ijUjunnL
de leui' composition est même telle que l'on pourrait, sans grand inconvénient, les employer tous au même usage mais le lichen d'Islande est, de toutes les plantes de cette famille, la seule qui soit encore fréquemment usitée; aussi présente-t-elle pour nous un grand intérêt, car ce n'est que dans cette espèce que le principe amer et le principe amylacé ont été bien étudiés. [Voy. Lichen d'Islande.)
On s'est servi autrefois en médecine de quelques autres espèces de lichen; plusieurs même ont été fort en vogue, mais ils sont aujourd'hui presque tous tombés dans l'oubli, tels sont : le lichen pulmonaire ou la pulmonaire de chêne, qui présente une certaine analogie d'aspect avec le poumon coupé; de là probablement aussi l'idée que l'on a eue de l'employer contre les maladies du poumon. Sa saveur est plus amère que celle du lichen d'Islande, et, suivant Gnielin, dans le nord de l'Europe, on l'emploie quelquefois comme le houblon dans la préparation de la bière. Débarrasse de cette saveur amère, il jouit des mêmes propriétés que le hclien d'Islande. Il faisait partie autrefois du sirop de mou de veau. On s'en sert aujourd'hui surtout dans la teinture. Le lichen pyxidé qui est moins gélatineux que celui d'Islande, moins amer et cependant plus désagréable au goût; il était employé contre la toux. Le lichen des murailles, qui a été regardé comme fébrifuge; le lichen des rennes; le lichen blanc de neige; le lichen contre lavage; le lichen aphtpeux. Ces différentes espèces, et plusieurs autres, ont, comme nous l'avons déjà dit, quelque analogie dans leur mode d'action avec le lichen d'Islande, mais elles sont un peu acres et astringentes, et contiennent moins de principes gélatineux. Cependant, en les lavant et en les laissant macérer dans l'eau bouillante, on pourrait les priver de leurs principes acres et astringents, et les emjiloyer à défaut du lichen d'Islande.
On employait aussi autrefois une petite plante que l'on nommait ]]snée du crâne humain qui a été vantée contre l'épilepsie, et que l'on avait, dit-on, la folie de payer jusqu'à mille francs les 30 grammes, c'est le lichen saxatilis de Linné {ParmaliaSaxatilis, Ach.). Ce qui rendait ce lichen si rare était la condition imposée de n'employer seulement que celui qui croissait sur les crânes humains exposés à l'air. On lui substituait souvent un autre petit lichen fdamenteux, le lichen plicatade Linné [Usnea plicata, DG.).'^Tous deux sont entièrement oubliés.
Aucune espèce de Lichen n'est vénéneuse, et dans les pays pauvres du Nord, ils sont employés comme matière alimentaire.
Plusieurs lichens fournissent des pnncipes colorants dont on fait un très-grand usage dans les arts, (Voy. Orseille.) T. Gobley.
LlCOTEXSTEm (Georges-Rodolphe). Médecin et chimiste allemand, né à Brunswick en 1745, mort à Helmstaedt, le 28 mai 1807. Voici la hste de ses ouvrages :
I. Dissertatio de dispositione saliimi, imprimis simplicium atque mixlorum. Helmstœdt, 1769, in-4'. — II. Abhandlung m Milchzucker und den verscliiedenen Arien desselben. Bi'unswick, 1772, in-8°. — 111. Zweifel vnd Bedenklichkeiten bey der wichtigen Fragn von der freyen Ausfuhr des Getraides. Brunswiclc, 1772, in-S". — lY. Dubia circà chemiœ in virUUibus medicamenloritm. entendis jirœstantium. HelmstiBdt, 1773, in-i". — V. Entdeckte Geheimnisse, oder Erklœrung aller Kunstwœrter iind Redensartem Bergwerken und HiUten- Arbeiten, naclialphabeLischer Ordnung. Helmstsedt, 1778, in-8°. — VI. Anleitung medicinischer Krœuterkunde fur Aerzte iind Apotheker. Helmstaedt, 1782-1780, in-S", 5 vol. — VII. P. F. Fabricii aniniadversationes varii argutnenti medicas, ex scriptis ejus minoribus collegit, notisque adjectis edidit. Helmstsedt, 1785-1787, in-4». A. C.
LICORIKE. La licorne, telle que les anciens la concevaient, portant une corne sur le front, n'existe sans doute pas comme type zoologique. Pallas fait remar-
LICUALA, 545
(fiier que, chez les antilopes, certains individus portent plusieurs cornes, d'autres n'en possèdent qu'une ; et Guvier, que des antilopes peuvent être réduites à une seule corne, par monstruosité ou par suite de mutilation. On s'accorde assez généralement aujourd'hui à penser que la licorne des anciens n'était autre que l'antilope oryx.
Qu'était cette corne, puisque l'animal qui était censé la fournir n'existe pas? Quelles étaient ses prétendues propriétés?
Ambroise Paré (L. XXI, c. 47-65) qui, dans un long article sur la licorne, a contribué plus que personne à reléguer parmi les êtres fabuleux cette <( beste estrange », fait remarquer que la corne elle-même a été décrite de vingt manières dilférentes ; et, avec d'autres savants de son temps, il attribue à un grand poisson de mer, le rohart (narwal), les cornes droites dont on montrait alors des échantillons. Ce sont en réalité des défenses de narwal, que les Norwégiens et les Danois rapportaient des mers polaires et vendaient à haut prix comme cornes de licornes. Ces défenses, qui atteignent quelquefois une hauteur de 8 à 10 pieds, tantôt lisses, tantôt sillonnées de rainures en spirales, sont paires; mais il est rare que toutes deux se dévelopjient simultanément ; le plus souvent, l'une d'elles reste à l'état rudimentaire, tandis que l'autre (la gauche d'ordinaire) s'allonge pour se terminer en pointe mousse.
Quoi qu'jl en soit, on attribuait à cette substance des vertus extraordinaires contre le mal caduc, le spasme, la peste, la fièvre quarte, la morsure des chiens enragés et des vipères, les piqûres de scorpions et généralement contre toutes les plaies venimeuses. II suffisait même de tenir la coi'iie à l'opposite du lieu où se trouvait le venin po'u^ que celui-ci se découvrît. Sur quoi Paré fait une judicieuse remarque. Ce sont, dit-il, ces promesses impossibles qui « donnent occasion à ceux qui ont quelque peu d'esprit, de tenir pour faux tout le reste qui en a esté dit et escrit. » 11 a, du reste, constaté par re.vpérience que tous ces récits sur les vertus de ce produit animal n'ont aucune espèce de fondement.
La corne de licorne conservait encore sa réputation au siècle dernier, bien qu'on connût alors sou origine. Voici ce qu'en dit Lemery dans son Dictionnaire des drogues (Paris, 1760, in-4», p. 522, article Narwal) : « Elle contient beaucoup de sel volatil et d'huile. Elle est cordiale, sudorifique, propre pour résister au venin, pour Tépilepsie. La dose est depuis 1 demi-scrupule jusqu'à 2 scrupules. On en porte aussi une amulette pendue au cou, pour préserver du mauvais air : mais il ne faut pas attendre d'effet de cette amulette. » A. D.
MCUAïiA. Genre de palmiers, propres aux régions chaudes des Indes orientales. Ce sont des arbres peu élevés, à stipes marqués d'impressions circulaires, couronnés au sommet de grandes feuilles en éventail, profondément divisées jusqu'à la base en segments tronqués et grossièrement dentés à leur extrémité. Entre ces frondes, se trouvent des spadices articulés de distance en distance, recouverts sur les entre-nœuds de spathes incomplètes et se divisant en rameaux spiciformes, recouverts de fleurs hermaphrodites. Le périanthe des fleurs est à six divisions : les étamines, en même nombre, sont soudées à leur base en une espèce d'urcéole; des trois ovaires, deux avortent d'ordinaire et se réduisent à deux petites écailles; le troisième devient, à la maturité, un drape sous-globuleux, jaune-orangé ou purpurin, qui contient dans la graine un albumen, creusé sur la face centrale d'une cavité et portant l'embryon sur sa face opposée.
Les feuilles du Licuala et particulièrement du Licuala spinosa de Java, sont.
DICT. ENC. 2' s. IL 55
546 • LIEBENSTEIN (eaux MINÉRALES de).
employées à divers usages à cause de la résistance de leurs fibres. Les naturels s'en servent en guise de papier pour faire leurs cigarettes. En Europe, nous recevons enveloppés de ces feuilles, les Sangdragons, désignés sous les noms de Sangdragons en baguettes et en olives.
RuMPHius. Herb. Amb., l, p. 44, tab. 9. — |Blume. Rutnphia, II, p. 37 et suiv., tab. 89 à 93
OEBEi^STEiiv (Eaux minérales et cure de petit-lait de), athermales, bicarbonatées calciques et ferrugineuses faibles, carboniques fortes, sulfureuses faibles. Dans la Saxe-Meiningen, est un bourg de 700 habitants, bâti dans la belle et riche vallée de Lawerra, à 312 mètres au-dessus du niveau de la mer, au pied du Thuringerswald et de la forêt de Rôn (chemin de fer du Nord, Mannheim, Francfort et Elsnach). Le climat de Liebenstein est assez doux, quoique en général les matinées et les soirées y soient assez fraîches. Les promenades les plus fréquentées sont l'Erdfall, excavation naturelle dominée de tous côtés par des blocs de rochers qu'ombragent de beaux arbres. L'Erdfall se compose d'une grotte que l'on illumine les jours de fête et d'une sorte de cà\e [felsenkeller) où l'on fait rafraîchir les boissons. Le château fie Liebenstein est à un peu plus de 1 kilomètre de l'Erdfall, mais des sentiers agréables et faciles parcourent les bosquets et les jardins qui séparent ces deux promenades. L'excursion la plus rapprochée et la plus suivie est celle de Wilhelmsthal, résidence d'été du duc, dont le château est entouré d'un beau et grand parc. La Wattburger, l'Inselberg, à 1 myriamètre de Liebenstein, offrent un panorama magnilique, que les baigneurs ne manquent pas d'aller voir. La saison s'ouvre le 1" mai et finit le 15 septembre. Deux sources alimentent l'étabhssement : on les nomme la Vieille source (Altquelle) et la. Nouvelle source (Neuequelle). Cette dernière est seule importante à connaître, car la Vieille source, connue dès 1615,. est aujourd'hui presque entièrement abandonnée. La Nouvelle source émerge des couches inférieures du carbonate de chaux, dans un terrain où l'on rencontre des granits, des porphyres, des basaltes, des micaschistes, des grès et de la dolomie; on l'a trouvée en 1846, après avoir pratiqué un sondage de 35 mètres de profondeur. Son eau est Umpide, incolore, d'une odeur légèrement sulfureuse, d'une saveur agréable, quoiqu'elle soit un peu salée et surtout ferrugineuse. Des bulles gazeuses, les unes grosses et rares, les autres très-fines et très-nombreuses, traversent cette eau et font que sa surlace semble être toujours en ébulhtion. La température de l'eau de la Nouvelle source n'est pas constante, elle est de 10" centigrade en moyenne; sa densité est de 1,0025. La dernière analyse a été faite par le professeur Reichardt, qui a trouvé, dans 1000 grammes d'eau, les principes suivants :
Bicarbonale de chaux 0,5910
— magnésie 0,205'
— manganèse 0,0124
— protoxyde de fer ........... . 0,0775
Chlorure de sodium 0,24:71
'.'. — lithium 0,0044
'■ Sulfate de potasse 0,0052
— soude 0,0109'
— magnésie 0,1841
Alumine 0,0008
Acide silicique • 0,0275
Total des matières fixes 1,3941
Gaz acide carbonique 10 cent, cubes 1342:
LIEBENZELL (eaux minérales de). 547
L'établissement minéral de Liebenstein appartient au gouvernement, qui l'administre; il renferme des salles de conversation, de danse, de jeu, outre la buvette, les cabinets de bains et de douclies. On peut y suivre une cure de pelit-lait et y prendre des bains composés d'une décoction d'aiguilles de sapin.
Mode d'administration et doses. Les eaux de Liebenstein sont prescrites en boisson, en bains et en douches d'eau. La dose à Tintérieur est de trois à huit verres, pris le plus souvent le matin à jeun et à un quart d'heure d'intervalle. Cette eau est quelquefois employée pendant les repas, seule, et le plus souvent coupée d'une certaine quantité de vin. La durée des bains est d'une heure en général, lorsqu'ils sont exclusivement composés d'eau minérale artificiellement chauffée ; ils sont d'une demi-heure ordinairement, lorsqu'on les additionne d'iuie certaine quantité d'eau mère fournie par les salines de Salzungen [voij. ce mot), qui sont voisines de Liebenstein. Les douches sont administrées pendant un quart d'heure ou vingt minutes.
Emploi thérapectique. Lorsque les personnes dont le système sanguiu est prédominant font usage pendant un temps, même assez peu prolongé, des eaux de Liebenstein, elles ne tardent pas à éprouver des phénomènes leur indiquant qu'il est prudent de ne pas continuer la cure minérale. Ainsi elles ont des maux de tête, des étourdissemenls, des bourdonnements d'oreilles, des envies de dormir pendant le jour, de l'agitation et de l'insomnie pendant la nuit, etc., qui sou un avertissement certain de l'inopportunité de l'administiatioa de la source Nouvelle. Les sujets, au contraire, faibles ou épuisés par une longue maladie, par une anémie ou une chlorose, sont promptement reconstitués, par l'usage intérieur surtout de cette eau ferrugineuse. Ces effets physiologiques principaux suffisent pour renseigner sur les indications et les contre-indications de l'eau de Liebenstein, dont l'action curative a beaucoup d'analogie avec celle des eaux ferrugineuses carboniques de Schwalbach, de Pyrmont, de Driburg et de Spa. ( Voy. ces mots.) Il est utile d'ajouter cependant que les eaux de Liebenstein, qui sont légèrement sulfureuses, conviennent mieux que celles que nous venons de nommer toutes les fois que les chloro-anémiques ont des manifestations cutanées.
Durée de la cure. De 25 à 30 jours.
On exporte peu l'eau de Liebenstein. A. Rotdreah.
Bibliographie. — Schwerdt. Liebenstein Mineralbad. Gotha, 1854. — DyEnxEn. Bas Mineralbacl undMolkenanstalt zu Bail Liebenstein , in Thilrinyen. In Balneologische Zcilung, t. I. — JoANNE et Le Pileur. Bains d'FAirope, guide descriptif et médical. Paris, 1860, in-12 p. 78-80. A. R.
LIËBE\'ZEliL (Eaux minérales et cure de petit-lait de), hijpothermales, chlorurées sadiques et bicarbonatées ferrugineuses faibles , carboniques moyennes. Dans le Wurtemberg, dans la forêt Noire, au pied du Schlossberg, que couronnent les ruines d'un vieux château du moyen âge qui avait été bâti sur les restes d'une forteresse romaine, à 286 mètres au-dessus du niveau de la mer, se trouve la petite ville de Liebenzell, peuplée de 1050 habitants et construite sur la rive droite de la Nagold (chemin de fer de l'Est, Strasbourg, Kelh, Durlach, Pforzheim, Wildbad et Liebenzell). Les pics des montagnes qui dominent la vallée ont plus de 600 mètres d'élévation ; le torrent qui descend de ces sommets forme, au milieu de la ville, une pièce d'eau dont le courant met en mouvement un moulin et une usine. Le climat est très-doux ; il permet de commencer la saison dès le 15 mai et de ne la finir que le 15 octobre. Le séjour de Liebenzell est très-agréable, en raison
548 LIEBEINZELL (eaux minérales de).
des promenades et des excursions que les baigneurs peuvent y faire. Le château est au confluent de la Nagold et du Lagenbacli; la Monakam et sa belle église; les ruines de l'ancienne abbaye des bénédictins d'Hirsau; le petit centre industriel et commercial de Calw, dont les maisons à pignons pointus et l'ancien cliâteau ont un cachet original; Weil-die-Stadt ; les sept chênes, près de Gninbach, d'où l'on découvre la vallée du lîhin jusqu'à Spire, les montagnes des Vosges de rOdenwald et du Taunus; les villes laborieuses de Pforzheim et de Neuenburg, sont les curiosités les plus fréquemment visitées par les hôtes de Liebenzejl. Trois sources, connues très-anciennement et probablement dès l'époque de l'occupation romaine, ainsi que l'indiquent les monnaies, les poteries et les fûts de colonnes découverts aux environs, émergent du granit et du grès bigarré, comme les eaux de Baden-Baden et de Wildbad, qui en sont les plus rapprochées. Le débit des trois sources en vingt-quatre heures est de H 0,000 litres environ. Cette eau est limpide, sembb peu gazeuse, n'a aucune odeur et presque aucun goût lorsqu'elle est à sa température native ; mais lorsqu'on la laisse se refroidir, elle a un goût fade et elle affecte légèrement la membrane pituitaire, à cause du gaz hydrogène sulfuré qu'elle laisse dégager. La température de l'eau des trois sources de Liebenzell varie de 21",7 à 25° centigrade. Une série d'observations faites régulièrement pendant un siècle, de 1 747 à 1848, a démontré les oscillations que nous venons d'indiquer; la densité de l'eau est de 1,001526. Sigwart a fait, en 1853, l'analyse de l'eau de Liebenzell; ce chimiste a trouvé, dans 1000 grammes, les principes suivants :
Chlorure de sodium avec traces de chlorure de magnésium. 0,6692
Carbonate de soude 0,1041
— chaux 0,1067
— oxyde de fer 0,0130
Sulfate de soude 0,0794
Silice U,0o35
Total des matières fixes 1,0''257
Total des matières fixes
Gaz dégagé par l'eau des sources, sur 100 parties:
Acide carbonique
Acide carbonique 51,58
Azote 24,44
Oxygène 4,25
Total des gaz 100,00
Liebenzell a deux établissements thermaux : l'un se nomme le Bain supérieur, et l'autre, le Bain inférieur. Une seule source ahmente le premier, les deux autres se rendent au second, l'une de ces dernières est très-peu abondante et sert exclusivement en boisson. L'eau du Bain supérieur fait monter la colonne du thermomètre de 25°, 2 à 25" centigrade, tandis que la température des deux sources du Bain inférieur ne s'écarte qu'entre 21", 7 et 23" centigrade seulement. L'eau de Liebenzell est employée en boisson , en bains et en douches ; on peut suivre encore à cette station des cures de lait et de petit-lait qui n'offrent rien de spécial et sur lesquelles nous n'avons rien à dire de particuUer.
Emploi thérapeutique. L'eau de Liebenzell, prise en boisson, en bains et en douches, active très-notablement les fonctions de la peau, mais elle diminue le nombre et la force des battements du cœur et des artères ; elle calme aussi le système nerveux ; elle est très-sensiblement diurétique. Le docteur Hartmann assure aussi « qu'elle agit encore en facil.tant, soit dans l'ensemble de l'économie, soit seulement dans les organes malades^ la nutrition et par suite l'assimilation. » Cette eau est principalement utile dans les maladies des femmes, aussi désigne-
LIEBWERDA (eaux minérales de). 549
t-oii souvent dans le pays cette station thermale par la dénomination de Frauenbad, lorsque ces maladies reconnaissent pour cause un trouble nerveux ou une affection utérine accompagnée ou non accompagnée de stérilité, d'hystérie et^ de chlorose. Les eaux de Liebenzell d'ailleurs, dont la température, les propriétés physiques, chimiques, et les indications, thérapeutiques se rapprochent telleiiient de celles de Sciilangenbad, que nous renvoyons à ce mot pour les autres détails.
Durée de la cure, un mois, en moyenne.
On n'exporte pas les eaux de Liebenzell. A. Rotureau.
BiBuoGRArniE. — Hartmann. Liehenzell. Stuttgart, 1852. — Bulneologische Zcitung, t. Il et III. — JoANNE (Ad.) et Le Pileur (A.). Les bains d'Europe, guide descriptif et médical, etc. Paris, 1860, in-12, p. 80-81. A. R.
LiEBERHUEniv (Joh.-Nathanael), peut être regardé comme un des fondateurs de l'anatomie niicrographique. 11 était né à Berlin le 5 septembre 1711 , et se livra d'abord à l'élude de la théologie pour obéir aux desseins de son père, qui le destinait à l'Éghse, mais il avait cédé en même temps à la vocation qui l'entraînait vers les sciences naturelles , et il suivit avec ardeur les cours de physiijue, de botanique et d'anatomie que le célèbre Hamherger donnait à léna. Devenu libre de ses déterminations à la mort de son père, il s'adonna entièrement aux études de son choix, et avant même' qu'il fût reçu docteur, sa renommée était assez grande pour qu'on le jugeât 'digne d'être admis à l'Académie des Curieux de la nature, où il entra sous le nom de Dédale. C'est seulement dans le cours des voyages qu'il entreprit dans l'intérêt de son instruction qu'il prit le bonnet de docteur à Leyde, en 1759. Pendant le séjour qu'il fit à Londres, la Société royale se l'attacha comme membre. Enfin il retourna à Berlin, et il y remplit les fonctions de membre du conseil supérieur de médecine. Une mort prématurée l'enleva à la science, le 7 octobre 1756.
Lieberkiihn, nous l'avons dit, appliqua avec succès le microscope à l'étude de l'anatomie; on connaît ses belles recherches sur la muqueuse de l'intestin, ses observations sur les villosités dont il s'efforça de démêler la structure intime, sur les glandes tubuleuses qui portent son nom. Pour observer la disposition et la répartition des vaisseaux dans les organes, il eut recours, le premier, aux injections avec une substance métallique, puis détruisant le parenchyme à l'aide d'une liqueur dissolvante, il laissait le réseau vasculaire à nu. L'instrument dont il se servait avec tant d'habileté, le microscope, lui doit d'heureux perfectionnements.
Il a consigné ses recherches dans les opuscules suivants :
I. De valvula coli et usu processus vermicularis (dissert, inaug.). Lugd. Batav , 1759, in-S", et in Disputât, anat. de Haller, t. I. — II. De pilis intestinorum. Ibid., 1759, 111-4°. — III. De fabrica et aclione villorum intestinorum tenuium. Ibid.. 1745, in-i°, pi. 3. — IV. Description d'un microscope anatomiquc. In Mcni. de VAcad. des se. de Berlin, 17i5. — V. Sur les moyens propres à découvrir la construction des viscères. Ibid., 1748. — \"I. Les ouvragées de Lieberkûhn ont été rassemblés par Sheldon sous le titre: Joli. Natli. Lieberkiihn anatomici, dum viveret summi et medici ezperientissimi, Dissertationes quatuor. Oninia nunc primuni in unum collecta, etc. Lond , 1782, in-4''. E. Bod.
1 LI£BW£RDA (EaUX JIIiNÉRALES, BODES ET CURE DE PETIT-LAIT DE) alhsrmaleS,
iamétaUites, ferrugineuses faibles, carboniques fortes. En Autriche, dans la Bohême, dans la vallée de Riesengebirge, à la base du versant nord de Tafelfichte, émergent les quatre sources de Liebwerda de terrains primitifs composés de granit, de micaschiste, de gneiss, de schiste argileux, de calcaire primitif et de quartz. Ces sources , connues dès le commencement du quinzième siècle,
550 LIERRE (botanique).
ont reçu les noms de Christiansquelle ou Trinkquelle (source de Clirisliau ou source de la Buvette), de Josefinenquelle (source de Joséphine), de Stahlbriainen (source Ferrugineuse) et de Wilhelmsbrunnen (source de Guillaume) . Deux de ces sources sont seules importantes à connaître ; la Trinkquelle et la Stalilbrunneu. Nous les aurons particulièrement en vue en décrivant leurs propriétés physiques et chimiques. Leur eau est limpide, très-pétillante, d'une saveur aigrelette trèsagréable; elle rougit instantanément les préparations de tournesol ; sa température est de 10° centigrade à la Trinkquelle, et de 11°, 2 centigrade à la Stahlbrunnen. La densité de la Trinkquelle est de \ ,0009, celle de la Stahlbrunnen est de i ,0027. Le débit des quatre sources est de 1,716,000 litres en vingt-quatre heures. Reuss a trouvé que 1 ,000 granmaes de l'eau de la Stahlbrunnen contiennent les principes suivants :
Carbonate de magnésie 0,2950
— soude 0,0868
— oxyde do l'cr 0,0954
Sulfate de chaux 0,0752
— soude 0,0130
Chlorure de sodium 0,0057
Sihce 0,0101
Total des matières fixes 0,6555
Gaz acide carbonique 0,696 litre.
L'eau de la Trinkquelle contient une plus grande quantité de gaz , mais moins de carbonate d'oxyde de fer.
La station de Liebwerda est aussi très-connue par ses cures de petit-lait. Emploi thérapeutique. Les eaux de Liebwerda sont légèrement excitantes par le gaz acide carbonique qu'elles contiennent , apéritives, toniques et reconstituantes à cause du bicarbonate de fer qui est la partie active de leur minéralisation. Elles sont principalement fréquentées par les convalescents, les anémiques et les chlorotiques ; les malades auxquels une cure par le petit-lait a été prescrite, trouvent à Liebwerda une organisation bien entendue et une installation complète- La durée de la cure est d'un mois, en général. On exporte les eaux de la Trinkquelle de Liebwerda. A. Rotureau.
Bibliographie. — Osann. Darstellung des bekannten Hetlquellen. Berlin, 1841, in-8°. — .ToANxE (Ad.) et Le Pileur (A.). Les bains d'Europe, guide descriptif et médical, etc. Paris, 1860, in-12, p. 82-83. A. R.
JLIE\11VE. Corps cristallisable qui se trouve dans la rate. [Voij. Rate.)
LIEIVTERIE (de >eto;, lisse, gHssant, et èv-zpo-j, intestin). Diarrhée dans laquelle les aliments sont rendus sans être digérés. {Voy. Diarrhée, Dïsenterie.)
LIER^'E. L'un des noms vulgaires de l'Herbe-aux-Gueux [Clematis Vitalba L.). Voy. Clématite.
L,IEKRE (ffecZeraL.). §L Botanique. Genre de plantes, de la famille des Araliacées, dont les fleurs, réguhères et hermaphrodites, présentent les caractères suivants. Leur réceptacle, concave, en forme de bourse, renferme l'ovaire, tandis que les bords de cette bourse supportent le périanthe et l'androcée, dits pour cette raison épigynes. Le calice est peu visible, représenté par cinq petites saillies en forme de dents. La corolle est formée de cinq pétales, alternes, caducs, valvaires dans le
LIERRE (botanique). 551
Iboiiton. Les élamincssont au nombre de cinq, alternes avec les pétales, formées chacune d'un filet libre, et d'une anthère biloculaire, introrse, puis oscillante, déhiscente par deux fentes longitudinales. L'ovaire infère est à cinq loges, superposées aux pétales, ou à un nombre moindre de loges (de deux à quatre), avec un seul ovule descendant, inséré en haut de l'angle interne de la loge, anatrope, avec le micropyle tourné en haut et en dehors, coiffé d'un obturateur formé par un épaississement du funicule ovulaire. Le fruit est une drupe à noyaux minces, qui renferme une ou quelques graines, dont les téguments recouvrent un albumen charnu abondant, ruminé, et dont le sommet contient un petit embryon à radicule supère. Les Lierres sont des arbustes, souvent grêles, sarmenteux, se soutenant €t s'attachant aux objets voisins, à l'aide de crampons ou racines adventives imparfaites, nées sur les branches. Dans le sol, ces racines deviennent plus développées. Les feuilles sont alternes, sans stipules. Les fleurs, portées sur des branches libres, non adhérentes, et dont les feuilles ont une forme spéciale, sont disposées en ombelles, simples ou composées, dont la base est entourée d'un involucre formé de plusieurs bractées.
: L'espèce employée en médecine est le Lierre commun ou L. d'Europe, L. grimpant, L. en arbre {Hedera Hélix L., Spec, 292). C'est un arbuste sarmenteux, atteignant quelquefois de fortes dimensions en hauteur et en épaisseur, car son tronc peut devenir aussi gros que le corps d'un homme. .Ordinaii'ement, ses tiges et branches grêles s'appuient et s'attachent aux rochers, Wbres, murailles, etc., à l'aide de crampons, c'est-à-dire déracines adventives incomplètement développées, et qui prennent tout leur accroissement quand ila plante s'appuie sur un sol humide. Les feuilles sont alternes, pétiolées, perîsistantes, luisantes et d'un vert foncé en dessus, plus pâles et plus ternes en dessous. A la parlie inférieure des tiges, elles sont profondément lobées, avec 3-5 lobes largement triangulaires, plus ou moins profondément laciniés dans certaines variétés. Sur les branches qui deviennent libres, et qui souvent portent des fleurs, le limbe devient entier ou à peu près, ovale-aigu ou presque rhomboïdal, arrondi à la base. Les fleurs sont réunies en ombelles presque globuleuses à la partie supérieure des rameaux. Leur calice est court, inséré sur un réceptacie vert et velu ou pubescent. La corolle est verdàtre, à pétales larges et tron- 4jués à la base, d'abord rapprochés en cône, puis étalés, réfléchis, parcourus sur leur ligne médiane par une côte saillante. Les étamines ont un filet court et une anthère médio-dorsifixe, jaune, un peu cordée à la base. Le fruit est presque gloibuleux, de la grosseur d'un pois, couronné d'une cicatrice circulaire, inégale, qui répond à l'insertion du périanthe. Sa couleur est presque noire, et sa pulpe a une teinte pourpre noirâtre très-foncée. 11 renferme de une à cinq graines. Le lierre grimpant fleurit en automne ; il croît de préférence dans les heux sombres, ombragés, sur les vieux troncs, sur les édifices en ruine. Toutes ses parties sont douées d'une odeur caractéristique.
Le Lierre commun a été fort employé en médecine. Les propriétés nombreuses que lui attribuaient les anciens s'appliquent souvent à d'autres plantes. Ainsi Pline a, d'après Des vaux, confondu le Lierre avec le Ciste, trompé qu'il fut par la ressemblance des noms Cistos et Cissos (Kto-o-ôj) ; ce dernier était celui du Lierre. Le Lierre était la plante consacrée à Bacchus. « (Lyarre a été surnommé Dionysia, c'est-à-dire Bacchique, prenant ce nom de Bacchus, qui le premier apporta Lyarre des Indes en Grèce ; ou parce que il luy est voué et dédié. Car tout ainsi que Bacchus est tousiours ieune, aussi le Lyarre est tousioiirs verdoyant. Et tout ainsi
552 LIERRE (emploi médical).
que le Lyarre lie toutes choses qu'il cmpongue : ainsi Bacchus tieul, enserre et lie l'esprit des hommes. » [Fuchs (L.), Hist., 294.] On admettait alors plusieurs espèces de Lierre : « Lyarre droict et royde, se soutenant seul, entre loules autres espèces, ha este nommé Cissos : par le contraire, celuy qui se traîne par terre ha esté appelé Chamœcissos. » Dioscoride distinguait plusieurs espèces de j Lierre; « mais en général, ajoute Fuchs, il n'y en ha que trois. L'un est blanc, I à cause qu'il porte poinct blanc : et celuy est appelé de Pline, Lyarre femelle. • L'autre est noir, portant ses bayes et fruicts noirs : et selon Phne, c'est le masle. Cette espèce s'aUie volontiers es murailles. » Ce dernier seul, on le voit, peut être notre Lierre. Pour les anciens, il était acre, astringent, il guérissait les brûlures, les céphalalgies, l'odontalgie, les maux d'oreille, les ulcères, les taches au visage, la punaisie, l'aménorrhée, etc. Ce n'était pas une plante sans action, car elle pouvait produire la stérilité, et, à trop forte dose, « engendrer imbécillité et foyblesse de corps, et troubler l'esprit. » On sait combien l'on est actuellement revenu de tout cela; mais le Lierre n'est pas complètement abandonné.
On a longtemps employé en médecine une résine extraite du Lierre, la gomme hédérée ou gomme de Lierre. Elle découle naturellement du tronc des vieux Lierres, dans les jiays chauds, ou bien l'on favorise son écoulement à l'aide d'incisions, et on la laisse durcir à l'air. On l'emploie souvent en fumigations. C'est, d'après Guibourt, un mélange de résine et de gomme; il lui conserve néanmoins le nom de résine de Lierre, parce que c'est la portion résineuse qui seule est utile. Dans le commerce, cette substance est souvent en morceaux d'un brun noir, opaque, caractères dus à la croûte qui les recouvre; mais à l'intérieur ils sont transparents, vitreux, d'un rouge orangé, inodores et d'une saveur mucilagineuse. Cette portion intérieure se gonlle dans l'eau et s'y dissout en partie comme la gomme arabique. Ailleurs la masse est mêlée de fragments d'écorce rougeàtre et de petits grains rouges brillants de résine. La résine décrite par de Meuve et Lémery a une cassure vitreuse, une couleur bien rouge, une forte odeur de résine Tacamaque et de graisse rance. On a proposé de la substituer à la myrrhe. Ce doit être, dit Guibourt, une substance assez active. Pelletier a donné une analyse de la résine de Lierre (in Bidl. Pharm., IV, 504). On sup|ose qu'il a opéré sur celle qui est mélangée de fragments d'écorce, et qui se compose, suivant lui, de :
Gomme 7
Résine 23
Acide malique, cic 0,30
Ligneux très-divisc 69,70
Guibourt a vu que, sous l'influence de l'acide azotique, cette résine ne se comporte ni comme les véritables gommes, ni comme les l'ésines, ni comme le ligneux. Il suppose donc qu'elle renferme un nouveau principe immédiat que son inaltérabilité pourrait faire rechercher pour la teinture.
Le L. de Saint- Dominique est le Bignonia IJngids L. [Voy. Bignoke).
H. Bn.
L., Gen., n. 238 (part.). — G^btn., DeFruct., I, 130, t. 26. — DC, Prodr., IV, 216 — Endl , Gen. , n. 4560. — Rien. (A..), Elém., éd. 4, II, 104. — Mér. et Del., Dict., III, 456. — GiiB., Drog. simpL, éd. 4, 111, 183. — Cazin, Traité prat. et rais, des pi. médic, éd. 5, 583. — Benth. et IIook., Gen., 046, n. 55. — Mo(3.-TA^'D , Bot. médic, 196, 552.
§ II. Emploi médical. Toutes les parties du lierre ont été employées en médecine.
LIERRE (emploi médical). ' 555
Les parties les plus usitées sont les feuilles, et ensuite les baies; les unes et les autres s'emploient : en nature, pour infusion, décoction; en poudre. Le bois sert à fabriquer des pois à cautère. Vécorce a été prescrite en décoction.
h'hédérine, ou résine de lierre, paraît pouvoir se prêter aux mêmes préparations que les autres gommes-résines. Elle entre dans Voncjuent d'AUhea et duus le Baume de Fioravanti.
Action physiologique. L'hédérine possède des propriétés excitantes, analogues à celles des autres gommes-résines odorantes; d'après Stahl, elle aurait électivité d'action sur l'utérus et agirait comme emméiiagogue. L'écorce de lierre, selon qu'elle contient plus ou moins d'hédérine, a des propriétés semblables à celles de cette gomme-résine, mais toutefois plus faibles. Les feuilles ont une saveur amère et nauséeuse. Leur action, un peu excitante, semble aussi avoir de l'analogie avec celle des toniques amers. Les baies ont, à l'état frais, une saveur acidulé qui devient amère et un peu acre après la dessiccation ; elles sont éméto-catbartiques, et susceptibles, si on en abuse, de produire des accidents.
Action thérapeutique. On ne se sert plus guère des ieuilles de lierre qu'à l'extérieur. Leur usage est très-répandu pour le pansement des cautères dont elles excitent un peu la suppuration en même temps qu'elles maintiennent le pois et protègent les autres pièces du pansement. Leur décoction, aqueuse ou vineuse, a été conseillée pour tonifier les ulcères indolents, et dissiper diverses aflections chroniques de la peau. On lui attribue aussi une certaine efficacité contre la gale et la teigne. Cazin dit l'avoir vue utile contre les brûlures du premier et du deuxième degré. Les feuilles de lierre, cuites et formant cataplasmes, ont été employées avec avantage contre les engorgements froids, surtout contre ceux des mamelles; on a recommandé ces cataplasmes pour arrêter la sécrétion du lait. L'écorce de lierre était considérée autrefois conmie excitante, altérante et fondante, et on l'administrait contre la sypbilis et les dartres.
Les baies sont souvent emplo;)ées par les paysans, d'après Cazin, au nombre de dix à douze, comme purgatif; elles agissent sous ce rapport assez violemment et peuvent, comme nous l'avons dit, devenir dangereuses. Boyle les administrait cependant, à plus hautes doses, comme sudorifiques, pratique condamnée par Hoffmann et Simon Pauli; et ce n'en fut pas moins comme telles qu'on les prescrivit dans la peste de Londres, pulvérisées et délayées dans du vinaigre. Elles ont eu aussi quelque emploi, et encore dans les campngnes, contre les fièvres intermittentes. Somme toute, et malgré une certaine activité, les feuilles et les baies de lierre ne paraissent pas avoir une grande valeur thérapeutique. Peut-être n'en serait-il pas de même de l'hédérine; mais il faudrait des observations sérieuses, des apphcations suivies, pour être fixé à son égard. Ses propriétés excitantes, fondantes, emménagogues, par exemple, demanderaient à être étudiées de nouveau. 11 eu doit être de même des propriétés qu'on lui prête comme épilatoire, antiparasitaire (particulièrement contre les poux de tête), antiodontalgique, et curative ou préventive de la carie dentaire. A ces divers titres, elle paraît avoir beaucoup d'analogie avec la myrrhe. Dans l'industrie, on s'en sert pour fjire des vernis.
Doses et modes d'administration. A l'intérieur, infusion ou décoction det .feuilles, 4 à 8 grammes pour 1 litre d'eau ; poudre, 1 à 2 grammes. Poudre des baies, 30 centigrammes à 1 gramme. A l'extérieur, 10 à 20 et 30 grammes en décoction, pour lotions, fomentations, cataplasmes.
554 LIERRE TERRESTRE (emploi médical).
LBEÏSBSE TEBÎKBiS'B'ESE. § I. Botaniciue. (Foy. Cataiue, GlÉCHOME, NetETA.)
g 11. EoBipïoî inétlical. Les parties usitées sont les feuilles et les sommités.
Le lierre terrestre a une odeur forte, aromatique, mais peu agréable: sa saveur est balsamique, chaude, amère, un peu astringente; la dessiccation diminue ses propriétés ; aussi cotte plante doit-elle être séchée à l'ombre et avec soin. Son analyse n'a été faite que très-incomplétement ; les deux principes les plus importants qu'on y a reconnus sont une huile essentielle et une matière résineuse amère. Elle contient aussi du tannin; son infusion noircit par le sulfate de fer.
La préparation la plus ordinaire est l'infusion ; 10 à 20 grammes de feuilles pour 1 htrc d'eau.
Viennent ensuite le suc et le sh^op.
Quant aux autres préparations : poudre des feuilles, coiuerve, extrait, teinture alcoolique, eau distillée, elles ne sont plus employées.
Le lierre terrestre entre dans la formule de plusieurs espèces béchiques.
Action physiologique. Le lierre terrestre fait partie du groupe des labiées amères aromatiques; comme elles, probablement, il contient plus ou moins de camphre. En conséquence il est à la fois tonique, excitant, antispasmodique. Ces modes d'action ne se limitent pas aux organes respiratoires, comme pourrait porter à le penser sa réputation vulgaire dans le traitement des maladies de poitrine, mais s'étendent aux organes digestifs, aux organes génito-ur inaires; il peut donc se comporter comme agent béchique, anticatarrhal, stomachique et diurétique. Il passe en outre pour être un peu astringent, ce qu'il doit au tannin, et vermifuge, ce qui dépend probablement de son huile essentielle et de sa résine amère. Mais quelque variées que soient ses propriétés, toutes ne semblent s'exercer qu'à un degré plus ou moins modéré et ne constituent qu'un médicament auxiliaire dans la thérapeutique des maladies contre lesquelles on l'a préconisé.
Action thérapeutique. Le lierre terrestre partage avec le lichen d'Islande la vogue populaire dans le traitement des maladies de poitrine. Toute exagération mise de côté et l'utiHté des deux étant admise, l'emploi du premier se justifie encore mieux que celui du second. En effet, le lierre terrestre a réellement plus d'action, non-seulement sur le système broncho-pulmonaire, mais sur l'ensemble des conditions qui créent la gravité et surtout la chronicité des maladies de cet appareil. De plus, et se rapprochant en cela de la gomme ammoniaque et de la myrrhe, il facilite l'expectoration s'il y a heu, mais il combat aussi les sécrétions morbides qui la provoquent. C'est cette double propriété qui indique son emploi à la fin des bronchites aiguës et dans tout le cours des bronchites chroniques ; de même, sur le déclin des pneumonies, en excitant le tissu pulmonaire, il favorise la résorption des produits phlegmasiques. Mais de là à guérir la phlhisie pulmonaire, comme on le prétendait autrefois, il y a loin. Ici ce n'est plus qu'une utilité restreinte qu'il manifeste, mais réelle encore, puisqu'il peut contribuer à suspendre momentanément les sécrétions purulentes entretenues par la lésion tuberculeuse. Ainsi seulement s'expliquent les succès, autrement mal interprétés, qu'auraient obtenus, de l'emploi du herre terrestre dans le traitement de la phthisJe pulmonaire, Ettmùller, Wilhs, Morlon, Murray, Rivière, Sauvage, etc. En d'autres termes, effets palliatifs s'il s'agissait de la tuberculisation vraie, effets curatifs admissibles dans ces cas de catarrhes broncho-pulmonaires si facilement comptés pour des phthisies avant la découverte de l'auscultation.
De même, il ne faut inférer qu'avec une très-grande réserve, des observations de Murray, l'efficacité spéciale, selon cet auteur, du lierre terrestre dans la phthisie