‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.55Chapitre 34 sur 65 · LYCHNIS · texte numérisé non relu

LYCHNIS

dans un village pauvre et isolé devrait donc se hâter de séparer le malade atteint de délire, des membres de sa propre famille et du reste des villageois. Il faut se hâter aussi de séparer les unes des autres les filles cloîtrées affectées de convulsions hystériques, et qui ont de la propension à imiter les aboiements des chiens, les miaulements des chats, les cris rauques de certains oiseaux ; car il vient un moment où la volonté de ces malades ne peut plus résister à l'impulsion maladive qui attire sur elles le ridicule. La raison dit que les lycauthropes, que tous les sujets affectés de zoanthropie doivent être conduits et déposés comme les autres monomaniaques dans les asiles destinés aux maladies mentales ; c'est uniquement dans des établissements pareils que les ditïérentes indications du traitement pourront être convenablement saisies, et que les moyens de guérison pourront être réellement appliqués avec succès. Calmeil.

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LYCHMIS (TotJRN.). Genre de plantes, de la famille des Caryophyllées, tribu des Silénées. Leurs fleurs sont hermaphrodites ou unisexuées, avec un grand cahce tubuleux à cinq dents imbriquées, et cinq pétales à onglet allongé, avec un limbe indivis ou lacinié, et une écaille à la réunion de ces deux parties. L'androcée est diplostémoaà, et le gynécée est libre. Son ovaire est uniloculaire, avec des rudiments plus ou moins marqués de cinq cloisons. Le placenta est de ceux qu'on a appelés faux-centraux libres ; il supporte un grand nombre d'ovules catnpulitropes. Il y a cinq styles, stigmatifères sur leur surface interne. Le fruit est une capsule qui s'ouvre au sommet par cinq ou un plus grand nombre de dents. Les graines sont pourvues d'un embryon courbe. Les l^/c/mw sont des herbes des régions tempérées, à feuilles opposées et à fleurs en cymes, comme celles de la plupart des Caryophyllées.

La plus connue des espèces de ce genre est le L. dioica L., ou Compagnonblanc, Florjuet, Sublet. Sa racine est le Radix Saponariœ albce des pharmacopées allemandes ; ou la prescrit dans les campagnes à la place du Saponaria ofticùmlis, d'après Willdenow. On l'a, dit-on, également substituée à la Salsepareille. Elle passe pour fondante, apéritive. Le L. Viscariah., autre espèce indigène, sert à préparer de la glu. Le L. Flos Cuculi L., ou Fleur de Coiwou,

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Lampette, Robinet déchiré, espèce commune dans nos marais et nos bois humides, remarquable par les laciniures profondes de ses pétales roses, passait pour guérir les morsures et piqûres des animaux venimeux; on l'appelait souvent Armeria. Les Lijchnis ont été souvent encore nommés Behen. L^ Croix de Malte ou de Jérusalem (L. chalcedonica L.), belle espèce à fleurs coccinées de nos jardins, sert de savon en Sibérie, au dire dePallas. Le L. Fias Cticidiet le L. vespertina Sibth. (L. dioica j3 L.) peuvent également être eaiployés pour nettoyer les étoffes, comme la Saponaire, et, comme elle, rendent l'eau mucilagineuse.

H. Bn.

L., Gen., n. 585. — DC, Prodr., I, 385. — En-dl., Gen., n. 5250. — Mér. et Del., DicL, IV, 16i. — DncH., Répert., 228. — Rosesth., Syn. plant, diaphor., 701.

LiYClET [Lycixim L.). Genre de plantes, de la famille des Solanacées, tribu des Solanées, dont les fleurs sont pentamères, avec un calice urccolé, une corolle infundibuliforme ou tubuleuse, cinq étamines incluses ou exsertes, e( un ovaire à deux loges mulliovnlées, surmonté d'un style simple, à tète presque entière ou légèrement bilobée, chargée de papilles stigmatiques. Le fruit est une baie polysperme, et les graines renlerment sous leurs téguments un embryon arqué qui entoure plus ou moins l'albumen charnu qui l'accompagne. LesLyciets sont des arbustes de la région méditerranéenne et de l'Amérique australe, souvent épineux, avec des feuilles alternes, ou fasciculées, et des fleurs axillaires, solitaires ou réunies en fausses-ombelles. Le Lyciet d'Europe [L. europœum L.), qui sert chez nous à faire des haies, a des bourgeons et des jeunes pousses comestibles. Le L. barbarum L. croît aussi eu France et, dit-on, au Japon, où les feuilles et les fruits sont employés comme dépuratifs, sudorifiques. Mais la plante japonaise paraît être le L. chinense^ihii., que le P. Lourciro aurait confondue avec notre L. barbarum. Suivant Humboldt et Bonpland, le L. umbrosum Lame sert à la Nouvelle-Grenade au traitement des érysipèles, sous le nom de Vpaguando. Les fruits du L. humiie Phil. sont employés comme alimentaires au Chili. Le L. afrum L. était autrefois considéré comme tonique et analeptique.

L., Gen., n. 262. — Thitsb., FI. japon., 94. — Huub., Bonpl. et Konth, Nov. gen. d spec. plant, œquinoct., III, 50. — Mér. et Del., Dict. Mat. méd., IV, 164. — Rosexth., Syn plant, diaphor., 467,

LYCIOX. C'est le AOxiov de Dioscoride et le Lycium des Latins, médicament célèbre dans l'antiquité et dont l'origine fut obscure jusque dans ces dernières années. Ce médicament, recherché comme astringent, souverain contre les affections cutanées, les aphthes, les ulcères des gencives, la dysenterie, etc. (Diosc, liv. I, ch. 114), se préparait avec une plante épineuse dont la feuille était analogue à celle de l'Olivier. Il croissait en Lycie ; mais le Lycion de ce pays était fort inférieur en vertus au L. de l'Inde (A. tvîtxév Diosc). Garcias ab Horto attribuait le Lycion à V Acacia Catechu L., opinion partagée par Sprengel. Belou a pourtant bien distingué {Singular., 520) \e Lycion des Acacia. Prospei" Albm a pris le Lycium afrum L. (Solanée) pour le Lycion. D'autres ont admis que c'était le Bhamnus infectorius L. C'est le docteur Forbes Boyle, auteur d'un ouvrage remarquable sur la flore de l'Himalaya, qui, en 1834, démontra, dan5 les Transactions of the Linnœan Society de Londres (XVII, 85), que Idycion de l'Inde est un Berberis ou Epine-vinelte, qu'il appelle Berberis Lijciiw- L'extrait qu'on en retire, sous le nom de Ruzot, provient aussi de quelques

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autres Berberis indiens. Il n'est donc pas étonnant, qu'abstraction faite des exagérations des anciens, relativement aux propriétés thérapeutiques du Lycion, on retrouve dans celui-ci la plupart des qualités qui ont été de nos jours constatées dans les Epines-vinettes. {Voy. ce mot.) H. Bn.

L\'COCTO^X"M ou TtE-LOUP. Voy. AcOMT.

LTCOGOLACÉES. Yoy. Lycoperdacées.

LYCOPERDACÉES (Ljcoperdon, de ).ùx.oç loup et TrÉpJov pet). Famille de Champignons toujours plus ou moins volumineux, à réceptacle globuleux, charnu, à spon s acrogènes, c'est-à-dire se développant à l'exlrémité de cellules Iructifères oabasides; mais ces basides, au lieu d'être exposées à l'extérieur, comme chez les Agaricinées, les Bolets, etc., sont enfermées dans une enveloppe générale persistante (périditim), à peu près comme il arriverait aux Agaricinées et aux Bolets si leur chapeau, au heu de s'épanouir, restait fermé jusqu'à la décrépitude. Aussi, dans la classilication de Léveillé, les Lycoperdacées ajjpartiendraitnt à l'ordre Basidio-sporées, et à la sous-division des Antobasides, puisque les basides sont enclos dans l'intérieur du réceptacle.

Cette enveloppe générale, ou péridium, est double (Scleroderma, Bovista) ou triple (Lycoperdon, Geaster); mais une grande anarchie règne sur les confins qu'il convient de poser à cette famille.

Il y a des auteurs, comme Corda, qui la limitent au genre Lycoperdon et aux genres qui l'avoisinent immédiatement (Bovista, Tulostoma), tandis que d'autres, comme Frie, de Bary, y admettent tous les Antobasides ; parmi ceux-ci, il y en a pourtant dont la cavité sporifère est traversée par un axe, sorte de stipe inférieur sur lequel s'appuie le tissu sporifère, ce qui rapproche beaucoup leur architecture de celle des Agaricinées ou des Bolets et nous autorise à faire de ce groupe la petite famille spéciale des Podaxinées {voy. ce mot), tandis que nous réservons pour la famille des Lycoperdacées tous ceux qui sont dépourvus de cette colonne centrale, et qui par suite pourront pour la plupart présenter dans leur vieillesse la déliiscence centrale et étoilée de leur sommet. 11 est vTai que le corion épais et résistant des Scleroderma et du petit genre Cenococcum ne se prête guère qu'à dcsdéhiscences accidentelles ; mais les Lycoperdons, les Broomeias, les Tulostomes, la plupart des Geasters, les Husseias, ont une déhiscence étoilée, réguhère, centrale, symétrique, et précisément à leur sommet ; cette déhiscence, cependant, ne survient que dans leur vieillesse et par suite du ramollissement de leur tissu.

Notre famille des Lycoperdacées, ainsi hmitée, comprend donc tous les Champignons globuleux, plus ou moins ovoïdes et charnus dès le principe^, se développant sur un mycéhum hypogé (rarement épixyle), abondant, persistant, et d'ordinaire s'élevant, se développant d'abord {tardivement pour le seul genre Geaster) à l'air libre, et dont les organes reproducteurs sont et demeurent complètement enveloppes dans un péridium composé de deux ou trois enveloppes concentriques, entourant une masse sporifère, spongieuse, appelée gléba et qui, analysée par le microscope, se montre composée de tissus celluleux naissant de la surface interne du péridium par des cellules allongées, rameuses, enchevêtrées en

* En effet il y a des champignons el particulièrement Lycogaia qui par leur forme générale et leui' terminaison pulvérulente pourraient être pris pour des Lycoperdacées (et Corda lui-même a commis cette confusion), mais que l'analyse microscopique et l'état d'abord muqueux de leurs tissus intérieurs en éloigne absolument. (Voy. Mtxogastres.)

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tous sens et circonscrivant de petites cavités où viennent s'épanouir les extrémités de beaucoup de ces cellules, extrémités alors gonflées et arrondies en basides, et couronnées de deux à quatre spores pédicellés ou sessiles ; tandis que d'autres cellules stériles, appelées mpi7/iï«»H, s'allongent en longues pointes, souvent hérissées, et traversent en tous sens cette masse et semblent la relier en un tout. C'est seulement sur cette masse sporifère, d'abord cbarnue et plus ou moins compacte, que s'appuie le péridium enveloppant, et non sur une colonne centrale qui manque dans ce groupe ou est seulement rudimentaire chez quelques Geasters. La partie inférieure du péridium, au moment oij il va se contracter en un pédicel ou stipe, embrasse souvent une petite masse cellulo-charnue, quelquefois rudimentaire, souvent développée en forme de disque et servant d'assiette à la gléba ; le tissu spongieux de ce disque se prolonge dans un stipe plus ou moins manifeste (quelquefois presque nul), et qui s'épanouit en un mycélium plus ou moins abondant.

Cependant, nous avons admis dans la famille des Lycoperdacées le genre Polysaccum , à cause de la similitude de son port extérieur, de la poussière qu'il émet dans sa vieillesse, ce qui la fait souvent prendre pour un grand Lycoperdon. Mais il faut avouer qu'il s'en distingue fort par son anatomie intérieure et que, à un point de vue théorique, il pourrait être rapproché des Nidulariées.

Sa glèbe, en effet, se trouve divisée en une grande quantité de petites masses isolées et énucléables, logées dans les innombrables compartiments dont les expansions du péridium général ont cloisonné la cavité intérieure. Mais on peut aussi admettre les Polysacées comme se rapprochant du genre Broomeia. En effet, ce dernier genre est caractérisé par le rapprochement, sur un réceptacle commun, d'un grand nombre de petites Lycoperdacées : le Polysaccum peut donc être considéré comme une Broomeia, dont les péridiums jtarticuliers se sont confondus et entre eux et avec le réceptacle conunuu; de là cette forme alvéolée, cette multitude de logettes qui a valu au Polysaccum le nom qu'il porte ; cette manière de l'envisager est plus en harmonie et avec son port général et avec sa terminaison. La terminaison, en effet, est typique dans notre famille des Lycoperdacées ; leur vieillesse survenue leurs nuances se ternissent, leur tissu se ramollit, la gléba se désagrège, leur péridium se fissure en une ou plusieurs ouvertures ou naturelles, et alors régulières, symétriques et situées à leur sommet; — ou accidentelles, irrégulières, et plutôt latérales, ouvertures qui permettent aux spores et à la gléba, devenue pulvérulente, de s'échapper au dehors sous l'apparence d'une fumée noirâtre : de là le nom de la famille.

Notre famille des Lycoperdacées correspond à l'ordre des Trichogastres de Berkeley, à la seule exception du genre Battarea, que l'organisation et surtout l'évolution rapprochent bien davantage des Phalloïdées. {Voy. ce mot.)

Cette famille, ainsi déterminée, peut se diviser en quatre tribus fort naturelles qui sont des familles pour Corda :

1" Les Polysacées : Polysaccum, Scoleciacarpus.

2° Les Sclorodermacées : Cenococcum (?)

5° Les Lycoperdées : Lycoperdon, Bovista, Tulostome, Broomeia, Hussein (??)

4® Les Geastrées : Geaster, Plecostoma, Myriostoma.

1<* Les Polysacées. Dans ce groupe, la cavité générale que circonscrit le péridium est subdivisée en un très-grand nombre de logettes secondaires par les expansions celluleuses, cloisonnantes du péridium; dans chaque logette se développe, d'une façon presque indépendante, une petite pelote de cellules ramifiées à extrémités centripèdes, ovoïdes et couronnées de quatre spores ; chacune de

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ces petites pelotes, celluleusc, énucléablc, pourrait être considérée, un peu avant la maturité, comme une petite boîte, un petit sac, et être appelée conceptacle ou sporange, comme chez les Nidulariées ; mais ces conceptacles se fondent de bonne heure, les cloisons qui les confinent se détruisent également et, par les fissures nombreuses qui bientôt sillonnent en tous sens la partie supérieure du péridium général, se répand incessamment au dehors une poussière de spores : de là le port et l'aspect général d'une Lycoperdacée, avec lesquels les anciens auteurs ont confondu les Polysacées. Bien que ce groupe renferme plusieurs genres, nous n'en connaissons qu'un seul dans notre pays, et encore y esL-il assez rare.

Polysaccuin. Son péridium général, d'abord charnu, coriace, se fend ensuite irrégulièrement au sommet ; chaque logette enclôt une sporangioïde celluleusc, assez régulièrement arrondie, et dont le centre est tout rempli de terminaisons floconneuses, rameuses, et portant les basides couronnés de quatre spores, enfin tombés; à sa partie inférieure il se rétrécit en un stipe charnu, celluleux, épais. Plusieurs Polysaccum sont nommés, mais encore assez mal distingués.

L'un, signalé par Miclieli, en Italie, un autre, estimé différent par Secrétan, en Suisse, ont tous deux des sporangioïdes vivement colorés en rose ou en rouge : c'est Polys. tixcto- RiuM Micli.; il y a un Polys. clavatlm et un P. arexauium, figurés par Nées, sous la dénominilion générique de Pisocaipium, pi. 12, et le dernier par Corda le fung. II, pi. XII. Celui-ci parait le môme que Polys. Crassu^es Decandole, espèce soigneusement étudiée par Tulasne ; c'est le seul qui se rencontre un peu fréquent en France; on l'a trouvé près de Paris, à Chaville ; et M. Tulasne le rencontre communément dans les landes sablonneuses des environs de Civray (Vienne] ; sa taille est majestueuse, et sa grosse tête, brunie par les nuages de poussière de spores qui s'en échappent à la moindre oscillation. Son tronc robuste est d'un j lune fauve. Secrétan attribue à celui qu'il a trouvé en Suisse une odeur acide et un peu pénétrante; mais les propriétés de tous ces fungus sont entièrement inconnues, quoique, vu leur volume considérable, il serait désirable qu'il n'en fût pas ainsi.

1" Les SCLÉPkODERMACÉES. Le caractère principal de ce groupe est la dureté du péridium et par suite son indéhiscence physiologique ; sa consistance est celle du cuir dans les Scleroderma P. et du liège dans le genre Cenococcum Fr.

Scleroderma P. Ce genre par deux ou trois espèces est très-répandu partout, et notamment aux environs de Paris. Sa forme est irrégulièrement globuleuse, et plus souvent elliptique à grand axe horizontal, sa taille, plus ou moins notable, est toujours de plusieurs centimètres; l'enveloppe extérieure ou péridium, dont les nuances s'éloignent peu du blanc sordide, basané ou teinté de jaunâtre, d'orangé, est constitué par une sorte d'écorce ferme, dure , rude, le plus souvent rugueuse par des vernies, des squames adnées et persistantes traces d'un péridium externe. Cette enveloppe persistante recouvre un parenchyme longtemps trèsferme, bientôt vivement coloré de brun vivement violacé, composé, sous le inici^oscope, d'imlaci des cellules rameuses, cloisonnant l'intérieur en tout sens et y formant une quantité innombrable de petites loges dans lesquelles s'épanouissent irrégidièrement les extrémités rameuses de ces cellules, renflées en basides et portant quatre spores mamelonnées ou hérissées, plus souvent presque sessiles et qui remplissent entièrement ces logettes. Dans ce genre, le cutis enveloppant, le péridium, est épais, résistant, ayant presque Inconsistance élastique àii cuir, il se rompt rarement de lui-même, et alors fort irrégulièrement ; le plus souvent, il est enfin perforé vers la base, par des insectes, et les spores •s'échappent parées ouvertures artificielles.

Les caractères et le nombre des espèces qui constituent ce genre sont encore fort mal déterminées ; de sorte que, malgré cinq à six espèces nommées, il n'y en a guère que deux ou trois qui soient assez nettement déterminées.

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1» Se. Verrucosum Yaill. Le plus répandu aux environs de Paris; taille et forme globulaire ou elliptique, irrégulière, bosselée, et très-variable dans sa forme comme dans sa taille qui, de 2 à 5 centimètres de diamètre, en a quelquefois plus de 8. Son cutis est d'un blanchâtre sordide ou un peu ocracé, rugueux ou chargé de verrues, plus brunes, connées, plates, irrégulièrement arrondies ou obscurément polygonales, persistantes; avant le ramollissement, la chair intérieure très-ferme est d'un noir violacé ; quelquefois acaule (serait-ce une différence spécifique?), mais plus souvent le cutis se réunissant à la partie intérieure, se plisse pour constituer un stipe sohde, épais, blanchâtre, plutôt court, trapu, qui va s'étalant en racines nombreuses, enchevêtrées, et formant comme un talus épais et résistant Odeur pénétrante et pénible. Dans les friches, Je long des bois, etc., et en automne.

2» Se. PoLYRHizuM. Mich. est une espèce fort voisine du précédent et rare; elle se distingue par un stipe fort court, s'épanouissant en un chevelu enche\ètré, et si puissamment développé qu'il forme un agrégat plus volumineux que la tète du champignon, qui est d'un blanc grisâtre par-dessus, teinté en dessous de jaune basané très-clair. Odeur très-forte, très-pénétrante et désagréable.

o» Se. AURANTii'M Bull. (fjg. pi. 270). BulUard décrit avcc raisou dcux formes qui ont pour caractère commun leur coloration jaune orangé, ou jaune citron ; le cutis et la racine sont assez chargés de cette matière colorante pour teindre énergiquement le papier dans l'herbier. Mais une espèce est chargée de verrues plates, à peu près comme Se. Yeerucosuh c'est Se. aur. verrucosum de Bull, et l'autre est écailleuse comme un fruit de Conifères c'est Se. AUB. squamosum de Bull. Ce sont là très-certainement deux espèces différentes. Pour la taille, les formes générales, le stipe plus ou moins développé, ou manquant. En ce qui concerne l'odeur, nous n'avons pas noté de différence avec Se. verrucosum. — Bois humides, plutôt sous les pins, les mélèzes, etc.

Cenoeocciiiii. Fr. Ce genre ne comprend qu'une seule espèce; c'est une petite sphère subéreuse noirâtre, ponctuée, qui ne dépasse pas 3 millimètres de diamètre; elle est indéhiscente et croît dans les bois, sur la terre ou le bois pourri; non vidi, et avec Berk. Je ne puis lui assigner qu'une place provisoire.

3° LYGOPERDÉES. Cette tribu centmle, la plus nombreuse en genres, renferme tous ceux dont le péridium double est plus souvent triple, s'ouvre spontanément à son sommet par un seul petit orifice régulier, plus ou moins nettement étoilée. Deux genres sont décidément et longuement stipités : c'est TooasiOME, Husseia; mais à cause de l'épanouissement de sa valve irrégulièrement rayonnante, Husseia peut être rapproché des Geasters; deux sont sessiles: BovisTA et Broomeia, tandis que le genre central LycorERDON est obscurément ou nettement stipité, mais sans démarcation déterminée entre le stipe et le réceptacle globuleux.

Lycoperdon. Ces champignons ont l'organisation générale assignée à leur famille; mais leur péridium est nettement et constamment triple ou composé de trois péridiums ou enveloppes concentriques : l'une externe (péiidium externe), celluleuse, plus ou moins débile ou subpulvérulenle, n'est continue et nettement appréciable que dans la première jeunesse, ensuite bientôt divisée en verrues plus ou moins caduques ; cependant, dans quelques espèces elles se détachent en longs lambeaux comme nue valve ; une seconde enveloppe médiane, plus épaisse, crustiforme ou subcartilagineuse, cassante ou fragile, mas le plus souvent persistante et plus ou moins solidement adhérente à la troisième enveloppe intérieure ; (péridium interne), mince, blanche, papyracée, flexible, résistante, quelquefois difficilement isolable, et donnant attache par sa face interne aux cellules rameuses, enchevêtrées, qui forme la cjléha, c'est-à-dire la masse des cellules fructifères avec leurs spores et le capillitiiim; et ce capillitium est si solidement adné sur ce péridium interne qu'il y demeure longtemps sous forme d'un feutre long et doux, après que le lycoperdon ouvert a perdu ses spores et ses cellules fructifères, trait distinguant facilement les Lycoperdons des Scloroderma qui se vident d'abord • complètement. Un autre trait d'anatomie microscopique et distioctif consiste en

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ce que les petites ca\ités creusées au milieu de lagléba des Lycoperdoiis ne s'emplissent jamais aussi complètement que dans les Scleroderma, mais sont régulièrement tapissées d'une couche hyméniale ou des basides couronnées de quatre spores le plus souvent lisses, pédicillées et librement épanouies dans ces petites cavités; de là, l'aspect beaucoup plus neltement spongioïde des Lycoperdons. Eniin, dans la plupart des Lycoperdons, la gleba repose sur un disque charnu et spongieux-celluleux qui, en même temps, se prolonge en bas et constitue la substance du stipe. Chez plusieurs, il est manifeste que le péridium interne se replie sur ce disque et le sépare nettement de la gléba; mais dans d'autres, le tissu celluleux du disque paraît, au contraire, se changer peu à peu en giéba. Les Lycoperdons renferment certainement un très-grand nombre d'espèces ; mais ces espèces sont, pour la plupart, indéterminées, car les caractères qui servent à classer les Lyco- PERDOîss et à les caractériser sont encore fort peu connus : la présence du stipe, sa forme, son volume, la racine qui le continue, la couleur, l'habitat et la saison du champignon, sont sans doute des caractères importants ; mais, comme il est certam qu une même espèce, suivant les circonstances de son développement, peut varier beaucoup dans ces divers éléments, ces caractères ne pourront prendre quelque rigueur que lorsqu'on aura déterminé ces limites de -variation dans chaque espèce, et l'on peut dire que c'est un travail qui n'est pas même ébauché. Un caractère qui paraît meilleur est celui qui se tire de l'évolution du péridium externe plus ou moins fugace ; nous avons vu que, dans une espèce au moins, il se détache en lambeaux débiles et presque pulvérulents ; dans la plupart des autres, il se fissure en nombreuses écailles persistantes ou caduques et dont les formes diverses constituent encore un des meilleurs moyens de diagnose des espèces. Les principales variétés que j'ai notées se rapportent au volume, aux formes ou à la consistance de ces verrues ; les unes sont assez grandes pour être parfaitement étudiées à l'œil nu, les autres, que j'appelle furfuracées, exigent le secours delà loupe. Il y a des verrues composées de plusieurs segments accolés ou au moins contigus par leur base, d'autres restent entières (verrues simples) ; il y en a de plates, d'autres mucronées, coniques ou pyramidales; d'autres de pijiformes, de filiformes ; il y en a dont la base est arrondie ; d'autres où elle est polygonale et même étoilée ; enfin le système de verrues qui revêt la tête du lycoperdon peut être, dès le principe, dû à la réunion de verrues de différentes formes, les unes par exemple, grandes et élevées, les autres les encadrant, fines, plates et ponctiformes. Les \errues peuvent encore être flexibles ou fragiles; dans ce dernier cas , des verrues pyramidales peuvent perdre souvent leurs sommets et con>tituer artificiellement ou secondairement deux systèmes de verrues, là où d'abord il n'y en avait qu'un. Enfin, les verrues sont plus ou moins caduques. Quand les veiTues furfuracées (c'est-à-dire ne pou\ant être bien étudiées qu'à la loupe) sont très-caduques ou très-fines, le Lycoperdon est quelquefois dit lisse (Ly. gigasteum). Cependant, la pluie, les brouillards ou la sécheresse ont une influence considérable sur la forme et la persistance de ces verrues, et on devra d'abord déterminer leur influence sur chaque espèce. Les caractères tirés de l'anatomie intérieure, comme la texture, la consistance de la couche moyenne, celle de la couche interne blanche et papyra, ée. plus ou moins séparable, quelquefois à peine discernable, quelquefois manifeste; les formes et i les rapports de contiguïté du disque avec la gléba; enfin les couleurs diverses que ' revêt cette gléba, le tissu plus ou moins verdâtre, olivâtre ou noirâtre pourpre, la largeur et la forme du disque et du stipe, mais par-dessus tout, l'analyse mi-

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croscopique de cette gléba, sa couleur et notamment la forme des spores, offriront des caractères de premier ordre.

Nous posons ces indications qui résultent de nos observations consignées dans notre herbier, parce que jusqu'à ce jour, il n'y a qu'un très-petit nombre d'espèces ou de groupes de décrits et nommés, et qu'une monographie des Lycoperdons serait un travail aussi facile qu'urgent.

Cependant dans l'état actuel, on peut distinguer les principales formes sui- Tantes :

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