Ô16 LINIMENTS
génitale du mâle est placée en dessous et en avant ; l'orifice vulvaire est à l'extrémité postéiienre près de l'anus.
Les Linguatules sont ovipares ; les individus sortant de l'œuf ont beaucoup d'analogie avec ceux des Lernées, qui sont des crustacés parasites. Les jeunes Linguatules vivent d'abord dans le corps des Vertébrés, dans les cavités ultérieures, les sinus olfactifs, la tracbée-artère, les poumons, le foie, le péritoine, etc. On les a observées sur les mammifères, les reptiles, les poissons et enfin sur l'homme. R. Leuckart s'est assuré que les Linguatules sont premièrement agames et vivent alors enkystées dans le corps d'animaux phytophages, et puis qu'elles passent à l'état adulte, et deviennent sexuées, dans les carnassiers qui mangent ces derniers : Les Linguatules enkystées du péritoine des Lapins apparaissent sexuées et ténioïdes dans les sinus olfactifs des Chiens.
Beaucoup d'espèces de Linguatules décrites par les auteurs sont nominales, n'étant que le jeune âge les unes des autres. L'espèce qu'on a trouvée sur l'iiomme paraît appartenir à la Linguatida serrata de Frœlich. La première observation a été publiL'e par de Siebold, en 4855, et se rapporte à un Ver observé en Egypte dans les intestins grêles des nègres et sur le corps d'une girafe ; ce ver fut décrit dans une note manuscrite de Pruner et puis revu par Bilharz, au Caire. Siebold appelait cet animal Pentaslomum constrictum. Peu après Zenker observa à Dresde, sur dix cadavres, des kystes remplis par de véritables Linguatules. Des dix cadavres, huit appartenaient à des hommes ; trois manouvriers, un commerçant, un charpentier, deux ouvriers et un prisonnier; deux appartenaient à des femmes, une mendiante et une ouvrière. L'âge variait de 21 à 74 ans. Trois de ces personnes avaient vécu à Dresde, quatre provenaient de diverses parties de la Saxe; deux étaient de passage à Dresde.
Heschl a confirmé à Vienne les faits observés par Zenker.
Les jeunes Linguatida serrata trouvées sur l'homme et déjà observées chez plusieurs mammifères tels que la chèvre, le lièvre, le cochon d'Inde, le lapin, le cheval, le chien, le loup, etc., sont longues de 5 à 7 millimètres, larges de 2, à corps mou, oblong, renflé en avant, comme spatule, aplati, ridé en travers, à bords denticulés.
L'action de ces curieux parasites, très-rares chez l'homme, est encore à étudier.
A. Laboulbène.
LllViiii£i\TSt. Les liniments (de linire, oindre, frotter), sont des médicaments destinés à l'usage externe, et dont on se sert pour oindre ou frictionner la peau, soit que l'on veuille agir sur la surface même, soit que l'on désire transmettre l'action à l'intérieur par voie d'absorption. La composition des liniments est extrêmement variée. On emploie comme tels de l'huile chargée de différents principes médicamenteux, des mélanges de matières grasses et de liquides spiritueux, des liquides alcooliques, de la glycérine, etc. On y fait entrer le savon, le camphre, l'opium, l'ammoniaque, le chloroforme, l'éther chlorhydrique chloré, etc.
La préparation des liniments est plus ou moins compliquée. Le plus souvent ils consistent en un mélange de différents liquides. Lorsque le Uniment consiste en une huile (huile d'olive, huile d'amandes douces ou une huile médicinale) et un liquide insoluble dans l'huile comme le laudanum, la teinture d'opium, etc., on peut se contenter, il est vrai, de peser les deux substances dans une fiole et de recommander d'agiter chaque fois qu'on veut faire usage du liniment. Mais il est
préférable, comme le recommande le Codex, d'ajouter une petite quantité de cérat pour faciliter la mixtion des liquides qui servent à préparer le médicament. 2 grammes de cérat suffisent pour 20 grammes d'huile. On met le cérat dans au mortier, on verse un peu d'huile dessus, on ajoute le Uquide médicamenteux, et ensuite le restant de l'imile. Les liniments préjiarés de cette manière se conservent plusieurs jours sans avoir besoin d'être agités, et si une partie de l'huile surnage, la plus faible agitation suffit pour rétablir l'équilibre. Lorsqu'un extrait doit faire partie d'un liniment huileux, il faut dissoudre cet extrait dans une petite quantité d'eau, de manière à en faire un liquide sirupeux, et ajouter ensuite du cérat simple pour facihter la suspension du soluté dans l'imile.
Le savon possède comme le cérat la propriété de rendre plus facile la suspension d'un liquide aqueux ou alcoolique dans un corps gras liquide. S'il entre du savon dans un liniment, il y a tout avantage à rem[iloyer en poudre plutôt que mou ; on triture dans un mortier la poudre de savon avec un peu d'huile, on ajoute ensuite cette dernière, et enfin la teinture ou l'alcoolat. La teinture ou alcoolé de savon peut très -bien servir aussi à cet usage.
Les liniments sont le plus souvent liquides, mais quelquefois aussi leur consistance est la même que celle des pommades. On en fait l'application, soit à l'aide de la main nue ou gantée, soit avec un morceau d'étoile qui est le plus souvent une flanelle.
La plupart des liniments sont pi'escrits extemporanément et préparés de même sur l'indication des médecins, aussi le nombre des liniments est-il très-considérable. Nous ne donnerons que les formules de ceux qui sont le plus employés. Pour les hniments à l'aconitine, à l'atropine, au camphre, au chlorotoinic, à la belladone, au phosphore, à la vératrine, etc., etc. {Voy. ces noms.)
Liniment anlinévralgique . (Debout.) Baume tranquille 15 grammes, extrait <ie belladonne 0s^50, extrait de jusquiame 0^%50, laudanum de Sydenham 4 grammes, chloroforme 4 grammes. Mêlez et conservez dans un tlacon àl'émeri. Une ou deux cuillerées à café en onction sur la partie douloureuse que l'on recouvre d'une carde de coton.
Liniment calcaire, linvment oléo-calcaire, savon calcaire. Huile d'amandes ■douces 100 grammes, eau de chaux 900 grammes. On introduit les deux liquides dans un flacon, et on agite fortement ; on verse le tout dans un entonnoir dont on a fermé la douille ; on laisse en repos pendant une minute ; on fait écouler l'eau accumulée à la partie inférieure, et on reçoit dans un flacon à large ouverture la masse crémeuse qui reste en dernier heu et qui seule doit être employée. (Codex.) Quelquefois on se contente de donner pour liniment calcaire un mélange à partie égale d'huile et d'eau de chaux. Le liniment calcaire préparé comme l'indique le €odex, agit sur les brûlures d'une manière beaucoup plus efficace; on en induit la partie brûlée et on le recouvre avec une couche de coton cardé ou avec du linge. Lorsqu'on ajoute du laudanum de Sydenham à ce liniment, la proportion doit en être toujours très-minime, car en raison de l opium qu'il renferme, l'absorption par la peau pourrait être assez considérable pour produire des accidents.
Liniment camphré ou huile camphrée. (Voy. Camphre.)
Liniment camphré opiacé. [Voy. Camphre.)
Liniment contre les engelures non ulcérées. (Beasley.) Sulfate d'alumine et de potasse 8 grammes, vinaigre 200 grammes, alcool faible 200 grammes. On fait dissoudre l'alun dans le vinaigre, et l'on ajoute l'alcool ; on filtre. Cette solution est appliquée matin et soir sur les mains qui sont le siégo des engelures.
Liniment contre les engelures. (Gofin.) Camphre 4 grammes, essence de térébenthine 30 grammes. On en frictionne les engelures a\ant la période ulcérât ive.
Liniment contre les engelures (}\Arlo\m.) Baume du Pérou noir 5 grammes,, alcool 125 grammes, acide chlorliydrique 4 grammes, teinture de benjoin 15 grammes. On fait plusieurs fois par jour des emhrocations sur les parties malades et non ulcérées.
Liniment contre les engelures non ulcérées. (Richardin.) Camphre 2 grammes, ammoniaque liquide 2 grammes, alcool 50 grammes, essences de camomille et de genièvre, de chaque 50 centigrammes.
Liniment excitant du formulaire des hôpitaux de Paris. Alcoolat de Fioravanti 40 grammes, huile d'amandes douces 40 grammes, alcool camphre 15 grammes, ammoniarjue liquide 5 grammes. On mêle dans un flacon bien bouché. (Codex.)
Liniment fortifiant (Double). Baume de Fioravanti, eau-de-vie camphrée, teinture de quinquina, alcool, de chaque : 1 5 grammes ; alcool de mélisse composé 30 grammes, teinture éthérée de digitale 60 grammes. Mêlez.
Liniment hongrois. Alcool 500 grammes, vinaigre fort 500 grammes, camphre 20 grammes, l'arine de moutarde 20 grammes, poivre en poudre 20 grammes, cantharides en poudre 5 grammes, ail pilé numéro 2. Après quelques jours de macération, on passe avec expression et on fdtre Employé en frictions pendant l'épidémie de choléra comme excitant énergique.
Liniment liydrosulfuré. (Jadelot.) On le prépare en faisant fondre au bainniarie 500 grammes de savon ordinaire, on mêle ensuite par trituration 250 grammes huile de pavot ; on évapore entièrement l'humidité et on ajoute : sulfure de potasse sec en poudre 92 grammes, et huile de pavot 750 grammes. Employé contre la gale.
Liniment yiarcotique ou Uniment calmant. Baume tranquille 80 grammes, cérat de Galien 10 grammes, laudanum de Sydenham 10 grammes. On délaye le cérat dans le baume tranquille, et on ajoute le laudanum. [Codex.) Employé ■comme calmant.
Liniment de Reil. Huile de laurier 15 grammes, huile de muscade 5 grammes, huile de girofle 2 grammes, baume du Pérou noir 1 0 grammes. En frictions sur les tempes et sur les paupières dans la blépharoplégie.
Liniment de Rosen. Huile concrète de muscade 5 grammes, huile volatile de girolle 5 grammes, alcoolat de genièvre 90 grammes. On triture dans un mortier l'huile de muscade avec l'essence de girofle, et on ajoute ensuite peu à peu l'alcoolat de genièvre. {Codex.) Employé en frictions, deux ou trois fois par jour, contre lachorée.
Liniment résolutif. Alcoolats de Fioravanti et de romarin : de chaque 50 grammes, teinture de cantharides 10 grammes. Employé à l'Hôtel-Dieu contre les affections rhumatismales.
Liniment sédatif. (Ricord.) Huile de jusquiame 200 grammes, camphre, laudanum de Rousseau, extrait de belladone, chloroforme, de chaque : 4 grammes. Employé en frictions, plusieurs fois par jour, toutes les fois que l'élément douleur domine.
Liniment sédati f de r Hôtel-Dieu. Baume de Fioravanti 50 grammes, baume tranquille 15 grammes, laudanum de Sydenham 4 grammes.
Lininients savo7ineux, liniment savonneux camphré, liniment savonneux opiacé. {Voy. Savon.)
LINAÉ. 619
Liniments térébenthines. {Yoij. Esseince de térébenthine.)
Liniment volatil. Uniment volatil camphré. (Votj. Awwoi\iAQUE et Cahiphise.)
T. GOBLEY.
UIVIXE. Substance pulvérulente isolée, par Pagenstaclier, du lin catliartique. Elle est amère, très-peu sokible dans l'eau, l'éther et les huiles, plus solublc dans l'alcool.
LIIV'WÉ (Charles). Roshult est un tout | ctit village de la Suède, dans la province de Smaland. C'est là que naquit, dans la nuit du 22 au 25 mai 1707, Charles Linné, le héros des sciences naturelles, le génie le plus étonnant que la Suède ait produit. Son père, qui se nommait réellement Nils ou Nicolas Bcngs! on, puisqu'il était fils de Ingemar Bengston, paysan de SU'giiry, dans le Smaland, avait pris, assure-t-on, le nom de Lin^if;' du mot suédois LiWeîi (tilleul), à cause d'un magnifique tilleul qiii abritait de ses ombres la porte de la champclre demeure de la famille Bengston. La mère de l'immortel naturaliste était Christine Broderson, fille de Samuel Broderson, pasteur de la paroisse de Steubrohult, dans le district de Cronoberg, sur la frontière delà Scanie.
Charles Linné, comme cela est arrivé à presque tous les grands hommes, se trouva dès son jeune âge aux prises avec l'adversité, et en lutte continuelle avec son père, qui, sans se soucier de la passion invincible de renl'antpour l'étude des plantes, voulait lui faire apprendre une profession mécanique et en faire un cordonnier. Peu s'en fallut que le futin- auteur du système sevuel ne fût réduit à tirer la manique. Les amis des sciences doivent payer un tribut de rccomiaissance au docteur Rothmann, qui sut saisir les lueurs du génie, procurer à sou protégé le pouvoir de suivre sa vocation, et le ))!acer d'abord chez l'iustitulour Tolander (1714), puis au gymnase de Wexio, enfin àl' université de Lund (1727), où il put, sous le professeiu' Stobœus, fortifier son goût pour la botanique, non sans gagner quelques sous comme copiste.
Tàchoi'.s de suivre maintenant Linné dans la brillante carrière qu'il était destiné à parcourir.
1728. Il se rend à Upsal, où il trouve d'utiles protecteurs dans le théologien Olaûs Celsius, et dans Rudbeck, professeur de botanique, et un condisciple dévoué dans la personne de Pierre Artedi, que l'étude des poissons devait ilhistrer.
1752. L'Académie royale des sciences d'Ui'sal l'envoie en Laponie, dans le but de mieux l'aire connaitre qu'elles ne l'étaient encore les pi'oductious naturelles de cette région glacée. Linné, qui avait à peine vingt-cinq ans, part le 15 mai, à pied, sans suite, n'emportant que son journal, deux chemises, et les habits qu'il avait sur lui, une demi-toise pour prendre des mesures, et un petit porte-feuille renfermant du papier et des plumes. Le jeuue voyageur visite tour ;\ tour Gefle, le Gestrikland, le Helsingland, le Medelpat, Noiby, Kuyleii, Hernosand, Umna, Lycksèle, Olycksmira, Umea, etc., et revient à Upsal en novembre, après avoir fait ]3édestroraent plus de 1,000 milles.
1754. Reutherbolm, gouverneur de la Dalécarlie, le charge de faire un voyage dans cette province. C'est dans le cours de ce voyage, oîi il était cette fois accompagné de plusieurs jeunes savants, qu'il voit, à Falhun, Sara-Élisabeth, fille du docteur Jean Morœus. Il en devient amoureux. Mais comment, lui si pauvre, obtenir cette main chérie? Il lui fallut attendre cinq longues années pour voir ses vœux exaucés.