LYCOSE
renfermant des espèces depuis longtemps célèbres sous le nom de Tarentules. Les caractères du genre sont : huit yeux très-inégaux et disposés sur trois lignes, l'antérieure formée par quatre petits yeux rapprochés, la seconde de deux yeux les plus gros de tous, la dernière par deux yeux écarLés placés sur la face dorsale. Lèvre presque carrée, un peu échancrée en avant. Pattes-mâchoires courtes. Coxopodites droits, écartés, aigus à leur sommet, tronqués obliquement au côté externe ; dernier article du môle peu renflé, à conjoncteur court, triarticulé, roulé en spirale, entouré de trois petits appendices membraneux. Corselet grand, large, plus étroit et plus élevé en avant où il est tronqué. Abdomen ovulaire, filières courtes et cachées. Pattes iortes, propres à la course.
Ces Aranéides sont toutes chasseuses et vagabondes, d'oiî vient leur nom A' Araignce-loup ; elles ne construisent ni coque ni toile, et traînent leur cocon attaché à leurs filières. Leurs petits montent sur le dos de la mère dès qu'ils sont éclos.
La taille de ces Aranéides varie beaucoup, les espèces si communes des environs de Paris ont à peine un demi-centimètre, tandis que les grandes Tarentules de l'Italie et du midi de l'Europe ont plus de 4 centimètres de longueur.
Quelle que soit leur grandeur, les Lycoses présentent des caractères uniformes et des mœurs analogues : ce sont les Araignées vagabondes de Walckenaer, chez esquelles la faculté de fder est bornée, aussi sont-elles inhabiles à tendre des toiles ou des pièges pour attraper les insectes qui leur servent de nourriture. Pour trouver leur proie, elles sont obligées d'être constamment en course, on les voit partout, dans les prairies, les champs, les bois, les pays plats ou montagneux, dans les endroits les plus arides et au bord des eaux ; elles n'ont pas de demeure fixe.
Les Lycoses femelles pressées de pondre construisent un cocon, mais sous peine de mourir d'inanition, elles ne peuvent rester auprès de lui et le garder à vue comme tant d'autres Aranéides. Elles ont un instinct spécial qui leur fait attacher ce cocon à leurs filières et elles le traînent partout avec elles; lorsque les jeunes sont éclos, ils sont faibles, incapables de pouvoir chasser ou filer, ils seraient voués à une fin prochaine si la mère ne les plaçait sur son dos et ne les voiturait de la sorte par voies et par chemins, comme elle avait traîné ses œufs.
Les espèces du genre Lycose varient extrêmement pour la graiîdeur et la force; les plus grandes sont connues depuis des siècles sous le nom de Tarentules, parmi lesquelles la Tarentule apulienne, dont le dos est tauve, avec le ventre orangé et noir, a été extrêmement redoutée.
L'histoire de cette Araignée a été surchargée de laits merveilleux qui prennent rang dans l'histoire de la science et qui seront appréciés au mot Tarentule. Disons seulement ici que la Tarentule de la Pouille et des environs de Tarente vit comme les grosses Tarentules du midi de la France, de l'Espagne et de la Grèce, dans les lieux découverts, secs et incultes, elle creuse un terrier et ne sort pas le jour, mais elle court et chasse pendant toute la nuit ; les yeux sont extrêmement brillants dans l'obscurité. L'hiver elle bouche son trou etreste engourdie. (Foi/. Tarentule.)
Les Tarentules du Nord sont de très-petite taille; la Lycose vorace a 4 millimètres de long ainsi que la Lycose armillée. Ces espèces sont lentes et font les mortes quand on veut les saisir. Du reste, la grande taille des Lycoses est un fait exceptionnel dans ce geiu-e d 'Aranéides, et toute personne qui observe, dans la campagne, a certainement été frappée de la quantité considérable de petites arai-