MA.NARDO
L'esprit élevé de Bufioa lui avait fait entrevoir la grandeur des résultais auxquels ces études devaient bientôt conduire, et dans l'un des chapitres de son Histoire des minéraux il écrivait ces mois remarquables à propos des fossiles : « Je le répète, c'est à regret que je quitte ces objets intéressants, ces précieux inomiments de la vieille nature, que ma propre vieillesse ne me laisse pas le temps d'eNaminer assez pour en tirer les conséquences que j'entrevois... D'autres viendront après moi qui pourront supputer... » Pallas, Cuvier, de Blainville, Owen, etc., ont montré combien c^s prévisio:is du grand naturaliste étaient fondées, et chaque jourde nouvelles découvertes viennent s'ajouter à celles dont la science leur est redevable. P.wi, Gervais.
Bibliographie. — Raï (J.). Synopsis methodica animaliuin, in-8°. Londres, 1G95. — Bcffos (avec la collaboration de Daubenton). Hist. nat. gén. et partie. L'édition in-4° est citée de préférence à l'in-S» et aax réimpressions, avec ou sans p-irties complémentaires du même ouvrage. — Klein. Quadrupedum descriplio brevis, in-i"; 1740. — Brissox. Regnum animale in classes IX distrihutum, in-S°. Paris, 1756. — Schreder, Die Sàugethiere in Abbildiingen nach der Natur mit Beschrcibungen, m-i". Commencé à Erlangen en 1775, continué par Goldfuss et par A- Wagner. — Vicq-d'.Azyr. Système anatomique des animaux, i vol. in-4''; 1792 (fait partie de l'Encyclopédie méthoJique). — Pensant. History of Quadriipeds (la ô' édit., "1 vol. in-4°, a paru, à Londres, en 1795]. — Illiger. Prodromus sijstcmatis mammaliiim, 1 vol. in-S°. Berlin, 1811. — G. Clviee. Ossements fossiles, 1'= édition, 4vol. in-4°, 1811-1812 (extrait des Annales du Muséum); 2= édition, 5 vol. in-4"', 1821- 1825; 3° édition, texte, 10 vol. in-8°, atlas, 2 vol. in-4°, avec explication, 1831-1856. — Desmarest. Mutnmalogie. 1 vol. in-4''. — Ccvier. Denis des mammifères, 1 vol. in-8° avec pi. Paris, 1825. — Te.mmixck. Monographies de mammalogie, 2. vol. in-i", avec pi. Paris, 1827-1840. — Geoffroy Saixt-Hilaire et Clvier (Fr.). Hist. nat. des mammifères, 5 vol. infol. Paris, 1824 (presque lous k-s articles sont dus à Fr. Cuvier). — Clvier (Fr.). Article Zoologie, dans le tome LIX du Dictionnaire des sciences naturelles; 1829. — Geat (J. E.). Catalogue of tlie spécimen of mammalia m the CoU'iction of the British Muséum; 5 parties in-12, savoir ; J.est ofthe Mamniulia ; Cetacea and secds et Furcipcda; et 2 vol. in-8^, savoir : Seals and W/iales (1866); Carnivorous, Pachydermatous and Edentata (18G9). — 'Waterhouse. ISat. Hist. ofthe Mammalia, in-4'>. Londres. Deux volumes seulement ont paru : t. I, Marsupiata (1846); t. II, Rodentia (1848). — Gervais (P.). Hist. nat. des mammifères, 2 vol. in-8°. Paris, 1854 et 1855.
Voir pour les Jlonog-raphies, Descriptions spéciales et Observations ou Remarques diverses, les différents recueils édités en France ou à l'étranger, les faunes régionales, les voyages scientifiques et autres publications. La Bibliothèque zoologique de Victor Carus et Eiigelmann, t. Il, p. 1261 à 1412, énuraère la plus grande partie de ces travaux parus antérieurement à l'année 1861. P. G.
M4l\AeDO (Giovanni), une des gloires delà médecine italienne, à l'époque de la grande rénovation intellectuelle; il était né à Ferrare, le 24 juillet 1462, et avait fait ses études dans celte ville, sous Fr. Benzi, mais surtout sous le célèbre Leoniceno, qui attirait alors à Ferrare une foule d'étudiants. Quoique trèsjeune encore, — il n'avait alors que vingt ans, — Manardo commença des cours en 1482, et il les continua jusqu'en 1495. A cette époque, il devint le médecin et l'ami du grand savant Pic de la Mirandole, et il collabora au traité que celui-ci composait contre l'astrologie judiciaire, puis il revint à Ferrare vers 1502. Dix ans après, en 1515, il fut, sur sa haute réputation, appelé auprès de LadislasYI, roi de Hongrie, qui désirait l'attacher à sa personne. Ladislas étant mort, Manardo demeura quelque temps encore en Hongrie et retourna enfin, en 1519, à Ferrare, qu'il ne devait plus quitter désormais. En 1526, à la mort de Leoniceno, il fut seul jugé digne de succéder à son ancien maître.
Manardo succomba, le 8 mai 1556, aux excès qu'il commit, dit-on, avec une jeune personne que, malgré son grand âge, il avait épousée en secondes noces, ce qui donna lieu à l'épilaphe épigrammatique que lui composa P. Curtius :
MANCENlLIER. 481
haia, Manarde, vigil cum proie Coronidis esses,
Vidisti ■vitam perpeluam esse tuam.
Et dum formosa cum Pallade conjiige dormis,
Sensisti mortem curvus adesse senex.
Hic nunc clare jaces, et quem l'odalirion esse
Vidimus, annosum suslulit ipsa Venus.
Manardo doit être mis au nombre des médecins qui, rejetant l'autorité des Arabes, ont mérité le litre de restaurateurs de la science. Du reste, voici la profession de foi dans laquelle il arbore hautement le drapeau de l'indépendance et du libre examen : « Rem si ullo iinquam tempore, imprimis nostro sœculo summe necessariam puto , hac in arte scribere ea inyenuitale et nudacia, ut, veritate prce ociilis habita, neqiie auctoritaùs ^ neque anliqiUtatis, propter mille etlam annos iilla ratio habcatur. Ex ignavia enim et nimia in seniores observantia, factum esse œgnosco, cur hactenus non solum nihil arti a nostratibus sit adjectum, sed etiam priscorum commentaria sine delectu, velut oracula suscepta sint; licet qiiandoque ila fœda et barbara ut inteltigi non possint » [Med. epist., lib. II, epist. i). A ces audacieuses propositions il ajoute que, dans l'examen des malades, il vaut mieux consulter le pouls et l'état des urines que les astres. C'est donc à tort que Haller donne notre auteur pour semi-arabiste et semi-galéniste. Il était ce qu'on appellerait aujourd'hui un libre penseur. Cet esprit d'indépendance se montre encore dans la querelle sur la dérivation et la révulsion, où il prit parti pour Brissot. Entin, il s'occupa avec succès de la botanique, surtout à l'occasion de ses critiques sur Mesué.
Manardo a écrit les ouvrages suivants :
I. Médicinales epistoJœ, recentiorum errata et anliquorum décréta penitissime rcserentes. Epistola Huberti Barlandi, etc. l'arisiis, lo'iS, in-8°; Argentorati, 1529, in-S", etc. — II. In Primum artis parvœ Galeiii libriim commentarius. Basileœ, 1530, in-i°. — III. Epistolariim medicinalium libri XX. Ejusd. in Joli. Mesue simplicia, etc. Basileœ, 15 iO, in-fol ; Venetiis, 1(311, in-fol. ; et sous ce litre lot.Toj.o-/ioi. ÈTitTro/iz/j, sine ciiria medica vigiiiti libvis epistolarum, etc. — IV. De morbo Gallico epistolœ duce et de ligno indico totidein, insérées dans la collection de Luisinus. E. Bgd.
niA:%'CA\irL4 (Voy. Hippomake, Mascemlier).
^AI^XEMLIER (Hippomane L.). Genre de plantes, de la famille desEuphorbiacées, dont les fleurs sont monoïques et apétales. Dans les fleurs mâles, on observe un petit calice gamosépale, à deux ou trois divisions peu profondes, dont une postérieure, imbriquées dans le bouton, et un androcée ordinairement diandre. Du centre de la fleur s'élève une petite colonne commune qui bientôt se partage en deux fdets latéraux, alternes avec les sépales, supportant chacun une anthère biloculaire, extrorse, à loges déhiscentes par une fente longitudinale et surmontées d'une courte saillie du connectif. Les fleurs femelles ont le même périantlie, un peu plus développé, plus ordinairement trimère, et un ovaire pi uriloculaire, supère, surmonté d'un style à autant de branches étroites, aplaties, radiées, enroulées en dehors au sommet, stigmatifères en dedans, qu'il y a de loges à Tovaire. Dans .l'angle interne de chacune de celles-ci, dont le nombre varie de cinq ou six à neuf ou dix, on observe un seul ovule, inséré vers le haut de l'angle interne, descendant, anatrope, à micropyle supérieur et extérieur, coiffé d'un petit obturateur. Le fruit est une drupe. Son épicarpe est coloré; son mésocarpe, charnu, pulpeux, est parcouru par des \aisseaux laticifèn s qui contiennent
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