MALLE
MALLAT DE BASSILA]^ (J). Médecin voyageur, né à Angoulème en 4808, fit ses études et prit le grade de docteur à la Faculté de Paris en 1850. Il entra au service de l'Espagne en qualité de chirurgien de l'Ecole royale de médecine de Barcelone; puis, envoyé aux Philippines, il remplit les fonctions de médecin en chef à l'hôpital Saint-Jean-de-Dieu à Manille. Mallat ufilisa cette position pour entreprendre d'importantes recherches sur les sciences naturelles et géographiques. Les services qu'il rendit là aux marins français après le naufrage de la iMa^icienne furent récompensés par la croix de la Légion d'honneur, et, en 1844, le ministre de la marine en France, l'amiral de Mackau, le nomma notre agent consulaire dans les mers de l'Indo-Chine. Lors de l'occupation temporaire de l'île de Bassilan, il déploya une énergie et un courage qui lui méritèrent l'autorisation d'ajouter à son nom celui de cette île. Depuis lors Mallat revint en France et se livra, à Paris, à la pratique médicale ; c'est là qu'il mourut d'une attaque d'apoplexie le 13 janvier 1863. Il était membre de la Société de géographie.
Ce médecin laborieux et instruit a laissé les ouvrages suivants :
I. Essai sur la teigne faveuse. Th. de Paris, 1850, n" 156. — II. Les îles Philippines considérées au point de vue de l'hydrographie et de la linguistique. Paris, 1845, in-8% tabl.
— III. Archipel de Soloii ou description des groupes de Basilan, de Solou et de Tawi-Tawi, suivie d'un vocabulaire français-malais. Paris, 1844, in-S", cartes, pi. — IV. LesPlulippines, histoire, géographie, mœurs, etc. Pai'is, 1846, in-8°, 2 vol., ail. in-fol. E. Bgd.
m ALLE (Pierre-Nicolas-François), chirurgien militaire et anatomiste contemporain; distingué plutôt par son savoir et par son ardeur au travail que par l'originalité de son esprit. II était né à Calais le 12 février 1805, et entra comme chirurgien surnuméraire au Val-de-Grâce au commencement de 1823; dans le courant de la même année il obtint, à la suite d'un concours, l'emploi de chirurgien sousaide provisoire à l'armée d'Espagne. De retour en France, il est successivement attaché aux hôpitaux de Calais, de Nancy, puis de Strasbourg, remporte les prix de la Faculté et de l'hôpital militaire d'instruction de cette dernière ville et se fait recevoir docteur en 1829. Dès l'année suivante, il concourt pour l'agrégation et l'emporte; dès ce moment il fait des cours publics d'anatomie et de chirurgie et se présente successivement à différentes chaires. Malgré ses échecs, l'éclat de ses épreuves accroît encore sa réputation, qu'il soutient d'ailleurs par d'importantes publications. Enfin, en 1837, il obtient la chaire d'anatomie physiologique normale et de maladies syphilitiques à l'hôpital d'instruction. Appelé tout à coup en Algérie et chargé du service de l'hôpital de Mustapha situé extramuros, on le voyait tous les jours aller dans l'intérieur de la ville à l'hôpital du dey, oii il donnait des leçons d'anatomie et de chirurgie. Une constitution encore plus robuste que la sienne n'aurait pu résister à tant de fatigues ; son intelligence épuisée avait besoin de repos, et cependant il lui fallut encore, en 1849; diriger à Rome le service de santé de l'armée expéditionnaire. Dès lors se manifestèrent les premiers symptômes d'une affection cérébrale qui l'obligea d'abandonner ses fonctions et l'emporta brusquement dans le courant du mois d'août 1852; il n'avait que quarante-sept ans.
Les ouvrages suivants attestent la prodigieuse activité de son esprit et la variété de ses connaissances.
I. Quelques considérations sur plusieurs points de chirurgie. Th. de Strasb., 1829, n» 906.
— II. Du mécanisme des mouvements de la respiration, considérés, etc. Paris, 1833, in-4<'.
— III. Dissert, sur lea généralités de la physiologie et sur le plan à suivre, etc. Th. de CQV.z, (ch. de physiol.). Strasb., 1834, in-8». — IV. Histoire médico-légale de l'aliénation mentale. Th. de conc. (méd. lég.). Strasb., 1835, in-4°. — V. Des contre-indications aux ope-