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L'ESCLUSE

etlet, Leroy n'était nullement un spécialiste dans le sens étroit t^e ce mot; \ui rapide coup d'œd jelé sur ses travaux suffit pour le démontrer. Dans un remarquable mémoire sur l'asphyxie, il a fait voir que l'insufflation pulmonaire peut amener des accidents graves et même la mort, par rupture des cellules pulmo- ' naires, et il a proposé le galvanisme pour rétablir les mouvements respiratoires ; le galvanisme a été également conseillé et employé par lui, avec succès, dans les hernies étranglées et les invaginations intestinales. Il a fait de curieuses expériences pour prouver la régénération du cnslallin. Toujours préoccupé de l'idée d'appliquer la mécanique à la chirurgie et, comme il me le disait un jour, d'allonger les doigts des chirurgiens, il a imaginé divers instruments pour aller porter des fils au fond de la bouche dans l'opération de la staphyloraphie; dans la fistule vésico-vaginale, il a tenté la cautérisation et l'accoUement par larges surfaces à l'aide d'instruments nouveaux; il a décrit un tonsilotome muni d'un crochet qui attire forcément l'amygdale dans l'anneau sécateur. Il a fait diverses expériences pour démontrer que la compression exercée sur une certaine étendue d'une artère,

unie à l'acupuncture, peut amener la guérison des anévrysmes Nous n'en

finirions pas si nous voulions passer en revue toutes les inventions de Leroy d'Étiolles, y compris les bourrelets en réseau élastique pour les petits enfants, un clysoir, les canons se chargeant par la culasse, les bombes éclatant par le choc, etc., etc.

De même que Beaumarchais, Leroy a pu dire : « Ma vie est un combat. » En lutte permanente avec ceux de ses confrères qui s'adonnaient à la spécialité des maladies de l'appareil génilo-urinaire, il prit encore à partie les chirurgiens qu'il appelait encyclopédistes et dont quelques-uns semblaient méconnaître, fort injustement d'ailleurs, ses connaissances et ses aptitudes générales. Mais, il faut bien le dire, Leroy se prêtait sans trop de répugnance à ces incessantes polémiques, dans lesquelles se déployaient à l'aise sa verve intarissable et son esprit éminemment sarcastique.

Leroy mourut, à peine âgé de soixante-deux ans, dans le mois d'août 1860, laissant une multitude de traités, de brochures, de mémoires, d'articles de journaux, etc. Nous donnerons seulement les plus importants et ceux dans lesquels il a rassemblé des recherches antérieures.

Ï.Delarétent. d'urine dans la vessie par suite du rétrécissement, etc. Th. de Paris, 4822, n° 5. — II. Exposé des divers pirocédés employés jusqu'à ce jour pour guérir de la piei-re sans avoir recours à l'opération de la taille. Paris, 1825, in-S", pi. 6. — III. De hydroccle tunicœ

vaqinalis. Ih.. Ae conc. (agrég. cliir.). Paris, 1828, in-4'> IV. Tableau historique de la

i(7/îofri7ie. Paris, 18Ô0, 1 f. in-fol. — Y. Mém. sur la cystolomie épipubienne. Paris, 1857, in-8°. — VI. Histoire de la lithotritie, augmentée d'une lettre, elc. Paris, 1839, 111-8°. — Vil. Recueil de lettres et de mémoires adressés àVAcadémiedes sciences, etc. (collcct. de travaux antérieurs publiés dans divers recueils). Paris, t84i, in-8", lig. — VIII. Urologie. Traité des angustics ou rétrécissements de l'urcthre, leur traitement rationnel. Paris, 1845, in-8% fjg. — IX. Sur les avantages des bougies tortillées et crochues , etc. Paris, 1852, in-S». — I \. De la cautérisation d'avant en arrière, de l'électricité et du cautère électrique dans la traitement des rétrécissements de l'urèthre. Paris, 1852, in-8°. — XI. De l'extraction des corps étrangers solides autres que les jncrrcs ou leurs débris. Bruxelles, 185i, in-S". — XII. Tiaduct. d'une part, du Dict. de chir. de S. Cooper ; une foule de notes et mémoires dans les divers journaux, comptes rendus académiques, etc. E. Bgd.

LES AIMDELYS» (eaU MIiNÉUALE De). Voxj. AnDELYS.

I/ESCLUSE (Charles de). L'un des botanistes les plus célèbres du seizième siècle, né à Ai ras le 19 février 1526, mort à Leyde le 4 avril 1609. Il faut que le

202 LES GUIBERTS (eaux minérales de).

charme de l'étude des plaintes soit bien puissant sur certaines natures, puisque de 1 Escluse, malgré la volonté de son père, Michel de l'Escluse, seigneur de Watènes, et celle de sa mère, Guillelmine Quineaut, ne put rester sur les bancs de l'école de droit de Louvain et troqua les Pandectes contre la Flore. Sa vie, du reste, fut assez aventureuse. Dès l'ùge de vingt ans, il était à Witlemberg, pour entendre le célèbre Mélanchthon ; l'année suivante, on le retrouve ta Strasbourg, puis à Montpellier, où il obtint le grade de licencié. En l'année 1560 il est à Arras, poussé là par la guerre entre la France et l'Espagne. En 1562, il visite Paris; en 1564, il est en Allemagne; il visite aussi l'Espagne, le Portugal; dans l'espace compris entre les années 1565 et 1571, il vit tranquille à Arras ; mais il fait alors un nouveau voyage à Paris et en Angleterre. De 1575 àl587, on le voit appelé par l'empereur Maximilien II à remplir la place de directeur du jardin botanique de Vienne. Enfin, las des intrigues de la cour, il quitte l'Autriche, se retire à Franclort-sur-le-Mein, s'y casse le fémur dans une excursion botanique aux environs, se fait porter à Leyde pour y tenir une chaire de botanique et y meurt, comme nous venons de le dire. Son corps fut inhumé dans l'église de Notre-Dame de cette ville. F]vrard Vorstius a prononcé son éloge funèbre (1611 , m-i°); les poètes ont pleuré sa mort dans des vers touchants. Je ne sais rien de plus joli que cette épitaphe :

Qui videt hos flores tumiili de vertice nasci,

Hœc cineri tellus ultima dona dédit.

0 hene, quod tumulo claudatur Clusius isto!

Qui coluit flores, florihus ille jacet.

Voici la listedes ouvrages de Charles de l'Escluse, dont le nom latinisé, est Clusius:

I. Histoire des i^lantes, en laquelle est contenue la description entière des herbes, leurs espèces, formes, noms, tempéraments, vertus et opérations. Anvers, 1557 , in-fol. — II. Antldotarium Florentinum, sive de exactâ medicamentorum ratione libri très, ex Grcecorum, Arabium, et recentiorum medicorum scriptis, a medicis Florentinis collecti. Anvers , 1561, in-8°. — III. Les vies de Hannibal et de Scipion i Africain, avec les vies des hommes illustres de Plutarque, traduites par Amyot. Pai'is, 1565, in-fol. — IV. Aromatum et simplicium aliquot medicamentorum apud Indos nascentium historia . Anvers, 1567, in-8°, etc. — V. Simplicium medicamentorum ex novo orbe delatorum, quorum in medicinâ usus est, Anvers, 1574, in-8°, etc. — VI. Bariorum aliquot stirpium per Hispaniam observatorum historia, libris duobus expressa. Anvers, 1570, in-S", avec 229 figures. — VII. Aliquot notœ in Greeciœ aromatum historiam, descriptiones nonnullorum stirpium , et aliarum exoticaruni rerum qua a generoso viro Francisco Drake, équité anglo, et his observatœ sunt qui eum in longa illa navigatione, qua proximis annis universiim orbem circumivit, comitati sunt, et quarundani peregrinorum fructuiim, quos Londini ab amicis accepit. Anvers, 1582, in-8°. — VIII. Libri très, magna medicinœ sécréta et varia expérimenta continentes, Leyde, 1601, in-8°. — IX. Rariorum aliquot stirpium et plantarum p)er Pannoniam, Austriam, et vicinas quasdam provincias observatorum, historia, quatuor libris expressa. Anvei's, 1583, in-8% avec 358 planches. — \. Plurimariim, singularium et memorabilium rerum in Grcecia, Asia, /Egypto, Judcea, Arabia, aliisque exteris jwovinciis ab ipso conspectariim, observationes, tribus libris expressœ. Anvers, 1589, in-S". (Trad. d'un ouvrage français de Pierre Belon.) — XI. Rariarum plantarum historia. Anvers, 1601, in-fol. — XII. Exotiquorum libri decem, quihus animalium plantarum, aromatum, aliorumquc pereqrinorumfructuum,historiœ dcscribuntur. Anvers, IGOl ; in-fol. — XIII. Curœ posteriores, seu plurintarum non ante cognitarum aut descriptarum stirpium, peregrinorumque aliquot animalium novce descriptiones, etc. Leyde, 1609, in-8°. A. C.

LES GUIBERTS (Eau MINÉRALE de), athermale, bicarbonatée calcique moijenne, carbonique et sulfureuse faible. Dans le département des Hautes- Alpes, dans l'arrondissement de Ëriançon, sur le bord de la petite rivière de la Guisanne, émerge la source de Les Guiberts, dont le débit est de 50,000 litres en vingt-quatre heures. Son eau est claire, ti\ansparentc et limpide, mais elle htisse

LES ROCHES (eau minérale de). 205

déposer sur les parois de son bassin des filaments blanchâtres qui ressemblent à de la barégine et à de la snlfuraire; son odeur et sa saveur sont manifestement hépatiques ; sa température est de \¥,'h centigrade. M. Niepce a trouvé dans 1 ,000 grammes de l'eau de la source de Les Guiberts les principes qui suivent :

Carbonate de chaux 0,7i6

— magnésie 0,038

Sulfate de soude 0,001

— chaux 0,029

— magnésie 0,210

Chlorure de sodium 0,314

— calcium 0,021

— magnésium 0,097

Matières organiques, glairine traces.

Total des matières fixes l.-ise

f Acide carbonique 0 litre 08928

Gaz { Sulfhydrique 0 — 01332

( Azote 0 — 00730

Total des gaz 0 litre 11190

L'eau de Les Guiberts n'est employée qu'en boisson et d'une façon peu méthodique par les malades des environs qui ont besoin ou croient avoir besoin des sulfureux. A, R.

liES ROCHES (Eau minérale de), athermale, chlorurée sadique moyenne et Mcarhonatée ferrugineuse faible, carhonique forte. Dans le département du Puyde-Dôme, dans rarrondissement de Clermont-Ferrand, à 1 kilomètre à peine de la ville, dans la commune de Chamalières, sur le territoire des Roches, près du moulin de Beaurepaire, sur la rive droite de la petite rivière de Tiretaine, émerge du terrain tertiaire la source des Roches, connue aussi sous le nom de source de Beaurepaire. Elle fait partie du régime de Royat [voy. ce mot) et la plupart des auteurs la décrivent en parlant de cette station thermale. Nous consacrons un article particulier à cette source, parce que les indications thérapeutiques de son eau, son mode d'administration, ses doses, et l'emploi que l'on fait de son gaz, ne sont pas du tout les mêiues que ceux de la source de Royat.

La source des Roches est réguhèrenient captée, depuis l'année 1845, dans un puits au sortir duquel elle est reçue dans un réservoir recouvert d'une plaque de métal qui s'oppose au dégagement dans l'air de l'acide carbonique. Ce gaz est conduit par des tuyaux qui le mettent en communication avec des bouteilles remplies de limonades ou d'eau de Seltz artificielles. Son débit est de 50,000 litres en vingt-quatre heures. Cette eau est limpide et incolore, elle n'a d'autre odeur que celle de l'acide carbonique. Sa saveur est à la fois salée, ferrugineuse et piquante. Sa température est de 19°, 5 centigrade ; sa densité est de 1,0019. Son analyse chimique a été faite en 1857, par M. J. Lefort, cpi a trouvé dans 1,000 grammes d'eau les principes suivants:

Chlorure de sodium 1,163

Bicarbonate de cliaux 0,822

— magnésie 0,514

— souJe 0,428

— potasse 0,312

— 1er 0,042

— manganèsL) traces.

Sulfate de soude 0.123

A reporter. , . . 3,406

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