I.IXGIJAL TRAl^SVERSE (MuSCLE). VoiJ- LaNGUE
LIXGUAL (Nerf). Voy. Maxillaire supériedr (Nerf).
OXGL'Ali DE HIKSCBIFEL» (Nerf). C'est le rameau du nerf facial qui va aux muscles stylo-glosse et glosso-staphyhn. [Voy, Facial (nerf).]
liWiGLiALES (ARTÈRE ET VEiNEs). § L Anatomie. Il est peu d'orgaues supérieurs à l'organe du goût sous le rapport de la richesse vasculaire : aussi les vais-
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seaux artériels et veineux destinés à la langue présentent-ils un calibre relativement considérable.
I. Artère. § I. Anatomie. L'artère UnfjKale naît sur la face antérieure de la carotide externe, entre la thyroïdienne supérieure et la faciale. On la voit souvent (7 fois sur 50 d'après Haller) se détacher de la faciale, beaucoup plus rarement de la thyroïdienne supérieure. Dans la majorité des cas, son origine est située sur le trajet d'une ligne qui prolongerait en arrière la grande corne de l'os hyoïde ; mais il existe, à cet égard, d'assez nombreuses variétés. Sur 58 sujets examinés à ce poin^ de vue, Mirault a trouvé que la linguale naissait 21 fois au niveau de la grtinde corne, 14 fois de 2 à 16 millimètres au-dessus et 3 fois seulement de 2 à 6 millimètres au-dessous. Quelle que soit, d'ailleurs, sou origine, elle ne tarde pas à prendre se rapports normaux avec l'os hyoïde et le muscle hyo-glosse.
D'abord légèrement oblique en haut et en avant, l'artère linguale devient ensuite horizontale et parallèle au bord supérieur de la grande corne de l'os hyoïde, dont elle est éloignée de 1 à 2 millimètres ; c'est dans celte portion de sou trajet qu'elle s'engage au-dessous du muscle hyo-glosse. Arrivée \ers la partie moyenne de la grande corne de l'hyoïde, un peu au delà du bord antérieur de l'hyo-glosse, elle change de direction, devient sensiblement ascendante, gagne l'épaisseur de la langue et s'applique sur la face externe du muscle génio-glosse, qu'elle suit en serpentant, jusqu'à la pointe de la langue, où elle se termine en s 'anastomosant avec la hnguale du côté opposé. Les nombreuses tlexuosités qu'elle décrit dans tout son parcours lui permettent de s'accommoder, sans se rompre, aux changements de volume que l'organe du goût subit à chaque instant.
Dans sa première portion, c'est-à-dire depuis son origine jusqu'à la grande corne de l'os hyoïde, l'artère linguale est recouverte par le digastrique, le stylo-hyoïdien et le nerf grand hypoglosse. Au-dessus de l'os hyoïde, elle est comprise entre la face profonde du muscle hyo-glosse et le constricteur moyen du pharynx; on la voit cependant, quelquefois, s'engager dans l'épaisseur même des fibres de l'hyoglosse, mais cette disposition est extrêmement rare et, pour ma part, je ne l'ai jamais rencontrée dans mes dissections. Dans la langue, où elle prend le nom d'artère ranine, l'artère linguale se trouve d'abord située entre le constricteur supérieur du pharynx et le basio-glosse, puis entre le génio-glosse et le hngual inlérieur qui la recouvre toujours dans une certaine portion de son étendue. Les deux linguales ne sont [lus alors séparées, jusqu'à leur terminaison, que par l'épaisseur des deux muscles géuio-glosses, et s'envoient, à travers les faisceaux de ces muscles, des anastomoses transversales ; leur face inférieure est en rapport avec le nerf lingual et la muqueuse.
Trois branches collatérales naissent de l'artère linguale. Ce sont, par ordre d'origine : 1° le rameau sus-hyoïdien, 2" l'artère dorsale de la langue, 5° l'artère sublinguale.
Le rameau siis-hijoïdien u'cst qu'une artériole sans importance qui suit le bord supérieur de l'os hyoïde et va, sur la ligne médiane, s'anastomoser avec celle du côté opposé, dans l'espace celluleux compris entre les muscles génio-hyoïdien et génio-glosse.
L'artère dorsale de la langue est rarement d'un volume bien considérable ; parfois elle manque complètement. Elle naît au niveau de la grande corne de l'os hyoïde, se dirige de bas en haut sur les parties latérales de la langue, à la hauteur du pilier antérieur du voile du palais, auquel elle donne quelques rameaux trèsgrèles ; puis elle change de direction, se porte de dehors en dedans et d'arrière
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en avant, et se termine sous le V lingual, en s'unissant à sa congénère. Ses principaux rameaux sont destinés à la muqiiouse de la langue, à l'amygdale et à l'épiglotte ; Ces derniers s'anastomosent avec les branches terminales de l'artère laryngée supérieure.
L artère suhUnguale est la plus volumineuse des trois branches collatérales & la linguale. D'après Cruveilhier, elle provient aussi souvent de la faciale, par un
a. Muscle masséter. — h. Glande parofiJe. — c. Faisceau longitudinal du stylo-glo^sc. — d. Glande sublinguale. — ee. Muscle liyo-glosse. — 1. Tionc de la carotide primitive. — -l. Tronc de la cai'olidc
interne. — 3. Tronc de la carotide externe. — 4. Thyroïdienne supérieure. —5. Linguale. — 6. Faciale.
7. Rameau sus-hyoïdien de la linguale. — 8. Artère dorsa'.c de la langue. — 9. Artère sublinguale.
tronc commun avec la sous-mentale, que de la linguale elle-même. Née au-devant du bord antérieur de l'hyo-glosse, elle se porte horizontalement d'arrière en avant, entre le mylo-hyoïdien et le génio-glosse, accompagne le canal de Wharton et suit le bord inférieur de la glaude sublinguale, à laquelle elle fournit quelque rameaux. Très-flexueuse dans tout son parcours, elle se subdivise, un peu avant d'arriver au frein de la langue, en deux; branches terminales. La plus volumineuse porte le nom A' artère du frein; elle s'anastomose par arcade avec celle du côté opposé ; l'autre se ramifie dans la muqueuse buccale, traverse le ventre antérieur du digastrique et va s'unir à des rameaux de la sous-mentale. A parties trois branches précédentes, la linguale donn: encore un grand nombre
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de rameaux innominés qui, presque tous, se détachent de sa face supérieure et montent verticalement au milieu des fibres .musculaires de la langue, jusqu'à la muqueuse. La distribution de ces rameaux aux différentes papilles de l'organe du goût a déjà été exposée dans un autre article. {Voy. Langue.)
II. Yeines. En raison de sa très-grande mobilité et de la compression nécessairement exercée sur les vaisseaux pendant les contractions musculaires, la langue est pourvue d'un double réseau veineux destiné à mieux assurer la circulation de retour et à prévenir la stase sanguine. On y distingue donc, comme aux membres, des veines siqjerficielles et des veines profondes.
Les premières tirent directement leur origine des réseaux soiis-muqueux. Celles de la face dorsale forment, vers la base de la langue, un riche plexus en communication avec les veines tonsillaires et épiglottiques. De ce plexus part, de chaque côté, un gros tronc qui accompagne le nerf lingual et qui, après avoir reçu des branches venues de la langue et de la glande sublinguale, aboutit à la veine faciale ou à la pharyngienne, souvent même à la jugulaire externe. Ce tronc s'anastomose largement avec les veines superficielles de la lace inférieure de la langue. Cefies-ci portent le nom de vemes ranines, et sont au nombre de deux, une pour chaque moitié de l'organe. Dirigé'es d'arrière eu avant, en dehors du lingual inférieur, elles suivent le trajet du nerf grand hypoglosse, entre les muscles génioglosse et hyo-glosse, reçoivent des rameaux de la glande sublinguale et font, de chaque côté du frein, une saillie bleuâtre. Les veines ranines communiquent avec un très-riche plexus situé sur les côtés de la langue; elles se jettent dans la veine faciale ou dans le tronc commim des veines dorsales.
Les veines profondes se résument en deux troncs de très-petit calibre qui accompagnent l'artère linguale et l'enlacent de leurs anastomoses, à la manière des veines profondes des membres. Ces deux troncs aboutissent à la veine faciale ou à la jugulaire interne, quelquefois au tronc commun des veines dorsales ou à la jugulaire antérieure, ainsi que Cruveilbier l'a observé une fois. Sur le tiers des sujets environ, l'artère linguale n'a qu'une seule veine collatérale.
Toutes les veines de la langue sont munies de valvules.
§ II. Pathologie et médecine opératoire. Malgré leur volume considérable, les vaisseaux de la langue n'ont qu'une importance très-médiocre au point de vue pathologique. La plupart de leurs lésions ne méritent pas une étude séparée. Et presque toutes les considérations qui auraient pu, à la rigueur, être insérées ici, ont déjà été exposées dans un autre article. [Voij. Langue.) 11 est douteux que l'on connaisse plus d'un cas d'anévrysme vrai de l'artère linguale, il a été cité par CoUomb. Tous les autres paraissent plutôt se rapporter à des tumeurs érectiles, genre d'alfectiou dont je n'ai point à m'occuper ici.
A. Artère. Par sa position profonde, l'artère linguale est peu exposée à l'action des corps vulnérants. Sa situation au milieu d'une masse musculaire peu résistante lui permet de céder à la pression des pi-ojectiles et d'échapper ainsi aune lésion qui semblerait a priori inévitable. On connaît un assez grand nombre d'exemples de balles, de chevrotines ayant traversé la langue ou s'étaut logées dans son épaisseur; mais dans aucun de ces cas il n'est fait mention d'une hémorrhagie grave due à la section de la principale artère de l'organe du goût. J'en excepterai pourtant l'observation rapportée par Maisonneuve {Clinique chirurgicale, t. II) : une balle entrée par la région sous-hyoïdienne avait intéressé l'artère ranine du côté gauche et donné heu à un écoulement sanguin qui nécessita la ligature de la linguale.
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Les plaies par instrument tranchant sont plus fréquentes, mais presque jaznais accidentelles. Le plus souvent, en effet, elles succèdent à une opération chirurgicale et l'ouverture de l'artère est faite de parti pris.
On s'est beaucoup préoccupé d'éviter l'artère ranine en pratiquant la section du frein de la langue. N'y aurait-il pas eu à cet égard quelque exagération? Sans doute, la lésion de l'artère principale n'est point impossible à un opérateur malhabile ou à la suite d'un faux mouvement. Mais si l'on admet que le tranchant des ciseaux ne doit porter que sur la muqueuse du fdet, on concevra sans peine que le seul vaisseau qui coure des risques sérieux soit l'artère du frein ou tout autre petite branche de l'artère sublinguale. En pareil cas, l'hémorrhagie, bien que peu abondante, n'en doit pas moins être attentivement surveillée, car, entretenue par les continuels mouvements de succion de l'enfant, elle pourrait devenir dangereuse par sa continuité même. Il est rare, d'ailleurs, qu'elle ne cède pas à une simple cautérisation au nitrate d'argent.
Toutes les fois qu'on attaque une tumeur de la langue avec l'instrument tranchant, on intéresse nécessairement l'une des artères linguales au moins, et l'on est exposé à un écoulement sanguin d'autant plus grave que l'on agit plus près de la base de la langue, c'est-à-dire sur un point plus rapproché de l'origine des vaisseaux. L'emploi des seri'e-nœuds ou de l'écraseur, tout en diminuant les chances d'hémorrhagie, n'en met cependant pas à l'abri d'une manière certaine. Porter une ligature sur l'extrémité divisée de l'artère est chose à peu près impossible, à cause de la profondeur delà plaie. D'ailleurs le vaisseau se rétracte constamment et disparaît au milieu des parties molles où l'on ne peut l'atteindre, à moins qu'on n'ait, au préalable, scié le maxillaire inférieur sur la ligne médiane. Le cautère actuel est alors le seul hémostatique vraiment utile dans la plupart des cas ; mais il ne réussit pas toujours, soit que l'hémorrhagie persiste malgré l'application du feu, soit qu'après avoir cédé momeiitanément, elle se reproduise à la chute des cschares. En présence d'un écoulement sanguin incoercible, il n'y a plus d'autre parti à prendre que d'aller lier l'artère linguale dans les parties saines, loin du siège de la blessure.
On a prétendu que Collomb, le premier, pratiqua cette ligature. C'est là une erreur qu'il importe de rectifier. Après avoir ouvert un anévrysme de la linguale, Collomb fit une ligature médiate dans l'épaisseur même de la langue. C'est à Céclard que revient l'honneur d'avoir le premier songé à porter un 111 sur cette artère. Blandin décrivit ensuite un procédé qui permet d'arriver au but, par la région sus-hyoïdienne, mais il n'eut jamais occasion de l'appliquer sur le vivant. La première ligature de linguale fut pratiquée par Mirault (d'Angers), en 185-4. Ayant à enlever un volumineux cancer de la langue, et craignant l'hémorrhagie, Mii"ault voulut lier préalablement les deux artères linguales, mais il ne put atteindre le vaisseau du côté gauche. Il fut plus heureux du côté droit et réussit à porter un fil sur l'artère, mais après avoir été obligé de couper, entre deux ligatures, la veine jugulaire externe et la veine pharyngienne ; l'ablation de la tuineiu- se fit du reste sans hémorrhagie, bien que l'artère linguale gauche n'eût pas été liée. Peu après, Flaubert répéta la même opération dans des circonstances analogues, mais en produisant des délabrements plus considérables encore, car il excisa la portion inférieure de la glande sous-maxillaire qu'il avait d'abord prise pour un ganglion tuméfié, il coupa l'anse de l'hypoglosse et sectionna, entre deux hgatures, la veine jugulaire externe et le confluent des veines linguales et pharyngiennes. Viennent ensuite d'autres opérateurs parmi lesquels il faut surtout citer Demar-
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quay qui, après avoir lié huit fois la linguale avec succès, a consigné le résiiltai de ses reclierclies dans un intéressant et consciencieux ménioli^e que j'ai mis à profit pour la rédaction de cet article. J'emprunte à ce mémoire le tableau suivant comprenant douze cas, dans lesquels la ligature de la linguale a été pratiquée dans des circonstances diverses.
A ces douze opérations, j'en ajouterai deux autres pratiquées par Malgalgne, dans le but de prévenir l'hémorrhagie pendant l'ablation de deux tumeurs cancéreuses de la langue étendues jusqu'au plancher de la bouche. (Malgaigne, Médecine opératoire, 1^ édition, 1861, page 497.)
11 suffit d'un coup d'œil jeté sur ces quatorze observations, pour voir que l'artère linguale a été liée : 1" pour arrêter une hémorrhagie fournie par une blessure ou une ulcération de la langue ; 2" pour prévenir l'écoulement sanguin pendant l'ablation d'une tumeqr cancéreuse de l'organe du goût ; 3 ' Pour arrêter le développement d'un cancer ou d'une tumeur érectile et atrophier la production pathologique.
Trois fois la ligature a été pratiquée pour arrêter une hémorrhagie. Une première fois par Maisonneuve, dans un cas auquel j'ai déjcà fait allusion. La balle avait traversé de bas en haut la région sus-hyoïdienne et le plancher de la bouche, prosque sur la ligne médiane. L'écoulement sanguin ne put être maîtrisé par le tamponnement, et il fallut se décider, au bout de plusieurs jours, à agrandir l'ouverture faite à la peau et à lier an fond de la plaie l'extrémité béante de l'aiière divisée. Malgré la ligature, l'Iiémorrhagie se renouvela et emporta le malade.
Déguise fut plus heureux : appelé près d'un enfant de 2 ans et demi, dont la langue était le siège d'un naevus ulcéré par la surface duquel le sang s'écoulait en nappe, il employa d'abord la cautérisation, mais sans résultat. L'hémorrhagie continuant et l'enfant étant presque exsangue, le chirurgien lia la linguale du côté droit. Le sang s'arrêta immédiatement, mais il reparut le cinquième jour pendant quelques moments seulement. Le septième jour, nouvelle hémorrhagie très-abondante, qui cessa spontanément et ne se renouvela plus. L'enfant guérit.
Dans l'observation de Demarquay, le résultat ne laisse rien à désirer. Après l'ablation d'un cancer de la langue, l'artère s'était rétractée dans les tissus, et le cautère actuel fut insuffisant pour arrêter l'hémorrhagie. La ligature de la linguale fut pratiquée, et l'écoulement sanguin cessa immédiatement pour ne plus reparaître.
En somme, deux succès sur trois opérations, et encore, avant d'accuser la hgature, faut-il faire la part de toutes les circonstances qui ont précédé la mort du malade de Maisonneuve. Au reste, quand il s'agit d'une hémorrhagie incoercible, je ne crois pas que la question d'hidication doive être posée. Lorsque tous les hémostatiques ont été vainement employés, lorsque le malade paraît voué à une mort certaine, la ligature s'impose au chirurgien ; c'est là une affaire de nécessité et non de choix.
Comme hémostatique préventif, la ligature préalable d'une ou des deux linguales a été pratiquée six fois avant l'ablation d'un cancer de la Iruigue. Mirault, Flaubert, Roux, Sédillot, l'ont exécutée chacun une fois; Malgaigne Ta faite deux fois. Dans tous ces cas, l'interruptioa du cours du sang a permis d'achever l'extirpation de la tumeur sans accidents, et presque à sec. On est donc en droit d'en conclure avec Demarquay, que la ligature préalable de la hngualc est avantageuse, lorsqu'on doit pratiquer une opération grave sur la base de la langue. Ceci soit dit, sans rien préjuger sur le choix que le chii'urgien est toujours autorisé à
LINGUALES (pathologie)
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