LUPIN
LUPIX [Lupinus T.). Genre de plantes, de la famille des Légumineuses, et du groupe des Papilionacées-Génistées. Leurs fleurs sont construites comme celles des Papilionacées en général, avec ces particularités que leur calice est bilabié et que leurs étamines sont monadelphes, tous les filets étant unis en une seule gaîne cylindrique. Le fruit est une gousse, plus ou moins comprimée, ordinairement chargée d'un duvet soyeux, et déhiscente en deux panneaux. Les graines ont un bile allongé ou linéaire et renferment un gros embryon charnu, féculent, à radicule infléchie . Les Lupins sont des herbes ou, plus rarement, des plantes hgneuses ou sous-ligneuses, à feuilles simples ou digitées, ayant dans ce cas de trois à quinze folioles. Leurs fleurs sont réunies en grappes terminales, sur l'axe desquelles elles sont alternes ou rapprochées en verticilles. Ces plantes habitent les pays chauds et tempérés, surtout les bords de la Méditerranée et les régions moyennes des deux Amériques. On emploie surtout leurs graines : les unes comme aliments, pour les hommes et pour le bétail ; les autres comme médicaments. Celles du Lupin hhnc{Li(pinus albusL.,Spec., iOl^) se nomment parfois Fèves lovines . C'était la nourriture des anciens Grecs, dos Égyptiens. On les mange encore en Grèce, en Italie et dans d'autres parties de la zone méditerranéenne ; à Rome on les vendait cuites dans les rues, et de même en Égvpte oîi on les nomme Emhahen. On les mêle quelquefois au pain. C'est souvent un bon engrais pour le bétail, et le L. luteus est aussi cultivé dans ce but en Allemagne. Le Cluœha du Pérou, dont parle le P. Feuillée et dont on mange les graines, est «'paiement un Luphi. La propriété nutritive de ces plantes n'étonne pas, quand on sait qu'elles sont riches en Légumine. Fourcroy a analysé les Lupins (Aiin. du Mus., VII, 14)-, il y a trouvé : une matière végéto-animale, des phosphates do chaux, de magnésie, de potasse et de fer, point d'amidon, ni de sucre. Les Lupins ne peuvent être employés comme aliment qu'après avoir été cuits ; cz'us, ils sont d'une amertume très-désagréable ; ce qu'ils doivent à une huile amère, trouvée également par Fourcroy, et que la chaleur a la propriété d'enlever. C'est cette huile, sans doute, qui transforme en une sorte d'émulsion épaisse la farine des Lupins que l'on met en contact avec l'eau. Aussi se sert-on de cette farine en lotions, chez les Égyptiens, ponr adoucir la peau, en particulier celle des mains. Le L. Tennis Forsk., qui croit en Abyssinie, a même les fleurs amères, d'après Bruce ; aussi le miel que les abeilles fabriquent avec leur suc est-il d'une saveur très-désagréable. Les autres espèces à graines comestibles sont les L. peremiis L., et littoralis Dougl., de l'Amérique du A'ord, Cruickshankii Hook., du Pérou, hirsutus, varias, pilosus, linifolius et angiistifoliiis L., de la région méditerranéenne. L'amertume extrême des graines les a fait considérer comme vermifuges. Dioscoride et Mésué tuaient les vers avec leur farine ; il la prescrivaient pour rétablir l'appétit et pour guérir certaines affections cutanées. Elle faisait aussi partie des Trochisques de Myrrhe. « La décoction des Lupins, dit Cazin, appliquée en lotions ou en fomentations, trouve son indication dans les maladies cutanées chroniques, eczéma, lichen, » etc. La farine est encore employée de nos jours comme topique calmant, résolutif et émollient. Cassola dit avoir retiré des Lupins un principe amer, non cristalhsablc, soluble dans l'eau et dans l'alcool à 40" solide quand il est desséché et devenant sirupeux au contact de l'air. C'est la Litpinine, que Deleslre et Rienzi ont proposée comme succédané de la Quinine, dont elle égale presque, ont-ils dit, la valeur comme fébrifu'^^e.
ToDRy., Inst, Rei heib.., 302, t. 213, — L., Gen , n. Ç63. — Méh. et Del., Dkt., Mat. mcd.
i92 LUPULIN (emploi médical).
IV, 158. — DucH., Répert., 275. — Be.vtii. et IIook., Gen. plant., 480.— Rose\th., Sijn. pi. diaphor., 983. — II. Bn, Histoire, des plantes, II, l'asc. 3.