‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.56Chapitre 33 sur 80 · MALADIE DE BRIGHT · texte numérisé non relu

MALADIE DE BRIGHT

cette liaison, a l'honneur de voir donner son nom à une maladie qui avait [our principaux caractères la présence de l'albumine dans l'urine et la coïncidence d'une anasarque avec des lésions rénales d'aspect différent. Toutefois, quelques auteurs préfèrent la dénomination d'albuminurie ou de néphrite albumineuse à celle de maladie de Bright ; mais le mot albuminurie, n'exprimant qu'un état symptomatique, est bientôt abandonné, et bon nombre de médecins refusent d'appeler du nom de néphrite albumineuse une lésion qui souvent ne leur paraît rien moins qu'inflammatoire. Or, c'est à cette circonstance, plus encore qu'à la reconnaissance vis-à-vis d'un des médecins les plus illustres, que la dénomination de maladie de Briglit dut son succès. Ainsi la confusion touchant la lésion anatomique des reins, dans les cas d'anasarque avec urines albumineuses, a pu favoriser l'appellation de maladie de Bright, et conséquemment il n'y a pas lieu d'être surpris si aujourd'hui nous croyons devoir nous opposer à cette dénomination, en tant qu'on voudrait en faire la représentation d'une espèce morbide. L'application des recherches histologiques à la clinique montre avec évidence que les lésions rénales décrites sous le nom de maladie de Bright, loin d'être toujours identiques, diffèrent non-seulement par le siège de l'altération dans le parenchyme du rein, mais encore par la nature du processus morbide. D'ailleurs, il suffit de faire l'examen microscopique du rein brightique pour se convaincre que les différents degrés d'altération décrits par Brighl et ses successeurs ne peuvent être les phases successives d'une même altération, mais des altérations distinctes, non-seulement par leur siège élémentaire, mais par leur nature et leur évolution. Johnson, Virchow, Grainger Stewart, Cornil, moi-même et beaucoup d'autres plaident dans ce sens, et si, comme je me suis apphqué à le faire [Atlas d'anat. pathol.), poussant l'analyse plus loin, on cherche à s'éclairer sur l'éliologie de ces diverses altérations, il est facile de voir qu'elles répondent à des causes multiples, et que chacune de ces causes imprime en quelque sorte son cachet à la lésion rénale. Personne ne contestera que l'altération des reins consécutive à la scarlatine ne soit fort diffétente de l'altération graisseuse ou stéatose des buveurs d'alcool et de la néphrite interstitielle et atrophique qui accompagne quelquefois l'intoxicatioti saturnine prolongée. Pourtant, en voyant ces lésions chez trois individus différents, on n'eût pas manqué autrefois d'en faire les degrés d'une même affection, quand en réalité il ne s'agit nullement dans ces cas de processus identiques. La première de ces altérations ou néphrite catarrhale, résultat d'une infiltration des épithéliums par des substances protéiques, est quelquefois susceptible de guérison, c'est lorsque l'exsudat se métamorphose sans avoir détruit les cellules épithéliales. La seconde, qui consiste en une accumulation de graisse, ou mieux en une transformation graisseuse des épithéliums des reins, est ordinairement mortelle et d'une durée relativement courte. La troisième, enfin, qui est produite par un épaississement du stroma conjonctif, est un état également sérieux, mais d'une durée toujours longue. Ainsi, ces altérations différentes d'origine et de nature ne peuvent être considérées comme faisant partie d'une même maladie, et la dénomination de maladie de Bright n'est en réalité qu'un ternie général sous lequel viennent se grouper des lésions multiples et dissemblables. Envisagée au point de vue de l'anatomie pathologique, cette maladie brightique n'a même pas quahté pour représenter un genre, c'est-à-dire une réunion d'états ayant entre eux une analogie marquée, et se rapprochant les uns des autres par des caractères communs, puisque nous ne pouvons voir ni analogie, ni caractères communs dans les altéralions que nous venons de citer comme exemple. Je sais bien que si on n'examine

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que le cote symptomatologique de cette prétendue maladie, on m'objectera qne i'anasarque et l'albuminurie en sont des phénomènes pour ainsi dire constants; cela est vrai, mais doit-on attacber plus d'importance au symptôme qu'au désordre matériel auquel il est subordonné? personne ne l'admettra. 11 importe donc de reconnaître la diversité des lésions brightiques, que l'on peut grouper sous les cbefs suivants :

1" Népbrite épithéliale ou catarrhale ;

2" Néphrite conjonctive ou interstitielle ;

3" Stéatose ou dégénérescence graisseuse des reins ;

4" Leucomatose ou dégénérescence amyloïde des reins.

Ajoutons que ces lésions se compliquent quelquefois et qu'il est un certain nombre de cas mixtes que l'on peut bésiter à ranger dans l'un ou l'autre de ces genres, ta moins d'une grande habitude.

Ainsi décomposée, la maladie de Brigbt peut être envisagée à un point de vue réellement pratique, car, les lésions qu'elle comprend ayant chacune une évolution déterminée, il suffit de la connaissance du genre d'altération pour être renseigné sur cette évolution. Ce renseignement est plus complet encore quand au lieu de s'arrêter au genre on s'applique à distinguer l'espèce. Or la néphrite catarrhale s'observe dans la plupart des maladies fébriles aiguës, et de là les néphrites scarlatineuse, érysipélateuse, typhoïde, etc. A la néphrite conjonctive ou interstitielle se rattachent les néphrites syphilitique, plombique et un certain nombre d'autres lésions dont l'étiologie est jusqu'ici indécise. Le genre stéatose a pour représentants spécifiques les stéatoses alcoolique, phosphorique, etc. Le genre leucomatose a pour type la leucomatose scrofuleuse, celle des maladies cachectiques. Si donc il suffit, pour arriver à diagnostiquer une maladie de Brigbt, de la coïncidence d'une albuminurie avec lésion rénale et anasarque, il importe, pour savoir comment marchera cette maladie et quelles indications thérapeutiques elle réclame, de rechercher le genre de l'altération rénale, de s'enquérir de la cause qui l'a produite, afin d'en déterminer l'espèce ; alors seulement le diagnostic sera complet, il sera possible d'instituer une thérapeutique rationnelle et de prévoir l'évolution ultérieure et la complication décrite sous le nom d'urémie, puisque cette complication est dans une certaine mesure subordonnée à la nature de la lésion brightique. N'ayant pas à décrire ici les altérations désignées jusqu'à présent sous le nom de maladie de Bright, nous n'avons pas non plus à nous occuper des accidents urémiques, qui rentrent dans la pathologie des reins {Voy. Néphrite et Reins). E. Lakcereaux.

MALADIE DE FOIIV ( Fo«/. AsthME)

MALADIE DES SCYTHES, Maladie féminine {Bri^ety. voOo-o;). Hérodote raconte qu'au moment où les Scythes, après leur grande incursion dans la Médie et la Palestine, quittaient la Syrie, leur arrière-garde ayant pillé le temple de Vénus Uranie à Ascalon, la déesse envoya une maladie de femmes à ceux J'entre les Scythes qui avaient pillé le temple, et que ce châtiment s'étendit à jamais sur leur postérité. Les Scythes, ajoute-t-il, disent que cette maladie est la punition du sacrilège commis, et que ceux qui voyagent dans leur pays s'aperçoivent de l'état de ces malades qu'ils appellent Enarées, c'est-à-dire évirés {Hist., I, 105). Ailleurs, parlant des sorciers et des jongleurs de ce même pouple, il dit : « Les énarées prétendent qu'ils tiennent ce don (l'art de la divination) de Vénus elle-même, et

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