement dites, auxHypnacées et aux Funginées. Le genre Leptomite est caractérisé, dans cette tribu, par des filaments articulés, atténués au sommet, rameux, à articles creux, vaginiformes. Leurs spermaties ou sporidies sont latérales, rarement placées dans les interstices, et entourées d'une enveloppe (epispermium) transparente. Endlicher {Gen., 4, n. 38 ) a rapporté à ce genre les suivants , dont plusieurs sont conservés par beaucoup d'auteurs comme distincts: 1" Saprolegnia Nées, 2° Achlya Nées, "ù" Pythium Nées, 4" Hydronema Car., 5" Sphœrotilus Kdetz. Il y a six espèces de Leptomitus dont l'étude intéresse la médecine ; mais plusieurs d'entre elles sont considérées comme douteuse, ou sont très-incomplétement connues.
1 . Leptoinite de Hcmnover [Leptomitus ? Hannoveri Ch. Rob., Des végét. qui croissent, etc., 847, 42; Vég. paras., 362, t. II, fig. 11, 12, a, b). Cette espèce est formée de filaments droits, déliés , tantôt transparents, tantôt remplis d'un contenu muqueux ou grenu. Ces filaments, très-ramifiés d'un côté ou des deux côtés, ont des branches de même calibre, ou à peu près, que le tronc. Les extrémités sont obtuses, ou un peu atténuées, quelquefois, mais rarement un peu renflées. C'est Ad. Hannover qui a découvert en 1842 cette plante, dans une masse en bouillie qui tapissait l'œsophage, lequel présentait des excoriations n'ayant causé aucun symptôme. La même espèce a été retrouvée , dans des cas de typhus, par Hannover, qui l'avait considéré comme constituant une même forme végétale que les filaments du mycélium de YAchorion SchcefileiniiKui., et qui a décrit et représenté les filaments du Leptomitus, entremêlés de spores, comme un mélange « de la forme végétale filamenteuse et de la celluleuse. » Le Leptomite fut dès lors regardé par lui comme se multipliant par division, puisqu'il ne possédait point de spores.
2. L. urophile [L. urophilus Montagne, in Ann. se. nat., sér. 2, XII, 285). Cette espèce forme de petites touffes, hautes de 2 ou 3 millimètres , hémisphériques, gélatineuses. Les troncs ou filaments principaux semblent naître d'un point central duquel ils s'irradient dans tous les sens ; ils sont hyalins, très-ramifiées dès leur base, et ils ont à peine 0™™,0075 d'épaisseur. Leurs branches sont étalées; les rameaux de troisième ordre sont ternes ou quaternés, obtus. Plus ils se divisent, et plus leurs ramifications sont ténues. Les articles sont d'une longueur variable, les uns aussi longs que larges, les autres une fois et demie plus longs qu'épais. On n'y a distingué aucune goiiidie ; mais Montagne a aperçu au centre un espace orbiculaire transparent qui est peut-être une gouttelette huileuse (?) C'est Rayer qui a trouvé cette végé*ation, dans une urine morbide, rendue avec des poils. Peut-être n'est-elle qu'un état imparfait, déformé par le milieu dans lequel elle a été observée, de quelque autre plante plus compliqua et susceptible de fructifier dans un milieu approprié.
3. L. de l'œil [L. ? oculi Kiicn.). C'est une plante qui, à un grossissement de 250 diamètres, apparut comme ramifiée, déchirée en quatre parties dont les portions consistaient « en cylindres confervoïdes et en séries de spores disposées en chapelet. » Helmbrecht, qui l'a fait connaître, rapporte qu'elle a été découverte
LEPTOMITE. . 105
cliez un prédicateur âgé de 42 ans, et qui, quelques années avant, avait eu une inflammation rhumatismale des deux yeux, accompagnée d'cpipliora. Il lui survint subitement, dans l'œil gauche, la sensation d'un objet trouble, en forme de fleur, avec stries rayonnées ; symptômes qui disparurent sous l'influence d'une niédication particulière, mais qui reparurent ultérieurement, sous forme d'images constantes, se mouvant dans différentes directions, le malade pouvant indiquer nettement ces déplacements, suivant les directions diverses qu'il donnait à l'axe visuel. L'œil droit présentait en même temps des images de mouches volantes. Helmbrecht et Klenke pensèrent qu'il s'agissait d'un corps situé au-devant du cristaUin et baignant dans l'humeur aqueuse. Les mouvements de cette production singulière devinrent plus libres, après une chute de voiture que fit le malade; il semblait alors à celui-ci que l'image flottante, autrefois fixée par un point d'attache au côté interne du champ visuel, était devenue totalement hbre, et qu'elle s'était déchirée en deux portions, nageant, l'une à droite et l'autre à gauche. La secousse avait sans doute arrraché le végétal de son point d'implantation. Helmbrecht eut alors l'idée de ponctionner la cornée et de faire écouler au dehors l'humeur aqueuse, qui entraîna au dehors la production végétale dont nous avons reproduit plus haut les caractères. Le malade fut, dit-on, dès lors guéri. Neuber remarqua alors que ce fait confirme ce qu'il avait dit de la cause des taches et des mouches volantes, savoir qu'elles sont dues à une végétation parasite, analogue aux Algues, aux Conferves, et dont on pourrait débarrasser les malades en pratiquant la paracenthèse de la chambre oculaire antérieure.
4. L. ? de Vépiderme Ch. Rob., op. cit., 564, t. VI, fig. 1 (L. ? epidermidis KiiCH.). On a donné ce nom à des fdaments byssoïdes « analogues à ceux du muguet,» que M. Gubler observa sur des boutons déchirés, semblables à des vésicules d'eczéma, qui s'étaient produits sur une plaie de la main par arme à feu, et soumise à l'irrigation continue. Ces filaments, très-longs, plusieurs fois divisés, étaient moins distinctement articulés et moins diaphanes que ceux du muguet. II y avait toutefois des cloisons, beaucoup plus rapprochées même dans les branches secondaires et sur les extrémités terminales des filaments primitifs. « Les rameaux, ajoute l'auteur, naissent souvent d'un seul côté, et se détachent à angles plus ou moins aigus, en s'incurvant du côté de l'axe qui leur donne naissance. J'ai vu l'un d'eux terminé par un renflement cellulaire qui n'est probablement qu'une fructification naissante. Mais je n'ai pas rencontré de spores arrivées à leur entier développement qui fussent encore fixées sur les filaments byssoïdes. Toutes les sporidies nageaient librement dans l'eau que j'avais ajoutée pour l'examen. Ces sporidies, ellipsoïdes, droites ou légèrement courbes, sont coupées transversalement par une cloison qui les partage ainsi en deux cellules ou cavités. » Entre les éléments épidermiques, il se trouvait encore une matière finement granuleuse et paraissant servir d'humus à la plante.
5. L.? du mucus utérin Cn. Rob., op. cit., 567 (L, ? uteri Moq. — L. muci uterini Kiicu. — Lorum uteri Wilk.). M. Mouliuié a donné, dans l'ouvrage du professeur Robin, la traduction d'un travail de Wilkinson, où sont décrits des filaments dénature végétale, mêlés de corpuscules ovoïdes et sphériques avec ou sans noyaux, qui furent observés dans un écoulement, sans globules de pus, mais d'aspect purulent, provenant de l'utérus d'une femme de 70 ans. Ces filaments, au dire de l'auteur, étaient primaires et secondaires. Le diamètre de ces derniers variait de ^-/ôo ^ fïïôô ^^ POuce ; leurs bords étaient pîdes ; leur Ion gueur, variable. Ces filaments étaient tous un peu recourbés , jamais enroulés ni
DICT. EKC, 2' s. II, 15
194 LEPTOMITE.
onduleux ; l'actioJi de l'acide acétique rendait leur structure plus évidente, et montrait qu'ils étaient formés de cellules allongées, placées à la suite les unes des autres, comme dans certaines Algues d'eau douce. Dans beaucoup de ces filaments, toute trace de structure cellulaire avait disparu, par suite des progrès du développement; d'où leur apparence défibres simples. Ces filaments secondaires paraissaient, pour la plupart, provenir des filaments primaires par rupture ; cependant, dans quelques-uns d'entre eux, l'apparition, vers leurs extrémités, de nouvelles cellules en voie de développemeni , fait supposer à l'auteur qu'ils pourraient bien avoir une existence distincte des suivants. Les filaments primaires ont un diamètre qui est de deux à six fois celui des filaments secondaires. Les plus larges étaient très-courts, tronqués vers une de leurs extrémités, terminés à l'autre par un faisceau de six ou sept longs filaments secondaires. Les plus étroits offraient une plus grande longueur, et de deux à quatre filaments dans leur faisceau tei^minal. Vers l'extrémité tronquée des filaments primaires, quelquefois sur un point de leur longueur , on pouvait remarquer des renflements que l'auteur regarde comme destinés à renfermer des spores. Les sporules étaient généralement ovoïdes, quelques-uns sphériques; ceux-ci paraissaient plus petits. L'action de l'acide acétique y faisait souvent apparaître un noyau.
6. L. ? utéricole [L. utericola Moq. — L. ? uteri KiicH., nec Moq.). Cette espèce, d'ailleurs douteuse, pourrait être avec avantage appelée L. ? Lebertianus, pour éviter des confusions ; car, si elle est le Leptomitus ? de iutérus du professeur Robin, elle n'est pas le L. utérin de Moquin, qui répond ^w Leptomitus'! du mucus utérin Rob. C'est M. Lebert qui, en 1850, a observé cette plante dans les circonstances qu'il a indiquées en ces termes : « J'allais fréquemment à l'hôpital de Lourcine où M. Gueneau de Mussy, alors médecin d'une des divisions , enleva sur le col utérin, en ma présence, les altérations dont je désirais examiner la nature intime. Un jour, il enleva quelques granulations du col, et quel ne fut pas mon étonnement, lorsque, en faisant l'examen microscopique, j'y trouvai une algue accolée à la surface de la muqueuse. Je l'avais mise dans un tube propre qui ne pouvait en coutenir. Il est très-possible que les spores aient été introduites avec une injection vaginale; en tous cas, le végétal était accolé à la surface du col utérin. » Cette algue, représentée dans l'ouvrage du professeur Ch. Robin (t. V, fig. a-h), se composait de tubes pâles, plus étroits, de tubes plus larges, et de spores. Les tubes pâles étaient ramifiés, sans cloisons ni granulations. Les tubes larges étaient articulés, quelquefois ramifiés, et se terminaient par des spores. Celles-ci consistaient en une cellule ovoïde, allongée, granuleuse, ou en une cellule ovoïde ou sphérique, terminée par un prolongement étroit, quelquefois cloisonné, qui d'abord communique avec la cavité de la spore, mais qui souvent ensuite en est séparé par une cloison.
Par les descriptions qui précèdent, on voit que les Leptomites observés chez l'homme sont pour la plupart fort incomplètement connus , et qu'en l'absence totale de leurs organes reproducteurs, on ne peut les rapporter qu'avec doute à ce genre. Probablement, comme nous l'avons déjà indiqué, plusieurs de ces êtres ne sont que des états transitoires d'espèces végétales plus parfaites et mieux connues à leur état complet de développement, et qui, dans un milieu peu approprié, n'ont pu suivre toutes les phases de leur évolution. La plupart viennent du dehors à l'état de germes, soit par l'air, soit avec des liquides introduits dans les cavités naturelles. Ces germes ne prennent aucun accroissement ou ne se développent qu'incomplètement, le sol et les conditions du milieu ambiant n'étant pas
LEPTOTIIRIX. 195
favorables à leur évolution normale. Ce n'est pas le végétal parasite, suivant l'opinion de Wilkinson, qui alors détermine une maladie ; mais c'est l'organe malade qui présente des conditions spéciales, favorables au développement delà plante. L'existence de celle-ci peut masquer les accidents dus à la maladie ellemême, elle peut l'aggraver en agissant comme corps étranger; elle n'en constitue qu'une complication. Souvent encore on ne peut attribuer à la présence du Leptomitus lui-même aucun des accidents qui s'observent chez les individus dont le corps leur sert 'de support. H. Bn.
Agardh, Syst. Algarum. Lund., 1824, XXIII. — Biasoletti, Alg- Jnicroscopic, t. 15-18. — Endl., Gen., 4, n. 58 (ex parte). — Hannover (Ad.), Ueber Entophyten aiif der Schleimhaut des todleii und lebend. menschlich. liœrp., in Arch. f. Anat. und Physiol. v. Millier, XV (18'i2), 280, et in Repert. f. Anat. und Physiol. v. Yalentin (1845), 84. — Helmbbecht, Fall ein. conservenart. Afterprod. in der Augenkammer des linken Auges, etc., in Wochen. f. ■ gesammt. Heilk., v. Casper (1842), 593. — Neuber, Conservenart. Afterprod. , etc., in Rec. cit., n. 55. — Robin (Ch.), Des légét. qui croiss. sur les anim. viv., thèse (1847), réimpr . sous le titre de : Des vcgét. qui croiss. sur l'homme et les anim. viv., avec addit de 3 pi. grav. (1847). — Moxtac\e, in Mém. de la Soc. de biolog.,1 (1849), 29; Ann. se. nat., sér. 2, XII, 285. — Gibleb, Proc. verb. de la Soc. de biolog., 24 janv. 1852. — Wilkinson, Some rem. upon Lhc developm. of epiphyt., ivith the descr. of a new veget. for m found in conn. with.tlie hum. uter., in the Lancet, Lond. (1849), 448. — Robin (Ch.). Hist. des végét. paras., qui croissent sur l'homme et les anim. viv. (1855), 360, t. II, IV, V, VI.
LEPTOPCS, LEPTUS. Voy . LePTUS.
LEPTOSPERiME, Leptospermiiin (Forster). Arbrisseau.x; de la famille des Myrtacées, voisins des Melalenca, dont ils diffèrent par leurs étamiues non soudées en faisceaux. Leurs caractères principaux sont les suivants. Calice à 5 lobes triangulaires, valvaires ; 5 pétales et de nombreuses étamines libres insérés sur le calice; un ovaire infère ou semi-infère; un style fdiforme terminépar un stigmate capité : un fruit capsulaire à 3, 4, 5 loges. Les feuilles sont simples, entières et ponctuées.
Les espèces de ce genre croissent dans la Nouvelle-Hollande, la Nouvelle-Zélande, elles îles de la même région. Elles contiennent une huile essentielle, qui les rend odorantes et donne à leur infusion des propriétés stimulantes. Ces infusions tliéi- Ibrmes des jeunes feuilles et des sommités fleuries, un peu amères et très-aromatiques ont été parfois utiles aux navigateurs pour rétablir les forces de leur équipage, affaibh par le scorbut.
C'est ainsi que Cook a employé avec succès les Leptospermum scoparium Forst. de la Nouvelle-Zélande.
FoRSTEH. — Gen. 56. — D. C. Prod- III, 226.
LEPTOTHRIX (de )>2Trfôî, grêle, mince, et 6pCÊ„ cheveu, filament). Genre de plantes parasites, microscopiques, de la classe des Algues, de la sous-classe des Malacophycées et constituant le type de la famille des Leptothricées. Les caractères des Leptothrix sont les suivants ; filaments tubuleux, déliés, continus, sans articulations, privés de mouvement, ces filaments ne sont ni rameux, ni engainés, ni cohérents, les cellules propagatrices ne sont pas connues.
En observant les cellules épilliéliales et le détritus organique qui se trouve sur la surface de la langue, surtout en arrière, on trouve constamment une grande quantité de petits filaments d'une espèce particulière d'Algue que Charles Robin a nommée Leptothrix buccalis. (Ch. Robin, Des végétaux qui croissent sur les animaux vivants, grand m-8", page 42, pi. i, fig. 4 et 2, 1847.)
19G LLl'lUS.
Cette algue niicrosco|jique se trouve eucore dans la malière accumulée dans l'interstice des dents, ou bien dans la cavité des dents cariées; elle a été rencontrée aussi dans des liquides vomis et dans des déjections diarrliéiques. L. Corvisart l'a vue dans l'estomac d'une femme morte d'ictère grave.
Le Lepiothrix biiccalis est formé de filaments roides, droits ou coudés brusquement sous un angle obtus, à bords nets, non moniliformes ou disposés en chapelet, avec les extrémités brusquement arrondies et non effilées. Ces filaments sont larges de 5 dix-millièmes de millimètre, la longueur ordinaire varie de 20 millièmes à 1 centième de millimètre. Ils sont incolores, élastiques, réunis par la base à une gangue amorphe et granuleuse, formant ainsi des touffes ou des espèces de houppes. On voit de ces filaments lisses, mais alors ils ont été détachés de leur support. {Voy. Ch. Robin, Hist. nat. des végétaux parasites, etc., in-8% p. 345 et suiv., pi. I, fig. 1 et 2, 1853.) Leurs spores ou corps reproducteurs sont inconnus.
Pour bien observer cette algue, il faut un grossissement considérable; on la trouve facilement au milieu des cellules épithéhales de la langue, dans le mucus buccal avec des vibrions {Bacterium termo, Vibrio lineola et hacillus, etc.) . Les personnes d'une bonne santé en offrent tout aussi bien que les malades. Ce végétal se reproduit avec une extrême facilité et du jour au lendemain sur des points où il n'existait pas la veille, par exemple sur les dents brossées et nettoyées avec soin. Les filaments du Leptothrix huccalis atteignent une longueur assez considérable et jusqu'à 2 centièmes de millimètre et plus, chez les personnes qui ont laissé accumuler une substance blanche et pulpeuse entre les dents. On voit alors des filaments qui traversent le champ du microscope sous forme de faisiieau, ou isolés et qui s'insinuent et passent à travers de petits amas d'épithélium buccal.
11 est probalÀc que ces végétaux nés dans la cavité buccale se détachent et sont entraînés ensuite -dans le tube digestif. Les liquides de l'estomac et de l'intestin ne semblent pas favorables au développement du Lepto^/îria:, cardans ces milieux les tubes sont généralement courts, isolés, très-rarement implantés sur un support. Les filaments ne paraissent pas se développer d'une manière directe sur les tissus bien vivants, mais plutôt sur un humus formé par des détritus épithéliaux ou alimentaires. Je les ai vus très-abondants sur la couche pultacéedes amygdales et du pharynx chez une femme atteinte de scai'latine. {Recherches sur les affections pseudo-memhraneiLses, p. 466, pi. 5, fig. 2, 1861.)
La manière dont se reproduit le Leptothrix huccalis n'est pas connue. On voit parfois dans l'intérieur des filaments de petits corps ronds qui sont peut-être des corpuscules reproducteurs, mais rien n'est encore démontré à cet égard.
On connaît d'autres espèces de Leptothrix vivant dans le tube digestif de divers insectes et de l'écrevisse commune. Ces végétaux paraissent sans action nuisible pour l'homme ou pour les animaux où on les trouve.
Leeuwenhoek avait découvert les filaments de Leptothrix et il les avait décrits en les distinguant des Vibrio. Depuis cette époque ils ont été signalés par un grand nombre d'observateurs , Biîhlmann, Henle, Bouditsch, Lebert, Vogel, Kcelliker, Wirchow, etc. {Voij. Ch. Robin, loc. cit) A. Laboulbène.
ILEPTUS. Le Leptus aiutomnal dont on avait fait un genre, qui ne peut être maintenu, n'est qu'une larve de Thromhidimn {voy. Acariens, Abachnides). U est très-petit et de couleur rouge et connu, dans les campagnes, sous le nom de Bêle d'août, ]\ouget ,Puceronroufje. Vivant sur les plantes basses, il s'attaque aux
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jambes des personnes qui se couchent ou se promènent sur l'herbe, pénètre dans la peau et y détermine de vives démangeaisons. On calme ces démangeaisons par des lotions d'eau vinaigrée ou légèrement anmioniacale. A. Laboulbène.
LEREBOULLET (Dominique-Auguste). Ce savant anatomiste, auquel nous' devons le remarquable article, Anatomie physiologique, qui figure dans le tome IV de notre Dictionnaire, le dernier écrit, je crois, qui soit sorti de sa plume, étaii né à Épinal, le 19 septembre 1804. Après avoir terminé ses humanités à Colmar, il alla commencer ses éludes médicales à Strasbourg, oii il se faisait recevoir docteur, le 29 août 1852, et présentait une très-bonne dissertation sur le choléraniorbus qu'il était venu observer à Paris. Tout en exerçant la pratique médicale, LerebouUet consacrait à peu près exclusivement le reste de sou temps à des recherches d'anatomie comparée, où le confinèrent plus tard les échecs successifs qu'il éprouva dans ses concours pour l'agrégation. Le célèbre naturaliste Duvernoy, son maître et son collaborateur, ayant été appelé à Paris, LerebouUet, dont les rares connaissances étaient universellement reconnues, se trouva naturellement désigné pour remplir la chaire de zoologie et d'anatomie comparée à la faculté des sciences de Strasbourg. L'un des premiers, il comprit l'importance de l'examen approfondi de cette texture intime des organes, si ardemment cultivée aujourd'hui sous le nom d'histologie. Ses occupations professorales ne fempèchaient pas de continuer ses travaux, et, en 1845, l'Académie des sciences couronnait son mémoire sur l'anatomie comparée des organes génitaux chez les vertébrés ; six ans après (1851), il obtenait la même récompense h. l'Académie de médecine pour son travail sur la question relative à la structure intime du foie et aux altérations pathologiques connues sous le nom de foie gras.
On doit encore à notre auteur d'importantes études d'embryologie comparée, dont il s'occupait assidûment depuis 1849, et qui lui valurent une nouvelle couronne, décernée par l'Académie des sciences en 1865. De ses recherches embryologiques résultaient des vues nouvelles sur la grande question des monstruosités, particulièrement chez les poissons.
Doué de cette activité infatigable qui est l'apanage des hommes d'élite, LerebouUet avait trouvé le moyen de mener de front ses travaux scientifiques, son enseignement, l'administration de l'Académie des sciences dont il était le doyen et la pratique médicale. C'est sans doute à cette multiplicité d'occupations qu'il faut attribuer l'attaque d'apoplexie, ce genre de mort si commun chez les savants, qui l'emporta en quelques heures, le 5 octobre 1865.
Voici l'indication de ses principales publications qui portent généralement l'empreinte de son génie investigateur.
I. Considérations pratiques sur le choléra-morhus observé à Paris et clans le département de la Meuse pendant l'année 1852. Th. de Strasb., 1832 , n" 1001. — 11. Obs. de jylilébite générale et réflexions, etc. In Arch. méd. de Strasb., t. III, p. 161 ; 183G. — III. Mélanges de méd. pratique. Ibid., t. IV, p. 305; 1836. — IV. Entretiens sur la zoologie (mammifères), dans la coll. Maître Pierre. 1838, in-18, pi. 2. — V. Tableaux des ordres, des familles et des genres des mammifères , d'après M. Duvernoy. In Mém. du muséum d'hist. nat. de Strasb., t. Il, 1855. — VI. Anatomie comparée de l'appareil respiratoire dans les animaux vertébrés. (Th. pour le doctorat es sciences.) Strasb., 1838, iii-i° pi. 1. — YIl. Essai d'une monographie des organes de la respiration de l'ordre des crustacés isopodes (avec DuTernoy). In Compt. rend, de l'Acad. des se, t. XI, p. 581 ; 1840.
VIII. Inflammation du péritoine observée chez un caïman à lunettes, mort à la suite d'une perforation intestinale. Ibid , t. XX, p. 350; 1845. — IX, Mé)n. sur les crustacés de la famille des cloportides qui habitent les environs de Strasbourg. Ibid., t. XX, p. 345; 1845. — X. Mém, sur la ttructure intime du foie et sur la nature de l'altération connue sous le nom
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de foie gras (Prix de l'Acad, de méd.)- In Mém. de l'Accid. de méd., t. XVII, p. 587 ; 18b3.
— XI. Recherches d'embryologie comparée sur le développement de la Imite. In Ann. des sc.nat., 4" sér., t. XYI, p. 115; 18G1. — XII. Becherches sur les monstruosités du brochet observées dans l'œuf. Ibid., p. 569, et t. XX, p. 177; 1865 , 5<^ sér., t. I, p. 115 ; 1864. — XIII. Embnjolorjie du lézard. Ibid., t. XVII, p. 89; 1862. — XIV. Embryologie comjmrée du Lymnée des étangs. Ibid., t. XVIII, p. 87 ; 1862. — XV. Détermination des •ressemblances et des différences cjuc présentent dans leur développement les animaux vertébrés et les animaux invertébrés. Ibid., t. XIX, p. 5, et t. XX, p. 5 ; 1865. — XVI. Recherches sur la formation des premières cellules embryonnaires. Ibid., 5" sér., t. II, p. 5; 1864, etc. —
XVII. Art. Anatomie p>hysiologique . In Dict. encyclop. des se. méd., t. IV; 1865. —
XVIII. Un très-grand nombre d'articles de revues, d'analyses de journaux allemands, in VExpérience îiiédicale et la Gazette médicale de Paris. E, Bgd.
T.ERÎVII1VIER (Théodoric-Nklamont), né à Saint-Valery-sur-Somme en 1770, mort à Paris le 8 juin 1856. Lerminier étudia la médecine à Paris et suivit les leçons de Corvisart qui se l'attacha, et comme disciple et comme ami. Après avoir rempli, en 1806, une mission en Bourgogne où régnait une fièvre épidémique causée par un encombrement de prisonniers austro-russes, il revint à Paris et fut nommé médecin de l'Hôtel-Dieu ; en 1808, il était médecin par quartier de la maison de l'empereur, qu'il suivit en 'Espagite et en Russie. Enfin, en 1815, il passa à la Charité, et il y resta jusqu'à sa mort ; il avait été compris parmi les membres de l'Académie de médecine dès la création de celle-ci. Lerminier n'a rien écrit, il jouissait d'une grande réputation comme praticien, et si son nom a survécu au souvenir de ses contemporains, il le doit à la célèbre Clinique de M. Andral son élève, et qui avait recueilli dans le service du médecin de la Charité les observations qui servent de base à son ouvrage. E. Bgd.
liEROUX (?) naquit à Dijon, en 1750. Disciple distingué de Levret, il se livra surtout à la pratique des accouchements dans laquelle il se fit une grande réputation. Il était chirurgien-major de l'hôpital de Dijon, membre correspondant de la Société royale de médecine de Paris. Leroux mourut empoisonné le 25 octobre 1792, pour avoir pris une trop forte dose d'opium destinée à calmer les douleurs que lui causait la gravelle. Ce chirurgien a beaucoup vanté l'utilité du tampon contre les métrorrhagies, il avait aussi reconnu la gravité de celles-ci quand elles sont déterminées par l'implantation du placenta au col de l'utérus.
Voici la liste de ses ouvrages :
I. Obs. sur les pertes de sang des femmes en couches , et sur les moyens de les guérir. Dijon, 1776, in-S", et Dijon et Paris, 1810, in-8°. — II. Obs. sur la rage, suivies de réflexions sur les spécifiques, etc. (cour, par l'Acad. de Dijon). Dijon, 1780, in-4°. — III. Dissert, sur la rage [cour, par la Soc. de méd. de Paris). In Mém. de la Soc. de méd. de Paris, 1783,
— IV. Traitement local de la rage et de la morsure de la vipère. Edimbourg et Paris, 1785, in-12. E. Bgd.
LEROLiX DES TILEETS (Jean-Jacques), né à Sèvres, le 17 avril 1749, il se fit recevoir docteur régent en 1778; d'abord attaché à la rédaction du Journal de médecine, il composa avec un soin extrême et beaucoup de méthode la table des 05 premiers volumes de cet important recueil. Leroux, en 1789, s'était d'abord jeté dans le grand mouvement politique de cette époque; mais effrayé des excès auxquels s'étaient laissé entraîner les partis extrêmes, il rentra dans la vie privée. A la o'éation des écoles de santé, il fut nommé professeur de clinique médicale, et en 1810, il succéda à Thouret comme doyen de la Faculté de médecine, place qu'il conserva jusqu'au coup d'État de 1825 qui le rejeta dans la catégorie des professeurs honoraires. Réintégré dans les fonctions de professeur en
LEROY (les). ^9!)
dSùO, il voulut, malgré ses quatre-vingts ans, reprendre ses leçons. Mais les forces trahirent promptement son courage, il fut forcé de se faire suppléer, et deux ans après il succomba à une attaque de choléra pendant la terrible épidémie de 1 8o2. Leroux profitait volontiers des loisirs que lui laissaient ses occupations pour s'adonner à ses goûts littéraires. Ses ouvrages médicaux, bien vieilhs aujourd'hui, prouvent cependant un savoir médical soHde et un bon jugement. Nous ne donnons ici que les écrits purement scientifiques de Leroux.
I. Rapport fait à l'École de médecine de Paris, sur la clinique d'inoculation (avec Pinel). Paris, 1800, in-8°. — II. Instruction sur le typhus, fièvre des camps, fièvre des hôpitaux. Paris, 1814. — III. Réflexions sur l'établissement d'une Société royale de médecine et de chirurgie. Paris, 1815, in-4°. — lY. Mém. et plan d'organisation pour la médecine et la chirurgie. Paris, 1816, in-4°. — V. Rapport sur le cimetière de la ville de la Ferté-sous- Jouarre (avec Desgenettes). Paris, 1820, in-8°. — VI. Cours sur les généralités de la 7nédecine pratique et sur la philosophie de la médecine (ouvr. non terminé) . Paris, 1825-26, 8 vol. in-8°. — VII. Des Discours prononcés aux funérailles de Leclerc, de Caudelocque, de Thouret, de Corvisart, de Halle. — Divers Rapports sur des questions d'administration. Leroux a été longtemps un des rédacteurs du Journal de médecine et de chirurgie avec Corvisarl et Boyer. E. Bgd.
LEROT (Les). Plusieurs médecins et chirurgiens de ce nom ont joui d'une réputation qui justifie la place que nous leur donnons ici.
Leroy (Charles), professeur delà Faculté de médecine de Montpelher, membre
de la Société royale des sciences de cette ville, de la Société royale de Londres, etc. ,
né à Paris, le 12 janvier 1726, appartenait à une famille de mécaniciens et de
mathématiciens distingués : il était fils du célèbre horloger Julien Leroy. Charles
avait commencé ses études médicales à Paris, mais la délicatesse de sa santé
l'obligea de chercher un climat plus doux, et il alla les terminer à Montpellier oii
il se fit recevoir docteur. Après un concours brillant, mais dans lequel il avait
échoué devant Venel, la première chaire vacante lui fut accordée. Leroy s'était
fait à Montpellier une belle position à laquelle, cédant aux vœux de sa famille, il
s'arracha en 1777 pour venir à Paris oîi il mourut, deux ans après, d'un cancer
de l'estomac, dans tout l'éclat de sa réputation et de son talent. C'est surtout
comme physicien et comme chimiste que Leroy s'était fait remarquer. Sa théorie
de la solubilité de l'eau dans l'air pour expliquer la formation des vapeurs a été
longtemps admise dans les écoles. On lui doit de bonnes études sur les eaux de
Balaruc, sur l'accommodation de l'œil aux distances, dans laquelle il faisait jouer
un grand rôle à la dilatabilité de la pupille. II s'est aussi occupé des fièvres et
du pronostic des maladies aiguës.
Ses idées se trouvent exposées dans les ouvrages suivants :
I. De aquarum mineralium natura et iisu. Montpell., 1758, in 8°. — II. Questiones chemicce diwdecini pro cathedra vacante. Ibid., 1759, in-4°. — III. Diss. de purgantihus. Ibid., 17 59, in-4°. — IV. Mém. etohs. de niéd. i'^ part, contenant deux Mém. sur les fièvres aiguës et sur le pronostic dans lesmaladies aiguës. Ibid., 17C6-76, in-8". — IV. Mélanges de physique, de chimie et de médecine [Mém. sur la rosée, sur les eaux de Balaruc, sur l'accommodation de l'œil aux distances, sur les fièvres aiguës, sur le scorbut, etc.) . Paris, 1771, in-8°.
Leroy (Alphonse-Louis-Vincejnt). Accoucheur qui a joui parmi ses contemporains d'une réputation que la postérité n'a point sanctionnée. Né à Rouen le 23 août 1742, il commença ses études sous le célèbre Lecat, et vint les terminer à Paris où il se fit recevoir docteur régent en 1 778. Une grande facilité d'élocutiou, une imagination vive, une imperturbable confiance on soi qui sentaient plutôt b Gascon que le Normand, lui attirèrent ])iontôt une brillante position. C'est là que
200 LEROY (les).
se placent ks discussions qu'il eut à soutenir contre quelques hommes qui lui étaient de beaucoup supérieurs, Baudelocque et Lauverjat entre autres, au sujet de la symphyséotomie imaginée par Sigault et dont il lit en quelque sorte sa propriété par l'ardeur aveclaquelle il s'empara de cette découverte. [Voy. Lauverjat, SiGABLT.) Leroy avait si bien su communiquer aux autres la haute opinion qu'il avait de son mérite que, lors de la réorganisation de la Faculté, il fut nommé professeur d'accouchements. A part ses exagérations. Alph. Leroy, homme au total très-laborieux, n'était cependant pas dépourvu de valeur, mais il lui manquait le jugement et la mesure. 11 périt de mort tragique, assassiné dans la nuit du 14 au 15 janvier 1816, parmi domestique qu'd avait congédié quelques jours auparavant.
Voici la longue hste de ses ouvrages dans lesquels, au milieu d'idées paradoxales exprimées avec une singulière exaltation de langage, on trouvera quelques préceptes utiles, quelques vues ingénieuses :
1. Itech. sur les habillements des femmes el des enfants, ou Examen, (:Xc. Paris, 1772, m-12. — II. Lettre sur la manière dont il faut terminer l'accouchement dans lequel le bras de l'enfant est sorti de la matrice, et examen de l'opinion du docteur Levret à ce sujet. Paris, 1774, {11-12. —III. La j)ratique des accouchements, i" partie contenant l'Histoire critique de la doctrine et de la pratique des principaux accoucheurs qui ont paru depuis Hippocrate, pour servir d'introduction, etc. Paris, 1776, in-8°. — V^.Alph. Leroy, prof, enméd. à son critique (Réponse à des attaques de Piet, publiées sous le voile de l'anonysrae, contre l'ouvrage précédent) . Paris, 1776, in-S". — V. Recherches historiques et praticjues sur la section de la sympliyse du piubis. Paris, 1778, in-8°. — VI. Consultation médico-légale sur la question : JJapproche de certaines femmes nuit-elle à la fermentation des liqueurs ? Paris, 1780, in-12. — \'II. Essai sur l'histoire naturelle de la grossesse et de l'accouchement, Genève et Paiùs, 1787, in-8°. — \'III. Réponse de M. Alph. Leroy à une imputation d'impéritie. Paris, 1787, in-8». — IX. Motifs et jolan d'établissement dans l'Iiôpital de la Salpêtrière d'un séminaire de médecine pour l'enseignement des maladies des femmes , des accouchements et de la conservation des enfants, présentés, etc. Paris, n89,'iin-4°. — X. L'enfant qui naît à cinq mois peut-il conserver la vie ? Questioti médico-légale clans laquelle, etc. Paris, 1790, in-4°. — XI. De la nutrition et de son influence sur la forme et la fécondité des animaux sauvages et domestiques , avec un mémoire de l'influence de la lumière sur l'économie animale. Paris, 1798, in-S"". — XII. Leçons sur les pertes de sang pendant la grossesse, lors et à la suite des accouchements, etc., publ. par J. F. D. Lobstein. Paris, 1801, in-8°, etibid., 1803, in-8°. — XIII. Manuel des goutteux et des rhumatisants, recueil des principaux remèdes rationnels, etc. Paris, 1803, in-8"'; 2° édit. augmentée de la trad. de l'ouvr. du docteur Tavarès, etc. Paris, 1805, in-8°. — XIV. La médecine maternelle ou l'art d'élever et de conserver les enfants. Paris, 1803, in-8». — XV. Manuel delà saignée, utilité de celle dujiied, danger de celle du bras. Paris, 1807, in-S°. — XVI. De la conservation des femmes. ï^avïs, 1811, in-8°. — XVII. De la contagion régnant sur l'homme, les vaches, les bœufs, etc. Paris, 1814, in-8°. — XVIII. Un grand nombi^e d'articles dans divers recueils scientifiques.
licroy (Jean-Jacques-Joseph), dit d'ÉriOLLES, du nom d'un village près de Corbeil, dans lequel sa famille a longtemps résidé ; il est célèbre surtout pour la part qu'il prit à l'invention de la lithotritie et par l'ardente polémique qu'il soutint à l'occasion de cette découverte. Il était né à Paris le 5 avril 1798 et fut reçu docteur en 1824. Étant encore étudiant, en 1822, il avait soumis au jugement de l'Académie des sciences des instruments propres à broyer la pierre dans la vessie en passant par l'urèthre, ce qu'on avait vainement tenté jusqu'alors. Diverses récompenses, décernées par l'Institut, furent le résultat de cette heureuse invention, dont l'histoire sera d'ailleurs doimée au mot Lithotritie. Leroy d'Étiolles a consacré une partie de son existence au perfectionnement des instruments et des procédés propres au traitement des maladies de l'appareil génito-urinaire, mais sans abandonner pour cela les autres branches de la médecine et de la chirurgie. Et, en