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V. Laurier Camphrier. [Voy. Camphre

VL Laurier Casse {Laurus Cassia, Cinnamomum Cassla.) Cet arnre, origi-

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iiaire de la Chine et cultivé à Java, fournit à la matière médicale : ïécorce de cassia et les fleurs ou clous de cassia.

1" L'écorce nous vient de la Chine, de la côte de Malabar, de Manille ou de Maurice. Analysée par Bucliolz, elle a donné : huile essentielle, 0,8; résine, 4,0; gomme, principe astringent et extractif, 14,6 ; ligneux et bassorine, 64,5 ; eau et perte, 16,5.

Quand on traite une décoction d'écorce de laurier casse par le sesquichlorure de fer, la liqueur noircit par suite de la formation d'un tannate de fer; avec la gélatine il se produit aussi un précipité ; la teinture d'iode la bleuit, ce qui la distingue d'une décoction d'écorce de cannelle.

2" Les clous ou boutons de laurier casse proviennent très-vraisemblablement du même arbre que l'écorce. Ils nous viennent de Canton. Ils renferment une essence et du tannin.

Le laurier casse, très-anciennement connu comme bois de parfum chez les Hébreux, a été employé à titre de médicament, par Hippocrate, Dioscoride, etc. Aujourd'hui son usage est très-borné en Angleterre, et il est nul chez nous. Les médecins anglais se servent de l'huile essentielle de casse à la dose de 1 à 4 gouttes; de l'eau de casse obtenue en distillant de l'eau alcooUsée sur l'écorce et qu'ils emploient comme véhicule de potions stimulantes, et enfin de la teinture de casse. Celle-ci se donne à la dose de 1 à 2 gros dans des boissons toniques.

Le malabathrum est rapporté par quelques auteurs, à tort, paraît-il, au laurier casse. {Voy. la Botanique du mot Malabathrum). Quoi qu'il en soit, cette substance si recherchée des anciens à cause de son parfum, et qui était employée chez eux à titre de médicament, est complètement tombée en désuétude.

VIL Lacrier cuulawan ou Beeberu {Laurus Culilawan de L.). C'est Varhreà cœur vert des Anglais {green heart treé) ou Bibiru ou Beeberu, car l'orthographe de ce mot n'est pas encore fixée. C'est un arbre de la Guyane anglaise. Son bois très-dur et très-lourd s'enfonce dans l'eau et est susceptible de prendre un beau poli ; il paraît à peu près incorruptible. Les tourneurs anglais lui ont donné le nom de bois au cœur vert {green heart wood) . Pereira, qui a consacré à ce médicament un article très-étendu a décrit ainsi l'écorce de cet arbre : « L'écorce de bibiru ou beeberu {cortex bibiru) se tire du tronc. Elle se présente sous l'aspect de morceaux considérables, très-lourds et plats, ayant 1 à 2 pieds anglais de long, 2 à 6 pouces de large, et 5 à 4 hgnes d'épaisseur. Elle est recouverte extérieurement d'un épidémie caduc, gris brunàti-e ; elle a en dedans la couleur de cannelle brune; sa cassure est fibreuse, sa saveur est amère, très-forte et persistante, avec astringence marquée ; elle n'est ni aromatique, ni acre, ni piquante (Pereira, vol. II, part. I, 467).

Signalées en 1769 par Bancroft, les propriétés thérapeutiques du beeberu ont été principalement étudiées par le docteur Roder ou Rodie, chirurgien de la marine anglaise, qui, en 1854, signala l'analogie médicamenteuse de la beeberiiie et de la quinine. Le nom de nectandra Rodei donné au beeberu par quelques botanistes a consacré le souvenir des recherches de ce médecin.

L'écorce et les graines de cet arbre ont été analysées par Maclagan qui y a signalé l'existence de deux alcaloïdes, la beeberine et la sipirine; mais un examen plus attentif permit de reconnaître que le second n'était qu'un produit de l'oxydation du premier. Cet alcaloïde y est associé à une résine, du tannin, de l'amidon, du ligneux, etc. Il existe dans les proportions de 2,50 environ p. 100. La beeberine est une substance incristallisable, jaune, amorphe, d'aspect réii-

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neux, mais elle devient blanche quand elle est réduite en poudre; elle est trèssoluble dans l'alcool, moins dans l'éthev et très-peu dans l'eau. Sa dissolution alcoolique a une réaction alcaline. Elle se dissout dans les acides, et forme avec eux des sels jaunes amorphes. On avait prétendu que la beeberine avait la même formule que la morphine, dont elle n'était qu'une modification isomérique. L'analyse de Planta lui assigne la composition suivante : C^^H'^Az^O®. On la retire du sons-sulfate de beeberine obtenu lui-même par un procédé analogue à celui à l'aide duquel on prépare le sulfate de quinine. La beeberine forme avec l'acida sulfurique deux sels : le sulfate neutre (Bi SO^) et le sous-sulfate (2Bi SO^). Ce dernier est le seul employé; il est très-amer, soluble dans l'alcool, légèrement soluble dans l'eau froide ; sa solubilité dans ce liquide est favorisée par l'addition d'acide sulfurique. {Voy. Pereira, loc. cit., pasfiim.)

Le travail du docteur Douglas Maclagan lu devant la Société royale d'Edimbourg, en ISiô, c'est-à-dire neuf ans après les recherches de Roder, fixa d'une manière particulière l'attention des médecins sur cette substance intéressante, et en 1850, un autre médecin anglais, le docteur Stratton, consigna dans VEdinhurgh Médical Journal le résumé des résultats qu'il avait obtenus de la beeberine employée comme fébrifuge dans le cours d'un voyage d'émigration. Dès lors, on conçut l'espoir d'avoir trouvé un succédané du sulfate de quinine aussi efficace que ce médicament et beaucoup moins dispendieux. Des faits empruntés à Anderson, Ewatt, Bennet, Simpson, etc., vinrent confirmer ces espérances; ce médicament devint d'un usage assez répandu en Ecosse, et, en 1851 , Becquerel fit connaître au public médical français dans le Bulletin général de thérapeutique {Note sur l'emploi du sulfate de beeberine dans le traitement des fièvres intermittentes ; m Bullet. de th., t. XLI, p. 295, 1851) les résultats auxquels l'avaient conduit ses essais sur ce nouveau fébrifuge. Sept cas de fièvre intermittente ont été traités par le sulfate de beeberine, et ont cédé après une administration de Os^SO à 2 grammes du sel, répétée pejidant un nombre de jours qui a varié de 1 à 4. L'auteur conclut à la idéalité de l'action fébrifuge du sulfate de beeberine, et fait ressortir la modicité du prix de ce médicament qui ne coûte environ que le quart du sull'ate de quinine. Ce serait là une condition fort avantageuse, si la beeberine avait les mômes vertus que la quinine. Or, il faut remarquer qu'on est placé sur un mauvais terrain à Paris pour expérimenter un fébrifuge. Les fièvres intermittentes y sont peu tenaces, et elles tendent d'elles-mêmes à la guérison. Il aurait fallu reprendre ces essais, et sur une large échelle, dans des localités marécageuses. Or je ne sache pas que ce médicament ait été essayé, ni dans les colonies, uidans les provinces, telles que la Bresse, la Saintonge, etc., où règne le paludisme. On a si souvent annoncé la fin du règne de la quinine, et son remplacement par un autre alcaloïde que l'annonce d'un nouveau succédané est accueillie avec un certain scepticisme. Il est plus prudent de compter sur la fiibrication arlificielle de la quinine, progrès dont la chimie n'est pas ti'ès-loin, et qu'elle réalisera un jour, il est permis de l'espérer.

Les doses du sulfate busique de beeberine sont les mêmes que les doses fébrifuges de la quinine de 0s'',6 à 1 gramme. On l'emploie en pilules ou en solution aqueuse obtenue à l'aide de quelques gouttes d'acide sulfurique et avec addition de sirop d'écorces d'oranges amères.

La poudre de l'écorce serait probablement susceptible de toutes les préparations auxquelles on soumet l'écorce de quinquina, mais on no s'est occupé jusqu'ici que di; sulfate de beeberine.

mcT. EKc. 2' s. II. 7)

'ai LAlJFiIER (emi'Loi médical).

En résumé, s'il n'est pas possible de nier la valeur de la beeberine comme fébrifuge, elle n'est assez active, ni assez sûre pour qu'on la substitue à la quinine dans les cas d'accès qui s'éloignent des cal'actères d'une simplicité absolue. {Bullet. deth, t. LXVIU, p. 69.)

Un médecin aiigkis, H. LIewellyn Williams, a proposé de substituer le sulfate de beeberine au sulfate de quinine dans le traitement de l'ophthalmie scrofuleuse. J'ai cherché à démontrer, dans un travail publié il y a quelques années, Du caractère névralgique de la photophobie qui complique certaines ophthalmies, notamment l'ophtalmie phlyctémdaire et de son traitement par le sulfate de quinine [Bidl. de the'r., t. LXVIH, 1865, Phlyctémdaire), l'action très-remarquable que ce dernier médicament exerce contre la photophobie liée à l'ophthalmie phlycténuiaire des enfants scrofuleux, action du reste admise par Lawrence, Mackensie, Quadri, Deval. Le sulfate de beeberine a-t-il la même efficacité? C'est possible, mais il faut le démontrer par des observations bien faites.

Je signalerai enfin l'emploi du sulfate de beeberine contre la diarrhée. Le docteur Clarence Matthews, qui a publié à ce sujet une note dans le journal the Lancet (septembre 1854), n'émet que des assertions assez vagues et dont la sévérité clinique s'accommode mal. Qu'on s'en tienne à l'action fébrifuge, c'est assez pour le moment. Au reste, la beeberine n'a guère pris en France, car je ne sache pas que depuis 1851, c'est-à-dire depuis le mémoire de Becquerel, rien ait été publié chez nous relativement à cet alcaloïde. Trop d'enthousiasme d'abord, trop d'indifférence ensuite, c'est l'histoire invariable de toutes les nouveautés thérapeutiques.

VIII. Laueier pichof.im (Ocotea/)ic/m>'im Humboldt et Bonpland). C'est le &oJs d'anis. Cet arbre, qui croît sur les bords de l'Orénoque, donne une écorce décrite jadis par Murray sous le nom à' écorce de Pichurim et des semences appelées fèves pichurim ou noix de sassafras.

La lève de pichurim se présente sous deux états ; i'une est la fève pichurim vraie, l'autre est la fève pichurim bâtarde. Son odeur est intermédiaire entre celle de la muscade et du sassafras. Substance aromatique, susceptible de servir comme parfum, mais ayant été peu étudiée au point de vue médical,

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