MAL DE LA BAIE DE SAINT-PAUL
véritable peste, comme le veulent de Jussieu, Paulct, Saillant et l'abbé Tessier dans leur savant rapport [Mém. de la soc. de med., t. I, p. 272 ; Paris, 1776, in-4")? C'est ce qui estexaminé au mot Feu sache ouFeu Saint-Antoine. E. Bgd.
MAI. DES ASTURIES. {Voy. PELLAGRE.)
MAL ©E LA BAIE lîE SABPST-PAIX. On a décrit sous divers noms, et comme extraordinaires ou particulières à certaines localités, plusieurs maladies qui ne sont autre chose que des exemples frappants de syphilis.
Seulement, avec la manière dont était décrite récemment encore la syphihs, c'est-à-dire avec l'idée généralement répandue que la blennorrhagie, le chancre simple et le bubon chancreux faisaient partie de la maladie, on a hésité en présence de ces endémo-épidémies purement syphilitiques. Quelques auteurs, il est vrai, leur ont trouvé des analogies avec la syphilis, mais avec la syphilis ancienne, avec celle qu'avaient observée et décrite les contemporains de l'endémo-épidémie du quinzième siècle, et dans laquelle ces auteurs ne font figurer, en effet, ni la blennorrhagie, ni le chancre simple, ni le bubon chancreux.
A l'apparition de la syphilis en Europe, au quinzième siècle, cette maladie, en se répandant dans les grands centres do population, n'a pu moins faire que d'y rencontrer les autres maladies vénériennes qui y régnaient déjà depuis longtemps {Voy. Blennobrhagie, Bubon, Chancre et Syphilis) . Elle a fait avec elles, dans ces grands centres, une sorte d'endémo-épidémie complexe et toujours existante de syphilis, de chancre simple et de blennorrhagie.
Mais ces maladies, réunies dans leurs principaux foyers, peuvent s'irradier aussi à distance, chacune de son côté, et se séparer accidentellement. La syphihs notamment qui se propage par des modes beaucoup plus variés que les deux autres maladies vénériennes, s'éloigne assez souvent du foyer commun, et des villes oii elle est étabhe à demeure, elle peut, transportée par un nourrisson infecté, par e.\emple, passer et s'établir dans des campagnes restées jusque-là à l'abri du lléau. Elle s'isole alors de ses deux acolytes habituels et forme des endémoépidémies où elle règne seule.
Avant que l'opinion des syphilographes fût fixée sur la pluralité des maladies vénériennes on trouvait étranges ces cas de syphilis dans lesquels on ne rencontrait pas les symptômes de toutes les maladies vénériennes réunies. On les décrivait sous des noms spéciaux comme des allections distinctes, singulières, auxquelles on trouvait bien des aualogies avec la syphilis, mais seulement, ainsi que nous l'avons dit, avec celle du quinzième siècle. Aujourd'hui qu'on sait à quoi s'en tenir sur ce point de doctrine et qu'on connaît d'ailleurs beaucoup mieux les différents modes de la contagion syphilitique, aussi bien à la période secondaire qu'à la période primitive de la maladie, on ne peut que trouver parfaitement réguliers tous ces faits, jadis réputés insolites ou anormaux.
C'est à ce point de vue que je me suis placé dans mon mémoire intitulé : Recherches sur plusieurs maladies de la peau réputées rares ou exotiques qu'il convient de rattacher à la syphilis [Arch. génér. de médecine, iSGi). J'ai démontré dans ce mémoire que les maladies décrites sous les noms de mal de la baie de Saint-Paul, mal de Brunn, mal de Sainte-Euphémie, maladie de Chavanne-Lure, maladie de Fiume ou de Scherlievo, Facaldine, Pian, Yaws, Frambœsia. Pian de Nérac, Radésyge, Sibbens d'Ecosse, sont tout simplement des maladies syphilitiques. Ces recherches paraissent avoir entraîné la conviction de la