‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.54Chapitre 64 sur 86 · LINNÉ · texte numérisé non relu

LINNÉ

1735. Notre amoureux, accompagné de son ami Sholberg, quitte sa chère terre suédoise, ayant dans sa poche, pour toute ressource, trente-six écus d'or que hii avait déhcatement ghssés la tendre Sara-ÉHsabeth. Il traverse la mer, se rend à Lubeck, à Hambourg, atteint la Hollande, et se fait recevoir docteur en médecine à Hardewyk, le 13 juin 1735, après avoir soutenu une thèse portant ce titre : Hypothesk nova de febrium intermittentium causa (in-i"). Le nouveau docteur résiste au désir de revoir sa patrie ; il est retenu plus de deux ans en Hollande, protégé parBoerhaave, par Burmann, par Georges CUffort, qui lui confie te soin du riche jardin qu'il entretenait à Hartecamp, si bien que c'est en Hollande que Linné publia ses principaux ouvrages qui établirent de suite sa réputation, le placèrent au premier rang parmi les savants, et le firent nommer ( 5 octobre 1 756) membre de l'Académie des curieux de la nature, sous le nom de Dioscorides secundus.

1 756. H passe en Angleterre, non sans une lettre de recommandation adressée par Boerhaave à Hans-Sloane. On possède cette lettre, dans laquelle on lit ceci : (( LinniEus, qui tibi has dabit litteras, est unice dignus te videre, unice dignus a te videri. Qui vos videbitsimul videbit hominumpar cui simile vix dabit orbis. » Notons que le protégé de Boerhaave avait alors à peine trente ans.

1758. Linné est pris de nostalgie ; son beau pays et sans doute les beaux yeux de Sara-Élisabeth le rappellent. 11 quitte la Hollande ; mais il veut voir Paris. Là, il est reçu à bras ouverts par les deux de Jussieu, parIsnard,Suriaii, Laserre, Réaumur, Aubrict, avec lesquels il herborise dans les bois de Versailles, de Fontainebleau.

Eufin il revoit la terre natale, et va se fixer à Stockholm, comptant y vivre honorablement avec son diplôme de docteur en médecine.

Sa joie est immense ; il a enfin obtenu la main de sa chère Sara-Élisabeth (26 juin 1759) . Mais on devine bien les sourdes menées de ses confrères, qui ne manquent pas d'employer sa réputation comme naturaliste pour nuire à ses succès comme médecin. Heureusement pour la botanique, les envieux réussissent complètement dans leurs abominables attaques. Linné ne peut se créer une clientèle suffisante pour vivre honorablement, c'est à peine s'il voit quelques malades par ci parla. H était évident que son génie était détourné momentanément de sa source. Le comte deTessin s'en aperçoit à temps, et use si bien de son influence qu'il fait nommer son illustre protégé botaniste du roi et président de l'Académie de Stockholm.

1740. Le gouvernement l'envoie dans les îles d'Oeland et de Gottland pour observer, avec le soin et la sagacité qu'on lui connaissait, l'histoire naturelle et même les antiquités.

1741. Linné est nommé professeur de botanique à Upsal, directeur du jardin botanique de cette ville.

10 janvier 1746. H reçoit" le titre de premier médecin du roi.

12 mai 1748. Il a la douleur de perdre son père.

29 avril 1749. Il part pour la Scanie, et en rapporte des notes qui font le sujet d'un ouvrage important.

1 750. Il est chargé par la reine de Suède de coordonner le cabinet de conchyliologie et d'insectes de l'Inde établi à Drottningholm.

1753, Charles Linné est nommé chevalier de l'Étoile-Polaire.

1756. n est anobli par une lettre du roi portant la date du 4 avril, et ne se fait plus appeler, suivant l'usage du pays, que nohilis von Linné.

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