‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.55Chapitre 38 sur 65 · LYCOSE · texte numérisé non relu

LYCOSE

gnées noirâtres qui courent partout dans l'herbe, sur la terre, sous les feuilles tombées, etc. Ce sont des Lycoses, d'un grand nombre d'espèces, et toutes fort, vives dans leur course, qui ne se reposent jamais deux fois au même endroit, et sont constamment en chasse pour attraper des fourmis ou des petites mouches. La course de ces Lycoses est lente et mesurée quand elles guettent leur proie, mais parfois elles courent si Aite qu'on a peine à voir le mouvement des pattes, ellep. parcourent plusieurs décimètres par seconde; elles s'élancent par bonds et sautent vivement, si elles cherchent à fuir un ennemi ou veulent échapper à la main qui va les saisir; elles s'élancent bravement sur l'eau et y restent sans se' mouiller. La Lycose atteint d'un bond sa proie; elle prend seulement le soin dé la tuer, et puis, tout en la suçant, au moyen de ses mandibules, elle continue sa course vagabonde.

L'instinct du chasseur et une grande hardiesse sont tellement prononcés chez les Lycoses qu'on voit les petites espèces sauter sur de grosses mouclics qui les enlèvent et les font tournoyer en volant, mais dont ces araignées savent et peuvent devenir maîtresses, et qu'elles ne quittent pas. La nuit, et quand il pleut, les espèces du Nord cherchent un abri sous les feuilles sèches.

Le soin que la Lycose femelle prend de ses œufs est très-grand et elle court !£• plus vite possible pour sauver son prérieuv fardeau attaché à ses filières, mais si on vient à saisir le cocon, elle tourne autour du ravisseur et le combat à outrance. On prétend que si le cocon est détruit, la Lycose devient sédentaire et meurt, ne prenant aucun exercice et aucune nourriture.

Les jeunes éclosent au bout d'un mois et la mère les porte sur le dos, évitant le danger, n'attaquant alors que des proies moins vigoureuses. La Lycose, en ce moment, a l'air d'être couverte de parasites, et ce fait a été connu dès la plus haute antiquité. Les anciens croyaient que les Araignées-Loups nourrissaient leurs petits et les allaitaient comme les mammifères. Il est presque inutile de dire que pendant les quinze jours que les petits passent sur le dos de leur mère, ils ne prennent aucune nourriture.

Les Lycoses pondent deux fois par an, au printemps et à l'automne; dans le jeune âge les Lycoses tendent des fils et sont souvent enlevées avec eux dans les airs; adultes, elles hivernent sous les écorces, les pierres, les creux dérocher, etc. Les Lycoses des environs de Paris apparaissent en mars, disparaissent après les premières gelées et peuvent résister aux froids les plus rigoureux.

Le nombre très-considérable des espèces de Lycose les a fuit diviser en plusieurs sous-genres : l^les Tarentules {Tar enta, ville de Tarente) comprennent les grandes espèces vivant dans les lieux secs, fuyant le voisinage des eaux, faisant un cocon rond, doux et d'un blanc mat ; — 2^ les Leimonia Koeh {Iziurjyno;, qui habite les prairies) sont d'une teinte obscure et terne, vivant dans les plaines marécageuses et les bourbiers, font un cocon très-gros, comprimé sur les côtés et d'un gris bleuâtre ; — o° les Lycosa, proprement dites, ont les membres assez allongés et effilés, le corselet avec une bande plus claire que la couleur du fond, et l'abdomen finement moucheté; elles vivent dans les champs et les bois, courent tout le jour et se cachent sous les pierres au coucher du soleil ; leur cocon est d'un blanc sale et terreux, de forme lenticulaire; — 4" les Potamia Koch {Tzard^toç, qui vit dans les fleuves) ont les pattes fortes et glabres, la couleur \erdàtre avec de petites bandes ou des points latéraux argentés ; elles habitent le bord ou la surface des eaux, et font un cocon tout à fait rond d'un blanc argenté. (Fo?/. Araignées et Taremule.)

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Le venin des Tarentules n'a pas l'action terrible qu'on lui a altribuée, et celui des petites espèces est inoCrensif pour l'homme et les animaux domestiques.

A. Laboulbène.

LYiaPHO»ÉlHOi\^E. Voij. Leucémie.

LÏMPHAIVGITE. Voy. Angioleucite.

I^TMPHATlQïJE (Système). §I. Anaiosnîe. On donne ce nom à un ensemble de conduits disposés en réseaux d'origine, dans l'intimité ou à la surface d'un grand nombre d'organes des animaux vertébrés, d'où partent des vaisseaux efférents seulement, se réunissant en canaux de plus en plus volumineux, traversant, chez les mammifères, des glandes spéciales sans conduits excréteurs et convergeant vers quelqu'un des troncs veineux près du cœur dans lesquels ils versent les deux variétés d'humeurs appelées chyle et lymphe, qui les parcourent.

Il y a là, comme on le voit, un véritable système d'organes premiers dans l'acception propre du mot, savoir, les réseaux dits d'origine, les conduits collecteurs et efférents, et les glandes lymphatiques (ganglions), dont la désignation successive fait connaître les parties qui doivent être décrites dans cet article.

Le siège précis, la conformation et la constitution de chacun de ces ordres d'organes du système lymphatique : tels sont les principaux points de vue sous lesquels toutes devront être envisagées.

Le contenu de ces conduits et le cours de ce liquide dans l'intérieur de ceux-ci forment deux autres parties de cette étude qui devront naturellement faire suite à la première.

L Anatomie dd système lymphatique. Notons de suite ici ce fait important d'anatomie générale que démontrent à la fois l'observation directe et l'embryogénie, savoir, que nulle espèce particulière ou propre d'éléments anatomiques n'entre dans la composition du système des vaisseaux lymphatiques ; car les noyaux et les cellules autres que les éléments du tissu lamineux, qui entrent dans la structure des glandes ou ganglions lymphatiques, ne sont que des variétés d'épithéhums analogues à celles de plusieurs autres glandes. Il en est du reste ainsi pour le système vasculaire sanguin, c'est-à-dire pour tout l'appareil qui, mécaniquement et physiquement, conduit, par samiseen jeu, à établir la solidarité nutritive entre les diverses parties de l'économie et les relations de celle-ci avec les milieux extérieurs liquides et gazeux par l'intermédiaire des milieux intérieurs îippelés sang et lymphe.

Notons encore que, si dans les lymphatiques de l'intestin on peut voir couler alternativement deux variétés de liquides, distinctes par leur couleur et leur composition, le chyle et la lymphe, ces conduits et leurs glandes ne diffèrent pas, ainsi que l'a fait remarquer M. Sappey, de ceux qu'on trouve dans les autres parties du corps et ne sauraient, quant à leur structure et à leur distribution, en être séparés, comme formant un ordre à part, sous le nom de vaisseaux lactés ou chylifères.

Chez les mammifères, une fois sortis des réseaux d'origine, les vaisseaux lymphatiques proprement dits arrivent plusieurs ensemble vers chaque glande ou ganglion et s'y subdivisent en minces conduits ou sinus capillaires à parois minces anastomosés en réseaux, qui sans discontinuité se reconstituent à l'extrémité opposée de la glande en troncs etférents plus volumineux, mais moins nombreux que les afférents. Ces derniers arrivent plus loin à quelque autre ganglion dans lequel ils

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.e comportent d'une manière analogue, et dans certaines régions ils traversent linsi trois, quatre ou un plus grand nombre encore de ganglions successivement, jontinuant à converger de la périphérie vers le centre circulatoire, ils se réunissent pour former deux troncs, au moins le plus habituellement, savoir :

1" Un tronc principal et ascendant, appelé canal thoracique, qui vient s'ou\Tir Jans la veine sous-clavière gauche ;

2" L'n tronc moins volumineux ou descendant, nommé grande veine lympha- J(oue,qui se termine dans la veine sous-clavière droite.

Le calibre de ces conduits réunis n'égale pas le dixième de celui de l'aorte ou de l'artère pulmonaire, ni le vingtième de celui des veines caves supérieure et inférieure. Mais la capacité du système lymphatique, comme celle des systèmes artériel et veineux, va en augmentant à mesure qu'on s'éloigne du cœur, et c'est dans les réseaux capillaires que se trouve le maximum de cette capacité. Les capillaires des réseaux lymphatiques d'origine sont tellement dilatables qu'il est impossible de dire, tant d'une manière al)solue que relativement, quelle est leur capacité. D'après des observations faites dans le but de déterminer cette dernière, sur les conduits lymphatiques des membres, M. Sappey est arrivé à penser qu'elle est environ la moitié de celle des artères et le quart de celle des veines du membre examiné.

En résumé, ce système circulatoire manque de centre d'impulsion motrice sur les mammifères et les oiseaux. Envisagé dans son ensemble, en allant du centre à la périphérie, il commence ou finit, selon le point de départ choisi chez l'homme et chez les mammifères, par deux troncs principaux.

L'un, dit grande veine lymphatique, se jette dans l'angle de réunion de la veine jugulaire interne à la sous-clavière du côté droit, et représente la somme des lymphatiques qui proviennent de la moitié droite de la tête et du cou, du membre supérieur droit, de la moitié correspondante du thorax ; une partie de ceux du poumon droit ; la plupart de ceux qui accompagnent les veines hépatiques ; enfin ceux de la moitié droite du diaphragme.

L'autre, appelé canal thoracique, ramène à la veine sous-clavière gauche la lymphe de toutes les autres parties du corps.

En partant de la sous-clavière, on voit ce canal, légèrement renflé en ampoule (Mascagni), décrire d'abord une courbure à concavité inférieure, descendre dans le thorax le long de la colonne vertébrale, gagner l'abdomen à travers l'orifice aortique du diaphragme et se terminer ordinairement par une dilatation (citerne dePecquet) au niveau de la deuxième lombaire. Ce conduit reçoit supérieurement les vaisseaux lymphatiques du cœur et du poumon gauche, de la moitié gauche des parois thoracique et abdominale, de la moitié correspondante de la tète et du cou, enfin des membres supérieurs gauclies. Dans sa partie mcyenne A'iennent se jeter un ou deux troncs moins important provenant du foie ou du diaphragme. Enfin, au niveau de la deuxième vertèbre lombaire, le canal thoracique est le confluent de cinq gros conduits (Sappey), qui constituent, à proprement parler, par leur ensemble le réservoir de Pecquet, savoir : deux descendants, qui reçoivent la lymphe des huit derniers espaces intercostaux et de la moitié postérieure du diaphragme ; un antéro-postérieur, tronc commun des lymphatiques de l'intestin grêle, du foie et de la rate ; deux ascendants, qui représentent les confluents des alîsorbants des membres abdominaux, du bassin et des organes qu'il contient, des testicules, des reins et du gros intestin.

Si du tronc nous poursuivons ces vaisseaux vers la tête et les membres, nous

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S88 LYMPHATIQUE (akatomik).

les voyons se disposer généralement sur deux plans : l'un superficiel sous-cutané, accompagnant les veines du même ordre ; l'autre profond, intermusculaire, en général satellite des artères. On arrive air.si aux origines capillaires du système qui seront étudiées ci-après.

Les vaisseaux, lymphatiques sont très-déliés, leurs parois sont minces et leur aspect noueux; leur nombre est irès-considérable et dépasse celui des veines correspondantes, comme on peut s'en assurer dans la couclie sous-cutanée des membres ; mais nous avons déjà vu (jue leur capacité respective est bien moindre.

Ce qu'il y a de remarquable dans le volume des vaisseaux lymphatique.^, c'est qu'ils n'augmentent pas comme les conduits sanguins, à mesure qu'on se rapproche du centre du système ; et ils se distinguent plus nettement encore des artères et des veines en ce qu'ils présentent, d'espace en espace, sur leur trajet des masses renflées, ganglions, ou mieux glandes lymphatiques.

Au niveau de ces glandes, les vaisseaux dits afférents se subdivisent dans la substance même des renllemeiits pour se reconstituer sans discontinuité un peu plus loin en vaisseaux efférenls. C'est d'ailleurs un fait aujourd'hui démontré que, sauf exceptions très-rares, douteuses même, aucun vaisseau n'arrive au canal thoracique sans avoir traversé au moins un ganilion. (Mascagni.)

Nos connaissances sur le système lymphatique envisagé au point de vue descriptif ont été exposées dans le grand travail de Brescliet, confirmées et augmentées par la longue expérience de Cruveilhier, de Bonamy et de Sappey ; mais si l'étude descriptive du système lymphatique a été portée par ces auteurs à un degré de précision incontestable, il n'en est pas de même pour quelques points touchant l'origine des capillaires et la structure des glandes lymphatiques, qui "*"■'' sont longtemps restées enveloppées d'obscurité. '^^

Les travaux de His, Frey, Teichmann, Rechlinghausen, Ludwig, Krause, Don- '*^ ders, Auerbach, Kœlliker, Dibkowsky, Zawarykin, Kowalewsky, etc., ont éluciJé ^^ ces différentes questions. Je les ai résumées dans les pages suivantes en me gui- ^^™ dant sur les vérifications que j'en ai faites et en discutant ou modifiant certaines ^""i opinions d'après mes propres observations. ■•■^f>«''

A. De l'origine des vaisseaux lymphatiques. Ce sont les recherches de Mas- ^^^'é. cagni, de Panizza et de M. Cruveilhier, toutes faites vers 1830, qui ont rendi! '^^^^^ incontestable ce fait, toujours vérifié depuis, que dans tous les organes pourvus ^h de lymphatiques les vaisseaux de cette nature qui en partent proviennent de ri> ^k&\^ seaux formés de très-petits conduits fréquemment anastomosés et entre-croiscs. "-i^rtleu Ces importants résultats ont amené l'abandon de l'hypothèse qui voulait que ces -3 autre vaisseaux provinssent de radicules terminées par des bouches ou pores dits ab- ^istiiere sorbants, tant dans la profondeur des tissus qu'à la surface des séreuses, delà ^llears peau et des muqueuses surtout ; bouches dont on supposait aussi l'existence dans -^Jans] les capillaires sanguins pour se rendre compte des phénomènes qu'on sait aujour- ieu d'hui être des actes endosmo-exosmotiques s'accoraplissant au travers des mem- jI^j branes minces, quelque parfaite que soit leur homogénéité. - -ic.),

Les recherches de Panizza, confirmées, étendues et complétées par M. Sappey, ^Ja cou ainsi que par celles de beaucoup d'anatomistes venus a[jrès eux, ont démontre î^ij^ que, quels que soient les rapports de contiguïté des capillaires ou des troncs lym- ' . ^^j^ phatiques avec les capillaires ouïes gros vaisseaux sanguins, il n'y a entre eux ■y„..ii^ aucune communication par des orifices ou des anastomoses ; que par conséquent ^^^ ces deux ordres de conduits sont indépendants ef ne laissent en aucun point sf :.;,,,^j^ mélanger les liquides qui les parcourent, en dehors des échanges endosmo-exosni' - ■'^^^^

tiques de certains de leurs principes immédiats. Il en est de même pour ce qui touche l'hypothèse d'une communication des vaisseaux lymphatiques avec les culsde-sac et les vésicules glandulaires.

^'ous verrons de plus que les dispositions aiiatomiques dos uns et des autres deccsdivers ordres de conduits rendent facilement compte du passage des matières à injection de la cavité des capillaires san;iuins ou des conduits glandulaires dan.«'celle des lymphatiques dès que les premiers de ces canaux se rompent, soit par suite d'un ramollissement dû aux altérations cadavériques, soit en raison d'une trop forte pression exercée sur le liquide injecté.

Quoi qu'il eu soit, la constitution de leurs parois, celle de la couche épithéliale unique qui les limite, rendent parfaitement raison de l'impossibilité défaire sourdre à leur surface le mercure dont on remplit les réseaux de la peau, des muqueuses et des séreuses, même après la desquamation de l'épithûlium des premières; impossibilité souvent consiatée par tous ceux qui les ont injectes sur les mammifères et les poissons, depuis que Fohmann, Cruveilhier, Sappey et autres, eut insisté sur ce fait.

En d'autres termes, ces vaisseaux ont leur individualité anatomique et Ibnctiomielle comme les vaisseaux sanguins, et des deux hypotlièses autour desquelles depuis plus de deux siècles tournent toutes celles qui ont été émises sur ce sujet, même dans ces dernièies années, aucune n'a plus de valeur que l'autre, à compter de celle qui veut que les lymphatiques tirent leur origine du tissu cellulaire ou lumineux exclusivement jusqu'à celle qui prétend que le dernier tissu est au contraire exclusivement composé par les lymphatiques eux-mêmes.

Examinons actuellement comment sont disposés les réseaux des capillaires d'origine des lymphatiques dans les principaux systèmes anatomiques , et nous verrons que ces origines ne sont point des cavités lacunaires, ni de simples trajets interstitiels, interfibril! aires, etc. Nous verrons en même temps qu'ils ne communiquent aucunement avec la canté des noyaux dits du tissu cellulaire ou noyaux embryo-plastiques, non plus qu'avec celle de quelques cellules que ce soit. L'un des principaux avantages des injections des lymphatiques à l'aide de la solution d'azotate d'argent, telle que l'a proposée von Recklinghausen, est en effet de faire que ces conduits restent dilatés et non affaissés dans les préparations des tissus oii on les a injectés, ce qui permet de les voir par lumière transmise dans l'épaisseur même de ceux-ci et de suivre plus exactement leurs rapports avec leurs autres éléments.

L'un des autres avantages, d'une aussi grande importance, que présente cette injection est de rendre très-évidentes les cellules épithéliales en général et particulièrement leurs lignes ou surfaces de contiguïté ou d'adhérence. Elle a ainsi fait reconnaître dans les conduits lymphatiques les plus fins, leur parfaite délimitation par une couche unique de cellules épithéliales, quelles que soient du reste leurs varicosités ouïes autres irrégularités qui, dans l'épaisseur de certains organes (rein, testicules, etc.), font qu'ils n'ont plus la forme cylindroïde habituelle et qu'ils prennent au contraire une figure plus ou moins irrégulièrement prismatique, ap'atie, triau'^ulairc, etc. Il en est encore de même pour les bosselures unilatérales plus ou moins longues que présentent, dans presque tous les tissus les capillaires des réseaux d'origine, et qui, dans certains d'entre eux, comme particulièrement dans ceux des muqueuses à villosifés, l'intestin grêle par exemple, sont prolongées eu doigt de gant au centre de celles-ci et régulièrement tapissées d'une couche épilhéliale, contrairement aux assertions de quelques auteurs. Nulle part.

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ni dans la prolbiuleur des tissus, tels que celui du poumou, du rein, du testicule, etc., on ne trouve d'exception à ces dispositions anatomiques. La forme et l'arrangement des épithéliums sont même les circonstances qui facilitent le plus l'étude des lymphatiques dans les divers organes, qui permettent le mieux d'en constater la présence et d'en suivre le trajet. Or là, non plus que dans les séreuses, les muqueuses et la peau, nulle part sur les conduits les plus fins des réseaux d'origine, ni sur les plus gros, on ne voit des lacunes dans cette couche épithéliale ou toute autre variété d'orifices aboutissant à des espaces ou cavités dépourvus d'épithéliums limitées seulement par des faisceaux du tissu lamineux et qui suivant quelques auteurs seraient les véritables radicules d'origine des vaisseaux lympatbiques.

Il est certain que parmi les conduits des reseaux d'origine, il y en a qui sont aplatis et que, parmi leurs prolongements latéraux en cul-de-sac, il en est qui se terminent en pointe; mais partout ils sont tapissés de leur couche épithéliale et au delà de ces capillaires on ne peut nullement voir des fentes, espaces ou cellules lympltatiques ou canaux plasmatiques interstitiels dans lesquels seraient enfermés ou au moins feraient saillie les noyaux du tissu connectif, pour y tomber et devenir l'origine des leucocytes de la lymphe. Nous avons en effet déjà vu que cette dernière hypothèse sur l'origine des leucocytes est formellement contredite par les faits [voij. articles Lamiîseux, p. 297, et Leucocytes, p. 269 et s ni v.), indépendamment de ce que les noyaux tant isolés que disposés en amas ou en série dans le tissu lamineux avoisinant les lymphatiques sont précisément séparés de la cavité des conduits par la couche épithéliale dont il faut actuellement parler. Un examen des préparations sous diverses faces fait également reconnaître que les culs-de-sac terminaux de certains des prolongements des canaux d'origine peuvent se terminer au niveau des cellules ou corps tîbro-pl as tiques, devenus ou non adipeux, mais qu'ils ne s'abouchent pas avec la cavité de ces éléments, de manière à ce que leur cavité puisse former celle du lymphatique et leur paroi la tunique propre de ce conduit.

En résumé, on peut à l'égard de ces orifices répéter sans erreur ce que Breschet en disait, il y a près de quarante ans, en ces termes : « Plusieurs physiologistes célèbres, et môme parmi les modernes, ont admis des orifices pour livrer passage aux liquides du dehors en dedans.

« Il résulte cependant des recherches les plus attentives des anatomistes qui, dans ces derniers temps, se sont occupés d'une manière spéciale des vaisseaux lymphatiques, que ces ouvertures sont de pure invention. Elles ont sans doute été admises a priori, en considérant ces vaisseaux si déliés comme des espèces de tubes capillaires, et pour comparer l'absorption à un phénomène de capillarité. Quant à ceux qui ont soutenu l'existence de ces orifices d'après leurs propres observations, il faut croire qu'ils ont commis une erreur d'optique. L'on peut attribuer à un phénomène de réfraction cette apparence d'un pertuis sur les vaisseaux capillaires des réseaux et sur les villosités ; erreur comparable à celle déjà commise par les premiers micrographes, qui affirmaient que les globules du sang étaient percés à leur centre, c'est-à-dire, qu'au lieu d'être lenticulaires, ils étaient réellement annulaires. Fohmann qui est une grande autorité parmi les modernes, surtout relativement aux vaisseaux lymphatiques, rejette bien loin l'idée de tout orifice sur ces vaisseaux. En effet, les vaisseaux forment des réseaux, et nulle part, nous l'avons déjà dit, ils ne présentent d'extrémités libres. Fohmann, il est vrai, croit à l'existence de pores sur les parois vasculaires, et cette supposition est

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admissible, bien que l'absorption par simple inibibition, ou par endosmose, puisse fort bien s'effectuer sans qu'il soit indispensable de croire à cette porosité. » {Dlct. de médecine, '2^ édit., 1838 ; art. Lymphatique.)

De la disposition des réseaux' lymphatiques d'origine en général et de la structure de leurs parois. Les vaisseaux lynipliatiques cliez l'homme, etc., présentent un vrai réseau de tubes clos indépendants, limité d'abord par une seule rangée de cellules épithéliales et plus loin ayant des parois fibreuses tapissées de cette couche épithéliale. Le réseau principal de ces capillaires rampe dans le derme et dans le cliorion des muqueuses, sous le corps mu queux de Maljnghi, et, pour les séreuses, il rampe dans la partie superficielle de la trair.e de ces membranes. Ce réseau injecté forme en quelque sorte une couche à ramificalions et anastomoses nombreuses. Plus profondément, les rameaux lymphatiques deviennent plus gros et plus rares ; leurs sections font voir leurs ouvertures béantes très-larges, avec une paroi épithéliale interne adhérente; plus superliciellement les tubes sont plus minces, plus petits. Ils forment des mailles plus larges que celles des capillaires sanguins, avec quelques petits prolongements clos en doigt de gant unilatéraux.

Le diamètre des lymphatiques les plus larges des réseaux, est environ de 1 à '2 dixièmes de millimètre; celui des plus petits est de 0™'",04. Bien que cette variation de la grosseur de ces vaisseaux soit considérable, elle est pourtant toujours moins brusque, si l'on peut dire ainsi, que celle des vaisseaux sanguins, dont le changement de diamètre est très-frappant, rapide, c'est-à-dii'e que, dans ces derniers, la diflérence de grosseur entre certains des troncs et les capillaires qui s'en détachent, est beaucoup plus grande que celle que je viens de noter pour les lymphatiques. En résumé, dans ceux-ci, les changements de grosseur sont graduels. Belajeif signale, comme caractère distinctif propre des tubes lymphatiques des réseaux, leurs renflements qu'on observe tantôt vers le milieu des canaux, tantôt vers leurs confluents ; ces renflements sont plus considérables chez l'homme que chez le lapin ; ils sont soit circulaires ou complets, soit unilatéraux. Dans ces capillaires lymphatiques, ces renflements n'indiquent pas la présence des valvules comme dans les troncs lymphatiques, ils indiquent une dilatation simple.

Les valvules manquent dans tous les capillaires lymphatiques proprement dits, mais elles se rencontrent toujours dans les troncs même lorsqu'il s'agit de ceux qui se sont développés dans les néo-membranes des séreuses, tels que ceux que j'ai injectés avec Lebert {Anatomie pathologique, Paris, 1861, in-l'ol., t. 2, pi. CLXII, fig. 2) et dans les tumeurs libro-plastiques et fibreuses sous-cutanées et intra-musculaires où j'en ai constaté, comme l'a fait également W. Krause.

Dans la plupart des conduits des réseaux d'origine, soit des membranes, soit à la superficie des organes ; les capillaires lymphatiques les plus petits et les prolongements en culs-de-sac simples ou bilobés, arrondis ou termmés en pointe (sur les fœtus surtout), que montrent certains d'entre eux, ont leur paroi constituée uniquement par une seule couche des cellules épithéliales décrites plus bas (fig. 1), absolument comme les capillaires sanguins à une seule paroi. Toutefois, taudis que pour ceux-ci le tube ainsi formé est aisément isolable des autres éléments des tissus qu'il concourt à constituer, il n'en est pas de même pour les lympliatiques. La couclie épithéliale unique qui les limite pourtant si nettement, qui leur forme paroi, adhère tellement aux parties ambiantes que, quelque mou que soil le tissu dans lequel ils rampent, on ne peut les en séparer, les isoler comme

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ubes indépendants, sauf cependant parfois sur les têtards de tritons et de crapauds. Cela n'est possible que pour les vaisseaux lymphatiques proprement dits ou conduits efférents, qui se détacjjent des réseaux et vont aux ganglions.

Fig. i. — Coupe perpendiculaire à la surfare de la peau du gland de l'iionime. a, CnijiHaires isanguin se rendant aux papilles incominétement injectés, b, Conduits lym|Jjlatique^ du résjau superficiel d'origine. Entre a et b on voit la coupe transver.-ale d'un de ces conduits, c,' Saillie ou prolongement en culile-sac latéral. Au-dessous on voit la coupe d'un de ces conduits tranclié obliquement "grossi 100 iuii •environ. (D'après Belajeff, Journal (fanai, et de physiol., 1866.)

Epithëlium défi himphatiques d'origine. La couche unique de celluLs épithéliales des lymphatiques capillaires et celle des autres également consiste en cellules allongées, polygonales ou fusiformes, à bords lisses ou dentelés. L'axe longitudinal des cellules correspond à celui des vaisseaux. Plus un tube capillaire est voisin d'un tronc, plus ces cellule< sont étroites et ont la forme allongôe. Les capillaires formant des mailles, au contraire, ont des cellules assez larges. L'aplatissement des parois d'un tube transparent donne aux cellules sous le microscope des apparences variées ; car ces lignes noires des bords de cellules se croisent ré-

Fig- 2. — Lymphatique se constituant en tronc ou conduit collecteur au-dessous du réseau d'origine montrant le réseau des fibres élastiques de sa paroi extra-épitlicliale. a, b, rienflements variqueux nombreux correspondant aux intervalles des valvules incomplètes nombreuses siégeant au niveau des lélrécissements. Grossissement 43 fois environ. (D'après Belajel'f, ibicL, 1S66.)

ciproquement, et celles qui appartiennent à l'une des parois modifient l'aspect normal des cellules de la portion de paroi qui est au-dessous. La longueur des

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cellules est, en moyenne, de O^'^jOG à 0""",04, et la moyenne de leur largeur varie entre 0°"",008 et 0">'",0-20.

Au dehors de la couche épithéliale, on voit, en arrivant aux gros capillaires voisina de l'origine de troncs eft.'rents, des fibres annulaires (flg. 2) accompagaées de rares cellules ou corps fnsiformes. Des fibres élastiques et peut-être musculaires sont placées dans les espaces allongés qui restent entre les rangées des fibres' traiisversaL-s ou annulaires. Là commence une paroi propre autre que la couche épithéliale, déjà visible de la sorte sur des vaisseaux prenant part à la formation des réseaux.

La continuité de la couche épithéliale, dans les capillaires lymphatiques, la minceur de ces cellules, qui n'ont guère qu'un m.llième de millimètre d'épaisseur, l'aspect d'un certain état de sécheresse, si l'on peut ainsi dire, qu'elles présentent comparativement aux épithéliums glandulaires, montrent que leur rôle est essentiellement relatif à des actes de pure endosmose et exosmose. La netteté avec laquelle la membrane ou couche endosmotique qu'elles forment, limite la face interne des conduits, réduit encore une fois à néant d'une manière absolue : 1° l'hypothèse d'après laquelle ces vaisseaux n'auraient été que de simples trajets interstitiels ou lacunaires par écartement des autres éléments anatomiques, pernietant le contact immédiat de la lymphe avec les éléments anatomiques; 2° celle d'après laquelle les globules blancs seraient produits dans le tissu lumineux (dit cellulaire ou conjonctif, si singulièrement comparé à une glande par quelques auteurs), globules qui, de là, seraient tombés dans ces trajets capillaires.

Les faits précédents sont d'autant plus importants à signaler qu'il faut reconnaître que partout c'est contre des nappes oa des faisceaux de fibres lamineuses mais des plus nettement limitées, avec ou sans fibres éla-tiques, que sont appliquées les cellules épithéliales formant la première paroi propre des plus petits lymphatiques des réseaux d'origine, tant qu'une paroi à fibres circulaires ne s'est pas surajoutée à la précédente, comme nous venons de l'indiquer plus haut.

En effet, sauf le cas des gaines périvasculaires des vaisseaux cérébro-rachidiens dont il sera fait plus loin une mention spéciale, ce n'est jamais absolunienl contre les tubes mômes du rein, du testicule, des glandes, etc., que sont appliqués les capillaires lymphatiques d'origine, mais c'est dans les minces couches ou cloisons du tissu lamineux qui les accompagne qu'on les trouve.

Pour compléter ces données générales, il suffira maintenant de résumer, ainsi qu'il suit, avec M. Labéda, les opinions diverses successivement émises sur ce sujet dans ces derniers temps.

1° Les capillaires lymphatiques commencent par des réseaux, et lorsque les membranes ont des villosités (muqueuses), ils envoient des prolongements dans ces appendices, les papilles exceptées.

2° A. Ces capillaires ont une paroi propre composée :

a. D'une membrane isolable (Teichmann, Kœlliker, Krause, Auerbach, Langer); membrane hyaline parsemée de noyaux, existant seule suivant les uns, et alors de nature épifliéliale, tapissée par l'épithéhum dont il a déjà été questio:i, suivant les autres, et alors représentant une tunique propre aux lymphatiques ;

b. D'une simple couche épithéliale. (Recklinghausen, His, Belajeff, Robin, etc.) B. Ils n'ont pas de parois propres. (Frey, Ludwig, Tomsa.)

5° ^.Les caiillaires lymphatiques sont fermés à leur origine. (Kœlliker, Teichmann, Frey, His, Langer, Be'ajeff, llobin, Dvbkousky, Cohnheim, etc.)

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B. Ils ne sont pas fermés et communiquent par des interstices entrer les cellules épithéliales limitant les capillaires ci-dessus :

a. Avec les corpuscules de tissu conjonctif (Virchow, Leydig, Chrzonszczewsky, etc.);

b. Avec des réseaux de canalicules (fibres lamineuses) à sucs plasmatiques. : (Recklinghausen, Schweigger-Seidel, etc.)

Rapports des réseaux lymphatiques avec les vaisseaux sanguins en général. Nous venons de voir quels sont les rapports généraux des vaisseaux lymphatiques les plus petits avec les éléments anatomiques des tissus dans lesquels ils rampent: mais il en est d'autres plus importants encore qui demandent à être étudiés séparément. Ce sont ceux qu'ils offrent spécialement avec les vaisseaux sanguins de ces tissus et dont il faut actuellement parler.

Il est des animaux, comme les poissons et les batraciens, sur lesquels les lymphatiques sont appliqués contre les capillaires sanguins et les vaisseaux artériels qu'ils ombrassent à moitié ou aux trois quarts, et qu'ils itourent même parfois entièrement.

Sur les raies et les torpilles, comme sur les reptiles et les batraciens, les lymphatiques d'origine et ceux qui leur font suite sont appliqués contre les capillaires sanguins et les artères. La face interne des lymphatiques les plus petits est nettement limitée, bien qu'un peu bosselée et tapissée par une rangée de minces cellules épithéliales allongées. En dehors se trouve une couche de libres longitudinales lamineuses et élastiques. U y a aussi des fibres élastiques transversales assez nombreuses, et des fibres musculaires de la vie végétative peu abondantes. L'ensemble de ces éléments forme aux plus fins capillaires de ces animaux une paroi épaisse de 15 à 30 millièmes de millimètre, dans laquelle l'aspect strié iongitiidiiialement,^ donné par la juxtaposition des fibres, est plus tranché que l'aspect strié en travers. Cette paroi se confond, ne fait qu'un, par juxtaposition immédiate, avec la tunique adventice des vaisseaux sanguins, dans la portion de son étendue où elle est appliquée contre ces derniers. De sorte que si l'on se représente la coupe d'un capillaire, le lymphatique d'origine forme toujours sur les côtes de ce vaisseau un canal qui embrasse la moitié, les deux tiers et quelquefois les trois quarts de la circoiifôrence du conduit sanguin.

Dans la cavité du lymphatique, entre la face interne concave de sa paroi libre et la face externe convexe de l'artériole contre laquelle l'autre portion de sa paroi est appliquée, on voit une lymphe hyaline tenant en suspension des leucocytes. Leur mouvement est oscillatoire, mais avec progression lente, dans un sens qui est l'opposé de celui que suit le sang artériel avec une vitesse à peu près de dix à vingt fois plus grande dans l'artériole contiguë. Les leucocytes du sang sont entraînés par les hématies, mais plus lentement que ces dernières, et on les voit par moments arrêtés contre la face interne et concave du capillaire, séparés de la lymphe par la paroi de celui-ci. Les leucocytes de la lymphe sont les seuls éléments qu'on aperçoive dans ce liquide, et on n y rencontre pas de globules rouges.

Sur les poissons, les batraciens et les reptiles, les lymphatiques disposés comme il vient d'être dit, accompagnent exactement les vaisseaux sanguins, les artères particulièrement, ainsi que l'a décrit et figuré Panizza depuis longtemps. Mais ni ces conduits, ni ceux dans lesquels ils se jettent, tels que les réservoirs periœsophagien ei prévertébral des batraciens anoures ne sont de simples espaces ou inter stices. Ils ont une mince tunique propre, telle que celle des conduits qui s'y jettent et, comme eux aussi, ils sont tapissés d'une rangée de cellules épithéliales.

LYMPHATIQUE (anatomie). 595

De plus, il faut savoir que dans les séœuses, sur les oviùuctes, sur la vessie et particulièrement dans le péricarde séreux de ces divers animaux indépendamment des lymphatiques capillaires ou autres qui accompagnent les réseaux san- -mns et les artères, de la manière indiquée plus haut, il y a des lymphatiques d'origine qui parcourent les tissus précédents sans être appliqués contre les conduits sanguins, bien qu'ils s'anastomosent avec ceux qui accompagnent ainsi les ai'tèrcs, etc.

Les connexions de cet ordre des capillaires et des principaux conduits lymphatiques avec les réseaux sanguins ne sauraient èlre généralisées sans examen direct. En ofiet, on ne les retrouve chez les mammifères et les oiseaux que le lou"- de quelques-uns des petits vaisseaux sanguins du testicule, du rein et du poumon ; quant à ceux du système nerveux central, il en sera question plus loin. Mais partout ailleurs le trajet du plus grand nombre des lymphatiques d'origine est indépendant de celui des capillaires sanguins dans l'épaisseur des tissus, et si quelquesuns marchent parallèlement l'un à l'autre sur une certaine étendue, ils ne sont pas immédiatement contigus, sauf rencontres accidentelles en quelque sorte. Il en est ainsi dans toutes les membranes cutanées, muqueuses, séreuses et synoviales, dans les tissus musculaire, fibreux, et dans plusieurs autres tissus. Mais partout, entre les larges mailles des réseaux lymphatiques, et souvent près ou même contre ces conduits d'origine rampent, sans corrélations constantes les capillaires sanguins, bien plus petits que les lymphatiques, et en nombre pioportionel au degré de vascularité du tissu examiné.

La richesse des réseaux et des conduits lymphatiques qui en partent est en effet partout proportionnelle au degré de vascularité sanguine des tissus.

C'est là une donnée importante de l'observation anatomique, et dont il sera plus d'une fois fait mention.

Elle doit être rapprochée de cet autre fait, bien connu depuis plus de deux siècles et bien souvent vérifié, que toutes les fois qu'on injecte sous l'influence d'une pression prolongée de la gélatine ou même du suif coloré dans les vaisseaux sanguins, on voit bientôt les lymphatiques se remplir de gélatine ou de suif non coloré ou ]jeu coloré, et qui s'injectent ainsi par transsudation de la profondeur des organes vers leur superficie. C'est ce que l'on vérifie aisément sur l'intestin, le foie, le poumon, le rein, les muscles, etc.

Les particularités anatomiques iirécédentes relatives à la structure, à la ddatabilité et aux rapports des lymphatiques des réseaux d'origine, sont des plus importantes: car elles nous rendent compte des différences d'aspect, d'épaisseur et de consistance que présentent les membranes qui en contiennent beaucoup, selon que ces conduits sont affaissés et vides, ou à peu près, ou qu'ils sont au ' contraire distendus ; selon enfin que le contenu qui les distend est ûuide comme à l'état normal, ou au contraire seulement demi-liquide comme à la peau, dans les cas d'érysipèle, sous le péritoine utéro-ovarien dans certains cas de fièvre puerpérale, alors même que ces conduits ne contiennent pas de pus, et dans dans d'autres circonstances encore.

B. Des héseaux lvmphatiqies de chacuîî des principaux systèmes orgakiql'es. Les données générales précédentes sur les rapports des capillaires lymphatiques avec les éléments anatomiques des tissus où ils siègent vont être conq)létées par l'étude des lymphatiques de chacun des systèmes organiques.

1. Réseaux b/mphatiques du si/stème nerveux. Le tissu des nerfs périphériques ne contient pas de lymphatiques. Xul anatomiste n'en décrit dans cette

390 LYMPHATIQUE (anat mie).

partie du système nerveux : mais nous pouvons dès à présent commencer l'examen général indique dans le titre de ce paragraphe, par celui des lympliaticpies du cerveau et de la moelle épinière, dont l'origine offre une dit^position tout à fait spéciale, fort différente de celle qui précède, et même de celle qui a été décrite plus haut (page 594) comme propres aux poissons, aux batraciens et aux reptiles. Cette disposition consiste en ce que ces lymphatiques pourvus d'une paroi propre très-distincte, isolable des tissus ambiants, circonscrivent les vaisseaux sanguins qui parcourent le tissu nerveux central, de telle sorte que ces derniers sont complètement plongés dans les premiers, et non entourés seulement sur nue portion de leur circonférence ; la lymphe avec ses globules circule donc, d'une part, entre la paroi propre du lymphatique (seule contiguë à la matière cérébrale même) et la surface externe du capillaire occupant son centre, d'autre part. Ces conduits s'étendent ainsi depuis les plus fms capillaires jusqu'aux espaces ou réservoirs lymphatiques décrits par Fohman sous la pie-mère et dans son épaisseur.

On trouve normalement un grand nombre des capillaires du cerveau, de la moelle, de l'épendyme et de la pie-mère plongés dans un conduit qui les engaine totalement, et au centre duquel ils flottent en quelque sorte. Cette gaine est formée d'une seule tunique épaisse de un à deux millièmes de millimètre composée d'une substance homogène ou à peine striée en long. Elle s'étend sous forme d'une tunique extérieure à bords nets, mais onduleux, depuis les capillaires, qui ont de un à deux centièmes de millimètre jusqu'à ceux qui ont un tiers ou un demi-millimètre environ en dehors même de la tunique du tissu lamineux de ces derniers. Elle est distante de un à trois centièmes de millimètre des parois propres du capillaire, qu'elle enveloppe de cinq à six centièmes au moins de l'advenlice des plus gros de ces conduits sanguins.

On peut en rencontrer jusque sur la portion intra-crànienne du glosso-pharyngien, autour d'artérioles et de veinules larges d'un quart de millimètre, et cela jusqu'à un demi-centimètre environ de leur immergeace dans le trou déchiré postérieur, tant sur l'homme que chez le chat. Pourtant je n'ai pu en trouver dans les racines antérieures et postérieures se rendant aux trous de conjugaison des dernières vertèbres dorsales et des premières lombaires.

Les faits précédents que j'ai signalés depuis longtemps donnent aux préparations d'un grand nombre de capillaires du cerveau un aspect très-remarquable. Je les ai notés pour la première fois dans la thèse de concours de 31. Segond {Le système capillaire sanguin. Paris, 1858, in-i°, p. 7, pi. l,fig. 4), niais sans les interpréter exactement. J'ai depuis mieux étudié ces particularités et les ai fait connaître telles que les indique le paragraphe précédent. (Ch. Robin, Comptes rendus de la Société' de biologie, Paris, 1855, in-S", i). 142, et Recherches sur quelques particularités de la structure des capillaires de l'encéphale , in Journal de la physiologie , Paris, 1859, in-8°, t. Il, p. 557 et 719.)

Tous ces faits et ceux dont il est question plus loin s'observent aisément sur l'homme, le chien, le chat, le mouton, le bœuf et le lapin, mais moins facilement sur ce dernier que sur les autres.

Je n'ai trouvé la gaine spéciale entourant les capillaires dont il s'agit ici que dans les substances blanche et grise des centres céphalo-rachidiens et dans la pie-mère; elle n'existe pas autour de tous les vaisseaux, fait important à signaler. Il m'a été impossible jusqu'à présent de noter exactement à quoi se rattache sa présence ou son absence sur tels ou tels d'entre eux, et cela dans des proportions difficiles à déterminer d'un animal à l'autre; mais j'ai trouvé sur tous les

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cerveaux et cervelets que j'ai examinés des capillaires qui la possédaient. Leur nombre est bien moindre dans les substances grise et blanche de la moelle que dans celle du cerveau et du cervelet.

Elle s'étend comme un tube dans lequel flolte un deuxième conduit représenté par chacun des capillaires proprement dits, depuis les plus fins de ceux-ci jusqu'à ceux qui sont aperce\ables à l'œil nu. Il m'a été impossible de la suivre sur les vaisseaux dont le diamètre dépassait un tiers ou un demi-millimètre environ .

11 est assez commun de trouver des capillaires les plus fins qui, après s'être montrés dépourvus de cette paroi ou gaîue extérieure, en laissent voir l'origine à leur surface ; là elle est très-mince, adhérente au capillaire dont elle est trèsrapprochée. Pourtant parfois elle est soulevée par quelqu'un des noyaux signalés ci-dessus qui existent entre elle et le vaisseau qu'elle enveloppe. Peu à peu elle s'écarte de plus en plus de celle-ci, etfiaitpar eu être distante del à o centièmes de millimètre ou environ. Cet écartement reste à peu près le même aussi loin qu'on peut suivre cette enveloppe, même autour des capillaires les plus volumineux dont le diamètre a été indiqué plus haut. Toutefois, sur quelques-uns de ceux-ci, cet écartement peut ètro jusqu'à deux et trois fois plus large; souvent, du reste, le vaisseau sanguin est repoussé d'un coté contre la face interne de ce tube enveloppant qu'il touche, et se trouve ainsi plus éloigné de la poition opposée de la gaine.

Fig. 3.

Le vaisseau est comme flottant au centre de ce tube enveloppant, et Tinter V aile qui l'en sépare est rempli par un liquide clair qui tient en suspension de:

598 LYMPHATIQUE (anatomie).

éléments sur lesquels je reviendrai plus loin. {Voij. la figure 3, où e / montre «la gaîne dépassant le capillaire rompu en e.) Ces particularités se constatent d'une manière très-nette et très-élégante lorsqu'on a sous les yeux les extrémités rompues de quelques capillaires ; la rupture n'ayant pas lieu au même niveau pour le vaisseau et pour sa gaîne extérieure, on voit s'échapper le contenu vers les bords déchirés de cette dernière. {Voy. la figure 3, ef.)

Cette gaîne est épaisse de un à deux millièmes de millimètre seulement, très-pàle, non dissoule par l'acide acétique, qui la gonfle et la rend au moins deux fois plus épaisse sans que les lignes qui indiquent les faces interne et externe cessent d'être nettes. On voit alors aisément qu'elle est homogène , dépourvue de fibres élastiques, de stries, privée de granulations et de noyaux. Cela est surtout manifeste quand le contour du tube est granuleux, parce que les granulations contiguës à la face interne de la gaîne ont, par leur ensemble, un aspect qui tranche sur celui de la paroi périvasculaire. Cette paroi laisse voir facilement par transparence la structure des parois propres du capillaire et jiermet aussi de distinguer les ondulations des fibres lamineuses qui forment la tunique dite celluleuse ou adventice des capillaires, assez gros pour posséder celle-ci. Ce fait est surtout intéressant quand on suit les capillaires depuis ceux qui n'ont que des fibres musculaires disposées circulairement jusqu'à ceux qui ont cette paroi formée de fibres lamineuses, tant complètement développées qu'à l'état de corps fibro-plastiques fusiformes ou étoiles.

La superficie de cette adventice est plus ou moins nettement limitée d'un gros capillaire à l'autre, et chez quelques-unes des fibres isolées ou fasciculées sont écartées et tracent librement des ondulations dans la cavité même du conduit au centre duquel est placé le vaisseau sanguin. Sur les plus gros de ces vaisseaux, c'est-à-dire ceux qui sont déjà visibles à l'œil nu, certaines de ces fibres ou de ces faisceaux de fibres traversent même plus ou moins directement la cavité du conduit enveloppant sous forme de minces trabécules adhérant à la face interne de ce dernier. Ces trabécules tiennent parfois la gaîne rétractée en ce point et déterminent une dépression de l'ensemble du tube à ce niveau. La solution de carmin colore un peu moins la paroi de ces conduits que celle des capillaires qu'elle entoure.

Les bords de cette gaîne, vus par transparence, sont nets, et leur plus ou moins de régularité indique l'état lisse ou plissé de la surface de celle-là. Ces bords, comme la surface, sont généralement onduleux, à ondulations larges et écartées, ou étroites et très-rapprochées ; d'autres fois ils sont plissés, et les pHs se dessinent par des lignes très-fines qui des bords s'étendent à la surface de la gaîne d'une manière très-élégante. {Voy. d e f dans la figure 5.)

Celte enveloppe suit les capillaires dans toutes les subdivisions et anastomoses de ceux qui la possèdent et se subdivise comme eux ; souvent elle ne forme pas un angle rentrant, semblable à celui des vaisseaux, à chaque bifurcation, mais est beaucoup plus larg3 à ce niveau qu'adleurs et forme là une dilatation dans laquelle est logée la bifurcation [b, c). Sur la longueur des vaisseaux la gaîne est tantôt également écartée de leur paroi propre, tantôt elle est appliquée sur elle, lui est contiguë ou à peu près sur une portion de sa circonférence, tandis que sur la portion opposée elle en est très-éloignée.

Du contenu des tubes périvasculaires . La cavité de ces derniers est de l'un à l'autre rempli, soit seulement d'un liquide incolore mêlé de granulations moléculaires, ou en même temps il contient des petits noyaux libres, sphériques ou

LYMPHATIQUE (anatomie). 599

un peu ovoïdes, larges de 5 à 6 millièmes de millimètre ; ces noyaux sont tantôt rares, écartés de manière à laisser voir les parois propres du capillaire, tantôt ils sont contigus ou du moins assez rapproches pour masquer plus ou moins les noyaux ovoïdes allongés de ces parois.

Cette inégalité dans la distribution de ces noyaux dans la cavité des tubes périvasculaires, suffit pour montrer qu'ils n'appiuHienncnt pas à la paroi propre du iabe, non plus qu'à une couche de cellules épitliéliales qui tapisserait la face interne. Ces faits et leur existence dans les tubes lymphatiques enveloppant les petits capillaires dépourvus de tunique lamineuse ou adventice, montrent que ce ne sont pas non plus des noyaux appartenant à cette tunique du \aisseau sanguin enveloppé. Leur absence dans certains des tubes périvasculaires et l'inégalité de leur distribution montrent aussi qu'ils n'appartiennent pas à une couche lamineuse qui tapisserait ou formerait la face interne de ces tubes.

Ajoutons à cela que des pressions et des relâchements alternatifs de la préparation permettent de faire courir ces noyaux en divers sens ou de droite à gauche du capillaire enveloppé avec déplacement inégal ou même de certains d'entre eux à l'exclusion des autres, selon la force imprimée au courant du liquide déplacé. Ajoutons enfin que les granulations moléculaires interposées à ces noyaux dans le liquide que contient le tube périvasculaire, sont douées d'un mouvement brownien vif apercevable jusqu'au contact de la face interne de la paroi propre de celui-ci. Aussi ne peut-on comprendre l'erreur commise par ceux qui ont avancé que ces noyaux sont pour la plupart fixes et font partie intégrante de la paroi du canal périvasculaire. (Voy. U. Lépine, Sî/r /a structure des canaux périvasculaires des. centres nerveux, in Comptes rendus et Mém. de la Soc. de biologie. Paris, 1867, in-8, p. 174.)

En résumé, le contenu de ces conduits se compose d'un liquide tenant en suspension des granulations et des noyaux existant en quantité variable d'un point à l'autre de la longueur d'un môme vaisseau, et aussi d'un vaisseau à l'autre. On voit des parties plus ou moins étendues qui en sont tout à fait dépourvues ou qui n'en contiennent que quelques-uns de loin en loin ; ailleurs, ils sont plus nombreux, mais ne sont pas contigus; enfin, dans d'autres endroits, ils sont accumulés, soit d'un seul côté du vaisseau, soit tout autour, eu si grande quantité qu'ils masquent complètement les parois propres du capillaire ou leur contenu. Ce dernier peut être constitué, soit par des globules sanguins, soit le plus souvent par un cylindre de fibrine coagulée en fibrilles flexueuses assez larges, enlre-croisées eu tous sens de manière à former une sorte de réseau englobant ou non des leucocytes et logé au centre de la cavité du capillaire.

On trouve ces noyaux aussi bien dans les canaux entourant des capillaires volumineux, et pourvus d'une tunique de fibres lamineuses, qu'autour des petits capillaires qui n'ont que deux ou une seule paroi propre.

Ces novaux sont sphériques, larges de 4 à 6 millièmes de millimètre, et «il moyenne de 5 millièmes ; ils sont insolubles dans l'acide acétique, finement "ranuleux, sans nucléoles, h contours nets, assez foncés ; ils ont une certaine analogie avec les leucocytes de la variété noyau libre ou globulins de la lymphe: leur distribution autour des capillaires, ainsi que la gaîue qui les renferme, ne manquent pas de ressemblance avec la distribution des leucocytes dans les lymphatiques à mince paroi qui entourent une partie de la circonférence des artères sur les reptiles et les batraciens. Toutefois, les noyaux dont il s'agit sont infiniment plus nombreux dans la gahie des capillaires encéphaliques que ceux qu'il

400 LYMPHATIQUE (anatomie).

est facile de voir circuler dans les lymphatiques du mésentère des lézards, etc. Enfin, comme nous l'avons vu, ces noyaux sont llottanis dans la cavité de la gaine, autour des capillaires qu'elle renferme; on peut les faire mouvoir par des pressions alternatives sur les lames de verre et les voir sortir lorsque l'enveloppe vient à être rompue.

On trouve encore çà et là, chez quelques sujets, tant sur l'homme que sur le mouton, le chien, etc., des granulations graisseuses libres flottant entre les noyaux et dont les plus petites sont douées de mouvement brownien. Pariois ce sont de véritables gouttes d'huile pouvant atteindre un centième de millimètre et plus. Il en existe aussi quelquefois dans l'épaisseur de la tunique extérieure des ca])illaires formée de fibres laminenses.

Dans certains cas, que les noyaux soient contigus, rares ou même absents par place, on trome, chez les sujets qui ont dépassé quarante à quaranfe-cinqans, des groupes de granulations graisseuses ou des granulations graisseuses isolées dont les plus petites sont douées de mou\ement brownien: il en est parfois qui atteignent jusqu'à deux centièmes de miUimètre ; elles flottent dans l'espace compris entre les parois propres du capillaire et cette tunique transparente extérieure, c'est-à-dire dans la cavité des conduits décrits ici. Dans cette cavité on voit parfois aussi, entre les petits noyaux ronds ci-dessus, une grande quantité de ^^rannlations et de grains d'hématosine amorphe. Ces grains d'hématosine peuvent atteindrejnsqu'à deux centièmes de minimètre et sont isolés ou réunis plusieurs à côté les uns des autres. Ils ne sont jamais accompagnés de globnles sanguins et semblent provenir d'hématosine qui aurait exsudé au travers des parois propres des capillaires, et se serait déposée entre les parois et la tunique transparente à bords souvent onduleux décrite ci-dessus.

Ces grains d'hématosine sont parfois aussi logés dans l'épaisseur des parois propres des capdlaires, surtout entre les fibres lamineuses de la tunique propre extérieure des plus gros capillaires. Ils peuvent, du reste, être rencontrés également dans cette tunique sur les capillaires qui ne sont pas eiigainés par les conduits spéciaux dont il est question ici.

La présence des grains d'hématosine hors des parois propres des capillaires et dans leur épaisseur est fréquente dans l'encéphale des hommes avancés

en âge.

Elle n'indique pas nécessairement qu'il y a eu là deshémorrhagies. On sait, en effet, que l'hématosine peut, dans l'épaisseur de quelques tissus et par suite de particularités encore peu connues du cours du sang, se séparer, molécule àmolécule, des hématies et exsuder hors des vaisseaux. Alors on la trouve à l'élat de granules tels que ceux qui ont été signalés ici ; elle siège soit dans l'épaisseurdes parois des capillaires où. elle est libre autour d'eux, bien qu'ils restent intacts; on la voit même parfois dans l'épaisseurdes éléments qui entourent les capillaires.

Distribution des lymphatiques du tissu nerveux central. Cinq années après la pubhcafion des données anatomiques que je viens de reproduire, et sans en avoir connaissance, His a injecté les conduits dont il vient d'être fait mention et a constaté leurs anastomoses en réseaux dans la profondeur du tissu nerveux central autour des capillaires. Il les considère comme s'abouchant (par un orifice légèrement évasé en entonnoir) entre la superficie même des substances cérébrale, cérébelleuse et rachidienne d'une part et la face profonde de la pie-mère de l'autre, autour du point oià les vaisseaux passent de celle-ci dans le tissu nerveux, de manière à verser leur liquide entre ce dernier et la

LYMPIlATlnLE (a>atomie). 401

pie-mère. Il ap; elle espaces épicérehraux et épispinaux les parties occupées ou pouvant être occupées par le liquide, représeutées par les intervalles séparant les vaisseaux qui vont de la pie-mère au tissu nerveux espace entre lesquels on croyait ce dernier adhérent à la pie-mère. 11 pense que ces espaces ou lacunes communiquent avec les vésicules ou cellules de la pie-mère insufflées ou injectées par Ruysch, Fohmann et Arnold et l'egardées par ces derniers comme des réseaux hmpliatiques dont les conduits seraient ici plus larges que dans les autres tissus; mais entre ces derniers et les espaces occupés par le liquide sous-araclmoïJien il n'y a pas de communication. Comme il n'a pas trouvé de ces conduits lymphatiques autour des vaisseaux sanguins de la pie-mère racliidienne, il pense que ce n'est qu'indirectement par les espaces épicérehraux que le liquide lymphatique des espaces épispinaux peut s'écouler. Il a constaté eu outre la présence d'un épithélium à cellules aplaties, allongées à la flice interne des plus grands, mais sans isoler la paroi propre de ces vaisseaux, ni décrire les noyaux de leur contenu. (His, Ueber eùi perivasculdres Canalsyslem in den nervôsen Centralorganen. In Zeitschrift fur wissensch. Zoologie, 1865, in-S", p. 127.)

Ainsi au^ faits déjà connus His a ajouté l'indication de la présence d'une couche épithéliale à la face interne des gahies périvasculaires et la détermination de l'existence entre les diverses branches des lymphatiques d'anastomoses forcément subordonnées dans leur distribution à celles des capillaires sanguins enveloppés par les vaisseaux étudiés ici. Quant à ce qui regarde l'abouchement de ces lymphatiques dans des espaces épicérehraux et épispinaux communiquant avec les vésicules ou cellules dites lymphatiques de la pie-mère, elle reste douteuse. La piemère rachidienne est en effet trop fortement appliquée sur la moelle pour qu'un liquide s'interpose au tissu de celle-ci et à la face profonde de la première. Il en est fie même de i'épendyme des troisième et quatrième ventricules, sous lesquels pourtant beaucoup de capillaires sanguins ont une gaine lymphatique. En outre, ni entre la substance nerveuse et ces membranes, non plus qu'au-dessous de la pie-mère ou ne retrouve des noyaux tels que ceux qu'on rencontre souvent abondamment dans la plupart des conduits périvasculaires de la pie-mère ou du tissu cérébro-spinal tant superficiel que profond.

Quant au passage et à l'étalement, au-dessous de la pie-mère, de l'injection poussée dans les lymphatiques entourant les capillaires, elle parait due à ce que, nue fois ces organes hors de la substance cérébrale, leur mince paroi se rompt plus facilement vers le point où, non soutenus par les tissus ambiants, ils passent de l'encéphale dans la pie-mère ou vice versa, que la matière ne continue son trajet dans ceux de ces conduits qui parcourent la pie-mère.

J'ai en effet constaté d'une manière positive l'existence de ces lymphatiques autour des vaisseaux sanguins de la pie-mère, ayant de 3 dixièmes de millimètre à un peu moins d'un dixième. Us ne s'y rencontrent pas autour d'un aussi grand nombre de ces conduits que dans le cerveau et I'épendyme ventriculaire, ni même que dans la moelle ; mais on peut les suivre sur la portion mtra-crànienne des nerfs. J'en ai suivi sur celle du glosso-p! laryngien, jusqu'à moins d'un demicentimètre de sa pénétration dans le trou déchiré postérieur.

Leur paroi est comme ailleurs hyaline, bosselée çà et là, ayant ses faces mterue et externe nettes et régulières : entre sa face interne et la tunique adventice plus ou moins nettement "^limitée du vaisseau sanguin on voit dans presque tous des noyaux ronds de leur contenu qu'on peut fau-e courir eu divers sens par pressions et relâchements alternatifs. On les voit aisément contourner les trabécules, sur

DÎCT. EKC. V S. in.

402 LYMPHATIQUE (akatomie).

ceux des plus gros de ces vaisseaux où il y en a d'étendus de l'adventice du conduit sanguin à la face interne de la paroi. Ces faits peuvent être constatés sans grande peine sur l'homme, le cliicn, le chat, le mouton, le veau et le lapin. Je suis donc porté à croire que ces vaisseaux vont se rendre dans les lymphatiques de la pie-mère décrits par Mascagni, pour sortir du crâne avec les racines nerveuses et les troncs sanguins.

Fohmann et Arnold, dit M. Sappey, ont injecté le tissu cellulan^e sous-arachnoïdion ; Mascagni a représenté des vaisseaux des membrones encéphaliques, qui offrent tous les caractères propres aux conduits de la lymphe, mais il n'indique pas d'une manière précise leur terminaison. Cette partie delà science réclame, par conséquent, de nouvelles recherches. (Sappey.)

Les vaisseaux décrits par Mascagni sont d'une si grande ténuité qu'il n'a jamais pu y introduire la pointe de son tube à injection. Us rampent, d'après lui, dans l'épaisseur de la pie-mère parallèLment auK artères et aux veines. Pour les voir, il faut injecter les artères avec de la gélatine ; si l'injection réussit bien, le liquide gélatineux pénètre par transsudatioti et on peut les reconnaitre à l'aide d'une loupe. A la surface de l'encéphale ils se distinguent en supérieurs et inférieurs. Les premiers se dirigent vers le sinus longitudinal supérieur, au voisinage duquel on cesse de pouvoir les suivre. Les lymphatiques inférieurs sortent du crâne par le trou occipital avec les artères vertébrales, par les canaux carotidiens avec les carotides internes et par les trous déchirés postérieurs avec les veines jugulaires internes. Mais Mascagni n'a pas pu suivre ces vaisseaux jusqu'à leur terminaison ganglionnaire, tandis qu'il a vu ceux de la dure-mère qui accompagnent les artères et les veines méningées moyennes sortir avec elles par les trous sphénoépineux et se rendre dans les ganglions accolés à la veine jugulaire interne. M. Sappey n'a p?s pu voir les lymphatiques de la pie-mère décrits par Mascagni, mais il n'ose révoquer en doute les faits que ce dernier affirme nettement, car jamais il n'a pu découvrir d'erreur dans le travail de Mascagni sur les lymphatiques.

En résumé, il résulte des faits précédents qu'autour des vaisseaux du tissu cérébro-rachidien et d'un certain nombre de ceux de l'épendyme et de la pie-mère il existe des conduits à paroi mince mais bien déhmitée et distincte du tissu lamineux, dans la cavité desquels sont totalement plongés les premiers depuis les capillaires jusqu'à ceux qui ont un peu moins de 1 millimètre de large. Ce faitlà n'est pas contestable et il est d'une vérilication facile. 11 est par conséquent de toute nécessité de tenir compte de ces dispositions anatoraiques.

La disposition des vaisseaux dits lymphatiques injectés par Mascagni en poussant de la gélatine dans les artères de la pie-mère porte à croire que ce sont bien ceux de ces conduits qui engainent certains des canaux sanguins de la pie-mèr& qu'il a eu sous les yeux et qu'il a suivis jusqu'au dehors du crâne.

Ces conduits, engainant les vaisseaux sanguins de la pie-mère et du tissu cérébro-rachidien, ne se jettent pas dans les espaces sous-arachnoïdiens, ni dans les ventricules, dont la sérosité non coagulable ne renferme aucun des noyaux sphériqnes qui abondent au sein du liquide des premiers.

Bien que ces noyaux soient analogues à ceux qui dans la lymphe sont appelée globulins, ils ne leur sont pas identiques et ds diffèrent des leucocytes proprement dits ; et cela sans parler de ce qu'ils sont plus nombreux dans celles de ces gaines périvasculaires, où il y en a, que dans quelque lymphatique que ce soit.

Il faut noter enfin les différences qui existent entre la gaîne si Licilement isoiable de ces conduits et celle des lymphatiques des autres parties du corps. Car

LYMPHATIQUE (anatomie). 405

ici elle est homogène, non striée, ni fibrillaire, tenace, à contours bien limités. De plus, elle s'isole aisémont des tissus ambiants, non-seulement dans la substance cérébio-rachidienne, dont lu consistance rend compte de ce fait, mais encore dans la pie-mère, ce qui n'a pas lieu pour les lymphatiques les plus petits, dont la paroi est représentée par une seule couche de cellules éjiithéliales.

Malgré cela, on ne voit pas que ces conduits puissent être autre chose que des lymphatiques ; car autrement ils constitueraient un quatrième système vasculaire dont l'aboutissant et la nature resteraient à déterminer à côté des systèmes lymphaliqucs, artériel et veineux.

Mais il faut reconnaître aussi qu'avant d'être absolument sûr que ce sont là dos lymphatiques, il reste encore à les suivre depuis leur origine, qui e«t connue, iusqu'aux troncs efférents qu'ils forment en se réunissant, et à déterminer le trajet de ceux-ci jusqu'à leur terminaison ganglionnaire, comme on l'a fait pour toutes les autres portions du système lymphatique. Car depuis Mascagni on a toujours reconnu que nul conduit lymphatique ne se jette dans le canal thoracique ou dans la grande veine lymphatique droite sans être distribué dans un "anglion au moins et l'avoir ainsi traversé.

Si jamais cette solution est donnée, il faudra nécessairement retrancher les vaisseaux lymphatiques encéphalo-rachidiens du nombre de ceux qu'on a voulu faire naître de la cavité de cellules étoikes à prolongements anastomosés (Toichiiiann), de cellules ou de noyaux du tissu conjonctif, de lacunes interstitielles, de canalicides plasmatiques avec ou sans corpuscules ou noyaux du tissu connectif (Recklingliausen, etc.). {Voy. Méninges.)

2. Vaisseaux lymphatiques de la peau et des muqueuses derm.o-papillaires ou à épithelium pavimenteux. Les réseaux d'origine des lymphatiques cutanés existent particulièrement sur la peau de la ligne médiane de la tète et de la face sur les faces latérales du nez et des oreilles, sur les lignes médianes antérieure et postérieure du tronc, sur le pourtour de la bouche, des lèvres, des narines, de la vulve et de l'anus, sur les grandes lèvres, le gland et le prépuce, sur la partie moyenne du scrotum, sur la peau du sein, et sur les parties latérales du thorax. On voit aussi de riches l'éseaux sur les parties postérieures des membres abdominaux et thoraciques ; mais c'est surtout aux extrémités, sur la face palmaire et les côtés des doigts, des dernières phalanges particulièrement, sur la plante des pieds et la paume des mains qu'on voit les plus beaux réseaux. 11 en nait également, mais en petite quantité, sur la partie antérieure de l'avant-bras, de la jambe et de la cuisse et sur les joues. (Sappey.) Ces réseaux occupent une étendue déterminée et constante dans chaque partie du corps. Ces régions sont dites lieux d'élection par les anatomistes.

Sur les muqueuses dermo-papillaires ou à épithelium pavimenteux on trouve de riches réseaux à la surface du gland et du prépuce, de l'urèthre, de la muqueuse vaginale et du col utérin, des muqueuses gingivale, palatine, y compris le voile du palais, et toute la muqueuse linguale y compris ses papilles, ainsi que

celle de l'œsophage.

Dans toutes ces régions, l'examen des lymphatiques injectés au nitrate d'argent et observés par des coupes transparentes montre nettement qu'ils ne siègent pas absolument à la surface du derme au-dessus des réseaux sanguins, comme leur injection avec distension exagérée par le mercure le faisait croire. Teichmann et Belajeff (de Saint-Pétersbourg) ont bien démontré que le réseau capillaire sanguin, représenté par la totalité de ces conduits qui se distribuent dans les papilles, est

404 LYMPHATIQUE (anatomie).

dans son ensemble toujours superposé aux lyuipliatitjues d'oriyinc qui par leur ensemble aussi forment le réseau tégumentaire le [ilus superficiel. En outre, aucun des prolongements en cul-de-sac droit ou courbe, qu'on voit çà et là sur certains de ces capillaires lynipliatiques, ne pénètre dans les papilles. Ils rampent plus on moins loin selon leur longueur à peu près parallèlement, un peu au-dessous de la base des papilles et de la substance superficielle du cboriou dermique qui s'étend de l'uneà l'autre à la base de ces papilles {voy. fig. 1). Les plus voisins des cellules éj)itbéliales profondes en sont encore écartés par une épaisseur de 1 -i 2 centièmes de millimètre et plus de la substance du derme. Pourtant Belajefi note que quelques lymphatiques de la muqueuse urétlirale vont jusqu'à la superficie même de celles-ci, de manière à toucher les cellules épithéliales polyédriques dans l'intervalle des papilles, à leur base. 11 en est ainsi également sur les parties de la peau des lapins dont le derme est très-mince.

Dans cette muqueuse même les lymphatiques, bien qu'entre-croisés avec les capillaires sanguius tendent, si on les considère dans leur ensemble, à se rapprocher de l'épi théhum plus que les vaisseaux; sanguins, contrairetnent à ce qui a lieu pour la peau. (Belajeff.) Dans celle-ci et au gland les tubes anastomosés formant les mailles sont tous plus ou moins flexueux, et la convexité de celles-là est généralement tournée vers la couche épidermique de la peau.

De ces cajnllaires ainsi anastomosés vers la surface du derme, se détachent de petits conduits ou troncules qui passent entre les gros foisceaux élastiques du derme pour s'anastomoser ensuite à leur face profonde. Il résulte de cette disposition, depuis longtemps bien connue, que l'enveloppe tégumentaire, ainsi que l'ont noté MM. Bonamy et Sappey, se trouve en quelque sorte comprise entre deux ri'soaux : l'un est superficiel, mais immédiatement sous-papillaire et non peri-papillaire, comme semblent le montrer les injections mercurielles, et l'autre est profond et sous-dermique. C'est de ce dernier que partent les vaisseaux on troncs cpii rampent dans l'épaisseur des tissus lamineux sous-dermique et sousmuqueux, et qui généralement accompagnent de bonne heure les grands rameaux sanguins. Ces réseaux, comme le remarque M. Sappey, sont presque contigus sur les téguments minces, comme ceux des grandes lèvres, du gland et de l'urèthre. Le passage des tubes capillaires lymphatiques limités par une seule rangée de cellules épithéliales (abords plus ou moins crénelés ou engrenés) à l'état de conduits collecteurs, a été bien décrit par Belajeff, et je l'ai souvent vérifié sur les nombreuses préparations qu'il m'a remises, ainsi que sur celles de M. Legros, et sur celles que j'ai faites. Il se manifeste par la présence d'une rangée circulaire de fibres lamineuses et élastiques dont l'arrangement a pour axe ou centre la couche suintante ci-dessus des cellules épithéliales. On n'en trouve d'abord que çà et là avec un intervalle plus ou moins considérable entre elles, et seulement autour des conduits qui ont plus d'un dixième de millimètre. Elles sont disposées tant circulairement qu'en spirales ; elles deviennent de plus en plus voisines les unes des autres, plus serrées en croisant perpendiculairement la direction de l'axe du vaisseau dont elles couvrent enfin complètement la tunique épithéliale en lui formant une vraie tunique externe {voy. fig. 2). Les conduits du réseau lymphatique sous-cliorkl sont déjà presque tous ainsi constitués, et sur chaque tronc plus ou moins variqueux qui en part, on commence à distinguer des fibres musculaires lisses entre les fibres lamineuses, formant avec elles une sorte de bandelette circulaire qui commence à masquer les cellules épithéliales qui la tapissent intérieurement. Les fibres élastiques droites ou flexueuses ne sont pas encore con-

LYMPHATIQUE (a.nato.mie). 405

tiguës, et par la manière dont elles réfractent ki iuimèro, elles simuleatdes fentes perpendiculaires à l'axe du vaisseau dans l'épaisseur de la couche pr^jcédente.

Rien de plus manifeste que l'exacte délimitation des plus petits capillaires lymphatiques de toutes ces régions (0""",05 à 0""",0i) par une couche continue de cellules épithéliales qui sépareut absolument la cavité du conduit du tissu ambiant et dont l'azotate d'argent rend la substance et les contours d'une fra|ipante netteté .

Rien de plus manifeste sur ces capillaires aussi bien que sur les plus petits troncs qui rampent dans le tissu lamineux sous-jacent, que l'absence de toute communication de leur cavité avec de T^rétenàns canalicules plasmatiques dépourvus d'épitliélium, sans paroi propre , purement interstitiels, qui contiendraient des noyaux, de tissu lamineux ou noyaux enibryo-plastiques, et seraient la véritable origine des lymphatiques.

Rien de plus net que les dispositions anatomiques précédentes concernant la formation graduelle et première d'une tunique propre à l'extérieur de la tunique épithéliale des capillaires lymphatiques qui, avec l'augmentation de diamètre de ceux-ci, les fait arriver àl'état de conduits collecteurs ou lymphatiques proprement dits et qui sont des plus importants eu raison de leur généralité. On les constate en effet encore dans les muqueuses, le testicule, le foie, le rein, et plus nettement encore dans les séreuses que dans les autres organes ; aussi les indications précédentes suffiront pour nous éviter de rejeter cette description. {Voy. Peau et

McQCEUsES.)

5. Des vaisseaux lymphatiques des muqueuses proprement dites OM muqueuses à epithélium prismatique. Les lymphatiques de la muqueuse utérine de la femme n'ont jamais été injectés d'une manière tout à fait démonstrative. Ceux de la muqueuse nasale ont été injectés par M. Cruveilhier, et, plus !ard, par Simon et Sappey ; les troncs qui en partent vont les uns aux ganghons soussterno-mastoïdiens et les autres au ganglion rétro-pharyngien supérieur. La muqueuse vésicale en manque. (Sappey.)

Ceux de la muqueuse trachéale et bronchique, injectés par M. Sappey, forment un réseau superficiel de très-tins conduits à mailles étroites dont les conduits collecteurs suivent les espaces inter-cartiiagineux pour traverser la portion membraneuse et se jeter dans les ganglions pulmonaires et trachéens.

La muqueuse de la vésicule du fiel possède aussi un réseau superficiel de capillaires volumineux formant de larges mailles et dont les vaisseaux collecteurs se rendent à un ganglion lymphatique dans le voisinage du col de l'organe.

On sait depuis longtemps que les lymphatiques du tube digestif sont disposés sur deux plans bien distincts, quoique largement anastomosés au travers de la tunique musculeuse, les lymphatiques sous-séreux et les cliylifères proprement dits, anastomoses formées par les conduits efférents de ces dermers. Ceux-ci sont euxmêmes divisés en deux couches, disposition déjà indiquée pas Panizza et figurée par Bonamy : l'une (réseau profond de Teichmann) est appliquée à la face profonde de la muqueuse ; l'autre (réseau superficiel) est dans l'épaisseur même de la partie superficielle de cette membrane; elles sont d'ailleurs réunies par des branches anastomotiques ou mieux efférentes de celle-ci par rapport à l'autre.

Le réseau intra-muqueux superficiel de Teichmann s'étale simplement en surface dans l'estomac et le gros intestin en donnant presque toujours une maille circulaire autour de chaque orifice glandulaire; mais, dans l'intestin grêle, il reçoit à la base de chaque villosité un vaisseau chyliière central, fermé en cul-desac. Ce cul-de-sac, tourné du côté libre de la villosité, est séparé de la cavité La-

406 LYMPHATIQUE (anatomie).

testinale par une épaisseur de substance variant de 0""",03 à 0""",05.

Le chylifère central a une paroi propre et fermée ; son diamètre est de 0mm 027 ^ 0'""',056, et reste le mcme dans toute la villosité. Quelquefois il se divise en montant vers le cul-de-sac en une ou plusieurs brandies distinctes; d'autres fois il y a un véritable réseau avec un canal central, et la richesse eu lymphatiques esten rapport chez l'homme avec la grandeur de la villosité. Dans les vilîosités foliacées, un conduit qui a commencé par être simple et plus ou moins aplati au sommet de la villosité, est souvent divisé en deux ou trois branches, à compter du milieu de celle-ci, branches qui se rendent au réseau superliciel de la muqueuse. D'autres fois il reste simple, large et aplati dans toute son étendue et communique avec le réseau précédent par un conduit plus étroit. Dans ces villosités et dans celles qui sont coniques ou en massue, ce prolongement ou cul-de-sac lymphatique est souvent en forme de massue allongée, amincie à ses deux extrémités, ou lobé du côté du sommet de la villosité, et il communique avec le réseau superficiel par un canal plus étroit que lui-même. Dans tous les cas, ces capillaires lymphatiques sont séparés de la surface libre de la muqueuse par le réseau des capillaires sanguins.

Quelles que soient les variétés d'aspect que ces dispositions, diverses d'une villosité à l'autre, donnent à ces parties dont les lymphatiques ont été injectés avec la solution d'azotate d'argent, il est certain que ces conduits sont constitués comme les capillaires lymphatiques de la peau et leurs prolongements ou culs-de-sac latéraux dont il a été question plus haut. Récemment encore j'ai pu constater que les figures et les descriptions de His à cet égard sont exactes; c'est-à-dire que ces prolongements en caecum du réseau superficiel dans les villosités sont comme les conduits de celui-là très-nettement limités ; mais par une couche unique de cellules épithéliales, à bords ondulés et engrenés, sans perforations ni stomates, mais aussi sans aucune paroi sj)éciale à l'extérieur de cet épithélium. La surface extérieure de ce revèlement épithélial est en effet directement appliquée contre la substance propre de la villosité, très-riche en petits noyaux sphériques et ovoïdes dits corpuscules lymphatiques par quelques auteurs, avec matière amorphe interposée, dans laquelle ramjîent les cajiillaires du réseau sanguin.

Quant à l'existence d'orifices béants ou bouches absorbantes à l'extrémité de ces conduits, il n'y a plus lieu aujourd'hui de la discuter en présence dis faiis précédents et surtout des injections de Frey, de Krause et tant d'autres. Il en est de même pour ce qui touche la communication de ces prolongements lymphatiques, tant avec des interstices ou fentes contenant des noyaux embryoplastiques ou du tissu cellulaire, ou avec les cavités de cellules étoilées, ou encore soit avec la cavité même des cellules épithéliales, soit avec leurs insterstices. Carenîrele fond du cul-de-sac lymphatique et la superficie même de la substance de la villosité à laquelle adhèrent les cellules épithéliales de l'intes'in, on voit toujours une épaisseur de cette substance qui varie de l'une à l'autre des villosités de trois à six centièmes de millimètre. C'est dans celte épaisseur qu'on parvient souvent à distinguer les vaisseaux non injectés, et qu'on les voit aisément quand ils sont pleins.

D'après Frey, dans les plaques de Peyer, les bourrelets qui sont recouverts de villosités présentent la même structure que le reste de la muqueuse de l'intestin grêle du lapin et renferment une assez forte proportion des noyaux dits cellules lymphatiques. Des glandes en tubes y sont disposées çà et là à différentes profondeurs de même que des vaisseaux chylifères ou lymphatiques de forme et de diamètre variable. Sur une coupe horizontale un peu plus profonde on peut apercevoir

LYMPHATIQUE (a.xatomie). 407

le sommet du follicule clos recouvert d'i-pilliélium, qui s'élève au centre d'une sorte d'anneau. Des coupes encore plus profondes montrent la même disposition : mais alors des parties latérales, des follicules partent des prolongements plus ou moins nombreux et volumineux qui les unissent avec le tissu muqueux voisin faisant partie du bourrelet. La structure de ces prolongements est d'ailleurs la même que celle des parois folliculaires; aussi la transition du follicule à la muqueuse n'est-elle que peu distincte. Plus prolondénient les limites des follicules disparaissent dans un tissu contenant des noyaux dits cellules lymphatiques comme les follicules. Dans les coupes transversales un peu profondes on rencontre un grand nombre de vaisseaux lymphatiques qui entourent les follicules et qui distinguent ainsi ces corps du tissu avoisiriant, malgré l'union qu'ils affectent avec lui. Plus proloiidément enfin on peut apercevoir la base arrondie des follicules qui deviennent alors tout à fait distincts les uns des autres.

Des canaux lymphatiques plus ou moins larges entourent le follicule et sont ■disposés ejuelquefois circulairement aulour de lui, mais forment plus fréquemment autour de sa base un simple arc plus ou moins long. Les follicules voisins sont souvent unis les uns aux autres par des prolongements ; d'autres prolongements semblables s'étendent aussi quelquefois depuis les follicules jusqu'à la portion profonde de la couche interfolliculaire.

Pour résumer donc ce qui a été dit jusqu'ici, on peut distinguer premièrement, le sommet du follicule, secondement le tissu constitué par la confusion des i'ollicules les uns avec les autres, que Frey appelle substance unissante, troisièmement enfin, la base des follicules entourée d'un canal circulaire lymphatique.

Le sommet du follicule clos offre en moyenne une hauteur de 0,25 — 0,5'" et même davantage : la substance unissante mesure 0,1 — 0,125 ou 0,15'" tandis que la base présente sur une largeur movenne de 0,25'" une hauteur de 0,1 — 0,125'"— 0,15"'. (H. Frey.)

Voyons maintenant les résultats auxquels conduit l'examen des injeclions vas- «ulaires.

De petits rameaux artériels (mesurant 0,01 — 0,02'") pénètrent depuis le tissu connectif sous-muqueux, dans la muqueuse elle-même et y forment un réseau artjriel dont partent de petites branches qui tantôt suivent un trajet horizontal autour de la base du follicule, tantôt pénètrent dans les follicules nus en suivant un trajet vertical. Dans les endroits oii la substance unissante s'étend jusqu'à la couche sous-muqueuse les petits vaisseaux artériels prennent une direction transversale, pour aller constituer les vaisseaux des glandes de Lieberkidm et des villosités qui surmontent les proéminences delà muqueuse.

Mais les branches artérielles dans tout leur trajet à travers la substance unissante envoient des ramuscules aux follicules qu'elles avoisinent. Les tollicules reçoivent donc les rameaux artériels provenant de deux sources :1° par leur base, des rameaux sous-muqueux; 2° par leurs parois latérales, des ramuscules naissant d s artères de la substance unissante. Arrivés dans le folUcule,les artérioles forment le réseau capillaire bien connu qui s'y trouve. Remarquons cependant -que plusieurs travaux lécents décrivent une partie centrale privée de vaisseaux ce qui serait uns erreur d'après les injections de Frey ; l'auteur, e:\ eifet, qui a <léjù obtenu avec Ernst, il y a plusieurs années, des pièces très-bien injectées, et qui a répété depuis lors cette observation a pu remarquer sur des coupes horizontales un réseau capillaire très-fin qui se dirigeait sans interruption jusqu'au centre des follicules clos. C'est là que se forme le réseau capillaire qui donne des madles

408 LYMPUATIQUE (anatomie).

dans toute l'épaisseur de ce dernier, quand son sommet devient plus pomtu et plus proéminent, on peut voir que les vaisseaux se dirigent davantage du côté de son axe longitudinal. Les veines qui nalsseni du réseau occupant les bourrelets muqueux qui entourent les follicules se jettent dans des rameaux perpendiculaires; ceux-ci reçoivent bientôt aussi les veinules de la substance unissante et celles des follicules eux-mêmes D'autres veinules naissent de la base des follicules et se rendeuL dans les vaisseaux sous-muqueux.

Quant aux vaisseaux chylifères, ils sont remarquables par leur abondance, et par leur complication qui tranche avec la simplicité relative de ceux de la muqueuse voisine dépourvue de follicules clos.

Les chylifères très-développés et atteignant une largeur de 0,025 — 0,05050'" pénètrent en grand nombre dans les villosités et s'unissent les uns aux autres en formant des arcs. 11 résulte de la conicité des bourrelets muqueux que les vaisseaux chylifères convergent les uns vers les autres, communiquent ensemble en plusieurs endroits. Ils mesurent 0,01 — 0,00167"'. Puis ces vaisseaux descendent dans la nlas^e unissante pour y constituer un réseau irrégulier et formé de vaisseaux qui se dirigent vers la profondeur; et suivant que la niasse unissante se termine dans la muqueuse elle-même, ou qu'elle se prolonge, plus bas jusqu'à la couche sous-muqueuse, ces vaisseaux s'ouvrent dans le canal circulaire entourant la base des follicules ou dans les canaux lyniphati(jues sous-muqueux dans lesquels ils se réunissent aux vaisseaux lymphatiques propres des follicules.

La base du follicule clos se trouve ainsi entourée d'un canal tantôt assez large et mesurant jusqu'à 0,01667 — 0,025"', tantôt moins considérable mesurant 0,01'", ainsi que de nombreux vaisseaux qui forment un réseau incomplet dans le voisinage du follicule {g, n). Tous ces conduits lymphatiques sont simplement limités par du tissu conneclif, de la même façon que ceux du reste de la muqueuse.

Les coupes horizontales des plaques de Peyer faites au niveau de la couche unissante font voir un véritable réseau de lymphatiques, interrompu, il est vrai, par places, qui entoure leurs follicules clos, mais ces vaisseaux appartiennent à la substance interfolliculaire et ne pénètrent, pas les follicules eux-mêmes.

Faites au niveau de la base des follicules clos, les coupes horizontales montrent, tantôt un canal circulaire continu entourant cette base, et interrompu simplement au niveau des prolongements qui unissent les follicules les uns avec les autres, tantôt un véritable réseau rem[ilaçant le canal lymphatique circulaire unique

Nous pouvons conclure de ce que nous avons dit jusqu'à présent, que le sommet du follicule est privé de vaisseaux lymphatiques, tandis que sa partie moyenne est entourée de nombreux vaisseaux de cet ordre et que sa base est complètement baignée dans la lymphe.

Une pression un peu forte peut faire pénétrer les injections jusque dans la substance même du follicule clos, c'est ce qui explique, pour Frey, la pénétration des molécules de graisse pendant l'absorption du chyle, et plus d'un observateur a remarqué la réplétion du canal circulaire par du chyle gras.

Le sommet du folhcule recouvert d'un épithéhum prismatique, qui plonge dans l'intestin, doit, d'après Frey, permettre la pénétration des molécules de chyle de la même manière que cela arrive pour les villosités et les parties de la mui^ueuse qui les entourent.

LïMPHATIUUE (anatomiej. 4o9

Dans l'appendice cicciil du lapin, au-dessous de leur base, les follicules se confondent avec la muqueuse avoisinante ainsi qu'avec les follicules clos voisins (fig. i , k) . Le tissu muqueux prend tout à fait à ce niveau le caractère folliculaire. La liauteur de cette couche unissante est en moyenne de 0,05 — 0,07o"'.

Au-dessous commence ce que His appelle la semelle du follicule où se trouve le vaisseau lymphatique entourant circulairement le follicule en le séparant du follicule voisin.

Au niveau de l'origine dilatée du circuit lymphatique, on remarque une saillie mamelonnée qui se continue eu haut avec les saillies de la muqueuse et en bas avec la substance iiiterlolliculaire.

La hauteur de ces saillies varie entre 0,06 — 0,075 — 0,05'", la largeur entre 0,06 — 0,075 et 0,7'". Elles paraissent par conséquent tantôt larges et aplaties, tantôt minces et allongées.

Au-dessous des mamelons le follicule s'élargit et atteint une largeur de 1/5 — 1/4'" et représente un ovale dont la longueur est généralement de l/ô'", les follicules se trouvent séparés les uns des autres par le circuit lymphatique, mais eu bas, des communications se font entre les divers follicules et avec le tissu sousmuqueux au moyen de prolongements infdtrés de cellules lymphatiques, ce qui rappelle la disposition existant dans l'déum.

Ainsi, au sommet, les follicules sont isolés les uns des autres, ils se confondent eu grande purtie dans leur partie moyenne. Dans la plus grande portion de leur extrémité inférieure, ils sont de nouveau isolés tandis que vers la base ils se réunissent les uns aux autres et au tissu sous-muqueux : autant de particularités qui existent dans les petites plaques de Peyer de l'intestin grêle du lapin.

La largeur du lymphatique circulaire, qui représente assez bien la disposition des lymphatiques dans les sinus d'un ganglion, est plus considéndale à son origine, car en bas, le canal n'est pas partout constant et est fort souvent modifié dans sa disposition. Frey estime sa largeur à 0,01 — 0,015 — 0,02'", et à 0,02 — 0,05'".

Les coupes horizontales confirment les résultats donnés par les coupes verticales. A la hauteur, sur des pièces non injectées, on n'aperçoit qu'un tissu folhculaire, taudis qu'avec des injections on peut obtenir la distribution des vaisseaux sanguins et lymphatiques sur les limites des follicules arrondis et entourés d'un canal circulaire qui les sépare les uns des autres. D^s coupes encore plus profondes nous font voir les mêmes canaux lymphatiques circulaires, mais interrompus en plusieurs endroits par des prolongements unissant les follicules les uns aux autres.

Quant aux vaisseaux sangums, on peut voir sur des coupes longitudinales injectées qu'ils pénètrent dans la base du follicule et peuvent être distingués en artères et en veines, distinction facile si on injecte ces deux ordres de vaisseaux avec des couleurs différentes ; les artères mesurent 0,01 — 0,0125 — 0,0175 et 0,03"'; les veines, 0,0125 — 0,0575 et 0,0075'" de diamètre.

Les ramuscules artériels arrivés dans le follicule gagnent généralement la péripliérie en suivant un tmjet ascendant sur les bords du follicule, de petits rameaux gagnent la partie médiane et constituent un lacis de capillaires de 0,00205 ^ 0,00255—0,00351'".

Quant aux lymphatiques de l'appendice vermiformc du Lpin, on voit des canaux dont les plus considérables varient entre 0,075 — 0,045 — 0,057'" de diamètre, se rendre depuis le tissu sous-muqueux jusqu'à la base des follicules»;

410 LYMPHATIQUE (anatomie).

qu'ils viennent entotn-er circuhiircmenl. Mais, comme dans cette portion de l'intestin la moitié inlérieurc du l'ollicule, conmie nous l'avons remarqué plus liaut, ne présente pas de parois propres et n'est unie aux follicules voisins que par ces canaux circulaires contenus dans la muqueuse, les injections deviennent trèsfaciles et pénètrent très-bien dans le canal circulaire.

Si l'injection est parfaite, on voit d'abord, sur les coupes verticales, que chaque branche latérale du canal vient se subdiviser en une multitude de plus petits canaux (mesurant 0,01'", quelquefois le double), dont les uns traversent l'excroissance et dont les autres se rendent dans la substance intra-. follii ulaire ; d'autres enfin dans la portion rétrécic du follicule. C'est ainsi qu'il s'établit un riche réseau capillaire avec des anastomoses fort nombreuses. Les mailles sont en moyenne 0,05 — 0,025'" , les caiialicules lymphatiques de 0,00835 — 0,01'". Sur des coupes verticales tout ce réseau lymphati-

que présente une h luteur de j ^, et l'on peut voir qu'une partie des

lymphatiques supérieurs se terminent en cul-de-sac. (Frey.)

Quelques-uns traversent l'excroissance mamelonnée et vont prendre dans les

bourrelets muqueux que Bôhm nomme vaginales. Là, ces canaux montent ver-

1 1"' ticalemont, pendant environ — — j— en se divisant ou non en deux ou trois

branches et donnent seulement de rares ramuscules qui s'en détachent à angles aigus, et présentent un diamètre de 0,01 — 0,0125 et rarement 0,02"'.

Vers le milieu environ du sommet du follicule, ce canal, en s'élargissant, forme une VI rit djle chambre ; il en part des canalicules latéraux qui vont s'anastomoser dans le voisinage avec d'autres vaisseaux semblables et forment ainsi un riche réseau. Les rameaux supérieurs, c'est-à-dire ceux qui deviennent horizontaux dans la couche la plus superficielle de la muqueuse, semblent être les plus larges et peuvent atteindre la dimension de 0.025 — 0,04'". Leur éloignement de la couche ép théhale de la muqueuse peut atteindre jusqu'à 0,01'".

Examinons enfin les lymphatiques de l'appendice les plus voisins du caecum. Les coupes verticales injectées nous démontrent ce qui suit, d après Frey :

La moitié inférieure seule du follicule, qui devient plus profond, est entourée du canal circulaire, au-dessus duquel on voit, sur une coupe horizontale un peu profonde, le tissu interfolliculaire et les follicules confondus qui le pénètrent et qui s'étendent de l'intérieur des bourrelets muqueux jusqu'aux culs-de-sac des glandes en tubes.

L'injection, après avoir rempli le canal lymphatique circulaire, se prolonge dans le sinus lym; hatique qui entoure la substance unissante comme dans les autres portions de l'appendice vermiforme. De là s'élèvent, dans les bourrelets muqueux, quelques canaux verticaux qui s'élargissent de plus en plus en gagnant la couche superficielle, sans cependant prés Miter jamais un aussi grand développement dans Ja couche muqueuse superficielle, que cela ne se voit dans les autres portions de l'appendice. Ces vaisseaux se recourbent plutôt en anse au-dessous de la couche superficielle delà muqueuse qui }»résente, au-dessus d'eux, le même réseau horizontal que partout ailleurs.

Les lymphatiques qui prennent naissance dans le canal circulaire traversent les couches sous-muqueuses et musculaires et parviennent ainsi dans le tissu sous-séreux où ils constituent un éléga.it réseau de vaisseaux présentant des nodosités et des valvules. Leur diamètre varie de 0,02 — 0,0b'". lisse voient

LYMPHATIQUE (anatomie). 411

très-bieu sur des coupes liorizontales, mieux auisi que sur des coupes verticales.

La terminaison des lymphatiques qui émergent des follicules isolés de l'iléus, décrits précédemment, se fait de la même façou. (l rey.)

D'après Frey, aussi, chez le chat, la partie la plus élevée du caîcum présente une surface lisse, tandis que l'on voit s'élever, des parties un peu plus inférieures, des villosilés, tantôt pstites et peu élevées, tantôt longaos et grêles.

Au-dessous de la nmqueuse propre et des culs-de-sac glandulaires qui vont

jusque près de ses limites, se voit la couche musculaire de la muqueuse qui

atteint jusqu'à une épaisseur de 0,025'". Au-dessous de cette couche est disposé

le tissu sous-muquenx, garni de cellules, qui offre l'épaisseur ordinaire de -j—

C'est dans ce tissu qu'est située la base élargie des follicules de Peyer, qui occupent les 2/5 ou les 5/i de >on épaisseur, généralement séparés le uns des autres par des interstices bien visibles. Ces interstices peuvent n'atteindre que 0,01'", mais d'autres vont jusqu'à 0,025 — 0,1'". La forme de la base des follicules est ordinairement allongée et arrondie, mais ils peuvent offrir des vai iétés assez nombreuses. Entre les gros follicules enfermés profondément dans la couche sousrauqueuse, il peut s'en interposer de plus petits, tant au point de vue du diamètre qu'à celui de la longueur, en haut à l'endroit où le follicule n'offre qu'une largeur de 0,05 — 0,r", ils se continuent les uns sur les autres en sorte que, là aussi, on retrouve une couche de substance unissante.

L'injection des vaisseaux lymphatiques jusqu'à leui-s terminaisons est très-difficile. De la couche nmsculaire partent de petits rameaux mesurant environ 0,0125 — 0,01667'" qui traversent plus ou moins perpendiculairement la partie inférieure de la couche sous-muqueuse. Ces rameaux, en s'anastomosant les ims aux autres, viennent former un réseau horizontal à mailles polyédriques, de di verses dimensions, formés de vaisseaux d'un diamètre généralement peu considérable et qui présentent des élargissements au niveau de leurs nœuds. Généralement on peut en distinguer un autre plus superficiel constitué par des vaisseaux plus considérables. Ces deux réseaux communiquent au moyen de branches perpendiculaires, qui sont très-bien visibles sur des coupes verticales.

On peut voir de même que le réseau superficiel s'étend sur la base des follicules et entoure souvent cette base de raniilications qui prennent l'aspect caverneux.

Au lieu de constituer un canal circulaire unique entourant le follicule, comme dans les plaques de Peyer que nous avons étudiées jusqu'ici, ces vaisseaux forment autour de la base et de la périphérie des follicules un véritable réseau de lymphatiques présentant des mailles tantôt larges, tantôt serrées : et si les foUicules voisins sont séparés par une couche un peu épaisse de tissu connectif, ce réseau prend alors son plus grand épanouissement. Ces réseaux communs à deui follicules voisins s'unissent mutuellement par de nombreuses anastomoses. Si les deux follicules voisins sont au contraire très-rapprochés l'un de l'autre, le réseau qui les entoure diminue de richesse et sa disposition se rapproche davantage de celle du canal circulaire ; mais jamais Frey n'a rencontré un canal circulaire unique comme dans l'appendice vermiculaire du lapin.

Le réseau lymphatique se rend en haut dans la substance unissante des follicules; se rassemble en canaux uniques qui traversent la couche musculaire de la muqueuse et se rendent enfin dans la muqu-'use propre. Ces rameaux montent

412 LYMPHATIQUE (anatomie).

entre les glandes en tubes pour se rendre dans la couche superficielle, où ils se com[)orlent un peu différemment selon les cas.

Si cette couche est lisse, ils s'y ramifient horizontalement. Si, au contraire, la muqueuse est garnie de villosités, il part, de ce réseau horizontal, sous chaque villosité, un canal chyliière qui suit son axe et qui remonte plus ou moins haut dans son intérieur.

Nous avons donc retrouvé encore dans les follicules de Peyer du chat un système de vaisseaux lymphatiques alférents et un système de vaisseaux efférents avec une modification dans le canal circulaire qui devient ici un véritable réseau. {Voij- Muqueuses.)

4. Des vaisseaux lymphatiques des séreuses, des synoviales et du tissu lamineux. Il n'y a pas lieu de revenir ici sur ce que nous avons dit des lymphatiques du tissu lamineux. {Voy. Lamineux, p, 240.) 11 faut seulement rappeler que dans l'état actuel de la science ce tissu est assez bien connu pour qu'il soit inutile de discuter la question de savoir s'il est entièrement formé de lymphatiques. Il est également tout aussi nettement démontré que les séreuses, les synoviales et la membrane interne des vaisseaux, ne sont pas exclusivement constituées de lymphatiques.

Mais d'autre part les injections des lymphatiques avec les solutions d'azotate d'argent et avec des matières colorantes liquides autres que le mercure permettent de constater, de la manière la plus nette, que, dans la trame même des séreuses, il existe des capillaires lymphatiques anastomosés en réseaux d'origine, comme il y en a dans la peau et les muqueuses.

Si les organes auxquels elles adhèrent possèdent aussi des réseaux lymphati» (|ues d'origine distincts des leurs, elles n'en sont pas dépourvues, et ce n'est pas de ceux-là exclusivement que naissent les conduits qu'on injecte en piquant ces membranes, contrairement à ce qu'ont pensé quelques anatomistes. Ce fait est du moins démontré pour toutes les séreuses à l'exception de l'arachnoide, de la plèvre et des synoviales, tant articulaires que tendineuses.

Sur ces membranes comme sur les précédentes les réseaux sont plus serrés dans certaines régions que dans d'autres, et par places même ils semblent ne pas exister. Gommera fait remarquer M. Sappey, c'est particuHèreraent dans le feuillet viscéral de toutes les séreuses qu'on injecte le plus facilement les lymphatiques à l'aide du mercure et c'est là aussi qu'on trouve les réseaux les plus riches quand on les injecte à l'aide de la solution d'azotate d'argent ou avec la glycérine et l'eau colorée au carmin, etc.

L'endocarde proprement dit, celui des ventricules surtout, les valvules auriculoventriculaires et sigmoïdes ne font pas exception aux dispositions qui viennent d'être notées. II est manifestement des lymphatiques qui viennent du tissu musculaire du cœur, mais Eberth et Belajeff ont montré qu'ils y sont moins abondants que dans la séreuse. Il y en a dans la trame même de l'endocarde et du péricarde tant pariétal que viscéral, quelque mince qu'elle soit, lis sont placés très-superficiellement par rapport à la couche épithéliale de ces membranes; épithéliums que touchent certains conduits (fig. 4, i) ou certaines de leurs varicosités.

On ne peut douter que les conduits collecteurs, qui sortent de la pointe des deux ventricules entre les faisceaux tourbillonnes pour se réfléchir ensuite de bas en haut dans les sillons antérieurs et postérieurs, ne viennent de ces réseaux d'origine aussi bien que des couches musculaires profondes dont on les disait provenir exclusivement, mais à tort. ,

Dans l'endocarde (fig. 4) les réseaux lymphatiques d'origine, sans être irrégu-

LYMPHATIQUE (anatomie). 4J5

llers, sont inégalement serrés sur des points très-voisins les uns des autres; c'est-à-dire que là les mailles sont étroites, plus ou moins circulaires e, ayant de \nie à trois fois la largeur des vaisseaux qui les circonscrivent, et près de là elles

Fig. i. — Vaisseaux lymphatiques (c^ milieu des valvulrs semi-lunaires de l'artère pulmonaire de la ■ïarhe, d'après une injection faite par Belajcff. a, b, c, d. Capillaires lymphatiques de calibre différent, limitant des mailles déformes diverses, plus ou moins allongées, e, f, g, Mailles arrondies ou ovalaires. h, Capillaire des plus petit, t, Épithélium de l'endocarde en un point où il touchait les lymphatiques. Grossissement 90 diamètres environ.

sont plus ou moins irrégulièrement quadrilatères allongées d, et environ trois à quatre fois plus larges. Les conduits limitants sont par places très-^nduleux, ils n'ont pas, à proprement parler, de nombreuses varicosités, mais on voit souvent quelques mailles très-étroites à côté d'autres beaucoup plus larges et situées sur le même plan. Les unes et les autres peuvent être limitées par des capillaires larges de deux à trois centièmes de millimètre communiquant avec des conduits qui ont un dixième de millimètre et plus, tout en présentant les uns et les autres la même structure, c'est-à-dire en n'ayant pour paroi qu'une seule rangée de cellules épithéliales à contours nets et très-exactement juxtaposés.

Beaucoup de ces conduits présentent une expansion en doigt de gant à extrémité arrondie, plus longue que le vaisseau n'est large.

Dans l'épaisseur du péricarde on trouve des dispositions analogues ; mais les capillaires, en f^énéral un peu plus larges, y présentent des varicosités plus nombreuses, plus grosses et plus irrégulières, tandis que dans le réseau sousiacent qu'on n'obtient qu'en enlevant avec la séreuse des fibres musculaires superficielles qu'il toucbe, les mailles sont plus régulières et limitées par des conduits moins variqueux, tout en ayant toujours la structure des précédents. Mais là aussi bien que dans toutes les membranes étudiées jusqu'ici, ces conduits montrent sur la coupe du tissu durci, que leur canal est cylindroïde, bien limité, par la couche épithéliale surtout; aussi, à aucun titre, on ne saurait les considé-

«4 LYMPHATIQUE (anatomie).

rer comme de simples lacunes ou inferstiecs, d'autant plus que, comme l'a bien signalé Frey, là et partout ailleurs le tissu lamineux auquel adhère cet épithélium e^t comme condensé et forme autour de lui un ensemble de libres contiguës sans interstices ou imparfaitement limitées.

Depuis longtemps, et particulièrement depuis les recherches de. M. Sappey, on sait que, sur les séreuses pleurale ei péritonéale.les réseaux lymphatiques s'injectent surtout aisément dans les points où elles recouvrent les viscères, tandis que la séreuse pariétale manque de ces conduits ou n'en présente que fort peu. Cependant Dybkowsky a injecté sur le chien des réseaux lymphatiques sous la plèvre, au niveau du muscle triangulaire du sternum et des espaces intercostaux. Ce réseau superficiel a des conduits qui touchent et soulèvent l'épilhéhum pleural; beaucoup présentent des prolongements terminés en culs-desac. Comme pour le péricarde, ce réseau communique par des branches plus ou moins obliques avec un réseau plus profoud adossé aux muscles. De ce double réseau partent deux troncs, l'un supérieur, l'autre inférieur, longeant le bord correspondant de l'espace intercostal, et se jetant en avant dans les conduits qui acconiparfnent les vaisseaux mammaires internes, et en arrière ceux qui suivent les côtés de la colonne vertébrale.

Sur le lapin Ludwig et Schweiger-Seidel ont injecté des réseaux sous la plè'STediaphraguiatique seulement (et aucun du cùté abdominal de ce muscle) réseaux qui vont se rendre en avant aux troncs qui longent les vaisseaux mammaires, et, en arrière, vers le canal thoracique. Ces trois auteurs admettent l'existence d'orifices faisant communiquer la cavité des lymphatiques avec celle des séreuses ; ouvertuies que, pour le péritoine, Recklinghausen ditavoirdeux fois le diamètre des hématies, elles siégeraient entre les cellules épithéhales (tant de la séreuse que des lymphatiques sans doute) dans les points où plusieurs d'entre elles sont contiguës.

Mais beaucoup d'auteurs n'ont pu retrouver, non plus que moi, l'existence de ces stomates (jui se correspondraient exactement au même niveau, entre l'épithéliumdu lymphatique d'une part, et celui de la séreuse d'autre part, séreuse dont les cellules épilhéliales sont bien différentes de celles des conduits précédents. 11 est en outre certain que ces communications n'existent pas entre les lymphatiques des valvules sigmoïdes et des autres jîarlies du cœur; car non-seulement ou ne voit p;is de tels orifices, mais de plus, s'ils existaient, les globules du sang intracardiaque devraient facilement passer dans la lymphe et la colorer, puisqu'on prétend qu'ils ont jusqu'à deux fois la largeur des globules du sang.

Comme pour toutes les vues qui ne rej.osent que sur une exagération de dispositions anatomiques mal interprétées ou n'existant même pas, celte idée de la prétendue communication directe des lymphatiques avec les cavités séreuses, a été poussée à ce point, que quelques auteurs n'ont pas craint d'écrire que les séreuses ne sont que des cavités lymphatiques arrivées au maximum de leur développement. Mais, indépendamment de ce que cette supposition a de contraire aux données fournies par la comparaison de l'épithélium d'une part, de la membrane propre des séreuses de l'autre, aux parties correspondaules des lymphatiques,, l'étude de l'évolution embryogénique de ces deux ordres de parties la ooufredil formellement. Rien, dans l'évolution de la séreuse péritonéo-pleurale des Batraciens, des reptiles et des oiseaux, du péricarde, de la plèvre et du péritoine, en particulier chez les mammifères, ne ressemble à ce qui a Heu réellement dans le développement des conduits lymphatiques. Cette ^up| osition n'est pas moins iufirniée par ce tidt, que non-seulement le liquide des séreuses diflère de l'une à

LYMPHATIQUE (anatomie). ^15

l'autre de ces cavités, mais encore que nulle part sa composition immédiate n'est semblable à celle de la lymphe et du chyle.

5. Origine des lymphatiques des muscles, du tissu fibreux et des os. Olaiis Rudbeck, Bartholi i, Hewsoii, Mascagiii, M. Sappey et autres ont injecté successivement et suivi jusqu'à leur distribution ganglionnaire les lymphatiques des muscles abdominaux, intercostaux, diaphragmatique>, pectoraux, dorsaux, fessiers, obturateurs, etc., dont les conduits ellérents sont riches en valvules. Plusieurs de ces auteurs ont injecté ceux des tissus musculaires du cœur, du gésier dos oiseaux, de Testomac, de l'œsophage, de l'utérus, de la vessie, de la portion du rectum que ne recouvre pas le péritoine, etc.

His a décrit et figuré des lymphatiques pourvus d'une paroi dans le cœur, et j'ai de Belajeff une préparation qui les montre à la face profonde des couches musculaires des Acntricules du lapin. Ils y sont plus réguHers que dans l'endocarde, forment des mailles plus larges, di diamètre plus uniforme, limitées par des conduits parallèles aux foisceaux striés, ou les croisant, et tous exactement limités par une couche épithéliale.

Quant au tissu fibreux, on a moins de notions précises sur ses lymj hatiques que sur beaucoup d'autres tissus.

Mascagiii a injecté ceux de la dure-mère et les a suivis jusqu'au trou sphénoépiiieux, et de là dans les ganglions du cou. Il a, comme Rudbeck et beaucoup d'autres, injecté ceux du centre aponévrotique du diaphragme. II a aussi suivi ceux de l'articulation (!u genou jusqu'aux ganglions poplités. M. Sappey a injecté ceux du péricarde fibreux. Il a aussi injecté des lymphatiques de la moelle osseuse plutôt que du tibia, le long des branches descendantes de l'artère et de la veine nourricière du tibia. M. Bonamy en a également injecté qui sortaient de l'ob par les trous qu'on voit sur les côtés du condyle interne du lémur. {Voy. Mdscui.\iRE (Tissu), Fibreux (Tissu) et Os.)

Q. Origine des vaisseaux lymphatiques des parenchymes tant glandulaires que non glandulaires. Les injections à l'aide de la solution d'azotate d'argent ont très-nettement démontré que dans l'épaisseur des parenchymes, aussi bien que dans les membranes, les capillaires des réseaux d'origine lymphatique sont nettement limités par une couche de cellules épithéliales. Rien de plus net que la forme et la délimitation de ces tubes dans l'épaisseur du poumon, du rein, du testicule, du foie, et certainement il en est ainsi dans les autres glandes telles que le thymus, la tliyréoide, les capsules surrénales. C'est là tout ce qu'ont démontré sur ce point les travaux moderUfS, car ils n'ont rien ajouté de fondamental à ce que nous avaient fait connaître les injections de Panizza, Cruveilhier, Sappey, Jarjavay, etc., sur la distribution des réseaux d'origine dos lymphatiques du testicule, du rein, du poumon, du foie, de la mamelle, etc., qu'on trouve exposées dans tous les traités d'anatomie.

Pour le testicule toutefois, les recherches de Ludwig et de Tomsa ont bien montré qu'au delà des lymphatii|ues superficiels communiquant au travers de l'albufrinée avec les lymphatiques profonds, suivis avant eux le long des vaisseaux des cloisons, il existe de nombreux c;ipillaii-es dans chaque lobule du parenchyme. Ces capillaires, de diamètre inégal, se détachent brusquement en quelque sorte des conduits collecteurs des cloisons et rampent entre les canaliculos testiculaires en s'anastomosant et formant des mailles plus ou moins circulaires de largeur iné'^ale à la surface de ces conduits et entre eux. Us n'ont d'autre paroi propre que celle que leur forme l'unique rangée des cellules épithéliales

416 LYMPHATIQUE (anatomie).

exnctement juxtaposées, comme dans les réseaux dont il a été question plus haut. On peut constater aussi que ces capillaires rampent dans la mince couche de tissu lamineux à fibres longitudinales, qui adhère à la paroi propre hyaline des tubes testiculaires, et qu'ils entraînent toujours avec eu\ quand on les déroule ; mais il est fort peu de ces capillaires qui soient appHqués contre cette paroi propre elle-même.

A ce que l'on savait des vaisseaux lymphatiques superficiels du rein que Mascagni a bien fait connaître et des lymphatiques profonds bien décrits par cet anatoraiste et par Crnveilhier, Riudowsky a ajouté les détails suivants : il a fait voir que c'est surtout dans la tunique adventice des artères que rampent les lymphatiques profonds. Chacune des artères principales est accompagnée de deux conduits collecteurs anastamosés en un réseau qui se prolonge sur le giomérule le long du vaisseau afférent de ce dernier, et qui accompagne aussi le vaisseau efférent. 11 y a aussi, autour des canalicules urinifères flexueux de la substance corticale, un réseau à mailles plus serrées et à capillaires plus larges que celui qui enveloppe les tubes droits de la substance corticale. Indépendamment de la couche épithéliale qu'on trouve dans tous les lymphatiques, Rindowsky admet l'existence d'une autre paroi propre autour de ces capillaires, et nie toute communication avec les espaces lymphatiques, dont plusieurs auteurs on supposé l'existence.

Dans le foie on peut constater entre les lobules polyédriques formés de cellules propres ou glycogènes l'existence d'un réseau lymphatique formé de capillaires limités par une seule rangée de cellules épithélinles, et d'un autre réseau formé de capillaires, un peu plus larges et plus variqueux qui entourent les conduits et les acini biliaires. Ces deux ordres de réseaux se continuent du reste l'un avec l'autre, au contact du tissu dit capsule de Glisson avec le tissu hépatique proprement dit. Pourtant la direction des conduits collecteurs montre que ce sont surtout ceux qui viennent du pourtour des vaisseaux bihaires et porte qui sortent par le sillon transe erse du foie, tandis que ceux qui naissent du pourtour des lobules hépatiques proprement dits, bien étudiés surtout par M. Sappev, accompagnent les branches de la veine sus-hépatique pour sortir par l'orilice diaphragmatique de la veine cave et se rendre aux ganglions sus-diaphragraatiqucs.

Quant au poumon età la mamelle, je ne vois rien à ajouter, sur ce qui touche la disposition des réseaux profonds et superficiels, à ce qu'ont fait, connaître divers anatomistes, Sappeyet Jarjavay, par exemple. Il faut toutefois ajouter, à leurs descriptions, celles de la présence d'une couche épithéliale hmitant exactement ces capillaires et tapissant le tissu ambiant, ce qui fait que, sur la coupe, ce dernier se termine par une ligne de démarcation brusque du côté de la lumière du vaisseau. Cette disposition et la présence de la couche épithéliale indiquées d'abord parHis sur les lymphatiques du poumon des nouveau-nés sont des faits qu'il est facile de vérifier et très-démonstratifs. {Voy. Foie, Poumo.ns, Rei>"s, Testiccles.)

C. DlSTRIBCT10>' DES CONDUITS LYMPHATIQUES ET DES GLAJNDES DE CHAQUE RÉGIOX

ES PARTICULIER. I. Lymphatiques des membres inférieurs. i° Lymphatiques superficiels. Les vaisseaux lymphatiques des orteils se réunissent pour former des rameaux collatéraux qui, après être arrivés sur le dos du pied, s'unissent entre eux, se divisent de nouveau, et il en résulte ainsi en cet endroit un plexus qui reçoit quelques rameaux de la partie externe et interne de la plante du pied. Ces vaisseaux grossissent peu à peu et se portent sur la pai'tie antérieure externe et interne du tibia. Vers le milieu de la jambe, les rameaux antérieurs, et quelques-uns des internes, se portent vers la face interne, et ce qui reste des conduits externes se

LYMPHATIQUE (anatomie). Ail

dirige vers la face postérieure pour gagner, dans cette direction, la face interne du tibia ou de la cuisse. Les lymphatiques de la plante du pied se réunissent les uns au plexus qui recouvre le dos du pied, et les autres se portent vers le tendon d'Achille, où ils s'anastomosent soit avec les lymphatiques internes, soit avec les lymphatiques externes de la jambe. Les lymphatiques de la face interne de la cuisse montent direclement en se portant obliquement en dedans ; ceux de la face postérieure vont d'abord de dehors en dedans, puis obliquement en avant et en haut, jusqu'à la face interne.

Affectant ordinairement une direction serpentante, les lymphatiques de la partie externe du bassin, externe et postérieure des fesses, montent d'abord, puis se portent en avant, et redescendent ensuite vers le pli de l'aine.

Enfin, on voit se diriger vers l'aine les lymphatiques superficiels de la verge, ceux du gland et de l'urèthre, ceux du scrotum, ceux de la moitié inférieure des parois abdominales, ceux des lombes, ceux qui suivent l'artère circonflexe iliaque et ceux de la partie inférieure du dos.

Tous ces vaisseaux donnent dans leur marche de nombreux réseaux parleurs anastomoses et leurs divisions multipliées, et gagnent, quand ils sont arrivés dans le pli de l'aine, huit à douze ganghons appelés, d'après leur situation, ganglions inguinaux superficiels. Ces vaisseaux, arrivés à l'aine, ont rarement plus de 1 millimètre à 1"",50 de diamètre; leur nombre total varie de 30 à 40.

2" Les vaisseaux lymphatiques profonds proviennent des parties profondes des extrémités inférieures, suivent une marche différente. On les trouve divisés en quatre faisceaux, dont l'un accompagne la veine petite saphène, l'autre les vaisseaux tibiaux antérieurs (ceux-ci traversent le ganglion lihial antérieur vers le tiers supérieur de la jambe), le troisième les vaisseaux tibiaux postérieurs, et le dernier enfin les vaisseaux péroniers. Chacun de ces faisceaux se compose de deux à quatre rameaux un peu plus volumineux que les lymphatiques superficiels. Lorsqu'ils sont parvenus au creux du jarret, ils se jettent dans quatre ou cinq petits ganglions situés près de l'aponévrose, et d'autres près de l'artère poplitée, et sont nommés ganglions poplite's. Après être sortis de ces glandes, les lymphatiques diminuent de nombre et augmentent en volume ; ils accompagnent les vaisseaux cruraux sur le trajet desquels ils s'anastomosent entre eux et avec les superficiels ; arrivés à la partie supérieure de la cuisse, ils se rendent presque tous dans les ganglions inguinaux profonds placés sous le fascia cribriformis, et quelques-uns dans les ganglions inguinaux superficiels. Les lymphatiques profonds de la fesse, tels que les obturateurs, les iliaques postérieurs et les ischiatiques, accompagnent les vaisseaux sanguins de ces parties et vont joindre quelques gangUons à la partie inférieure du petit bassin, et avant ils en traversent plusieurs le long de l'artère fessière.

Lymphatiques qui sortent des ganglions inguinaux. Les uns se portent dans le bassin en passant sous l'arcade crurale, oii ils traversent deux à trois ganglions, et longent ensuite les vaisseaux ihaques sur lesquels ils forment des plexus considérables et joignent trois ganghons appelés iliaques qui reçoivent en même temps des lymphatiques venant des parties contenues dans le petit bassin ; les autres d'abord descendent dans le petit bassin dès qu'ils ont franchi l'arcade crurale, et entrent dans les ganglions pelviens ou hypogastriques pour se porter plus tai'd sur les vaisseaux ihaques internes après avoir communiqué avec ceux du côté opposé ; puis, en suivant la marche des vaisseaux iliaques internes qu'ils entourent de réseaux, ils se portent sur les vaisseaux iliaques primitifs et g^ur

DicT. ENC. 2° s. m. ^^

l'aorte, où ceux de l'extrémité droite viennent se réunir avec ceux de l'extrémité gauche, en joignant partout sur leur trajet de nombreux ganglions unis entre eux par des plexus de vaisseaux lymphatiques qui ont souvent jusqu'à 2 millimètres 1/2 de diamètre.

Ici viennent se réunir les lymphatiques profonds des parois abdominales qui se dirigent entre le muscle oblique interne et le muscle transverse, vers la crête de l'os des îles, où ils traversent deux à trois petits ganglions, puis vont en avant et se jettent dans les ganglions iliaques : ces vaisseaux portent le nom d'iliaques circonflexes, comme l'artère qu'ils accompagnent. D'autres lymphatiques profonds, les épigaatriques , suivent l'artère de ce nom et viennent se terminer dans les mêmes ganglions, après en avoir traversé quel(|ues petits sur leur trajet. Quelques-uns de ces vaisseaux vont pourtant aux ganglions supérieurs inguinaux. Les ilio-lombaires traversent le muscle psoas ; les sacrés couvrent la face antérieure du sacrum ; les lombaires proviennent des lombes et de la partie inférieure du dos, et rencontrent entre les apophyses transverses des vertèbres, des ganglions lymphatiques variables en nombre et en volum.e.

II. Lymphatiques du rein, de la vessie urinaire, de la prostate, des vésicules séminales et de l'extrémité inférieure du rectum, du vagin et de l'extrémité infériexire de ïidérus, etc. Ils accompagnent les vaisseaux sanguins de ces organes, et, après s'être détachés de ces viscères, joignent de petits ganglions lymphatiques, et de là se jettent enfin dans les ganglions pelviens.

Les lymphatiques du corps de l'utérus, des ligaments larges, des ovaires et des trompes, accompagnent les artères ovaricjues, entrent dans des ganglions silirés près des artères rénales et sur l'aorte, à l'endroit où elle donne naissance à ces artères.

Dans l'homme, les lymphatiques du testicule suivent la même marche après avoir longé le cordon spermatique, et vont à ces mêmes ganglions dits lombaires.

Les vaisseaux lymphatiques des reins sont, les uns superficiels, et les autres profonds : les premiers, après s'être réunis en troncs, se plongent dans la profon- ■ deur de ces viscères et s'unissent aux seconds, qui accompagnent les vaisseaux sanguins et sortent avec ceux des reins pour joindre plusieurs ganglions près de la veine cave, et s'unir enfin près de l'aorte avec les lymphatiques qui avaient accompagné le cordon spermatique. Ceux des capsules surrénales s'unissent aux lymphatiques des reins et sont très-nombreux.

La partie supérieure du rectum et du côlon donne des lymphatiques qui, aussitôt après avoir quitté l'intestin, joignent des ganglions situes à leur bord adhérent. De ces ganglions sortent des lymphatiques qui accompagnent l'artère mésentérique inférieure, en traversant des ganglions d'espace en espace, et qui font en quelque sorte suite à ceux du mésentère. Ces vaisseaux se jettent enfin dans les ganglions situés sur l'aorte abdominale.

Vaisseaux qui sortent des ganglions situés près de l'aorte ou sur cette artère. Us se réunissent vers la troisième vertèbre lombaire en un tronc volumineux, le canal thoracique qui est situé, à son origine, à la partie antérieure droite de la colonne vertébrale. L'extrémité inférieure du canal thoracique présente une dilatation considérable appelée Réservoir de Pecquet ou Cisterna chyli; quelquefois cependant, au lieu de cette dilatation, on trouve de trois à cinq troncs ausâ volumineux que le canal thoracique lui-même, qui forment en cet endroit UQ plexus et donnent ensuite naissance au canal thoracique. C'est dans ce résenoir

LYMPHATIQUE (anatomie). 419

de Pecquet que viennent s'ouvrir les vaisseaux chylifères par un gros tronc ou deux à trois plus petits et ceux qui viennent des ganglions spléaiques, pancréatiques et gastriques. C'est par conséquent en cet endroit que s'effectue le mélange de la lymphe et du chyle. Le canal thoracique pénètre dans la poitrine en passant entre l'aorte et le pilier droit du diaphragme. Â la partie inférieure de la poitrine, il est à la droite de l'aorte et un peu derrière, et recouvert par l'œsopha^^e; vers la partie supérieure du thorax, il est situé entre l'aorte et la veine azygos, sur la partie antérieure et gauche de la colonne vertébrale : à cet endroit son diamètre, qui avait un peu diminué, augmente de nouveau. Enfin le canal thoracique se recourbe en arc vers le côté gauche par-dessus l'artère sous-clavière et derrière la veine jugulaire gauche pour redescendre un peu et s'ouvrir enfin dans Tangle formé par la réunion de la veine jugulaire et de la veine sous-clavière. Le canal thoracique ne forme pas toujours un conduit unique : on y remarque souvent des dirisions, des branches et des réunions de ces branches, surtout vers sa fin ; parfois celle-ci a heu par deux troncs distincts, dont l'un se réunit à la veine sous-clavière gauche et l'autre à la veine sous-clavière droite. On a même trouvé deux canaux thoraciques distincts dans toute leur longueur, l'un à gauche et l'autre à droite.

Dans tout ce trajet le canal thoracique reçoit les lymphatiques des viscères du bas-ventre et du côté gauche de la poitrine ; les lymphatiques profonds du foie qui accompagnent ces di\isions de l'artère hépatique, et qui viennent se réunir sur le tronc cceliaque à ceux de sa face concave et à ceux de la rate, du pancréas, de l'estomac et de l'épiploon. Les lymphatiques de ces viscères forment, comme ceux des autres, deux plans, dont l'un est situé sous la tunique externe et l'autre constitue le plan profond qui accompagne les vaisseaux sanguins, et communique fréquemment avec le premier. Après avoir quitté leurs viscères respectifs, ces vaisseaux joignent des ganglions et s'unissent sur l'aorte au canal thoracique, après avoir continué leur chemin sur le tronc cœliaque.

Le canal thoracique reçoit en outre les lymphatiques intercostaux qm proviennent des parois du thorax et des muscles du dos. Ces vaisseaux accompagnent les vaisseaux sanguins correspondants, et arrivés près de l'ai-liculation des côtes avec les vertèbres, ils pénètrent dans plusieurs ganglions très-petits appelés intercostaux et placés près de l'articulation costo-vertébrale. Les vaisseaux sortants se réunissent orflinairement pour se terminer aussi dans le canal thoracique. ni. Ganglions et vaisseaux lymphatiques de l'intestin proprement dit. Depuis la partie inférieure du rectum jusqu'au duodénum on suit une série de ganglions plus ou moins espacés les uns des autres le long du bord adhérent ou postérieur de l'intestin. Ils vont en augmentant de nombre et de volume de bas en haut. Ds sont plus nombreux dans le méso-côlon que derrière le rectum et que le long de l'S ihaque. Toutefois ils sont plus nombreux dans le méso-côlon transverse que près des côlons descendant et ascendant et ils se continuent en quelque sorte avec «eux du mésentère. Le côlon transverse en possède aussi le long du bord adhérent ^u grand épiploon. Ils sont plus ou moins éloignés du bord postérieur de l'intestin selon l'étendue des méso-côlons et des arcades vasculaires. Vers l'angle l'/eo-co/içMc ils sont gros et nombreux ; le long de l'intestin grêle ils ne sont pas aussi rapprochés qu'ailleurs du bord adhérent de l'organe et sont situés contre les grandes iiiosculations de l'artère mésentérique supérieure. Les plus éloignés de l'intestin «cciipent le bord adhérent du mésentère et longent le tronc de l'artère précédente.

420 LYMPHATIQUE (anatomie).

Les plus volumineux, avec les iJéo-coliqiies, sont \e?, ganglions duodénaux qui se trouvent agglomérés au-devant du duodénum.

Les vaisseaux lymphatiques de tout l'intestin proprement dit offrent les particularités suivantes. Ils viennent d'une part dn réseau muqueux superficiel et du réseau sous-muqueux ou profond dont il a déjà été question (p. 405). Les conduits collecteurs de celui-ci, après avoir suivi la direction de l'intestin sur une certaine longueur, traversent la tunique fibreuse, puis la musculeuse vers le bord adhérent de l'intestin, pour se joindre aux conduits collecteurs venant du réseau hjmphatique sous-séreux. Ce dernier est facile à injecter, surtout sur le bord et les faces libres de l'intestin où il forme des mailles quadrilatères allongées, à grand diamètre parallèle aux fibres musculairos longitudinales et perpendiculaire aux vaisseaux sanguins qu'on suit à l'œil nu sur l'intestin.

Ce réseau lymphatique sous-séreux, dont les conduits sont apercevables à l'œil nu, reçoit ici, comme on le voit aussi sur le péricarde, les capillaires du réseau de la trame péritonéale même, réseau plus superficiel par conséquent, à mailles très-étroites, signalé par divers anatomistes, par Bonamy en particulier et formé de conduits trop fins pour être vus sans instruments grossissants.

C'est du réseau sous-séreux que partent, sur chaque face de l'intestin, des conduits collecteurs qui suivent d'abord assez loin la direction de l'intestin, puis se coudent pour accompagner, sans s'anastomoser d'un côté à l'autre du tube, le feuillet péritonéal correspondant qui d'intestinal devient méso-colique ou mésentérique. Ceux de l'intestin grêle gagnent les ganglions du mésentère qu'ils joignent à plusieurs centimètres du bord adhérent de ce canal en recevant dans ce trajet ceux qui viennent de sa muqueuse ; ce sont ces derniers qui, par la nature du liquide qu'ils contiennent pendant la digestion leur font donner spécialement le nom de chylifères. Tous sont pourvus de valvules.

De ganglions en ganglions mésentériques, ces conduits arrivent à ceux qui sont placés au-devant de l'aorte et de la veine ca\e, près du diaphragme; ceux de gauche pourtant passent derrière l'aorte. De ces ganglions partent des conduits qui se réunissent en un seul tronc, ou plus rarement en deux ou trois avec ceux qui, au nombre de deux ou trois (Sappey), viennent des glandes lombaires pour former le réservoir de Pecquet ou le plexus qui en tient la place.

Les lymphatiques du cœcum, des côlons ascendant et transverse vont dans les ganglions iléo-coliques et méso-coliques dont les efférents joignent les ganglions mésentériques. Ceux du côlon descendant, de l'S iliaque et du rectum, moius nombreuv que dans le reste de l'intestin, vont aux ganglions qui suivent le bord adhi'rent de ces organes, et dont le> conduits efférents vont aux ganglions lombaires mentionnés plus haut, en même temps que ceux du rein et des organes énitaux. {Voy. Prostate, Reiks, Vessie.)

Ganglions et vaisseaux lymphatiques de V estomac, de la rate, du pancréas et du foie. Les ganglions gastriques sont petits; ils occupent, sous forme de. chaîne ou de chapelet, la grande courbure de l'estomac, vers le bord adhérent du grand épiploon, et la petite courbure le long des artères de cet organe, le pourtour du cardia, du pylore. Quelques-uns sont dans l'épaisseur de l'épiploon gastro-splénique. Ceux de la rate occupent la scissure de cet organe, tandis que ceux du pancréas sont placés au bord supérieur de ce dernier, le long de l'artère splénique et autour du tronc cseliaque. Les conduits efférents de ces organes vont se jeter dans le réservoir de Pecquet après s'être réunis en un ou deux troncs plus ou moins volumineux.

LYMPHATIQUE (a.natomie). 421

Les lymphatiques du pancréas se jettent dans les ganglions correspondants après uu court trajet. Il en est de même pour ceux de la rate, qui sont gros et nombreux, par rapport aux ganglions de sa scissure; les réseaux profonds de cet organe ne sont pas encore bien connus ; il y en a le long des branches de son ai'tère; mais ils ne forment jias exclusivement sa tunique adventice.

Les vaisseaux lymphatiques profonds de l'estomac proviennent des deux réseaux de la muqueuse, qui sont riches vers le pylore surtout; les conduits collecteurs rampent dans le tissu sous-muqueux pour se rendre vers ses deux cour bures, oij ils traversent la couche musculaire pour se jeter dans les ganglions 'qui s'y trouvent et dans ceux de l'épiploon gastro-spléniqiîe. Les lymphatiques superliciels forment un réseau à conduits variqueux et assez gros, surtout chez l'adulte, dont les conduits collecteurs rampent sous le péritoine pour se rendre aux ganglions des deux courbures et du pouriour des orifices cardiaque et pylorique.

Les conduits collecteurs des lymphatiques de la face concave du foie vont d'avant en arrière : 1° les uns à droite de la vésicule (avec quelques branches veimes de la face concave) dans les ganglions lombaires supérieurs et dans ceux qui sont contre la veine cave et l'aorte ; 2" ceux qui sont à gauche de la vésicule vont dans des ganglions qui sont à l'eNtrémité inférieure de l'œsophage près du cardia et dans ceux de la petite courbure stomacale; o° ceux qui entourent la vésicule et les conduits biliaires vont dans un ou plusieurs ganglions placés le long de ces excréteurs et dans ceux de l'épiploon gastro-hépatique.

Les lymphatiques profonds du foie, qui sortent par la scissure transverse vont dans ces mêmes ganglions et dans ceux de la petite courbure de l'estomac et du pancréas. Ceux qui suivent les veines sus-hépatiques forment cinq ou six troncs qui passent au-dessus du diaphragme par l'orifice de la veine cave inférieure, et se jettent dans des ganghons sus-diaphragmatiques, dont les conduits etïércuts descendent le long des piliers de ce muscle pour s'aboucher dans le commencement du canal thoracique

Les lymphatiques de la face convexe du foie sont, les uns postéro-antérieurs; leurs collecteurs gagnent en partie le ligament suspenseur du foie, passent audessus du diaphragme, derrière l'appendice xyphoïde, pour se jeter dans les ganglions des médiastins. D'autres gagnent la scissure antéro-postérieure du foie et l'épiploon gastro-hépatique pour se jeter dans les ganglions cardiaques, pyloriques et de la petite courbure gastrique.

Les lymphatiques de cette face qui sont antéro-postérieurs et ne traversent pas le diaphragme vont dans les ganglions sous-diaphragmatiques entourant la veine cave et dans ceux qui sont au niveau de la douzième vertèbre et de l'articulation de la douzième côte. Ceux qui traversent le centre aponévrotique du diaphragme près de la veine cave vont dans les ganglions placés autour de celle-ci entre le muscle précédent et le péricarde. Il en est qui traversent les piliers et vont, les uns directement dans le canal thoracique, tandis que les autres se jettent avant dans les ganglions qui longent l'aorte et la veine azygos .{Voy. Y oie.)

IV. Lymphatiques du thorax. Les lymphatiques du poumon, dont le plan superficiel suit la division des lobules pulmonaires, et dont le plan profond suit celle des vaisseaux sanguins, traversent les ganglions bronchiques, et se jettent, après en être sortis, dans la partie supérieure du canal thoracique.

Les ganglions lymphatiques du thorax sont disséminés dans les médiastins. Les uns sont placés au-devant de la colonne vertébrale, quelques-uns sur le dia-

422 LYMPHATIQUE (anatomie).

phragme, et la plupart autour de l'œsophage, de la tracliée et des vaisseaux mammaires. On les trouve surtout exlrêmement abondants au niveau de la bifurcation de la trachée, des grosses bronches et de la crosse de l'aorte. Ces ganglions^ tirent leur nom de l'organe autour duquel ils sont situés; il existe par conséquent des ganglions œsophagiens, bronchiques, cardiaques, diaphragmatiques, etc. Il faut noter encore les ganglions mammaires internes le long des vaisseaux de ce nom. On les divise anssi en ganglions médiastins postérieurs, qui sont ceux qui longent l'œsophage et l'aorte, laisant suite aux ganglions intercostaux et lombaires; puis en ganglions médiastins antérieurs, qui sont ceux qui se trouvent tant sur le diaphragme qu'eu avant du péricarde et à la base da cœur, autour des gros vaisseaux.

Les vaisseaux lymphatiques qui se rendent dans les ganglions thoraciquès sont ceux du poumon, du cœur, du péricarde, de Vœsophage, du thymus, du diaphragme et de la partie antérieure de la paroi thoracique interne. Ils arrivent enfin dans la partie supérieure du canal tlioracique, après s'être unis aux lymphatiques de la moitié latérale gauche de la tète, du cou et du bras gauche.

Du côté droit la distribution des lymphatiques mammaires internes est la même que du cùti^ gauche, excepté qu'au lieu de se terminer dans le canal thoracique, ils se terminent dans la veine sous-clavière, ou la veine jugulaire droite, aprèss'être réunis aux lymphatiques du côté droit de la tète et du cou, et à ceux du bras droit. Nous avons dé,à parlé du tronc qui résulte de la réunion de ces vaisseaux qui a reçu le nom de grande veine lymphatique droite.

V. Lymphatiques des membres supérieurs. Les lympliatiques des extrémités supérieures commencent aux doigts par des rameaux collatéraux partant des réseaux d'origine notés plus haut (p. 405); arrivés sur le dos de la main, ils forment entre eux des plexus qui se continuent avec un riche réseau de lymphatiques recouvrant tout l' avant-bras, dont ils suivent par groupes les principaux vaisseaux superficiels et profonds. Lorsqu'ils sont parvenus à la hauteur du coude, ils se portent tous vers la face antérieure et interne de l'avant-bras, oii ils montent jusque dans l'aisselle, et là ils se distribuent dans les ganglions axillaires où viennent encore se verser des lymphatiques des faces antérieure et externe des parois du thoiax et de l'abdomen, ceux de la partie moyenne et supérieure du dos, et les lympliatiques superficiels du cou et de la nuque. M. Sa; pey a fait voir que les lymphatiques des lombes, du dos et de la partie postérieure du cou s'entre-croisent sur la ligne médiane, ceux du côté droit se portant à gauche et vice versa.

Les ganglions du creux de l'aisselle, comme les lymphatiques eux-mêmes,. sont divisés en superficiels et en profonds, séparés les uns des autres par l'apoué- » vrose du creux de 1 aisselle. Les plus nombreux sont profonds. Ils reçoivent tousles lymphatiques superficiels et profonds du membre supérieur, ceux du dos, de la nuque, de la peau du thorax et des mamelles, de sorte qu'une adénite du 'creux de l'aisselle reconnaît le plus souvent pour cause une lésion d'une de ces (régions. Les conduits venant des riches réseaux lymphatiques profonds de la mamelle vieiment tous gagner ïeplexus sous-aréolaire, d'oij partent deux ou troisconduits collecteurs allant aux ganglions axillaires antérieurs. (Sappey.)

Les lymphatiques profonds des membres supérieurs accompagnent les artères radiale et cubitale ; un ganglion lymphatique se voit souvent un peu au-dessus de l'épitrochlée et les reçoit, ils montent ensuite le long de l'artère brachiale pour se jeter dans les glandes axillaires. Les vaisseaux qui sortent de ces ganglions se réunissent ordinairement du côté droit aux lymphatiques longeant l'artère mam-

LYMPHATIQUE (anatoijie). 425

maire interne pour tormer avec eux la grande veine lymphatique droite ; du côté gauche, ils se réunissent tantôt aux lymphatiques qui suivent la mammaire interne et d'auU'es fois ils se terminent séparément dans la veine sous-clavière.

VI. Lymphatiques de la tête et du cou. Les lymphatiques superficiels de la tête forment des réseaux multipliés qui tous se dirigent vers les nombreux ganglions sous-maxillaires , parotidiens, cervicaux et sus-hyoïdiens. Les vaisseaux qui sortent de ces ganglions s'unissent, les uns aux lymphatiques superficiels du cou et de la nuque, et les autres traversent les ganglions lymphatiques situés dans les mtervalles des muscles du cou, pour s'unir enfin soit au canal thoracique, soit à la grande veine lymphatique droite, soit même enfin pour se terminer directement dans les veines sous-clavière ou jugulaire.

Les vaisseaux lymphatiques venant des parties profondes de la face suivent la direction des vaisseaux sanguins. Ils se portent tous vers les ganglions situés sur les carotides et entre les muscles styliens.

Les ganglions lymphatiques de la tête se divisent en ganglions sous-occipitanx et mastoïdiens placés sur les côtés de la nuque, en arrière au-dessous du muscle occipital et contre la partie mastoïdienne du temporal; en ganglions parotidiens situés dans l'épaisseur de la glande parotide et à sa surface externe, vers son bord antérieur. Les ganglions sous-maxillaires occupent la face interne du bord intérieur de l'os maxillaire inférieur; plusieurs sont situés à la face externe de la glande sous-maxillaire. Us sont divisés en postérieurs et antérieurs. 11 en existe aussi deux sur la ligne médiane du cou, à égale distance de l'os hyoïde et de la symphyse du menton appelés sus-hyoïdiens.

Des lymphatiques du cuir chevelu, ceux de la partie postérieure se rendent dans les ganglions sous-occipitaux, reux des parties latérale et antérieure vont dans les ganglions parotidiens. Ces derniers reçoivent, en outre, tous les lymphatiques de la face., des paupières, du nez, des lèvres, et des joues, qui se rendent surtout aux oan^lions sous-maxillaires.

Los ganglions lymphatiques du cou sont nombreux et volumineux. Ils sont situés principalement autour de la veine jugulaire interne et de l'artère carotide primitive, le long desquelles ils forment un chapelet. On en trouve aussi le long des bords du slerno-mastoïdien. Les vaisseaux lymphatiques qu'ils reçoivent tirent leur origine des gencives, de la voûle palatine, du pharynx, du larynx, du corps thyréoïde et de X&langue. Ceux de la paitie supérieure du pharynx vont au ganglion /)reavroïai>n. (Sappey.)

D. Constitution des condcits collecteurs oo vaisseaux lymphatiques proprement DITS. On peut dire que la distinction entre les réseaux d'origine et les vaisseaux lymphatiques proprement dits se trouve (Teichmann) dans l'apparition des valvules à l'intérieur de ces derniers. On n'en trouve certainement pas dans les capillaires ayant moins de 0'"°',2 à 0'"'",3 [voy. plus haut, p. 392, et fig. 2), et même là il est des organes dans lesquels elles sont encore rares. Il suit de là qu'il n'y a pas de règle bien fixe tirée du calibre pour déterminer le point de départ des troncs lymphatiques. Ceux-ci augmentent légèrement en se portant vers le canal thoracique; mais, lorsqu'ils ont atteint un caUbre de 1 à 2 milhmètres, ils ne s'accroissent pas davantage.

Leurs parois, quoique fort minces et demi-transparentes, sont douées d'une résistance remarquable bien supérieure à celle des vaisseaux sanguins de même calibre : les lymphatiques du membre inférieur (Lauth) supportent pendant les injections, sans se rompre, une colonne nitrcurielle de 1 mètre à l",33, tandis

424 LYMPHATIQUE (asatomie).

que les vaisseaux sanguins de même calibre ne résistent pas (Werner et Fellerj à la pression d'une colonne de mercure haute de (i"','5Z. La résistance des parois lymphatiques est plus grande aux membres que dans les cavités du tronc, aux membre^ inférieurs qu'aux supérieurs.

Ces vaisseaux sont très-élastiques ; l'expérience journalière des injections le démontre, et Mascagni s'assura que cette propriété de tissu persistait encore sur une pièce qu'il conservait dans l'alcool depuis deux ans.

Dans leur trajet les lymphatiques ne s'anastomosent ni en arcades, ni par communications transversales ou obliques, etc. Après un trajet d'une certaine étendue un vaisseau, jusque-là parallèle aux autres, se divise en deux branches qui se jettent l'une et l'autre dans les conduits les plus voisins, ou encore l'une fait ainsi pendant que l'autre se rend à un ganglion. Parfois les deux branches se rapprochent et se confondent de nouveau. Ces dispositions donnent à ces conduits l'aspect d'un plexus à mailles très-allongées. (Sappey.)

L'intérieur des vaisseaux est tapissé par une membrane lisse, et garni de valvules paraboliques plus nombreuses que dans le système veineux, généralement disposées par paires et assez larges pour obturer le vaisseau. Ces valvules furent signalées pour la première fois par Olaiis Rudbeck et Bartholin, et la description en fut complétée par Ruysch.

Elles sont plus nombreuses que celles des veines; plus nombreuses aussi dans les vaisseaux superficiels que dans les profonds; aux membres inférieurs qu'aux membres supérieurs; et qu'à la tète; enfin elles disparaissent au niveau des ré seaux. Elles sont généralement disposées à intervalles égaux, de 5 en 5 millimètres, près des réseaux (Sappey), et, la plupart du temps, de 6 à 8 millimètres. Plusieurs vaisseaux , surtout le canal thoracique en particulier, ont des intervalles de plusieurs centimètres dépourvus de ces replis. (Béclard.)

Parmi les valvules du système lymphatique, une des plus remarquables est sans contredit celle qui occupe l'embouchure du canal thoracique. Demi-circulaire pour Eustachi, décrite par Haller comme un hymen circulaire, double pour Cruikshanck et Mascagni, elle est pourtant regardée comme unique par la majorité des anatomistes. M. Sappey n'a trouvé, parlois au lieu de valvule, que des filaments analogues à ceux que l'on remarque dans le sinus longitudinal supérieur, en sorte que cette barrière si importante entre le sang et la lymphe, présente des dispositions variables, et peut même manquer. Néanmoins, les autres valvules qu'on rencontre dans le canal thoracique, à 2 centimètres de l'embouchure, suffisent (Sappey) pour arrêter le reflux du sang veineux.

Les valvules ont leurs bords libres dirigés vers le tronc central et empêchent par là le fluide contenu dans les vaisseaux de les parcourir dans la direction du tronc vers les branches. Elles sont plus ou moins rapprochées, suivant les parties: c'est ainsi qu'elles sont très-près les unes des autres sur les tuniques intestinales, qu'elles le sont moins sur les mésentères, et moins encore vers les extrémités. Dans quelques cas très-rares, on a vu qu'elles manquaient. W. Hunter dit en effet avoir rencontré un cadavre oiî il souffla tous les lactés par le canal thoracique. Haller injecta tous les lymphatiques du poumon, depuis la partie supérieure du canal thoracique, et Jlarchettis dit aussi avoir insufflé les lymphatiques d'un animal par le réceptacle du chyle. L'insertion du canal thoracique dans la veine sous-clavière, et celle d'un rameau lymphatique dans un gros tronc de même ordre, ne sont quelquefois garnis que d'une seule valvule. Souvent on trouve dans les gros troncs ou dans les lymphatiques du poumon et du foie des valvules annu-

LVMPHATIQUE (anato.mie). 4'i5

liùres formées par îa réunion de deux valvules, qui, ayant bien moins de hauteur que les valvules ordinaires, ne ferment pas totalement la luraièie du vaisseau.

Les parois des troncs lymphatiques, de moyenne grosseur et volumineux, se composent de trois tuniques, qui sont en allant de dedans en dehors :

1" La tuniijue interne, épithéliale, formée d'une seule rangée de minces cellules polygonales allongées ;

2" Au dehors d'elle se trouve une membrane élastique, épaisse de O"",! à Qmm ç)^ dont les fibres fines et rapprochées ont une direction circulaire (Ch. Robin) avec de nombreuses anastomoses. Elles sont entremêlées et doublées, en dehors, d'une couche pins épaisse composée de fibres laiiiineuses, accompagnées de rares fibres élastiques fines, égnlement à direction transversale. On n'y rencontre rien d'analogue à la tunique à fibres longitudinales des veines (Ch. Robin) ;

ô" La tunique externe est constituée par des faisceaux longitudinaux de tissu lamiueux, des capillaires sanguins nombreux et par des fibres nuisculaires lisses plus ou moins nombreuses, à direction transversale (Ch. Robin), à direction longitudinale. (Kœlliker.) Ce dernier anatomiste décrit les libres nmsculaires transversales dans la tunique moyenne.

La structure du canal thoracique est identique à celle des veines, et c'est le seul point du système lymphatique qui offre la tunique commune de Bichat.

Les vtdvules sont constituées par un repU de la membrane épithéliale et de la couche élastique. On la dit généralement adossée à elle-même en quelque sorte, tandis que la tunique moyenne s'interposerait entre les deux lames de la valvule, au niveau du bord adhérent de cette duplicature ; mais en fait on ne constate qu'une seule couche très-résistante de fines fibres élastiques fréquemment anastomosées, avec une substance homogène parsemée de quelques noyaux ovoïdes irréguliers rem[)lissant les intervalles de ces fibres. Des fibres lamineuses ou des faisceaux de fibres se montrent vers leur bord adhérent, mais on n'y voit pas de vaisseaux. L'épithélium tapisse leurs faces et leur bord libre comme le reste du conduit.

On n'a pas encore constaté anatoniiquement la présence des nerfs dans les parois des conduits lymphatiques, bien que la vive sensibilité très-particuhère qu'ils acquièrent lorsqu'ils s'enflamment montre qu'ils en possèdent.

La grande vascularité de leur tunique externe nous rend compte au contraire des phénomènes observés lois de leur inflammation et de leur arrivée dans ces circonstances à l'état de cordons rougeàtres, rénitents, etc., alors qu'avant la lymphangite le toucher ni la vue ne permettaient sur le vivant de constater leur existence. Quant auxcnpillaires lymphatiques, nous avons vu qu'ils manquent de vasa vasojmm sanguins. A ce point de vue par conséquent, ils ne peuvent qu'être subordonnés à l'inflammation du derme, des séreuses, des glandes, etc., où ils se trouvent, comme tout autre élément constitutif de ces organes. Reste la question de savoir si les capillaires lymphatiques peuvent être, soit seuls, soit en même temps que les capillaires sanguins, le siège de troubles circulatoires et de modifications de leurs parois, de leur calibre, analogues à ceux que, dans l'intlammalion, on observe sur les conduits sanguins. (ro*/. Ch. Woh'm, Leçons sur les vaisseaux capillaires et l'inflammation. France médicale, 1867; et à part 1 vol. in-12. Paiis, 1867.) Cette question n'est pas résolue, mais on peut dire que ces changements morbides ne sauraient être semblables, vu les différences dans la constitution des parois des capillaires sanguins comparativement à ceux des lymphati-

426 LYMPHATIQUE (anatomie).

qiies, sans parler de celles qui concernent la nature et la quantité des éléments en suspension dans les deux liquides, ainsi que la manière dont ils circulent. Ces diverses particularités et d'autres encore tendent à prouver que, dans les lésions des lymphatiques, les glandes exceptées, c'est dans les altérations du liquide plus que dans celles des éléments solides qu'il faut rechercher le point de départ des lésions observées. Aussi, en ce qui regarde celles des réseaux d'origine, n'a-t-on guère constaté que leur distension, avec ou sans ruptures, coïncidant ou noa avec des changements de consistance et de composition immédiate du liquide les remplissant ou non sans distension.

E. Constitution des glandes ou ganglions lymphatiques. Les vaisseaux lymphatiques, lorsqu'ils ont parcouru un certain trajet, se divisent subitement, d'une manière particulière , en rameaux très-petits , qui communiquent les uns avec les autres, et se réunissent enfin de nouveau, en un ou plusieurs troncs, continuant ou à peu près la direction du premier. Un tissu cellulaire fin et serré unit, dans l'homme et les autres mammifères, ces vaisseaux entre eux et avec d'autres éléments anatomiques qui ne se trouvent que là et les assemblent (le manière à en former des amas ou corps assez résistants pour avoir reçu le nom de glandes lymphatiques, de ganglions lymphatiques ou de glandes conglobees. On appelle les vaisseaux qui se divisent dans la glande, vaisseaux entrants ou afférents , et les conduits qui résultent de la reconstitution de ces divisions, vaisseaux sortants ou ejféreyits : ceux-ci sont ordinairement plus volumineux et moins nombreux que les premiers.

Ces ganglions lymphatiques sont tantôt solitaires et d'autres fois groupés. Us se rencontrent le plus souvent dans les endroits oiî s'accumule de la graisse, dans le pli des grandes articulations, à la partie antérieure de la colonne vertébrale, à l'endroit où les vaisseaux sanguins pénètrent dans les viscères, etc. Ils sont ordinairement près des artères. Leur nombre est variable, mais toujours très-considtrable; on l'a évalué de six à sept cents : il est à peu près le même dans les enfants que sur les adultes. Le tissu graisseux qui les entoure augmente beaucoup de quantité dans certaines variétés de l'hypertrophie de ces glandes avec dilatation de leurs vaisseaux.

Leur forme est ordinairement oblongiie et un peu aplatie. Leur grandeur varie depuis un quart de millimètre jusqu'à 27 millimètres. Les plus grands se trouvent au pli de l'aine, sur le trajet des vaisseaux iliaques, à la racine du mésentère, du poumon; les plus petits dans le canal carotidien, sous l'épiploon, sur le trajet des vaisseaux profonds des extrémités (coude, genou). Leur grandeur varie aussi suivant l'âge du sujet; plus volumineux, plus mous dans les enfants, ils diminuent de volume, sauf les cas de maladie, en gagnant de la consistance avec l'âge; enfin ils sont très-petils, mais ne disparaissent pas, même en partie, dans les vieillards. La couleur des glandes lymphatiques varie beaucoup sur l'adulte, suivant les parties : celles qui sont fournies par les lymphatiques des extrémités sont rougeàtres; celles du mésentère, blanches pendant la digestion, prennent une teinte rosée quand les chylifères sont vides ; celles du foie sont jaunâtres ; celles de la rate sont brunes , celles des poumons noirâtres. Leur couleur est plus pâle dans les enfants que dans les adultes, oij elles prennent souvent une teinte grisâtre. Leur consistance est sut generis, et quoiqu'ils soient beaucoup plus mous que les cartilages, on éprouve en les divisant avec le scalpel une certaine résistance, qui peut être comparée à celle qu'on surmonte en divisant un cartilage très-raniolli.

LYMPHATIQUE (anatomie). «7

Les ganglions Iymphati(iues sont entourés d'une membrane que MaJpighi disait être musculeuse, et que Nuck considérait comme fibreuse. Mais, en injectant les vaisseaux sanguins et lymphatiques, cet aspect disparait, et on voit qu'il n'y a là qu'un entrelacement de vaisseaux et de tissu cellulaire. Du tissu lamineux lâche les unit faiblement entre eux et aux parties voisines, en sorte qu'ils jouissent d'une certaine mobilité dans leurs rapporls et leurs attaches.

Structure des glandes lymphatiques. Les éléments anatoraiques qui entrent dans la composition des glandes ou ganglions lymphatiques, sont : i" des épithé- | hums, principalement nucléaires; 2° des fibres lamiiieuses , surtout à l'état de cellules fibro-plasliques étoilées à prolongements ramifiés et anastomosés.

On y trouvé en outre les vaisseaux^ lymphatiques et sanguins. Ces vaisseaux laissés de côté, les éléments prédominants et qu'on peut regarder comme fondamentaux sont les épithéliunis. A l'état normal ce sont tous, à peu de chose- près, (les épilhéliums nucléaires de forme sphérique offrant un diamètre qui varie généralement de cinq à sept millièmes de millimètre. Pris sur l'animal vivant, ils sont pâles, transparents, bien qu'à contour net. Us sont naturellement granuleux, grisâtres, à granulations fines assez foncées. Us le deviennent davantage sur le cadavre, surtout un jour ou deux après la mort. Us sont normalement dépourvus de nucléole. Mais dès que, dans des conditions morbides, ces noyaux atteignent un certain degré d'hypertrophie, il s'y produit un nucléole souvent jaunâtre, toujours brillant, à contour net, qui, habituellement, devient d'autant plus gros que le noyau l'est davantage.

Nul élément anatomique n'est plus nettement caractérisé comme espèce et variété d'épitliélium que celui-là; aussi, lorsqu'on vient à les étudier méthodiquement à l'aide de pouvoirs amplifiants convenables, comparativement aux autres variétés d'épithélium d'une part, et aux autres espèces d'éléments anatomiques cellulaires, on ne peut qu'être surpris de voir combien ont été superficielles les observations qui ont conduit nombre d'auteurs à considérer ces noyaux comme étant des cellules incolores ou globules blancs (leucocytes) de la lymphe, etc., accumulés en certains points de l'étendue du système lymphatique. Les différences entre ces diverses sortes d'éléments, sont du reste tellement frappantes dès qu'on a recours à l'emploi des réactifs, qu'il n'y a pas lieu de revenir sur ce qui a été dit à ce sujet à l'article Leucoctte (p. 253 et 267). Il en est de même poxir ce qui regarde la manière dont les noyaux dans les ganglions durcis et conservés pour en faire des coupes d'étude, se comportent alors ou au contact des réactifs qu'on leur ajoute, comparativement aux leucocytes. Ces épithéliums ne sont, du reste, pas tous nucléaires. Il en est quelques-uns parmi eux qui, autour d'un noyau tel que ceux qui viennent d'être décrits, sont entourés d'une masse ou corps de cellule très-petit, presque appliqué sur le noyau, et devenant manileste, soit à l'aide de l'emploi d'un grossissement suffisant, soit au contact de l'eau ammoniacale, etc. Enfin sur les ganghons sains, mais un peu volumineux de l'homme adulte, pris dans une région quelconque de l'économie, on trouve avec ces épithéliums nucléaires des cellules épithéliales polyédriques dans la proportion de 1 à 5 pour 100 environ. Celles-ci ont, soit un noyau semblable aux noyaux libres, soit un novau ovoide, clair, peu granuleux, avec ou sans nucléole. Souvent elles sont parsemées de granules de charbon dans les ganglions bronchiques et péritrachéens.

n est facile de trouver les épithéliums nucléaires des glandes lymphatiques à toutes les phases de leur passage à l'état d'épithélium cellulaire pai' segmentation

*28 LYMPHATIQUE (anatomie).

entre eux d'une substance amorphe tinement granuleuse qui leur est alors interposée, eu même temps qu'ils s'hvpertrophient plus ou moins ; ce phénomène, cause de cette augmentation de volume, s'observe surtout pendant la durée des épithéliomas des membranes d'où viennent les lymphatiques se rendant à ces ganghons. Rien ne montre mieux que l'étude de ces phénomènes quelle est la nature de cet élément anatomique prédominant dans les glandes lymphatiques, et à quel point est erronée l'hypothèse de ceux qui les considèrent comme des leucocytes.

Les fibres lamineuses qui prennent part à la constitution des glandes lymphatiques ne présentent rien de spécial dans l'enveloppe (tig. 5, ah). Ajoutons enfin

Fig. 5. — Coupe d'une glande lympliatique d'un enfant de 6 à 8 ans, grossie 500 fois (d'après Billo'.li). ab enveloppe de la glande avec des vésicules adipeuses (a) ; bb cloison se délacliant delà face interne; c, c, f sinus lymphatiques traversés de trahccules ; d, d, d trame réticulaire du tissu gl;induluire traversée par des capiliaiies visibles surtout au centre de la figure.

que dans le tissu de cette enveloppe se trouvent, outre les vaisseaux, des vésicules adipeuses (fig. 5, a), des fibres élastiques et aussi des fibres musculaires lisses (Heyfelder, His) dont la présence est facile à constater, qui s'hypertrophieiit et augmentent de nombre dans certains cas morbides; mais dont le mode de disti'ibution n'est pas connu.

Trame trabéculaire des glandes. Des cloisons plus minces que l'enveloppe, mais constituées de la même manière, contenant souvent des vésicules adipeuses près de la surface de l'organe et non vers son centre, partent de la face interne de celle-là, et se dirigent vers le milieu de la glande (fig. o, bb). Elles en traversent ainsi le tissu propre en toutes directions en quelque sorte en se rejoignant les unes aux autres, mais en se multipliant, se rapprochant et en perdant de plus eu plus le caractère de cloison à mesure qu'on approche du centre du ganglion {voy. plus bas, fig. 7, d), pour se réduire à l'état de faisceaux et de fascicules

LYMPHATIQUE (anatomie). 429

fibrillaires non apercevables à l'œil nu, anastomosés les uns avec les autres De là les noms de charpente et de trame glandulaires, de cloisons et de trabéculès donnes a ces parties constituantes accessoires bien que constantes.

Remarquons d'abord qu'elles ne divisent pas l'organe en cavités, loges alvéoles .11 follicules, ou, SI l'on veut, en lobes et lobules glandulaires distincts et iso labiés les uns des autres {voy. la fig. 7) ; sous ce rapport le nom de cloisons ne leur est pas aussi exactement applicable que celui de trabéculès, car ces cloisons sont incomplètes. Ces parties ne font donc que traverser le tissu propre de cbaque ganglion, qui n'en reste pas moins conlinu avec lui-même dans toute l'étendue de l'organe, et qui n'est pas partagé en follicules clos ou en vésicules closes comparables, par exemple aux parties de ce nom des glandes de Peyer de la thyréoïde, etc., contrairement à ce que quelques auteurs, parmi lesquels ie compte, ont autrefois admis.

Ajoutons de plus qu'en fait les trabéculès de cette cliarpente de soutènement ne sont pas contiguës avec le tissu glandulaire sur les ganglions injectés, parce qu'un conduit ou sinus lympbatique, épais d'un dixième de millimètre ou environ et de largeur variable, est interposé entre le tissu lamineux ou fibreux trabéculaire, et le tissu propre ou glanduleux. A côté de la iuasse représentée par ce dernier dans chaque ganglion normal l'ensemble des trabéculès ne forme certainement pas le dixième du volume total de l'organe (voy. fig. 7).

La forme et le volume des portions de la masse glandulaire ainsi traversée, sans être en fait divisée en parcelles distinctes étant en quelque sorte secondaire,' à côté de ce qui touche sa composition anatomique et sa texture, nous n'en parlerons que plus loin. C'est elle qui est généralement désignée sous les noms de pulpe, à% substance ou Aq parenchyme glandulaire.

Des trabéculès ou cloisons (fig. 6, t), se détachent de très-nombreuses fibres lamineuses non fasciculées, c'està-dire qui se distribuent en marcliant isolément dans toutes les tlirections en allant d'une trabécule à l'autre. Elles traversent ainsi non-seulement tous les shius ou conduits lymphatiques mcntiounés plus haut, dans lesquels elles forment des trabéculès de soulènement, mais encore tente lépaisseur du tissu glandulaire proprement dit (/ et d). Ces fibres sont pour la plupart à l'état de corps fibro-plastiqucs fusiformes ou étoiles, offrant un noyau ovoïde tel qu'en ont partout ces éléments (/). De la petite masse polyédrique et anguleuse de substance qui entoure ce noyau, se prolongent en toute direction de deux à six fibres lamineuses, sous forme de minces filaments un peu flexueux,

Fig. 6. — Coupe de la substance corticale d'une glande lympliatif|uc inguinale de l'homme ; grossissement do 2oO (d'uprès il is). < portion de cloison ou traixcule glandulaire; t sinus lyraphïttique avec les libres lamineuses à l'état de corps fibro-plastiqucs étoiles qui le traversent; d éléments de même nature formauila trame réticulée ou trabéculaire dans la substance glandulaire dont les épatliéliums rem-plissent les mailles; v vaisseau capillaire sanguin.

S 'anastomosant les uns avec les autres. Leur

ensemble forme un élégant réseau dans les sinus lymphaliques (fig. 5,c, c,f), mais

450 LYMPHATIQUE (a^atomie).

surtout dans le tissu glajidulaire propre (fig.o et 6, d). Ici les mailles polygonales anguleuses ont une largeur qui varie de quatre à six centièmes de millimètre.

Rien de plus important à signaler que l'existence de ces fibres lamineuses à l'état de corps fibro-plastiques étoiles dont les prolongements s'anastomosent ensemble ; car, dans les hypertrophies ganglionnaires simples de la deuxième période de la syphilis, de la scrofule ou consécutives à certains ulcères simples chroniques , on trouve l'augmentation de masse de ces organes due surtout à l'hypertrophie de ces éléments. Beaucoup de ces corps fibro-plasliques ont acquis un diamètre dix fois plus considérable qu'à l'état normal. Ils sont en même temps devenus finement granuleux, et possèdent un ou deux noyaux deux à trois fois plus gros qu'avant. Ces noyaux eux-mêmes dès qu'ils sont devenus un peu plus gros qu'à l'état normal peuvent être ou non, selon diverses circonstances encore indéterminées, en voie de segmentation ou scission avec groupement particulier autour d'eux de la substance grenue dans laquelle ils sont plongés (protoplasma de quelques auteurs), d'une manière analogue à ce qu'on voit dans quelques tissus morbides et même normaux (sur l'embryon) à certaines périodes de l'évo. lution de ces éléments.

C'est cette portion de la trame laniineuse des ganglions qui, bien signalée pour la première fois par Kœlliker, a reçu le nom de réticiilum. Elle a été considérée comme un réseau de fibres élastiques par Eckard, comme un réseau de canalicules et de cellules plasmatiques creuses par Frey, sous le nom de réseau cellulaire mfmcai;e/7i(?î/a;. D'autres la considèrent comme du tissu connecfif rudimentaire, dit là et dans d'autres organes siibslance adénoïde par His, et substance cytogène par Kœlliker. Un réseau analogue de fibres lamineuses existe aussi dans les glandes de Peyer et dans les follicules clos isolés de l'intestin.

Substance glandulaire. Quant à la substance glandulaire propre, rien de plus simple que sa composition auatomique et sa texture, bien qu'il n'en soit pas de même de la conformation particulière inférieure de sa masse due au mode de distribution de la charpente fibreuse ou laniineuse et des lymphatiques.

Dans quelque sens que soient pratiquées les coupes de la glande partout on voit que le tissu est entièrement formé par les éléments de l'épithélium nucléaire décrit plus haut, immédiatement contigus les uns aux autres dans les mailles (d)àa réseau de fibres lamineuses qui vient d'être signalé. Ces noyaux sphériques se distinguent bien des noyaux ovoïdes et un peu plus gros des corps ou cellules fibro-plastiques de ce réseau. On voit qu'il faut de deux à huit noyaux d'épithélium contigus les uns aux autres sur le même plan ou à peu près pour combler telle ou telle des mailles limitées par les fibres lamineuses anastomosées. En outre, on voit d'assez nombreux capillaires parcourir ce tissu glandulaire propre en rampant entre les noyaux et recevant çà et là l'insertion de fibres lamineuses du réticulum (fig 5, d et fig. 6, d). Le tissu glandulaire est proportionnellement plus riche en vaisseaux sanguins (v) que les trabécules et que l'enveloppe propres. Nous aurons, du reste, à revenir tout à l'heure sur la distribution de ces conduits sanguins. Mais avant examinons un peu ce tissu au point de \'ue de sa disposition ou configuration comme on le ferait en anatomie descriptive.

La substance glandulaire ainsi constituée ne lait en quelque sorte qu'une masse continue avec elle-même de sa surface au-dessous de l'enveloppe extérieure ou commune de chaque glande jusque dans sa profondeur {voy. fig. 7 de dd à d'j. Quand on enlève cette enveloppe, la superficie du tissu glandulaire offre un

LYMPHATIQUE (anatom.e). 45,

aspect cérébroïde dû à de véritables dépressions depuis longtemps décrites rem plies par les prolongements, appelés cloisons, partis de la face profonde de celle-là {voy. fig. 7, t), divisant le tissu glandulaire en des espèces de circonvolutions comme on le \oit à la surface du cerveau. Seulement dans la glande lymphatmué la substance glandulaire est disposée en couches ou prolongements smueux qui dans la profondeur vont en diminuant d'épaisseur à mesure que le nombre des trabecules augmente. De là une complication qni défie toute description particu hère des dispositions du tissu glandulaire interposé aux trabecules (f) et aux sinus lymphatiques qui les suivent (/).

F'g- 7. — Coupe d'une glande inésentérique du bipuf; t't coupe de ses prolongements profonds (cloisons) entourés de sinus lymphatiques; l, l sinus lymphatiques interposés à la sul)^tance glandulaire i l'enveloppe ainsi qu'à ses prolongements; dd substance glandulaire corticale ou périphérique; d'à<f substance glandulaire profonde dite médullaire, etc. (D'après His).

De là les noms à' ampoules et ampoules corticales (His), de nodosités périphétiques (Kœlliker), de noyaux glandulaires (Teichmann), d'alvéoles (Frey), de follicules corticaux, etc., plus ou moins exactement donnés à ces dispositions (en dd), selon que les observateurs ont tenu compte de la conformation réelle des pai'ties superficielles du ganglion, ou seulement de l'aspect offert par une coupe allant de la superficie vers le centre. De là vient aussi que la partie profonde du même tissu glandulaire (de t' à d'), en raison des différences morphologiques notées plus haut, a reçu les noms de tubes glandulaires ou tubes médullaires (His), de cordons médullaires (Kœlliker), de tubes lymphatiques (Frey), cylindres glandulaires (Ch. Robin), etc. Il ne faut pas oublier, du reste, que l'arrangement déjà étudié du tissu glandulaire et des trabecules ou cloisons avec les sinus qui les suivent donne à la coupe du ganglion un aspect qui diffère de l'une à l'autre de ses parties examinées à l'œil nu ou à la loupe et permet de distinguer deux aspects de la substance, qui ont fait décrire deux portions : l'une corticale (dd), granuleuse et d'un jaune tirant sur le gris, l'autre, médullaire {d'), rougeàtre, pulpeuse et non mammelonée, granuleuse et par suite dite parfois aciniforme.

Les artères des glandes lymphatiques sont très-abondautes relativement au

432 LYMPHATIQUE (anatomie).

petit volume de l'organe. Les plus nombreuses pénètrent par un point très-remarquable qui est comme le rendez-vous des principaux vaisseaux et qu'on appelle le hile de la glande ; les autres arrivent par différents points de la périphérie et suivent dans l'intérieur du parenchyme la distribution des cloisons ou trabécules.

Les veines offrent la même disposition que les artères, et généralement il y eu a une beaucoup plus volumineuse qui sort parle hile.

Il V a ([uelques variétés dans la distribution des vaisseaux d'un ganglion à l'autre, ainsi que l'a bien fait voirHis, selon le développement plus ou moins considérable de la substance glandulaire vers le hile et le plus ou moins d'épaisseur de ses parties dans la portion dite médullaire ou le plus ou moins de confluence des circonvolutions de la partie dite corticale. Des rameaux provenant de la division de quelque petit tronc dans le hile partent des siibdivjsions qui longent unt des | arlies voisines du tissu glandulaire central dans lequel ils se distribuent immédiatement. D'autres branches s'étendent jusqu'aux portions glandulaires plus épaisses ou circonvolutions de la superficie, s'y di\isent par bifurcatiort pour envoyer ces branches du centre de celles là vers leur superficie oii se trouve le réseau capillaire principal. Quelques branches s'étendent de l'intérieur de la glande vers sa superficie le long des trabécules ou cloisons (fig.S.f^

Fig. 8. — Coupe du tissu d'une glande mésentéricpae du bœuf, grossie 100 fois (d'après His) . d tissu propenglandulaire injecté débarrassé par la pince ou d'une partie des noyaux remplissant les mailles des trabécules et de= vaisseaux ; / sinus lymphatiques et leurs taubécules interposés au tissu glaiidulaire et aux prolongements (/) du tissu lamineux qui le cloisonnent.

se distribuent dans l'enveloppe commune et suivent de préférence les dépressions qui séparent les circonvolutions de la substance glandulaire superficielle : mais les vaisseaux ne pénètrent pas directement de l'enveloppe extérieure dans cette substance.

Quant aux capillaires qui des cloisons au niveau des trabécules pénètrent dans la substance glandulaire même (fig. 8, d, d), il y forment des mailles polygonales, à angles nets, ayant une largeur égale à 4 à 6 fois environ le diamètre des conduits qui les limitent. Sur ces vaisseaux s'insèrent quelques-unes des minces trabécules de la substance glandulaire {voy. fig. 6, î; et fig. 5). Ils concourent avec celles-ci, à limiter, les mailles que remplissent les épithéhums ganglionnaires et se trouvent

LYMPHATIQUE (anatomie;. 435

comme elles directement au contact de ces élcments. C'est là une disposition qu'il importe d'apprécier et qui est analogue à celle que l'on retrouve dans diverses glandes vascul aires telles que les follicules clos des glandes de Peyer, h thymus et la glande tliyréoïdc postérieure des poissons plagiostomes. {Voy. Ch Robin, Note sur une nouvelle espèce de glande chez les plagiostomes. /^liournaî Vlnstitut. Paris, 1 847, in 4«, t. XV, p. 47, et dans Legendre, Sur la glande thyroïde. Pans, 1852, Thèse, in-4<*, p. 34, pi. 3.)

Vaisseaux lymphatiques des ganglions. Depuis longtemps les anatomistes ont bien montré que les lymphatiques afférents se divisent généralement an moment de pénétrer dans la glande, qu'ils rampent dans sa tunique cxt'rieure eu s'y subdivisant pour la traverser de la superficie vers la profontleur. Ils ont également montré que c'est dans l'épaisseur du ganglion, vers son centre, qu'ils se reconstituent en vaisseaux efférents par des radicules convergeant l'une vers l'autre en sens inverse des ramuscules efférents pour former des troncs tantôt plus, tantôt moins nombreux que les efférents et continus à leur orin-ine avec la terminaison des précédents. (Sappey, Anat. descriptive, 18i9, in-12, t. If Paris, p. 629, et 2« édit., 1869, t. II, p. 786; et Bonamy, Atlas d'anatomie. Paris, 1847, in-4, Angéiologie, pi. 62.)

Les subdivisions du \aisseau afférent perdent leur tunique adventice dans la tunique extérieure ou lamineuse du ganglion ; ils perdent aussi leur tunique moyenne ou à fibres élastiques dans cette enveloppe pour se réduire un peu audessous de sa face profonde à une structure comparable sans être semblable pourtant, à celle des capillaires des réseaux d'origine, c'est-à-dire à une mince couche de tissu lamineux que tnpisse à sa iace interne une rangée de cellules épithéliales. (Recklingliausen.)

Rappelons aussi qu'à partir de là ils sont traversés par un grand nombre des trabécules formées de fibres lamineuses isolées ou de corps fibro-plastiques étoiles dont il a été question plus haut (fig. 5, 6 et 8).

Il importe de noler que les afférents, avant de pénétrer dans la glande proprement dite, s'anastomosent en un réseau d'assez larges subdivisions dans la partie profonde de la tunique adventice, contre les circonvolutions ou bosselures superficielles du tissu glandulaire même (fig. 7j. De la face profonde de ce réseau descendent entre ces circonvolutions des conduits ou sinus lymphatiques volumineux réduits à une couche épithéliale tapissant le tissu lamineux qui parfois devient plus ou moins riche en vésicules adipeuses au voisinage de l'enveloppe extérieure qu'il prolonge sous forme de cloisons incomplètes (fig. 5, bb). C'est d'autre part vers le tiers ou le quart environ de l'épaisseur de la glande, c'est-à-dire vers la jonction des portions dites corticale et médullaire de son tissu propre que les conduits lymphatiques répandus dans cette dernière commencent à se reconstituer en canaux plus larges souvent anastomosés en un réseau d'une épaisseur mal limitée vers le niveau de cette jonction, et de là se détachent ce qu'on a nommé les radicules des efférents.

D'une manière générale, à partir de la face profonde de l'enveloppe du ganglion, les conduits lymphatiques qui ne sont pas sur-dislendus sont plus larges qu'épais ; ils forment des canaux aplatis, ramifiés et anastomosés contre la substance glandulaire même. Quant à leurs rapports avec celle-ci et à leur distribution, il est certain que, à partir du réseau superficiel des afférents, partout ces minces conduits sont comme isolés et interposés entre les cloisons et trabécules de lacbarijente et de la substance glandulaii'e qu'ils touchent (fig. 8, /). Leur épaisseur

DicT. ENc. 2° s. m. 28

mesurée par la longueur de leurs trabécules on par la distance qui sépare la substance glandulaire d'une trabécule ou cloison de la trame sur les pièces injectées à la gélatine est de 3 à 8 centièmes de millimètre environ. Ils suivent par conséquent ces trabécules et leur sont en queb^ue sorte subordonnés dans leur distribution et dans les variétés de configuration qu'ils ofïront. Sur les coupes ou voit qu'ils entourent complètement presque toutes les trabécules qu'ils séparent de la substance glandulaire en suivant les sinuosités de cette dernière partout continue avec elle-même. Ces conduits sont par suite plus nombreux, plus sinueux et moins larges dans la portion dite médullaire où le tissu propre est réduit à des coucbes d'une moindre épaisseur que vers la partie superlicielle où il n'est qulobé tout en lui restant immédiatement appliqué {voy. fig. 7). Ces particularités lont que les coupes de ces deux portions de la glande otlrent des aspects trèsdifférents de l'une à l'autre, sans que pour cela ces conduits soient discontinus et forment réellement deux systèmes, et cela malgré l'aspect caverneux du centre comparativement à la surface où la substance constitue des masses plus épaisses que vers le milieu dont les subdivisions vasculaires sont plus nombreuses, mais plus étroites. Ces dispositions deviennent fort exagérées et très-manifestes daiis les adénolijmphocèles, et cela particulièrement dans la portion corticale de la glande dont les conduits plus larges et moins nombreux subissent une ddatationbien plus considérable que ceux de la partie centrale ou médullaire. {Voy. Théophile Anger, Des tumeurs lymphaliques . Pans, 1867, in-4, p. 25, pi. I.)

Ce sont ces particularités de distribution, de rapports intimes, de minceur de la paroi qui, est réduite à la seule rangée de cellules épitbéliales avec ou sans fibres lamineuses au dehors, qui fli.it qu'une trop forte pression, surtout si l'enveloppe extérieure a été incisée en quelque point, amène la rupture de ces conduits et l'infiltration de l'injection dans l'épaisseur même du tissu glandulaire, entre les noyaux le long des fibres de son réticulum. Cet accident, qui est fréquent, a fait décrire par quelques auteurs, comme normal, l'aspect qui en résulte, et comme lymphatiques bien plus fins que les précédents parcourus par de la lymphe immédiatement contiguë aux noyaux et aux fibres du réticulum la matière à injection ainsi infiltrée.

Ce sont aussi les particularités décrites plus haut qui rendent les conduits plus nombreux et plus rapprochés vers la portion centrale de la glande que vers sa superficie qui leur ont lait donner d'un. auteur à l'autre les noms de conduits, canaux, sinus, trajets lymphatiques, et ceux d'espaces et de conduits périfoUiculaires ou de conduits caverneux. (Frey.) Sans nous arrêter ici à discuter le plus ou moins d'exactitude de certaines de ces dénominations, il est certain que la substance glandulaire propre lobée ou traversée par des conduits larges mais aplatis, comme nous l'avons vu, n'est séparée du liquide des canaux lymphaliques que par la mince couche épithéliale et lamineuse qui forme la paroi de ces derniers, couche que j'avais prise à tort pour une paroi propre glandulaire (Programme du cours d'Histologie. Paris, 1864, in-8°, 247). Il n'y a, en effet, pas d'autre paioi glandulaire dans les ganghons que celle qui est représentée par la paroi lymphatique, épaisse de 1 à 5 centièmes de millimètre, qui touche la substance propre de la glande et par le tissu de l'enveloppe ou des trabécules dans les points jeu étendus où leur tissu n'est pas séparé de cette substance par* des divisions lymphatiques.

Notons de suite qu'en tenant compte de toutes ces dispositions anatoniiques et de l'énergie avec laquelle les épithéllums glandulaires et autres s' emparent,

LYMPHATIQUE (axato.mie). 455

clilniiquement parlant, d'un grand nombre de principes immédiats pour les fixer ou les élaborer molécule à molécule do telle ou telle manière, on comprend aisément que les ganglions lympbatiques soient promptement modifiés dès que vient à changer la composition immédiate normale de la lymphe. D'autre part, ces sinus ont leurs parois opposées reliées en quelque sorte l'une à Fautre par des coloimettes représentées chacune par une ou plusieurs fibres de tissu lamineux, la plupart à l'état de corps ou cellules fibro-plastiques étoilées, écartées les unes des autres de 5 à 6 centièmes de millimètre ou en\iron. C'est entre elles que passe la lymphe avec les granules graisseux qu'elle charrie et avec les leucocytes qu'on trouve déjà dans le liquide qui n'a pas encore traversé des ganglions. Ces éléments peuvent par suite aisément passer entre ces colonnettes pour peu qu'ils ne soient pas trop agglutinés ou groupés et que les sinus soient pleins, ne soient pas trop affaissés par vacuité ou compression. Mais on comprend sans peine aussi que les corpuscules des poussières minérales, comme le charbon, la silice, le vermdlon, etc., plus durs que les éléments anatomiques, soient partiellement arrêtés par ces colonnettes et pénètrent aisément dans le tiïsu glandulaire par le mécanisme décrit plus loin ; car si tous ceux qui ont injecté des ganglions avec des matières colorantes en suspension, comme le jaune de chrome et le bleu de Prusse, savent que les plus gros de leurs corpuscules traversent ces glandes et au delù sans rupture, il est certain qu'il ne peut pas ne pas eu rester contre les parois des sinus et leurs colonnettes, surtout quand ils ne sont pas distendus.

A la description des dispositions anatomiques précédentes, il faut ajouter encore celle d'un fait important bien décrit par His, Frey, Billroth, Th. Anger, Legros, etc. Il consiste en ce que des artérioles et des veinules qui se distribuent dans les glandes lymphatiques, celles qui suivent les cloisons ou trabécules sont toutes accompagnées par un conduit lymphatique qui les entoure complètement (fig. 9. a) ; le vaisseau sanguin occupe l'axe du canal lymphatique; il est séparé de la face interne du lymphatique par un espace que parcourt la lymphe, large de deux à quatre centièmes de millimètre. La surface interne de ce dernier est reliée à la face externe de l'autre par les fibres lamineuses trabéculaires dont nous avons parlé déjà ; contre le tissu glandulaire, les parois des lymphatiques sont de même reliées l'une à l'autre par des trabécules semblables qui traversent aussi le canal lymphatique. C'est entre elles que passe la lymphe, ainsi qu'on le voit bien sur les ganglions mésentériques dont les canaux sont pleins de chyle. Il importe de spécifier ici les deux faits suivants : c'est que, d'une part, ce canal lymphatique périphérique, analogue sous quelques rapports à ceux qui accompagnent les petits vaisseaux cérébraux, ne pénètre pas avec les capillaires sanguins dans l'épaisseur même de la substance glandulaire : en sorte qu'ici les capillaires intra-glandulaires (fig. 8, d), sont directement contigus au réticulum et aux noyaux d'épithélium glandulaire, ce qui, encore une fois, n'a lieu pour aucun des canaux lymphatiques, ceux-ci ne faisant que circonscrire la surface des subdivisions du tissu glandulaire , comme ils entourent les vaisseaux sanguins. En second heu, on peut constater que ce sont les subdivisions des afférents lymphatiques qui, à partir du bile, entourent ainsi les branches sanguines qui entrent et sortent par ce dernier, tandis que les branches qui se réunissent en efférents lymphatiques à compter de la jonction des portions médullaire et corticale n'ont pas leur centre occupé par un capillaire sanguin.

Ce sont les premières de ces particularités qui font qu'on ne trouve guère de

456 LYMI'IlATKjUE (asatomie).

capillaire sanguin ayant moins de cinq à six cehlicnics de millimètre qui soit entouré d'une gain: lym[)liatique.

Quoi qu'il en soit de ces dispositions, il est certain aujourd'hui que les ganglions lympliatiqiîes sont formés par autre chose que par un enroulement anastomotique de ses vaisseaux subdivisés, La masse glandulaire propre

Fig. 9. — Coupe grossie 300 fois d'une glande lymphatique du mésentère du chat (d'après BiUroth). a artériole au ceiiire d'un sinus lymphatique; b autres sinus dan» lequel se trouve uq vaisseau sanguin flexueux; c coupe tiansveisale d'une artiriole entourée par un sinus lympliatique que traversent les fines trabéculcs ; d vaisseau sanguin disposé d'une manière anabgue; e, e cloisons de tissu lamineui; f reticulum du tissu glandulaire.

de chaque ganglion est là pour le prouver. D'autre part, il est certain aussi que les lymphatiques ne disparaissent pas en tant que canau.v pour renaître dans des follicules clos ou substance glandulaire. EnGn la disposition de la masse continue avec celle même qui représente celle-ci. Dans chaque ganglion, les rapports si spéciaux qu'ont avec elles les subdivisions des lymphatiques ne permettent plus de considérer comme étant des glandes lymphatiques, les cap;ules surrénales, les glandes pituitaire, pinéale, non plus que lathyréoïde, le thymus, les amygdales et la rate. Dans quatre dernières de ces glandes on trouve, il est vrai, un épithéUum nucléaire très-analogue à celui de la substance glandulaire lymphatique avec un reticulum analogue à celui de cette dernière dans le thymus et dans la rate. Mais ni l'arrangement de ces éléments, ni la distribution des vaisseaux lymphatiques et sanguins ne sont les mêmes. Quant à la confusion de ces épithéliums nucléaires avec les corpuscules lymphatiques ou globules blancs, dont l'identité une fois admise sert d'argument fondamental pour faire dire à quelques auteurs que tous ces organes ont une structure identique, elle repose sur une comparaison tellement superficielle tutre ces deux espèces d'éléments (que tout sépare, en dehors de la question de leur forme), qu'il n'y a pas lieu d'insister sur ce point

LYMPHATIQUE (anatomie). 457

pour quiconque les a observés. (Toy. Leucocyte.) Pour ce qui touche aux amyijdales et aux follicules clos analogues de l'arrièredela langue, on comprend difficilement qu'on ait songé à les considérer comme des organes lymphatiques , |« lorsqu'on voit la facdité avec laquelle on injecte les réseaux lympha'iqnes de la face dorsale de la langue jusqu'à un ceutimètre eu arrière du V lingual; tandis quelà ils cessent d'exister à partir d'une ligne transversale nettement limitée, sans qu'on puisse en injecter au delà de l'éjiglolte, bien qu'on injecte aisément ceux de lavoûle palatine et de la face antérieure du voile du palais; 2° lorsqu'on voit qu'il est au contraire impossible d'eu injecter dans les amygdales et à leur surface, bien que les conduits collecte-.irs des rési aux lingual et palatin viennent contourner celles-ci pour sortir comme on sait, entre les muscles pharyngiens et gagner les ganglions voisins des muscles styliens. {Voy. p. 425.)

Les glandes lymphatiques ont des filets nerveux suivant Sbaftner et Kœlliker; ils accompagnent les artères et ne leuvent pas être suivis plus loin qu'elles.

F. DÉVELOPPEMENT DES LYMPHATIQUES. Lcs counaissauces limitées que nous possédons ^ur le développement du système lymphatique remontent à très-peu d'années; car Schreger, Wrisberg, Uttini (Memorie deW Instilulo nazionale italiano. Bologna, 1806, in-i", t. I), les seuls qui eussent tenté d'étudier les lymphatiques du fœtus, avaient été démentis par Huntcr, Ilewson et Cruiksliank, et les recherches de Fohniann sur les vaisseaux du cordon ombilical, de Lauth sur les lympliatif|ucs inter-utéro-placentaires, n'avaient pu être confirmées ou étaient bientôt rejetées même par leurs auteurs.

Les premières notions précises quel'on ait sur cette question si obscure, sont dues à Kœlliker, dans ses recherches sur les capillaires de la queue des têtards, continuées et confirmées par les travaux ultérieurs du même auteur, et par Billeter {Beitrâge zur Lehre von der Entstehung der Gefàsse. Diss. Zurich; 1860).

D'après Kœl.iker, le système lymphatique prend naissance à la ma"nière des vaisseaux sanguins, par conséquent dans le feuillet vasculaire ou moyen du blastoderme, par l'union de cellules fusilormes ayant plusieurs prolongements. Au point de jonction de ces prolongements, la cloison qui résulte de leur adossemcnt disparaît, et deux cavités de cellules d'abord distinctes n'eu font plus qu'une.

Du reste les auteurs qH.u se sont occupés de déterminer les origines des vaisseaux lymphatiques ont tous avancé implicitement chacun une hypothèse; particulière sur le d(;\eloppement de ces vaisseaux, laquelle dépend évidemment de la manière dont ils envisagent les rapports de ces vaisseaux avec le tissu connectif.

D'a|Tès quelques observations que j'ai faites sur le développement des lymphatiques dans le mésentère des embryons de chat et de lapin, dans la peau du scrotum et des grandes lèvres de l'embryon humain, dans le péricarde de ce dernier et des animaux précédents, ain-i que sur des néo-membranes péritonéales de récente formation, je suis resté convaincu que ce n'est pas par soudure de cellules et fusion de leur cavité que naissent et se développent les lymphatiques. Leur évolution première ressemble beaucoup, quant à la manière dont elle a lieu, à celle des capillaires sanguins. Seulement dès leur origine les lymphatiques constituent un canal à contours anguleux, plus irrégulier et plus large que les capillaires sanguins. Dans les tissus précédents injectés avec la solution d'azotate d'argent à l'aide de la seringue de Pravaz, on constate que, dans les lymphatiques, il y a dès cet âge un épithéhum aussi bien que sur l'adulte. Ces observations permettent également de constater que Kl formation de nouveau.x rameaux lymphatiques consiste en une progression par bosselure et prolongement latéral à sommet mousse ou un peu prolongé en

438 LYMPHATIQUE (anatomie).

pointe de la couche unique de cellules é[iiLliélialcs vasculaires dont les cellules s'élargissent, se segmentent et se multiplient ainsi graduellement. Ce jihénomèiie a pour résultat l'augmentation de l'étendue de chaque cul-de-sac vasculaire et sa progression dans le tissu nouveau dont les éléments augmentent aussi de nombre sur les côtés à mesure qu'ils se résorbent devant le sommet de ce prolongement. {Voy. Lamineux, p. 244 à 246.) 11 s'allonge ainsi jusqu'à ce (ju'il rencontre quelque prolongement analogue ou le conduit de l'une des mailles déjà formées. On peut consiater toutes les phases de la résorption de la mince couche des deux parois, au point où un cul-de-sac rencontre un autre conduit analogue. Une communication s'établit ainsi entre eux, ce qui donne lieu à la l'ormation d'une maille nouvelle, et on peut même constater qu il est commun de voir l'orifice de cette communication rester plus étroit que les conduits entre lesquels elle se trouve. Ces conduils ont de 2 à 5 centièmes de nùllimètre de large ; ils n'ont d'autre paroi que celle qui est représentée par celte unique couche de cellules épithéliales qui, en raison même du mode de multiplication qui amène l'extension du vaisseau, sont très-exactement juxtaposées. Ce n'est qu'en remontant vers ceux qui sont plus gros, c'est-à-dire vers ceux qui, suivant les régions, ont ou un peu moins, ou au contraire un peu plus de 1 ou 2 dixièmes de nidlimètre, qu'on voit des fibres lamineuses d'abord, puis des fibres élastiques disposées circulairemcnt pour former un commencement de tunique propre autour de la couche épithéliale. {Voy. plus haut, p. 404.)

Le développement des glandes lymphatiques a été encore si peu étudié, qi;e l'époque de leur apparition chez le fœtus n'est même pas fixée d'une manière certaine (du troisième au quatrième mois). Cependant nous devons à Teichmanu des éclaircissements précieux sur ce sujet, quoique parfois hypothétiques. {Bas Saugader System. InSchmidt's Jakrbucher, 1803. Analysé par Labéda. Thèse de concours. Paris, 1866, in-8°, p. 59.)

Ces vaisseaux forment des réseaux sur le point de leur trajet où sera un ganglion, et ces réseaux sont ou simples ou composés.

Le réseau simple est constitué par un tronc lymphatique {vaisseau afférent) qui se partage pendant son parcours en deux ou en trois et jusqu'en sept troncs plus iielits, lesquels, à leur tour, se divisent en rameaux plus fins, et ainsi de suite jusqu'à la quatrième subdivision; ils sont alors si ténus qu'on ne peut les voir qu'au microscope; à ce degré de division ils perdent leurs valvules, s'anastomosent entre eux et constituent un réseau dont les capillaires ont de O'^^jOl à 0""",02 de diamètre; finalement ils se reconstituent en vaisseau afférent, qui reprend ses valvules et sort à l'extrémité opposée du réseau. j

Le tout se trouve enveloppé d'une membrane de ti^su connectif combiné avec quelques fibres élastiques. Cette membrane est plus épaisse du côté du vaisseau 1 afférent dont la tunique externe se continue sur elle, et moins forte au contraire i au voisinage du vaisseau efférent dont elle reconstitue en quelque sorte la tuniqne adventice.

L'étendue d'un semblable réseau est de 1 à 2 millimètres, et dans la forme la plus simple, on n'y trouve qu'une seule couche. Mais dans d'autres formations ' également simples on voit le nombre des capillaires augmenter, ce qui transforme le réseau en une nodosité arrondie dans un point, aplatie dans un autre.

Le réseau lymphatique composé résulte de ce fait que plusieurs troncs absorbants situés, les uns près des autres, se partagent comme nous l'avons indique, et se confondent entre eux pour former un réseau unique. Ce réseau wni^we peut

LYMPHATIQUE (anatomie) 439

être constitué de deux façons; en réseau continu, si les ramuscuies se rassemblent pour former un grand réseau aplati ; en réseau en groupe, lorsque chaque tronc est l'origine d'un réseau qui ne se confond pas avec le tout. 11 en résulte des amas qui se placent irrégulièrement à c(Mé, au-dessus ou au-dessous les uns des autres, où ils sont réunis l'un à l'autre par une trame de tissu conncctif.

Les réseaux composés continus se rencontrent surtout au jarret, au pli du coude : ils n'ont, dans la forme la plus simple, qu'une seule couche, mais on en trouve quatre ou cinq superposées dans la plupart des cas.

Les réseaux en groupes sont assez rares : ils se trouvent surtout entre les glandes lymphatiques qui accomp;ignent l'aorte à la région lombaire.

Teichmann tire de l'observation de ces faits cette conclusion que les glandes lymphatiques ont été à leur origine de véritables réseaux de vaisseaux de cet ordre.

L'origine des ganglions ou le passage des réseaux à cet état consiste en ceci qu'il se produit des épithéliums nucléaires décrits plus haut (dits à torts corpuscules de la lymphe par divers auteurs) dans les réseaux : l'amas de ces coipuscules se fait le plus souvent au centre du peloton des vaisseaux, et lorsqu'il continue à s'agrandir par le dépôt incrcssant de nouveaux noyaux , le réseau disparait à ce niveau par l'oblitération complète des vaisseaux; tandis qu'd persiste dans les points plus rapprochés de la périphérie, et laisse encore une porte ouverte à la lymphe. (Teichmann.)

M. Ch. Legrosapréparé des pièces sur lesquelles se vérifiaient certaines des dispositions décrites par Teichmann ( t la présence de la couche épiUiéliale dans les subdivisions lymphatiques. Mais j'ai plusieurs fois constaté dans les ganglions inguinaux, thoraciques et abdominaux, à divers degrés de développement sur des fœtus de quatre à cinq mois, que ce ne sont pas des leucocytes qui se produisent dans ces réseaux pour amener la véritable formation des ganglions. Ce sont au contraire des épilhéliums nucléaires, qui dès cette époque sont tels que ceux qui ont été décrits plus haut (p. 42 7.) Rien par conséquent de plus inexact anatomiquement et physiologiquement que d'appeler ces noyaux des éléments lymphatiques proprement dits et que de les considérer comme semblables à ceux de certaines portions du tissu lamineux qui restent riches en noyaux embryo-plastiques, pour confondre sous le nom de tissu adénoïde ces dernières portions avec le tissu véritablement glandulaire des ganglions, des follicules clos de l'intestin, de amygdales, etc. 11 ne m'a pas été possible de suivre les premières phases de la génération de ces noyaux, mais il n'est pas diflicde de constater alors ,H qu'ils sont déjà logés et réciproquement contigus dans les mailles d'un réseau de ë fibres lamineuses anastomosées entre des conduits ou sinus lymphatiques ; qu'ils -, forment par leur ensemble une masse unique qui dès le moment où elle a le ; volume d'une tète d'épingle est déjà comme lobée, parce qu'elle circonscrit complètement ou non quelques-unes des branciies du réseau lymphatique, entre lesquelles elle est née et continue à se développer sans les obhtérer aucunement. Aussi je ne crois pas qu'il soit exact de dire avec Teichmann que par l'augmentation de cette masse la voie lymphatique est limitée jusqu'à ce qu'enfin la dernière trace du réseau ait disparu, et de plus que c'est dans les formations ainsi transformées que les vaisseaux afférents versent hbrement leur contenu à la périphérie entre la trame et le centre glandulaire, tandis que les vaisseaux efférentsreprendiaient la lymphe également à la périphérie.

Le cours des changements indiqués plus haut se voit le mieux dans les glandes lymphatiques simples qui tirent leur oiigine des réseaux siînplcs. Ces ganglioi^s

^^0 LYMPHATIQUE (anatomie).

ont ord'nnirement une compositioa différente à la périphérie et au centre, (Teichnianu.)

La partie centrale plus solide peut être envisagée comme la pulpe centrale du ganglion ; la partie périphérique, parcourue par la lymphe ou par le chyle, peut être considérée comme voie lymphatique {sinus lymphatiques).

Nous retrouvons ici, indiqués par Teiclunann comme entranl dans la coinpnsition de la glande, les éléments qui ont été décrits plus haut, savoir : le réticiilum, les épithéliums nucléaires, les capillaires sanguins, les sinus lymphatiques, enfin la membrane lamiiieuse enveloppante et ses prolongements ditscloisoibinter-glandulaires qui en dépendent.

Teichmann fait procéder de la même manière les glandes lymphatiques composées des réseaux lymphatiques composés ; et il observe que les bosselures visibles à la surface de ces organes ne sont pas autre chose que des glandes simples, non encore complètement confondues avec le tout.

Enfin ce qui, aux yeux de Teichmann, achève de démontrer ce mode de formation des glandes lymphatiques, c'est le fait des atrophies qui se passent dans ces glandes durant le cours des maladies chroniques. En effet, chez les sujets amaigris, il a pu observer que les ganglions poplités reprenaient à leur périphérie, la forme d'un réseau lymphatique, tandis que la structure glandulaire de la partie centrale persistait avec la structure déjà décrite.

G. Da sïSTi'îiE LYMPHATIQUE CHEZ LES PRINCIPAUX VERTÉBRÉS. Ce u'cst réellement que sur les vertébrés qu'on a trouvé un système lymphati(|ue, et on ne connaît aucun vaisseau de cet ordre et distinct du système sanguin dans les invertébrés.

La distribution des lymphatiques est chez les poissons d'une grande simplicité, comparativement à ce qu'elle est sur les antres vertébrés Les organes pourvus de lymphatiques sont, dans ces animaux : 1' le tube digestif depuis la tin de l'œsophage jusqu'à l'anus ; 2" le pancréas et son conduit ; mais la rate en est dépourvue; o" les conduits hépatiques, les vésicules du fiel et le canal cholédoque ; 4° les oviductes, les canaux déférents et le cloaque, mais l'ovaire et le testicule en manquent ; 5° le péritoine qui passe au-devant du rein et deux organes précédents en possèdent, et ils cessent sur les côtés externes de cet organe, mais la substance propre de celui-ci en est réellement dépourvue; 6" le cœur, la portion intrapéricardique de l'artère branchiale et le péricarde montrent des lymphatiques qui viennent so joindre à ceux de la fin de l'œsophage, par des trous qui se trouvent à la face interne du conduit péricardo-péritonéal. La surface des sinus veineux sus-hépatiques, celle de la veine ca\e et de ses dilatations et sinus, celle des branches de la veine porte et des artères correspondantes sont pourvues également.

Je me suis assuré, par de nombreuses observations et expériences, que les vaisseaux cutanés et sous-cutanés décrits par Monro, Hewson, Hyrtl et d'antres auteurs, comme les lymphatiques tant chez les reptiles que sur les poissons, ne sont que des veines quand ils sont bien limités, ou des infiltrations du tissu lamineux quand il s'agit de ceux qu'on a appelés espaces lymphatiques. En dehors de ces veines, il est impossible d'injecter, à l'aide du mercure ou autrement, quelque vaisseau que ce soit. La division des lymphatiques des poissons et des batraciens et des reptiles en superficiels et en profonds ou viscéraux, encore adoptée par quelques autaurs modernes, doit, par conséquent, être abandonnée, le premier de ces ordres de vaisseaux n'existant pas dans ces classes de vert'Jbres.

LYJIPUATIQUE (anatomie). 441

Dans les poissons cartilagineux les lymphatiques des différentes régions du corps énumérées plus haut, viennent se jeter, par un ou plusieurs orifices, dans deux réservoirs prismatiques triangulaires, correspondant à chacune des deux veines caves. Ces réservoirs s'abouchent dans la dilatation que les veines caves présentent chez tous les plagiostomes , avant leur arrivée dans les sinus de Monro.

Le point précis de cet abouchement ne peut être fixé d'une manière absolue, car il varie un peu, non-seulement suivant les espèces, mais aussi suivant les individus. Chez les Torpilles et les Acanthias, c'est dans le tiers jjostérieur de la dilatation veinouse qu'a lieu l'abouclienient des réservoirs lymphatiques par un ou deux orifices de chaque côté ; ces orifices se trouvent un peu en arrière de l'origine aortique de l'artère stomacale.

Dans les raies, c'est dans le tiers antérieur de la dilatation veineuse qu'a lieu cet abouchement, c'est-à-dire plus haut dans l'estomac, du côté du cardia, au niveau même de l'origine aortique des artères gastro-intestinales. Il a lien ordinairement, sous la dilatation veineuse droite seulement, car les deux réservoirs communiquent largement ensemble sur la ligne médiane chez les raies.

Les réservoirs lymphatiques sont situés dans l'épaisseur d'un repli mésentérique, plus ou moins étroit d'une espèce à l'autre, de figure triangulaire, occupant l'angle que forme l'estomac avec la veinj ciwe, au moment où il s'en écarte pour devenir tïotlant dans la cavité ventrale.

Dans les torpilles on voit au bord linre de ce repli nijsentérique l'artère de l'intestin à valvule spirale ; elle se trouve ainsi immédiatement derrière ces réservoirs, mais chez les raies, les Scijlliion et les Acanthias, elle est bien plus en arrière, sans aucun rapport avec eux, si ce n'est que sur les raies, leur abouchement dans la veine cave droite est à peu près au niveau de l'origine de cette artère. Sur les Squatina et les Galens elle est, au contraire, plus en avant De ces diftérences de rapport il résulte des dissemblances assez remarquables d'une espèce à l'autre, dans la disposiùon extérieure des troncs qui arrivent au réservoir; mais comme ces différences ne changent en rien la description génc'rale des lymphatiques de ce groupe d'animaux, je n'en parlerai pas en détail.

Ces réservoirs lymphatiques ont des parois minces, flexibles, dilatables adhérentes au péritoine dans les points où elles le touchent; dans les torpilles, ils sont rapprochés, contigus, aussi quelquefois leur cloison de séparation est percée d'orifices qui établissent entre eux une communication facile. Cette coniniunication est constante sur \ei raies, aussi leur abouchement dans les veines n'a-t-il lieu chez elles que dans la ^eine cave, du côté droit seulement. La lace interne du réservoir est lisse, brillante, d'aspect séreux, et tapissée d'une couche épllliéliale à cellules analogues à celles des conduits, mais plus larges, pour la plupart. Chaque réservoir s'abouche par un ou plus ordinairement par deux orifices, dont l'antérieur est presque toujours plus petit que l'autre. 11 n'y a pas de valvule à ces orifices ni au-dessus, mais ils sont ovales, allongés, plus étroits en avant qu'en arrière, et coupés obliquement dans l'épaisseur de la paroi veineuse, comme celui de l'uretère dans la muqueuse vésicale. lien résulte que la partie postérieure de l'orifice représente une sorte de repli à bord mince, concave, transparent, qui, sous l'iniluence de la pression d'un liquide qui distend la veine cave, s'applique contre la paroi opposée et empêche le reflux dans les réservoirs lymphatiques.

Chez les espèces de plagiostomes doni les renflements des deux veines caves communiquent ensemble par des orifices nombreux de la cloison commune qui

442 LYMPHATKJUE (anatomie).

les sépare {Torpilles, Sqiiatina, Galeus), c'est proche de ces orifices, imnu'diatemeiit au-dessous d'eux, c'ost-à-dire au bord inlerieur de la cloison commune yerlorée, qu'a lieu cet abouchement des réservoirs lymphatiques.

Le réservoir ou les réservoirs lymphatiques, comme leurs orifices, varient de dimensions, suivant la taille des individus. Chez les torpilles de dimensions ordinaires, les orifices ont de 1 à 5 millimètres de large.

Sur les poissons et les reptiles, les conduits collecteurs des réseaux accompagnent les vaisseaux sanguins particuliers des organes et l'aorte. C'est en les suivant qu'ils arrivent aux réservoirs qui communiquent avec la veine cave. C'est dans les lymphatiques satellites des artères et des veines que viennent se jeter tous ceux qui forment des réseaux dans le péritoine ou à la surface des divers organes qui sont pourvus de cet ordre de vaisseaux.

Ces conduits collecteurs principaux se réduisent à deux ordres sur les poissons cartilagineux selon qu'ils suivent les artères de l'appareil digestif et ses veines ou qu'ils accompagnent l'aorte et les veines caves. [Voy. Ch. Robin, Sur l'anatomie des lymphatiques des Torpilles. In Journal de Vanatomie et de la physiol. Paris, 1807. In-8, p. l,pl. letll.)

Sur les poissons osseux en général la portion terminale de la nageoire caudale est couverte d'un réseau de lymphatiques, dont les maîtresses branches se réunissent pour donner naissance à un tronc impair [vasohjmphe caudal), situé audessous de la veine du même nom dans l'angle de réunion des hémapophyses. Ce tronc reçoit, à droite et à gauche, des i-ameaux opposés, qui suivent assez exactement le trajet des divisions de l'artère caudale, et rapportent la lympne des nageoires et des muscles de la région postérieure du corps. Vers la base de la nageoire caudale il y a, sur le vasolymphe de cette région, un réservoir pulsatile, dans l'anguille commune et point chez le congre. (S. Jourdain.)

Parvenu au niveau de l'extrémité postérieure des reins, le vasolymphe caudal se bifurque, en pénétrant dans la cavité abdominale. Les branches de bifurcation {vasolymphes sous-vertéhraux) se placent sur les côtés de la face inférieure de la colonne vertébrale, dont les vertèbres sont creusées d'une gouttière destinée à les loger. Par leur côté externe, ces vasolymphes émettent des branches grêles qui contournent la vessie pneumatique, perforent chemin faisant le repli suspenseur de la bandelette génitale, dont ils reçoivent les lymphatiques, et vont s'ouvrir dans des dépendances des vasolymphes viscéraux, accompagnant ainsi les anses veineuses anastomotiques signalées entre lu veine rénale afférente et la veine porte.

A la hauteur de la courbure pylorique, une de ces arcades anastomotiques du côté droit prend un développement considérable, passe transversalement entre l'intestin et la vessie pneumatique, et reçoit : en avant les vaisseaux du foie et de la vésicule biliaire ; en arrière : 1° une branche qui longe le bord droit de l'intestin dans toute sa longueur et en reçoit un grand nombre de rameaux satellites des vaisseaux à sang coloré : ce tronc, vers sa partie moyenne, se dilate en uu. sinus oblong et variqueux, et, à son origine, reçoit les lymphatiques de la vessieurinaire; 2° une branche qui est située entre l'estomac et l'intestin, et qui se partage en deux rameaux se distribuant l'un à la face gauche de l'intestin, l'autre à la face opposée de l'estomac; 5° les lymphatiques des corps rouges de la vessie aérienne; ■¥ une branche qui côtoie le bord gauche de l'estomac.

Au niveau des branchies, chacun des vasolymphes sous-vertébraux reçoit un tronc assez grêle, qui se subdivise en autant de lameaux qu'il existe d'arcs bran-

LYMPHATIQUE (anatomie). 443

chiaux. Les rameaux d'origine de ce tronc constituent un réseau autour des vaisseaux afférents et des lamelles branchiales.

Les vasolyniphes sous-vertébraux, après s'être anastomosés par l'entremise d'une arcade transversale située au-dessous de la deuxième ou de la troisième vei-tèbre dorsale, et, après avoir reçu le tronc des lymphatiques de l'appareil branchiostége, se jettent chacun dans un réservoir cervical, en communication avec le système veineux.

Ce réservoir, d'une forme irrégulièrement quadrilatérale, est placé en arrière de la cavité orbitaire. 11 est pourvu de deux orifices : l'un, occupant l'angle interne et postérieur, est muni d'une valvule afférente, c'est l'embouchure du vasolymplie sous-vertébral; l'autre, pratiqué à l'angle interne et antérieur, communique avec une branche de la veine cardinale antérieure, logée dans un canal creusé dans la région pétromastoïdienne.En résumé, ce système lymphatique se compose essentiellement d'un vasolymphe sous-vertébral, simple en arrière, double en avant, recevant les lymphatiques viscéraux et ceux de l'appareil respiratoire, et se dilatant avant de se jeter dans le système sanguin. (Jourdain, Comptes rendus des séances de l'Académie des sciences, 1868.)

Chez les Batraciens et les Reptiles les conduits lymphatiques accompagnent et entourent les vaisseaux sanguins mieux encore que sur les poissons. C'est Rusconi qui, le pren.ier, a signalé ce fait. De nombreuses brides cloisonnent ces conduits excentriques et ks attachent au vaisseau qu'ils entourent. (Rusconi, Obs. sur les vaiss. hjmph. de la salamandre et delà grenouille. \n. Ann. des scienc. nat., 1841.) Muller les a trouvés remphs d'un liquide ayant tous les caractères de la lymphe, et les a désignés sous le nom d'espaces lymphatiques, mais ce sont des conduits bien limités bien qu'à paroi mince, et ils sont tapissés d'épithélium.

Des cavités plus vastes, des sortes de réservoirs se montrent en différents points de ces réseaux lymphatiques. Les unes ont des parois simplement membraneuses : ce sont les citernes. Il y en a deux principales :

L'une supérieure, décrite surtout par Panizza et Ch. Robin , loge l'œso^ phage dans son intérieur et lui forme un conduit concentrique; elle reçoit les conduits venant de l'estomac. L'autre, plus considérable, est destinée spécialement à la portion inférieure du tube digestif. Elle occupe le devant de la colonne vertébrale, depuis le cloaque jusqu'à la tète. Elle loge l'aorte et la veine cave, et reçoit les conduits des intestins, de la vessie et de l'appareil génital.

La seconde espèce de réservoirs est la plus intéressante; elle se distingue de la précédente par !a présence de fibres musculaires qui la rendent éminemment contractile, ce sont les cœui's lymphatiques, découverts par Muller en 1835. Il en existe quatre : les deux supérieurs, dits cervicaux, situés dans la région scapulohumérale, reçoivent les conduits de l'aisselle et débouchent dans les jugulaires; les deux inférieurs occupent la partie antérieure et dorsale des cuisses. Ils reçoivent la lymphe des membres postérieurs et des régions lombaires ; ils sont munis de valvules à leurs embouchures et communiquent avec les veines voisines, comme le prouvent les injections.

Ces cœurs ont des parois formées de fibres musculaires striées. Leurs battements, au nombre de 60 à 150 pulsations par minute, sont visibles à l'œil nu sous la peau des cuisses. Ils ne sont synchroniques ni avec les mouvements respiratoires, ni avec les battements du cœur. (Voy. aussi J.Regnauld etCh. Robin, Sur le liquide des cœurs lymphatiques des grenouilles. In Bull, de la Soc. philoviat. 1845, in-8, p. 128; et 1846, p. 75.)

4i4 LYMPHATIQUE (anatomie).

Chez les salamandres et beaucoup de reptiles, on voit un commencemont de perfectionnement. La plus grande partie du rcseivoir prcdorsal devient tubi forme. Chez les poissons, les batraciens et les reptdes, il n'y a pas de valvules dans l'inlérieur de ces vaisseaux, excepté aux points de réunion avec le système veineux. Il n'y a pas non plus de ganglions; les tissus mous et blancbàlres, qu'on trouve dans l'œsophage des raies, dans l'orbite de la chimère, l'organe épigonal du péritoine des raies, la masse lobée du cœur de l'esturgeon, ont, il est vrai, été regardés par Leydig comme étant des ganglions, mais sans preuves anatomique ni physiologique.

L'appareil lymphatique devient plus distinct dans la classe des Oiseaux. Les valvules, les glandes lymphatiipies, dont il existe à peine des vestiges dans les classes précédentes, se multiplient sur le trajet des canaux, qui preni:ent eux-mêmes des formes et des limites mieux accusées. On constate encore, à la partie inférieure du réservoir préverlébral ou de Pecquet, l'existence d'organes dits cœurs lymphatiques; mais ils ne sont pas contractiles, ou du moins ils ne sont pas le siège de battements rhythmiques.

L'espèce de gaîne lymphatique qui entoure l'aorte des reptiles se réduit, chez les oiseaux, à deux troncs lynii)hatiqnes, véritables canaux thoraciques qui rampent parallèlement à l'aorte et se terminent dans les sous-clavières.

De nombreuses anastomoses existent, dit-on, en're les plexus aortiques et les branches de la veine porte, ainsi qu'entre les Iymi)hatiques du bassin et les veines de la région caudale. Chez les poissons il faut obs 'r-.er que le point où les chylifères viennent s'abouclier dans la veine cave inférieure est toujours au-dessus de l'appareil porte rénal qui, chez ces animaux, existe distinctement. (Ch. Robin.)

Chez les oiseaux, la circulation de la lymphe ne présente rien de spécial, si ce n'est qu'on croit qu'elle est encore, chez quelques-uns d'entre eux (casoar, autruche, quelques palmipèdes) soumise à la contraction de cœurs lymphatiques.

Chez les mammifères, le cours de la lymphe est semblable à celui que l'eu observe chez l'honune. (Voyez ci-après, page 449.)

II. Du CONTENU DO SYSTii;ME LYJ1PH.\.TIQUE OU DU CHYLE ET DE LA LVJIPME. La lymphe est le contenu des vaisseaux dits lymphatiques qui commencent par des réseaux dans l'épaisseur et à la périphérie des organes et qui vient se mêler au sang dans les veines sous-clavières gauche et droite.

On donne le nom de cliyle à la ]!ortion intestino-mésentérique de la lymphe surchargée des produits de l'absorption de l'intestin grêle, produits principalement graisseux et à l'état émulsif qui troublent celle-là pendant quelque temps après chaque repas. Cet aspect lactescent se rencontre d'une manière assez fré- (juentedans certaines portions du système lymphatique, comme dans celui de la jambe et du bras en particulier, surtout pendant que le sang a un plasma luimême lactescent.

11 ne faut donc pas croire que le chyle et la lymphe soient deux fluides de nature différente. A jeun, le li(iuide qui es^; dans les lymphatiques du mésentère ne diffère pas de celui qui est dans les lympliatiques des autres organes ; ce n'est qu'au moment de la digestion qu'il prend un aspect lactescent particulier dont j'indiquerai la cause.

Séparer d'une manière absolue l'étude du chyle et celle de la lymphe n'est pas logique; car il s'agit là de la même humeur qui, sur certains points et par moments, se trouve modifiée, quant à ses caractères physiques, comme dans sa composition, en raison de certaines substances qui viennent s'y ajouter.

LYMPHATIQUE (anatomie). 445

La densité du sérum du liquide mixte que l'ou peut recueillir parle canal tlioracique des animaux auxquels on [ratique une fislule lymphatique est sur la vache presque invariablement de 1009 à 1010 (Lassaigne); il s'agit là, en effet, du liquide qui reste après le dédoublement de la plasmine, laquelle existe en assez grande quantité dans la lymphe.

D'après Magendie, la densité de la lymphe fournie par le canal thoracique des chiens est de 1022, et celle du sérum du chyle est, d'après Marcet, de 1021 à 1022.

La lymphe présente une saveur alcaline ou légèrement salée ; elle est inodore, happe un peu à la langue et sa réaction, du reste, est alcaline comme celle du sang. Cependant son alcalinité est moindre que celle de ce dernier. Ainsi, par exemple, tandis qu'il faut O^^SO d'acide 'lactique pour rendre le sang neutre, 100 grammes de sang, il n'en faut que Qs'jS? pour rendre neutre la même quantité de lymphe. (Quevenne.)

Le chyle est toujours alcalin, quelle que soit la réaction du contenu de l'intestestin. Il est un peu moins coulant, un peu moin^; mobile que la lymphe, très- Icgèrement visqueux au toucher. Il a une légère odeur spermatique avant sa coagulation, et, après celle-ci, le sérum reste à peu près inodore. Il a une saveur faiblement salée, un peu douceâtre ensuite.

Coloration de la lymphe. La lymphe dans l'état de repos et celle en particulier qui est prise dans les vaisseaux sur lesquels on pratique une ligature (comme sur le cordon testiculaire, sur les lymphatiques qui accompagnent les gros vaisseaux sanguins) présente une coloration jaune pâle ou d'un jaune citron toujours translucide, parfois ;ivec une légère teinte verdàtre.

Mais dans certaines conditions, même sur le trajet de vaisseaux lymphatiques autres que les vaisseaux intestino-méscntériques, et cela surtout sur les lymphatiques des bras et des jambes, la lym;ihe peut prendre une teinte légèrement opaline; il n'est pas rare de voir sur les individus atteints de fistules lymphatiques à la cuisse ou au bras, etc., la lymphe ou opahne ou même d'aspect laiteux, surtout pendant qu'il y a des mouvements des membres. Cela est dii à l'emprunt de principes gras, soit au tissu adipeux, soit peut-être aussi au plasma sangum, qui est par moments chargé de granules graisseux qui le rendent

opalin .

Toutefois, dans les glandes hypertrophiées (adénolymphocèles) avec dilatations de leurs sinus la lymphe est d'une teinte laiteuse si prononcée, et cela d'une manière tellement constante, qu'il est difficile de croire que ce soit alors le sang qui a fourni les principes graisseux en émul>ion.

Lorsque la lymphe des fistules lympliatiques présente une teinte rosée, c'est qu'il y a eu mélange accidentel des globules du sang venant de vaisseaux sanguins rompus, dont on n'a pu éviter le déversement dans celle-là. Quand ou établit une fistule sur les lymphatiques du cou ou des membres, la lymphe prend également presque toujours une teinte rosée qui est due encore à l'introduction accidentelle des hématies. Beaucoup d'auteurs signalent la lymphe comme étant tantôt citrine, tantôt opaline, tantôt rosée, et comme devenant bien plus rosée lorsqu'elle a été exposée à l'air; mais cela vient de ce que les hématies qui sont tombées accidentellement dans la lymphe, prennent à l'air une teinte rosée plus prononcée. Notons que lorsque ces éléments tombent dans la lymphe ils se resserrent un peu et tendent à devenir un peu plus sphéroïdaux et un peu plus petits. Leur diamètre descend à 0"">^,005 à 0'"'",006 au lieu de 0'^''\Oùl, qui est

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leur largeur normale. Ces globules deviennent plus rapidement dentelés que dans le sérum du sang, une fois qu'il sont exposés à l'air, et en même temps ils prennent une teinte légèrement violacée et même verdàtre au début. Ce n'est que petit à petit, après un contact un peu prolongé à l'air, que la lymphe se pénétrant d'oxygène les hématies tendent à prendre cette teinte rosée particulière qui est propre aux globules rouges, lorsqu'ils sont imbibés de ce gaz. C'est donc à tort qu'on a cru que des hématies étaient propres à la lymphe, et que c'était dans cette humeur qu'elles commençaient à se produire. {Voij. Ch. Robin, Leçons sur les humeurs. Paris, 1867, in-8".)

La coloration légèrement citrine que présente la lymphe semble due à une matière colorante propre, se rapprochant de celle qu'on a décrit dans le plasma sanguin sous le nom d'hémaphéine. Mais les quantités de substance qu'on extrait sont si petites, qu'on ne peut qu'indiquer des analogies sans dire d'une manière précise quelle est la nature réelle de ce principe.

Coloration du chyle. C'est de deux à quatre heures après l'ingestion des aliments que la lymphe mésentérique cesse d'être limpide, jaunâtre, pour devenir lactescente ou tout à fait laiteuse. Elle est, du reste, bien plus blanche, plus opaque, après un repas de viande, de graisse ou de graines oléagineuses qu'après l'ingestion de plantes herbacées, de racines ou de fruits non huileux et de boissons aqueuses, fait qu'il importe de signaler.

Ces matières grasses se trouvent en suspension dans le chyle à l'état de fuies gouttelettes, ayant environ 0'"™,001 au plus, et qui se présentent sous le microscope sous la forme de très-petits points à centre brillant, lorsqu'on les examine à de forts grossissements et à contours foncés, d'un diamètre très-uniforme. Ces granulations sont exti'êraement nombreuses et douées d'un mouvement brownien extrêmement vif.

Ce liquide passant graduellement des chylifères dans le canal thoracique va colorer la lymphe qui se trouve dans ce canal pendant toute la durée de la digestion, et plusieurs heures après la digestion la lymphe du canal thoracique présente encore une teinte blanchâtre. Une fois versée dans le èang, cette matière concourt à donner au plasma sanguin la teinte opaline indiquée comme existant dans cette humeur pendant la durée de la digestion.

Composition immédiate de la lymphe et du chyle. Le tableau suivant résume les données principales que nous possédons sur ce sujet :

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