CHEZ LA NOURRICE
IS
Mort au bout de 2 mois
3 jours après la mort de l'enfant.
8 jours après la mort de l'enfant.
8 jours après la mort de l'enfant.
8 jours après la mort de l'enfant.
15 jours après la mort de l'enfant.
15 jours après la mort de l'enfaiil.
3 semaines après la cessation de l'allaitemcnl.
3 semaines après la mort de l'enfant.
1 mois après que l'enfant a été rcmlu.
1 mois après que l'enfant a été rendu.
Peu après la mort de l'enfant.
Quelque temps après la mort de l'enfant. 12 jours après que l'enfant a été rendu.
3 semaines après la mort de l'enfant.
1 mois après la mort de l'entant.
Quelques jours après la mort de l'enfant.
Mort au bout de 2 mois et 6 jours. . . . Mort au bout de 37 jours. . . ^ . - . .
Moit au liout de 1 mois 1/2
Mort au ])out de 3 mois 1/2
Mort au boul de quelques semaines . . ,
Allaité (lar une thèvre, guéri
Mort au bout de 1 mois et 3 jours. . . ,
Rendu au bout de 4 jours
Rendu à ses parents
Mort au bout de 2 mois 7 jours
Mort au bout de 3 mois 1/2
Mort au bout de 5 mois 1/2
Mort au bout de 5 jours
Mort au bout de 5 mois 8 jours
Mojt au bout Je 3 mois 8 jours
Dans toutes ces observations on voit qu'il s'est écoulé un certain temps, tantôt plusieurs jours, tantôt plusieurs semaines, tantôt même plus d'un mois, entre la cessai-ion de rallaitemt.'iit et le développement du chancre. Or, rien n'empêche que pendant ce temps d'incubation la nourrice prenne un second nourrisson ; elle aura toutes les apparences de la santé, et cependant la syphilis seia en germe chez elle, et lorsque ce germe éclora sous forme de chancre, le second nourrisson contractera nécessairement la maladie. C'est ce qui est arrivé pour les cinq dernières nourrices de la statistique de M. Dron. Après leur premier nourrisson syphilitique, elles en ont pris un autre, et le chancre mammaire qui leur est survenu bientôt n'a pas manqué de se communiquer au dernier enfant allaité. Nous verrons plus loin quelles difficultés ces faits sont de nature à faire naître en hygiène et en médecine légale.
La période de début du chancre mammaire n'offre rien de particulier à noter, si ce n'est qu'on a peut-être plus souvent l'occasion d'observer au sein que partout ailleurs la papule par laquelle commence généralement le chancre syphilitique primitif. Mais lorsqu'on est obligé de s'en rapporter sur le début de l'affection au souvenir des malades, on apprend simpleiuent que le chancre a commencé par un petit bouton, une écorchure, une crevasse, tous accidents assez fréquents d;uis l'allaitement pour qu'on ne songe pas à les attribuer dans le principe à la syphilis,
La forme, c est-à-dire la configuration du chancre, a la même régularité au sein que dans les autres régions ; la coloration spécifique n'en est pas moins accentuée. Tout ce que nous aurons à dire sous ce rapport du chancre syphihtique en général est applicable au chancre mammaire (Voy. Chancre syphilitique).
L'étendue et la profondeur des chancres indurés mammaires ne s'écartent
MAMELLES -(pathologie). fi5
guère de la moyenne. Cependant c'est au sein que j'ai observé un des plus grands chancres plats que j'aie vus ; il avait 4 centimètres de diamètre ; je l'ai fait dessiner pour l'album de l'Antiquaille. Hnnter a rapporté une observation de chancre mammaire qui détruisit le mamelon ; il y en a un certain nombre d'autres semblables dans la science. L'ulcération a été notée plusieurs fois comme ayant fait le tour àa mamelon, ou comme présentant les dimensions d'un noyau de prune, d'une pièce de 1 franc, de 2 francs, de 5 francs (Pàcordi).
L'induration est en général bien marquée, quelquefois cbondroïde, d'autres fois simplement parchemiuL'e. Il y a des observations où elle a persisté après la cicatrisation du chancre ; en sorte qu'on peut dire que le sein est une des régions où l'induration se formule le mieux.
Le chancre du mamelon est presque toujours proéminent, comme celui du bord libre des lèvres, et rentre tout à fait dans la catégorie des chancres indurés bombés, saillants, qu'on a quelquefois pris pour des tumeurs papillaires ou cancéreuses. Celui de la base a souvent l'apparence d'une fissure ou rhagade circonscrivant une partie de la circonférenci' du mamelon, et située plutôt en haut ou en dehors, qu'en bas ou en dedans. Il faut l'entr'ouxrir peu h peu et le déplisser pour bien voir la forme arrondie ou oblongue et toujours très-régulière de l'ulcération. Le chancre du pourtour de la papille, c'est-à-dire le chancre de l'aréole, est plus souvent plat et [larcheminé. Il en est de mènie de celui des parties du sein encore plus éloignées du centre. C'est seulement par exception qu'on rencontre à la région mammaire des chancres appartenant aux variétés cupuliformes ou infundibuliformes.
Les femmes qui allaitent ont plus particulièrement des chancres à sutface humide, dépouillée, fournissant une sécrétion séro-purulente ou purulente plus ou moins abondante. Au contraire, chez les nourrices qui ont cessé d'allaiter, le chancre est l'ecouvert de croûtes sèches ou demi-sèches, et en général assez fortement adhérentes à la surface de l'ulcération.
Le chancre syphilitique mammaire subit fréquemment la transformation in situ en papule. M. Ricordi a cité un certain nombre d'observations de cliancres mammaires contractés accidentellement par des nourrices, et qui se seraient communiqués à des nouveau-nés sous forme de plaques muqueuses !)uccaÎGs [loc. cit., p. 50). Mais ces jirétendues pLiques muqueuses n'étaient évidemment que des chancres primitifs ayant subi cette même transformation in situ, encore plus fréquente à la bouche des nouveau-nés qu'au sein des nourrices.
Le chancre syphilitique mammaire se cicatrise quelquefois en laissant persister un noyau induré à la place de l'ulcération. Plus tard il peut rester encore comme vestige apparent de la lésion, une cicatrice, ou bien une tache rouge ou brune, loneue à s'effacer. On doit rechercher avec soin les traces locales du chancre : car souvent elles sont, comme nous le verrons plus loin, de précieux indices pour le médecin.
Le chancre syphilitique mammaire s'accompagne généralement d'adénite axillaiie indolente. Nous avons vu que Fabre avait déjà noté cette adénite. Depuis lui, tous les auteurs qui ont admis la transmission de la syphilis du nouveau-né à la nourrice, ont aussi fait mention de cet engorgement des glandes axillaires, sans se douter néanmoins qu'il fût symptomatique d'un chancre mammaire, d'un vrai chancre induré.
« Piien n'est plus commun, dit M. Diday, que de voir chez les nourrices infectées par le sein les glandes lymphatiques de l'aisselle correspondante s'engorger;