LES SABLES D'OLONNE
Hepport, . . . 3,406
Phosphate de soude 0,003
Arséniate de soude traces.
lodure et bromure de sodium indices.
Silice 0,089
Alumine traces.
Matière organique indices.
Total des maiières fixes 3,500
Gaz acide carbonique libre 0 litre 83]
L'eau de cette source est employée à l'intérieur seulement. On a l'ait construire un élégant pavillon pour abriter les buveurs de la pluie ou du soleil. Quatre robinets, fixés à la partie inférieure de la façade principale, versent à volonté l'eau des Roclies, ordinairement prescrite à la dose de quatre à six verres par jour. Cette eau est excitante, tonique et légèrement diurétique. Elle est employée principalement dans les dyspepsies occasionnées par une atonie de l'estomac et de l'intestin ; dans l'anémie ; dans la chlorose et dans les affections de la vessie et des reins où il convient d'augmenter la quantité des urines. C'est assurément 'l'acide carbonique et le chlorui^e de sodium qui sont les éléments minéralisaleurs capables d'expliquer l'efficacité de l'eau des Roches dans les difficultés de digérer venant d'un défaut de conti^actilité de l'estomac ou de l'intestin ; le chlorure de sodium et surtout le fer reconstituent le sang des sujets lymphatiques, des convalescents et des chloro-anémiques, tandis que c'est probablement l'acide carbonique et les bicarbonates alcalins qui donnent la clef de la vertu de ces eaux lorsqu'il s'agit de catarrhes, de sables ou de petits graviers des voies uro-poiétiques.
Durée de la cure, de vingt à trente jours.
On exporte beaucoup l'eau des Roches à Clermont-Ferrand et aux environs où elle est consommée comme eau médicamenteuse et surtout comme eau d'agrément. A. Rotup.eau.
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LES SABLES »'OLOl\i\[E (STATION warine) . Dans le département de la Vendée, est un che.f-lieu d'arrondissement peuplé de 6,996 habitants, à 5 kilomètres à l'ouest d'Olonne et à 57 kilomèlres au sud-ouest de Napoléon- Vendée. La ville est bâtie sur une langue de sable qui s'avance dans la mer (un des embranchements du chemin de fer de l'Ouest conduit aux sables d'Olonne) . Le principal conunerce de ce petit port de mer consiste dans la vente des sardines que l'on pêche aux environs, et dans l'affrètement de bateaux qui, chaque année, se rendent au banc de Terre-Neuve d'où ils rapportent de la morue fraîchement salée. La plage des Sables d'Olonne a plus de 8 kilomètres de longueur; elle est constituée par un sable fin et doux, qui a fait donner son nom à la ville. Cette plage, la plus vaste et la plus belle de France, et probablement d'Europe, la vie à bon marché dans cette partie de la Vendée, ont depuis longtemps attiré les baigneurs des contrées voisines et
fail des Sables une des stations marines le [ilus justement renommées, si elle n'est la plus suivie. Les baigneurs et les baigneuses n'y perdent jamais pied à la marée montante, à moins qu'ils ne s'éloignent beaucoup, et qu'ils ne veuillent gagner la pleine mer. La déclivité insensible de la plage est un grand avantage pour les cnl'ants et pour ceux qui ne savent pas nager. Les accidents, en effet, sont impossibles pour ainsi dire, et la surveillance d'autant plus facile que la plage est plus largement découverte.
Nous ne pouvons conseiller avec trop d'insistance le séjour aux Sables d'Olonne aux baigneurs qui cberchent une belle plage et une vie calme et tranquille sans être monotone. A. R.
LÉis>lOi\, lœsio. Lœdere, blesser. Cbangement matériel quelconque, appréciable aux sens, survenu pendant la vie dans une ou plusieurs des conditions pbysiques, anatomiques ou chimiques normales des parties constituantes du corps.
L'étude des lésions constitue l'objet spécial de l'anatomie pathologique.
La lésion ne doit être confondue ni avec l'affection ni avec la maladie, elle en est souvent mséparablc, en est tantôt la cause, tantôt l'effet, les précède ou leur survit, mais n'en constitue jamais que la partie matérielle, visible et tangible. (Voy- Maladies) .
La lésion doit être soigneusement distinguée : 1" des altérations survenant après la mort locale ou générale des organes ; 2" des variétés anatomiques; o''des changements temporaires ou définitifs, souvent très-notables qui résultent du développement t)u du fonctionnement des organes. Le sang, la lymphe varient à chaque instant dans leur composition chimique, l'acte de la sécrétion modifie singubèrement les parenchymes glandulaires; la replétion ou la vacuité des vaisseaux et des réservoirs, l'érection, la descente du testicule, la disparition du thymus, l'accroissement des mamelles et de l'utérus, la métamorphose du cartilage temporaire en os, etc., ne sont pas des lésions.
Cette séparation enti'e les lésions vraies d'une part, et d'autre part l'évolution des organes, les oscillations fonctionnelles et les altérations cadavériques est de la plus haute importance, mais elle est parfois très-difficile; il faut la tracer nettement pour éviter ou rectifier une loule d'erreurs de fait ou de doctrine.
Une confusion trop commune et tout aussi fâcheuse naît de l'emploi du terme lésions vitalesi)vis dans le sens de troubles fonctionnels. C'est ainsi qu'on dit à tout propos: lésion de nutrition, de circulation, d'innervation, etc., c'est confondre à plaisir la matière et ses propriétés, l'organisme et ses actes, la statique et la dynamique, enfin l'anatomie avec la physiologie pathologique; à cette dernière seule incombe la tâche d'étudier les prétendues lésions vitales. Admettre qu'une propriété, attribut immatériel d'un corps, est lésée matériellement, est un non-sens qu'il faut bannir aussi bien du langage que de l'esprit.
Les lésions varient à l'infini par leur siège, leurs causes, leur nature intime, leur effet, etc. ; aussi leur a-t-on adjoint une foule de qualificatifs pour les caractériser et les classer. Elles sont dites : matérielles, morbides, anatomiques, organi- (jues, vitales, aiguës, chroniques, simples ou composéees, circonscrites ou totius snhtwitiœ, locales ou générales, communes ou spéciales, spontanées ou accidentelles, congénitales ou acquises, idiopalhiques ou symptomatiques, primitives ou secondaires, physiques, chimiques, mécaniques, traumatiques, chirurgicales, superficielles ou profondes, vi-ibles ou occultes, externes ou internes parle siège ou lu cause, élémentaires, histologiques, inflammatoires, capcéreuses, tuberculeuses;
on dit encore lésions de tissu ou d'organe, de forme, de structure, de texture,
de rapport, de continuité ou contiguïté, de coideur, de densité, etc.
On rcti'ouve dans co chaos: des pléonasmes (lésions matérielles, morbides, organiques) ; — des licences grammaticales (lésions inflammatoires, cancéreuses, etc.; pour lésion de l'inflammation du cancer). — ■ La confusion déjà signalée entre la lésion et la maladie — des termes ambigus, mal définis, et qui ont au moins deux acceptions; ex. /lésions mécaniques, réputées telles par les uns, parce qu'elles succèdent à une cause mécanique (contusion, fractures) et par les autres, parce qu'elles entravent mécaniquement l'exercice des fonctions — des termes vicieux : lésions chirurgicales et médicales, qui tendent à consacrer, entre la médecine et la chirurgie, une séparation qui n'existe pas ; lésions idiopathiques spontanées, qui pourraient faire croire que la matière s'altère d'elle-même et sans causes, etc.
Cette regrettable richesse s'explique par le défaut d'unité introduit dans l'étude de la science médicale pai- les spécialistes : médecins ou chirurgiens, anatoniopathologistes purs et praticiens exclusifs, et surtout par les points de départ trèsdifférents que les auteurs ont adoptés dans leurs classifications. Enjetant les yeux sur ces dernières, on voit que les unes sont basées sur la physiologie ou sur la pathologie, les autres sur l'anatomie générale ou sur l'étiologie, souvent même sur toutes ces branches à la fois. En revanche quelques auteurs ont voulu faire, de l'anatomie pathologique, une science à part, indépendante, ayant en propre une méthode d'étude spéciale. Malgré tout le respect que doit inspirer l'autorité des Laennec, des Mcnckel, des Andral, des Cruveilhier, desVogel, etc., il est impossible d'accepter eu entier les classificalions qu'ils ont proposées, tant elles prêtent à la critique et s'éloieuent de la méthode naturelle.
Il en résulte pour les modernes soucieux de la clarté, de la précision et delà méthode, un grand embarras et l'alternative de critiquer les maîtros ou de s'engager à leur suite dans une mauvaise voie.
11 faut prendre résolument le premier parti, mais comme il serait trop long et d'ailleurs iuopiiortun ici d'argumenter une à une et terme cà terme les classifications antérieures, je me contenterai d'indiquer comment, à mon sens, on doit coordonner les désordres nombreux dont l'organisme est le siège.
Au préalable, disons de suite que l'antique division des lésions en physiques, organiques et vitales, qu'on retrouve encore dans plusieurs traités récents, doit être définitivement abandonnée. J'ai déjà rejeté le terme de lésions vitales comme inexact et équivoque. En 1818, le Dictionnaire en 60 volumes (t. 27, 485) ne le conservait qu'avec restriction, en revanche il fusionnait déjà les lésions physiques et organiques. « Elles ne forment qu'une seule classe... Toutes sont physiques puisqu'elles s'annoncent par des caractères évidents que l'œil aperçoit et que la main touche... Toutes sont organiques puisqu'elles sont une altération de la manière d'être d'un organe. » MM. Littré et Robin parlent dans le môme sens. (Dictionn. deNysten, 1865.) Partant de ce principe qu'on doit nécessairement rattacher la lésion d'une partie à l'état normal de cette partie et qu'un organe lésé ne diffère d'un organe sain que par un changement dans les conditions matérielles, on est conduit à adopter pour l'anatomie pathologique la méthode qui sert en anatomie normale. Or celle-ci reconnaît aux parties constituantes des corps une série de caractères d'ordre mathématique, physique, chimique et anatoraique, savoir : nombre, figure, forme, dimension, densité, consistance, couleur, saveur, odeur, situation, rapports, constitution élémentaire ou structure, arrangement particulier des éléments ou texture^ composition chimique, etc. Donc l'anatorao-
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pathologiste doit tout d'abord classer les lésions eu celles da nombre, de la forme, du volume, de la consistance, des rapports, de la structure, de la composition chimique, etc.; admettre en un mot autant de lésions primordiales que la matière organisée compte de caractères fondamentaux.
Plusieurs de ces lésions primordiales, qu'on pourrait avec Cruveilbier appeler espèces analomiques morbides, ont déjà reçu des noms particuliers : difformités, iléplacemeuts ou ectopies, hétérotopies, induration, ramollissement, hypertrophie, ou atrophie, etc. On peut laisser aux grammairiens médicaux la tâche utile de compléter le vocabulaire de ces espèces, mais il appartient aux anatorao-pathologistesdc les décrire avec assez de précision et declartépour qu'on les puisse reconnaîti'e en tous lieux, à tous les degrés, aussi bien à l'état d'isolement qu'à l'état de combinaison. Cette maiiière de procéder est tout à fait naturelle. Remarquons bien que volontairement ou non l'esprit ne suit pas d'autre marche ; à l'amphithéâtre comme au lit du malade, on s'enquiert avant tout du mode de changement survenu dans l'organe affecté. Est-il plus dur ou plus mou, plus gros ou plus petit, hypérémié ou anémié, occupe-t-il sa place habituelle, contient-il les mêmes éléments anatomiques qu'à l'état normal et dans les mêmes proportions? Comme s'il s'agissait d'anatomie descriptive, on emploie à acquérir ces notions, les sens seuls ou aidés d'instruments de précision. Le toucher apprécie la consistance, l'œil juge de la coloration, du nombre, du volume, des rapports. On appelle à son aide le scalpel, la balance, le microscope, les réactifs chimiques, etc.
.l'ajoute que cette marche n'est pas nouvelle. Bichat et ses continuateurs ont étudié et décrit la plupart des lésions primordiales dans les organes, les tissus, les systèmes, à la vérité sans les imposer résolument comme les seules bases de classification pour l'anatomie pathologique. Ils ont donc pris la bonne route ; on peut seulement leur reprocher de n'avoir pas attaqué la série par sa base, en d'autres termes d'avoir pris pour point de départ les lésions de tissus qui sont déjà très-complexes.
Les modernes n'ont pas changé de voie; plus logiques seulement, ils remontent jus(ju'aux vraies origines et, à l'exemple des chimistes qui étudient les corps simples avant leurs composés, ils recherchent les lésions dans les éléments anatomiques et les principes immédiats qui senties corps simples, les parties irréductibles de l'anatomie.
Ils adoptent d'abord comme suffisamment démontrées les propositions suivantes :
1° Les organes constituants du corps ont une composition plus ou moins complexe; la plus simple de nos humeurs renferme plusieurs principes immédiats; le plus simple de nos tissus, plusieurs éléments anatomiques de même espèce ou d'espèces différentes, mais toujours agencés d'une façon particulière et spéciale.
2" Chaque principe immédiat, chaque élément anatomique présente des carac* tères que déterminent la chimie et l'anatomie. Les principes immédiats ont un siège et une proportion définis, l'albumine ne se trouve point dans la salive, elle existe dans le sang en quantité qui varie, mais dont nous avons la moyenne ; de même les éléments anatomiques ont un siège, une distribution, des dimensions, des rapports précis et constants. Chacun d'eux, tube, fibre, cellule, en dépit de son petit volume, est un organe aussi distinct, aussi intéressant que le rein ou le cœur et doit être étudié avec autant de soin et parles mêmes procédés.
3° Tout changement intervenu dans la répartition, la position, la quantité ou
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la qualité d'un principe immédiat ou d'un élément anatomique constitue une lésion plus ou moins évidente, mais absolumeut incontestable.
4" Étant reconnue ou soupçonnée une lésion dans un organe quelconc[ue, liunieur ou solide, il faut chercher quel principe immédiat, quel élément anatomique, est altéré et quel mode d'altération il a subi.
5» Que la lésion soit circonscrite ou étendue, qu'elle porte sur un système, un appareil, une région, un organe, un tissu, elle doit toujours eu définitive être réduite par l'analyse à l'altération d'un ou de plusieurs des principes immédiats ou des éléments anatomiques constituant les parties affectées.
6" Conclusion indiscutable : la vraie base de l'anatomie pathologique réside dans l'étude et la description des lésions élémentaires et des altérations chimiques ou autres des principes immédiats.
7° Cette recherche des infiniment petits anatomiques et chimiques que nos prédécesseurs négligeaient, dédaignaient ou méprisaient, est la gloire de notre époque, sans doute elle n'est pas achevée, présente et présentera longtemps encore des lacunes et des obscurités, mais les résultats qui lui sont dus sont immenses déjà. D'ailleurs, comme elle repose sur des assises inébranlables et part de prémices indéniables, elle conduira avec le temps à la vérité tout entière. Aussi peut-on sans exagération, mais non sans un légitime orgueil considérer comme un grand siècle pour la science médicale celui qui commence par Bicliat et finit par l'Ecole histologique moderne.
La connaissance des lésions élémentaires une fois acquise, rien de plus facile que de constituer l'anatomie pathologique spéciale et générale. Ainsi s'élèverat-on sans peine de la lésion élémentaire à la lésion de tissu, de celle-ci à la lésion d'organe et successivement de système ou d'appareil et enfin jusqu'à ces altérations totius suhstantlœ qui constituent le substratum matériel des diathèses et des maladies générales et constitutionnelles. On procède ainsi à pas lents, du simple au compliqué, du connu à l'inconnu et, pour ma part, je n'entrevois aucun désordre, si complexe et si multiple qu'il paraisse qui puisse se soustraire à cette méthode rigoureuse et certaine.
Ceux-là donc sont injustes ou ignorants qui accusent les anatomo-pathologistes modernes de se confiner dans les faits de détail et les défient de s'élever jusqu'aux sommets élevés de la synthèse. A la vérité, nous nous préoccupons surtout de combler la lacune laissée par nos prédécesseurs, mais l'avenir montrera bientôt combien le reproche d'exclusivisme est peu fondé.
Tout en adoptant sans arrière-pensée pour les lésions une classification calquée sur celle qui prévaut en anatomie normale, je ne conteste point l'utilité pratique ni même l'attrait d'un autre mode de groupement ayant pour base la notion étioiogique.
La lésion constatée, il est naturel et bon d'en chercher l'origine, puis, celle-ci trouvée, on est tenté de s'en servir pour composer des espèces, des genres et dcs> Classes. C'est en suivant cet ordre d'idées que nombre d'auteurs ont admis des lésio'ns de cause interne ou de cause externe, des lésions physiques, chimiques, traumatiques, vitales, spontanées, primaires ou idiopathiques, secondaires et symptômatiques,etc. Je ferai seulement remarquer qu'en poursuivant la recherche des causes on sort du terrain de l'anatomie pathologique pure pour entrer sur celui de la pathologie. La connexion entre la cause et la production d'une lésion est étroite et évidente, mais la connaissance de ce rapport constitue la pathogénie branche tout à fait distincte de la science médicale et qui suppose connues les lé-
sions matéiielles d'une part, et de l'autre l'étiologie propremeut dite. La production de la lésion une fois élucidée, étudiez-eu les elfets et les conséquences, c'està-dire les symptômes et l'évolution, et vous avez la pathologie toute entière. A coup sur il faut bien arriver à rallier les éléments divers de cette dernière, niais il ne iaut pas pour cela les confondre, car s'il est indispensable de réunir les anneaux de la chaîne, il convient tout autant de les forger et de les limer isolément.
Au reste, pour montrer comme je comprends la formation de ces groupes si commodes pour l'application, et à ce titre si chers aux praticiens, je prendrai comme spécimen une classe des plus naturelles et des plus universellement admises; je veuxparler des lésions traumatiques. Je me contenterai d'en donner la définition et les caractères, laissant à d'autres le soin d'en fournir une description complète. {Voy. BLESsur.ES, Plaies, Traumatisme, etc.)
Lésions traumaiiques (de rpaûp-a, blessure) . Ce terme de date assez récente tend à remplacer dans la nomenclature moderne les mots blessures, violences extérieures, lésions physiques, mécaniques, chirurgicales, et désigne comme eux les désordres accidentellement produits par des agents vulnérants étrangers à l'économie ou par un acte physiologique exagéré. Cette substitution est légitimée par rinsuflîsance des dénominations anciennes dont le sens est trop z^estreint ou trop étendu.
En adoptant ce néologisme on a négligé d'en donner une défuiition claire et précise, je vais m'efforcer de réparer cet oubli et cela semble d'autant plus utile que les lésions traumatiques forment une classe très-nombreuse et très-naturelle.. Très-nombreuse parce que toutes les parties du corps en peuvent être atteintes et de mille manières dilïërentes; très-naturelles parce que, malgré l'infinie variété qu'elles présentent et les combinaisons multiples qu'elles affectent avec d'autres états pathologiques elles se distinguent nettement des lésions dites physiques, mécaniques ou organiques par une série de caractères constants, faciles à déterminer et tirés de la cause, de la nature de la lésion, des troubles fonctionnels qui en résultent, et de la marche ultérieure de l'accident.
Ces caractères sont au nombre de cinq ;
Caractère étiologique. La cause vulnérante agit à l'improviste, pendant un temps habituellement fort court et sans prédisposition nécessaire.
Caractère anatomique . La lésion consiste essentiellement en une diérèse, une séparation violente et instantanée de parties normalement réunies, uue solution de continuité ou de contiguïté.
Caractère physiologique . La lésiontraumatiquea pour conséquence des changements immédiats dans la forme, les rapports, les propriétés, les usages et fonctions delà partie lésée; ces changements temporaires ou définitifs peuvent être calculés à l'avance, car ils dépendent rigoureusement de la nature des organes, tissus ou éléments blessés.
Caractère 'pathologique, ^ouio, lésion traumatique suscite inévitablement et presque soudainement une irritation locale, qui provoque à son tour une série de processus réparateurs ou destructeurs ; cette irritation et ses suites peuvent rester circonscrites au point blessé ou s'étendre au voisinage et môme à l'organisme tout entier. Dans ce dernier cas la lésion traumatique la plus insignifiante au début peut devenir grave jusqu'à la mort inclusivement.
Caractère pronostique. Les lésions traumatiques ont une tendance naturelle â la guérison spontanée : lorsqu'elles portent sur des tissus normaux, atteignent DicT. Ë^G. a°s. II. 14
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un organisme sain, ns lèsent jias un organe trop essentiel à la vie et n'occasionnent pas de trop grands désordres primitifs ; lorsqu'entin le blessé se trouve dans un milieu salubre. Les conditions opposées neutralisent celle tendance heureuse et engendrent des accidents locaux ou généraux dont la nature et l'art ne triomphent pas toujours.
Ce n'est pas le seul désir d'être méthodique qui me fait énumérer complaisamment sous ces caractères, leur admission a plusieurs avantages, elle nous permet de tracer le cadre complet des lésions traumatiques, d'en éhminer des lésions très-voisines à la vérité, mais dans lesquelles un ou plusieurs de ces caractères manquent, de discuter le synonymie classique, de justifier enfin l'introduction d'un terme générique, sinon nouveau du moins mal défini jusqu'à ce jour.
Dans le cadre des lésions traumatiques se rangent :
1° Toutes les solutions de continuité produites par un agent extérieur mis en conflit avec nos organes : fractures, luxations, contusions, plaies, etc., lésions types sur la classification desquelles tout le monde est d'accord.
2*^ Les solutions de continuité dans lesquelles on ne trouve comme cause ni agent vulnérant, ni violence extérieure, mais une action mécanique violente et instantanée résultant du jeu même de nos organes. Exemple : les ruptures ou déchirures qui surviennent aux muscles, aux tendons, aux aponévroses, aux vaisseaux, aux canaux et réservoirs sous l'influence d'une contraction musculaire volontaire ou non, ou d'une distension soudaine et exagéré, en un mot d'un effort actif ou passif. 11 n'est possible ni en nosographie ni en pratique de séparer la fracture succédant à un choc de celle qu'engendre un violent effort musculaire; dans les deux cas nous constatons l'instantanéité de la cause, la diérèse brusque, l'abolition subite des fondions, l'irritation primitive et la réparation consécutive, la tendance naturelle à la guérison; il y a donc identité. C'est pour ces motifs qu'il convient de modifier la définition actuelle qui n'admet pour causes des lésions traumatiques que les violences extérieures. Ces solutions de continuité de cause interne sont beaucoup plus fréquentes qu'on ne le dit; à la vérité, elles passent souvent inaperçues en raison de leur étendue minime, de leur siège dans l'intimité de nos tissus et des troubles médiocres qu'elles suscitent. Mais elles jouent certainement un rôle essentiel dans les déplacements progressifs : hernies, prolapsus prétendus spontanés et qui supposent cependant une destruction des moyens de fixité; dans les dilatations pathologiques, les insuffisances valvulaires veineuses, les hémorrhagies capillaires, les apoplexies, etc., et aussi dans une foule d'affections duressort delà pathologie interne auxquelles les anato' rao-pathologistes doivent restituer leur véritable origine.
Ces remarques prouvent amplement que les mots violences extérieures , blessure, que les auteurs du Compendiumde chirurgie définissent « solution de conti^ nuité apparente ou cachée, occasionnée par une violence extérieure (t. 1, 505) » , ne peuvent désigner l'ensemble des lésit)ns traumatiques. Lésions externes, lésions chirurgicales sont également insuffisants ; ce dernier, surtout, est impropre, car il doit être réservé aux seules lésions pratiquées par le chirurgien, c'est-à-dire aux opérations; d'oii il suit que toute lésion chirurgicale est traumatiquc, mais que la réciproque n'est pas vraie.
Si les termes précédents sont trop restreints, en revanche ceux de lésions physiques, lésions mécaniques adoptés par divers auteurs, Richerand, Vidal, les auteurs du Compendium, sont beaucoup trop étendus et englobent, dans leur acception, des lésions essentiellement différentes des lésions traumatiques. J'ac-
LES TERNES (eau minérale de). 211
corde que ces dernières sont produites pardes agents physiques ou mécaniques, agissant physiquement ou mécaniquement. Je veux bien que toute lésion traumatique soit de l'ordre des lésions physiques ou mécaniques, mais je rejette le réciproque. Sien effet on faisait la confusion que je combats, il fliudrait ranger à côté des plaies, des ruptures, des luxations, etc., les simples pressions, la compression et toutes ses conséquences y compris, la mortilîcation des tissus qui y sont soumis, l'interruption du cours du sang dans un vaisseau, de l'influx nerveux dans un nerf et tous les effets primitifs ou éloignés que produisent sur l'organisme le froid, le chaud, la lumière, l'électricité ; puis comme plusieurs de ces agents dits physiques agissent chimiquement sur nos tissus (lumière, électricité), il faudrait, pour être logique, ranger dans les lésions traumatiques toutes celles qui résultent de l'application des caustiques, enfin si lasimple circonstance de cause physique suffisait, ne faudrait-il pas annexer encore toutes les inflammations ou affections organiques consécutives à l'action directe du froid, depuis l'adénite du cou jusqu'au rhumatisme articulaire et à la périostite suppurée. Notre deuxième caractère nous permet de sortir facilement d'embarras; quels que soient sa cause, sa nature et son mode d'action, la lésion ne sera traumatique qu'en cas de production immédiate d'une solution de continuité. Or c'est ce qui manque dans la compression, dans l'action superficielle des agents dits impondérables et dans la réaction chimique que diverses substances exercent sur nos tissus. La diérèse plus ou moins tardive produite par l'action énergique de ces agents physiques, mécaniques ou chimiques, appartient alors à la catégorie des lésions organiques et nécessite Tinter* vention du processus inflammatoire ulcératif, atrophique, etc.
Je conclus de tout ce débat que le terme de traumatique est nécessaire pour dé= signer tout un ordre de lésions et j'en propose la définition suivante : La lésion traumatique est une lésion externe ou interne, apparente ou cachée, accident telle, locale, issue sans prédisposition nécessaire d'une violence extérieure ou d'une action physiologique exagérée, caractérisée par T instantanéité delà cause ^ la production immédiate d'une solution de continuité dans nos tissus, V apparition subite de modifications morphologiques ou fonctionnelles, le développement très-prochain d'une irritation au point lésé et la tendance naturelle à la réparation spontanée.
En procédant de la même manière, c'est-à-dire en précisant les caractères spéciaux étiologiques, anatomiques, physiologiques, etc., on arriverait à définir rigoureusement les lésions mécaniques, chimiques, organiques, celles-ci résultant du jeu même des organes augmenté, diminué ou perverti.
Le défaut d'( space m'interdit les développements dans lesquels il faudrait entrer pour établir et limiter ces groupes; le même motif m'empêche de discuter ici plusieurs questions importantes : comment se produisent les lésions anatomiques — comment, une fois produites, se révèlent-:lles et donnent-elles naissance à des symptômes — toute lésion se traduit-elle par des signes et engendre-t-elle des troubles fonctionnels latents ou patents — existe-t-il des troubles fonctionnels sans lésion et des affections sans désordre matériel temporaire ou permanent — comment se réparent les lésions et quel est, dans cette réparation, le rôle respectif de la nature et de l'art, etc.; pour être différée, la solution de ces grands problèmes n'en sera pas moins tentée, sinon toujours donnée, dans la suite de ce recueil [voy. Étiologie, Maladie, Pathogénie, etc.). Verkeuil.
LES TËRIVIES (Eau jiikérale de)j font aujourd'hui partie du xvii"' arrondisse-