J48 LIPPU
L'extirpation des lipomes profonds, bien que plus difficile en général, à cause des connexions que ces tumeui's peuvent présenter avec des organes plus ou moins inîportants, est soumise aux mêmes règles. L'opérateur devra se livrer à une dissection minutieuse, afin de ne pas léser les vaisseaux et les nerfs principaux de la région. 11 n'oubliera pas que ceux-ci se trouvent parfois englobés dans la masse morbide, d'autres fois seulement repoussés dans tel ou tel sens. La tumeur une fois mise à découvert, il cherchera à la contourner de manière à s'assurer s'il existe des prolongements latéraux. En supposant qu'il en trouve, il pourra avoir affaire à des lobes supplémentaires qui seront tantôt non adhérents et faciles à délimiter, alors rien de plus simple que de les énucléer avec les doigts ; tantôt adhérents et difficiles à délimiter. Dans ce cas, il se comportera comme s'il s'agissait de prolongements dits profonds. Après avoir isolé, toujours avec les doigts, tout ce qui est isolable, il se trouvera constamment en présence d'un ou de plusieurs pédicules, qu'il sectionnera soit avec le bistouri, mais entre deux ou plusieurs ligatures, soit et mieux avec l'écraseur de Chassaignac, en se conformant aux préceptes établis par ce chirurgien.
Dans le cas de liponje superficiel peu volumineux, on fera toujours en sorte d'obtenir ime rémiion immédiate, sauf à enlever ultérieurement quelques points de suture ou à faire des contre-ouvertures, suivant les indications. Dans le cas de lipome superficiel volumineux ou de lipome profond, on n'affrontera qu'une partie des bords de la plaie, afin de ménager un libre écoulement aux matières.
Dans tous les cas, si la peau avait subi une perte de substance considérable, il faudrait panser à plat.
Doit-on extirper tous les lipomes? Nous n'hésitons pas à répondre par l'affirmative.
11 est certain que la multiplicité de ces tumeurs, le siège à la partie profonde de l'abdomen, le grand âge des malades et les maladies intercurrentes, pourront contre-indiquer l'opération : mais, en dehors de ces cas, il faut toujours intervenir. Toute tumeur, fût-elle des plus bénignes, a de la tendance à s'accroître, et mieux vaut opérer plus tôt que plus tard. Toutefois, comme les chances de succès diminuent singulièrement à l'hôpital, le chirurgien cherchera à se placer dans un milieu plus convenable, surtout s'il s'agit d un lipome du cuir chevelu, du front, du cou, où les moindres plaies s'accompagnent si fréquemment d'inflammations secondaires. Léon Tripier.
LIPOPSYCOIE (de Idmiv, manquer, et ij/ux^, âme). (Voy. Adynàmie et Asthénie.) A. D.
LiPOTiiYmiE (de liLmw, manquer, et 6yp6s, cœur, sens). Synonyme de défaillance. {Voy. Syncope.) A. D.
lilPPlA (L.). Genre de Verbénacées, autrefois confondu avec les Verveines ?lles-mèmes, dont l'organisation générale est en effet la même. Mais le gynécée et le fruit sont totalement différents dans les deux types. Tandis ({ue les Verveines, ayant deux loges biovulées à l'ovaire, possèdent définitivement un fruit à quatre cavités monospermes, les Lippia ont, dans l'ovaire, une loge qui avorte, deux demi-loges antérieures uniovulées, et leur fruit ne se compose que de deux cavités séparables, monospermes. Les Lippia sont des herbes ou des sous-arbrisseaux à feuilles opposées ou verticillées : ils croissent dans toutes les régions du globe. Toutes sont aromatiques, et plusieurs sont employées comme excitantes. Le
LIPPIK (eaux minérales de). G49
L. pseudo-thea Schau. est usité en infusions stimulantes au Brésil. Le L. citreo' dora H. B. K., qu'on cultive dans nos orangeries et qui a des feuilles verticillées par trois (d'oià son nom de Yertena triphylla Lhér.), est une des Citronnelles employées quelquefois comme excitantes ; on en prépare une infusion Ihéiforme ; on s'en sert aussi pour aromatiser des crèmes, etc. C'est VHerba Aloysiœ de la pharm:.^upee espagnole, ûe L. iiodiflora Vkicn. {Zappanio nodiflora Petas., Blairia nodiflora Gœrtn.) se prescrit en infusion dans les cas d'affections catarihales et dans les indigestions des enfants. Le L. medica Fensl., dans l'Amérique centrale, et le L. (jraveolens H. B. K., au Mexique, servent aussi à jiréparer des infusions excitantes et digestives. H. Bn.
L., Gen , n. 781. — Endl., Gen., n. 5684. — Guib., Drog. simpl., éd. 4, II, 441. — Méh. et Del., Dict., VI, 865. — Ddch., Réperl., 79. — Uosenth., Sijn. plant, diajihor., 425.
LIPPIK (Eaux minérales de) , hyper thermales, bicarbonatées sadiques moyennes, iodurées calciques faibles, carboniques fortes, en Hongrie, dans l'Esclavonie, à 12 kilomètres de Daruvar, à 1 kilomètre de Pakrocz, et sur le ruisseau lePakra. Quatre sources émergent à Lippik, elles se nomment : 1" Bischofsquelle (source de l'Évêque) ; 2° Csardacker quelle (source de Csardack) ; 3" Kleinbadquelle (source du Petit-Bain), et \° Allgemeinbadquelle (source du Bain-Commun). Le débit des quatre sources est de 5,456 litres en vingt-quatre heures. Leur eau, d'une composition à peu près identique, est claire, limpide et transparente ; elle est traversée par de nombreuses bulles de gaz ; elle est sans odeur, son goût est peu prononcé ; elle rougit au premier moment les préparations de tournesol, qui reprennent leur coloration première après avoir été laissées à l'air pendant un temps assez court. La température de l'eau de Bischofsquelle est de 46" centigrade, celle de Csardackerquelle est de 40" centigrade, celle de Kleinbadquelle est aussi de 40" centigrade, enfin celle d'Allgemembadquelle est de 43°, 8 centigrade. La densité de l'eau des sources de Lippik est de ] ,0026. Daniel Wagner a fait en 1839 l'analyse des deux sources principales ; ce chimiste a trouvé dans 1,000 grammes de l'eau de chacune d'elles les matières suivantes :
BISCaOFSQUELLE KLEINBADQOELLB
Bicarbonate de soude 1,481 1,370
— chaux 0,162 0,196
— magnésie 0,107 0,100
Sulfate de soude 0,689 0,759 .
Chlorure de sodium 0,67-i 0,693
— calcium 0,115 0,109
lodurede calcium 0,ÙU 0,029
Phosphate de fer et d'alumine 0,003 0,003
Acide silicique 0,119 0,127
Matière organique quant, iiidéter. quant, indélcr.
Total des matières kixes. . . . 3,392 3,386
1,000 parties du gaz qui se dégage de l'eau de ces sources contiennent :
lilSCIIOFSQUELLE KLEINBAïQUELLK
Acide carbonique 285,6 289,3
Azote 714,4 710.7
Les eaux de Lippik sont remarquables parce qu'elles sont iodurées en même temps que bicai bonatées et hyper thermales. M. Lengyel de Przemsysl et surtout M. Seegen disent avec raison que ces eaux sont les seules en Europe à offrir cette particularité.
Deux établissements de bains ont été bâtis sur les deux bassins des eaux de
CoO LIPPSPRING (eaux minérales de).
Lippik ; on les nomme Bischofsbad, qui a une piscine où vingt personnes peuvent se baigner ensemble, et Csardackerbad, composé de trois baignoires isolées et d'une piscine qui peut recevoir vingt-cinq baigneurs à la fois.
Emploi thérapeutique. L'eau de Lippik s'administre en boisson, en bains de baignoires et de piscines. Elle s'applique principalement dans les affections du ioie et des reins accompagnées d'expulsion de sables ou de graviers. C'est l'eau en boisson qui fait la base du traitement alors ; ce sont les bains de piscines qui sont prescrits aux rhumatisants et aux goutteux dont le dernier accès est déjà éloigné. Cette eau convient encore en boisson et en bains dans la cachexie syphilitique, dans les engorgements de l'utérus et de ses annexes. Elle réussit d'autant mieux que ceux qui en font usage présentent une constitution lymphatique ou scrofuleuse. L'eau de Lippik, enfin, donne de bons résultats chez ceux qui ont une hypertrophie splénique et hépatique, consécutive à l'existence de fièvres intermittentes paludéennes fréquentes dans la contrée.
Durée de la cure, vingt jours en général.
On exporte peu les eaux de Lippik. A. Rotdreao.
BiBLioonAPiiiE. — Lengyel de Przemsïsl. Die Heilquellen und Bâcler Ungarns , etc. Pesth, 1854, m-12, p. 88-90. A. R.
LIPPITUDE. Voy. Blépharite marginale.
LïPPSPRll^G (Eaux minérales et cure de petit-lait de), protothermales ou athermales, bicarbonatées calciques moyennes ou amétallUes, carboniques moyennes ou azotées, en Prusse, dans la province de Westphalie, à 10 kilomètres de Paderborn, au bord de la forêt de Teutoburg, près de la source de la Lippe, ainsi que son nom l'indique {Spring, origine). (Chemin de fer de Cologne, Hamm et Paderborn, de Paderborn à Lippspring une heui'e de voiture.) Le climat de cette station est assez doux ; on y constate rarement en effet des changements brusques de la température. Les baigneurs n'ont point à se garantir de l'agitation violente de l'air, mais de l'humidité très-grande occasionnée surtout par le voisinage de la forêt. Deux sources émergent à Lippspring, car il faut regarder comme appartenant à cette station un filet d'eau minérale sortant de la terre à 1 kilomètre de Paderborn, et que l'on désigne par le nom de Inselsquelle {source de Ville). L'emploi que l'on fait à Lippspring de cette eau d'une température de 19°, 1 centigrade nous engage à en donner l'analyse chimique faite par MM. Brandes et Witting. On en trouvera le tableau avec celui de la source suivante.
La source principale de Lippspring s'appelle V Arniiniusquelle ; c'est elle qui alimente la buvette, les baignoires et la salle d'inhalation ; elle émerge à 125 mètres au-dessus du niveau de la mer, d'un banc de craie recouvert d'une couche de terrain d'alluvion ; son débit est de 265,800 litres en vingt-quatre heures. Son eau n'est ni claire, ni transparente, ni limpide ; elle a une couleur laiteuse, blanchâtre ; plus elle est longtemps au contact de l'air, plus elle se trouble ; elle se couvre d'une pellicule irisée et elle laisse déposer un sédiment jaune brunâtre, ressemblant à de l'ocre ; elle n'a pas d'odeur marquée ; sa saveur est salée et surtout amère. Des bulles gazeuses la traversent par moments; lorsqu'on la reçoit dans un verre, on voit se former des perles assez petites dont les unes gagnent la surface de l'eau, les autres s'attachent aux parois. Sa température est de 21", 2 centigrade. M. Witting en a fait l'analyse en 1855. Ce chimiste a trouvé dans i ,000 grammes de l'eau de l'Arminiusquelle les principes suivants ;
LIPPSPRING (eaux minérales de). 651
AMIINIOSQUELLi; IXSELSQUELLB
Carbonate de cliaux 0,6S6I 0,205
— magnésie O.O'SI 0,025
— oxyde de fer 0,0182 0,002
Sulfate de soude 0,1)770 0,0ô3
— cliaux 0,5505 0,025
— magnésie 0,1041 0,010
Chlorure de sodium. 0,1119 0,540
— calcium » 0,009
— magnésium 0,1011 0,005
Bicarbonate de soude 0,25Sô »
lodures traces traces.
Total des jiatièiieï fixes . . . 2,5JH 0,036
100 paï"ties du gaz qui s'échappe de ces sources contiennent :
Azote 83,25 97,00
Acide carlionique 10,25 5,00
Oxygène 1,50 "
Emploi thérapeutique. L'eau de l'Arniiniusquelle s'administre à la dose de trois à huit verres, le matin à jeun, à un quart d'heure de distance. L'eau de la source de riUe est presque toujours conseillée en quantité moindre, il est rare que les malades dépassent trois verres. Les bains de Lippspring ont une durée d'une denii-hourc et plus souvent d'une heure. Le séjour dans la salle d'inhalation est en général d'une demi-heure, mais il est assez fréquent qu'il litillc y rester pendant inie heure.
L'eau de l'ArminiusquelIe en boisson est souvent laxative, en même temps qu'elle augmente notablement la quantité des urines et de la perspiration cutanée. Lorsque l'emploi de cette eau est externe et interne, il produit une action sédative marquée sur la circulation sanguine et sur l'innervation. L'eau tle Lippspring a pour effet physiologico-pathologique incontestable de diminuer la toux et surtout les crachats. Lorsqu'on craint de produire des hémoptysics, ou lorsqu'on traite des personnes qui crachent le sang, il faut se garder de prescrire l'eau île l'ArminiusquelIe, qui est alors trop excitante, quoiqu'elle diminue d'intensité et de fréquence les battements cardiaques et artériels. L'inselsquelle convient alors; son eau semble avoir une action élective sur la circulation pulmonaire, qu'elle calme assez promptement pour que les hémorrhagies qui se font par les bronches soient calmées au bout de quelques jours. Notons enfin que les bains de Lippspring déterminent assez souvent une éruption, à la peau des membres surtout, qui se recouvre de rougeurs accompagnées d'une démangeaison quelquefois insupportable. C'est ce qu'on appelle la poussée. La salle d'inhalation est alimentée par les gaz qui se dégagent de deux bassins à ciel ouvert pratiqués dans le sol de la pièce. Si l'on veut se reporter à l'analyse des principes gazeux contenus dans l'eau de la source d'Arminius, on verra que c'est l'azote qui est en proportion dominante. Nous nous contenterons d'indiquer que, ce gaz n'étant pas respirable, il est nécessaire, comme à Panticosa {voy. ce mot), d'ouvrir à Lippsiu'iug les fenêtres de la salle, afin de bien en renouveler l'air après chaque séance d'inhalation gazeuse.
Les affections des voies respiratoires sont plus particulièrement traitées à la station de Lippspring. Les malades qui souffrent de laryngites et de bronchites chroniques simples y sont surtout adressés. Les catarrheux et les tuberculeux y viennent aussi on assez grand nombre ; aussi plus de mille personnes y sont-elles observées chaque année. L'eau en boisson et surtout en inhalation est la base du traitement alors ; les bains ne sont ordonnés qu'à ceux qui ont une manifestation