‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.55Chapitre 54 sur 65 · MAÇONS · texte numérisé non relu

MAÇONS

sur les hernies, p. 38, Paris, 1841 , in-8".) Parmi les effets de la station debout, on peut encore signaler les ulcères variqueux aux jambes. Parenl-Ducliàtelet dans son célèbre mémoiie a noté 161 maçons ; il n'y a au-dessus d'eux que les serruriers 167, les journaliers si nombreux à Paris 245; au-dessous sont les menuisiers 95 ; et les charretiers 84. (Ann. d'hyg., V' série, t. IV, 1850.)

La statistique nous fournit encore sur les maladies des ouvriers dont nous parlons, quebiuos documents dont nous devons profiter.

Dans le grand méinoire de Fucbs sur la statistique médicale des sociétés ouvrières de Wurzbourg de 1786 à 1854, nous voyons que sur 2940 sociétaires maçons et tailleurs de pierre réunis, il y eut 572 malades ou 19,4 pour 100; le chiffre moyen pour les compagnons de tou^ états, dans le même temps, étant de 22,8. Sur ces 572 malados on compte 25 décès ou 4 pour 1 00 ; le rapport moyen du chiffre total des décès au chiffre total des malades étant 5,2 pour 100. Si nous recherchons le même rapport avec le nombre des sociétaires, nous trouvons 0,78 pour 100, tandis que le rapport moyen est de 0,76, ainsi la morbilité est au-dessous et la mortalité au-dessus de la moyenne. (Ueber Einfluss der verschiedenen Geicerbe, etc. In Annalen v. Hecker, t. If, p. 585, 1855.) Cless, dans un travail analogue fait sur l'hôpital de Stuttgart pour un déccnnium, a établi les chilfrcs suivants : maçons et tailleurs de pierre réunis ; sur 1841 compagnons inscrits, il veut 158 malades ou 8,4 pour 100, le rapport moyen étant 17 pour 100 : sur les 138 malades on compte 20 décès ou 14,4 pour 100. Sa conclusion est : Peii de 'maladies, mais très-graves .{Beitrdge zu einer Kranklieitsstatistikder GeiverbeAxx Arch.v . Hœser, t. II, p. 558, 184 !.) Un chiffre doinié jiar Villermé vienL à l'appui de cette assertion ; en 1807, sur 820 maçons ou manœuvres admis dans les hôpitaux, on compta 128 décès ou 1 sur 6,4 (15,6 pour 100), la mortalité des adultes hommes dans les hôpitaux étant 1 sur 7,8 ou environ 12 pour 100. {Loc. cit.)

Si nous entrons dans le détail de ces maladies, Cless, Hannover et >'oufville, vont nous fournir des documents dignes d'intérêt. Suivant Cless, dans le total des maladies observées chez les maçons, les fièvres entraient dans le rapport do 19 pour 100 ; les inflammations de poitrine, 16 pour 100 ; les fièvres catarrhales, 8, 7 ; les rhumatismes, 7, etc. Hannovor, de son côté, a donné le diagnostic de 191 cas de maladies observées chez les maçons dans les hôpitaux de Copenhague pendant cinq ans (de 1845 à 1S47); et nous trouvons que les fièvres sont dans le rapport de 15 pour 100; les angines, inflammations de poitrine, 24 pour 100 ; les rhumatismes aigus ou chroniques, douleurs, 17 pour 100, etc. Le chiffre des décès pour le même temps s'est élevé à 11 pour 100. {Die Iv^ankh. der Handwerker, etc. In Beilage ziir deutsche Klinik, 1861, n°' 5, 6, 7 et In Ann. d'hyg., 2« série, t. XVII, p. 294, 1862.)

Quant à la léthalité de ces différentes maladies, sur 104 cas de décès notés par Hannover de 1840 à 1859, les fièvres graves sont représentées par le chiffre de 5,7 pour 100 ; les affections aiguës de poitrine, 12,1 pour 100, etc.

Neufville qui a utilisé, pour sa statistique des 22 prolessions, huit années d'observations sur le degré de fréquence des différentes causes de mort, a reconnu que les maladies du système nerveux central, tt des systèmes respiratoire et circulatoire sont assez rares chez les maçons, tandis que les maladies de l'appareil digestif sont plus graves, 8,6 pour JOO des causes de décès (la movenne ét^mt .4,9); que ces ouvriers sont en tête, et à une grande distance des autres métiers, pour les accidents, 25,7 des décès, la moyenne générale étant seulement 5,8, el ceux qui viennent iminédiatenieiit après eux, les serruriers et forgerons donnant

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sailomcntO,! pour 100. (SeiihWlc, Lehens Dauer, etc. Fraûk. .4. M. 1855, iii-8°.)

La phthisle dont on a voulu l'aire l'apanage de la profession des nsaçons nous a jaru mériter une mention à part. Suivant Benoiston de Chàteauneuf, sur 4071 malades de cette profession entrés dans les hôpitaux de Paris de 1817 à 1827, on a compté 90 décès par phthisie ou 2,22 pour 100, la moyenne générale étant 5,01. {Ann. d'Iii/g., 1^« série, t. VI, 1851.) Lombard (de Genève) a trouvé, par rapport aux décès, sur 124 cas île décès cliez les maçons, 12 phthisicsoa9,G7; la moyemie générale étant l\,i.{Ann. d'hijg., !■■« série, t. XI, 1854.) Hannover, à Copenhague, a trouvé un chiffre beaucoup plus éle\é, sur les JOÎ décès menlionnés plus haut il y avait 52 phthisies ou 30,7 pour 100, la moyenne étant 5i,8; Neufville a trouvé que sur les 22 professions réunies en U groupes, les maçons occupent le douzième rang avec le rapport 17,1 pour 100 ; le;, tailleurs étaient selon l'usage les plus maltraités (59,9 pour 100), et les bouchère les plu5 favorisés (8,02 pour 100); la moyenne générale était 25,6 pour 100; au total, dans tous les relevés, on voit constamment les maçons au-dessous de la moycr.iie, et cela se comprend, quand on songe à leur travail à l'oir libre et à la vigiieur dû leur constitution.

On a rt-gardé la niéder qui nous occupe, comme exposant au.\: irritations cutanées et par suite à certaines éruptions, les relevés de l'hôpital Saint-Louis pour 1862 nous doravant 74 maçons, chiffre qui n'a rien d'étonnant; vu le grand nombre d'ouvriers de cette profession, existant aujourd'hui à Paris, et sur ces 74, plus de la moitié, 48, présentaient des aîfeclions darlreuses.

Chez ces artisans, les affections épidémiques et le choléra en particulier ne paraissent pas sévir avec une fréquence et une gravité spéciales. En 1852 on a noté chez eux, 517 décès; et, pendant l'épidémie de 1855-54 on a reçu, dans les hôpitaux, 502 maçons, dont 159, ou 55 pour 100 ont succombé. C'est à peu prè^ le raj port ordinaire.

Quant à la durée moyenne de la vie, nous voyons, dans les tableaux de M. Lombard, que la vie moyenne des maçons serait de 55,2, ce qui est à peu près exactement le chiî;re a'.oyen (55). Le docteur Farrqui a pris la période de 45 à 55 ans, dans laquelle il est manifeste que l'inlluence de la profession doit plus particulièrsment se fiire sentir, nous montre les maçons comme occupant un très-bon rang, 12 pour 1000, la mortahté moyenne pour toute l'Angleterre pendant cette même période de la vie, étant 18 pour 1000. Neufville ayant noté la durée nioyenno de la vie thez 125 maçons, n'a lrouvéque48 ans 8 mois, la plus grande iongé-.ité ct;;at po;ir les ecclésiastiques, 55 ans, les hthographes et graveurs occ('.'.îant It doinier rang (40 ans 8 mois). Les divergences entre ces chiffres auraient gif-!îd besoin d'ètie éclairées par des détails sur le genre de vie des ouvriers dans les différents pays. E. Bgd.

?.2.iCQîJl.Kà' (les).

;î5r.cq«a5-* {Jacques Henri). Né à Reims en 1726, mort à Paris le 9 avril 1708. Homme de bien, praticien honnête et consciencieux, Marquart ne tient (iiï'une fort petit-.- jiîace dans l'histoire de la médecine. Son nom s'est cependant tiouvé mêlé à l'i;!sLoi;-e de l'inoculation, dont il fut tour à tour l'apologiste et le déirftctei.'.r. En Î760, il succéda au célèbre Barthez comme rédacteur du Joi'.rnal des savants.

l. La taille h;Urale s' erécute-t-elle plus sûremenl et pliis facilement avec V instrument connu «OMS le nuin de Utiiotome caclié? 1755, in-8°. — II. Collections de thèses médico-

650 MACQUER.

chirurgicales sur les jwiiits les plus importants de la chirurgie théorique et pratique. -ÎToT, 5 vol, in-12. — Extrait de la collection de Ilaller. H. Mk.

Macquart (Louis-Charles-Réné). Né à Reims le 5 décembre 1745, mort à Paris le 12 juillet 1818. Fils du précédent et docteur de la faculté de Paris, Macquart s'occupa beaucoup moins de médecine que de minéralogie, science dans laquelle il acquit une assez grande réputation. Les collections du Jardin des Plantes lui doivent de beaux spécimens rapportés d'un long voyage dans le nord de l'Europe, entrepris aux frais du gouvernement. — Il s'occupa également d'hygiène d'une façon spéciale et non sans succès. Lorsque le gouvernement fonda les Écoles centrales, Macquart fut nommé professeur d'histoire naturelle à celle de Seine-et-Marne, et conservateur du cabinet de Fontainebleau.

On a de Macquart un grand nombre d'articles insérés dans plusieurs journaux de l'époque et surtout dans le Ueciieil de la Société de médecine. Il a publié, en outre :

I. Ergà inter ossa capitis varii nisus absumuntur communicatione, vibrationc, oppositione. 1770, in-4°. Thèse pour le doctorat, sans grande valeur. — II. Manuel sur les propriétés de l'eau, particulièrement dans l'art de guérir. 1783, in-S". Ouvrage qu'on lit encore avec le plus grand intérêt. — III. Essais, ou Recueils de mémoires sur jilasieurs points de minéralogie, avec la description des pièces déposées chez le roij, i'analijse et la fujnre chimique de celles qui sont le plus intéressantes et la topographie de Moscou. M'iù, [u-i". Traduit en allemand. — IV. Dictionnaire de la conservation de l'homme ei d'hggiène. 1799, 2 vol. in-8°; 2'-' édit., 1800. — V. .\rticles se rapportant à l'hygiène, d:;ns le Dictionnaire de ■médecine de l'Encyclopédie méthodique. H. Mr.

MACQUER (PiERPvE-JnsEPii), Né à Paris, le 9 octobre 1718, mort le 15 février 1784. Tout à la fois docteur en médecine et maître eu pharmacie, Macquer délaissa ces deux professions pour se livrer, avec une ardeur extrême et le plus grand succès, à l'étude des sciences physiques et clùrr.iques. Disciple de Rouelle, il surpassa le maître et fit faire de très-grands progrès à la science chimique. Doué d'un certain génie, et frappé des imperfections trop évidentes de la théorie chimique de son temps, Macquer essaya de la modifier, mais il échoua complètement et ses innovations furent des plus malheureuses. Il appartenait à Lavoisier de mener à bonne fin l'œuvre que son prédécesseur n'avait su qu'entrevoir. Macquer instituait parfaitement une expérience, mais il n'en savait pas tirer toutes les conséquences qu'elle comportait. Rien nest plus intéressant que l'article Diamant dans son Dictionnaire de chimie, mais il fallut encore que Lavoisier montrât toutes les conséquences de cette expérience célèbre. Le premier, en effet, Macquer avait démontré que le diamant, calciné dans le vide, ne se modifie pas et ne perd pas de son poids, tandis qu'il disparaît complètement si on le brûle à l'air libre. — Les expériences chin-iques de Macquer sont intéressantes et, pour la plupart, curieuses et nouvelles. Nous ne signalerons que les plus importantes. 11 démontra que l'arsenic est un véritable métal, et s'occupa des sels arsenicaux, dont l'un, le bi-arséniatc de potasse, porta longtemps le nom de sel arsenical de Macquer; — il étudia à fond les su.lfat'es de chaux et d'ammoniaque: — il s'occupa du platine, mais d'une façon trèsincomplète, — reconnut que l'or peut se volatiliser, que l'étain s'oxyde au contact de l'air; — il fit une analyse assez complète du lait, des substances excrér mentitielles, etc. — Ces travaux justement estimés valurent à leur auteur une grande réputation ; et dès 1745 il fut reçu membre de l'Académie des sciences. Il était également chargé de la direction des travaux de la manufacture de SA-

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