‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.54Chapitre 8 sur 86 · L.WAJN'DE (pharmacologie). 5l · texte numérisé non relu

L.WAJN'DE (pharmacologie). 5l

2" La lavande commune (Codex), Lavcmdula Spica, spic, aspic (de spica, épis, par suite de la disposition de ses fleurs) ; faux nard, grande lavande, lavande mâle.

5° La lavande stsechas, Lavanclida Stœchas, plus connue sous le seul nom de stsechas (de arà/juç, épi, ou de ce qu'elle croit en abondance sur les iles Staechades ou îles d'Hyères en Provence) ; lavande dentelée ; stœchas d'Arabie, parce qu'elle y est aussi très-commune.

Mérat et Delens disent que le suc frais du Lavcmdula carnosa, plante de l'Inde, est employé, d'après Ainslie, mélangé avec le sucre candi, contre l'esquinancie ; associé à celui d'autres plantes ou à l'huile de sésame, il entre dans la composition de liniments pour la tête.

Les lavandes ont une odeur aromatique sui generis, très-agréable, que conservent les fleurs desséchées. Leur saveur est chaude, amère, et plaît moins que leur odeur.

L'analyse n'en a été qu'incomplètement faite ; on peut dire qu'elle s'est arrêtée à l'extraction de l'huile essentielle, laquelle donne aujourd'hui à ces plantes leur importance commerciale. La lavande contient cependant en outre, comme principes intéressants au point de vue médical, une résine, une matière amère et un peu de tannin. De la présence de celui-ci résulte l'incompatibihté de la lavande, dans les manipulations pharmaceutiques, avec toutes les substances décomposables par le tannin.

Plusieurs auteurs indiquent, comme parties usitées, les sommités fleuries ; il est mieux de n'employer que les fleurs mondées, et ce sont celles-ci en effet qui servent exclusivement aux bonnes préparations.

Les fleurs de lavande s'emploient en nature, pour des infusions destinées à des lotions, à des bains aromatiques. C'est même de cette destination spéciale chez les Romains que dérive le nom de la plante : Lavandula a lavando, qiiod ea parantur halnea. On peut s'étonner que le Codex n'ait pas fait entrer les fleurs de lavande dans les espèces aromatiques, d'autant plus qu'on les trouve dans les diverses formules de ces espèces, données par la plupart des autres pharmacopées.

On en prépare une poudre, qui s'administre à l'intérieur, et que l'on fait aussi servir à la préparation : des poudres aromatiques composées, pour l'usage externe ; des poudres sternutatoires ; des sachets aromatiques.

On en retire un hydrolat et un alcoolat. On en a fait aussi une teinture alcoolique.

Le Codex inscrit les fleurs de lavande parmi les éléments du vinaigre aromatique des hôpitaux, du vinaigre antiseptique ou des Quatre Voleurs, et du baume tranquille. Elle entrait anciennement dans VEau vulnéraire, le Baume nerval, et plusieurs autres compositions polypharmaceutiques.

Huile essentielle de lavande. Elle s'obtient par distillation, avec Tintermède de l'eau, des fleurs de lavande. Elle a ordinairement une couleur verte plus ou moins prononcée, selon son degré de pureté ; mais parfaitement i^ectifiée, eUe est incolore. Elle a une odeur forte, aromatique, une saveur brûlante et amère. — Densitéjà -1-12°, 0,886 ; pouvoir rotatoire — 21, 20 : indice de réfraction, 1,467. (Buignet.) Formule : n'est pas encore rigoureusement déterminée ; on sait du moins que, en outre du carbone et de l'hydrogène, elle contient de l'oxygène; elle est en conséquence classée dans les essences oxygénées. Elle se dissout dans l'alcool et dans l'acide acétique concentré. Proust y a découvert du camphre, ce

h5 LAVANDE (TiiiijiAf eutiqub).

qui a été vérifié par M. Dumas. La |Droportion de camphre contenue dans l'essence dekwande s'élève (Pclouze et Fremy) juscpi'au quart et quelquefois même jusqu'à la moitié de son poids.

L'huile essentielle que l'on retire de la la\ande spic, et désignée vulgairement dans le commerce sous le nom à'huile d'aspic, a des propriétés et une composition analogue, une odeur moins agréable, et est moins estimée. L'une et l'autre sont souvent falsifiées par l'essence de térébenthine, qu'un odorat e:xercé peut y reconnaître ; une solubilité moindre dans l'alcool et la vérification des chiffres donnés ci-dessus peuvent encore mieux démontrer la fi'aude.

Le parfum de l'huile essentielle de lavande est en rapport avec les soins apportés à sa préparation, avec la bonne qualité de la plante, avec le terroir qui a fourni celle-ci. Les Anglais prétendent que le climat de l'Angleterre est plus favorable à la culture de la lavande, et que par suite leurs essences de Mitcham, dans le comté de Surrey, et d'Hitchim, dans le comté d'Hertford, sont supérieures à celles de nos fabriques du Midi. Mais nous croyons, après avoir comparé leurs produits, très-remarquables d'ailleurs, avec ceux des Alpes maritimes, que la supériorité est surtout acquise à leurs prix, et que nos qualités d'essences de lavande sont susceptibles de valoir les leurs.

L'essence de lavande intéresse plus la parfumerie que la thérapeutique ; elle entre dans la composition d'un grand nombre de cosmétiques, et surtout dans ceux vulgarisés sous le nom à' Eaux de toilette. Sa dissolution, en proportion variable, dans l'alcool (50 à 40 pour 1000 donnent un produit satisfaisant), forme ce qu'on appelle ['esprit, l'alcool, ou Veau-de-vie de lavande ; on ajoute parfois d'autres essences, et particulièrement celle de bergamote, afin d'améhorer la qualité de la préparation. L'alcool de lavande ainsi obtenu a plus de parfum que l'alcoolat et remplace avantageusement celui-ci pour les usages pharmaceutiques. Dans la parfumerie, pour obtenir les plus belles qualités à'esprit de lavande, on ne s'arrête pas au simple mélanga d'essence et d'alcool ; on distille ce mélange, et l'on recueille un produit incolore, plus parfumé et d'une meilleure conservation que la simple dissolution de l'essence dans l'alcool, qui se colore et se résinifie avec le temps.

Les fleurs de spic peuvent être employées aux mêmes usages et dans les mêmes circonstances que celles de la lavande officinale.

Les parties usitées de la lavande stœchas sont également les fleurs, qui peuvent donner lieu aux mêmes préparations que celles des deux espèces précédentes. Elles ont servi en outre à la confection de sirops qui ont joui autrefois d'une certaine vogue, et qui valaient peut-être bien beaucoup de ceux pour lesquels on les a délaissés. L'un était le sii^op de stœchas simple ; l'autre, le sii-op de stœchas composé, dont les formules variaient, basées sur l'association d'un plus ou moins grand nombre de substances aromatiques (V. Jourdan, Pharmacopée universelle).

§ m. Thérapeutique. Si l'on tient compte de la présence, dans la lavande, d'une matière amère, du tannin, d'une huile essentielle qui elle-même contient une notable proportion de camphre, on comprendra que cette plante, se rapprochant des labiées qui ont une composition analogue, telles que la menthe, le romarin, le thym, puisse posséder des propriétés à la fois stimulantes, toniques et antispasmodicp^ies. 11 paraît même, d'après Kraus,que, prise à l'intérieur à trop fortes doses, elle est susceptible de produire quelques accidents toxiques. Mais si la lavande plait à l'odorat, elle déplaît au goût ; et sa saveur en effet n'a pas peu con-

LAVAiNDE (tiikhapeutique). 5d

tribiié à la laisser tonibei' en désuétude comme médicament interne. Cependant, sons ce dernier rapport, elle n'a pas été sans quelque réputation. On la considérait autrelbis comme excitant le système nerveux en général, et le cerveau en particulier ; ce qui fit vanter son tau distillée contre la syncope, l'asphyxie, h début de l'apoplexie, les affections sopore\!ses. La croyance à ce pouvoir d'excitation nerveuse était telle, que la lavande était l'un des remèdes les plus employés contre les paralysies, et particulièrement contre les paralysies de la langue. Ainsi en pareil cas, on prescrivait fréc{uemment la teinture alcoolique de lavande, étendue d'eau, en gargarisme, et le même moyen s'appliquait aussi au traitement du bégayement. Il ne serait peut-être pas sans intérêt de vérifier le degré d'utilité de ce mode de traitement contre les lésions musculaires et nerveuses de la langue.

L'amanrosenous offre unaulre cas de paralysie sensoriale où les préparations de lavande auraient manifesté quelque efficacité. De nos jours encore, M. Desmarres prescrit contre les affoiblissements de la vue des frictions sur la région sourcilièreavec un mélange de : ammoniaque, i partie; eau-de-vie de lavande, 40 p.; et il en obtient souvent de forts bons résultats.

Les propriétés nervines et particulièrement céphaliques possédées par d'aulres labiées, telles que la menthe et la mélisse, ont été également reconnues à la lavande que l'on a en conséquence recommandée conire divers états nerveux dépendant du trouble de l'innervation cérébrale, et entre autres la céphalalgie et le vertige.

Comme antispasmodique, on l'a jugée utile contre plusieurs névroses, et surtout contre l'hystérie, estimant même qu'elle avait une action spéciale sur l'utérus, qu'elle favorisait l'éruption des menstrues et le travail de l'accoucliemcnt ; ce qui ne peut être accepté que sous toutes réserves, de même que des influences particulières sur les reins et sur la peau dont on a aussi prétendu qu'elle activait les fonctions sécrétoires.

Ses propriétés digestives et carminalives paraissent être plus réelles ; et l'on en a tiré parti contre certaines dyspepsies avec llatulences gastro-intestinales.

Enfin, comme léger tonique amer, et aussi par suite de propriétés inhérentes à son huile essentielle, la la^-lînde a pu et pourrait encore être utilisée contre les hypercrinies chroniques, muqueuses ou purilbrmes, telles que leucorrhée, gonorrhée, bronchorrhée. Dans cette dernière, c'est surtout le stœchas, dont nous allons dire quelques mots, qui a été employé.

On a reconnu aux fleurs de stsechas (qui pourraient être, du reste, ainsi que celles de la lavande spic, substituées, pour les usages médicaux, à la lavande officinale à défaut de celle-ci) une utilité particulière contre les affections chroniques des organes respiratoires, asthme humide, catarrhe muqueux, engorgements pulmonaires, et dyspnées résultant de ces affections. Bodard dit avoir trouvé le stœchas très-efficace en pareils cas ; et nous ajouterons que l'on aurait tort de le laisser dans un oubli complet. Les infusions des labiées, mais surtout de celle qui nous occupe ici, d'hysope et de sauge (nous associons souvent ces trois substances dans la môme infusion), sont infiniment préférables, dans le traitement des catarrhes bronchiques, aussi bien aigus que chroniques, aux tisanes émollientes ou soi-disant pectorales communément usitées.

En outre de ses propriétés béchiqnes, Alibert dit avoir trouvé dans le stfechas des propriétés antispasmodiques, qu'il a particulièrement utilisées contre certains états névropathiques de l'estomac, tels que les vomissements nerveux.

5i LAVARDENS (eau minép.ale ue).

Lc3 iavaiides tt leurs préparations ne sont guère employées aujourd'hui que pour l'usage externe. Seules ou associées à d'autres substances analogues, elles servent à la préparation de lotions, de frictions, de bains aromatiques. Leurs fleurs, mélangées avec celles d'autres labiées ou avec d'autres plantes odorantes, entrent d*ins la composition de sachets, de litières aromatiques. (Voir ces mots, ainsi que les articles Aromatiques et Baiks.)

L'alcoo'at, l'alcool, ou l'eau-de-vie de lavande, par leurs propriétés encore plus stimulantes que les autres préparations de cette plante, conviennent pour ranimer les fonctions de la peau ou des parties sous-jacentes, dissiper les engorgements indolents, œdémateux, combattre les asthénies nerveuses et musculaii^es ; et l'efficacité qu'on leur attribuait autrefois contre les paralysies pourrait, au moins dans une certaine mesure, se manifester encore. Ces dissolutions alcooliques d'essence de lavande servent avec avantage à composer des bains aromatiques stimulants, très-propres à réveiller, en diverses circonstances, la vitaUté de certains appareils organiques ou de tout l'organisme lui-même ; bains plus actifs encore que ceux préparés avec la seule infusion des plantes aromatiques. Enfin, on fait entrer l'alcoolat ou l'eau-de-vie de lavande, comme élément, dans des mixtures ou liniments pi^escrits pour l'usage externe, soit pour ajouter à leur action stimulante, soit pour couvrir l'odeur désagréable d'autres ingrédients, telle que l'ammoniaque par exemple, dont l'essence de lavande corrige ou masque assez bien les effluves repoussants. C'est ce dernier motif qui fait admettre l'essence de lavande dans l'aromatisation du carbonate ammoniacal qui fait la base des sels anglais, sels de Preston, smelling salts, dont les effluves, à la fois excitants et antispasmodiques, ne sont pas sans utiUté dans les états nerveux, contre la migraine, les défaillances, la syncope, etc.

La poudre de lavande s'administre à l'intérieur à la dose de 1 à 4 grammes ; les fleurs, depuis 10 jusqu'à 20 grammes pour unhtre d'eau, en infusion théiforme ; pour un grand bain, 500 à 1000 grammes. Nous n'engagerons pas, comme certains formulaires, à donner sur un morceau de sucre quelques gouttes d'huile essentielle, qui, acre et brûlante, produit ainsi une impression des plus désagréables sur l'organe du goût ; nous pensons, d'ailleurs que, jusqu'à plus ample informé de son utilité à l'intérieur, elle doit être réservée pour l'usage externe. L'alcoolat de lavande pourrait être mêlé à une potion à la dose de 8 à 10 grammes, l'eau distillée à celle de 30 à 60 grammes. Les sirops de staechas se prescriraient à la dose de 30 à 60 grammes ; pour les fleurs de stsechas, mêmes doses que celles de lavande officinale. D. de Sayignac,

LAVAmauLii ST.ECHAS. {Voy. Lavande.)

LAVAR®e:\"S (Eau minérale de), proiothermale , ame'talUte, carbonique faible. Dans le département du Gers et dans l'arrondissement d'Auch, à l kilomètre du village de Lavardens, émerge une source d'eau limpide, sans odeur ni saveur prononcées, à peine traversée par quelques bulles gazeuses, sans réaction sur les préparations de tournesol, et d'une température de 19", 4 centigrade. Sa densité est la même que celle de l'eau ordinaire ; l'analyse chimique ne lui domic guère plus de droits à avoir une place distincte dans le cadre hydrologiquc ; le travail de MM. Lidangc et Boulan indique, en effet, dans 1,000 grammes de cette eau, les proportions minimes des principes suivants;

LAVATER (les).

Carbonate de chaux 0,160

— magnésie 0,04S

— fer 0,006

Sulfate de chaux 0,008

— magnésie 0,076

— soude 0,034

Chlorure de sodium 0,0i4

— magnésium O.OIS

Silice et débris végétaux 0,026

Résine 0,003

Chlorhydrate d'ammoniaque traces.

TOIAI, CES MATIÊBES FIXES 0,467

Gaz acide carbonique 0,028 litre.

L'eau de cette source, que les gens du pays nomment la Fontaine Chaude, est seulement employée en boisson. Son usage n'est soumis à aucune règle méthodique, et quelques habitants de Lavardens et des contrées voisines croient cette eau capable de guérir les maladies chroniques les plus sérieuses et les plus variées. Sans accorder que la physique et la chimie renseignent complètement sur l'efficacité thérapeutique d'une eau minérale, nous doutons que la thermahté et la constitution élémentaire de l'eau de Lavardens lui assignent jamais une place importante parmi les eaux minérales, A. R.

tAVATEK (Les).

Plusieurs médecins de ce nom, tous de Zurich, et dont quelques-uns unis par les liens de la plus étroite parenté, se sont fait une réputation dans la science.

Lavater (Heinrigh) naquit à Zurich, en 1559 ; après avoir fait et complété ses études dans plusieurs universités d'Allemagne et d'Italie, il revint dans sa ville natale, où il remplit les fonctions de professeur de mathématiques et de physique, et mourut en 1623, laissant les ouvrages suivants :

I. Defensio medicorum galenicorum advcrsus calumnias Angeli Sala. Hanov, 1610, in-i", — Il, Epifome philosophiœ nafuralis. Ibid., 1621, in-4°.

Lavater (Joh.-Hecnrich), fils du précédent, né à Zurich, en 1611, occupa la même chaire que son père et se distingua par divers travaux. On lui doit notamment une curieuse observation de hernie scrotale du volume du poing, déterminée par la chute du côlon. 11 s'occupa aussi de l'analyse des eaux minérales et de règlements sur la peste. Voici la note de ses ouvrages ;

l. De arthritide. Basilese, 1047, in-4°. — II. 'E-jTîpo7t?ptço).r,, seu intestinorum compressione. Ibid., 1G72, m-¥.

Lavaier (Joh.-Caspar.-Christ.), probablement de la famille des précédents, naquit à Zurich, le 15 novembre 1741, et mourut dans cette ville, le 12 janvier 1801, des suites d'une blessure qu'il avait reçue à la prise de cette ville par les Français. Il était ministre protestant, et se fit une grande réputation par son zèle évangélique, sa charité et son mysticisme. Outre ses écrits religieux, Lavater a laissé des ouvrages très-originaux et qui ont obtenu un grand succès de curiosité ; je veux parler de ses recherches sur la physiognomonie, dans lesquelles il s'efforce de découvrir toutes les nuances du caractère d'après les traits du visage. Cette prétention lui attira quelques mystifications, particulièrement de la part du célèbre Zimmermann, qui lui fit prendre un affreux bandit pour un homme doué de toutes les vertus. Voici l'indication de cet ouvrage :

I. Physlonomische Fragmente zur Befôrderung der Menschenkenntniss tmd Menschenlichc. Leipzig- und Wintortliur, 1775-78, 4 vol. pot. in-fol, ; trad, Ir. soas ce titre : Ei.mi sur la

56 LAVEMENTS (pharmacologie).

jihysionomie ou l'arl de connaître les hommes, etc. 1782, 4 vol. in-i", fig. — Autre édit. L'art de connaître les hommes, pai' Moreau de la Sarthe. Paris, 1806-35, 10 vol. in-8°. —

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