LUC-SUR-MER
légée en dessous par un repli transversal qui la déborde, et qui est surmontt' pnr deux appendices cornus, divergents, d'une consistance peu considérable. Les stigmates postérieurs, profondément placés au fond de la caverne, sont formés de chaque côté par trois oslioles rougeàtres, entourée d'un cercle commun corné, d'un brun rougeàtre.
PuPE. Formée par la peau épaissie et contractée de la larve; forme cylindrique; couleur d'un brun rougeàtre loncé. On y trouve resserrées sur ellesmêmes les parties qui viennent d'être décrites pour la larve. Les zones formées par les petites épines sont très- visibles.
LuciLU HOMiNivoRAX Ch. Coquercl. Longueur 9 millimètres, tète et corselet bleus à reflets verts ou violacés, antennes fauves à base bruudtre ; palpes testacés; face et joues d'un jaune clair, couvertes d'un duvet lauve dore; tête très-grande, plus large à la base que la partie voisine du thorax, front large avec deux rangées de cils noirs, jaunâtre à bande médiane d'un brun rougeàtre; thorax d'un bleu foncé très-brilîant, à reflets srisàtres sur les côtés et en avant; de chaque coté et dans son milieu existe une bande d'un noir bleu, les deux externes allant de l'épaule à l'insertion des ailes, la médiane plus étroite séparée des latérales par une ligne d'un jaune doré, peu brillant et à reflets verts ou violacés, épaules d'un vert bleuâtre ; écusson d'un bleu violacé à reflets verts ; abdomen d'un bleu brillant à reflets d'un gris blanc, noir sous l'écusson, bord jiostérieur des segments d'un bleu foncé changeant en. violet pourpre; balanciers d'un testacé pâle; cueillerons blancs, bords inférieurs d'un testacé pâle ; pattes noires, jambes à reflets d'un brun foncé. Ailes grisâtres sur le bord externe, noirâtres à la base, nervures noires, l'externo-médiaire formant un coude aigu, fortement concave ensuite, deuxième nervure transversale sinueuse. A. L.\couLiiÈ-\E.
Bibliographie. — RoBi>'EAti-DESvoi»'î. Essai sur les Mijoclaires, etc., p. 452; 1850. — Macqoart. Hist.nat. des insectes Diptères, suite à Bulfon, Rorot, t. II, p. 250; 1855.— Schixek. Diptera austriaca, I, p. 589; 1862. — CoQiEnEi. (Charles). Note sur d. s larves appartenant à une espèce nouvelle de Diptère (Lucilia hominivorax) développées dans les sinus frontaux de l'homme à Carjenne. In Annales de la Société entomolocjique de France, 1858, p. \1\, pi. IV. — Du 3IÈ.ME. Des larves de Diptères développées dans les sinus frontaux et les fosses nasales de V homme à Cayenne. In Archives générales de médecine, 5« série, t. XI, p. 515; 4858. — Du UKME. Nouveau cas de mort produit par la larve de la Lucilia liominivora.x et description de la larve de ce diptère. In Annales de la Société ent. de France, 1859, p. 254, pi. VI, fig. I. — AcDouiT (Volcy). Des désordres produits chez l'homme par les larves de la Lucilia hominivorax. Thèses de Paris, 186i. — Oriosola. Observations faites au Mexique et au Pérou de Guzancias dans les fosses nasales. (Cité par le suivant.) — Lccas (E.j . Thèse inaugurale. Relation d'un cas de parasitisme obse,~vé à Acapulco, etc., p. 41; 1808. — Laïet (A. E.). Quelques réflexions sur un point de zoologie médicale. In Archives de médecine navale, t. XI, p. 137 ; 1869. A. L,
LUCQIJES (Exvx MINÉRALES de). Voy . Bagni di Ldcca.
ItJC-SlJR-MER (Station marike de). Dans le département du Calvados, dans l'arrondissement et à 16 kilomètres de Caen, est un village de 1620 habitants occupés presque tous à la pèshe et à préparer des salaisons. Un sable fin et doux constitue la plage de ce point de la Manche, où les baigneurs trouvent un établissement et un casino fréquentés surtout par les malades des départements voisins et par quelques Parisiens qui cherchent une vie calme et exempte des exigences des stations à la mode. Les logements et la nourriture sont simples et confortables à Luc-sur-Mer, et pourtant ils sont à des prix qui n'ont rien d'exagéré. A. R.
172 LUDIA.
LCCULIA. Genre de plantes de la famille des Rubiacées. Une magnifique espèce de l'Inde, le L. gratissima Sweet, produit une écorce substituée à tort au Quinquina, car elle n'est qu'astringente et tonique. C'est le Cortex Chinœ nepalensis. Le L. cuneifoUa Snyeet a les mêmes propriétés. H. Bn.
ll'CLMA. Genre de plantes de la famille des Sapotacées, dont les fruits comestibles sont analogues à ceux des Sapotilliers, notamment ceux des L. mammosa J. [Achras mammosa L.), procera Makt., ohovata K. [Achras Lucuma Rciz et pAV.), Caimito Rœji. et Schi.., etc. Us sont nourrissants, sucrés et acidnles, rafraîchissants quand ils sont mûrs. Avant la maturité, ils servent eri Amérique comme astringents. Le suc de ces plantes est acre, vénéneux; on l'emploie à l'intérieur comme \omitif, topiquement comme caustique. Le Lucuma Keale de Molina est un arbre chilien, bien différent des précédents. C'est, suivant nous, une Monimiacée, que nous nommons Gomortega Keale [Adenostemon nitidiim Pers.). Son fruit est comestible, et ses feuilles, à odeur résineuse, s'emploient au ChiU comme astringentes. H. Bn.
Jcss., Gen., 15'2. — Endl., Gen., n. 4'241. — Mer. et Del., Dict., IV, 154. — Guib., drog. simpl., éd. 4, II, 5 5. — Rosenth., SynojJs. plant, diaphor., 507. — Bâillon (H.), Histoire desplantes, I, 525, 556.
LLDGER-LALLEn.iXD, OU mieux LALLEMA\D (Ludgek). Chirurgien militaire auquel ses talents et son savoir promettaient un bel avenir, et qui fut prématurément enlevé à la science. Il était né à Maubert-Fontaine (Ardennes) en 1820. Dès l'âge de dix-huit ans, il entra dans le service de santé militaire, comme tous les hommes d'élite, c'est au concours qu'il dut les positions qu'il occupa dans les hôpitaux de Strasbourg et de Paris, où il se fit recevoir docteur en 1845. Nommé (1857) , après une lutte des plus honorables, professeur agrégé au Yal-de-Gràce, il se distingua par la clarté et la méthode de son enseignement. Lors de l'expédition du Mexique, voyant là une mine encore peu explorée de travaux et de recherches, il sollicite et obtient l'honneur d'être nommé médecin en chef de l'armée expéditionnaire. A peine débarqué à la Vora-Cruz, il eut à lutter contre l'épidémie annuelle de fièvre jaune, qui rend cette côte si redoutable aux nouveaux arrivants, et, l'un des premiers, il succomba à ce fléau le 7 avril! 862.
Ludger-Lallemaiid s'est beaucoup occupé de la grande question des anesthésiques et il en a fait l'objet de ses plus constantes études ; il a fait connaître que le chloroforme est absorbé de toutes pièces, porté sur les centres nerveux où il manifeste ses effets, puis rejeté par l'expiration pulmonaire. Il a laissé les ouvrages suivants :
I. Quelques mots sur la métliode cndcrmique. Th. de Paris, 1843, ii° 154. — II. Recherches expérimentales sur les moyens de combattre les accidents détermines par les inhalations de chloroforme. In Union méd., -1" sér., t IX, p. 55; 1855. — III. Du rôle de l'alcool et des anesthésiques dans l'organisme. Recherches expérimentales (avec .MM. M. Perriii et J- L. P. Duroy). Paris, 1860, in-8°. — IV. Divers rapports à la Société médicale d'Emiilatio:i : Sur l'identité et la non-identité du typhus et de la fièvre typho'ide. Question qu'il avait étudiée dans les hôpitau.K de Constantinople et qui devait faire l'objet d'un travail étendu que la mort ne lui a pas permis de publier. E. Bgd.
L,L'DIA. Genre de plantes de la famille des Bixacées. Le L. heterophyUa Borï, des lies Mascareignes, a les mêmes propriétés vomitives que VAphloia tJieœfonnis BeiXiX., plante autreiois rapportée aux genres Lœda et Liidia. (Voy. Aphloia.)
H. Bn.
LUFFA. 173
Ll'DOLFF (Les deux).
Ludolff (Jérôme), né à Erfurt, le 50 avril 1679, mort le 27 février 1728, âgé, par conséquent, de quaraate-neuf ans, n'a pas pu donner tout ce que de sérieuses qualités promettaient. Elève de Wedel et de Slevogt, il parvint à la chaire de philosophie à l'université d'Erturt, puis à celle de médecine, enseignant avec distinction la chimie, l'anatomie, la botanique et la chirurgie. Nous ne lui connaissons que des dissertations, mais celles-là sont au nombre de quarante, et Jourdan en a donné minutieusement la liste (voy. Dict. des se. méd. en 60 vol., partie biographique, t. YI, p. 125).
LadoiCf (Jérôme). Aé également à Erfurt, le 11 décembre 1708, mort le 7 novembre 1764, eut de rudes obstacles à vaincre pour parvenir au grade de docteur qu'il ambitionnait; car on le voit successivement clerc chez un pi^ocureur, élève en droit, précepteur d?.ns une famille (1754), ouvrier horloger (1757) ; enfin docteur d'Erfurt (1759); puis, .professeur de philosophie (1741) ; médecin pensionné de la ville (1741), médecin de l'Électeur de Mayence. On possède également de lui vingt-cinq dissertations; plus, quelques autres ouvrages dont voici les titres :
I. De artis pharuiaceuticœ ad studium medicum necessitate el ulilitatc. Erfurt, 1746, in-4°. — II Die in der Medicin siegende C/ujmie, bestehend in aufrichliger Mittheilung dercr in Bereifting der wichtigslen medicamentorum mit Sutzen gebraucliten clujmischcn Handgnffe. Erfurt, 1746-1749, in-4°. — III. Programma de mirabili fabrica articulationis maxillœ inferioris ciim ossibns temporum. Erfurt, 1749, in-4°. — IV. Ziigabe zii der in der Medicin noch immer und immer xiegenden Chymie. Erfurt, 1750, in-l°. — V. VoUstdndige und griindliche Einleitung in die Chymie. Erfurt, 1752, in-S". A. C.
LL'ETTE. {Voy. Bouche et P.iLAis.)
LlIFFA (C.^.v.). Genre de plantes de la famille des Gucurhitacées, tribu des Cucumérinées, Leurs fletirs sont monoïques, pentamères, à cinq sépales, et cinq pétales. Dans la ileur mâle, le réceptacle est peu profond, en forme de cloche ou de sac, et il y a trois ou cinq ctamines, dont les anthères sont fle.vueuses, si^moïdes, placées sur les bords d'un connectif plus ou moins dilaté. Le gynécée est nul ou rudimentaire. Dans les fleurs femelles, les étamines sont réduites à des languettes stériles. Le réceptacle a la forme d'un long tube qui renferme l'ovaire, àlrois placentas multiovulés, que surmonte un style à sommet stiguiatifère trilobé. Le fruit devient tout à fait sec à sa maturité ; il est oblong ou cylindrique, arrondi ou recouvert de côtes saillantes, longitudinales, aiguës, lisse ou échiné, polysperme. Il est surmonté d'un vestige durci du style et s'ouvre au sommet par un opercule. L'élément pulpauv de son péricarpe disparaît tôt ou tard, et ne laisse subsister qu'un lacis très-compliqué de faisceaux filjro-vasculaires devenus ligneux. Les graines sont oblongues, comprimées, construites comme celles des Courges. Les Luffa sont des herbes annuelles, ordinairement grimpantes, qui sont toutes originaires de l'ancien monde, sauf une espèce américaine, le L. purgans. Leurs feuilles sont alternes, 5-7-lobées, à pétiole non glanduleux. Elles sont accompagnées de cirrhes bi ou multifides. Leurs fleurs mâles sont réimies en grappes, et leurs fleurs femelles sont ordinairement solitaires, quelquefois placées à la base de ces grappes. On emploie en médecine les espèces suivantes :
1. Luffa purgans Mart. {Momordica purgans Mart., B.eise in Bras., Il, 546. — M. operculata L. — Poppija operculata Rœm.). Cette espèce, glabre ou légèrement scabre, a de larges feuilles cordées-réniformes, 5-5-lobées, des cirrhes biiides
174 LUFFA.
ou quelquefois simples, un ovaire muriqué, atténué supérieurement en un col assez long, et un fruit anguleux, épineux, acuminé. Ses graines sont lisses et non bordées. Elle croît dans l'Amérique méridionale, surtout au Brésil. Commelyn l'a représentée dans son Horti medici amstelodamensis plantœ rariores et exoticœ (t 22), sous le nom de Momordica americana fructu relicidato sicco. LeL. drastica Maf.t., qui a les mêmes propriétés et qui croît dans les mêmes contrées, n'en est sans doute qu'une variété. Ses fruits sont très-amers et très-drastiques; ils font partie à ce titre de la pharmacopée brésilienne; ils ont, en un mot, toutes les propriétés de la Coloquinte. On appelle au Brésil le L purgans Abobrhiha et Ahobora do rnato ; on prépare avec son fruit un extrait amer, acre, résineux, qui se prescrit comme drastique, principalement dans les cas d'hydropisies, d'ophtbalmies chroniques, etc., à la dose de 10 à 20 centigrammes.
2. L. amara Roxb. {FI. ind., 111, 715. — L. Plukenetiana Ser. — Ciicumis angulatus 6 Laîik). Cette plante est le Patola Utan ou P. sylvestris de Rumpliius [tierh. ambolii.. Y, 409, t. 150), le A>r«/a des Bengalais elle Sheti-beera des Tingalais. Ses léuilles sont 5-7-lobées, scabres à l'âge adulte. Ses fruits sont petits, ovoïdes, parcourus par de petites côtes longitudinales. Les graines sont brunâtres, non marginées, à peine ruguleuses. Cette espèce croît dans l'Inde, dans les haies et les champs arides, stériles. Toutes ses parties sont d'une amertume intense. Son fruit est un purgatif et un émétique violent. Quand il est jeune, on le soumet à l'action du feu, pour en extraire un suc que les Indiens appliquent avec succès snr les tempes, dans les cas de céphalalgie. Dans le fruit mûr, on emploie les graines, soit en nature, soit en infnsion, et à petites doses, pour préparer des purgatifs et des vomitifs qui sont d'un usage journalier.
3. L. Bindaal Roxb. (FI. ind., U\, 717). Les Indiens l'appellent encore Bandaal. Ses feuilles sont à cinq angles, dentées. Son fruit est rond, échiné, recouvert de longs aiguillons droits et ciliés. D'après le docteur Royle, cette espèce de rilindoustan est employée, au nord de l'Inde, dans les cas d'hydropisie comme un drastique énergique.
4. L. cylindrica Rœy. {Sijn. mon., II, 65. — L. Petola Sek. — L. œgyptiaca MiLL. — L. pentandr a J{o\B. — L. striata Scue.kb. — Momordica Lu f fa L. — TuviacyJindricaL.'^swi.. — Poppya fahicma C. Kocn). C'est le Petola ischina de Rumphius, et le Caltu-Picina de Rheede. On l'appelle souvent Pétole dans nos colonies. Ses feuilles sont palmées, anguleuses, légèrement scabres, d'un vert intense. Ses fruits sont cylindriques ou obscurément trigones, dépourvus de cotes, parcourus par des lignes d'une teinte vert noirâtre. Ses graines sont lisses, noires et entourées d'une aile courte, marginale. On croit cette espèce originaire de l'Asie méridionale ; elle est cultivée dans beaucoup de pays tropicaux ; elle est peu amère, ou même ses fruits ont une savenr douce, et ils sont employés, notamment par les Arabes, non comme médicament, mais comme aliment ; c'est, dit-on, un de leurs légumes favoris. Quand le fruit vieillit, il devient dur, à cause de l'épaississement et de la solidification des nervures qui forment réseau dans son péricarpe. Ce réseau porte le nom vulgaire de Torchon; aux Antilles, il sert pour nettoyer et frotter les meubles, à la façon d'une éponge rude. On en a fabriqué aussi une sorte de papier.
5. L. acutangula Roxu. {FI. ind., III, 715. — L. fœiida Cav. — Momordica Liiffa Yelloz. — Cuciimis indiens Gr.Ew). Cette espèce a des feuilles palmées, 5-7-lobées, légèrement sc;ibres. Ses friùts sont obovés, daviformes, parcourus par dix côtes longitudinales aiguës. Ses graines sont aptères, rugueuses et noirâtres.
LULLE. J7è>
On la croit originaire de l'Afrique tropicale. C'est le Papengage de nos colons et le Petola bengcdensis de Rumphivis. On la cultive dans l'Inde. Sa racine est purgative, vomitive, employée comme hydragogue. Les graines servent à préparer une huile irritante. Le fruit jeune est comestible, comme celui de l'espèce précédente. Le L. abunafa, dont Forskhal dit la racine employée au Caire comme aphrodisiaque, est une espèce mal déterminée. H. Bn.
TonRSEF., in Act. R. S,. 107. — Cav., Icon., I, 7, t. 9, 10. — Ser., in DC. Prodr., III, 302. — Endl., Gen., n. 515t. — 3Iér. et Del., ûict., IV, 155. — Lisdl., Pi. inedic., 85. — RosEMH., Syn. plant, diaphor., 678. — Kavd., in Ann. se. nat., sér. 4, XII, H8. — Bestii. et HooK., Gen., I, 8-2ô, n. 11.
LL'GOL (J.-G.-A.). ^'é le 10 aoiit 1786, àMontauban (Tarn-et-Garonne) , fit ses études médicales à Paris et conquit successivement les places d'interne des hôpitaux, et d'élève de l'École pratique. Après son admission au doctorat en 1812, il donna des cours particuliers de pathologie interne, et les succès qu'il y obtint hii méritèrent plus tard un service de médecin dans les hôpitaux. Entré à l'hôpital Saint-Louis, il se livra spécialement à l'étude de la scrofule, trop généralement négligée alors. C'était l'époque où le système de Broussais ne permettait de voir dans cette maladie que des subinflammations des systèmes lymphatique, celluleux et osseux, tandis que, dans le même temps, certains anatomo-pathologistes semblaient ne reconnaître là que des états organo-pathologiques sans comprendre le lien qui les unissait. Lugol sut résister à ces tendances et maintenir énergiquement l'unité pathologique des différentes manifestations dont l'ensemble constitue la scrofule. On lui doit encore d'avoir élucidé les principaux points de l'étiologie de cette entité morbide, en cherchant dans l'état de santé et dans l'âge plus ou moins avancé des parents, dans la consanguinité, mais surtout dans l'hérédité directe les causes les plus constantes de la maladie qui faisait l'objet de ses recherches. C'est lui enfin, qui, le premier, introduisit largement dans la thérapeutique de cette même affection l'iode et les iodures qu'il maniait, il faut en convenir, avec une remarquable habileté, et qu'il associait heureusement aux exercices, au régime tonique, aux dérivatifs intestinaux. Lugol mourut d'une affection organique du cœur, le 16 septembre 1851.
Il a publié les ouvrages suivants :
I. de l'adolescence considérée comme cause de plusieurs maladies et comme époque critique de quelques autres. Th. de Paris, 1812, n" 57. — II. 1=^' Mém. sur l'emploi de Viodc dans les maladies scrofuleuses ; 2= sur l'emploi des bains iodurés, etc.; ù' Mém. sur l'emploi de l'iode. Paris, 1829-51, m-S". — III. Recherches et observations sur les causes des maladies sa-ofuleuses. Paris. 1844, in-S". — IV. Traduct. de l'oiivr. de Finlie sur l'épidémie bilieuse qui eut lieu dans le comté de Mecklembourg. Paris, 1820, in-8°. — V. Lugol a inspiré de nombreuses Dissertations sur la scrofule et son traitement. — VI. Enlin, il a publié divers articles de critique dans le Journal général de médecine. E. Bgd.
X,UJl3IiA. Voy. SURELLE.
LVXLE (Raymond), llien de plus étrange que la vie de ce savant chimiste et illuminé du treizième siècle, qui étudia la science avec désintéressement et bonne foi, assurément, mais qui la fit servir, aussi, à combattre les infidèles ; et comme, à ses yeux, l'averroïsme était l'islamisme en philosophie, il déploya toutes les ardeurs de son génie à le saper, et à rcahser le rêve de toute sa vie : la destruction du raahométisme. De 1310 à 1512, surtout, son zèle atteint son paroxysme ; on le retrouve à Paris, à Vienne, à 3Iontpelher, à Gènes, à Naples,
iie LULLE.
poursuivi de cette idée fixe, réfutant Âverroès et Mahomet ; en 1515, au concile de Vienne, adressant trois requêtes à Clément V, pour la création d'un nouvel ordre militaire destiné à la destruction de l'islamisme, la condamnation d'Averroès et de ses partisans, implorant la suppression absolue dans les écoles des œuvres du commentateur, avec défense à tout chrétien de les lire.
Cet homme extraordinaire au cerveau troublé par le fanatisme religieux, et bien digne, sous ce rapport, du siècle dans lequel il a vécu, naquit à Palma, dans l'ile Majorque, en 15oo, sous le règne de saint Louis, par conséquent, et en pleine fièvre des croisades. 11 épousa, vers l'âge de vingt-deux ans, Catherine Labots, dont il eut deux fils et une fille. Mais Raymond n'était pas fait pour le calme plat de la vie de ménage ; aussi s'empressa-t-il de donner, comme devant, des sérénades aux filles de la ville, de leur adresser des vers, et de dissiper une partie de sa fortune en bals, en fêtes et en banquets. A trente ans, notre homme conçoit une belle passion pour une dame génoise, Ambrosia di Castello, qui était établie à Majorque avec son mari. Il met à ses pieds tous les trésors de sa passion; mais il est constamment repoussé. Cela semblait extraordinaire à ce Lovelace du treizième siècle, lorsque la belle Ambrosia, pour se débarrasser enfin de l'amoureux, ôle un jour sa gorgerette, et lui montre, ô horreur, un sein cancéreux. On assure que, après cette fatale découverte, Lulle n'eut point de repos qu'il n'eût trouvé un remède au mal de son amante, et que c'est de là que datent ses méditations, ses travaux eu médecine. Quoi qu'il en soit, Raymond s'empresse d'abandonner sa femme, ses enfants ; il prend le parti de renoncer au monde (l!267) ; il fait un pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle en Galicie ; revient à Majorque, se retire sur le mont Randa, vêtu de l'habit des frères mineurs, abrité seulement par une cabane construite de ses propres mains. Là il forme le projet de travailler à convertir les infidèles, les sectateurs de Maliomet ; son but est de réfuter, de détruire les principes de l'Alcoran, de répandre la foi chrétienne en opposant les vérités théologiques , soutenues par la démonstration scientifique, aux erreurs des enfants de Mahomet. A l'âge de trente ans, ouïe trouve à Paris, écrivant plusieurs traités de philosopliie, de médecine, d'astronomie. En 1286, il est à Rome, d'où il revient dans la capitale de la France pour y professer dans un collège son Grand Art, combinaison de cercles magiques, tendant à démontrer par le raisonnement la vérité du dogme du christianisme, et à étabhr la u foi prouvée)». 11 va ensuite à Montpellier, à Gênes, et y professe. Il n'hésite pas aussi à traverser les mers, à fouler la terre de Tunis, pour y composer sa Table générale des sciences. En 1292, il quitte Tunis, revient à Gênes, visite de nouveau Naples (1295), oiî il rencontre Arnaud de Villeneuve {voy. ce nom), qui l'initie à la chimie. Puis, notre savant cosmopolite rentre à Rome (1294), va à Milan, oii il s'absorbe devant les fourneaux chimiques. En 1297, Lulle est à Montpellier; en 1500, à Chypre; il passe en Arménie, redescend vers la Palestine, professant partout sa doctrine, exhortant les chrétiens à combattre les Turcs, prêchant le christianisme aux mahométans, s'efîorçant de ramener à l'unité catholique les jacobites, les nestoriens, et tous les hérétiques qu'il rencontre sur son passage. 11 revient alors à Gênes, puis à Montpellier; repasse eu Afrique, visite Bougie, Alger, — il avait alors soixante-onze ans, — retourne en Italie, à Pise; va à Paris, oîi il peut étaler devant les yeux stupéfaits de ses auditeurs 486 traités, dont 20 de médecine, anatomie, 49 de chimie. Du mois de mars 1512 au mois d'octobre 1515, il ne s'occupe plus que d'allumer ses fourneaux. Puis il passe en Angleterre appelé par Edouard 11 à Londres ; il y occupe
HJMBAGO. 177
la fameuse et antique tour pour iaire de l'or; il en fait même, suivant Jean Cremcr, qui nous raconte sans rire que les pièces d'or nommées Nobles à la rose sont le résultat des opérations du grand Raymond. A soixante-dix- huit ans, il quitte Londres, se dirige vers Messine, revient à Majorque, a la hardiesse, à son âge, d'entreprendre encore un grand voyage en Afrique ; il débarque en Egypte, va à Jérusalem, glisse vers Tunis, et enfin, atteint Bougie. Mais là R. Lulle veut prêcher ; la populace le charge d'injures et de coups, il recule pas à pas jusqu'au rivage; on lui jette des pierres; il tombe; son corps reste sur la grève: des marchands génois viennent dans la nuit, au moyen d'une simple barque, et s'approchent de l'homme étendu sans mouvement sur le sable ; ils reconnaissent qu'il respire encore; ils le mettent dans la barque, abordent ainsi le bâtiment avec leur précieux fardeau, et cinglent vers Majorque. Le vaisseau était en vue de cette île ; mais Raymond Lulle ne devait plus revoir sa patrie. Il mourut en pleine mer le 29 juin 1315. Il avait quatre-vingts ans. Son corps , porté dans l'église de Sainte-FAilalie, fut déposé dans la chapelle des Lulle.
Nous ne donnerons pas la liste immense des ouvrages qui sont véritablement tombés de la plume de Raymond Lulle, ou qui lui ont été attribués. On peut consulter à cet égard -là ses Opéra omnia imprimés à Mayence en 1721, — dix volumes in-fol. On cite, comme le plus ingénieux, un de ses nombreux factums, celui ayant pour titre : De lamentatione dttodeclm priîicipioruin philosophiœ, conira Averroistas, daté de Paris, lôlO, et dédié à Philippe le Bel. Raymond, conformément au goût du temps pour les allégories, y introduit dame Philosophie, se plaignant des erreurs que les averroïstes débitaient en son nom, et surtout de cette damnablc doctrine que certaines choses sont fausses selon la lumière natui'elle, tandis qu'elles sont \raies selon la loi.
Au reste, voyez pour Raymond Lulle :
BoovEUES. Epislol. in vita R. Lulli, eremitœ. Amiens, JdU. — Pax (iSicolas de). ElogiumLulH. Alcala, 1519. — Ségui. Vie de R. Lulle. Majorque, d605. — Coiletet. Vie de R. Lulle. Paris, 164(5. — Perroquet (A.). Apologie de la vie et des œuvres du bienheureux Raymond Lulle. Vendôme, 10B7. — Verxox. Histoire de la sainteté et de la doctrine de R. Lulle. Paris, 16C8. — Loëw. De vita R. Lulli spécimen. Halle, 1850. — Riographie itniv. de Desplaces (article de Weiss), t. XXV, p. 461. — Biographie F. DIdot, 1862 art. de M. Fr. Mo>-mer), I. XXXII, p. 222. — Delécluse (E. K.). Raymond Lulle. Revue des Deux Mondes, 4« série, t. XXIY (184d), p. 520. — Resax (Ernest]. Averroès et Vaverroisme, 1852, in-S" p. 203 et suiv. — AdaSS. Jun., t. V, p. 070. — Nal-dé (G ). Apologie. Paris, 1625, p. 375! — Le couvent de Saint-François de Majorque possède une foule de traités de Raymond Lulle, dirigés contre les .Averroïstes et jusqu'ici inédits. A. C.
LLWBAGO [Lumhi). Sous ce nom on a désigné des maladies très-diverses et un symptôme commun à de nombreuses affections. C'est donc un mot qui appartient également à la nosographie et à la sémiotique. Pour les uns il est synonyme de douleur des lombes, de rachialgie lombaii-e ; dès lors il fait double emploi. Pour d'autres il exprime une affection douloureuse de la vé"m\ des lombes. Limiter le sens du mot lumbago à cette dernière acception, c'est, en rendant moins facile la confusion entre un symptôme et une maladie, restituer un nom spécial à une maladie particulière; c'est donc simplifier et éclairer déjà une question singulièrement obscurcie.
Mais dire que l'on entendra par lumbago une affection douloureuse des lombes, ce n'est pas encore tout ; car les maladies de la région lombaire oii le symptôme douleur est important sont loin d'être rares. La plupart d'entre elles DICT. ENC. 2' s, IlL 12
sont connues et déjà dénommées ; telles sont la néphrite, la carie vertébrale, la méningite spinale, etc. Il y aurait abus à leur donner par surcroît le nom de lumbago, aussi ce mot est-il réservé en général pour des maladies encore obscures dont la nature ou même le siège ne sont pas nettement déterminés. C'est ainsi qu'on parle de lumbago utérin, de lumbago hémorrhoïdaire, de lumbago congestif. Sans multiplier davantage ces exemples, on voit que dans certains cas le lumbago ne serait qu'un élément accessoire d'une maladie, un symptôme qui à ce titre doit être éliminé de notre étude; que, dans d'autres cas, la lésion se joignant au symptôme il devient une maladie à proprement parler, comme lorsqu'on le considère, par exemple, comme une des variétés de la vénosité abdominale, comme une hyperémie racbidienne plus particulièrement limitée à la queue de cheval. Or, si cette hyperémie de la queue de cheval qui comme d'autres maladies se traduirait par une douleur contusive aux lombes a reçu le nom de lumbago, c'est parce que la maladie elle-même est problématique, c'est parce que ce qu'on en connaît le mieux, c'est l'un de ses symptômes, la rachialgie lombaire ; et, faute de mieux ou a désigné la maladie par son symptôme. On a ainsi groupé sous la même dénomination des maladies très-dissemblables auxquelles on peut laisser provisoirement ce nom jusqu'au jour où, mieux connues, elles seront dénommées, suivant les principes d'une saine nomenclature, parla natui'e et par le siège de la lésion. A mesure qu'on débrouille ces maladies obscures qui affectent plus particulièrement la région lombaire, on dégage l'histoire du lumbago de ses éléments parasites pour les limiter à des faits qui ont entre eux de véritables affinités, qui ont d'autres caractères communs que la douleur lombaire, et dont on peut donner une description générale sans être exposé à dire comme les auteurs qui maintiennent la confusion : le lumbago dure huit jours ou toute la vie; il ne laisse aucune trace après lui ou il amène la paralysie des membres inférieurs. Quand on examine ces faits dont les analogies permettent de faire une étude symptomatique commune, on arrive à se convaincre que la douleur siège dans les muscles des lombes et plus exactement dans la masse sacro-lombaire. Si donc, par définition, et à l'exemple de plusieurs auteurs, on réserve le nom de lumbago à ces faits qui sont d'ailleurs les plus nombreux parmi ceux auxquels on a imposé la môme dénomination, ou sera arrivé au moins à déterminer la maladie par son siège. Mais en disant que le lumbago est une affection douloureuse de la masse sacro-lombaire on n'est pas arrivé encore à donner sa définition ; on l'a séparé de divers états morbides qui en diffèrent, mais on le laisse confondu avec d'autres maladies. A la notion du siège il faudrait ajouter la notion de nature. Ici la difficulté augmente. Les maladies du système musculaire ne sont cependant pas très-nombreuses, j'entends les affections douloureuses des muscles. Quelle est parmi elles celle qui, limitée à la masse sacro-lombaire, constitue le lumbago? Ce ne sont ni les traumatismes, contusions ou plaies, ni les hémorrhagies, ni les inflammations, ni les diverses dégénérescences. Le cadre se restreint de plus en plus et nous circonscrivons le lumbago par éliminations successives ; nous ne pouvons pas encore arriver à le constituer directement. C'est que, en effet, on ne sait pas encore à laquelle des autres affections douloureuses des muscles on a affaire dans ces cas. Est-ce la névralgie ou la compression ou l'inllammation des nerfs sensitifs qui ti'aversent le muscle ; est-ce lamyodynie dépendant de l'une quelconque des conditions patliogéniques auxquelles on a cni pouvoir la rapporter ; est-ce la crampe ? N'y aurait-il pas lieu même de discuter la possibilité de l'existence de quelqu'une des lésions que nous avions cru pou-
voir éliminer dès l'abord? Assurément le lumbago n'est pas la myosite telle (jiiV lie s'observe d'ordinaire; mais ne se pourrait-il pas qu'il y eût dans cette maladie un léger degré d'inflammation musculaire interstitielle? A la suite d'un effort énergique on voit quelquefois survenir une douleur brusque et violente des muscles sacro-lombaires qui simule le lumbago et que certains auteurs identifient avec lui. On ne sait pas précisément ce qui s'est passé dans ces cas, s'il y a eu simple crampe, compression nerveuse, trouble circulatoire ou déchirure de certaines libres. Dans cette hypothèse ce lumbago suite d'effort, ce tour de rein serait traumalique. On voil combien nous sommes indécis sur la nature de l'altération. Et cependant, grâce à la connaissance des maladies qui ont quelques analogies symptomatiques avec lui ; grâce <à l'ensemble des caractères cliniques du lumbago, on peut arrivera le constituer comme entité morbide par un procédé semblable à celui qui a servi à dégager la coxalgie de toutes les maladies disparates de la hanche qu'on confondait avec elle sous le même nom ; et l'isolement a été effectué cliniquement avant même que l'anatomie pathologique permit de définir la coxalgie : l'arthrite fongueuse de la hanche. A défaut d'une pareille précision dans notre sujet, nous définirons le lumbago : une affection essentiellement douloureuse des masses musculaires sacro-lombaires. Nous éliminons ainsi le lumbago traumatique ou par effort violent {voy. Tour de rein), et nous nous sommes débarrassés de la question de séméiotique {voy. Rachulgie).
Parmi les nombreuses causes que nous aurons à assigner à la maladie, il est une condition individuelle qui exerce une influence très-notable sur le développement et sur le retour du lumbago, je veux parler du rhumatisme. On s'est autorisé de cette circonstance pour faire une espèce à part de ce qu'on a appelé le lumbago rhumatismal. Mais ce prétendu lumbago rhumatismal, à part ses relations avec les diverses manifestations de rlmmatisme, ne diffère en rien du luni. bago simplex. Le lumbago est sans doute très-fréquent chez les arthritiques, mais cela ne me semble pas autoriser à multipher les espèces, puisque précisément il n'y a pas entre elles de différences spécifiques.
Ainsi limité, le lumbago correspond à ce que Sennert appelait dolor Iwnhorum
a catarrho ; Riolan, aspalgia ; Sauvages, lumbago rhiimatique, pléthorifjue ou
arthritique; Baumes, lombalgie rhumatismale ; Chomel, myorhumatisme. Nous
sommes loin en tout cas de la complexité du lumbago de Sauvages qui en décrit
: treize espèces, joignant aux trois que je viens d'indiquer les lumbagos fébriles, scor-
s butique, psoadique, puerpéral, saburral, par effort, par anévrysme, par abcès
i; sympathique. Nous sommes loin également des huit lumbagos de Spring qui sont
i: le lumbago courbature, le traumatique, le rhumatismal, le neuropatliique, le
t congestif, le rénal, l'utérin et le dyshémique.
Symptomatologie. Le lumbago est rarement précédé de prodromes ; on obf -serve cependant quelquefois, avant l'apparition des symptômes caractéristiques, j- une certaine gène dans les mouvements du tronc; d'autres fois ce sont quelques î picotements, du prurit ou des fourmillements à la région des lombes. Dans quel- ( ques cas enfin les malades présentent depuis quelques jours avant l'apparition g du lumbago un peu d'embarras gastrique qui peut être accompagné de fièvre. i,[i La maladie débute habituellement comme un coup de foudre par une douleur Ij violente à la région lombaire, presque toujours des deux côtés de la colonne. j. Presque toujours c'est à l'occasion d'un mouvement qu'elle éclate, ce qui fait jj4|uo, le plus souvent, les malades l'attribuent à un effort, à un faux mouvep ment. Mais ce mouvement qui, dans la grande majorité des cas, était trop peu
énergique pour provoquer une telle douleur n'est en réalité que l'occasion et non la cause véritable dt- la maladie.
Cette douleur, qui eu général a iuiniédiatement son maximum d'intensité, a pour caractère principal d'être exaspérée et quelquefois rendue intolérable par le moindre mouvement du tronc. Ses caractères propres sont variables, tantôt elle est sourde, profonde, pongitive, tantôt elle revient par élancements successifs ; d'autres ibis elle ne consiste qu'en picotements ou en engourdissements. Elle occupe toute la largeur des masses sacro lombaires sans s'étendre latéralement ; elle peut remonter plus ou moins le long du long dorsal et se poursuit inférieurement jusqu'au sacrum. Sydenhara en a donné une description imagée qui peut s'appliquer aux cas très-aigus de la maladie ; il la compare pour l'intensité des douleurs à la colique népbrétique, mais il ressort clairement de sa description même que dans les cas auxquels il fait allusion il n'avait pas évité toute confusion entre cette dernière maladie et celle qui nous occupe.
Au repos, la douleur toujours moindre est habituellement tolérable, souvent obscure, parfois nulle ; mais elle est immédiatement réveillée parles tiraillements ou mieux par la contraction des muscles endoloris. 11 en résulte que le plus grand soulagement est obtenu par le décubitus, tandis que la station, même au repos, est habituellement une cause de douleurs par la contraction de ces muscles qui tendent instinctivement à maintenir l'équilibre du tronc. La plupait des mouvements qui, en déplaçant le centre de gravité, entraînent une action syuergiqae des muscles de l'éqviilibration retentissent douloureusement dans la région lombaire; mais la douleur est surtout provoquée pai' la marche et par les mouvements du tronc, notamment par ceux de flexion et d'extension. L'extension surtout est très-douloureuse. Il en résulte que le malade marche courbé en avant, la douleur empêchant les muscles de se contracter jusqu'au point d'amener le redressement complet du tronc. La douleur semble donc résulter bien plus des contractions propres du muscle que des mouvements qui lui sont communiqués, La pression, en effet, augmente à peine la douleur et la calme plutôt dans les cas légers.
Lorsque le malade est au repos, la palpation ne dénote rien d'anormal dans les masses musculaires endolories. Cependant le docteur Runge de >'assau, prétend que, dans quelques cas, on trouve un plan résistant sous les téguments, et l'attribue à une crampe des muscles. Dans trois cas, j'ai recherché ce symptôn;e mais je ne suis pas parvenu à le constater.
Il n'y a pas de tuméfaction de la région ni de changement de couleur de la peau ; la température locale n'est pas modifiée ; dans quelques cas rares on aurait constaté une légère élévation; par contre certains malades se plaignent d'une sensation de fraîcheur à la région des reins, mais c'est une sensation toute subjective qui ne correspond pas à un abaissement réel de la température des paities malades.
L'intensité et le siège de la douleur peuvent entraîner l'apparition de quelques symptômes secondaires ; c'est ainsi que quekiuefois la respiration est gênée, peu profonde, accélérée, et que l'oppression se joint à la douleur. Quelquefois on observe de l'insomnie ; assez souvent enfin d y a un peu de fièvre et d'anorexie.
La douleur est continue ; mais indépendamment des exacerbations subites que provoquent les mouvements, elle présente fréquemment un redoublement assez notable vers le soir. Très-vive au début, elle va habituellement en diminuant; quelquefois, sous l'influence d'un changement de temps, cette marche décrois*
santé est interrompue par un brusque retour des douleurs. Dans quelques cas le lumbago aurait présenté le type intermittent ; on l'aurait vu même alterner avec des fièvres intermittentes.
De même qu'il présente de grandes variétés dans son intensité, le lumbago peut avoir aussi une durée très-variable. Un lumbago violent durj généralement de huit à dix jours. Celui qu'on appelle souvent courbature et très-improprement — ce mot devant être réservé pour exprimer la fatigue musculaire générale — le lumbago léger, la fatigue des reins peut durer seulement quelques heures, rarement plus de deux ou trois jours. Le lumbago ne reste pourtant pas toujours dans ces limites relativement assez courtes : quelquefois il se montre rebelle et peut persister des semaines et des mois. Alors, au lieu de la résolution complète à laquelle aboutit presque toujours la maladie, on peut voir survenir une atropbie plus ou moins accusée des muscles malades. Le lumbago, même à ce point de vue, semble donc se comporter comme le torticolis réputé rhumatismal avec lequel il a les plus grandes affinités.
Ce qu'on observe beaucoup plus souvent qU3 la longue durée de la maladie, c'est sa fréquente récidive. 11 est des rhumatisants chez lesquels le lumbago à répétition semble marquer le terme extrême d'une période pendant laquelle la santé a été excellente ; d'autres fois il alterne avec la migraine ou avec quelque névralgie. Chez les mêmes sujets rhumatisants, l'apparition tardive d'altérations persistantes des jointures, d'une arthrite sèche, ou d'artbropatliies clirouiques multiples, ou plus particulièrement encore des nodosités d'IïcbM'den limitées aux dernières articulations des doigts, n'empêche pas le retour des accès d'un lumbago qui avait déjà tourmenté les malades pendant de longues années avant le début des accidents articulaires.
Étiologie. La période de la vie pendant laquelle on observe plus particulièrement le lumbago est comprise entre '20 et 50 ans. En dehors de cette période, le lumbago peut encore se rencontrer ; mais beaucoup plus souvent dans la vieillesse que dans l'adolescence et surtout que dans l'enfance. Les hommes, en raison de leurs occupations et de leur genre de vie, y sont beaucoup plus exposés que les femmes. Ce qu'on a -dit de la fréquence du lumbago chez la femme après l'accoucbement et la ménopause vient de ce qu'on prend encore trop souvent lumbago comme synonyme de douleur lombaire : ce qu'on appelle lumbago utérin n'est qu'un symptôme et ne doit nous occuper qu'au point de vue du diagnostic. On croit avoir remarqué une plus grande disposition au lumbago chez les gens d'un tempérament bilieux ou sanguin.
Les temps froids, le froid humide, les changements brusques de température, certains états atmosphériques mal définis comme aux approches d'un orage; et, pour ces différents motifs, le printemps et l'automne sont des causes extérieures dont l'intluence parait bien démontrée. Le froid appliqué sur la région lombaire,' un refroidissement pendant que le corps est en sueur sont des circonstances qui interviennent fréquemmeut dans la production du lumbago. Mais à côté de ces causes extrinsèques, il faut accorder une égale importance à la fatigue nmsculaire. Je ne veux pas parler du lumbago traumatique ou suite d'eifort où le muscle peut devenir douloureux par le fait d'une \'iolente contraction dont l'effet immédiat est loin d'êtce positivement établi ; mais en dehors de ces violences, et par la prolongation de l'action physiologique et nullement exagérée du muscle, on peut voir survenir le lumbago avec ses divers degrés d'intensité. La succession très-fréquemment répétée de contractions modérées des masse?
sacro-lombaires comme celles que nécessite le besoin de l'équilibration chez les cavaliers ; ou bien une contraction très-loligtemps prolongée comme celle qui retient le tronc dans les professions où le corps doit être plus ou moins courbé, telles sont les causes les plus fréquentes de l'endolorissement des muscles lombaires qui, suivant la plus ou moins grande durée des contractions et suivant les aptitudes individuelles, peut aller de la courbature légère au lumbago violent.
Ces deux causes : rel'roidissement et fatigue musculaire expliquent pourquoi on rencontre de préférence le lumbago chez les militaires, chez les marins, chez es boulangers, chez les paysans et plus particulièrement chez les cultivateurs que la nature de leurs travaux oblige à rester très-longtemps courbés vers le sol comme les vignerons et ceux qui s'occupent de la cueillelte de certaines plantes, du safran par exemple. On a dit que le lumbago était fréquent dans le Poitou. A supposer que cette assertion fût exacte, il resterait à déterminer les conditions particulières qui créent une pareille disposition aux habitants de cette contrée.
Si le refroidissement et la fatigue musculaire peuvent, en dehors de toute autre influence, provoquer le lumbago, on peut dire que ces causes manilestent surtout leur action chez les sujets arthritiques. Il n'est pas rare d'observer le lumbago à un faible degré chez les étudiants en médecine dans la période où ils s'adonnent aux travaux de dissection. L'obligation de rester courbé pendant plusieurs heures dans une salle habituellement mal chauffée et humide où quelque fenêtre mal close amène presque toujours des courants d'air, explique suffisamment l'apparition des douleurs lombaires. Mais si l'on y regr.rde de près, on voit que les élèves qui sont le plus particulièrement et le plus souvent atteints par ce lumbago sont ceux chez lesquels une disposition héréditaire ou certains caractères, dont plusieurs ne sont pas morbides, et qu'on a donués comme constituant l'arthritis, peuvent faire prévoir le développement ultérieur de la goutte ou du rhumatisme. Lorsque, à cette période commune et en quelque sorte prodromique, a succédé la maladie confirmée, quand la séparation s'est établie entre la goutte et le rhumatisme, le lumbago peut encore s'observer, mais bien plus souvent chez les rhumatisants que chez les goutteux. C'est surtout aux formes chroniques du rhumatisme qu'on le voit associé, alternant avec les autres manifestations du rhumatisme musculaire, ou avec les migraines, ou avec les névralgies ; précédant souvent, comme je l'ai dit, les altérations déformantes des jointures et plus particulièrement les nodosités d'Ileberden.
On cite encore dans l'étiologie du lumbago la cessation de saignées habituelles, ou la suppression des règles ou du ilux héniorrhoïdaire. Dans ces cas il ne s'agit pas de lumbago à proprement parler et je me dispense de répéter ici la critique que j'ai faite du lumbago utérin et du lumbago hémorrhoïdal.
Anatomie pathologique et nature. L'auatomie pathologique du lumbago, à supposer qu'aucune lésion appréciable existe dans cette maladie, est encore toute à faire. Tel que nous l'avons limité, le lumbago n'entraîne jamais la mort; aussi ce qu'on a dit d'apoplexies des muscles et de grumeaux de sang interposés aux fibres musculaires (Badlou, Baglivi), semble-t-il s'appliquer au lumbago trauniatique ou aux contractions douloureuses de certaines affections médullaires plutôt qu'à la maladie qui nous occupe.
A défaut de la nature de la lésion nous ne pouvons préciser que son siège, encore n'est-ce que par définition, ayant limité notre étude au groupe de faits où l'observation clinique démontre que la douleur siège dans la masse sacro-
lombaire. Mais ce n'est pas tout de déclarer qu'un muscle est douloureux ; l'analyse devra pénétrer plus avant et décider entre les différentes opinions qui ont été émises. Ainsi Broiiillet pensait que la douleur siégeait dans les fibros tendineuses; Bicliat hésitait entre les fibres tendineuses et les fibres musculaires; Cbomel voulait que la douleur eût son point de départ dans les fibres musculaires elles-mêmes. Pour Scudamore, les muscles et les nerfs étaient également affectés. D'après M. Bouillaud, le tissu musculaire est indemne, la douleur réside dans le tissu cellulaire intermusculaire : c'est une opinion que plusieurs ]iby:îiologistes, M. Schiff entre autres, paraissent partager, lorsqu'ds attribuent les douleurs qu'on nomme musculaires à l'irritation des nerfs interstitiels ou des rameaux cutanés qui sont appliqués sur les muscles. Disons enfin que Roche, Foueart et )1. Luquet, auquel on doit une bonne monographie du lumbago, font de cette maladie une névralgie des nerfs musculaires et cutanés. C'est une question de sémiotique générale qui ne peut pas être résolue par l'étude clinique du lumbago, lequel se prête mal à cette minutieuse analyse. Elle soulève le problème encore agité de la sensibilité musculaire et rentre tout entière dans la question plus générale du rhumatisme et des douleurs musculaires. {Voy. Muscle, Rhlmatisme musculaire. Crampe, Myodysie.)
Diagnostic. Le diagnostic du lumbago sera basé principalement sur le début subit de la douleur qui acquiert d'emblée son maximum d'intensité ; sur le siège de cette douleur que l'exploration rapporte facilement à la masse des muscles sacro-lombaires; sur l'absence d'irradiations douloureuses en dehors de ces muscles, vers les parties latérales ; sur l'exacerbation considérable j.roduile par les mouvements du tronc, surtout par l'extension ; sur le peu d'intensité des symptômes généraux qui peuvent être nuls et qui ne sont jamais en rapport avecl'acuïté de la douleur. Cependant, tous ces signes appartiennent au lumbago traumatique, au tour de reins; mais la cause, dans ce dernier cas, a été un effort brusque et violent. C'est là, il fout l'avouer, un renseignement d'une médiocre importance, caries malades sont toujours tentés de considérer comme violent un effort dont l'effet est une violente douleur. Un signe plus précieux, c'est que, dans le tour de reins, la douleur est presque toujours unilatérale, tandis qu'il est tout à lait exceptionnel que le lumbago véritable ne siège pas à la fois des deux côtés de la colonne.
Une affection qui est très-souvent confondue avec le lumbago, c'est ce que certains auteurs nomment lumbago neuropathiqne, c'est la névralgie lombaire, maladie qui peut exister isolément, mais qui, le plus souvent est syni} athiqae de maladies diverses des organes du petit bassin, utérus, rectum, prostate. Cette maladie, qui siège dans les branches postérieures des premières j)aires lombaires, le plus souvent de la première, d'après Valleix, est unilatérale, tandis que le lumbago est double. La douleur est spontanée, tandis que dans le lumbago la douleur, nulle ou très-altènuée dans le repos, ajiparait avec toute son intensité au moindre mouvement. La douleur de la névralgie lombaire est beaucoup plus lancinante que celle du lumbago. La douleur de la névralgie est provoquée par la pression sur les apophyses épineuses, tandis que dans le lumbago la pression éveille ta peine la douleur, et seulement quand elle porte sur les masses musculaires. Dans le lumbago, la douleur ne dépasse pas latéralement ces muscles; dans la névralgie, au contraire, elle s'irradie vers le flanc et l'hyj ogastre ; d'après Valleix, le point iliaque serait un peu au-dessus du milieu de la crête de l'os des îles ; le point liypogastrique serait au-dessus de l'anneau inguina'.
iSi LUMBAGO.
Le rhumatisme ou d'autres affections inflanmiatoires de la symphyse sacroihaque ont pu ctie confondus avec le lumbago. Dans ce cas, la paliiatioiT, en délimitant exactement la douleur au niveau de cette articulation, suffira pour rendre l;i confusion impossible.
Le rhumatisme, d'ailleurs si raro, des articulations des vertèbres lombaires, ce ijiie Chomel appelait le lumbago articulaire, s'accompagne d'un peu d'engorgement au voisinage des apophyses épineuses ; de plus, c'est parla pression sur ces apophyses et non sur les muscles qu'on réveille la douleur.
Les affections chroniques de la colonne vertébrale, alors qu'il n'y a ni abcès par congestion, ni gibbosité, donnent une douleur qui s'exaspère par le mouvement comme celle du lumbago. Mais cette douleur a débuté insensiblement, et n'avait pas dès les premiers moments son maximum d'intensité ; elle est conlinue, même au repos , et son intensité n'est pas accrue par le mouvement d'une façon aussi notable que dans le lumbago ; elle est beaucoup plus persistante, plus chronique, et se réveille surtout par la pression ou par la percussion sur les apophyses épineuses ; enfin, quand plus tard les douleurs augmentent, ce qui s'obserie surtout dans le cancer secondaire de la colonne, c'est par la compression ou par l'irritation des nerfs dans les trous de conjugaison. La douleur s'irradie alors latéralement, mais les masses musculaires restent indolentes.
La [ilupart des affections aiguës ou chroniques de la moelle épinière ou de ses enveloppes peuvent donner naissance à la douleur lombaire ; mais le plus souvent alors cette douleur irradie, au moins par intervalles, vers les parties latérales de l'abdomen ; presque toujours on constate en même temps quelques modifications dans la sensibilité ou dans la motJlité des membres inférieurs, ou dans le fonctionnement des organes génito-urinairos. Enfin, la douleur n'est pas exaspérée notablement par les mouvements du tronc, et ne siég:" pas dans les muscles sacrolombaires, à moins qu'il n'y ait tétanos myélopalhique, auquel cas, sans compter beaucoup d'autres symptômes, les muscles des lombes seront trouvés rigides. J'ajouterai que, si les mouvements augmentent très-peu la rachialgie lombaire des maladies de la moelle, la percussion sur les apophyses épineuses l'exaspère quelquefois.
Le psoïtis a pu être confondu avec le lumbago, à tel point que quelques auteurs rangent l'inflammation et le ramollissement du muscle psoas parmi les lésions anatomiques du lumbago, tel qu'ils le comprennent. Mais, dans cette maladie qui est plus souvent unilatérale, la douleur, qui est violente même au repos, irradie jusqu'à l'épaule et à la cuisse ; les mouvements de la cuisse sont gênés, le membre est comme engourdi, il y a un état fébrile notable.
La néphrite peut se traduire par une douleur profonde gravative à la région lombaire ; mais cette douleur est provoquée et exagérée beaucoup plus par la pression que par les mouvements ; elle n'est pas calmée par le repos. Enfin, l'examen des urines empêchera le diagnostic de s'égarer.
La douleur de la pyéhte, qui, comme la néphrite, est double le plus souvent, est plus aiguë et irradie en général le long de l'uretère jusqu'à la vessie. Elle est plus vivement ressentie au périnée qu'aux lombes.
La périnéphrite est unilatérale ; la pression augmente considérablement la douleur ; on ne tarde pas à constater de l'empâtement de la partie, et il y a toujours une fièvre intense.
Comme le lumbago, la colique néphrétique pent débuter brusquement; mais la douleur, qui est généralement plus violente et qui s'accompagne souvent de
voniissenicnls, est unilatévale, ne tarde pas à se propager le long de l'uretère vers la cuisse et vers le testicule qui se rétracte ; nullement calmée par le repos, elle n'est pas augmentée par le mou\ ement ; le malade s'agite, se retourne, se courbe en deux, ce que ne l'ait jamais celui qui souffre d'un lumbago.
Indépendamment de la névralgie lombaire que peuvent pro\oquer les affections utérines, on sait que la douleur de l'utérus malade retentit dans les lombes. Mais cette douleur, qui n'a pas le mode de début du lumbago, siège généralement plus bas, elle est sus-fessière, s'accompagne habituellement de douleurs spontanées ou provoquées à l'hypogastre ou dans les régions iliaques, ou dans les cuisses. On peut reconnaître, enfin, les divers signes par lesquels se manifestent les maladies de l'utérus. La palpation et le toucher empêcheront également de confondre avec le lumbago les douleurs lombaires qui ne sont pas rares dans la seconde moitié de la grossesse.
II est ime douleur lombaire sourde, à siège mal défini, que le décubitus dorsal et la chaleur du lit augmentent, qui est aussi rendue plus pénible par la fatigue, par les repas copieux, par les boissons excitantes, par la constipation ; on l'observe dans les cas de suppression de flux hémorrhoïdaux, dans les troubles menstruels, dans certaines maladies de la prostate et du rectum ; il n'est pas rare qu'elle accompagne la con^tipation, et elle est fréquente chez l'homme à la suite d'excès vénériens prolongés. Cette douleur, dont la nature est totalement inconnue et que M. Spring, qui la nomme lumbago congestif, attribue à la réplétion des plexus veineux de la colonne lombaire, sera reconnue aux caractères que je viens d'indiquer et à l'absence des signes propres du lumbago véritable que j'ai rappelés en tête de ce chapitre.
Je n'ai plus maintenant qu'à signaler la rachialgie lombaire des fièvres et, en particulier, de la variole, de la gi ippe et de lafièvrejaune. Que dans ces cas le siège de la douleur ne soit plus, comme on le croyait, les méninges hypérémiées, qu'il faille le placer dans les masses sacro-lombaires elles-mêmes, comme l'admettent quelques pathologistes, toujours est-il que la douleur lombaire n'est alors qu'un symptôme accessoire, et que la fièvre déjà intense au début et les autres symptômes propres de la période d'inversion ne permettront pas de penser qu'il s'agit d'un simple lumbago.
Pronostic. Quand le lumbago servait à grouper contre toute raison les maladies les plus disparates, il empruntait leur gravité à chacune de ces maladies ; c'était donc chose fâcheuse et souvent effrayante que d'être atteint de lumbago. Tel que nous l'avons limité, il est une maladie bénigne, et je ne crois pas nécessaire de développer cette proposition.
Traitement. Les traitements les plus varies ont été employés contre le lumbago : les saignées, les diaphorétiques, les purgatifs, les narcotiques, les antispasmodiques, la quinine, la térébenthine, sans parler des moyens locaux. On peut tout au plus en garder les diaphorétiques et les narcotiques. Le bain de vapeur est d'un usnge banal dans le traitement du lumbago-courbature; trèssouvent il est employé avec succès ; mais il faut êlre prévenu que dai\s certains cas les malades sortent du bain avec une aggravation de leurs douleurs. Les narcotiques ne sont indiqués que dans les cas très-aigus pour modérer la violence <les douleurs, l'opium peut alors être administré à dose assez élevée. D'une façon générale, le repos au lit, les boissons tièdes et légèrement excitantes pourront suffire. Un léger purgatif sahn est indiqué quand la fièvre avec anorexie se joint ;\ la douleur lombaire. Dans le cas de lumbago persistant, on pourra administrer