‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.54Chapitre 45 sur 86 · DICT. E«C. 2' S. II · texte numérisé non relu

DICT. E«C. 2' S. II

418 1. IJ V I' r, > |] T ( i; m; X m i n é n a L e s de).

meut encore le phénomène de la poussée {voy. ce mot) se caractérise par des furoncles, du pcmphigus, de rérylliènic, du licjicn, etc., accidents qui font immédiatement suspendre la cure, nécessitent un traitement rafraîchissant, contraignent à garder la chambre et môme le lil , les malades qui doivent se tenir chanderaeiit et favoriser autant que possible l'éruption regardée au Vernet comme l'indice à peu près certain d'une médication hydrosulfuréc commencée sous les meilleurs auspices. Les eaux du Vernet en bains, en douches d'eau, ont une action complexe, c'est-à-dire, qu'elles doivent leurs effets à leur température plus ou moins élevée, à la proportion de leurs éléments minéralisateurs, et surtout à la quantité du sulfure de sodium qu'elles renferment. C'est l'existence de ce composé chimique qui rend plus ou moins actives, plus ou moins stimulantes les eaux sulfurées; leur gl.iirine ou barégine est le correctif de ce principe hépatique, et les eaux de cette classe sont d'autant moins stimulantes qu'elles en contiennent davantage. Quoi qu'il en soit, le contact de l'eau du Vernet fait éprouver à la peau une sensation d'onctuosité qui n'échappe à personne : des bulles de gaz ne tardent pas à venir se fixer en forme de perles distinctes sur les divers points de la périphérie du corps, mais elles s'en détachent au moindre mouvement. Les phénomènes d'excitation se produisent surtout à la suite des bains très-chauds et des douches préparées avec les eaux hyperthermales. 11 est à remarquer que si l'eau en boisson donne quelquefois lieu à la saturation minérale et à la poussée, les bains et les douches, principalement lorsqu'ils sont administrés chauds et trèschauds, occasionnent surtout ces effets physiologiques exagérés. Si nous avons vu les accidents cutanés survenus après une cure d'eau en boisson, spécialement caractérisés par des furoncles, du pemphigus, du lichen, etc., ceux du traitement par l'usage extérieur des eaux de cette station se reconnaissent aux éruptions de la membrane externe, qui apparaissent sous forme de papules lorsque la manifestation est bénigne, et sous l'apparence de vésicules si elle est intense au contraire. Lorsque les bains et les douches sont à une très-haute température, les malades éprouvent une sensation de chaleur vive, raordicante, sur foutes les parties mouillées; un spasme, nn malaise général, accompagnés de dyspnée, d'une respiration anxieuse, accélérée. La bouche devient aride, la soif ardente, la face vultueuse, les yeux rouges et saillants ; la circulation est augmentée, à la tète surtout ; des vertiges surviennent ; une sueur profuse couvre le visage et toutes les parties du corps. Rarement le médecin doit chercher à faire naître ces phénomènes d'extrême stimulation , et lorsqu'ils sont nécessaires, il importe de surveiller les baigneurs et de s'opposer à ce que l'effet devienne funeste, comme cela est arrivé à des malades qui ont succombé dans un bain ou à la suite d'un bain d'eau du Vernet pris à une température trop élevée. Les bains et les douches se donnent ordinairement le matin cà jeun. La durée des bains varie suivant ridiosyncrasie et la force des malades, l'importance et la gravité des maladies, le degré de chaleur auquel ils sont administrés, l'action plus on moins stimulante de leurs eaux ; les bains tièdes sont, en général, de quarante-cinq minutes à une heure, les bains chauds de cinq à quinze minutes, et les bains très-chauds de trois à cinq minutes au plus. Les douches s'administrent de cinq à vingt minutes, suivant leur chaleur, leur volume et leur force de projection.

Certaines sources employées à l'intérieur ont une force que n'ont pas les autres elles stimulent plus ou moins activement le système nerveux. Il en est de même de leurs eaux administrées à l'extérieur : les unes produisent une surexcitation inconnue à certaines autres, et il n'est pas indifférent, par exemple, de prescrire

LE VERNET (eaux minérales de). 419

(les bains avec l'eau de la source Élysa ou de la source Saint-Sauveur à l'établissement des Commandants, et avec l'eau de la source de la Providence ou de la source Ursule à l'établissement Mercader, quand même ces bains' ont une température identique. Est-ce parce que les sources Élysa et de la Providence contiennent davantage de barégine que les sources des Anciens-Thermes et Ursule? Cela est probable, mais n'est pas certain. Les phénomènes physiologiques principaux produits par les vaporariuras du Vernet sont : une lourdeur de tête, une grande chaleur de la peau bientôt suivie d'une sueur abondante, une gêne prononcée de la respiration, une augmentation considérable de la circulation sanguine, une sécrétion plus abondante et plus facile de la membrane muqueuse tapissant les voies aériennes, et une congestion du tissu pulmonaire « pouvant aller jusqu'à l'hémoptysie, la fonte de tubercules existants et la formation de nouveaux tubercules chez les phthisiques. » (H. Silhol, Notice sur les eaux du Vernet, p. 54, Montpellier, 1852.) Dans les salles de respiration, la température ne s'élève plus comme dans les vaporariums, à 36° centigrade, mais seulement à 16" centigrade et au plus à 18° centigrade. Le malade peut y respirer longuement les vapeurs et les gaz sans que le pouls augmente de force et de fréquence, sans que la transpiration s'établisse ; il y éprouve seulement une légère moil'icur, ses sécrétions laryngiennes et bronchiques se font plus abondamment et plus facilement, et il s'oi)ère pour ainsi dire, par les vapeurs et le gaz acide sulfhydrique, une sorte de sédation, d'action stupéfiante même des organes de la respiration et de l'hématose. Enfin, l'action physiologico-pathologique des eaux du Vernet en gargarismes consiste dans la guérison des inflammations granuleuses, souvent d'origine herpétique, de la membrane muqueuse de i'arrière-bouchc et du pharynx. C'est l'eau des sources fortes d'Ursule et des Anciens-Thermes qui s'emploient d'habitude alors. L'action physiologique des eaux du Yernet indique leurs vertus dans les affections des membranes muqueuses des voies digestives, respiratoires et génitourinaires.

Aussi sont-elles employées avec un grand succès dans les affections de l'arrièregorge, de l'estomac et des intestins. Lorsqu'une dermatose existant depuis un certain temps disparaît tout à coup ou même peu à peu, et qu'il survient une amygdalite, une pharyngite granuleuses, une dyS'pepsie stomacale ou intestinale, il est infiniment probable que les voies digestives ont été consécutivement affectées, et que la maladie nouvelle est de semblable nature que l'affection ancienne, et qu'il faut appliquer le même traitement. Cette explication donne la clef du mode d'action de diverses classes d'eaux minérales dans des maladies qui ont les mêmes symptômes, mais qui sont loin d'avoir la môme cause. Ce sont les eaux en boisson, les bains généraux, les douches d'eau et les gargarismes qui conviennent alors.

Ce que nous venons de dire des maladies de la membrane muqueuse des organes digestifs peut s'appliquer presque littéralement à celle qui tapisse les organes respiratoires, et les eaux du Vernet en boisson, en bains, en douches, en gargarismes et en inhalations, sont utilement employées dans les laryngites et dans les bronchites chroniques, accompagnées de crachats abondants, épais et purulents, qui donnent souvent de graves inquiétudes sur la terminaison de ces maladies. On doit ajouter qu'il en est de même des catarrhes du larynx et des bronches, ou de l'asthme ayant apparu après la rétrocession d'une affection herpétique. Là ne se bornent pas les prétentions des sources des deux établissements du Vernet qui veulent, ainsi que la plupart des eaux sulfurées et sulfarcuscs et plus justement

AW LE VERJNET (eaux 5ll^ÉRALlis de).

que beaucoup d'entre elles, guérir sinon la j)hthisie pulmonaire, au moins les accidents qui compliquent le jdus souvent la seconde période de cette maladie. La composition cliimique, la thermalité, l'action physiologique des eaux du Vernet suffisent pour justifier les résultats annoncés à cette station. En se souvenant des détails donnés au commencement de cet article sur la topographie, la douceur du climat, etc., de ce yoini du Languedoc, on comprendra encore mieux l'importance de ce poste thermal, qui doit être d'autant mieux connu qu'il est une des rares stations minérales d'hiver où les malades peuvent aller passer la mauvaise saison, éviter les transitions brusques de température dans des appartements chauffés par la haute thermalité des sources sulfurées, et trouver une atmosphère toujours relativement chaude. Les eaux et le climat du Vernet ne guérissent-ils que les accidents de la deuxième période de la phthisic du poumon? N'arrctent-ils pas quelquefois l'évolution de tubercules au premier degré? N'ont-ils jamais cicatrisé de cavernes après avoir tari leur suppuration? Toutes ces questions sont assurément très-délicates, et M. le docteur Piglowski croit qu'il est parvenu à enrayer la marche de la phthisie au premier degré, alors que les commémoratifs et les signes physiques lui donnaient presque la certitude de ne pas commettre d'erreur. Mais ce praticien éclairé ne pense pas que la vertu des thermes sulfurés du Vernet soit efficace dans la phthisie pulmonaire arrivée à la troisième période, et il déplore l'habitude où sont les médecins éloignés d'envoyer des malades trop avancés pour que la guérison soit possible. On doit se garder de conseiller aux phthisiques, quel que soit le degré de leur affection, des bains entiers, des douches générales et le séjour dans un vaporariuni. Tous ces moyens, au lieu d'être utiles, leur sont très-nuisibles et les mènent promptement vers une issue funeste. 11 faut ne leur prescrire que des demi-bains, des douches sur le bas des jambes et sur les pieds, et enfin le séjour dans les salles de respiration, où ils doivent passer, tous les jours, un temps assez long, suivant les avis du médecin.

Dans les affections des membranes muqueuses des organes génito-uriuaires, les eaux du Vernet en boisson, en bains et en douches générales et locales réussissent très-bien, surtout lorsque les maladies des reins, de la vessie, de l'utérus ou du vagi a ont pour expression principale la sécrétion anormale du mucus et même du pus. L'effet heureux se produit, quelle que soit la cause de l'affection ; mais il n'est jamais aussi appréciable et aussi marqué que si les reins, les uretères, la vessie, la matrice et le vagin ont souffert d'affections herpétiques. L'action stimulante et tonique des eaux du Vernet explique encore leurs vertus dans la dysménorrhée et l'aménorrhée qui accompagnent ordinairement un état d'atonie générale. Les eaux eu boisson, en bains généraux, en douches sur les lombes et dans le vagin, sont les moyens qu'il convient d'opposer à de pareils états morbides.

Les maladies delà peau sont aussi très-utilement traitées par l'application des eaux du Vernet, qui agissent différemment, suivant les sources auxquelles les malades sont adressés. Les sources faibles conviennent mieux aux personnes qui présentent encore uu état subaigu de leur affection cutanée, et chez lesquelles il faut éviter de ramener la période inilanunatoire ; tandis que les sources fortes doivent être choisies, au contraire, pour ceux qui sont depuis longtemps travaillés par une dermatose indolente dont on ne peut obtenir la guérison qu'en réveillant la vitalité de la membrane tégumentaire, et en suractivaut sa circulation. Dans l'eczéma qui n'a pas revelu complètement la forme chronique, les

LE VEU>'1:T (eaux Mi.NÉfiALES de). 421

sources Élysa et de la Providence sont employées en boisson et en bains généraux Irais; tandis que dans le psoriasis les eaux de la source Ursule et des Anciens- Thermes doivent être prescrites en boisson, en bains chauds et même très-ehauds, et en vapeurs dans les salles dites vaporariunis. Ces deux exemples suffisent pour l'aire comprendre le parti que les médecins peuvent tirer de l'application des eaux sulfurées du Yeract, suivant leur plus ou moins grande quantité de barégine, leur plus ou moins grande sulfuration, leur plus ou moins grande thermahté, dans les affections de la peau. Nous ne pouvons passer sous silence, à cet égard, une remarque i'aitc en décrivant les sources. On se souvient que la Mère-source est celle qui contient la plus grande quantité de barégine et de suU'uraire. 11 est bien fâcheux que le refroidissement dépouille l'eau d'une partie de ces matières avant son arrivée à l'établissement thermal qu'elle aUmente, et qu'on n'ait pu élever sur son griffon même une maison de bains où les qualités natives de cette source eussent pu être conservées. S'il est vrai que l'action émoUiente d'une source hépatique soit en raison de la proportion de barégine et de sulhiraire qui y sont dissoutes, la Mère-source est assurément une des plus précieuses, et nous ne pouvons douter que le propriétaire de l'établissement des Commandants, auquel cette source appartient, ne fasse organiser une buvette convenable et quelques salles de bains sur le point même de l'émergence de la Mère-source. Les propriétés curatives des eaux du Vernet sur les alfections de l'enveloppe extérieure ne doivent point être mises en oubli par les médecins, qui savent combien ces maladies sont tenaces, rebelles aux traitements les plus rationnels et les plus énergiques. Les dermatoses chroniques surtout ont deux caractères essentiels, celui de disparaître avec mie difficulté extrême, et celui de revenir quelque temps après leur guérison ; de sorte qu'un malade, qui a suivi pendant de longs Uiois un traitement avec persévérance, et se croyant guéri à la fin de l'automne, par exemple, voit revenir son affection au déclin de l'hiver ou au commencement du printemps suivant. Les eaux du Yernet, prises en boisson, en bains, en douches, en bains de vapeur, pendant un temps qui doit toujours se prolonger après la guérison complète, ont donné des résultats satisfaisants, et les malades qui persévèrent longtemps après leur cure n'ont souvent point la rechute habituelle chez ceux qui s'en tiennent à la saison thermale, telle qu'elle est comprise dans toutes les stations n'ayant point d'établissement d'hiver. Lorsque les affections de la peau ont ime origine syphilitique, les eaux du Vernet conviennent encore, en ce sens qu'elles permettent aux malades de suivre plus facilement une médication hydrargyrique ou iodurée, qui agit comme spécifique ; les eaux s'opposent aux accidents du traitement, et produisent un effet favorable sur la manifestation cutanée, occasionnée par une affection devenue constitutionnelle. Comme toutes les eaux sulfurées et sulfureuses, les eaux du Vernet, prises pour une autre lin, ont souvent rappelé sur l'enveloppe extérieure des traces qui ont instruit sur la signification de douleurs ou d'accidents dont la cause était mal appréciée jusqu'alors, et ont éclairé sur le traitement véritable qui doit leur être opposé pour en triompher à peu près sûrement.

L'hyperthermalité, les effets physiologiques des eaux du Vernet expliquent parfaitement leur efficacité dans les rhumatismes chroniques, quels que soient leurs manifestations et leur siège, et il n'est pas besoin d'insister ici pour faire comprendre qu'il est certains rhumatisants chez lesquels les eaux sulfurées doivent être préférées à toutes les autres; nous spécifierons, en traitant des eaux minérales en général, quelles constitutions et quelles diathèses coexistant avec le

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rhumatisme chronique, précédées ou engendrées par lui, rentrent dans la sphère d'action des eaux hyperihermales sulfurées et sulfureuses. Que le rhumatisme se révèle par des douleurs articulaires, musculaires ou viscérales ; qu'il affecte la sensibilité ou la myotilité d'une plus ou moins grande portion du corps ; qu'il ait revêtu les formes névralgique, paralytique, atrophique, etc., les eaux du Vernet, apphquéescn bains et en douches d"eau très-chaude, en vapeurs, suffisent presque toujours pour débarrasser les malades auxquels les eaux hyperihermales sulfurées conviennent, et dans un temps en général assez court. L'avantage que présente aux rhumatisants la station du Vernet, c'est que, pour traiter leur maladie, les baigneurs ne sont pas forcés d'attendre la saison où les établissements s'ouvrent officiellement, le commencement de l'été. Cela est d'autant plus important à noter, que leurs douleurs sont toujours moins violentes pendant les chaleurs ; le climat du Vernet et la température élevée des appartements de ses deux étabhssements permettent aux rhumatisants d'être traités avec succès pendant l'hiver oir les accidents sont plus tranchés et plus rebelles à toutes les médications. Dans les douleurs, les névralgies, les paralysies et les atrophies rhumatismales, on fait grand usage au Vernet de frictions avec les brosses anglaises, après les bains, les douches, ou le séjour des malades dans le vaporarium. II serait à désirer qu'un masseur habile fût attaché à cette station thermale et put exercer sous la douche dans les affections dont il nous reste à parler. Les eaux du Vernet, prises en bains et en douches, conviennent, comme toutes les eaux hyperthermales sulfurées et sulfureuses, dans tous les états pathologiques où il est utile d'exciter énergiquement, et d'une manière locale, les fonctions de la peau des parties affectées, comme dans la gêne des mouvements consécutive à de grands traumatismes, dans les suites de blessures par armes de guerre, de luxations ou de fractures, etc. ; dans les rétractions musculaires, dans les engorgements des articulations des sujets scrofuieux surtout. Elles sont prescrites avec avantage, enfin, et sous la même forme, dans les plaies fistuleuses et les ulcères atoniques.

Les eaux du Vernet sont contre-indiquées, chez les sujets pléthoriques, clsez cuux qui sont prédisposés à des congestions ou à des hémorrhagies, actives, chez les hémoptoïques, chez ceux qui ont un système nerveux trop irritable, chez ceux enfin qui voient survenir facilement une inflammation de l'un des organes essentiels à la vie.

Durée de la cure. On sait qu'à aucun établissement thermo-minéral la durée delà cure n'a rien de fixe et dépend de circonstances très-complexes. Au Vernet, où se traitent des affections essentiellement chroniques, avec lesquelles on ne peut réussir sans faire preuve d'une grande persévérance, il est plus que partout impossible de limiter, approximativement même, le temps que les malades doivent y séjourner.

On n'exporte l'eau d'aucune des sources du Vernet.

A. ROXUREAU.

Bibliographie. — Notice sur le grand établissement thermal de Vernet-les-Bains, près Pradcs {Pyrcnées-Orientalcs). Paris, 1842, in-8°, 32 pages. — Pigi.owskj. Notice sur l'établissement theivial des anciens thermes de Vernet [Pyrénées-Orientales]. 2° édilioii, Perpignan, 1851, in-8", 40 pages. — Du mè.me. Quelques considérations sur l'emploi des eaux minérales sulfureuses du Vernet [Pyrénées-Orientales] . Extrait du Moniteur des hôpitaux, 1856ct brochure. Paris, 185G in-S", 15 pages. — Du sième. Quelques réflexion ssur l'utilité de la médication hydro-minérale en toutes saisons. Paris, 18G0 , 'in-S", 20 pages. — Su.idl (II. 1. Thermes Mercader. Notice sur les eau.c mlnércdes sulfureuses de Vernet [PyréHées-Q'^ientales], Moulpellier,

LEVICO (kaux Mi.Mir.AtEs de). '125

18r-)2, in-8^ 80 pages. — Hesry (0.). Anahjsc de Veau mincrnle sulfureuse du Verncl. In Bulletin de V Académie de médecine, 1855. — Filuol (E.). Eaux minéialcs des Pyrénées.... Paris, 18ûô, in-12. A. R.

LETico (Eaux minérales de), athennales, sulfatées ferrugineuses fortes, carboniques moyennes. Eu Italie, clans le Treatln, au pied du mont Froute, à 1075 mètres au-dessus du niveau de la nier, est un bourg peuplé de 1855 habitants, ton climat est beaucoup plus tempéré que celui des stations minérales placées dans une vallée étroite, entourée de hautes montagnes de tous les côtés, excepté au midi. Deux sources émergent de la montagne du nord dans deux grottes distinctes, formées de micaschiste et de schiste argileux. Des pyrites, contenant du fer, du cuivre, de l'arsenic et des couches ocreuses d'un jaune rougeàtre, se trouvent aux environs des grottes qui donnent leur nom aux sources. L'une est la grotte de l'ocre; l'autre, la grotte du vitriol. La source de VOcre, ou Supérieure ou de VEstomac, ou Bouée, ou Faible, est exclusivement employée en boisson, tandis que la source du Vitriol, ou Inférieure ou Forte, fournit seule aux bains de Levico.

L'eau de la source de l'Ocre ou Douce est claire et hmpide, lorsqu'elle a laissé déposer une matière ocracée sur les parois de son bassin ; elle est sans odeur prononcée; sa saveur est à la fois ferrugineuse et piquante ; elle est traversée par de nombreuses bulles gazeuses, qui s'attachent en partie aux parois des verres qui la contiennent. Sa température est de l2°,o centigrade. L'eau de la source du Vilriol ou Forte n'est pas limpide, elle contient un précipité qui lui donne l'aspect de bière foncée ou de cidre sans eau ; son odeur et sa saveur sont très-franchement ferrugineuses; son goût est assez styptique pour qu'elle puisse être facilemeiii ingérée. Elle lie paraît point gazeuse, et pourtant elle renferme jdns d'acide carbonique que la source de l'Ocre; sa température est de 15", i centigrade. M. le docteur Louis Manetti, professeur de chimie à l'école municipale de Trente, a fait l'analyse chimique de l'eau des deux sources de Levico ; il a ti-ouvé dans 1000 grammes de chacune d'elles les principes suivants :

SOOIiCE DE L'oCBE. SOL'nCE DU VUl.lOU

SulTale de Cuivre » 0,0i70

feneux 0,4008 0,0290

— fenique » 4,5210

— manganèse » traces.

— alumino » 0,8428

— magniibie 0,2630 0,1304

— cliaux 0,1520 1,0320

soude » 0,0120

»- ammouiaf|ue » 0,0105

Oxyde de fur O.OtJTl

— alumine 0,047'2 »

— manganèse traces »

Acide silicique 0,0250 0,0230

— arsénieux 0,0099 0,^008

Matièies organiques 0,0190 »

Total des MAiiiiiiEs fixes. . . 0,9C20 0,4885

Gaz acide cai-boniLiue li';rc 0,1990 gramme. . 0,2720 gramme.

L'établissement minéral de Levico se compose d'une buvette, de salles garnies de baignoires de marbre et d'une pièce pour l'application topique dn dépôt de la source du Yitriol.

Emploi tiiép.apeotique. L'eau de la source de l'Ocre ou Faible se boit à la dosa de quatre àjinit ven'cs, le matin, ît jeun, et de deini -heure en demi-heure ; quel-

424 LEVIER (physique).

ques malades en fonl usage aux repas, pure elle plus souvent coupée de vin. Les bains se prennent avec l'eau de la source du Vitriol ou Forte, chauffée à 52" centigrade ; leur durée varie d'une demi-heure à une heure. Les boues oci^acées de cette source sont appliquées en cataplasmes, constamment renouvelés dès qu'ils sont secs.

Les eaux de la source Faible de Levico sont seules, à proprement parler, des eaux minérales, car celles de la source Forte ne sont qu'une lixiviation des pyrites avec lesquels elles sont en contact: ce sont des eaux factices, pour ainsi dire. Nous entrerons dans plus de détails aux articles Eaux minékales et Recoauo (Eaux minérales de) ; nous renvoyons donc à ces mots.

Les eaux de la source Faible de Levico, en boisson, ont une action tonique et reconstituante marquée. Les bains avec l'eau de la source Forte sont un puissant adjuvant de la médication interne. Les cataplasmes de boues ont un effet résolutif.

M. le docteur Perugini, qui a publié une monographie sur ces eaux, les vante dans l'anémie, la chlorose, les convalescences difficiles, la dyspepsie et l'hépatosplénite; c'est l'eau en boisson qui fait la base du traitement alors ; tandis que ce sont les bains d'eau et les applications locales de matière ocreuse qui conviennent dans les paralysies consécutives à une affection cérébrale ou médullaire, dans les rhumatismes simple et goutteux, dans les affections organiques du cœur et des gros vaisseaux, dans lesquelles il importe de modérer la cuxulation sanguine, dans les névralgies, dans les maladies de la peau et même dans la pellagre. M. Perugini pense que les eaux de Levico, en bains surtout, sont hypers théniques des systèmes artériel et veineux, quel que soit le calibre des vaisseaux.

Durée de la cure, de 20 à oO jours.

On n'exporte pas les eaux de Levico. A. Rotureau.

Bibliographie. — Perugini. Notizia siill' ricgua minérale de Levico, 186i. In Ippocradco di Toriuo, octobre 1807. — Notes sur les eaux de Levico, envoyées à l'Exposition universelle de Paris, 1867. — In Annales de la Société d'hydrologie médicale de Paris, t. XIU, pan-es 86-193, 198; 1867-18G8. A. R.

LEVIER. § L Physique médicale. On donne, en mécanique, le nom de levier à une verge rigide, inflexible et inextensible, libre de tourner autour d'un

Fis. 1.

point fixe appelé point d'appui, et soumise à l'action de deux forces qui tendent à lui imprimer des mouvements de sens contraires.

LEVIER (pin-siQut;). ^"^5

Soient : AB (fig. 1) un levier, G le point d'appui, P, R deux forces agissant la première en A, la seconde en B, dans le sens des flèches. AC est le bras de levier de la force P, BC le bras de levier de la force R. Le problème à résoudre est le suivant:

Quel doit être le rapport des iiilensités des forces P, R, pour que le levier ÂR reste en équilibre entre les deux actions qui le sollicitent en sens contraires.

Prolongeons les directions des forces jusqu'au point D où elles se rencontrent, et construisons, d'après la règle du parallélogramme des forces, leur résultante S. Évidemment, pour que le levier reste eu équilibre, il suffit et il faut que cette résultante S passe par le point d'appui G. Par ce point G, menons les perpendiculaires GF, GE sur les directions des forces P, R. Puisque G est un point pris sur la direction de la résultante S, il résulte des lois de la composition des forces que les intensités des composantes P, R satisfont à la relation suivante :

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