‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.56Chapitre 21 sur 80 · MAJOR · texte numérisé non relu

MAJOR

maladies des yeux ; et en cela, m'acquitter du devoir de ceux de ma profession qui, s'étant dévoués pour le service du public, ne peuvent sans injustice se rendre secrètes les connaissances particulières qu'ils acquièrent dans l'exercice de leur art. En effet, si ceux qui nous ont précédés ne nous avaient pas laissé leurs découvertes, leurs observations et leurs méditations sur toutes les parties de la médecine, cette science serait encore dans le berceau, et nous aurions juste sujet de nous plaindre d'eux ; mais ils l'ont fait si libéralement, qu'à leur imitation nous ne devons point priver le public du fruit de nos veilles et de nos travaux... Je suis persuadé qu'on louera mon dessein et qu'on l'approuvera quand, après avoir lu ce traité, et après avoir conféré les descriptions que j'y fais des maladies avec celles qu'on lira dans les auteurs, on trouvera que dans celles oîi je suis entièrement d'un sentiment opposé, je me soutiens et par la raison et par l'expérience comme sur deux pivots inébranlables... Ce que je dis n'est point pour critiquer nos auteurs ni ceux qui suivent leurs sentiments; j'ai trop de respect pour l'antiquité et pour mes maîtres. S'ils se sont trompés en bien des choses, ce n'est pas leur faute. L'opinion, par exemple, qu'ils avaient de l'usage du cristallin, et de la manière qu'ils pensaient que la vue se faisait, n'a pas peu contribué à leur donner une fausse idée de la cataracte; et je puis dire que j'en aurais encore la même idée si j'avais toujours été persuadé que le cristallin fût le principal instrument de la vue... Je souhaite que ce traité puisse exciter un grand nombre de chirurgiens à s'adonner à l'étude particulière de ces maladies, afin que, s'étant rendus capables de les traiter, les pauvres comme les riches en puissent recevoir du soulagement, et que ce soit pour la plus grande gloire de Dieu. »

Comme on devine à ce langage l'honnête homme, l'homme de bien !

Voici les titres des publications de Maitre-Jan :

I. Histoire d'un monstre fort singulier (agneau sans tête, sans poitrine, sans vertèbres, sans queue, ayant seulement une espèce de ventre au bout duquel étaient les cuisses, les jambes et les pieds de derrière). In Hist. de l'Acad. des se, 1705, p. 28. — II. Relation d'un polype volumineux du nez. In Hist. de l'Acad. des se., 1706, p. 53. — III. Observations sur la formation du poulet, où les divers changements qui arrivent à l'œuf à mesure qu'il est couvé sont exactement expliqués et représentes en figures. Troyes, 1707, in-4''; Paris, 1712, in-12; ibid., 1722, in-12, 526 pages, 10 pi. gravées. Ouvrage fort curieux, très-bien fait, bourré d'expériences conduites avec soin et talent. L'auteur y combat le système de la génération pnr les zoospermès. Il veut que la femelle fournisse seule le germe de l'embryon et que le mâle lui donne seulement l'action d'où la vie dépend. — IV. Traité des maladies de l'œil et des remèdes propres pour leur guérison ; enrichi de plusieurs expériences de jjhijsique. Troyes, 1707, in-4°; Paris, 1722, in-12; ibid., 1740, in-12, 554 pages avecla table des matières. A. G.

WAJOR(Jean-D.oiel), né à Breslau le i 6 août 1654, mort à Stockholm le 5 juillet 1693. Major, que Thomas Bartholin, son admirateur enthousiaste, voulait que l'on appelât Maximus, est un de ces trop nombreux exemples d'hommes, sans grande valeur, qui, après avoir joui pendant leur vie d'une réputation immense, ne laissent, à leur mort, qu'un souvenir bientôt effacé et une longue Uste d'ouvrages que personne ne lit plus. 11 fit ses études à Wittemberg et, à Leipzig, prit ses grades à Padoue, et vint se fixer à Wittemberg, oii il épousa la fille de Sennert. Après un séjour à Hambourg, il fut nommé professeur de médecine à Kiel et directeur du jardin botanique de cette ville. Appelé à Stockholm, pour donner ses soins à la reine de Suède, il mourut bientôt dans cette ville. Si l'on en croit ses biographes, le chagrin de n'avoir pas guéri la reine, ou plutôt la blessure faite à son amour-propre, fut la cause réelle de sa mort. Major ne s'occupa pas seulement

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