‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.56Chapitre 35 sur 80 · MALADIE DU SOMMEIL · texte numérisé non relu

MALADIE DU SOMMEIL

enfin en augmentant l'irritation quand elle a été développée par des excès récents (Des pertes séminales, !'« part., p. 581 et suiv. Paris, 1836, in-8°].

Nous pourrions multiplier encore ces citations relatives aux explications données par les auteurs sur l'impuissance des Scythes, celles qin précèdent suffisent pour montrer que le problème est loin d'être résolu et combien, dans l'intérêt de la science, il serait à désirer que des médecins voyageurs pussent examiner la question sur les lieux mêmes, afin d'apprécier rigoureusement les conditions dans lesquelles le phénomène se produit, et les circonstances qui peuvent influer sur sa production.

En attendant, nous renvoyons les personnes qui voudraient étudier l'histoire de la maladie des Scythes aux mémoires ou dissertations qui suivent et qui ont été spécialement consacrés à ce sujet : .

Bibliographie. — Bagaro. Explication d'un passage d'Hippocrate touchant les Scythes qui dcviennenl eunuques. Nancy, 17G1, in-8°. — Bose. Progr. de Scytharum viau ôïi'/.six ad illusiraiidwn locuni Herodoti. Lipsiee, 1178, in-4''. — Hevne (Ghr. G.). De maribus inter Scythas morbo effcminatis, etc. In Comment soc. reg. se. Gœttingensis ad. ann. 1778. Gœttingse, 1779, t. 1, in-4°. — ISebel (Em. Lad. "Wilh.). Epistola de viorbis veterum obscuris. Sect. L Giessaî, 1794, iii-4°. — Graff (Cari). ©vîAsi»: vouao?, seu tnorbus fœmineus Scijtharum. Wirceburgi, 1815, 111-8°. — Stark(C. G.); De vahau b-nUia., apud Herodotum, Prolusio. Jenœ, 1827, in-4°. — Friedueich (G.). &-riliiix vouaQi, Historisches Fragment. In Magaz. fur die philosopk. Mediz. und gerichtl. Seelenkimde, 1. 1, p. 75. AViirzburg, 1829, in-8°, E. Bgd.

MALA.DIE DU îiOlMMElL (anglais : Sleeping-dropsy ; noms indigènes à la côte d'Afrique : n tonzi^ lalangolo, m bazo-'niclo; — somnolenza du docteur Gaigneron ; %pwosie de Dangaix et Nicolas). Cette dénomination a été donnée àuiie maladie du cerveau, exclusivement observée, jusqu'à présent, chez les nègres originaires de divers points de l'Afrique occidentale, du Congo surtout, caractérisée par les manifestations physiques du sommeil porté beaucoup au delà des h'mites physiologiques et, le plus souvent, à un degré plus avancé, par des accidents convulsifs qui ne tardent pas à être suivis de mort. Cette maladie serait Je résultat d'une hypéréraie passive de l'encéphale et des. méninges.

Winterbottom, le premier, en 1819, a signalé cette singulière maladie parmi les esclaves noirs du littoral du golfe de Bénin, et particulièrement chez les nègres Poulahs. En 1840, le docteur Cllark, fixé à Sierra-Leone, en publia une relation sous le nom de sleepiny-dropsy (hydropisie narcotique) qui serait la traduction littérale de la dénomination employée par les nègres. Dans son mémoire, il dit l'avoir observée chez les noirs des tribus de l'intérieur du continent. A partir de 1860, les médecins de la marine française détachés au service de l'immigration de la côte d'Afrique aux Antilles eurent occasion d'observer la maladie du sommeil. Dangaix, Gaigneron, Nicolas l'étudièrent successivement, mais le petit nombre des cas qu'ils rencontrèrent suivant les circonstances dans lesquelles ils ' se trouvaient' ne leur permirent pas de pousser très-loin leurs investigations nécroscopiques. Boudin et Hirsch donnèrent dans leurs ouvrages de géographie médicale, l'analyse des travaux publiés jusqu'alors sur ce sujet. Tout récemment le docteur Guérin, médecin de 2*^ classe de la marine, attaché depuis plusieurs années au service de la Martinique, a rédigé une thèse très-intéressante qui est le résumé de l'observation de 1 54 cas de maladie du sommeil et de 52 autopsies. C'est particulièrement à ce travail que nous empruntons les éléments de cet article.

Etiologie. Jusqu'à présent on ne sait rien sur les causes de cette maladie bizarre. Le point capital, c'est qu'elle n'a été observée jusqu'à présent que chez

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(les nègres africains ; aussi Boudin l'a-t-il rangée parmi les maladies ethiii([ues. Mais, chose singulière, c'est que jamais cependant elle n'a encore été signalée parmi les nègres, exempts de tout mélange, nés aux Antilles. Cette maladie n'avait jamais été notée par les divers médecins qui ont écrit sur les affections de ces colonies. Dutroulau lui-même ne l'a pas observé et n'en parle que d'après Gaigneron. Tous les cas recueillis par le docteur Guérin se sont offerts chez des noirs provenant de la côte d'Afrique et ayant, au plus, cinq à huit ans de séjour aux Antilles. C'est à tort que les médecins attachés à l'immigration africaine ont d'abord cru à une maladie épidémique d'origine récente sévissant chez les noirs des tribus de l'intérieur et résultant d'une disette. Ils ignoraient que la maladie du sommeil était connue des médecins anglais depuis 1819. Connne l'a fait remarqué avec juste raison le docteur Nicolas et après lui le docteur Guérin, on ne peut attribuer à cette maladie le caractère épidémique et encore moins la supposer importable. Sur 1,207 émigrants que Nicolas a amenés du Congo aux Antilles, il n'a observé que 5 fois la maladie du sommeil. Sur 100 décès on pouvait compter 1 somnolent. Si, dans certaines circonstances, il a été légitime de penser que la mauvaise alimentation avait pu jouer un rôle dans le développement de la maladie, le docteur Guérin cite ailleurs des cas oiî les sujets, bien que transportés loin de leur pays, jouissaient, sous tous les rapports, de conditions hygiéniques excellentes.

Les passions tristes paraissent avoir une influence manifeste sur l'uivasion de Ylujpnosie. Toutefois plusieurs des malades dont l'observation est relatée dans la thèse de Guérin ne semblaient pas avoir été déprimés par le chagrin.

L'bypnosie attaque tous les âges et tous les sexes à peu près indistinctement, cependant, d'après Guérin, l'âge de prédilection serait de 12 à 18 ans. Elle est relativement plus rare dans l'enfance.

SïMPTOMEs. Nous ne pouvons mieux faire que d'emprunter à la thèse de Guérin, la description qu'd a tracée et qui est, jusqu'à présent, la plus complète.

« Le début est rarement brusque, presque toujours les malades éprouvent des prodromes qui surviennent au milieu de la santé la plus parfaite.

« Il se déclare d'abord une légère céphalalgie occupant, le plus souvent, les régions sus-orbitaires, quelquefois, c'est un sentiment de constriction aux tempes. Cette céphalalgie, n'est jamais intense ; après quelques jours, survient un besoin de dormir, d'abord léger, débutant après les repas, rarement dès le matin. Le malade peut d'abord y résister, puis après un certain temps, il y succombe malgré lui. Cette somnolence est souvent précédée d'mie sensation d'engourdissement du cuir chevelu et d'une pesanteur de la paupière supérieure qui s'abaisse graduellement jusqu'à amener l'occlusion presque complète de l'œil. Ce prolapsus de la paupière supérieure disparait en partie, quelques instants après le réveil. Ce n'est que dans la période avancée de la maladie que ce phénomène persiste au point que l'œil reste constamment à moitié fermé.

« Quelques jours après, les accès de sommeil deviennent déplus en plus longs; ils surprennent le malade dans toutes les positio.ns, le plus souvent après les repas. Alors, s'il n'est excité, quel que soit le besoin de manger, il s'assoupit et s'endort, sans changer d'attitude.

« Dans cette période de la maladie, la marche devient lourde; le malade est pai-esseux, triste; il évite ses compagnons. La figure se tuméfie surtout p -ndant

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