‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.55Chapitre 52 sur 65 · DE UN · texte numérisé non relu

DE UN

Diverses circonstances favorisent la production des sinistres ; l'étroitesse du passage entre les métiers, l'existence de trappes destinées à l'introduction des métiers, etc.

« Les retorderies de fil, considérées en dehors des filatures qui y sont annexées, les ateliers de tissage, les manufactures d'indiennes, de tulle, les imprimeries, distilleries, raffineries, huileries, scieries, fabriques de chicorée, de poteries d'étain, de plumes, et les machines hydrauliques se font remarquer, sinon par l'absence de tout risque, du moins par l'excessive rareté des accidents. 11 n'en est pas de même des ateliers de construction, de fonderies de ter et de cuivre, d'apprêts, calendres et teintures, ainsi que des fabriques de cardes et de broches, où des dangers divers et très-réels se révèlent par le nombre de blessés que ces établissements envolent aux hôpitaux. » (Loiset, loc. cit.)

Prophylaxie. L'autorité supérieure étant demeurée sourde à ces protestations continuelles qu'on lui adressait au nom de l'humanité, il reste à se demander si les malheureux ouvriers, en rapport constant avec les machines, sont ainsi exposés à être mutilés ou broyés sans qu'on puisse y porter remède. Non assurément! D'une part, à Lille, par cxem[ile, à détaut d'ordonnances générales, des arrêtés prélecloraux ont imposé un certain nombre de précautions très-importantes ; d'un autre côté, la société industrielle de Mulhouse dont on connaît l'ardente sollicitude pour les ouvriers, a constitué une commission spéciale, ou association, pour organiser à ses frais, une inspection et un ensemble de mesures afin de mettre un terme à tant de douloureux accidents. Un inspecteur nommé et payé par la société des industriels, est chargé de veiller à ce que les précautions

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nécessaires soient prises ; de noter les accidents qui arrivent à sa connaissance pour en recliercher les causes et aviser aux moyens de les combattre.

Les remarques suivantes sont empruntées soit aux rapports déjà tant de fois cités, du conseil d'hygiène de Lille, soit aux comptes rendus de l'assoiiation de Mulhouse.

Pour tout ce qui regarde les chaudières et les machines, voyez plus bas Hygiène publique. Il n'est pour le moment question que de l'intérieur des manu-

foctures.

Notons immédiatement une précaution très-importante que signale M. Loiset, et qui est omise dans l'ordonnance de 1845 ; la cage de la machine doit avoir des dimensions suffisantes, 1 mètre et 1/2 au moins, dans tous les sens autour de l'appareil, pour que ceux qui sont chargés de sa direction, les graisseurs, etc., puissent y circuler librement.

Pour prévenir les effets de la grande accélération de vitesse due au déclinchage général des métiers, on a imaginé un système de compensation en vertu duquel la machine se ralentit d'elle-même ; en l'absence de cet appareil on pourrait prescrire au chauffeur de diminuer l'orifice d'entrée de la v;ipeur avant le signal donné pour la sortie des ouvriers.

L'arbre moteur doit être suffisamment élevé et enchâssé en totalité dans un conduit qui puisse le soustraire au contact des ouvriers. Sa rupture sera prévenue parla précaution de lui accorder un jeu suffisant entre les coussinets et par un graissage fréquent et abondant.

Les arbres verticaux seront placés contre le pignon des ateliers ; on devra les entourer d'un ttui en bois, en tôle, en grillage, à une hauteur de l'",80 au moins. Les arbres horizontaux doivent être à une hauteur inaccessible à la main, avec le soin de laisser autant que possible entre eux et le plafond, un intervalle de 40 à 50 centimètres qui empêche 1 ouvrier d'être broyé s'il vient à être entraîné par sa courroie, et à tourner autour de cet arbre; les pignons et roues dentées des arbres de couche doivent être recouverts très-exactement.

Nous l'avons dit, les courroies sont les pièces mouvantes qui produisent les accidents les plus graves, sinon les plus fréquents; elles exigent donc une attention spéciale. Avant tout, ks placer en dehors des couloirs de circulation et du côté des métiers qui regarde le mur ; tenir les lanières verticales le plus perpendiculairement qu'il sera pos^siblc. Les courroies horizontales sont très-élevées et t'ouctionnent régulièrement, il n'y a pas à s'en occuper. Quant aux courroies obliques, elles ne devraient être permises que dans des conditions tout à fait exceptionnelles. L'opération de placer ou de déplacer, avec la main, les courroies de transmission pendant la marche est à proscrire d'une manière absolue ; on ne doit y procéder, dans ces conditions, qu'à l'aide d'une sorte de crochet placé au bout d'un long bâton, et celte manœuvre ne doit être exécutée que par des personnes exercées; dans certains ateliers, elle s'accompUtde la sorte très-facilement et sans danger.

Vient la grande question Aes rouages, engrenages, etc. Ces engins, nous l'avons dit, causent le plus grand nombre ((39,8, p. 100)des accidents, maisgénéralement les moins graves ; du reste, ces mécanismes sont très-variés, suivant le genre de métier dont ils déterminent le jeu. 11 n'y a ici qu'un seul moyen de garantir les ouvriers de leui's atteintes, c'est l'enveloppement. Le mode de recouvrement variera nécessairement d'après la disposition du système qu'il s'agit de soustraire au contact. La roue de volée sera entourée d'un garde-corps pour en détendre l'appro-

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clie ; les engrenages seront revêtus de grilles de diverses formes, plaques de tôle, boîtes en bois ou en fer-blanc, etc., etc. ; l'important, c'est que la précaution soit prise. Un des meilleurs moyens de rendre ces mesures efficaces, c'est d'exiger un espace suffisant entre les métiers, de manière à c.» que la circulation et les mouvements des travailleurs puissent s'effectuer librement.

Les dangers que font courir les trappes existant dans les ateliers, paiaissent heureusement annulés par les dispositions suivantes : deux trappes à deuv vantaux chacune et superposées, s'ouvrent en sens inverse, l'une dans le sens longitudinal, l'autre dans le sens transversal, de telle sorte que les quatre vantaux, relevés et réunis aux quatre coins par des crochets, forment, au-dessus du sol, un relief suffisant pour que le pied ne s'engage pas dans l'ouverture béante. Dans beaucoup de cas, des grilles mobiles seraient suffisantes.

On proscrira absolument dans tous les ateliers : 1° le nettoyage des machines ou de leurs diverses parties pendant, la marche ; 2° l'encombrement par les métiers ; — les couloirs devraient avoir une largeur fixée par une loi, 1 mètre à 1™ 20, par exemple.

Une chose très-importante, c'est que la mise en marche du moteur soit annoncée par un signal, quelques coups de sonnette également espacés, par exem- (de, afin que si, dans ce moment, un ouvrier est engagé dans une position périlleuse, il puisse, par un contre-signal, demander l'arrêt du moteur. Ces signaux, à la sonnette ou au sifflet, seraient utiles pour beaucoup de manoeuvres; rien de plus facile à régler que ces avertissements de convention.

Dans tous les ateliers on exigera im costume approprié ; dans beaucoup de manufactures, par exemple, on oblige les femmes, arrivant au travail, à quitter leurs robes, leurs cliàles, et à revêtir des camisoles de coton tricoté qui, en raison de l'élasticité de ce tissu, s'appliquent exactement aux bras et à la poitrine, et n'offrent pas de prise aux engrenages. Les bonnets à rubans, les coiffures en cheveux ont souvent occasionné d'horribles accidents (l'arrachement du cuir chevelu), on leur substituera des béguins ou serre-têtes. De même pour les hommes, dans les filatures surtout, les vêtements courts et collants doivent être de rigueur; vestes fermées ou gilets à manches non fendues, cravates à pointes courtes et non flottantes.

Comment faire adopter ces mesures? Suivant M. Gosselet il faudrait ; 1° introduire un article, copié sur les règlements intérieurs, dans une des prescriptions de la loi à intervenir ; 2' rendre les chefs déniaisons matériellement responsables des accidents de cette nature survenus chez eux (par application des articles 519, 320 du code pénal) ; 5° leur imprimer une responsabilité morale par la publicité. (Rapp., etc., t. XII, p. 17 et 25, 1854.)

Dans lui rappoit suivant, il s'écrie : « Oh! si au lieu d'attenter à la vie des hommes par ignorance, par incurie, il s'agissait de la moindre atteinte portée à la propriété, nous trouverions des lois, lois répressives, interprétées de cent manières, mais toujours sévères. L'arcliitecte répond de son édifice, le maçon de sa muraille pendant un temps limité.

u La soustraction d'un mouchoir, d'un pain, d'une obole, tout est prévu, tout si puni. Pourrait on supposer que cette énormité différentielle, tiendrait à ce nue nos lois et notre esprit d'application ne se peuvent débarrasser de la législation romaine, et que ni les Institutes ni les Pandectes n'avaient pas à s'occuper des machines industrielles?» (Ra;)y;., t.Xin,p.ôO, 18o5.)Comnie nous l'avons m plus haut, à Mulhouse, les mesures prises par l'initiative de la Société industrielle

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fonctionnent parfaitemezit et avec les plus heureux résultats. C'est un bel exemple à suivre.

II. Hygiène publique. Ce qui suit se rapporte surtout ù la macliiiie ellemême, avec son foyer, et aux inconvénients ainsi qu'aux dangers qui peuvent en résulter pour- le voisinage, c'est-à-dire hors de l'atelier.

Les machines à vapeur ou pompes à feu furent, dans le premier décret de classement (15 octobre 1810), rangées dans la deuxième catégorie comme pouvant être tolérées, auprès des habitations, moyennant certaines prescriptions. EnlSIS, le décret du 14 janvier établit une distinction entre les pompes à feu qui ne brûlent pas leur fumée et qui sont de la première classe, et celles qui brûlent leur fumée et qui ont été relégués dans la dernière classe.

Les dangers et les inconvénients que l'on reproche aux appareils dont il s'agit, sont les suivants : l'' danger d'explosion et d'incendie ; 2° fumée, et dispersion de celle-ci aux alentours ; 3° bruit et ébranlement qui s'étendent à une certaine distance.

Mais, comme tout le monde le sait, le plus grand danger et pour le voisinage et pour les emplo;)és, c'est l'explosion des chaudières. Outre une tension exagérée de la vapeur, ou a constaté que ces explosions ont lieu surtout quand le niveau de l'eau dans la chaudière est notablement abaissé ; on l'explique ainsi : la portion de la chaudière qui n'est plus en contact avec le liquide, peut passer au rouge, et, si l'on introduit alors dans la chaudière une certaine quantité d'eau, celle-ci passe à l'état sphéroïdal, puis, quand la paroi est refroidie, la brusque formation de vapeur avec une tension énorme amène la rupture de la chaudière. Un ingénieur distingué, M. Andraud, adonné de ce phénomène une autre explication. Il pense que les explosions que l'on observe souvent à une basse pression sont causées par la formation d'électricité explosible, ce qui aurait lieu lorsque la vapeiu' emprisonnée, se trouve en contact avec des surfaces composées de métaux de natures différentes. On y remédierait en plongeant, dans la chaudière, une ou plusieurs pointes en métal, qui soutireraient l'électricité à mesure qu'elle se forme et la rejetteraient au dehors. M. Andraud donne pour preuve de sa théorie, qu'ayant comprimé de l'air dans des récipients en métal, au delà de la force de résistance de ceux-ci, ils se sont déchirés et ont laissé sortir le gaz comprimé, mais sans éclats, sans projeter au dehors les fragments de leurs parois brisées. [Comp. rend, de l'Acad. des se, t. XL, p. 1062, 1855.)

Pour remédier aux inconvénients signalés plus haut, l'ordonnance du 22 mai 1843, qui régit encore la matière, a prescrit une foule de mesures, dont nous donnons ici les principales, celles qui peuvent intéresser et que doivent connaître les commissions d'hygiène.

Aucune machine ou chaudière ne pourra être livrée par un fabricant , sans avoir subi certaines épreuves, d'après les ordres des préfets et par les soins des ingénieurs des mines ou des ponts et chaussées. Les machines venant de l'étranger devront être soumises aux mêmes épreuves.

Les machines ou chaudières à vapeur, tant à haute pression qu'à basse pression, qui sont employées à demeure (celles des bateaux sont régies par une ordonnance spéciale) et partout ailleurs que dans l'intérieur des usines, ne pourront être établies qu'en vertu d'une autorisation délivrée par le préfet du département, après une enquête de commodo et incommodo, et conformément à la législation avec les modifications qui pourront être exigées par certaines conditions particulières.

Quant aux épreuves , les chaudières à vapeur, leurs tubes bouilleurs et les

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réservoirs à vapeur, les cylindres en fonte des machines à vapeur, et les enveloppes en fonte de ces cyllndies, ne pourront être employés dans un établissement quelconque sans avoir été soumis préalablement à une épreuve opérée au moven d'une pompe de pression. — La pression d'épreuve sera un multiple de la pression effective, ou, autrement, de la plus grande tension que la vapeur pourra subir dans les chaudières et autres pièces contenant de la vapeur, diminuée de la pression extérieure de l'atmosphère. Pour les chaudières, tubes bouilleurs et réservoirs en tôle et en cuivre laminé, la pression d'é| reuve sera triple de la pression effective,, et quintuple pour les chaudières et tubes bouilleurs en fonte. Les cylindres en fonte des machines à vapeur et les enveloppes en fonte de ces cylindres seront éprouvés sous une pression triple de la pression effective. Après ces expériences, des timbres indiquant, en nombre d'atmosphères, le degré de tension intérieure que la vapeur ne devra pas dépasser, seront appliqués de manière à être toujours apparents, après la mise en place.

A la partie supérieure de chaque chaudière il sera adapté deux soupapes de sûreté, une vers chaque extrémité. Le diamètre des orifices de ces soupapes sera réglé d'après les surfaces de chauffe de la chaudière et de la tension de la vapeur dans son intérieur (il y a des tables pour cette détermination). Chaque soupape sera chargée d'un poids, agissant, soit directemeat, soit par l'intermédiaire d'un levier; poids et leviers seront également poinçonnés.

Toute chaudière à vapeur sera munie d'un manomètre à mercure, gradué en atmosphères et en fractions décimales d'atmosphère, de manière à faire connaître immédiatement la tension de la vapeur dans la chaudière. Sur l'échelle de chaque manomètre, sera tracée d'une manière apparente, une ligue répondant au numéro de celte échelle que le mercure ne doit pas dépasser. L'appareil doit être bien en vue du chauffeur.

Toute chaudière sera munie d'une pompe d'alimentation, bien construite et eu bon état d'entretien, ou de tout autre appareil ahmenlaire d'un effet certain. Le niveau que l'eau doit avoir habituellemciu dans chaque chaudière sera indiqué à l'extérieur par une ligne, tracée d'une manière très-apparente sur le corps de la chaudière ou sur le parement du fourneau. Cette ligne sera de 1 décimètre au moins au dessus de la partie la plus élevée des carneaux, tubes ou conduits delà flamme et de la fumée dans le fourneau.

Lorsque la chaudière sera alimentée par des eaux (sulfatées, acides, etc.) qui auraient la propriété d'attaquer d'une manière notable le métal de ces chaudières, la tension intérieure de la vapeur ne devra pas dépasser une atmosphère et demie, et la charge des soupapes sera réglée en conséquence. Une tension plus élevée pourra être autorisée si la propriété corrosive des eaux d'alimentation est détruite par la distillation ou par l'addition d'une substance neutralisante.

Chaque chaudière sera pourvue d'un flotteur d'alarme, c'est-à-dire qu'd détermine l'ouverture d'une issue par laquelle la vapeur s'échappe de la chaudière avec un bruit suffisant pour avertir toutes les fois que le niveau de l'eau dans la chaudière vient à s'abaisser de 5 centimètres au-dessous de la ligne mentioimée cidessus. La chaudière sera, en outre, munie de l'un des oppareils suivants : 1» un flotteur ordinaire, d'une mobilité suffisante ; 2** un tube indicateur en verre ; 3° des robinets indicateurs, convenablement placés à des niveaux différents. Ces appareils doivent, dans tous les cas, être placés bien en vue des chauffeurs.

Les conditions à remplir pour l'emplacement des chaudières à vapeur, dépendent de la capacité de celles-ci, y compris les tubes bouilleurs, et de la tension de

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la vapeur. Les chaudières sont, à ce point de vue, partagées en qtiatre catégories : V^ catégorie, quand le produit de la multiplication de la capacité de la chaudière et des tubes, par la tension de la vapeur, est plus grand que 15 ; 2^, quand ce produit surpasse 7 et n'excède pas 15 ; 3% quand il est supérieur à 5 et n'excède pas 7 ; 4^, s'il n'excède pas 3.

Les chaudières de la première catégorie doivent être établies en dehors detoute maison d'habitation et de tout ateher (sauf quelques circonstances appréciées par le préfet, qui devra en référer au ministre des travaux publics). Toutes les fois qu'il y aura moins de 10 mètres de distance entre une chaudière de la première catégorie et les maisons d'habitation, ou la voie publique, il sera construit en bonne et solide maçonnerie, un mur de défense de 1 mètre d'épaisseur, distinct, dans tous les cas, du massif de maçonnerie des fourneaux, et séparé de ceux-ci par un espace libre de 0™, 50 au moins. Il devra également être séparé des murs mitoyens avec les maisons voisines. Dans les cas oii la chaudière est enfoncée dans le sol, le mur de défense n'est exigible que si la distance est à moins de 5 mètres.

Les chaudières de la deuxième catégorie pourront être placées dans un atelier, si, toutefois, cet atelier ne fait pas partie d'une maison d'habitation ou d'une fabrique à plusieurs étages. Un mur de défense sera construit, si elles sont à moins de 5 mètres des maisons d'habitation ou de la voie publique. Les chaudières de la troisième catégorie peuvent être placées dans l'intérieur d'un atelier ne faisant pas partie d'une maison d'hnbitation, sans qu'il y ail lieu d'exiger le mur de défense; et celles de la quatrième pourront être placées dans l'intérieur d'un atelier quelconque et dans une maison habitée.

Les ingénieurs des mines et, à leur défaut, les ingénieurs des ponts et chaussées sont chargés, sous l'autorité des préfets, de la surveillance des machines et chaudières à vapeur.

Les propriétaires de machines qui ne se conformeraient pas à cette ordonnance, pourront encourir l'interdiction de leurs machines ou chaudières. En cas d'accident, une enquête sera immédiatement ouverte, etc.

A cette ordonnance qui laisse d'ailleurs la porte ouverte à des prescriptions ultérieures, ont été annexées des tables pour l'épaisseur à donner aux chaudières, le diamètre que doivent offrir les orifices des soupapes de siareté, et des instructions particulières sur les épreuves à faire subir, sur l'emplacement des machines, etc. E. Beaugrand.

.VACHOIRE. Voy. Maxillaires.

^viACHOiVlVEiMniVT. Le mouvement automatique et continu des mâchoires imitant l'action de mâcher n'a pas de signification sémiologique assez importante pour mériter un article à part. Il suffira de dire que c'est là un symptôme fréquent des diverses affections chroniques des centres nerveux, conduisant à la paralysie, avec ou sans dérangement intellectuel. A. D.

MACI\i;. Vqy. Macène.

MACIS. Voy. Muscade.

MACK (Les). On connaît trois médecins distingués de ce nom, et paraissant appartenir à la même famille.

MACKWILLETi i^ealx minérales de]. 625

Mack (Â-NDRÉ) était d'Oberlauringen, en Franconie, où il naquit en i606, et mourut le 21 mars 1685, âgé, par conséquent, de soixante ei dix-sept ans. 11 fut niL'decin, d'abord du duc de Saxe-Cobourg, puis de la cour de Scbwartabourg, à Rudolstadt. Les deux ouvrages qu'on a de lui portent ces titres :

I. Antidotarium privatum. Cobourg, IGH, in-8°. — II. Unlerrichtuie die ungariscke Krankheit zu erkennen. Rudolstadt, 16GÔ, in-4°.

mack (jEAN-CHr.ÉT.iE>), naquit à Cobourg le 24 juin i 654, et mourut le 6 mars 1701. Docteur de la faculté de Strasbourg (1665), il devint membre de l'Académie des curieux de la nature sous le nom de Pégasell, s'établit àSchneeberg, et y acquit assez de réputation, pour que les magistrats de cette vdle relevassent au rang de bourgmestre. On a de lui :

I. Dissertatio de calido iniiato. Sirasb., 1C63, in-4°. — II. Der Oherergehûrgischen Kreise Schutz iind Nothivehr, das ist medhbnsdier Bericht wie bey deii einhrechenden pestilcnzischen Senchen sich zii verhalten. Scblensingen. 1680, in-i°. — III. Parcntaha. Schneeberg, 1080, in-i".

.Tlack (Étieni>e), mort le 12 mars 1758, s'est surtout fait connaître par une magnifique édition des œuvres hippocratiques, laquelle porte ce titre :

Ta Tou 'innOKPATOÏS urt'jM-y.. HIPPOCRATIS opéra omnia, cum variis lectionibus. , . . partim depromptts ex Cornarii et Sambuci codd. in Cœsar. Vindobonensi bibliotheca hactenus observatis ac ineditis, partim ex aliis ejiisdem bibliothecœ mss. libris, ac denique ex medicis laurcntiaiiis nisa. codd. colleclis. . . Accessit index PIXI,. . . Cum tiactatu de mensuris et i)oiidcrilnis. Studio et oj^era Steplutni Maclài. Viennse Austrice, ex typograpliia Kaliwodiana, 1745-1740, 2 vol. iii-fol. C'est une très-belle édition de Hippof:rate, mais elle n'a pas été terminée. Elle ne contient que les livres qui lorment les cinq premières seclions de Foes. -^- ^•

MACKEXSIE (.Iames).. Médecin anglais dont la vie nous est à peu près inconnue. On sait qu'il pratiqua à "NYorcester dans la première moitié du siècle dernier, et il nous dit lui-même, dans l'uitroductiou de son Histoire de la saate\ qu'il composa cet ouvrage alors que son grand âge ne lui permettant plus les fati"vies de sa profession ; d voulait utiliser, d'après les conseils de l'évèque de Worcester, les dernières années de sa vie à un travail utile à l'humanité. L'Histoire de la santé, le premier écrit de ce genre que nous possédions, est une analyse chronologique, puisée aux origines mêmes, de ce que les principaux auteurs ont écrit sar les fameuses six choses non naturelles, depuis l'antiquité jusqu'au, dix-huitième siècle. Cet ouvrage peut être encore consulté avec fruit , pour la recherche des sources, par ceux qui s'occupent de l'histoire de l'hyi^iène.

Voici le titre de cet ouvrage et de quelques autres publications de Mackensie :

I. History of Heilth, and ihe Art of preserving it, m- an Account of ail that as been recommended by Pliysicians and P/dlosopliers. towards tlie Préservation of Health, etc. Edinb., 1759, in-8°. Tiad. allem Altenburg, 1762, in-8°. Trad. fr. la Haye, 1759, in-8°. — II. Es'says and Méditations on Various Subjects. Edinb., 1762, in-8\ — III. Histonj of complète Luxation oftlie Thigli. In Essays Physic. and Liter, etc., t. II. E. Bgd.

MACK^VILLER (Kaux m!iÉn\.tEs ve) ,- atîievmales , chlorurées sadiques moyennes, carboniques faibl.es. . .Dans. le département du Bas-Rhin "émergent deux sources qui ne sont employées aujourd'hui à aucun iisag€ médical. Il n'eu était pas de même autrefois, car des. fouilles récentes ont appris q.u'il existait, du temps de l'occupation romaine, un établissement minéral assez important, comme le prouvent les fragments de baignoires et de piscines qui sont une curiosité que l'on visite à Maclvwiller. A. R.

OICT. EXC. 2* s. III. 40

626 MAÇON (eau minérale de).

MACLURE. Genre de Dicotylédones, appartenant à la famille des Morées. Compris d'abord dans les Moriis de Linné, puis dans les Broiissonelia, ce genre a été distingué par Nntall, qui lui attribue les caractères sui\ants : fleurs dioïques, les mâles disposées en chatons, les femelles en inflorescences denses et globuleuses. Les premières sont composées d'un périgone quadripartite, de quatre étamines opposées aux sépales et d'un rudiment d'ovaire. Les femelles ont un périgone tétrapbylle, dont les folioles sont concaves et en forme de capuchon à leur extrémité; au milieu se trouve un ovaire sessile, comprimé, surmonté d'un style bifide à branches très-inégales. Cet ovaire renferme un seul ovule, attaché à la paroi, amphitrope, à micropyle supérieur.

Les Maclura sont des arbres américains, qui atteignent des dimensions considérables. Leur bois est jaune ; leurs rameaux alternes, épineux, portent des feuilles simples, péliolées, ovales acuminées. Les fruits sont axillaires, brièvement pédoncules, globuleux, et donnent, comme les autres parties de la plante,. un suc lactescent.

Les deux espèces principales de ce genre sont :

1° Le M. aurantiaca, dont les fruits, de la grosseur et de la couleur d'une orange, sont remplis d'un suc jaune et fétide. Il croît dans la Louisiane, et v porte le nom de Boiv-wood {bois d'arc). Il donne un bois jaune d'abord, mais qui devient à l'air et à la lumière d'un brun foncé peu agréable.

2" Le Maclura tinctoria [Monis tincloria L., Broussonetia tinctoi'ia Kunth.) du Mexique et des Antilles. C'est un arbre très-élevé, dont les fruits sapidcs et doux sont employés comme nos mûres par les médecins du pays. Les Anglais le nomment fustic et les Portugais fustete. 11 fournit le bois jaune des teinturiers,. employé dans la teinture et qui contient le principe colorant connu sous le nom de morin.

C'est à cet arbre que Guibourt rapporte la moelle de Cuba, substance résinoïde, qu'on a proposée pour le traitement de la teigne. Elle est en plaques jaunes efflorescentes, marbrées de rouge <à rinlérieur et ressemblant à l'orpiment naturel. Sa saveur est à la fois amère et sucrée.

NuTTALL, Gêner. II, 234. — Plujiieii, Plant. Americ, p. 19^, tab. 205. — Endlicher. Geii' Platit., 1857. — Guibourt, Hist. des drogues simples, II, 4= édit. pag. 525. Pl.

M.icoiv (Eau minérale de), athermale, bicarbonatée ferrugineuse faible, carbonique moyenne. Dans le département de Saône-et-Loire, dans l'arrondissement, au nord et près de la ville de Màcon, dans une propriété particulière, émerge une source qui est connue sous le nom de source Sainte- Heine. Son eau claire et limpide laisse déposer une couche de rouille sur les parois de sa fontaine et sur la terre avec laquelle elle est en contact ; elle n'a pas d'odeur ; sa saveur est stvptique et ferrugineuse; sa température est de 15°, 2 centigrade. M. lUvot a fait son analyse élémentaire ; il a trouvé que 1 ,000 grammes d'eau renferment les principes suivants :

Protoxyile de fer 0,013

. Chaux 0,202

Mn^inésie 0,0'2o

Soude 0,0-25

Acide carbonique 0,322

— sulfurique 0,03i

— clilorhydrique 0,050

Total des matières fixes et gazeuses 0,671

Les auteurs du Dictionnaire général des eaux minérales et d'hydrologie nié-

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