LINNÉE
Mlniiartia. [Trans. 4carf.regr.Holm, t. XVI, 1155.]— IW.Centiina I plantarum. — Fungus melitensis. — Metamorphosis plantarum. — Sonimis plantaruni. [Amœnit. acad., t, IV,
\1^'^\ Ankée 1756. LXXI. Flora palcstina. — Flora aipina. — Calendarium Florœ. —
Pulsus intermittens. — Ceiituria II plantarum. — Flora monspeliensis . — Fiindamenta valetiulinis. — Speciflca Canadensium. — Acetaria. — Phalœna Bombyx. [Amœnit. acad., t. IV 1750.) — An.\ée 1757. LXXII. Frederici Hasselquist, Itcr Palestinum, ella resa til heliga landet. Holm, 1757. (Ouvrage l'édigé sur les manuscrits de Hasselquits, mort à Sm^frne en 1752,] — LXXIII. Migrationes avium. — Morhi expedilionis classicœ. — Febris upsaliensis. — Flora danica. — Panis diœteticus. — Natura pelagi. — Biixhaumia. — Exanthemala viva. — Transmutatio frumentorum. — Culina midata. [Amœnit. acad., t. IV
etV.'> Année 1758. LXXlV. Pétri Lœfflingii Iter hispanicum, etc. Stockh., 1758, in-8°. —
LXXV. Cortex periwianus. — Spigelia anthelmia. — Frutetum suecicum. — Medicamenta gravcolentia . — Pandora insectorum. [Amœnit. Acad., t. IX. — Année 1759. LXXVI. Oralio legia, coram rege reginaque habita, 1759, in-fol. — LXXVII. Entomolithm paradoxus descriptus. — Gemma, Penna pavonis dicta .— Coccus Uvœ Ursi. [Transact. Acad. reg. Holm.,
t XX 1759.) LXXVllI. Seniiim Salomoneum. — Auctores botanici. — Instructio pere-
qrinatoris. Plantée tinctoriœ. — Animalia composita. — Flora Capensis. — Ambrosiacea.
- Arborctum suecicum. — Generalio ambigena. — Flora Jamaicensis. — Aer habitabilis.
^omenclator plantarum. — Pugillus Jamaicensium plantarum [Amœnit. acad., t. V,
; 4759.) — Année 1760. LXXIX. Disquisitio qucestionis, ab Acad. imper, scient. PetropolitancB in annum 1759, pro prœmio propositcs : sexum jjlantarum argumentis et e.rperimcntis novis, prœter adhuc jam cognita vel corroborare vcl inipugnare. etc. Petrop, 1760, in— 4% 40 pages. — LXXX. Amœnitates academicœ, t. IV. Holn, 1760. — LXXXI. Amœnitates academicœ, t. V. Holm, 1760. — LXXXII. Politia natuiœ. — Plantœ Africanœ rariores. — Thèses medicœ. — Anthropomorplia. — Flora belgica. — Macellum olitorium. — Prolepsis plantarum. [Amœnit. acad., t. VF, 1760.) — Année 1761. LXXXIII. Diœta acidularis . — Potus coffeœ. [Amœnit. acad., t. VI, 1700.) — Année 1762. LXXXIV. Inebriantia. — Morsura serpentuin. — Termini botanici. — Planta Alstrœmeria. — Nectaria florum, — Fundamentum fructificationis. — Reformatio botaniccs. — Meloë vesicatorius. [Amœnit. acad., t. VI, 1760.) — Année 1763. LXXXV. Gênera morborum. UpsaJ, 1763, avec une nomenclature suédoise. — LXXXVI. Amœnitates academicœ, t. YI. Holm, 1765. — LXXXVII. Raphania.
— Lignum quassiœ. — Fructus esculenti. — Prolepsis plantarum. — hepra. — Centuria insectorum. — Molus polijchrestus. [Amœnit. acad., vol. VI et VII. — Année 1764. LXXX VIII. Muséum regince Louisœ Ulricœ, etc. Holm, 1764, in-8°, 620 pages. — LXXXIX. Observationes ad cerevisiam pertinentes [Trans. acad. reg. Holm, t. XaIV, 1764). — XC. Diœta œtatum.
— Morbi artificum. — Hortus culinaris. — Spiritus frumenti. — Opobalsamum declaratum. [Amœnit. acad., t. Vil.) — Année 1765. XCI. Hirudo medicinalis. — Fundamenta ornitho-
logiœ. — Potus chocolatée. — Fcrvida et Gelida. — Potus theœ. [Amœnit. acad., t. Yll.
Année 1766. XCII. Clewls meehca duplex, exterior etinterior. Holm, 1765, in-8°, 29 pages.
— XCIll. Purgantia indigena. — Nécessitas hist. nat. Rossiœ. — Vsus historiœ naturalis .
— Siren lacertina. — Cura generalis. — Vsus mjscorum. [Amœnit. acad., t. VII.)
Année 1767. XCIV. Mantissa j^lantarum, generum editionis sextœ et specierum editionis secundœ. Holm, 1767, in-8°, 142 pages. — XCV. Mundus invisibilis. — Hœmoplysis. — Venee resorbentes. — Menthee usas. — Fundamenta entomologiee. — Metamorphosis hu-
mana. — Fundamenta agrostographiœ. — Varietas cïborum. [Amœnit. acael., t. VU.)
Année 1768. XCYI. Rariora Norvegiœ. — Colomœ plantarum. — Medicus sui ipsius.
Morbi nautarum Indiœ. — Iter in Chinam. [Amœnit. acad., t. VIII.) — Année 1769. XCVII. Amœnitates academicœ, t. VII. Holm, 1769. — XCVIII. Animalis Brasiliensis descriptio.
— Viverree Nariciœ descriptio. — Simia OEdipus. — Gordius medinensis. — Flora Akeroensis. [Trans. acad. reg. Holm, t. XXIX, 1769.) —Année 1770. XCIX. Calceolarice pinnatœ descriptio. — Erica. [Trans. acad. reg. Holm, t. X.tXI, IT'iO.) — Année 1771. C. Mantissa plantarum altéra. Holm, 1771, in-8°. 558 pages. — Cl. Dulcamara. — Pandora et Flora Nybiensis, D. H. Soderberg. — Fundamenta teslaceologiee. — Febrium intermittentiiim curalio varia. [Amœnit. acad., t. VIII, — Année 1772. CIT. Delicia naturee /discours prononcé en 1772). — GUI. Respiratio diœtetica. — Hemorrhagiœ ex plethora.
Fraga vesca. — Observationes in materiam medicam. — Siiturœ vulnerum. — Nitraria planta obscura exphcata. [Amœnit. acad., t. IX.) — Année 1774. GIY. Planta cimicifuga.
— Esca avium domesticarum. — Marum. — yiola Ipecacuanha. [Amœnit. acad., t. VIII.)
— Année 1775. CY. Plantœ Surinamenses. — Ledum palustre. — Opium. — Medicamenta purgantia. — Perspiratio insensibilis . — Canones medici. — Scorbutus. — Bigee insectorum. [Amœnit. acad., t. YlII.) — Amnée 1776. CVI. Planta Aphyteia. — Hypericum. [Amœnit. acad., t. YIII.) A. Chébead.
liiiKiMÉE {Linnœa). Genre de plantes, de la famille des Gaprifoliacées, que
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Gronovius a dédié au grand médecin-naturaliste suédois. Le type du genre est le L. borealis, humble herbe rampante , qui croît dans les deux mondes^ sur les régions montagneuses de l'hémisphère boréal , et dont les feuilles sont opposées, persistantes, pétiolées, à peu près ovales. Les fleurs sont au nombre de deux, placées au sommet d un pédoncule commun, et accompagnées chacune de courtes bractées. Leur organisation générale est celle des fleurs de certains Chèvrefeuilles ; mais leurs étamines sont seulement au nombre de qualre, et didynames, quoique le calice et la corolle soient pentamères. Quant à l'ovaire, il a trois loges , et deux d'entre elles sont pluriovulées, mais stériles; tandis que la troisième, qui ne renferme qu'un seul ovule, est fertile, et que c'est cet ovule qui devient, dans la baie du Linnœa, une graine à embryon renversé, entouré d'un albumen charnu. En Suède, en Laponie, en Norwége, le L. borealis est employé comme remède, contre la goutte, la sciatique, les rhumatismes. On le prescrit en infusion, en cataplasmes, en fomentations. Ses propriétés curalives sont-elles bien réelles? Il est permis d'en douter, quoique la plante soit un peu amère et astringente. On a employé ses feuilles en infusion, en guise de thé.
H. Bn.
Grosov., in Linn. Gen., n. 774; Spec, 880. — Juss., Gen. plant., 211. — Wahlenb., Flor. lappon., 170, t. XI, fig. 3. — Siegesb., Prim., 79 (Obolaria). — Lundmarck, Dissert, de usu Linneœ medico. Upsal, 1788. — Lamk, IlL, t. 536; FI. de Fr., éd. 3, IV, 269. — ScHKUHR, Handb.A. 176. — Mér. et Del., Uict., IV, 122. — DC, Prodr., IV, 340. — Endl. Gen., n. 5352. — H. Bâillon, in Adamonia, il, et in Payer, Fam. nat., 238.
Ll!%fYPHlE.*i. Voy. Araignées.
LIOMYOME ()>EÎoç lisse, ptuoiv muscle). Synonymie Leiomyome, Myome lévicellulaire, Hystérome. Les liomyomes sont des tumeurs constituées par des fibres musculaires hsses, comme élément fondamental, présentant par leur texture, une analogie plus ou moins prononcée avec le tissu musculaire hsse et siégeant à l'intérieur ou au voisinage des organes renfermant ce tissu.
Pendant longtemps ces tumeurs ont été confondues avec les tumeurs dites fibreuses, fibroides, desmoïdes et cbondroïdes, et leur nature réelle est restée indéterminée jusqu'à l'intervention des études histologiques.
Cependant Hunter et Baillie en désignant sous le nom de fleshy tubercJes, tubercules charnus, certains corps fibreux de consistance peu dense, semblent avoir pressenti leur analogie avec le tissu utérin. Lors même qu'on eut démontré la présence de fibres musculaires lisses dans les corps fibreux de l'utérus, on continua à ranger ces tumeurs dans le groupe des tumeurs fibreuses.
Ainsi, en 1842, Bidder et Waller avaient indiqué les moyens d'isoler les fibres musculaires lisses dans les corps fibreux ; Vogel, en 1845, avait déjà vu que des fibres musculaires lisses se retrouvent dans des tumeurs dites fibreuses de l'estomac, de l'intestin et de l'utérus, et Lebert, en France, avait démontré la présence de ces éléments dans les corps fibreux; néanmoins ces auteurs, se conformant à un usage qui s'est conservé jusqu'à présent, avaient rapproché les tumeurs à fibres lisses, des fibromes, en formant une division à part à laquelle Lebert donnait le titre de fibroïde.
Ce n'est qu'en 1854 que Virchow proposa une expression rappelant l'élément fondamental de ces tumeurs, et se servit du mot général myome pour les désigner, Fœrster après avoir adopté cette expression en 1860, accepta, dans la dernière DICT. EM. 2' s. II. 40
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édition de son Anatomie pathologique, la dénomination de léiomyome inventée par Zenker.
Dès lors, les auteurs qui ont rapporté des exemples de ces tumeurs les ont tour à tour désignées sous l'un des titres précédents. L'expression liomyome nous semble exprimer avec précision la caractéristique histologique de ces tumeurs.
M. Broca, en les décrivant sous le nom d'hystéromes, a principalement eu en vue de montrer l'analogie des éléments qui les constituent avec ceux du tissu propre de l'utérus. Cette expression qui convient aux liomyomes de l'vitérus ne nous semble pas assez générale pour désigner des tumeurs observées dans des organes très-différents, et dont les éléments reproduisent simplement ceux du tissu musculaire viscéral. Bien qu'en dehors des liomyomes de l'utérus et de ses annexes, le nombre des liomyomes observés soit encore restreint, nous croyons qu'à l'exemple de Fœrster et de Virchow il n'est pas sans intérêt de leur consacrer un article de description générale, mais l'importance exceptionnelle des Liomyomes de l'utérus exigeant une description spéciale, nous passerons rapidement sur les particularités qui concernent ces tumeurs, renvoyant à l'article Corps fibreux de l'utérus.
Siège. Les liomyomes ont été rencontrés dans la plupart des organes qui renferment du tissu musculaire viscéral. En dehors de l'utérus qui doit être considéré comme leur siège de prédilection, on les a signalés dans les annexes de l'utérus, les trompes, les ligaments larges, dans les ovaires et la paroi vaginale (Virchow, Ulrich, Demarquay) ; dans la prostate (Thompson), au voisinage de l'urèthre et adhérant au rectum (Broca) ; dans le foie, sur les conduits hépatiques (Robin, in Dictionnaire de Nysten) ; dans les diverses parties du tube digestif, l'œsophage (Albers, Rûnge, Eberth), l'estomac (Vogel, Runge, Virchow) ; l'intestin^ soit dans le duodénum, soit dans l'iléon (Rokilansky, Fœrster, Virchow, etc.); dans la peau du mamelon (Virchow), du scrotum (Fœrster) ; sur le trajet de la veine saphène (Âufrecht) ; dans le tissu fibreux à fibres musculaires de l'orbite (A. Hénocque) ; dans l'intérieur de l'œil, au niveau de la choroïde et du cercle ciliaire (Ivanhoff) .
A côté de ces observations dans lesquelles la nature de la tumeur a été constatée au microscope, on pourrait citer bien des cas de tumeurs fibreuses qui étaient probablement des liomyomes, mais une telle restauration souvent faite par Fœrster et par Virchow ne peut reposer sur des principes rigoureux.
Caractères généraux. Les liomyomes forment des tumeurs ordinairement arrondies, ou ovoïdes, ou formées de masses globuleuses superposées, tantôt parfaitement lisses, s'énucléant facilement des tissus voisins, et paraissant entourées d'une lamelle de tissu cellulaire, tantôt adhérant aux tissus voisins, soit accidentellement, soit par une union plus intime ; quelquefois ils prennent la forme de polypes. Leur volume et leur poids peuvent être considérables, dans l'utérus principalement, où. ils ont atteint 60 livres (Voigtel) et même 40 kilogrammes (Bi'oca), mais, en général, ils sont plus petits, ordinairement de la grosseur d'une noix, d'un œuf, dans le tube digestif ils ne dépassent pas ce volume. Le liomyome observé par M. Broca, au périnée, avait le volume d'un œuf. Celui que nous avons observé dans l'orbite avait les dimensions d'une grosse noix, le liomyome intraoculaire de M. Ivanhoff occupait le tiers environ du globe oculaire. Lorsque les liomyomes sont multiples, leur grosseur est en général moindre, on en trouve souvent du volume d'un pois et même d'un grain de mil.
Ces tumeurs quelquefois isolées ou réunies en une seule masse, peuvent être
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disséminées, ainsi qu'on l'observe dans l'intestin et surtout dans l'utérus où l'on ■en a compté jusqu'à quarante.
Lu couleur des liomyomes est grisâtre, comme tendineuse, ou rosée, rougeâtre suivant les variétés de texture et la vascularisation, leur odeur peut varier suivant le siège; en général elle est aigrelette, et rappelle l'odeur de l'intestin et de l'utérus.
Lorsque les liomyomes ne sont pas le siège d'altérations notables, ils ont une densité fibreuse, chondroïde même, et une élasticité prononcée, d'ailleurs leur consistance peut varier, d'oià lenr distinction en liomyomes mous et en liomyomes durs ou fibreux.
Résistants à la section, ils crient sous le scalpel à la manière des tissus fibreux. La coupe en est lisse, légèrement nacrée, simulant l'aspect fibreux ou restant manifestement charnue, on peut à l'œil nu leur distinguer une texture fibreuse ; des faisceaux ondulés s'entrecroisant, s'enchevêtraiit en sens divers, forment des sortes d'anneaux ou de larges bandes séparant des espaces arrondis à stries concentriques, et formant des tumeurs secondaires. Quelquefois, à l'intestin surtout, leur section montre une série de lamelles concentriques rappelant lu section d'une bille d'agate.
Lehmann a signalé le premier la réaction acide de ces tumeurs, elles rougissent le papier de tournesol, tachent l'acier ; M. Hayem a vérifié celte réaction qui présente une certaine importance.
Caractères microscopiques. L'aspect des coupes d'un liomyome est variable, suivant le sens dans lequel on les pratique ; examinées à un faible grossissement elles reproduisent assez nettement l'aspect macroscopique.
On retrouve des faisceaux plus ou moins larges, de direction très-variée, disposés en sortes de séries concentriques ou en lamelles longues et larges.
A un grossissement plus considérable, on reconnaît la nature des éléments constitutifs, fibres musculaires lisses, tissu lumineux ou conjonctif, vaisseaux.
Les tlbres musculaires lisses se présentent, réunies sous forme de faisceaux et reconnaissables à leurs noyaux allongés, en bâtonnet. Les acides faibles (acétique, tartrique) mettent en relief les noyaux; la coctiou, la soude concentrée isolent les faisceaux en les gonflant. L'acide nitro-chlorhydrique ddué permet d'isoler les fibres lisses. Le perchlorure de palladium, signalé par Schultze, est un excellent réactif pour l'étude des fibres lisses, ainsi que nous avons pu nous en assurer, il colore à la fois les noyaux et toute la fibre-cellule en brun jaunâtre foncé, en même temps qu'il permet l'isolement facile des fibres lisses.
Les éléments ont ordinairement leur vol unie normal, mais souvent les éléments et les faisceaux sont hypertrophiés de façon à rappeler les fibres nouvelles qui se forment dans l'utérus pendant la grossesse. A côté de ces fibres lisses complètement développées, l'on retrouve des éléments qui représentent toutes les phases de développement des fibres musculaires lisses, tels sont de gros noyaux ovoïdes, arrondis même, finement granuleux, entourés d'une substance amorphe granuleuse ou protoplasma, se colorant eu jaune par le palladium, en rouge par le carmin et la teinture de fuchsine, ces éléments se réunissent en groupes de 5 ou 4 ou plus, et quelquefois on les sépare difficdement les unes des autres. Autour d'eux se voient des éléments analogues dans lesquels le protoplasma devient ovoïde, et prend enfin un aspect fnsiforme, tandis que le noyau a de plus en plus la forme de bâtonnet, et les granulations qu'ils renferment sont disposées régulière- .nicnt de façon à lui donner, dans certains cas, une apparence striée. Ce sont là
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des fibres lisses en voie de développement. On les retrouve en grande abondance dans les liomyomes mous, ils sont, en général, accumulés vers le centre des espaces circonscrits par les fibres lisses concentriques, les éléments les plus jeunes étant situés au centre. Nous les avons vus dans un liomyome polypeux enlevé par le docteur Nonat, formant des amas assez considérables à teinte foncée, qui à un faible grossissement rappelaient grossièrement les dépôts bétéradéniques.
Le tissu lamineux ou conjonctif existe en quantité très-variable dans les liomyomes, quelquefois à peine développé à la surface, le long des vaisseaux, ou dans l'interstice des faisceaux; il peut, au contraire, constituer une bonne partie de la tumeur, à ce point que l'on pourrait considérer l'élément musculaire lisse comme accessoire.
Les vaisseaux sont ordinairement rares ; cependant on peut, suivant les cas, les distinguer en périphériques et interstitiels. Ceux-ci seraient de gros capillaires, ou même artériels suivant Virchow ; les vaisseaux périphériques sont surtout veineux, mais le plus grand nombre d'entre eux serait développé dans les tissus voisins, comme l'a établi Albers de Bonn.
L'existence de nerfs n'a été signalée que par un seul auteur, le docteur Hertz qui a décrit dans un liomyome de l'utérus des nerfs et des terminaisons nerveuses. CVircliow's Archiv, 19 mars 1869, 46. Bd.)
Les différences de texture que présentent les liomyomes, suivant le développement plus ou moins prononcé des éléments accessoires, sont assez prononcées pour que l'on ait cru devoir établir un certain nombre de variétés. C'est ainsi que l'on admet des liomyomes durs et des liomyomes mous, ou des myofibromes ou fibromyomes, ou enfin des myomes purs, suivant qu'il y a prédominance de l'élément musculaire ou de l'élément lamineux. Le développement considérable des vaisseaux, signalé déjà par Cruveilhier, et qui rapproche les liomyomes des tumeurs érectiles, a décidé Virchow à admettre la variété de myomes télangiectodes.
Genèse et pathogenèse. L'origine et le mode de développement des liomyomes est encore sujet à discussion; il n'en saurait être autrement, puisque l'accord est loin d'exister sur la genèse de l'élément fondamental. Comme ce n'est pas le lieu, ici, de nous occuper des discussions doctrinales que soulève l'étude de chaque tumeur, nous nous contenterons d'exposer ce que l'on sait du siège initial des liomyomes et du développement des éléments qui les constituent. Dans tous les cas, les liomyomes occupent des régions dans lesquelles on trouve immédiatement en rapport avec eux des fibres musculaires lisses, et l'on sait maintenant que le ligament large, l'ovaire, la peau, le tissu fibreux qui entoure l'œil, etc., contiennent des fibres lisses. Il est donc certain que beaucoup de liomyomes naissent par hypergenèse. Mais si l'on considère la tumeur une fois qu'elle a acquis un certain développement, alors qu'elle a envahi les tissus voisins du point de départ, qu'elle s'est pour ainsi dire complètement isolée, qu'on la retrouve par exemple sous la muqueuse du tube digestif, à distance du tissu musculaire viscéral, il devient très-difficile d'affirmer le point de départ, la tumeur est, actuellement au moins, hétérotopique. La plupart des auteurs, constatant ces deux grands faits en faveur de chacun desquels on pourrait citer des arguments, ont admis que les liomyomes naissent par hypergenèse et par hétérotopie.
En effet, M. Broca rangeles hystéromes parmi les productions nouvelles homœomorphes et homologues, tout en reconnaissant que certains d'entre eux sonthétérotopiques. M. Robin admet l'hypergenèse et l'hétérotopie. M. Virchow, sans se prononcer nettement sur ce point qu'il ne croit pas encore élucidé, donne quel-
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ques arguments en faveur de l'hétéroplastie, c'est-à-dire qu'il semblerait disposé à admettre avec Fœrster qu'il y a formation nouvelle de fibres lisses dans le tissu conjouctif, indépendante des libres lisses, plus ou moins voisines, déjà existantes.
Examinons, maintenant, si l'étude du développement des fibres lisses dans la tumeur permet des conclusions plus rigoureuses.
Ici encore nous rencontrons trois opinions contradictoires. Moleschott et Piso Borme ont rapporté la formation des éléments nouveaux à une multiplication des éléments déjà existants.
Vogel, Robin admettent la genèse au sein d'un blastènc, et s'appuient sur l'étude des noyaux et de la substance amorpbe ou protoplasnia que l'on trouve dans les liomyonies les ]j1us purs.
Fœrster, J. Arnold et peut-être Virchow, croient à la transformation des éléments du tisssu conjouctif en libres musculaires lisses.
Nous ne pourrions examiner tous les arguments en laveur de l'une de ces opinions sans étudier la genèse des fibres musculaires lisses, nous nous bornerons à chercher les conclusions qu'elles eniraînent. Si l'on accepte la première opinion, les liomyomcs ne seront qu'hypergenèse, ou même hy[ier(roplnc partielle d'un organe. Avec les deux autres opinions, il peut y avoir à la l'ois hypergenèse et liétérotopie. Au milieu de ces discussions, il est permis de rester dans la réserve et d'attendre que la lumière se fasse sur l'histoire anatomique et piiysiologique des fibres musculaires lisses.
Accroissement. Transformations. Les liomyonies, une fois formés, tendent à croître, indéfiniment même dans quelques cas, oh ils atteignent des proportions colossales. L'accroissement paraît se faire surtout du centre à la périphérie ; il semble que chacune des masses composant la tumeur et renfermant les éléments en voie de formation repousse le tissu complètement formé de la tumeur, et le tissu voisin ; quelquefois plusieurs petites tumeurs se réunissent ensemble et même de nouveaux centres d'accroissement se forment dans une même tumeur. La tumeur tend le plus souvent à s'isoler, quelle que soit la position primitive qu'elle occupe, et les déplacements des liomyomes observés dans l'intestin constituent un des points les plus curieux de l'histoire des cor|js et polypes libre ux. Pour expliquer la cause de ces déplacements, on invoque l'augmentation de volume de la tumeur, l'action du tissu musculaire viscéral qui l'entoure ou l'avoisine, et, enfin, on est porté à croire que ces éléments ont conservé leurs propriétés spéciales, la contractilité, qui, une fois admise, expliquerait bien des particularités de leur texture et de leurs transformations. Virchow a montré que les changements de volume observés dans ces tumeurs peuvent tenir à des différences dans la vascularisation, une sorte d'érectilité (dans le liomyome télangiectode en particulier), mais seraient peut-être dus à la contractilité piopre de la tumeur. L'accroissement des liomyomes constitue un caractère de permanence qui a son importance. On ne saurait cependant fixer la durée de chacune des fibres lisses en particulier, mais la tumeur est en elle-même permanente.
Dans la plupart des cas, l'accroissement n'est pas indéfini; bien des transformations peuvent l'arrêter et modifier l'aspect de la tumeur. Nous n'insisterons pas sur ces faits observés surtout dans les liomyomes de l'utérus. L'arrêt de développement ou même l'atrophie peut tenir à une atrophie sénile progressive, analogue à celle qu'on observe dans l'utérus lui-même ; à une tiansformation fibreuse presque complète, désignée sous le nom d"induration, et la tumeur
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acquiert une dureté caractéristique, une densité, un aspect cliondroïdcs. La transfornialioii calcaire, considérée autrefois comme très-rai'e, a été souvent démontrée dans les liomyomes utéi'ins et intestinaux. La calcification se fait ordinairement par le tissu conjonctif ; on trouve des concrétions crétacées irrégulières en divers points de la tumeur, en même temps qu'au microscope on retrouve, au voisinage de ces masses crétacées, un dépôt de grains calcaires assez régulièrement disposés le long des fibres lisses. Lorsqu'on traite ces parties par l'acide chloi-hydrique, on peut voir réapparaître les fibres musculaires, et celles-ci ne semblent pas le siège de calcification. (Virchow.) La production du tissu osseux véritable n'a été signalée qu'exceptionnellement parWedl et Bidder. Nous ne citons que pour mémoire la transibrmation graisseuse suivie de résorption, qui ne serait admissible que pour de très-petits liomyomes. Nous ne ferons que signaler les altérations nombreuses dont les liomyomes peuvent être le siège, et qui, jusqu'à présent, n'ont été décrites que dans les liomyomes de l'utérus ou des ovaires; telles sont l'infiltralion œdémateuse, l'inflammation péiiphérique pouvant amener la gangrène et l'élimination de ces tumeurs , la formation d'épancbements sanguins à leur intérieur, accompagnée de destruction partielle, avec production de ces cavités ou géodes si bien décrites par Cruveilbier.
Quelles que soient ces trausJbrmations, il est bien démontré que les liomyomes ne se généralisent pas. On peut, il est vrai, trouver des liomyomes multiples, mais jusqu'à présent, on n'a pas trouvé de productions secondaires de ces tumeurs dans les viscères ni dans les ganglions. Cruveilbier axait insisté sur ce taiten établissant comme règle que les corps fibreux ne dégénèrent jamais en squirrhes. Cependant Yircliow a réuni plusieurs faits qui démontrent l'existence des éléments de tumeurs malignes dans les liomyomes ; le sarcome ou tumeur fibroplastique en particulier semble pouvoir se développer dans les tumeurs à fibres musculaires lisses, et il en serait de même du carcinome épithélial. Ces tumeurs observées surtout dans l'ovaire, formant le groupe des rayosarcomes, myomes cystiques, myomes mixtes, sont encore fort mal connues, et probablement ne s'agit-il là, suivant la remarque de Virchow, que d'une hypertrophie analogue à celle des muscles lisses dans le cancer de l'estomac et de la vessie, ou bien de l'envahissement de la tumeur par une pi-oduction nouvelle développée dans le tissu voisin.
Etiologie. 11 faut avouer que l'on ne sait rien de précis sur les causes du développement des liomyomes. En dehors de l'irritation, cause en quelque sorte banale du développement des tumeurs, tout ce que l'on peut dire à ce sujet se rapporte à l'histoire des corps fibreux de l'utérus, l'étude des autres liomyomesne nous apprend rien de précis. On peut toutefois Hmiter l'âge auquel ces tumeurs atteignent un développement qui les fait reconnaître, on peut dire qu'elles existent surtout après l'âge de 35 ans, et la plupart d'entre elles ont été trouvées chez des individus d'un âge avancé.
Il n'est pas nécessaire de faire remarquer la fréquence des Homyomes chez: la femme, mais le plus grand nombre des homyomes des divers organes a été observé chez l'homme, abstraction faite des liomyomes de la prostate qui, sous la forme des liomyomes vrais, sont tellement rares que leur existence reste un point discutable.
Symptômes. Fai laissant de côté les symptômes importants des liomyomes de l'utérus, on rencontre peu de notions surles signes des liomyomes, et ce fait s'exphque par cette circonstance que les tumeurs ont presque toujours passé inaper-
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çues sur le vivant: aussi ne peut-on les établir que par analogie avec les symptômes des corps fibreux. Ces signes se rapportent à la situation, au volume, aux déplacements de ces tumeurs.
Ainsi, au voisinage des cavités, les liomyomes peuvent produire des troubles manifestes : au périnée un liomyome peut comprimer l'urètlire et gêner la miction; dans le foie ou la vésicule biliaire, au voisinage des condnits hépatiques, dans le duodénum, ils pourraient être causes d'ictère, et de gène dans l'excrétion biliaire; à l'œsophage, ils ont déterminé des troubles dans la déglutition, et se sont accompagnés d'expuitions fréquentes et abondantes de salive. Dans l'intestin, suivant la remarque de Rokitansky, les liomyomes pourraient combler en grande partie la cavité du tube digestif et donner lieu à une invagination. Dans un cas de liomyomes multiples de l'intestin, M. Leroy n'a pu retrouver d'antres signes intéressants que l'existence de coliques et de diarrhée ayant persisté depuis plusieurs années, et qui fut signalée par le malade. A l'orbite, la tumeur causait des douleurs vives, conséquences de l'exoplithalmos qui en quatre ans était devenu considérable. Dans le fait de myome intra-oculaire, la vision resta longtemps assez bonne, les miheux de l'œil transpai-ents permirent de reconnaître l'existence d'une tumeur, mais des douleurs très- viol entes dans la région ciliaire rendirent l'énucléation nécessaire.
Les hémorrhagies paraissent spéciales aux liomyomes utérins.
On voit qu'il reste à élucider toute cette partie de 1 histoire générale des liomyomes, et l'on comprend la difficulté, pour ne pas dire l'impossibilité, jusqu'à présent presque absolue d'établir le diagnostic de ces tumeurs. Lorsqu'elles seront accessibles aux divers procédés d'exploration par leur position superficielle ou par leur saillie dans une cavité, on pourra sans doute reconnaître une tumeur, tout au plus pourra-t-on en indiquer la consistance fibreuse, et jusqu'à présent ou les a confondues avec des tumeurs fibreuses, avec l'iiypertropliie de la prostate, le sarcome de la choroïde, une tumeur maligne de l'orbite.
L'examen histologique seul permettra d'établir la nature de la tumeur. D'ailleurs, au point de vue pratique, il n'y a pas d'inconvénient à confondre le liomyome avec une tumeur fibreuse, l'une et l'autre tumeur présentant des indications thérapeutiques analogues, et réclamant la même intervention chirurgicale. Quant aux liomyomes de l'utérus ou de ses annexes et du vagin, on consultera à leur égard les articles spéciaux. Le pronostic des liomyomes n'offre de gra\ité qu'en raison de leur siège ou de leur développement, ces tumeurs ne récidivant pas après l'ablation; ainsi à l'orbite, au mamelon, sur la veine saphène, au vagin, la guérison a suivi l'ablation. A. Hénocque.
Bibliographie. — L'histoire générale des liomyomes, faite surtout au point de vue anatomo-patholosique, a été faite par Fœrster et Yircliow dans des chapitres que nous avons largement utilisés. L'étude des liomyomes dans les divers organes est réunie dans un chapitre unique par Yirchow, et disséminée dans le livre de Fœrster parmi les tumeurs de chaque organe. — Fœrster. Hanclbiich der pathologischen Anatomie. Édition 1805, t. I. p. 541 (glatte Muskelpreschwulst, Leiomyome), et Specieller Theil, passim. — Ymciiow. Die h-ankhaften Geschwïdste. III Band, 1 Hâlfte, leçon 25, p. 90 à 252.
Consultez en outre pour l'anatomie pathologique, le développement: Bidder et W.m.tee. 1842. Ueber fibrôsc Kôrper der Gebarmutter. — Vogel. 1845. Patliol. Anatomie des tncnschlichen Kôvpers. Leipzig, 1845. — Iiuxge. Demuscidorumvegetativoriimhypertroplnnpathologica. Dissert, inaug. Eerolini, 1857. — Leeert. Comptes rendus de la Société de biologie. 1852, t. IV, p. 68. — Du MÊME. Traité d' anatomie path. génér. et spéciale. Paris, 1857. — Broca. Traité des tumeurs, t. II, Paris, 18G9, chap. vu (Des hystéromcs), p. 252 et suiv. Hystérome chez l'homme, p. 255. — Iîobi.v. Programme du couis d'histologie, p. 210. — AusoLD. Ueber die Neubilduug von glalten Muskelfasern in pleuritischen Schmertzen. In
«32 LIOTHE.
Virchow's Archiv, Bd. XXXIX, p. 210, 1867 (Exemple de néoformation de fibres lisses à la ■surlacede la plèvre).
Pour les liorayomes de l'œsophage Ca. — Vogel. Pathol. Anat. des mensch. Kôrpers, p. 156 et Icônes, Histol. Pathol., p. 30. — Runge. L. cit. — Albers. Atlas der pathol. Anat., t. II, Tal'. 21, Erlauterung, p. 255. — Ebeeth. Grosse Myom des Œsophagus. In Virdimv's Archiv, t. XLllI, p. 157, 18»8.
L. de l'estomac. — Vogel et Icônes. Hist. path., tab. VII, fig. 2 et 6, p. 30. — Fœrster (2 cas). Wiener medizinische Wochenschr., 1851, n° 9, p. 131, et Handbuch der path. anat., Bd. II, S. 79.
L. de l'intestin. — Rokitansky. Pathol. Anat., vol. III, p. 230, 1861, — Fœhster. In Virchow's Archiv, Bd. XIII, p. 270 (L. de l'iléon). — H^bing. Wûrtemb. Corresp. blatt, 29, 1857. — ViBCHow. Loc. cit. (Liomy. du duodénum en partie calcifié). — IIénocque et Lfroy. In Gazette hebdomadaire, 1869.
L. de la prostate. — Thompson. Transactions of the Patholog. Soc. of l.onclon, vol. IX, p. 298. — Udmême. Diseuses of the Prostate, 5= édit. London, 1868, p. 116 [Relations between the Tumotirs of the Utérus and Prostate).
L. vaginaux. — Demakquay et Dufouh. Gazette des hôpitaux, 1860, p. 330. — VrRCiiow. Loc. cit.
L. de la peau. — Fœrster. Handbuch der Path., vol. 2, p. 1042. — Virchow. Loc. cit. (Myome télangiectode du mamelon).
L. de l'orbite. — Hénocque (A.). Journal de l'anat. et de la pliysiologie, 1868, p. 562.
Liomyome intraoculaire. — Ivanhoff. Congrès dophlhalmologie, 1868. Comptes rendus, p. 118.
Myome de la veine saphène. — Aufrecht. Virchow's Archiv, Bd. XLIV, 1 Heft, 1868.
LIOIV-ISUR-.^IER (Station marine de) , dans le département du Calvados, dans l'arrondissement et à 15 kilomètres de Caen , a un établissement confortable situé sur les bords de la Mauclie. La plage est très-belle à Lion; aussi les baigneurs de Caen et des environs, qui fréquentent surtout cette station marine, s'y rendent-ils en assez grand nombre, quoiqu'elle laisse à désirer sous le rapport des excursions, et même des promenades. Le pays, en effet, n'est pas accidenté, il offre surtout très-peu d'ombrage. Â. R.
IilOi«DEl«T. Yoy. Pissenlit.
JLIOTHÉ. Genre d'animaux articulés, aptères, épizoaires, vivant sur les oiseaux et établi par Nitzsch, qui les a séparés des Philoptères et des Tricbodectes. {Yoy. Nitzsch, in Voigt, Magaz. fur die Naturk.,t. XIII, p. 426, 1806 — et Thierinsekten, p. 38, 1818.)
Les Liothés ont la tête déprimée, scutiforme, la bouche infère, rapprochée du bord antérieur du front. Mandibules bidentées, courtes, dures; des mâchoires; les deux lèvres supérieures et inférieures écliancrées à leur bord libre ; palpes maxillaires les plus longs, fdiformes, mobiles, 4-articulés ; palpes labiaux trèscourts, biarticulés. Antennes de 4 articles insérées sur le bord latéral de la tête et cachées dans une fossette; yeux placés derrière les antennes. Thorax bi ou triparti. Abdomen à neuf ou dix anneaux. Tarses droits, disposés pour la course, biai'ticulés, chaque article pourvu de pelotes; deux ongles à peu près droits, à pointe courbée, un prolongement placé entre les ongles.
Tous les Liothés connus vivent en parasites dans les plumes des oiseaux en société avec les Philoptères; ils sont très-agiles, courent sur le corps des oiseaux et l'abandonnent à la mort de ceux-ci, dès que le refroidissement cadavérique se produit.
Les chasseurs et les naturalistes sont parfois très-incommodés par ces parasites, qui passent des oiseaux sur l'homme avec la plus grande facilité et qui se répan-
dent sur les mains et, en se glissant sous les vêtements, sur tout le corps et la tète où ils font éprouver des démangeaisons.
11 est l'acile de se débarrasser de ces parasites accidentels au moyen de bains et de lotions alcalines ou légèrement chlorurées. La benzine ou une pommade hydrargyrique n'ont même pas besoin d'être employées, car les Liothés meurent peu après avoir quitté les oiseaux sur lesquels ils vivent.
A. Laboulbène.
LIOTRBQUES {Izloi, lisse, BpŒ,, cheveu). Dénomination employée par Bory de Saint-Vincent pour désigner certaines races, ou plutôt certaines espèces humaines. Bory de Saint-Vincent était polygéniste.
Il classait les divers types humains en deux groupes d'espèces, prenant pour seule caractéristique l'aspect de la chevelui-e, savoir : le groupe des espèces à cheveux lisses (liotriques), et celui des espèces à cheveux crépus (ulotriques : o'jXo;, frisé; Qjst?, cheveu).
Chaque espèce se subdivisait en races. Le groupe liotrique comprenait les espèces japétique, arabique, liinJoue, scythique, siuique, hyperboréenne, neptunienne, austrasienne, colombique, américains et patagone.
Le groupe ulotrique renfermait les espèces éthiopienne, cafre, mélanésienne, hottentote.
11 y a quelques anuées, M. Pruner-Bey a repris avec plus de soin l'étude des cheveux dans les divers types humains. Après avoir minutieusement comparé des coupes transversales de cheveux, il a pu constater que les cheveux droits, lisses, correspondent à la forme cylindrique, et les cheveux crépus à la forme elliptique plus ou moins régulière.
La section capillaire la plus elliptique serait foinniie par la race papoue, que Bory de Saint- Vincent avait placée parmi les hotriques. La section cylindrique la plus parfaite serait donnée par les cheveux des Asiatiques jaunes, Chinois, Cochinchinois, et aussi les Américains et les Esquimaux. Les races ariennes seraient i.itermédiaires. Dans l'étude de l'homme, aucun détail n'est néghgeable, mais aujourd'hui l'anthropologie est assez avancée pour que personne ne songe plus à b.ser une classification générale des divers types humains, races ou espèces, sur un caractère aussi secondaire que l'aspect ou la forme des cheveux.
Letourneau.
lilPAROLÉS. Le nom de Liparolés (de ïlno;, graisse) a été donné par Henri et Gnibourt, à des médicaments qui résultent du mélange d'une graisse animale, mais plus particulièrement de celle du porc avec d'autres substances médicamenteuses. Ces préparations sont plus généralement connues sous le nom de pommades. [Voy. Pommades.) T. G.
LlPO.'ttATElJSES (Masses). Voy. Lipome.
MPO.'fîE. § I. Anatomie. SïNONYMiE. Le mot de Lipome, de >.t7roç, graisse, a été employée par Littre (1709) pour désigner les tumeurs graisseuses que, depuis cet auteur, ou eut soin de distinguer des athéromes ou mélicéris [voy. le mot Athéiiome) et des stéatoines. Ce dernier groupe de tumeurs, ainsi nommées parce qu'elles avaient la consistance du lard, renfermait des fibromes, des carcinomes, des enchondromes, etc.; aussi la dénomination de stéatome est-elle générale
ment abandonnée aujourd'liul. Cruveilhier a proposé le mot adipome comme synonyme de lipome, mais l'usage a prévalu en faveur de ce dernier.
Défimtion. Un lipome est une tumeur constituée par du tissu adipeux.
Le tissu adipeux (wî/. le mot Adipeux) est la variété du tissu conjonctif danslaquelle les cellules plasmatiques sont le siège d'une accumulation de graisse. Celle-ci s'est déposée sous la membrane de la cellule qu'elle distend en rejetant à la périphérie le noyau et le protoplasma. Les vésicules adipeuses ainsi constituées, sont disposées en îlots et séparées les unes des autres par des fibres de tissu conjonctif et par un réseau de capillaires.
Une production nouvelle de tissu adipeux disposé sous forme de masse circonscrite, et n'ayant aucune tendance à disparaître spontanément, constituera une tumeur lipomateuse. 11 faut bien se garder de confondre les tumeurs ainsi délinies de l'engraissement : dans l'âge adulte, et dans des conditions déterminées de santé et d'alimentation, le tissu cellulo-adipeux sous-cutané, le grand épiploon, le tissu sous-séreux, intermusculaire, etc., se chargent d'une quantité plus ou moins considérable de graisse. Il en est de même dans la polysarcie, dans la première période de l'alcoohsme et dans l'engraissement artificiel des animaux voués à la boucherie. Mais dans tous ces cas l'engraissement est général, et, bien que ces états soient des conditions favorables au développement des lipomes, cependant il n'y a pas de tumeur circonscrite qu'on puisse appeler ainsi. Par exemple, un grand épiploon uniformément gras n'est pas un lipome, mais qu'un ou plusieurs appendices épiploïques du gros intestin se dévelo|)pent outre mesure, on pourra leur donner le nom de tumeurs lipomateuses. De même, une couche épaisse de graisse dans les parois abdominales et sous le péritoine est commune chez les individus gras et n'a rien d'anormal, mais qu'un lobule graisseux s'engage dans une éraillure de la ligne blanche et proémine à la peau comme une tuméfaction limitée, et on aura affaire à un lipome.
Ces tumeurs participent à cette propriété générale des tumeurs, en vertu de laquelle elles tendent à s'accroître et jamais à rétrograder spontanément : elles ne sont pas soumises aux variations du tissu adipeux sous l'influence des états pathologiques : elles possèdent une vitalité qui leur est propre. Ainsi, lorsque l'individu porteur d'un lipome maigrit, quel que soit le degré de l'amaigrissement, sa tumeur conserve le même volume.
Description anatomique du lipome. Quel que soit le siège de la tumeur, qu'elle fasse saillie sous la peau ou dans une séreuse, ou qu'elle siège profondément entre les muscles, elle est habituellement indépendante et très-facile à isoler. Elle est entourée par une atmosphère celluleuse lâche dont on peut l'énucléer, et elle n'est, le plus souvent, adhérente aux parties voisines, que par ses vaisseaux ou son pédicule. Sa forme est très-variable : tantôt le lipome est lobule, ce qui est le cas le plus commun, tantôt il est étalé en nappe et forme une masse unique. Il peut proéminer et faire saillie sous forme de polype, et même comme cela a lieu dans les séreuses, présenter des saillies multiples, arborescentes. La tumeur est unique ou multiple : on a compté jusqu'à plusieurs milliers de lipomes sur le même sujet. (Broca, Traité des tumeurs, t. I, p. 304.)
Le volume des hpomes varie depuis celui d'un noyau de cerise jusqu'aux dimensions les plus colossales. J. L. Petit, Pelletan, Dupuytren, etc., ont enlevé des lipomes dont le poids atteignait 15 et 20 kilogrammes.
La consistance du lipome le plus commun fait qu'il donne à la palpation une sensation toute spéciale de mollesse et d'élasticité : il est dur lorsque le tissu
fibreux prédomine, et, dans d'autres cas, il est mou et donne une tausse apparence de fluctuation telle, qu'nn observateur inexpérimenté est tout étonné, en rou\Tant, de n'y trouver ni kystes, ni collection de liquide.
La surface de section d'un lipome est gris jaunâtre ou jaune : on y voit les tractus fibreux parcourus par des vaisseaux qui limitent les lobules graisseux ; ces lobules eux-mêmes plus volumineux que ceux du tissu cellulo-adipeux normal, se laissent d'habitude facilement reconnaître à l'œil nu par leur reflet particulier, par leur semi-transparence spéciale, tout à fait semblable à ce qui s'observe normalement dans le tissu cellulo-adipeux sous-cutané. En regardant de près la surface de section ou le liquide raclé avec un scalpel, on y voit de petites gouttelettes graisseuses qui tachent le papier. L'examen à l'œil nu est, dans ces cas, suffisant pour asseoir le diagnostic anatomique, et l'on s'en rapporte sur ce point aux histoires particulières de malades que nous ont transmises nos devanciers. Cependant l'intervention du microscope est nécessaire pour préciser certaines variétés et modifications nutritives de ces tumeurs.
V examen microscopirjiie lait sur des sections minces de la pièce fraîche ou durcie dans l'acide cbromique, dans l'acide picrique, ou dans l'alcool, montre des ilôts de vésicules adipeuses entourées par des fibres du tissu conjonctif et des vaisseaux. Lorsqu'on a coloré au carmin et traité par l'acide acétique ces pré[i.irations, les vésicules adipeuses se montrent contenues dans une membrane, et dans un point de la périphérie de celle-ci on reconnaît un noyau ovoïde. La membrane et le noyau sont les vestiges des cellules plasmatiques que la graisse a envahies. Les vésicules adipeuses sont deux ou trois fois plus grandes que celles du tissu adipeux normal ainsi que l'a constaté Verneud. (Gaz. méd. de Paris, 1854, j). 242.) Elles renferment parfois, comme cela a lieu à l'état physiologique, des cristaux de margarine. (Prat, Considérations sur les lipomes, Strasbourg, 1858, in-4".) Les îlots de vésicules adipeuses sont eux-mêmes beaucoup |)lus volumineux qu'à l'état normal; de telle sorte que, lorsque le tissu conjonctif de la tumeur est peu développé, la graisse liquide domine dans sa constilutiou, et il en résulte une mollesse et une fausse fluctuation caractéristiques de ce genre de tumeurs. La présence de la margarine en grande quantité dans cette graisse lui donne plus de consistance: elle n'est jamais riche en stéarine, comme la graisse de mouton ou de bœuf.
Les variations de la structure du lipome dans les différents cas permettent de lui reconnaître les espèces suivantes :
Première espèce. Les lipomes purs, que nous avons pris pour types de la description précédente, possèdent des îlots adipeux volumineux et une faible quantité de tissu conjonctif. Ce sont les lipomes les plus communs, ceux qui donnent à la palpation une sensation de mollesse et de fluctuation.
Deuxième espèce. Le lipome fibreux, dans lequel le tissu conjonctif est devenu très-abondant. C'est la tumeur adipo-fibreuse de Cruveilhier, qui rentrait dans les stéatomes des anciens auteurs. Le tissu de la tumeur est dense et ferme : sur une section, elle présente une couleur grisâtre, avec des îlots irréguliers et petits de tissu adipeux. Pour détermhier la nature de cette variété, l'examen microscopique est nécessaire, car on pourrait, sans son aide, la confondre avec un fibrome pur, ou même avec un carcinome, car, ainsi que nous le verrons bientôt, les carcinomes fibreux avec tendance à l'atrophie montrent aussi de nombreux îlots adipeux.
Troisième espèce, he lipome myxomateux est celui dans lequel le tissu conjonctif du lipome est remplacé par du tissu muqueux.
Le tissu muqueux qui coustitue le cordon ombilical, et qui persiste chez l'adulte dans le corps vitré, s'observe, chez l'embryon, comme une des premières phases de développement du tissu fibreux et du tissu adipeux. Le tissu muqueux se caractérise par des cellules plasmatiques, étoilées et anastomosées entre elles, situées au milieu d'une substance fondamentale hyaline très-riche en mucine. [Voy., pour les caractères chimiques de cette substance, l'article Mucine et la 15'' leçon de la Pathologie des tumeurs de Virchow, t. L)
Dans les lipomes myxomateux, les cellules adipeuses et les îlots qu'elles forment par leur réunion, sont séparés par du tissu muqueux.
La transparence et l'état colloïde du liquide riche en mucine qui entre dans leur composition donnent à toute la tumeur une apparence gélatiniforme ; elle est tremblotante, semi-transparente et infdtréede liquide. Le tissu muqueux qui s'y trouve peut être tellement abondant, relativement aux cellules adipeuses, que le mot de myxome lipomateux convienne mieux pour spécifier la tumeur. Les vaisseaux sont quelquefois très-développés et dilatés dans les lipomes de cette espèce qui peuvent aussi, bien que très-rarement, présenter des kystes pleins de mucus transparent ou sanguinolent.
Quatrième espèce. Lorsque dans un lipome les vaisseaux sont très-nombreux, volumineux et distendus, on a affaire au lipome télangiectasique ou érectile. Cet état s'observe dans les nsevi hpomateux congénitaux et dans certaines tumeurs polypeuses libres et saillantes sur les muqueuses ou dans les séreuses.
Les transformations nutritives des éléments du lipome qui méritent un examen spécial et qui permettent d'établir des variétés sont :
a. La transformation graisseuse, mot qui là semble faire un pléonasme: les vésicules adipeuses se fragmentent, se réduisent en granulations fines, et, au lieu de grosses vésicules adipeuses distendant une cellule plasmatique, on n'a plus que des corps granuleux (corpuscules de Gluge). La cellule plasmatique est détruite, et on a affaire à la mort et à la transformation granulo-graisseuse des éléments. Dans ce cas le tissu altéré revêt, à l'œil nu, une opacité, une couleur grise et une consistance caséeuse qui le font ressembler à un sarcome ou à certains carcinomes en dégénérescence graisseuse.
h. La gangrène est possible dans les lipomes ; par exemple, lorsqu'ils se pédiculisent, le pédicule plus ou moins mince peut être étranglé ou même se rompre: dans ce cas la tumeur peut tomber dans l'intérieur d'une cavité naturelle. C'est ce qui a lieu en particulier dans le péritoine où les franges épiploïques ont de la tendance à devenir, par leur hypertrophie, de petits polypes graisseux. Lorsque par une compression exercée sur le pédicule ou par le poids seul de la tumeur, le pédicule devient plus mince et que les vaisseaux s'atrophient, la graisse contenue dans la tumeur se désagrège et se réunit en une masse centrale presque liquide. Plus tard la décomposition de la graisse met en liberté de la cholestérine et des acides gras qui ont de la tendance à former des combinaisons saponiformes, notamment des sels calcaires à acides gras. Ces petites tumeurs peuvent, à un moment donné, se détacher et tomber dans le péritoine. Les corps libres de la cavité abdominale, dit Virchow {Pathologie des tumeurs, t. 1, p. o8i), sont, pour la plupart, des lipomes étranglés et sclérosés. Ces petites tumeurs sont composées alors par une enveloppe fibreuse presque toujours infiltrée de sels calcaires, au centre de laquelle se trouve un savon calcaire caséeux. Yirchow cite un cas de ce genre où la mort
avait été déterminée par une péritonite. Ces lipomes gangrenés et à coque calcifiée ne sont pas toujours sphériques : ils peuvent être irréguliers, rugueux et verruqueux, suivant la forme primitive de la tumeur.
c. La calcification ou transformation calcaire générale ou partielle s'observe quelquefois dans les lipomes. Suivant Virchow, un certain nombre des corps étrangers des articulations proviendraient de petits lipomes calcifiés des villosités synodiales. Broca a présenté à la Société anatomique un lipome du muscle extenseur commun des doigts calcifié en partie. 11 s'agit toujours d'une calcification pure et simple, et non, comme on l'a dit autrefois, d'une ossification vraie.
d. V inflammation et la suppuration. Les cas de suppuration du lipome sont loin d'être rares : on conçoit facilement que cette complication survienne surtout dans les tumeurs extérieures exposées aux trauraatismes et aux frottements répétés, par exemple dans les lipomes qui succcèdent eux-mêmes à ces causes, comme ceux qui siègent à la nuque chez les porte-faix, et comme un lipome ant'Jrotalien observé par Broca chez une religieuse. {Société de chirurgie, 1860, t. 1, p. 229.) L'inflammation peut revêtir là différentes formes : ainsi, dans l'exemple du lipome antérotulien dû à de nombreuses et longues génuflexions, la peau était devenue, dans ce point, le siège d'une hypertrophie papillaire en crête de coq.
D'autres fois on observe une véritable inflammation phlegmoneuse plus ou moins étendue au centre du lipome. La suppuration a lieu ici comme dans le tissu cellulo-adipeux, par la prolifération des cellules plasmatiques, et, en particulier, de celles qui sont distendues par la graisse : celle-ci se résorbe peu à peu, et à sa place se forment de petits nids de cellules embryonnaires qui, mises en liberté par la résorption de la substance fondamentale solide, constituent autant de globules de pus.
On trouve dans la science plusieurs faits de lipomes profonds pris pour des abcès et ouverts comme tels pyr les chirurgiens les plus exercés et les plus habiles, par Velpeau et Michon. Le pus évacué, la tumeur ne s'affaissant pas, fut opérée séance tenante et l'on reconnut un lipome au centre duquel s'était formé un abcès. {Gazette des hôpitaux, 20 janvier 1846.)
Les anciennes observations, l'une entre autres, rapportée par Dupnytren où l'on relate des lipomes dégénérés en cancer, sont, ainsi que le remarque à juste raison Broca [Traité des tumeurs, t. il, p. 576), tout à fait dénuées de preuves sérieuses. Jusqu'à plus ample informé, on peut nier la dégénérescence du lipome en carcinome.
Mode de développrment histologiqce du lipome. Le développement du lipome , échappe d'habitude aux recherches histologiques, parce que la tumeur est généralement ancienne lorsqu'elle est enlevée par le chirurgien, et que, le plus souvent, elle n'est plus en voie de croissance active. Fœrster a pensé que les vésicules adipeuses du lipome proviennent de cellules embryonnaires (cellules indilférentes de b'œrster), cellules qui se laissent peu à peu distendre par de la graisse. Virchow, se fondant surtout sur le développement du tissu adipeux de l'embryon, pense que les cellules adipeuses procèdent des cellules plasmatiques du tissu rauqueux, tissu si répandu partout à un moment donné du développement embryonnaire. Entre ces deux conceptions existe une grande parenté : le tissu muqueux n'est, en effet, qu'un degré plus avancé de développement du tissu embryonnaire ; il y a, comme nous l'avons \n, des lipomes myxomateux, c'est-à-dire développés au sein d'un tissu muqueux; et enfin, c'est toujours dans une cellule
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plasmatique jeune ou ciiibryounaire que se dépose la graisse qui transforme celte cellule en une vésicule adipeuse.
Une fois né, le lipome continue à grandir : Fœrster a donné du développement continu du lipome une autre théorie : pour lui, les vésicules adipeuses s'allongeraient, s'étrangleraient et se diviseraient en deux parties. Ce serait une prolifération des vésicules adipeuses. Nous croyons qu'il y a là une erreur d'interprétation : les cellules adipeuses se déforment en effet si facilement par compression réciproque qu'elles peuvent bien s'allonger, s'étrangler, sans être pour cela en voie de division.
Que des cellules embryonnaires ou muqueuses aient marqué le premier pas de la néoplasie, des cellules plasmatiques se montrent bientôt, et c'est dans leur intérieur que la graisse se dépose. Tel est le mode de développement le mieux constaté. Nous ferons remarquer que la naissance des vésicules adipeuses de cellules jeunes concorde avec ce fait étiologique que la tumeur succède souvent à destraumatismes, à des pressions ou à des i'rottements répétés.
D'après ce mode de développement aux dépens des cellules du tissu embryonnaire ou muqueux, le lipome serait presque toujours une tumeur hétéroplasique, c'est-à-dire née d'un autre tissu que le tissu adipeux dont elle est formée. Nous pouvons faire observer en passant ce fait sur lequel M. Ranvier et moi avons insisté aiWenvs [Manuel d'histologie pathol.), que riiétéroplasie, c'est-à-dire la naissance d'un tissu aux dépens d'un autre tissu, est un mode normal de formation de la plupart des tissus physiologiques, qu'il se reproduit aussi dans la naissance des tissus pathologiques et qu'il ne saurait entrer en ligne de compte pour permettre d'affirmer la nature bénigne ou maligne d'une tumeur. L'exemple de l'hétéroplasie physiologique le plus évident nous est fourni par le développement du tissu osseux. Lorsqu'il naît du cartilage, les cellules cartilagineuses passent d'abord par l'état embryonnaire et se transforment en tissu médullaire embryonnaire : c'est aux dépens des éléments de la moelle devenue embryonnaire que les corpuscules osseux se forment. Ce processus physiologique, aujourd'hui incontestable constitue une hétéroplasie manifeste : les faits les mieux connus de développement des tumeurs tendent tous à affirmer cette loi générale, que le tissu-mère de la tumeur retient à l'état embryonnaire et que les éléments du tissu morbide se développent aux dépens des éléments embryonnaires quelle que soit, du reste, la nature bonne ou mauvaise du néoplasme. On trouverait toujours à sa naissance une hétéroplasie.
Siège du lipome. Les lipomes siègent presque toujours dans un point de l'organisme pourvu, àl'état normal, de tissu adipeux. Dans ce cas la tumeur est dite .homologue. Cependant il existe de nombreuses exceptions à cette règle; lorsque, par exemple, on trouve des lipomes dans la substance corticale du rein quine contient jamais de graisse à l'état physiologique. Ces lipomes sont dits hétérologues. Mais ces derniers n'ont pas une malignité plus grande que les autres, exemple qui nous suffirait à lui seul pour démontrer le peu de fondement des doctrines qui l'ont l'homologie des tumeurs synonyme de bénignité et l'hétérologie synonyme de gravité.
Le siège le plus commun du lipome est le tissu cellule-adipeux sous-cutané; le plus souvent il s'observe dans les points où la peau est lâche et peu tendue j par exemple aux alentours de l'aisselle, à l'épaule, au cou, à la nuque, au siège, aux cuisses ; mais on peut le rencontrer dans toutes les parties de la surface cutanée et même aux doigts, à la paume des mains et à la plante des pieds, oîi du reste,
ils sont très-rares vu l'état de tension du derme. Les lipomes sous-cutanés polypeux peuvent se déplacer eu obéissant aux lois delà pesanteur. Ainsi Vircliow cite les observations de Lloyd et de Lyford, ou la tumeur avait clieminé de l'aine au périnée dans l'une, de la région ilio-pubienne à la partie antérieure delà cuisse dans l'autre. Les lipomes sous-cutanés sont en cflet unis lâchement aux parties voisines : on peut les déplacer en masse et ils s'énucléent facilement.
Ils peuvent venir faire saillie à la peau, bien que leur point de départ soit plus profond. Tel est le cas des lipomes herniairesqui sont tantôt de véritables hernies épiploïques, tantôt des appendices graisseux tenant à un sac herniaire oblitéré ou non, tantôt des lobules graisseux hypertrophiés provenant du tissu sous-péritonéal et s'engageant dans les trajets inguinal, crural ou ombilical ou dans les érailluros de la ligne blanche.
Les mamelles peuvent être le siège de lipomes circonscrits qui ne diffèrent en rien du lipome commun, mais il peut y avoir aussi une hypertrophie générale de toute l'enveloppe adipeuse de la glande telle qu'on ait affaire à une tumeur colossale. Ainsi Robert et Amussat amputèrent les deux seins d'une dame de 21 ans l'un pesant 15", 500, l'autre 10'', 500; le poids total du corps après l'opération était de 50", 500 ; le poids des tumeurs dépassait la moitié du poids total du corps. Dans ces cas , tantôt la glande elle-même est normale, tantôt elle est hypertrophiée : d'autres fois elle a subi une intlanunation chronique ou mastite chronique interstitielle à la suite de laquelle les seins se sont atrophiés. Dans ce cas, la glande a diminué de volume et s'est nidurée : la graisse a pris sa place et le mamelon s'est rétracté. (Virchow, Pathologie destumeurs, 1. 1, p. 373.) Dans les tumeurs du sein qui contiennent do nombreux lobules adipeux l'examen doit être très-attentif, car il est très-commun de renconiror des carcinomes, et en particulier des squirrhes autour desquels l'almosphèrc adipeuse périglandulaire est très-développée. La conservation de la graisse dans le sein atteint de carcinome est la règle, si bien qu'à la simple vue d'une tumeur du sein ne présentant pas d'ilôts graisseux, on peut exclure le carcinome.
Les lipomes sous-aponévrotiques acquièrent souvent un volume considérable : tels sont les lipomes développés dans la cuisse qui se prolongent parfois sous l'arcade crurale jusque dans le bassin. Les lipomes profonds de la partie antérieure du cou peuvent se continuer dans le médiastin.
Les lipomes siègent assez souvent entre les muscles, soit dans les membres à l'avant-bras, au bras, à la cuisse, dans les muscles fessiers, etc., soit dans la langue, ainsi que Bastion {Bull, de laSoc. anal., t. XXLX, p. 349, 1854), et plusieurs autres observateurs en ont montré à la Société anatomique.
Les os en sont rarement le siège : cependant Viard [Bidl. Soc. anal., t. XXV, •1850, p. 142) a présenté à la Société anatomique un lipome formé dans l'épaisseur du maxillaire supérieur, et nous en avons vu un développé dans le corps du fémur. Le tissu compacte de l'os était transformé en ce point en tissu spongieux.
Le tissu conjonctif sous-muqueux est rarement le siège de lipomes. Cependant Marjolin (cité par Cruveilhier, Anat. path. gén.,t. III, p. 512) a signalé un lipome sous-muqueux sur le plancher de la cavité buccale ; Thomas et moi, nous avons présenté une observation de lipome des gencives. {Société de biologie, 1865.) Hokitansky cite un lipome provenant d'un rameau bronchique. Il existe aussi de.'. lipomes polypeux de l'estomac et de l'intestin dont Virchow donne une fifure {îoc. cit., p. 579). Dans un cas rapporté par Sangalli, deux lipomes pédicules, de
la grosseurd'un œuf de poule, faisaient saillie dans le côlon descendant et avaient déterminé une invagination et un prolapsus de l'intestin.
Nous avons déjà mentionné les lipomes pédicules qui font assez souvent saillie dans les cavités séreuses (péritoine, plèvre, articulations) et qui peuvent se détacher et devenir des corps étrangers libres dans ces cavités. On observe aussi quelquefois des lipomes développés dans le tissu conjonctif sous-séreux. G est ainsi que Broca cite l'observation d'un énorme lipome développé sous le péritoine de la fosse iliaque, et remplissant presque tout l'abdomen. Moynier a présenté une pièce analogue à la Société de biologie (1851 , p. 159).
L'atmosphère cellulo-adipeusc qui entoure à l'état normal un certain nombre d'organes, le rein, les ganglions lymphatiques, le globe de l'œil, etc., peut s'hypertrojihier de façon à pouvoir être dénommée un lipome, lipome capsulaire.
L'Iiypertrophie de la masse adipeuse de l'orbite produit un degré plus ou moins prononcé iVexorbilis. L'accumulation du tissu adipeux autour d'un organe est souvent consécutive à la polysarcie : mais elle peut être aussi déterminée par des causes très-différentes; par exemple, elle coïncide avec une atrophie de l'organe, et dans ce cas la graisse vient combler le vide laissé par le retrait de l'organe, ou, au contraire, elle participe à une hypertrophie irritative de l'organe qu'elle entoure. Dans un cas cité par Godard {Recherches sur la substitution graisseuse du rein, 1859) la formation nouvelle de graisse s'était effectuée sous la muqueuse du bassinet et à la partie inférieure de l'un des reins.
Il existe aussi, dans la science, plusieurs cas de lipomes développés dans le système nerveux central. Meckel (Handb. derpath. Anat., 1818, t. Il, p. 126) cite une tumeur graisseuse de la grosseur d'une noisette développée au-dessous du chiasma des nerfs optiques ; Rlob {Zeitschr. der Wien. Aerzte, 1859) signale un lipome situé entre le pont de Yarole et l'hémisphère cérébelleux gauche. Cruveilhier {Anat. path. gén., t. III, p. 512), Obré {Trans. of the Lond. Path. Society, t. III, p. 248 ; 1851-52) ont vu des lipomes des enveloppes de la moelle. Ces cas se rapportent à des lipomes nés dans la pie-mère et Tarachno'ide, mais il est un point du tissu nerveux lui-même où l'on observe des productions pathologiques de tissu adipeux : c'est le raphé du corps calleux et de la voûte à trois piliers; Virchow {loc. cit., p. 384) en a conservé deux pièces dans son musée, et Rokitansky {Path. anat., t. II, p. 468, 1856) en cite, une analogue. Wallmanu (Yirchow's Archiv, t. XIV, p. 585) et Hackel ( Virchow's Archiv, t. XVI, p. 272) en ont vu de semblables dans les plexus choroïdes.
Nous nous bornons à ces considérations générales sur le siège des lipomes, cette question étant reprise ci-après au point de vue clinique. Cornil.
§ II. Chirurgie. CLINIQUE. Eu présence d'un malade qui accuse un gonflement plus ou moins limité d'une partie du corps, sans traces de phénomènes inflammatoires, on pense naturellement à une tumeur. L'époque relativement éloignée du début, le développement l'égulièrement progressif et l'absence de douleur ou d'engorgement ganglionnaire feront songer à une tumeur bénigne, le siège aux alentours de l'aisselle et de l'épaule, aux fesses et aux cuisses, la forme aplatie ou saillante et pédiculée, l'aspect lisse ou mamelonné, l'état lobule, la consistance flasque, mollasse, et la mobilité, tant du côté de la peau que du côté de l'aponévrose, éveilleront certainement, dans l'esprit du chirurgien, l'idée d'un lipome superficiel.
Mais, que de causes d'erreur! S'il est fréquent de rencontrer des tumeurs de ce
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genre dans les régions abondamment pourvues de tissu graisseux, c'est aussi dans ces points que siègent habituellement les abcès.
La forme aplatie se voit surtout dans les lipomes mous au début de leur évolution ; toutefois, elle expose encore à les faire prendre pour des abcès. La forme saillante se rapporte à une période plus avancée. Les lipomes hémisphériques sont très-communs ; et, pour peu qu'ils offrent une certaine dureté, on pourra les confondre avec des fibromes. La i'orme pcdiculée n'est qu'une exagération de la précédente; elle tient au volume et à la position de ces tumeurs et se rencontre à une période toujours très-éloignée du début; c'est la plus caractéristique de toutes les trois.
L'aspect lisse appaitient plutôt au lipome de la première forme; nouveau motil de confusion avec les abcès. l/aspi:ct mamelonné se remarque exclusivement dans les lipomes de la seconde et de la troisième forme.
L'état lobule serait le plus important de tous le signes s'il était donné de l'apprécier exactement dans chaque cas; il est bien différent de l'aspect mamelonné, car, ce n'est pas seulement la surface, mais toute la tumeur qui paraît composée d'une multitude de masses glissant plus ou moins les unes sur les auties {tout lipome est composé de lobules graisseux). A cet effet, on a conseillé : soit de tendre la peau à la surface de la tumeur, souvent on voit alors se dessiner de polits lobules; soit de saisir celle-ci à pleines mains et de la malaxer, on perçoit ainsi une crépitation particulière.
La consistance flasque, mollasse, donne parfois une sensation qu'on a désignée sous le nom de fausse fluctuation ; celle-ci offre toutes les nuances depuis la fluctuation véritable de l'abcès jusqu'à la dureté élastique du fibrome. Toutefois, il ne faut pas oublier qu'il existe des abcès à jiarois épaissies et des fibromes relativement mous. Au surplus, les lipomes offrent sous ce ra[)port degrandes différences.
Outre le lipome mou qui est le plus commun, il y a le lipome dur ou (ibreuv qui est déjà moins fréquent, puis viennent le lipome telangiectasique, le lipome ossifié ou pétrifié, et le lipome myxomateux, qui sont plus rares et sur lesquels nous reviendrons à propos des modifications et des transformations que peuvent subir les lipomes. Quant au lipome cyslique, il est congénital et se rapproche du molluscum.
Les lipomes profonds sont moins fréquents et ne présentent pas des caractères aussi tranchés que les lipomes superficiels. On peut les diviser, au point de vue clinique, en plusieurs catégories :
Â. Lipomes sous-aponévrotique et inter-miisculaire. Ceu>: de la cuisse, de l'avant-bras, de l'épaule et de l'aisselle sont les plus communs. Ils affectent deux formes distinctes : tantôt ils sont aplatis; mais, comme ils ont pu passer inaperçus durant la première période de leur évolution, leur volume est parfois considérable. On croit à une marche rapide ; les signes tirés de la palpation, toujours très-incertains à cette profondeur, et l'âge souvent avancé des malades achèvent de faire croire à une tumeur maligne (myxome, sarcome, carcinome). Tantôt ils sont saillants ; et alors ils olTrent la plupart des caractères des lipomes souscutanés. La mobilité moins grande et l'existence de prolongements entre les muscles feront cependant reconnaître leur origine profonde. Il arrive parfois que les lipomes ont leur point de départ entre les fibres musculaires, il faudra prendre «arde alors de les confondre avec des gommes syphilitiques, surtout à la langue, oîi ils sont du reste très-rares. Nous ne connaissons que les faits de MM. Laugier et Laroyenne.
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Au cou, les lipomes profonds se rencontrent plus spécialement sur les parties latérales : eu haut, au-dessous de la parotide, en bas, au-dessus de la clavicule. En admettant qu'on ait diagnostiqué une tumeur bénigne, il faudra compter encore avec les abcès, les anévrysmes et toute la série des tumeurs de nature également bénigne dont les glandes lymphatiques, le corps thyroïde et la parotide sont si souvent le siège.
Les lipomes sous-aponévrotiques du cuir chevelu et du front sont moins rares qu'on ne pense. M. Ollier nous a dit qu'il avait opéré deux tumeurs de ce genre. Dans un cas, il s'agissait d'un enfant de treize ans. Le début était postérieur à la naissance et le lipome occupait le milieu du front. L'autre cas se rapporte à un adulte, la tumeur occupait la fosse temporale. Chacune de ces tumeurs ne dépassait pas le volume d'une petite noix; ce qui est en rapport avec la disposition anatomique des parties. Le diagnostic avec les kystes athéromateux (loupes) sera parfois très-difficile ; toutefois on rencontrera dans les environs ou dans d'autres régions (paupières, nez, scrotum, dos) des comédons ou des grains de mil, car l'état constitutionnel bien différent de l'état dyscrasique ne saurait être mis en doute dans le cas de kystes athéromateux. La dilatation des follicules pileux à la surface même de la tumeur n'a pas une grande importance. Il n'est pas rai'e, en effet, de constater ce signe dans le cas de lipome pour peu qu'il y ait un peu d'épaississemeut de la peau ; or, on sait combien sont fréquentes, à ce niveau, les causes d'irritation. L'état lobule se voit également dans certaines variétés de kystes athéromateux ; il tient à l'agglomération de plusieurs kystes. Reste la mobilité qui est très-variable.
B. Lipomes capsulaires. Les lipomes de l'orbite reconnaissent une origine congénitale ou acquise. Ils sont très-rares. A mesure qu'elles augmentent, ces tumeurs se moulent sur le globe oculaire qu'elles coiffent en quelque sorte, et, dès qu'elles ont atteint un certain volume, elles ne tardent pas à le repousser au dehors ; on dirait alors qu'elles font corps avec lui. La ponction est presque toujours nécessaire pour établir le diagnostic.
Les lipomes de la mamelle se présentent soit sous la forme circonscrite, soit sous la forme dilfuse. Dans le premier cas, on pourra prendre le lipome pour un kyste ou un fibrome de même forme. 11 arrive parfois que ces trois espèces de tumeurs existent ensemble ; et alors le diagnostic ne laissera pas que d'être embarrassant. Dans le second cas, que la glande soit intacte ou altérée concomitamment (kystes multiples, fibromes diffus), le diagnostic sera toujours extrêmement difficile, sinon impossible. Au surplus, le chirurgien doit commencer par faire le diagnostic de la nature bénigne ou maligne de la tumeur; et, s'il parvient à étabhr qu'il ne s'agit pas d'un sarcome ou d'un carcinome coexistant avec un lipome diffus, le problème clinique le plus important, celui du pronostic, sera résolu. A ce point de vue, rappelons que les plus volumineuses tumeurs de la mamelle sont aussi relativement les plus bénignes, en admettant, bien entendu, qu'elles aient mis longtemps à se développer, qu'il n'existe pas d'adhérences profondes à l'aponévrose et aux muscles et qu'on ne constate aucun signe d'infection ganglionnaire. En outre les deux mamelles sont souvent prises en même temps. Les douleurs spontanées se montrent également dans le lipome capsulairc compliqué de mastite chronique interstitielle et dans le sai'come ou le carcinome avec polysarcie graisseuse; on ne saurait donc se baser exclusivement sur leur existence pour affirmer, comme le soutiennent encore quelques chirurgiens, qu'il s'agit en pareil cas d'une tumeur cancéreuse.
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De même que les lipomes de la mamelle, les lipomes périnéplirétiques sont circonscrits ou diffus. A l'autopsie, on n'a pas toujours trouvé d'altération du parenchyme rénal; mais, d'ordinaire, il existe une lésion concomitante (atrophie, hydronéphrose, calculs), ce qui pourra faire discerner le point de déport de la production morbide; question capitale, lorsqu 'en présence d'une tumeur abdominale, comme cela arrive si fréquemment chez la femme, on est mis en demeure de se prononcer sur l'opportunité de l'intervention chirurgicale. Constamment ces tumeurs ont donné lieu à des eiTCurs de diagnostic pendant la vie.
C. Lipomes sous-séreux. La plupart des tumeurs de la ligne blanche ne sont que des lipomes sous-péritonéaux qui, sous l'intluence de la toux, des efforts, etc., sont parvenus au-dessous de la peau en passant au travers des ouvertures que présentent, à ce niveau, les aponévroses de l'abdomen.
A l'ombilic, sur le trajet du canal inguinal, le long du cordon, dans l'épaisseur des grandes lèvres chez la femme, au niveau du pli de l'aine, à la partie antérieure et à la partie postérieure du périnée, sur les côtés de l'abdomen, partout enfin où l'on rencontre des hernies intestinales, on peut voir des lipomes qui, primitivement développés en dehors du péritoine, se sont, plus tard, déplacés de la mcm.3 manière ; ce qui les a l'ait appeler, avec beaucoup de raison, hernies lipomateuses . Le siège insolite de ces tumeurs peut singulièrement induire en erreur. Le chirurgien ne devra pas oublier qu'elles entraînent parfois le péritoine de sorte que l'intestin pouri'a se trouver étranglé en arrière. Les conditions seront les mêmes dans le cas de lipome développé autour d'un vieux sac herniaire. Rappelons, pour mémoire, que l'épiploon hernie présente aussi, dans certaines ciiconstances, l'état lipomateux.
On a dit, sans plus de détails, que certains chirurgiens, en opérant des lipomes placés soit à la partie antérieure, soit sur les côtés de la poitrine, avaient ouvert la cavité pleurale. La connaissance de ces faits est de la plus haute importance, l'examen cadavérique ayant démontré depuis longtemps la fréc|uence des lipomes du médiastin. D'autre part, M. D. Molhère nous a communiqué l'observation d'une vieille femme à l'autopsie de laquelle on trouva plusieurs lipomes développés en dehors de la plèvre pariétale et qui faisaient saillie dans les espaces intercostaux; on voyait d'autres masses lipomateuses à la face supérieure du diaphragme. De tout cela il ressort, qu'avant d'opérer un hpome du thorax, on devra toujours rechercher s'il existe des adhérences prol'ondes.
Eu 1844, Malgaigne a signalé au niveau du genou la présence d'un ou de plusieurs lobules graisseux qui s'hypertrophient fréquemment dans les cas d'hydarthrose et donnent lieu à de véritables lipomes du volume d'une amande ou d'une petite noix, ils siègent plus spécialement en dehors et en dedans du tendon rotuiien. Leur délimitation plus ou moins exacte, leur consistance tantôt dure, tantôt molle et leur mobilité réelle ou apparente les ont fait prendre, soit pour des corps étrangers, soit pour des fongosités articulaires.
A la partie antérieure de l'articulation tibio-tarsienne et en dedans de la tête du péroné, on rencontre parfois un lobule graisseux aplati qui peut en imposer au chirurgien non prévenu et faire croire à un commencement d'hydarthrose.
Depuis longtemps M. Ollier nous a fait remarquer l'hypertrophie d'un lobule "raisseux du poignet qui se trouve en dehors du pisiforme et qu'on peut faire saillir à l'état normal en pressant transversalement un peu au-dessus de l'interligne articulaire. A ce sujet, on peut se demander si dans les observations, du reste
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Irès-rares, de lipomes de la main, qui ont été publiées, le point de départ n'avait pas été le tissu cellulo-graisseux qui se trouve eu dehors des gaines tendineuses : le lipome siégeait, tantôt à la face interne du pouce (Pelletan), tantôt, à la face palmaire de la main (Robert), tantôt, sur les faces antérieure, externe et postérieure du médius. (Follin.) Pans ce dernier cas, l'adhérence à la gaîne des tendons fléchisseurs a été spécifiée très-nettement. 11 faudra donc tenir compte de ces données dans le diagnostic des tumeurs de la main et des doigts.
D. Lipomes sous-muqueux. Marjolin a rencontré un lipome qui s'était développé au niveau du plancher buccal. M. Cruveilhier résume ce fait de la façon suivante : « Un individu se présente à lui avec une tumeur sublinguale qui avait toutes les apparences de la grenouillette. 11 introduit un bistouri, rien ne sort; il l'introduit de nouveau pour agrandir l'ouverture, il s'échappe du tissu adipeux. Il engage le malade à temporiser pour l'opération. Le malade étant allé consulter un autre praticien, celui-ci commit la môme erreur de diagnostic, bien que le malade l'eût prévenu de ce qui s'était passé chez M. Marjolin : une ponction est pratiquée, et au lieu d'un liquide, il s'échappe par l'ouverture une portion de lipome, lequel fut extirpé immédiatement » Follin a vu un lipome qui avait pris naissance dans l'épaisseur de la lèvre inférieure et faisait saillie du côté de la cavité biiccale. M. OUicr a observé une tumeur semblable à la face interne de la joue ; le début remontait à trois ans; elle avait le volume d une petite noiv et venait toujours se placer entre les dents pendant la mastication. Quand on la prenait entre les doigts, elle semblait fluctuante. Le malade était âgé de 55 ans. Immédiatement après l'incision de la muqueuse, la tumeur vint faire saillie à l'ouverture. Elle était libre d'adhérences, aussi l'énucléatioii fut-elle des plus faciles. A la coupe, on trouva un tissu graisseux presque gélatiniforme. Il s'agissait, par conséquent, d'un lipome très-mou qui, comme dans le cas précédent, pouvait faire croire à un kyste développé dans les glandes salivaires.
11 nous reste à parler des modifications et des transformations du hpome.
Lorsqu'une tumeur de ce genre fait fortement saillie à la surface du cor[)s, elle est exposée à une foule d'insultes. Le frottement des vêtements et le contact avec les objets extérieurs ne produisent d'ordinaire qu'une irritation légère; à la longue on voit pourtant se former une sorte d'épaississement avec induration de la peau, et s'il s'agit d'un lipome de la fesse, par exemple, on peut rencontrer dans le point qui supporte le summum des pressions, une bourse séreuse accidentelle. Quand le malade fait une chute ou reçoit un coup violent sur sa tumeur, la chose e'.t plus grave, et il est rare qu'on n'observe pas alors des phénomènes d'inflammation. Celle-ci peut être limitée ou diffuse, n'occuper que la peau ou gagner les couches profondes. Les conséquences seront très-variables : tantôt le lipome reprendra ses caractères primitits, tantôt il deviendra plus dur et comme osseux. Ces modifications de consistance ne portent habituellement que sur une partie de la tumeur qui change aussi plus ou moins de forme ; dans certaines circonstances, la totalité du lipome est envahie, il se ratatine, diminue considérablement de volume au point de faire croire, s'il est petit, à une guérison radicale. D'autres fois il se forme des abcès superficiels ou profonds qui peuvent singulièrement induire en erreur. 11 en sera de même du passage à l'état huileux et du ramoUissement partiel ou général du lipome. Les ulcérations offrent parfois des caractères inquiétants, surtout s'il s'agit d'une forme télangiebtasique. La sécrétion abondante, les hémorrhagies répétées et la putréfaction incessante qui se fait à la surface ne laissent pas que de mettre parfois en danger la vie du malade.
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Enfin, il est des cas où le processus gangreneux a amené la disparition complète du lipome.
Tels sont les effets les plus habituels de l'irritation ; mais il en est d'autres plus rares, plu? éloignés qui sont un sujet de contestation pour la plupart des chirurgiens, et qui pour nous ne sauraient être liiis en doute ; nous voulons parler de ceux qui amènent la transformation du lipome.
On a prétendu que si les tumeurs de ce genre offraient à une certaine période de leur évolution des caractères de malignité, c'est que dès le principe il y avait combinaison du lijome avec un myxome, un sarcome, etc. En demeurant sur le terrain de la clinique, nous demanderons pourquoi deslipomes restésexceptionnellement bénins pendant dix, quinze, vingt ans et même davantage, présentent tout à coup, sous l'influence d'un traumatisme ou même sans cause appréciable, des caractères incontestables de malignité? On objectera que les phénomènes inflammatoires peuvent prêter à confusion ; mais, dans les cas où l'autopsie a été faite, cet argument ne saurait être invoqué ; or le myxome et surtout le sarcome ont une évolution beaucoup plus rapide et olfrent à une époque bien moins tardive des caractères de malignité. Comment dès lors ex})liquer qu'on ne constate [)as plus tôt ces caractères, si dès le princi|!e il y a combinaison du lipome avec un myxome ou un sarcome ? Il faut, dira-t-on, une cause d'irritation suffisante pour faire éclore ce qui n'était qu'à l'état de germe, sans doute ; mais de tous les lipomes qui sont soumis à des irritations continuelles, quelques-uns seulement finissent par présenter des caractères de malignité et l'on rencontre des tumeurs du même genre qui sans cause appréciable olfrent également dans leurs dernières périodes, des signes de dégénérescence. Nous sommes loin de nier riLiflueiice des causes d'irritation. Toutefois nous croyons qu'elles agissent d'une façon différente, suivant que le lipome s'est développé dans tel ou tel point de l'économie : ici, on n'observera que des modifications de nature inflammatoire; là, on pourra en outre constater une véritable transformation de tissu. Ajoutons que ce sont les lipomes volumineux et profonds qui ont surtout de la tendance à passer à l'état myxomateux ou sarcomateux. Au surplus nous avons vu, dans le service de M. Ollier un certain nombre de cas qui méritent d'être relatés ici au moins en abrégé. Dans le premier, d s'agissait d'un lipome de la région sous-claviculaire; toutefois son pédicule remontait par-dessous la clavicule jusqu'à la partie inférieure du cou. Malade âgé de 45 ans environ. Début 10 ans auparavant. Développement progressif. Ce n'est que dans les derniers temps que la tumeur s'était mise à grossir. A la suite d'un érysipèle elle avait presque doublé de volume, et depuis cette époque elle était le siège de douleurs profondes. A sa partie inférieure, ulcération de mauvaise nature qui de loin en loin donnait lieu à des hémorrhagies plus ou moins abondantes. Extirpation. Poids 5'',500. A la coupe, on trouva au nnlieu des lobules graisseux, des masses blanchâtres, gélatineuses, qui jirésentaient au nàcroscope les caractères du tissu muqueux. Dans le second, le lipome siégeait sur la partie latérale et inférieure du thorax et adhérait aux muscles. Malade âgé de 48 ans. Début remontant à 24 ans. Développement régulier. A la suite de cautérisations faites dans les derniers mois, la tumeur avait acquis un volume énorme. Après l'extirpation, elle pesait 12'', 500. Au centre de quelques lobules graisseux on voyait des points ressemblant tout à fait à la chair de l'huître et que le microscope démontra être myxomateux.
Dans le troisième, le lipome était situé à la partie supérieure et interne de la