LK VERNET (eau.v minérales de
source venant d'un réservoir séparé seulement par le mur du pavillon. Ces deux baignoires sont alimentées en outre par l'eau de la source Saint-Sauveur, apportée par des tuyaux souterrains et versée par un robinet placé au-dessus du bord supérieur des baignoires.
5" Mère-source. Son point d'émergence est à 25 mètres plus bas. que le bâtiment de la source Élysa , dans une pièce de terre inculte, et son griffon principal se trouve au fond d'une galerie souterraine recouverte de pierres. Elle est captée sous une cloche de béton, mais plusieurs de ses filets coulent en liberté et permettent d'apprécier qu'elle ne diffère en rien des autres sources, si ce n'esl pas son goût fade, son odeur très-sulfureuse, sa réaction neutre et sa température élevée qui est de S?'', 8 centigrade, l'air de la galerie étant à 51" centigrade. Les illets non captés de la Mère-source suffisent pour former un petit ruisseau dont les eaux ne sont pas utibsées. On constate dans ce ruisseau la présence de filaments de barégine et de sulfuraire plus nombreux et plus longs que tous ceux observés aux sources sulfurées. Plusieurs sont flottants et creux, et mesurent plus de 1 mètre de longueur et près de l centimètre de diamètre. Cette eau est employée en boisson, en bains, en douches et en inhalations. 1,000 grammes de l'eau de la Mère-source ont donné, en 1851", à M. Fontan :
Sulfure de sodium 0,02259
Le bâtiment dans lequel se trouvent la buvette, les bains, les douches et la salle d'inhalation de la Mère-souvce est à 6 mètres seulement de la rivière qui coule du Verncti à Conflans, et à 70 mètres de la galerie de la soui'ce. L'eau s'y rend par des conduits souterrains de pierre contenant des tuyaux de terre vernissée qui la versent dans nn réservoir fermé, situé dans le jardin, derrière la maison; ils occupent toute sa longueur. L'étaUissementest composé de quatre cabinets de bains, de deux cabinets de douches et d'un vaporarium ; un des cabinets de bains renferme deux baignoires. Tous sont éclairés et ventilés par une fenêtre donnant sur le jardin. Les baignoires de marbre sont trop étroites et encaissées dans le sol de manière à former une saillie de 45 centimètres au-dessus du dallage des cabinets. Au fond du cabinet double, se trouvent deux baignoires séparées par des carreaux de faïence. L'eau de la Mère-source arrive au robinet de ces baignoires à la température de 41" centigrade , celle du cabinet étant de 25°, 6 centigrade. De l'eau refroidie y vient à 54°, 5 centigrade. Les salles de bains occupent le rez-dechaussée, tandis que les cabinets de douches et le vaporarium se trouvent dans le sous-sol. Les deux cabinets de douches, voûtés, sont disposés de façon à ce qu'on peut y prendre les douches dans une baignoire au-dessus de laquelle sont fixées à 2"', 25 de hauteur des tuyaux à robinet. Par l'un s'administre la douche descendante, l'autre conduit l'eau minérale à une ouverture pratiquée dans l'aire du cabinet, sur laquelle on s'assied pour recevoir les douches ascendantes. La température des salles de douches étant de 25°, 4 centigrade, l'eau arrive aux robinets des appareils à 47", 5 centigrade. Le vaporarium occupe une petite salle circulaire bâtie sur le réservoir qui se trouve à côlé des grandes douches. Celte salle est trop chaude, quoiqu'elle soit presque toujours ouverte ; la pièce qui la précède sert de cabinet de respiration. L'installation et l'organisation de l'établissement de la Mère-source sont peu confortables et suffisent à peine à leur destination. Toutes les salles sont humides et beaucoup trop sombres ; aussi cette division n'est-elle guère fréquentée que par les paysans.
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6° et 7" Les eaux des sources de la Comtesse et Aglaé ne sont pas employées.
Étabi.isseîiekt Mercader. 8° Source Ursule. Le griffon de cette source est au fond d'une ççaleric pratiquée dans le déblai d'un pavillon composé de quatre salles de grandes douches, d'une salle de douches ascendantes et d'une salle d'inhalation gazeuse. Ce pavillon reçoit les eaux de la source Ursule, la plus éloignée de l'établissement Mercader, elle alimente aussi les deux buvettes, les appareils de douches et les tuyaux qui parcourent ti^ois des côtés du plancher de chaque pièce de cette maison de bains. C'est elle encore qui, en été, se rend au vaporarium et à la salle de respiration. L'eau de cette source est claire et hmpide, d'une saveur et d'une odeur hépatiques prononcées, d'une réaction alcaline et d'une température de 41", 8 centigrade, celle de la galerie étant de 28°, 5 centigrade. L'analyse chimique de l'eau de la source Ursule, faite par M. Ossian Henry, en 1852, a donné les résultats très-incomplets que voici :
Sulfure de sodium 1 r. A.gq
Carbonate de chaux j '
— magnésie
Sel de potasse
Sulfate de soude
Chlorure de sodium '
lodure alcalin ) 0,2371
Silicate de soude
— alumine
Indices de fer
Matière organique (glairinc)
Total des maiiG:res fixes 0,2503
9° Source du Torrent ou de la Providence. La source du Torrent a son point d'émergence à 3 mètres du griffon de la source Ursule et dans la même galerie. Ses caractères physiques et chimiques sont les mêmes que ceux de la source Ursule. Sa température est de 59 ',2 centigrade. Elle alimente d'eau chaude dix cabinets de bains de l'établisseiTient Mercader, et elle envoie son eau pendant l'hiver au vaporarium et à la salle d'iniialation. « Toutes les sources de l'établissement Mercader ayant une composition presque identique, dit M. Buran, ingénieur chimiste, je me contente de donner l'analyse que j'ai faite, en 1855, de 1,000 grammes d'eau de la source du Torrent ou de la Providence.
Sulfure de sodium 0,0420
Sullite do sodium 0,0050
ïulfate de sodium 0,0225
— magnésium 0,0035
— calcium 0,0010
Silicate de sodium 0,0628
Carbonate de sodium 0,0910
— potassium 0,0100
— magnésium 0,0020
— calcium 0,0013
Chlorure de sodium 0,0160
Alumine 0,0010
Glairine '. 0,0130
lodure de potassium 0,0001
Total des MAiiÈriEs fixes ... 0,2754
« Plus, des traces de fer, de brome dont on ne pourrait déterminer les proportions qu'en réitérant les expériences et en opérant sur de plus fortes proportions que celles que j'ai eues à ma disposition. »
10" Source de Caslell. Elle se trouve à 50 mètres de l'établissement Mercader, sur un des côtés du chemin conduisant au village de Castell Cette
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source qui cmcrge au fond d'une galerie a les mêmes propriétés pîrysiqucs ot chimiques que les autres. Sa réaction est neutre, et sa température est de 35°, 5 ccutiffrade, celle de la galerie étant de 24° centiiirade. Elle lournit d'eau relroidic les dix cabinets alimentés d'eau chaude par la source Ursule. Son eau n'a pas été analysée.
11° Source de la Buvette dite encore Source de la Santé. Son eau est utilisée en boisson seulement, c'est un filet de la source de la Providence ou du Torrent; elle n'a par conséquent qu'une importance très-secondaire.
L'établissement des bains Mercader se compose de deux buvettes, de quatorze cabinets de bains, d'un vaporarium et d'une salle de respiration. L'une des buvettes se trouve dans la galerie du rez-de-chaussée, contenant quatre salles de bains alimentées par la source Ursule : c'est la buvette de la Bienfaisante Adélaïde. Elle consiste dans une table de marbre à laquelle est fixé un petit robinet de cuivre, sous lequel est une soucoupe, communiquant avec le tidje de zinc qui emporte l'eau de la source Ursule au fond de la galerie. L'autre buvette est au premier étage, elle est alimentée par rui filet dépendant de la source du Torrent ou de la Providence : elle est connue sous le nom de Buvette de la Santé, et son installation est à peu près la même que celle de la buvette Adélaïde. Son eau tient en suspension une grande quantité de flocons de barégine. Les quatorze ■ salles de bains du rez-de-chaussée reçoivent leur eau de la source Ursule, et les dix autres, au premier élage, de la source de la Providence comme eau chaude et de la source de Castell comme eau froide. Les cabinets auxquels la source Ursule fournit son eau sont réservés pour ceux dont le traitement exige des bains à une température élevée. A gauche, ils s'ouvrent sur la galerie de droite de l'établissement, et ne sont éclairés que par une porte vitrée, avec imposte. Leurs baignoires de marbre ont deux robinets : l'un à clef, donnant l'eau à la température de la source Ursule, est placé au milieu de la paroi latérale de la baignoire; l'autre, fixé au-dessus de son bord supérieur, verse l'eau de la même source refroidie. D.U1X de ces cabinets sont munis d'appareils de douches descendantes, et un d'un appareil de douche ascendante. Des dix autres cabinets , neuf n'ont qu'une seule baignoire, un seul en a deux ; aucun n'a d'appareils de douches. L'eau de la source de la Providence y arrive à ,^6°,5 centigrade. Le charbon seul est employé pour le chauffage du linge aux deux établissements du Vernet.
Le vaporarium est dans la galerie de la buvette et des salles de bains alimenté'js par l'eau de la source Ursule. Il est précédé d'une pièce qui sert à la fois de vestiaire et de salle de surveillance. La température du vaporarium est de 57° centigrade. La salle de respiration et de humage, située au premier étage, est suivie d'une galerie vitrée exposée au midi, dans laquelle le soleil brille pendant toute la journée et d'où les malades découvrent les campagnes et les rochers des environs. C'est dans cette pièce qu'est étabU le réservoir alimentant d'eau les douches des cabinets du rez-de-chaussée, de vapeur et de gaz la salle de respiration et de humage. On a établi au centre de la salle de respiration un appareil de zinc, aux côtés duquel ont été pratiquées deux ouvertures où les malades viennent appliquer leur bouche. Une odeur à peine prononcée qui semble différer très-peu de celle de la vapeur d'eau ordinaire est perçue en entrant dans la salle. Cela tient assurément à la construction vicieuse du réservoir; il serait très-facile avec des appareils semblablps à ceux de Pierrefo.nds , de Saint- HoNORÉ et d'Ur.iAGE {voy. ces mois) d'obtenir un développement de vapeurs et gaz beaucoup plus considérable.
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Les deux établissements rivaux des Commandants et de Mercader sont assez convenablement installés et répondent à toutes les exigences d'une cure d'iiiver parles eaux sulfurées. Les malades peuvent boire, prendre leurs bains, leurs douclics d'eau, leurs bains de vapeur dans les vaporariums du Vernet, et leurs séances d'inbalation, sans sortir des établissements dont toutes les pièces principales sont chaul'fées par l'eau thermale des sources. Il n'y a de luxe ni dans l'un ni dans l'autre, mais l'établissement des Commandants est le plus complet. 11 est ordinairement préféré parles personnes appartenant aux classes élevées de la société. L'établissement Mercader convient mieux, à cause de ';es prix i-elativcment modiques, aux baigneurs simples ou forcés de limiter leurs dépenses. L'établissement Mercader n'est certes pas brillant ; l'on ne s'y préoccupe que de la santé des malades.
Mode d'administration et doses. Les eaux du Vernet doivent être prescrites avec une grande prudence, comme toutes les eaux sulfurées et sulfureuses, du reste, et n'être permises qu'à très-faibles doses d'abord, une cuillerée ou un quart de verre, et très-rarement en quantité plus considérable que trois verres. Elles se donnent seules, coupées de kit ou d'une infusion de Heurs de tilleul édulcorée avec le sirop de gomme et plus souvent avec le sirop d'érysimum des montagnes du Vernet. Le médecin qui dirige la cure les prescrit le plus souvent le matin à jeun, de quart d'beure en quart d'heure, et quelquefois aussi le soir avant de se mettre au lit. Il arrive, par exception, qu'elles se prennent aux repas, coupées avec du vin ou mêlées à l'eau ordinaire, il arrive même que certains malades en font usage à l'exclusion de toute autre boisson. Toutes les sources du Vernet peuvent s'employer à l'intérieur : les eaux utilisées ainsi le plus souvent, à rétablissement des Commandants, sont celles de la source Élysa et celles de la source Saint-Sauveur ou des Anciens-Thermes; et, à l'établissement Mercader, celles de la buvette de la Sauté, venant, on se le rappelle, de la source du Torrent ou de la Providence, et celles de la buvette de la Bienfaisante Adélaïde alimentée par la source Ursule. Les eaux de la buvette Élysa à l'établissement des Commandants, celles de la buvette de la Santé ou de la Providence à l'établissement Mercader, ont des propriétés moins énergiques, mais aussi elles sont moins excitautes. L'eau des deux autres buvettes, moins facilement tolérée par l'estomac, stimule plus vivement l'organisme tout entier. Les deux premières buvettes semblent donner les résultats obtenus aux Eaux-Bonnes, les deux dernières ceux de certaines sources de Bagnères-de-Luchon et de Cauterets.
Emploi thérapeutique. Les quatre sources Élysa, des Anciens-Thermes, de la Providence et Ursule donnent une idée complète de l'action pbysiologique et curative de toutes les autres sources du Vernet. Nous allons nous en occuper exclusivement.
A petites doses et dès les premiers jours les eaux du Vernet ont un effet tonique marqué sur presque toutes les constitutions. Elles augmentent la transpiration, les urines deviennent plus abondantes, l'appétit plus vif, les digestions plus faciles et plus promptes. En quantité plus considérable, le pouls et la cbaleur de la peau s'accroissent. Les sécrétions cutanées et des membranes muqueuses contiennent, la chimie le constate aisément, de l'acide sulfhydrique que l'odorat fait mèmercconiiaitre, lorsque ces eaux ont été administrées à doses un peu élevées. 11 survient de la céphalalgie, des bourdonnements et des tintements d'oreilles, des éblouissements, des vertiges, de la sécheresse de la bouche, de l'anorexie, de la soif, etc. , etc., de la saturation minérale enfin. Assez fréquem-