‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.54Chapitre 32 sur 86 · APPARENTE · texte numérisé non relu

APPARENTE

Il est un autre état qu il faut bien se garder de confondre avec la léthargie, c'est celui dans lequel tombent les animaux hibernants, quand la température extérieure s'abaisse à zéro ou au-dessous. Sous l'influence du froid on les voit s'agiter, leur température s'élève par une suractivité respiratoire, et ils se réveillent; mais, la cause prolongeant son action, ils ne tardent pas à s'épuiser ; leur respiration se ralentit, ils se refroidissent et tombent dans une torpeur profonde : c'est la léthargie par le froid, qui est caractérisée par une suspension totale des fonctions. Plus de sensibilité, môme sous l'influence des excitants les plus énergiques ; plus de circulation; le sang stagne dans les vaisseaux abdominaux et le cœur, qui ne bat plus ; les parois thoraciques sont complètement immobiles. On peut alors impunément plonger les animaux pendant plusieurs heures dans l'eau, dans l'acide carbonique ou des vapeurs arsenicales ; ils n'éprouvent dans ces milieux aucun dommage ; il s'agit, dans ces cas, d'un état très-caractérisé de mort apparente et nullement de léthargie.

Le causus et la phrénitis formaient autrefois, avec le léthargus, un groupe spécial de fièvres pseudo-continues. (Foy. Causus et Phrénitis.) J, Parrot,

LÉTHARGUS. Voy, Léthargie.

LE TRÉPORT (Station marine), daus le département de la Seine-Inférieure, dans l'arrondissement de Dieppe, est un chef-lieu de canton ayant une population agglomérée de o,6981iabitants. Le Tréport, Ullerior portus, est un petit port sur la Manche, à rembouchure de la Bresle, à 28 kilomètres au nord-est de Dieppe et à 4 kilomètres de la ville d'Eu ; son industrie principale consiste dans la fabrication de la dentelle, dans plusieurs entrepôts de sel, et surtout dans la pêche du hareng. (On s'y rend par les deux lignes de fer du Nord et de l'Ouest, station de Saint-Valery-sur-Somme.)

Les bains de mer du Tréport sont très-rapprochés de Paris, aussi sont-ils trèsfréquentés, depuis quelques années surtout, par les personnes qui veulent les commodités de la vie et qui craignent les plaisirs bruyants et fastueux de quelques stations marines environnantes. On a construit l'établissement de bains à l'entrée du port, au centre d'une pelouse de gazon mouillée par les vagues lorsque la mer est haute. Une promenade où l'on a installé des appareils de gymnasiique et des jeux champêtres est au voisinage de l'hôtel des bains composé d'une belle salle, d'une grande et vaste galerie et de plusieurs salons pour les bals et les concerts qui se donnent pendant la saison des bains de mer.

Les bains de mer se prennent au Tréport, soit en commun, soit en particulier, sur une partie de la plage exclusivement réservée ù l'un ou à l'autre .sexe. La

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plage du Tréport est constituée par un sable plus doux et plus uni que dans beaucoup d'autves points du littoral de la Manche. Â. R.

liETTSiES (Gens de). Hygiène. On appelle généralement gens de lettres tous ceux dont les travaux produits de l'intelligence s'adressent avant tout à l'intel • ligence. On peut en faire deux classes : 1" les Utlérateurs proprement dits : poètes, romanciers, auteurs dramatiques, etc , chez lesquels Ximacjinalionczi, je ne dirai pas la folle, mais la maîtresse du logis. Il convient d'y rattacher les musiciens (compositeurs), les peintres, les sculpteurs ; 2» les hommes adonnés aux différentes sciences (mathématiques, physiques, etc.), les historiens, les juristes, les érudits chez lesquels le raisonnement est la faculté en exercice. Quant aux commis, aux copistes dont la main est plus occupée que l'esprit, il en sera question au mot ÉcniVAiiX ; ils n'ont de commun avec les gens de lettres que la vie sédentaire. — D'un autre côté, il existe un certain nombre de professions ou de positions sociales, dans lesquelles la méditation, la tension des facultés intellectuelles jouent un très-grand rôle, c'est ce que l'on voit chez les spéculateurs, les négociants qui passent leur vie à calculer les chances bonnes ou mauvaises de leurs entreprises, chez les hommes d'État. On pourra donc appliquer à une foule de cas particuhers ce que nous avons à dire du fonctionnement exagéré du cerveau chez les gens de lettres.

Les conditions qui peuvent altérer la santé des personnes livrées aux travaux de l'esprit sont les suivantes :

i° Excitation cérébrale. Si elle est passagère, les* effets le sont également ; ainsi, après une méditation profonde et continuée pendant plusieurs heures, on observera de la céphalalgiç, ou de la pesanteur à la tète avec chaleur, étourdissements, vertiges, palpitations. L'ébranlement peut même avoir été porté au point d'occasionner des troubles dans les idées, et des conceptions délirantes de peu de durée. 11 y a quelquefois, à la suite, un état de faiblesse quipersiste pendant un certain temps.

Lorsque cette action se reproduit d'une manière habituelle, les effets prennent alors une forme en quelque sorte chronique et retentissent sur toute l'économie ; le cerveau devient un centre d'activité aux dépens des autres appareils. Il en résulte, comme le dit Réveillé-Parise, un état permanent ^.'intempérie nerveuse ou de diathèse d'irritabilité qui amène un affaiblissement dans la puissance de réaction ; et, en effet, suivant la remarque judicieuse de Tissot, la méditation épuise, comme le feraient des évacuations excessives. On observe alors une extrême irapressionnabilité, qui agit particulièrement sur le caractère, devenu ombrageux et jaloux {gemis irritabile vatiim), une sorte d'abattement avec tristesse maladive, qui porte facilement les gens de lettres et les savants à la mélancolie et à l'hypocliondrie, la privation du sommeil, etc., etc. Cette fatigue du cantre nerveux explique la fréquence des affections cérébrales chez les personnes dont nous parlons. Les méningites, les congestions au cerveau sont ici trèscommunes; mais c'est surtout l'apoplexie qui, de l'aveu de tous les observateurs, est en quelque sorte la maladie spéciale des penseurs ; on sait que Pétrarque, Copernic, Malpigbi, Richardson, Linné, Marmontel, Rousseau, Daubenton, Spallanzani, Monge, Cabanis, Corvisart, Walter Scott, etc, etc., ont succombé à des hémorrhagies cérébrales.

Dans la statistique donnée parEsquirol, de la maison de Charenton, relativement à la fréquence de l'aliénation mentale, suivant les professions, on voit que sur l,26i admissions, pendant les huit années 1826-35, les professions dites

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libérales, figurent pour 161, c'est-à-dire 42,6 p. 100. Mais l'influence qui nous occupe ressort bien mieux encore du tableau suivant, tiré de la statistique sur l'aliénation mentale publiée, par notre regretté collaborateur Parcbappe, dans ce Dictionnaire (t. III, p. 40). On voit là, que les bommes livrés aux travaux de l'esprit occupent le premier rang bien en avant des autres professions, et fournissent 5,10 pour 1000 de la population correspondante donnée par les recensements ; tandis que la classe qui donne le plus d'aliénés, après celle dont nous parlons, celle des marins et des militaires, ne présente que le rapport de 1,99 pour 1000, et la plus favorisée, celle des commerçants 0,42.

Cette catégorie des professions libérales, décomposée, nous offre les relations suivantes en regard du nombre correspondant de personnes qui exercent ces professions : artistes, 9,60 pour 1000; juristes, 8,41 ; ecclésiastiques, 4,15; médecins et pharmaciens, 5,85; professeurs et hommes de lettres, 5,56; fonctionnaires publics et employés, 1,57. En Belgique, mêmes résultats, 4,81 aliénés pour 1000 dans les professions du domaine de l'intelligence; et seulement, 0,92 pour les professions agricoles.

Les forces, que le cerveau semble accaparer au profit de la pensée, laissent les autres appareils dans une sorte de langueur, mais c'est particulièrement le système digestif qui souffre de ces conditions toutes particulières. La remarque en a été faite depuis longtemps : Familiaris admodum studiosis stomachi vnbecillitas est, quce ipsos plerumque insequitiir, ut timbra corpus (Amatus. Lusit. Curât, méd. cent. \l,obs. 12) ; et Tissot : « L'homme qui pense le plus est celui qui digère le plus mal. »

2" A cette cause première de maladies qui rentre dans les causes directes ou intrinsèques, il s'en joint d'autres résultant du genre de vie des savants (causes extrinsèques) ; en tète nous devons placer la vie sédentaire et, sans empiéter sur ce qui sera dit ailleurs à cet égard {voy. Professions) , nous ferons observer que le défaut d'exercice, le séjour dans un air confiné [voy. Habitations), la station assise, déterminent des troubles dans la circulation abdominale qui portent particulièrement leur action sur le foie, sur la sécrétion biliaire, et contribuent à augmenter les accidents du côté de la digestion ; il se produit aussi une stase du sang dans les dernières ramifications de la veine porte, d'où la pi'oduction d'hémorrlioïdes encore aggravées par la constipation, celle-ci est très-commune chez les gens de lettres, et ils la provoquent souvent en résistant au besoin d'aller à la selle, afin de ne pas interrompre un travail commencé. Ces différentes causes de stagnation du sang vers les parties déclives de l'abdomen, la rétention trop souvent volontaire des urines, etc., amènent très-fréquemment des affections graves de l'appareil génito-urinaire, les catarrhes de vessie, l'incontinence d'urine, la gravelle, mais surtout la pierre. Civiale a donné une longue hste de savants illustres dont les dernières années ont été empoisonnées par cette cruelle maladie. [De Vaffect. cale, p. 649; Paris, 1858, in-8«.)

5" Les veilles prolongées, jointes à l'excitation cérébrale, ont très-souvent pour effet un sommeil agité, interrompu, tourmenté de rêves se rapportant d'ordinaire à l'objet des travaux habituels, mais spécialement des insomnies répétées qui fatiguent beaucoup la constitution en même temps qu'elles augmentent la susceptibilité nerveuse.

4° Dans certaines professions (avocats, professeurs, prédicateurs, etc.), V exercice forcé de la voix peut déterminer des phénomènes spéciaux dont nous n'avons pas à nous occuper ici. [Voy. Voix (Hygiène de la).]

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5" Un travail trop assidu, mais surtout ù une lunnère artificielle trop faible ou trop forte; la lecture de caractères trop fins ou mal conformés, comme il arrive pour les manuscrits, les recherches micrograpliiques, etc., etc., fatiguent excessivement Vorgane visuel et déterminent soit une sensibilité très-grande de l'œil, qui l'expose aux ophtbalmics chroniques, soit même un affaiblissement de la vue qui peut aller jusqu'à la perte totale de cétie importante fonction.

Ces conditions fâcheuses se réunissent, se corroborent en quelque sorte les unes les autres, de manière à produire djns la santé générale des désordres dont M. L. Fleury, si bien placé pour les observer, a tracé le résumé suivant : « La contractillté subit des moditications profondes, tandis que les muscles animés par le système cérébro-spinal sont souvqnt très-excitables, agités de mouvements violents, irréguliers, désordonnés, convulsifs; ceux qu'anime le système ganglionnaire, sont frappés d'atonie, d'inertie; de là des troubles variés dans les différentes fonctions et spécialement de la digestion et de la circulation. Vous savez combien la gastralgie, la dyspepsie, la constipation sont communes parmi les hommes studieux et sédentaires ; le cœur se contracte moins énergiquement, la circulation capillaire languit, le sang abandonne la circonférence pour se concentrer dans les organes profonds ou déclives ; la face est pâle, la peau sèche, les extrémités sont froides ; un cercle vicieux s'établit entre la constipation et la congestion hémorrboïdale, entre la dyspepsie et la congestion hépatique, entre ces affections et l'anémie, l'asthénie générale. La congestion chronique du foie, que nous avons étudiée et signalée à l'attention des observateurs, se montre très-lréqnemment chez les gens de lettres, les artistes; elle est souvent accompagnée de mélancolie, de nosomanie, de nécrophobie. Des palpitations nerveuses, anémiques ; des battements de cœur irréguliers, intermittents; une respiration imparfaite, gênée; une calorification acre, raordicante, complètent le tableau. » {Cours d'hyg., t. III, p. 155.)

Quelques circonstances particulières doivent encore attirer notre attention. Ainsi, pour l'âge, on a remarqué certains enfants doués d'une précocité exceptionnelle et qui donnent au développement de l'intelligence le temps consacré par la nature au dévelo|)pement du corps. On sait ce que. àex'mnnent ce^spetits pt'odiges ; usés avant le temps, ils ne tardent pas à perdre ces facultés qui avaient excité l'étonnemenl, ou bien ils succombent, à peine entrés dans la jeunesse, ii des maladies d'épuisement et de langueur. En général, il ne faut pas trop exiger des jeunes enfants et les astreindre dès l'âge de huit ou dix ans à des études qu'une sorte d'instinct fait repousser. {Voy. Éducation, Intelligence.) D'un autre côté, il y a de graves inconvénients à se livrer à des travaux intellectuels nouveaux ou inaccoutumés à un âge déjà avancé ; il faut des efforts trop violents de la part du cerveau, et il en résulte des désordres qui peuvent aller jusqu'à la perte de la raison. Tissot a très-judicieusement insisté sur ces considérations.

Si l'on compare les ouvriers de la pensée avec ceux de la main {Handwerker, comme disent les Allemands), on verra qu'au point de vue de la santé, l'avantage est fout à fait du côté de ces derniers. Le manouvrier, avec ses dix ou douze heui'cs de fatiguecorporelle, conserve ses forces, ses facultés digestives, son insouciance; tandis que l'autre n'a, pour ainsi dire, jamais de repos, il s'épuise, demeure toujours souffrant, liypochondriaque. Comme l'a fait observer le docteur Newuliam, cette différence ne tient pas seulement à ce que l'un mène une vie active, l'autre une vie sédentaire, mais à la différence dans l'emploi de l'intlux nerveux. .Ahisi, tandis que chez le savant les fonctions organiques languissent, chez l'ouvrier

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proprement dît elles prennent de l'accroissement; aussi les maladies de celul'ci sont-elles plutôt de nature sthénique, tandis que chez celui-là c'est la taiblesse qui domine.

I Et cependant si l'on s'en l'apporte aux statistiques, la durée de la vie atteindrait un cliifire assez élevé chez les gens de lettres. Benoiston de Chàteanneuf a fait le relevé de la durée de la vie chez les membres des trois académies depuis leur fondation, et il a obtenu des documents certains sur 758 membres dont la vie moyenne a été de 68 ans 10 mois, et, en particulier pour l'Académie fraviçaise, 69 ans 3 mois ; pour l'Académie des inscriptions et belles-lettres 69 ans 7 mois; pour l'Académie des sciences 67 ans 11 mois. Sur ces 758 académiciens, 595, c'est-à-dire plus de la moitié, ont dépassé la moyenne et parmi eux 145 l'ont dépassée de beaucoup (124 de 80 à 90 ans, et 21 de 90 à 100). On voit qu'ici il s'agit de têtes choisies, car, d'une part, les académiciens n'ont été admis dans les sociétés savantes qu'à un âge déjà assez avancé, de 40 à 50 ans, et, pour la plupart, dans une certaine position d'aisance. Aussi, B. de Chàteauneuf a-t-il cru devoir comparer ces résultats avec ceux donnés par l'examen de 1000 savants, pris au liasard dans la biographie universelle, et appartenant aux différents pays de l'Europe, il a obtenu ainsi une moyenne de 65 ans 10 mois, c'cst-à dire peu au-dessous du chiffre fourni par les académiciens.

Gasper, de son côté, dans ses études sur la durée de la vie chez les médecins, a noté que, sur 100 personnes, exerçant les professions suivantes, ont atteint l'âge de 70 ans et au delà : — théologiens, 42 ; — cultivateiu's, 40 ; — employés supérieurs, 35; — marchands, artisans, 55; — militaires, 55; — employés subalternes, 32 ; — avocats, 29 ; — artistes, 28 ; — professeurs, 27 ; — médecins, 24.

Enfin Madden {Tlie Infii^mities of Genius, etc., Lond., 1833) a donné le tableau suivant de la longévité dans les professions libérales : — naturalistes, 75 ans; — philosophes, 70; — peintres et sculpteurs, 70; — -légistes, 69; — médecins, 68; — théologiens, 67; — philologues, 66; — musiciens, 64; — romanciers, 62,5; — auteurs dramatiques et auteurs divers, 62; ^ poètes, 57, (Œsterlen, Hanclb. der med. Statistik, p. 210. Tûbingen, 1865-68.)

Ainsi, malgré leurs infirmités, les gens de lettres fournissent une assez longue carrière: ce qu'ils doivent certainement àleur sobriété, et à l'aisance, au moins relative, dont ils jouissent.[Ce qui confirme ce que nous avons dit ailleurs {voy. Bouchers) qu'une grande vigueur corporelle n'est nullement un brevet de longévité.

Que convient-il de faire pour neutraliser cet ensemble de causes morhifiques? Le premier soin est d'empêcher la prédominance trop marquée des fondions intellectuelles sur les autres fonctions de l'économie, et d'étabhr un équilibre dont la rupture présente de si fâcheuses conséquences : « Parquoy Phton nous admonestoit sagement, dit Plutarque, de ne remuer et n'exercer point le corps sans l'àme, n'y l'àme aussi sans le corps, ains les conduire également tous deux, comme une couple de chevaux attelez à un mesme timon ensemble ; attendu que le corps besongne et travaille quant et l'àme, au moyen de quoy il en faut avoir un grand seing et lui rendre le traictement qui luy appartient afin de lui entretenir la belle, bonne et désirable santé, » (Plutarque, les Règles et pre'ceptes de santé, trad. d'Amyot, in OEuvres.) Ici, le plus difficile n'est pas de tracer les règles que doivent sui\re les gens de lettres pour conserver leur santé, mais bien de les leur faire accepter. Les uns par insouciance, les autres par présomption croyant savoir mieux que les médecins ce qui leur convient, repoussent les précautions qu'on leur recommande, quitte à les exagérer ensuite et à tomber

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dans ces ridicules minuties, ces craintes puériles qui caractérisent la nosoniauie.

\° De toutes les précaiitions à prendre, la plus nécessaire et peut-être la plus difficile à obtenir, c'est la modération dans l'exercice de la pensée. On ne doit pas prolonger au delà de la puissance individuelle, fort variable d'ailleurs, le travail intellectuel. Comme toutes les autres fonctions, celles du cerveau sont intermittentes, il faut donc s'arrêter quand la pesanteur ou la douleur de tête avec sensation de cbaleur viennent vous avertir que l'organe est fatigué et demande du repos.

2° Le meilleur moyen de lui accorder ce repos, c'est la promenade au grand air, ou du moins un changement d'occupation. On sait combien sont avantageux pour les savants et les gens de lettres, les divers exercices corporels, l'escrime, la gymnastique, le jardinage, l'équitation si appréciée par Boerliaave, certains jeux actifs tels que le billard, les boules, etc., etc. Ces exer^^ices ne devront pas non plus être portés jusqu'à la fatigue, et il convient de se reposer quelques instants, avant de reprendre son travail.

5" On comprend de quelle importance doit être le régime chez des personnes dont l'estomac est si fréquemment atteint de dyspepsie. Disons d'abord qu'il faut consacrer au repas un temps suffisant, de manière à se livrer à une mastication rigoureuse, condition indispensable de toute bonne digestion. Quant au mode d'alimentation, il doit nécessairement différer suivant les individus, les saisons, les climats et, sans entrer dans des détails oiseux, disons seulement qu'il doit être mixte et réparateur; viandes grillées, poissons légers, légumes verts bien cuits, peu de farineux, éviter les ragoûts épicés, les pâtisseries, les charcuteries, etc.; les boissons aqueuses, c'est-à-dire, suivant la tolérance de l'estomac, vin coupé de préférence à la bière et surtout au cidre, seront mises en usage; ceux dont le système est très-aftlùbli pourront prendre un peu de vin pur, bordeaux ou vins du Midi. Le café, le thé dont Tissot a blâmé l'abus extravagant qu'on en faisait de son temps, sont réellement très-utiles, mais à la condition d'en user modérément; une petite tasse de café ou une ou deux au plus de thé noir après le repas facilitent la digestion et laissent au cerveau toute sa liberté d'action. Il faut aussi éviter de se livrer à un travail intellectuel actif immédiatement après le principal repas; c'est alors que le repos avec causerie familière, une promenade sans fatigue, préparent très-bien à la méditation qui pourra ensuite avoir lieu sans entraver la digestion,

4" Il n'est pas toujours possible aux littérateurs, aux savants, de résider dans un endroit plutôt que dans un autre. Cependant ils devront, autant qu'ils le pourront, habiter sinon la campagne, du moins un quartier sain, dans une rue large, occuper un étage élevé et bien exposé, plus spécialement au soleil levant. Pour le chaulfage on préférera la cheminée au poêle, et pour l'éclairage la bougie ou une bonne lampe, au gaz. Une très-bonne précaution, quand on travaille aune lumière arliticielle ou à un jour très-vif, c'est de porter des lunettes teintées.

5" Les personnes dont le cerveau est très-occupé sont habituellement frileuses, il leur faut donc des vêtements chauds. Chacun suivra à cet égard ses impressions particulières. Mais ce qu'il faut surtout éviter, c'est le froid aux pieds qui favorise les congestions du côté du cerveau, et c'est particulièrement au moment du coucher qu'il convient d'y porter remède.

6° La propreté la plus- rigoureuse doit être observée. Tissot a judicieusement signalé ici la grande utilité des bains froids, surtout suivis d'une franche réaction : on peut aujourd'hui conseiller les pratiques les plus simples de l'hydro-

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thérapie. Tissol a aussi vanté avec juste raison l'importance des frictions sèches.

7° Enfin on sait combien les veilles sont nuisibles à la santé, un sommeil réparateur de six à sept heures est indispensable, nulle transaction ne peut être acceptée à cet égard.

Quant aux maladies proprement dites, tous les auteurs sont d'accord pour rejeter les moyens débilitants trop énergiques et surtout trop longtemps soutenus; les adoucissants, les toniques doux doi\ent jouer ici un grand rôle, mais particulièrement dans la convalescence qui est ordinairement longue et exige un régime analeptique, l'air pur de la campagne, les eaux gazeuses, ferrugineuses, etc., etc. E. Beaugrand.

Bibliographie. — On comprend que les médecins se soient occupé depuis longtemps delà santé des hommes qui se consaci^ent aux travaux de l'intelligence ; de là une multitude de dissertations dont la bibliographie suivante ne peut donner qu'un spécimen incomplet. Ficixo iMarsili). De sludiosorum sanitale luenda. In De Vita (lib. I), 1489, pet. in-fol. Bonon., 1501, in-4°, etc. Trad. fr. par Beaufils. Paris, 15il, iu-8°, etc. — Giutaiiolcs (G.). De litteratorum et eorum qui magislralibus fiinguntur conservanda prœservandaquevaletudine. Easileae, 1555, in-S". — Horst (Gr.). De tuenda sandale sludiosorum et lilteralorum. Giessen, 1615, in-8». — Eberfeld. De morhis eruditorum. Duisbergi, lii93, in-4'' — Hoffmann (Fr.). De prœcipuo sludiosorum morho ejusgue genuinis causis. Halse , 1699, in-4° et mDiœl. germ., t. IX. Halœ, 1728, in-8°. — Schrœder. De eruditorum valeladine. llelmstadii, liOl, in-8°. — Vesti. De atrophia Ulleratorum. Erlordiœ, 1714, in-4°. — Sciiaciier. De eruditorum morhis Lipsiœ, 1719, iu-i". — Aïei, (H. C). Lcibmedicus der Studenteii. Leipzig, 1720, in-S". — Alberti. De antochiria litteratorum. Halœ, 1727, in-4°. — Stahl (G, Ern). De principalioribus Ulleratorum affeclibiis. Erfordiœ, 1730, in-l". — Cartheuser (J. Fr.). Progr. déprima ac vera morbi litleralorum origine. Francof. , 1740, in-4''. — Jcch. De constilutione lileratorum vel cacochymia jjHuUosa cachectica. Lipsiîe, 1740, in-4°. — Sai.ciiow. De lilteralorum et honoratoriim sanitale luenda. llake, 1746, in-4". — Stock (J. C). De tuenda sanitale in meditationum laboribus. lenaî, 1751, in-4''. — Pujati (G. A.). Délia preservazione délia salute de littcrati. Yenezia, 1752, in-S". — Tissot [S. A. D.). De vnlctudine litteratorum. Lausanne, 1766, in-S". Trad. fr. sous le titre : Avis aux gens de lettres sur leur santé. Paris, 1768, in-12. Traduct. désavouée par Tissot, qui en a donné une luimême sous le litre suivant : De la santé des gens de lettres. In OEuvres par Halle, t. IIL Paris, 18U9, in-S» et Paris, 1826, in-12 (édil. de Boisseau). C'est encore aujourd'hui, au point de viiepraliquo, le meilleur ouvrage qui ait été écrit sur cette question. — Bienville. Der Familienarzlimd der ArztderGelelirten. Leipzig, 1776, in-8°. — Ackerîiann (J. Chr. GUI.). Veber die Krankheiten der Gelehrten. Kùrnberg, 1777, in-8'>. — Von einigen Krankheiten der Gelehrten und deren Kiiren. Kœln, 1785; in-S». — Verhagen [H.) . De morbis ex nimia litteralura sequi solilis . Lugd. Batav., 1788, in-4°. — IIeerkens (G. Nie). De vahtudine Ulleratorum Poema. Groningœ, 1792, in-S». — Liddeiidale. De morbis litteratorum. Mmb. 1800, in-i°. — BRUNAUD.Z)e l'hygiène des gens de lettres, ou Essai médico-philosophique sur les moyens, etc. Paris, 1819, in-S". — Aulagnier. Essai sur les principales maladies des gens de lettres, et sur l'emploi, etc. Th. de Strasb., 1827, n° 828. — Bégin ;E. A). De l'influence des travaux intellectuels sur le système ptnjsique de l'homme. Ibid , 1828, n" 854. — ilAXiDEs. The Infirmities 0} Genius, etc., Londou, 1853, in-S». — Réveillé-Parise. Physiologie des hommes livrés aux travaux de l'esprit. Paris, 1834, 2 -vol. in-S". — Lemonmer. Influence du travail et des impressions littéraires sur le développement des névroses. Th. de Paris, 1855, n° 286. — Newnham (W.). Essay on the Diseases, incident to Litlerary Men. Lond., 1836, in-S". — Benoiston de Chateauneof. De la durée de la vie chez les savants et les gens de lettres. In Ann. d'hyg., l" sér., t. XXV, p. 241; 1841, E. Bgd.

LETTSO:^! (John-Coackley), naquit en ilU, dans 'ile de Little-van-Dicke, près de Tortola, dans les Indes occidentales, de parents appartenant à la secte des quakers. Il vint très-jeune en Angleterre et fut confié aux soins du savant Fothergill. Ses humanités terminées, il se préparait à l'étude de la médecine par le stage obligé dans une pharmacie, quand la mort de son père le rappela aux colonies pour recueillir sa succession. Là, il doiuia la liberté à ses esclaves et revint en Angleterre ache^'er ses études ; il voyagea ensuite sur le continent, se fit recevoir docteur -i Leyde et retourna à Londres exercer la médecine avec un grand

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succès. Quand il mourut, eu 1815, il était membre de la Société royale de Londres ducollége des médecins, médecin extraordinaire de l'hôpital de Londres.

Lettsoai s'était beaucoup occupé d'histoire naturelle et a écrit un très-grand nombre d'ouvrages dont nous indiquerons seulement les principaux.

l.Obs. ad kistoriam fheœ pertinentes . Leyde, 1769, in-i°. — II. The Natural Historij of tlie Tea-Tree ; wttliObserv. on the Médical Qualifies, etc. Lond., 1772, in 4°. Ibid., 1799, in-4''. Trad. franc., Paris, 1775, in-12. — HI. Reflexions on tlie General Treatment and Cure ofFevers. Lond., 1772, in-S". — IV. Med. Minutes of the General Dispensarij in London, elc. Lond., 1774, in-8°. Trad. fr., Paris, 1787, in-8°. — V. Iniproveuient of Medicine in London, on the Basis ofthe Public Good. Ibid., 1775, in-8°. — VI. Histanj of theOrigin of Medicine. Ibid,, 1778, in-i°. — VII. Lettcr to Sir G. Baker... respecting General Inoculation. Ibid., 1778, in-4°. — VIII. Considérations ou the Proprietij of a Plan for inoculation the Poor of London at their ozvn Houses. Ibid,, 1779, in-8°. — IX. History of some of the Effects of Eard-Brinhing . Ibid. , 1 789, in-4'. — X, Eints respecting the Distrcss of the Poor . Ibid., 1794, iji-8°. — XI. Hints respecting the Chlorosis of boardings Schools. Jbid., 1795, in-8°. — XII. Obs. on the Cow-Pox. Ibid., 1801, in-S". — XIII. An Apologij for diffcring fromtlie Authors of the Monthly and Critical Review, etc. Lond,, 1803, in-8°. — XIV. Un grand nombre de mémoires dans divers recueils, ec notamment dans les Memoirs of Médical Society (les t. I-VI). E, Bgd.

LEUCAiSTHÈME {Leucmithemum. T.). Ce nom qui était, pour les anciens, celui de la Camomille romaine, a été donné à quelques plantes détachées du grand genre Chrysanthème de Linné, et qui en diffèrent notamment en ce que tous les achaines produits par une inflorescence y sont d'une seule sorte et non de deux, et tous coniques, tronqués au sommet, munis de côtes tout autour. Les Leucantlièmes sont des herbes vivaces des pays tempérés, à feuilles altenies et à capitules terminaux. L'espèce type du genre est la Grande marguerite de nos champs {Leucantliemum vulgare Lajik, FI. fr., Il, 157. — Chrysanthemum Leucanthemimi L., Spec, 1251. — C. montanum^^., Spec, III, 2143. — C. sylvestre W., Enum., 60. — MatricariaLeucantJiemumdEsvK, cxLasik, Dict.,111, 2143). Cette plante bien connue sert de légume dans l'Archipel. On mange ses jeunes pousses crues, d'après Belon {Singid., 60). Eu Sibérie, suivant Rehmann {Noiiv. Journ. méd., V, 208), on l'emploie contre la leucorrhée. Lobel l'appelait Consolida média vulnerarium, en raisort de ses vertus. On la regardait comme apéritique, dépurative, diiirétique. Ray admettait même qu'elle guérissait l'asthme, la phthisie. En Bosnie, elle sert d'insecticide. Cazin suppose qu'elle pourrait être emplovée aux mêmes usages que la Pâquerette; elle est un peu acre et amère. Les anciens la recherchaient comme « chaude et sèche et bonne à résoudre les strumes ; » elle n'est guère usitée de nos jours. H. Bn.

TouBN., Instit., t. 492. — DC. Prodr.,yi, 45. — Ekdl., Gen., n. 2667. — Mer. et Del,, Dict., II, 271. — Gren. etGoDR., FI. de Fr., Il, 139. — Cazin, Trait, prat. des pi. médic\ éd. 5, 735

lEUCATHOIV. Nom que Dioscoride, suivant Mérat et Delens {hict., IV, 94) donneà l'Œnanthe safranéc. H. Bn.

LEVCÉ. Comme nous l'avons dit ailleurs [voij. âlphos), les Grecs désignaient sous le nom de Leucé une lésion de la peau caractérisée par des taches blanches qui affectaient à la fois l'épiderme et les parties sous-jaceates. A cet égard, il règne une parfaite conformité entre les autours. Nous n'avons pas à y revenir. L'auteur du Prorrheïiqiie (II, 43) déclare que la leucé appartient aux affections les plus graves, comme aussi la maladie dite phénicienne {foivu-nU). Qu'est-ce donc t^ue cette maladie phénicienne? Galieu n'hésite pas à y reconnaître

222 LEUCINE.

l'éléphautiasis, maladie très-commune, dit-il, dans l'Ànatolie, c'est-à-dire dans le Levant. (Gloss. p. 597. Lipsise, 1780, in-fol.) Ce premier rapprochement est très-remarquable, ajoutons-y ce que dit un écrivain un peu antérieur à Hippocrate, Hérodote, qui nous apprend qu'en Perse tout citoyen atteint de la lèpre ou dela/ewce est renvoyé de la ville et privé du commerce de ses semblables {Hist. î, 138); nous en avons parlé au mot Lèpre. {Voy. p. 184.) Aristote mentionne aussi la leucé qu'il déclare plus fréquente chez les hommes que chez les femmes et les enfants. {Probl., sect. X, n°' 4, 5.) La pathogenèse de la leucé est fixée comme il suit par Galien. L'afflux d'un sang pituiteux et glutineux prolongé dans une partie en rend la chair semblable à celle des crabes et des huîtres. {DeSympt. causis, Yih.lW.) Désomiais il n'y a plus qu'à copier cette théorie, y joindreles signes diagnostiques donnés par Celse (piquer avec une aiguille pour voir s'il sort du sang) et l'histoire de la leucé est stéréotypée pour des siècles ; seulement les Arabes et quelques arabistes l'appelleront Al-baras. La leucé est-elle une maladie à part, n'est-elle pas plutôt la première période de l'éléphautiasis des Grecs, telle que la fait connaître Moïse? {Lévitiq., XIII, XIV.) Cette question sera discutée à propos de I'Éléphantiasis. E. Bgd.

LEUCÉMIE. Voy. Ledcocythémie,

LEUCINE (oxyde caséeux, aposépédine) . Formule €^H^^AzO^ La leucine est un produit azoté, cristallisé et défini qui se forme d'une manière constante pendant la putréfaction des matières albuminoïdes et des tissus à gélatine. Elle prend encore naissance par la décomposition qu'éprouvent ces corps sous l'inlluence des alcalis caustiques bouillants ou de l'acide sulfurique. On la rencontre normalement dans le parenchyme de beaucoup d'organes (pancréas, rate, thymus, glandes thyroïde et salivaires, foie, reins, capsules surrénales, cerveau et glandes lymphatiques). Limpricht est arrivé à la produire synthétiquement par une réaction nette.

Le valérylure d'ammonium chauffé avec de l'acide cyanhydrique et de l'acide chlorhydrique se convertit en leucine. (Limpricht, Ann. (1er Chem. u.Pharm., XCIV, p. 243.) Cette réaction prévue par Gerhardt se formule ainsi :

Hydrure de valérjle. Acide cyanhydrique. Leucine.

Propriéte's. La leucine cristaUise dans l'alcool sous forme de paillettes nacrées, douces au toucher, plus légères que l'eau. L'eau froide la dissout peu (1 part, pour 27 p. d'eau). Elle est plus soluble dans l'eau chaude. Elle est soluble dans 1040 p. d'alcool froid et 800 p. d'alcool chaud, insoluble dans l'éther. Impure, telle qu'on la retire des liquides animaux, elle cristallise en boules et semble être plus soluble dans l'eau et l'alcool. Chauffée avec précaution, elle fond à 170° et se sublime à une température plus élevée ; chauffée brusquement, elle se décom* pose, en donnant de l'acide carbonique, de l'ammoniaque et de l'amylamine. Distillée avec un mélange d'acide sulfurique étendu et de peroxyde de manganèse, elle fournit de l'eau, de l'acide carbonique et du cyanure detétrylei

G° W' AzO^ H- 0^ = €ê^ H- 11*0^ + C^H^Az .

Ces deux réactions jointes à la synthèse de Limpricht fixent nettement la constitution de ce corps que l'on peut considérer comme de l'acide amylcarbonique. Lorsqu'on fait passer du bioxyde d'azote dans une dissolution de leucine dans

LEUCINE. ?25

l'acide azotique, il se dégage de l'azote et l'on obtient un acide sirupeux, trcssoluble dans l'éther : acide leucique C^^H-*0^ homologue de l'acide lactique. Lp. même acide se produit lorsqu'on fait passer du chlore dans une solution de leucine dans la soude diluée.

Si le chlore est en excès, il se produit du chlorure de cyanogène et du cyanure de tétryle.

La leucine forme indifféremment des combinaisons avec les acides et avec les bases. C'est ainsi que l'on peut former directement :

Le chlorhydrate de leucine. . HCL^^H'^AzO^ cristaux très-solubles. Le nitrate — — . Azô^H,€^H'^ÀzO^ aiguilles incolores.

Les nitrates doubles de leucine et de chaux, de leucine et de magnésie.

Le sulfate de leucine qui cristallise lorsqu'on ajoute de l'alcool absolu à la solution de la leucine dans l'acide sulfurique étendu, et qu'on évapore à consistance de sirop. On connaît des combinaisons cristaUines de leucine et d'oxydes de cuivre, de mercure, de plomb, que l'on forme directement en chauffant les oxydes fraîchement précipités dans une solution aqueuse de leucine et en concentrant.

Parmi les solutions métalliques le sous-acétate de plomb est le seul qui précipite la leucine.

La leucine est facilement soluHe dans les alcalis et l'ammoniaque, ainsi que dans les acides étendus. Les acides sulfurique et chlorhydrique concentrés la dissolvent sans altération.

Préparation. Le procédé synthétique de Limpricht fournit le plus facilement la leucine pure. On fait bouillir, à cet effet, un mélange d'aldéhyde valérique, d'acide prussique et d'acide chlorhydrique dans une cornue, jusqu'à ce que la couche huileuse ait disparu. On évapore à sec. Le résidu est bouilli avec de l'eau et de l'hydrate de plomb, on fdtre et on précipite le plomb par l'hydrogène sulfuré, on évapore et on reprend par l'alcool faible bouillant qui laisse déposer le produit sous forme de paillettes.

On peut aussi faire bouUhr pendant vingt-quatre heures 2 parties de copeaux de corne avec 5 parties d'acide sulfurique étendu de 13 parties d'eau, en renouvelant l'eau évaporée. On filtre, on neutralise par la craie. Le liquide filtré est concentré à moitié, l'excès de cJiaux est précipité par l'acide oxahque et le hquide filtré est concentré jusqu'à cristalhsation.

Veut-on extraire la leucme des organes animaux où elle se trouve normalement ou pathologiquement : on épuise avec de l'eau froide l'orgaiie haché, en laissant égoutteret en exprimant. Le fiquide acidulé légèrement par l'acide acétique est coagulé par la chaleur, pour éhminer l'albumine; on précipite par l'acélate de plomb, on filtre et on enlève l'excès de plomb par l'hydrogène sulfuré; on évapore à sec et l'on épuise par l'alcool bouillant, on filtre^et on évapoi^e à consistance sirupeuse. Dans le cas de la présence de la leucine, on verra se former au bout de quelques jours des cristaux, ayant la forme de boules ou de rognons, plus rare^ ment de feuihets nacrés. Les premiers cristaux déposés sont redissous dans l'ammoniaque faible. Le Uquide est précipité par l'acétate de plomb. Le dépôt lavé avec peu d'eau est décomposé par Ihydrogène sulfuré et la solution fdtrée est concentrée au bain-niarie. Cette marche pourra être suivie comme moyen d'analyse et de recherche de la leucine dans un organe.

Les réactions suivantes appliquées aux cristaux obtenus par le procédé précédent permettent de mieux caractériser la leucine. 1"> Ghaufiée sur une lame de

224 ' LEUCOCYTE.

platine avec de l'acide nitrique, elle laisse un résidu incolore qui prend une teinte jaune ou jaune brun, lorsqu'on ajoute quelques gouttes de soude; ce résidu chauffé avec de la soude se réunit sous forme d'un globule huileux non adhérent. 2" Chauffée dans un tube d'essai, elle fond et donne à la distillation un liquide huileux et une odeur d'anijlamine. 5" Laleucine impure dissoute à chaud dans l'acétate de plomb, fournit après relroidissement et addition d'ammoniaque des feuillets cristallins nacrés de la combinaison plombique.

Etat naturel. Nous avons déjà vu que la leucine se rencontre normalement dans l'organisme.

Liebig l'a rencontrée dans le l'oie de bœuf et Gorup dans le foie de veau. D'après Stsedeler et Frerichs, on ne l'observe qu'à 1 état pathologique dans le foie humain, particulièrement dans l'atrophie jaune, le typhus, le tubercule, le rhumatisme aigu et la variole.

Scherer a démontré sa présence dans la rate, surtout pendant certaines affections, la Icuchémie entre autres. Le pus, le cerveau pendant l'atrophie du foie ; l'urine dans les cas de typhus, d'atrophie jaune du foie; le sang des leuchémiques est riche en leucine.

D'après les recherches de Neukomra, la leucine ne doit pas être considérée comme un principe spécial à tel ou tel organe; elle n'apparaît que là où l'on observe une régénération abondante et une fusion rapide des parties élémentaires et particulièrement des cellules. P. Schutzekcerger.

LEUCOCÏTE. Nom donné à une espèce d'éléments anatomiques ayant forme de cellule, dont les individus de la variété la plus répandue se distmguent par leur figure sphérique, la production à l'état frais d'expansions sarcodiques qui les déforment, mais surtout par les actions coagulantes et dissolvantes spéciales de l'eau, de l'acide acétique, etc., qui les pâlissent et y font apparaître généralement de 1 à 4 petits amas en forme de noyaux, lorsque leur état fiuemeut granuleux n'a pas été remplacé par le dépôt de granulations graisseuses dont ils sont souvent le siège (pi. 1, Il et II!); les moins nombreux de ces éléments, beaucoup plus petits {globulins), prennent à l'état cadavérique ou au contact de l'eau, etc., l'aspect d'un noyau sphérique, sans nucléole, légèrement recourbé et contracté par l'acide acétique, et entouré d'un corps ou masse de cellules à peine plus gros que le noyau.

Les leucocytes, ainsi nommés en raison de leur état incolore, ainsi que de la teinte d'un blanc grisâtre ou jaunâtre qu'ils donnent aux tumeurs qui en contiemient beaucoup (de lvr/.6v, hhnc; -/.v-oç, masse, corps, cellule), ont été appelés : Covpusculi rotmidi pUiiUce. (Gorn. Ad. Christ., De pituita dissertatio inauguralls. Leipzig, 1718, in-i", p. 8.) Globules du pus, globules blancs du pus, (Senac, Traité du cœur, 1749, t. II, p. 659.) Globules arrondis plus petits que les globules rouges du sang des poissons. (Muys, Musculorum artifxciosa fabrica, observationihus et iconibus illastrata. Lugduni Batavoruni, in-S", 1 751 , p. 500, en note.) Globules de la lymphe. (Hewson, Opéra omnia, 1771-1795, IIP part., p. 81.) Globules ronds du sang. (Spallanzani, Dei fenomeni délia circolazione osservata nel giro iiniversale deivasi; etc. Bisser lazioni quattro. Modena, 1777, in-8". Beaucoup de catalogues disent à tort 1775. Trad. franc, par Tourdes. Paris, an Vill (1800), in-8^ p. 175 et 287.) Corps globuleux et globules blancs du pus. (Hunter, Leçons sur les principes de la chirurgie, 1786-1787. Œuvres. Trad. franc. Palis, 1815, 1. 1, p. 471 , et Traite du sang, de l'inflammation, etc., 1 791, 2- par-

LEUCOCVTTE. 225

lie, ch. V : Do Pus. Trad. franc., ibicL, t. III, p. 500.) Vésicules du sang plus grosses que les globules rouges qui naissent dans leur intérieur. (Gruithuisen, Beitràcje zur Phijsiognosle iind Eaiitogiiosie . Miinchen, 1812, in-8% § 89 , p. 162.) Granules ou cor])Uscuhs de ]a.]\mçhe. (h M\\\ler, Hcmdbuchder Physiologie. Koblentz, i85o, in-8°, p. 149, et Archiv fiir Anatomie und Physioloçjie. Berlin, in-8", 1855, p. 214.) Granules ou globales du cbyle. (R. Wagner, Neue ivissenschaftiiche Annalen, 1854, t. XXVIII, p. 155.) Globules de pus. (Donné, Recherches physiologiques et chimico-microscopiques sur les globules du sang, du pus, du mucus, et sur ceux des humeurs de l'œil. Paris, ïbèse, 1 851 , in-4'', p. 12, 15 et 16.) Globules de mucus. (Donné, ibid.) Globules de chyle dans le sang. (Mandl, Sur les globules du sc(/i^,injoui'nal Vlnstitut. Paris, 1857, 111-4", p. 52.) Globules fibrineux du sang, du pus, du mucus, de la salive, de l'urine. (Mandl, Mémoire sur le pus, les mucus et les différents produits des épanchements , in Gaz. médicale. Paris, 1857, in-4'', p. 654.) Globules blancs du sang. Globulins du sang venant de la lympbe et du cbyle. (Donné, Sur la constitution microscopique du sang, in Comptes rendus des séances de l'Acad . des sciences de Paris, 1858, in^", t. VI, p. 17.) Globules muqueux. (Mandl, Mémoire sur les rapports qui existent entre le sang, le mucus et F épidémie, in Gazette médicale. Paris, 1840, in-4", p. 417.) Cellules de la lympbe. (Scliwanii, Untersuchungen, 1858, in-8", p. 75-77.) Cellules du pus et du mucus. (Scb\Yann, ibid , p. 77-78.) Globules d'inflammation ou d'exsudation. (Gluge, Mikroskopische anatomische Untersuchungen zur allgemeinen und speciellen Pathologie. Miuden, 1858, in-8°, Heft., t. I, p. 12-15.) Corpuscula granulosa seu granulata, corpuscules granuleux ou corpuscules d'agrégation, corpuscules de pus très-granuleux. (Gerber, Allgemeine Anatomie 1840, p. 9.) Cellules granuleuses ou granulées. (Vogel, article Esstzvnbvng {Eandworterhuch der Physiologie, von R. Wagner. Braunscbweig, 1842, p. 548.) Globules granuleux de l'exsudation ou de l'inflammation. (Lebert, Physiologie pathologique. Paris, 1845, iii-S", t. I, p. 29.) Globules pyoïdes. (Lebert, ibid. Paris, 1845, t. J, p. 46.) Corpuscules incolores du sang. (Henle, Traité d'anatomie générale. Paris, traduit par Jourdan, 1845, in-8», t. I, p. 476-477.) Globules lympatbiques. (Mandl, Manuel d'anatomie générale. Paris, 1845, in-8^ p. 252, pi. II, fig. 18, h.) Vésicules incolores du sang. (Boecker, Veber die verschiedenen Arten und die Bedeutimq der geuielkten Blutkôrperchen, in Archiv fur physiologische Heilkunde. 1851, p. 165.) Corpuscules cytoïdes. (Henle, Handbuch der rationellen Pathologie. Braunscbweig, 1850, in-8. Zweiter Band, p. 685, tab. 1.) Cellules à noyau, cellules élémentaires et cellules primaires claires et granuleuses. (Henle, ibid., p. 694, tab. 2, lig. 25, et p. 695, 696, tig. 27.) Conglomérats ou amas granuleux. (Henle, ibid., p. 698.) Cellules incolores du sang. (Lebmann, Einige vergleichende Analysen des Blutes der Pfortader und der Lebervenen, in Berichte liber die Verhandlungen der K. Sàchsischen Akademie der Wissenschaften, 1850, t. III, p. 151.) Pyocytes. (Ch. Robin, Mémoire sur l épithélioma du rein et sur les minces filaments granuleux des tubes urinipares expulsés avec les urines. Paris, 1855, iu-S", p. 22, et Gazette des hôpitaux de Paris, 1855, infolio, p. 186-194 et 202 ; et Robin et Desmarres, Remarques sur les affections des milieux non-vasculaires de l'œil, in Comptes rendus etMém. de la Soc. de biologie. Paris, 1855, in-S", p. 32.) Leucocytes. (Littré et Robin, Dict. de médecine dit de Nysten, 10'' édition. Paris, 1865, in-8°, p. 734.)

De la distribution des leucocytes dans l'économie. Cette espèce d'éli'mont^

DlCT. £»C. '2' S, 11. \o

226 LEUCOCYTE.

anatomiques est une de celles qu'on trouve dans le plus grand nombre des parties du corps. Son étude est des plus complexes et des plus curieuses en raison du nombre de la facilité avec laquelle ces cellules naissent dans l'organisme et y présentent des modifications de structure selon les nombreuses conditions dans lesquelles elles sont habituellement placées.

Les leucocytes offrent eu effet cette particularité, qu'ils ne montrent jamais d'arrangement réciproque déterminé et constant, parce que c'est dans les humeurs de l'économie qu'ils siègent ordinairement; et lorsqu'ils se rencontrent dans l'épaisseur d'un tissu, c'est accidentellement et interposés sans ordre aux éléments fondamentaux de ce dernier.

On trouve à l'état normal ces cellules dans toutes les parties où existent les globules rouges du sang, ainsi que dans la lymphe. Dans les capillaires, dans ceux de deuxième et de troisième ordre surtout, ainsi que dans les petites artères et petites veines, elles sont appliquées contre la face interne du conduit, plutôt qu'en suspension dans le sérum du sang. Cette disposition s'observe, soit pendant la vie, soit pendant la mort de l'animal, tant que le plasma sanguin n'a pas transsudé hors des vaisseaux. Ce n'est que par moment qu'on voit les globules blancs flotter dans le sérum avec les hématies.

Dans le sang coagulé après la mort soit dans une artère liée, soit dans un épanchement apoplectique ou autre, soit dans le caillot de la saignée, les leucocytes se rencontrent surtout vers la jonction de la portion de fibrine qui est incolore avec la masse de celle qui est colorée par interposition des globules rouges. Dans les caillots polypiformes du cœur, dans ceux des veines et des artères, lorsque du liquide rougeàtre ou blanc crémeux, puriforme, se trouve au centre du caillot, presque toujours on y observe une quantité plus ou moins grande de leucocytes. {Voy. Robin et Verdeil, Chimie anatomique , Paris 1853, t. III, p. 263. )

Dans les veines spléniques, sus-hépatique, porte, rénale, et quelquefois dans les veines pulmonaires, les globules blancs se rencontrent assez souvent au nombre de 1 à 8 ou 10, dans des amas de matière amorphe finement granuleuse. Ce fait a lieu sur l'embryon comme chez l'adulte, et ces amas sont peut-être plus nombreux encore dans le premier que chez le second.

Dans les vaisseaux lymphatiques du cou, du testicule et du pli de l'aine, etc., de l'homme et des animaux, les leucocytes sont très-souvent réunis en amas assez considérables pour être aperçus à l'œil nu, lors de l'écoulement du liquide, sous forme de très-petits grumeaux. Ce fait s'observe particulièrement lorsque, après avoir pratiqué deux ligatures sur des vaisseaux pleins de lymphe dans un faisceau de ces conduits, afin de les enlever du cadavre encore chaud, on fait écouler celte humeur après son refroidissement. On les trouve aussi bien dans les réseaux d'origine des lymphatiques avant les ganglions qu'au delà de ces glandes.

C'est dans ces diverses conditions que ces éléments ont reçu les noms de glohules de la lymphe, du chyle, et de globules blancs du sang.

Ces éléments se rencontrent en outre dans toutes les autres humeurs de l'économie, soit normales, soit accidentelles, dans lesquelles on les a pris longtemps pour des espèces différentes des précédents sous les noms de glohides du mucus, du pus, du colostrum, etc.

On peut en eifet les observer dans le hquide des vésicules séminales, dans le hquide prostatique, dans le sperme éjaculé, dans le premier lait sécrété ou colostrum, dans le lait de la mamelle enflammée ou abcédée.

On les Irouve encore dans les liquides allantoïdiens et amniotiques, daiisl'/m-

LEUCOCYTE. 2'27

meur vitrée ou hyaloïde, au moins pendant la vie intra-utérine et dans les premiers mois qui suivent la naissance (pi. III, fig 9); dans le liquide encéphalo-rachidien, la synovie et toutes les autres sérosités ; là ils sont fort peu nombreux à l'état normal, mais ils s'y multiplient facilement lorsque survient quelque intlammation des membranes correspondantes.

Les divers mucus produits dans des conditions tout à fait normales, n'en renferment qu'un très-petit nombre ; mais le plus léger trouble de la circulation des muqueuses suffit pour déterminer à leur surface la production des leucocytes. Aussi les voit-on dans les mucus, y compris celui de la vessie, dans des conditions sinon tout à fait normales, au moins devenues habituelles chez un grand nombre de personnes.

Enfin ils constituent l'élément principal en suspension dans le sérum du pus et dans la sérosité des vésicatoires.

C'est aux leucocytes réunis en quantité plus ou moins considérable que le pus doit sa couleur plus ou moins jaunidre et en partie sa consistance plus ou moins crémeuse. C'est à leur production dans le mucus, remplissant lui-même alors le rôle de sérum, que ces produits des muqueuses enflammées doi\ent la teinte jaunâtre, semblable à celle du pus, qu'ils prennent alors, tout en conservant leur nature spéciale, ainsi que la consistance et la viscosité muqueuses qu'ils avaient lorsqu'ils ne tenaient en suspension que quelques cellules épithéliales ou un trop petit nombre de leucocytes pour que leur transparence normale fût troublée.

Il n'est pas très-rare de trouver encore des leucocytes au sein de parties solides . de réconomie, dans la trame de certains tissus, mais dans des conditions accidentelles surtout. C'est ainsi, par exemple, que le tissu morbide qui forme le tubercule anatomiqueen renferme une assez grande quantité éparse dans sa trame; les tumeurs de la cornée offrent également la même particularité. Diverses variétés de tumeurs d'aspect colloïde ou gélatiniforme du sein et d'autres régions en présentent encore des exemples, ainsi que les épithéliomas de la verge, de la plupart des muqueuses et quelquefois de la peau, qui montrent çà et là des leucocytes interposés aux cellules épithéliales. Enfin dans les excavations ou vacuoles dont se creusent les cellules épithéliales de ces mêmes tumeurs, on trouve des leucocytes offrant là les caractères de forme, de réactions, de structure, qui leur sont habituels (pi. I, fig 9).

De la quantité des leucocytes dans les diverses humeurs. Dans le sang, le nombre des leucocytes est beaucoup moindre que celui des hématies. D'une manière générale on peut dire qu'il y a environ 1 globule blanc pour 300 globules rouges.

Mais pour apprécier un peu plus exactement ce rapport numérique, il importe de se rappeler que sur le vivant une partie des leucocytes adhèrent, bien que faiblement, à la face interne des parois des capillaires, et qu'une partie seulement d'entre eux se trouvent en suspension dans le plasma. Il faut se souvenir également que ces globules mêlés aux hématies et entraînés avec elles par le plasma ont été adhérents aux parois des capillaires et se sont détachés plus ou moins facilement selon les régions et l'espèce de vaisseau rompu.

En outre, le nombre des leucocytes adhérents aux parois des capillaires diffère beaucoup d'une région du corps à l'autre. Ainsi, par exemple, ces éléments sont bien plus nombreux dans les capillaires de la rate, du foie, de la muqueuse intestinale, du poumon, du rein, de la pie-mère cérébrale et de la plupart des

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