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cuisse. La malade avait 40 ans et faisait remonter le début à 3 ans. Ici encore développement plus rapide dans les dernières périodes mais sans cause appréciable. Opération très-laborieuse. Prolongement du côté de la brandie iscliiopubJenne. Poids de la tumeur S'', 750. A la coupe, on remarqua que plusieurs lobules graisseux avaient une teinte gris blancbàtre ; le microscope permit de constater çà et là des points sarcomateux. Ce qui ne laissa pas que de faire craindre une récidive. Un an plus tard, la malade se présentait en effet avec une tumeur offrant des caractères identiques à la première. Toutefois elle se plaignait de troubles de la vue à droite et l'on constatait un peu d'exorbitis du même côté. La tumeur de la cuisse fut extirpée de nouveau. Poids 4'',500, mêmes caractères à l'œil nu, et au microscope. A cinq mois de là, la malade revenait encore pour être opérée ; car la tumeur de la cuisse avait reparu et celle de l'orbite avait en partie chassé le globe oculaire au dehors; perforation de la cornée. Sur les instances de la famille, on consentit à pratiquer l'extirpation de l'œil. Quant à la tumeur qui faisait corps avec lui, on ne put en enlever qu'une partie à cause des prolongements qu'elle offrait du côté du trou optique. Ses caractères étaient identiques à ceux des tumeurs de la cuisse. La malade est morte quelques mois après, sans qu'il ait été possible de faire son autopsie. (Pour plus de détails, voy. Mémoires et comptes rendus de la Soc. des se. méd. de Lyon, t. IV, et VI, présentations faites par MM. Viennois, Marmuel et Fontan.)
Avant de terminer cet exposé clinique, nous rappellerons qu'on peut rencontrer plusieurs lipomes sur le même sujet. Dans certains cas, on les a comptés par centaines. La multiplicité de ces tumeurs indique une prédisposition évidente; mais, que celle-ci soit congénitale ou acquise, il est impossible de méconnaître l'influence des causes déterminantes. Enfin le lipome est héréditaire au mêine titre que la polysarcie.
Thérapeutique et Médecine opératoire. Le lipome peut-il guérir spontanément? 11 est certain qu'on a vu des tumeurs de ce genre diminuer considérablement de volume, chez les phthisiques en particulier : ce fait d'observations aurait même poussé quelques praticiens à recommander la diète forcée et les altérants quand les malades seraient très-gras. Mais, de la diminution de volume à la disparition complète d'une tumeur semblable, il y a plus d'un pas et nous ne croyons pas qu'il ait jamais été franchi hors le cas d'inflammation concomitante. Comme cette complication tient d'ordinaire à une irritation de la tumeur, on comprend également qu'on ait pu vanter les irritants : tantôt, sous forme d'emplâtres ou de pommades ; tantôt sous forme de broiement médiat (malaxation) ou ^ de broiement immédiat (sections sous-cutances) aidés ou non de la compression. Toutefois, si l'irritation est légère, elle ne provoquera pas d'inflammation et le lipome ne diminuera pas de volume; si l'irritation est, au contraire, considérable, elle occasionne une inflammation soit limitée soit diffuse : or, la première sera nécessairement insuffisante dans le cas de lipome volumineux et la seconde jjourra dépasser le but et devenir mortelle. Bonnet, auquel on doit le broiement souscutané, procédait en plusieurs temps pour éviter ce double écueil; mais, les résultats qu'il obtint ne furent pas toujours trcs-brillants, puisqu'il n'employait plus cette méthode dans les dernières années de sa pratique. Du reste, ce n'est pas impunément qu'on irrite une tumeur, quelque bénigne qu'elle soit; souvent, au lieu de diminuer, elle augmente de volume et prend un caractère malin. Aussi, loin de recommander l'emploi des différents moyens proposés jusqu'ici pour la cure spontanée du lipome, nous sommes d'avis qu'il faut absolument les
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rejeter parce qu'ils sont presque toujours insuffisants et qu'ils peuvent devenir dangereux.
La cautérisation est une méthode longue et douloureuse. Avec elle, on n'est pas certain de détruire tout le tissu morbide. La graisse subit des transformations chimiques qui peuvent devenir de nouvelles causes d'infection. Enfin la cicatrice ultérieure est constamment plus ou moins irrégulière.
La ligature a toujours joui d'une certaine vogue dans les cas de lipome pédicule. Tout d'abord, on l'appliquait directement sur la peau. Puis, comme les douleurs étaient très-vives, on conseilla de faire la section préalable des téguments : Louis se servait du bistouri, Cliopart et Boyer préféraient les caustiques ; ce qui ne laisse pas que d'être toujours très-douloureux et d'entraîner une perte plus ou moins considérable des téguments. De nos jours, on n'emploie guère cette méthode que pour facihter ou compléter l'extirpation. En effet, quand le lipome n'est pas volumineux, il est rare que le pédicule, pour peu qu'il soit étroit, contienne de gros vaisseaux.
]j' extirpation est la méthode par excellence. S'agit-ii d'un lipome superficiel; s'il est peu volumineux, on fait une incision droite, courbe, ou deux incisions en T en -+- pour faciliter la dissection. Arrivé à la base de la tumeur, on cherche à l'énucléer avec les doigts ; ce qui est toujours facile dans le cas de lipome dit enkysté. Quand on éprouve quelque résistance, on fait saisir la tumeur avec une pince de Muzeux, et l'on coupe successivement, en se servant du bistouri ou des ciseaux, toutes les brides qui la retiennent encore. Il est exceptionnel de rencontrer des vaisseaux importants ; on a tout au plus quelques petites arlérioles à lier.
Si le lipome est considérable, on voit d'ordinaire à sa base de grosses veines bleuâtres, qui ne laissent pas que de gêner bi?aucoup pour faire l'incision des téguments. Aussi, pour peu que la tumeur soit pédiculisable, il faut placer une ligature d'attente dont on confie les chefs à un aide; et, le moment venu, celuici n'a qu'à serrer pour empêcher l'hémorrhagie. M. Ollier emploie, dans le même but, deux baguettes tout à la fois résistantes et flexibles, qu'il place, l'une au-dessus, l'autre au-dessous du point le plus rétréci de la tumeur; elles sont suffisamment longues pour que l'aide qui est chargé de les maintenir à chaque extrémité puisse à volonté comprimer ou relâcher, en rapprochant ou en éloignant les mains. Ce procédé nous parait préférable au premier, en ce qu'il permet d'agir d'une façon aussi sûre, mais plus rapide. Dans le cas où la tumeur n'est pas pédiculisable, il faut s'assurer du trajet de ces veines qui, comme nous l'avons déjà dit, donnent à la peau une coloration bleuâtre et se révèlent aussi par une sensation particuUère de flot. Ce premier point bien étabh, un aide placera les doigts de l'une et de l'autre main de manière à ce que chacune des veines soit comprimée au-dessus et au-dessous de la ligne de section des téguments ; comme, d'une part, la peau est toujours plus ou moins distendue, et que. d'autre part, elle peut être adhérente, ulcérée, on fera en sorte que cette ligne circonscrive la partie la plus altérée, quitte à la prolonger ensuite dans tel ou tel sens pour faciliter la dissection. Avant d'aller plus loin, l'opérateur procédera à la ligature de tous les vaisseaux béants ; et, tout danger d'hémorrhagie une fois écarté, il se comportera comme dans le cas de lipome peu volumineux, en redou- 'blant toutefois d'attention lorsqu'il arrivera à la base de la tumeur, car il peut encore ici rencontrer des vaisseaux plus ou moins considérables (vaisseaux de la prtie centrale du lipome).