MARC ET
et il finit par obtenir de son père la permission de s'y consacrer entièrement. C'est à Genève qu'il commença à se livrer à ses études favorites ; mais ayant pris une part active aux événements politiques qui troublèrent, au commencement de notre révolution, les républiques helvétiques, il fut condamné par le parti déaiocraliqiie à un bannissement de cinq années. Il se rendit à l'université d'Edimbourg, se livra à l'étude des sciences médicales, et fut reçu docteur en 1797. Sa thèse Alt remarquée; elle traitait du diabète, dont les médecins anglais étaient alors fort préoccupés. Marcet vint s'établir à Londres, et fut nommé médecin du dispensaire de Flensbury. Il ne tarda pas à acquérir une grande réputation de médecin et de savant, et, en 1800, un acte du parlement lui donna des leUres de naturalisation. Mais, en somme, la médecine ne répondait pas complètement à la tournure de son esprit, et son désir le plus ardent était de se livrer à l'élude des sciences physiques et chimiques'. La mort de son père, en le rendant maître d'une fortune considérable, lui permit de satisfaire entièrement ses goûts; il se consacra à la chimie expérimentale, et acquit dans cette science une réputation considérable et justement méritée. A la suite des événements politiques de 1815, il revint à Genève, siégea au conseil de la république, et fit à l'univeisité de cette ville un cours de chimie, qui, avec celui de son collègue M. de la Rive, eut un grand retentissement. En 1821, il revint dans sa patrie adoptive, fit un voyage en Ecosse, et retourna ensuite à Londres, où il mourut d'une affection de l'estomac. Marcet, même comme médecin, fut toujours un chimiste, et c'est au point de vue de l'analyse chimique qu'd envisage les questions les plus intéressantes de la médecine. Il resta fidèle à la direction qu'il avait, en quelque sorte, prise dès sa thèse inaugurale, car il s'est particulièrement occupé des maladies des reins, des calculs, des urines, etc. Il s'est également Hvré à des recherches intéressantes sur le chyle et sur le chyme. On a de lui :
I. Account of the hittonj and dissection of a diabetic case. In London médical and physical Journal, 1799. — 11. On the médical properties of the oxyd of the bismuth. In Mémoire of tke mcd. soc. of London. G..., 1805. — III. On the hospice de la Maternité at Paris. In Montlily Magazine, 18D1. — IV. Account of the case and dissection of a blue girl. In Edinburgh med. and. surg. Journal, 1805. — V. Analysis of the waters of tke Dead Sea and ofthe river Jordan. In Philos. Iransact., 1807. — VI. An account oftlie effects produced sby a large quantity of laudanum, taken internally, an of the means used to counteract those effects. In Medico-cliirur . transact., 1809. — VII. A case of liydrophobia wilhan account of the appearances a fier dcath. In Med.-Chir. transact., 1809. — VIII. A chemical account of an aluminous chalibeate sjjring tn the isle of Wight. In Geological Iransact., 1811. — IX. An account of a severe case of erythema, not broughl on by jiiercury. In Med.- Chir. transact., 1811. — X. Experiments on the appearance in the urine of certain substances taken into the stomach. In Philos, transact., 1811. — XI. A chemical account of varions dro])sial fluids, with remarks concerning the natm-e of the alkalin matter contain ed in thèse fluids, and in the sérum of the bloocl. In Méd.-Chir. transact. , 1811. — XII. On sulphuret of carbon. In Philos transact., 1813. — XIII. On the intense cold produced by evaporation of sulphuret of carbon. In Philos, transact., 1813. — XIV. On the congélation of merctiry by means of other and the air-pump. In Journal de Nicholson, 1813. — XV. Observations on Klaprothi analysis of the waters of the dead sea. In Annals of philosophy , 1813. — XVI. An easy method of procuring an intense heat. In Annals of phdosojjhy, 1813. — XVII. Account ofthe public .<ichools atOeneva. In Monthly magazine^ 1814. — XVllI. Some experiments on. the chemical nature of chyle, with a few observation upon chyme. In Med.-Chir. transact., 1815. — XIX. On the médical properties of stramonium. In Med.-Chir. transact., 1-8I6. — XX. An essay on the chemical history ad treatment of calculous disorders. Londres, 1817, in-8*; ibid., 1819. Trad. en franc, par J. liilfault Paris, 1825, in-8'>. — XXI. History of a case of nephritis calculosa in whichthe varions periods and symptoms of the diseuse are strikingly illustrated ; and an account of the opération of Uthol.omy, given by the patient himself. In Med.-Chir. transact 1819. — Wïï. Onthe spécifie gravily and température of sea -waters in différent parts ofthe océan,
MARCIIAL. ■ 7ôO
and tn parlicular seas. In Philos, transact., 1819.— XXllI. Account of a man who liven tcn years nfter having swalloived // tnembcr of clasp-hnives, with a dcscriftion of the bodij afler dealh. In Med.-Chiv. transact., !82"2. — XXIV. Some experiments and researclies on titc saline contents nf sca-watev. ondcvhadcn ivith a view to corecl und improve its chemical analijsis. In Mcd-CItir. lian.sact.. [8i'J.. — XXY. Account of a shigiday variety of urine, uliic/i turned black soon after bcing discharged. In iled. Chirur. transact., 1822.
H. Mn.
]MjtRCGRA.¥iE {Marcgravia L.). Genre de plantes qui est, pour beaucoup d'auteurs, le type d'une petite famille des Marcgraviées; mais qui, pour d'autres, appartient à celle des Ternstrœmiacées. Les fleurs ont cinq sépales imbriqués, une corolle qui se détache d'une seule pièce comme une coiffe, des étamines nombreuses, ot un gynécée libre à loges nombreuses, incomplètes et multiovulées. Le fruit est épais, charnu, polysperme. Les Marcgravia sont de curieuses plantes de l'Amérique trojiicale. Leurs rameaux sont ordinairement grimpants, ou se collent après les arbres voisins. Ils ont des feuilles alternes, de forme différente, suivant que les rameaux qui les portent sont Jibies ou collés à un corps voisin Les fleurs sont en grapj^ies ou en ombelles terminales, et certaines d'entre elles ont des bractées délbrmées, qui ressemblent à des sacs allongés, et accompagnent leur fleur axillaire comme d'une ■-orte de capuchon étiré. L'espèce la plus connue du genre, le M. umbellata L., habite les Antdlos et les régions voisines. La racine jouit d'une certaine réputation dans ces pays, comme diurétique et antisypliilitique. On l'emploie, soit à l'extérieur, en demibains, soit à l'intérieur, en décoction. Suivant Descourtils {FI. médic. des Ant., IV, 26), « la dose est depuis 1 gros jusqu'à 1 once, et on l'emploie aussi dans la ieucophlegmatie. » H. B.\.
L.. Gen.. n. (340. — DC, Prodronu, I, .^60. — Mér. et Del., Dtct. Mat nicd., lY, 257. — RosEMB., Syn. plant, diaphor., 747. — Bâillon ^11.), in Payer Leç. sur les fam. nat., 264.
M.%.RCH (Les dedx), médecins allemands du plus iirand mérite, et qui, sans avoir fait de découvertes importantes, tiennent une bonne place dans la profession.
Mardi (Gaspard), né à Stettin en lô^O, mort à Brandebouig le 26 octobre 1677, était, à vingt ans, professeur de mathématirpics et de cliiniie à Gripswald. Il était, à Kiel, en 1665, médecin de l'électeur de Brnndebourg. membre de l'Académie des curieux de la nature. On lui doit un grand nombre de mémoires et de dissertations, parmi lesquels on distingue les suivants :
I. De apoplexiû. Rostock, 1658, in-i". — II. De affectu hypochondriaco, 1065, in-4°. — III. Programma ad prœparationem t/ieriacœ Andromachi. Kiel, 1665, in-4°. — IV. Ijc mcnocryptiâ. Kiel, 1666. in-4''. — V. De ossiuni hi.vntione. Kiel, 1666, 111-4°. — VI. j)e melancholiâ liypochondriacâ. Kiel, 1670, in-4°. — VII. De memorià conservandâ. Kiel. I67j in-4°. — VIII. Observatio de abccssus fislulosi in fcniore medicainento antinioninli [Eph. Acad. nat. Curios. Gerni. Ann. VI et Vil, n" 216). — VIII. Observatio de scabie anlimoniali medicamento brevi curatâ [Ibid., n" 217).
March (Gaspard), flls du précédent, né le 50 septembre 1634, mort le 29 mai 1706. Cehii-Ià fut médecin-major dans les troupes de l'électeur de Brandebomg, attaché ensuite à l'ambassade de la cour de Berhn en Hollande, proles&eur à Gripswald. 11 a laissé cet opuscule :
Dlsscrtatio de motu et sensu abol'dis in affectibus soporosis. Kiel, 1680, in.4°. A. C.
M.4RCUAL (LaureiM-Joseph-A.xselme) appartenait à une famille dans aqiielle la médecine était en quelque sorte héréditaire; il naquit à Strasbourg, e 6 lévrier 1806, et se fit recevoir docteur dans la Faculté de celte ville, en 1829
i>iur. tL.sc. 2' s. IV. 4')
770 MARCHA.NTIE (botanique).
Sa réputation de savoir était assez bien établie pour qu'il fut nommé, par ordonnance, en ] 844, professeur de médecine opératoire. Il remplit ces importantes fonctions sinon avec une grande supériorité, du moins avec un zèle qui légitima la faveur dont il avait été l'objet. Marchai était en même temps médecin des prisons de la ville, place dans laquelle il avait succédé à son père. C'est là que, dans une épidémie de typims carceraire, il fut enlevé lui-même, le 2 ma f855, par une violente attaque de celte maladie.
Il n'a laissé que deux ouvrages qui sont, du reste, conçus et exécutés avec autant de sagacité que de méthode.
I. Topographie médicale de l'hôpital civil de Strasbourg. Th. de Strasb., 1829, iii-4* — II. Notice sur les prisons de Strasbourg. Ibid., 1841, in-S". E. Bgd.
MARCHitlVTIE {Marchantia March.). § I. Botanique. Genre de plantes cryptogames, qui a donné son nom au groupe des Marchantiées, lequel appartient aux Hépaticées. Le M. polymorpha, qu'on peut considérer comme le type du genre, en a été aussi l'espèce la plus étudiée, et est demeuré célèbre à cause des beaux travaux dont il a été l'objet, au commencement de ce siècle, de la part d'un de nos savants les plus illustres, B.-Mirbel. C'est une curieuse petite plante qui se trouve abondamment entre les pavés des cours humides et sombres, où les anciens la récoltaient en abondance pour les usages thérapeutiques, sous le nom d'Hépatique ; on la voit encore fréquemment croître sur les pots à fleurs, sur la margelle des puits et citernes, etc. Elle y forme des plaques ou tJialles membraneux, d'un vert gris, qui sont très-variables de taille et de forme, et qui adiièrent au sol à l'aide de racines cellulaires, grêles, blanchâtres, nées de divers points de la face inférieure du thalle. Les découpures des bords sont plus ou moins sinueuses, séparées en sortes de lobes par des échancrur es profondes. Histologiquement, ce thalle est homogène ; il n'est formé que de cellules polyédriques, intimement unies les unes aux autres, et dont la cavité est gorgée d'une grande quantité de masses de chlorophylle. Sur la face supérieure se voient de nombreuses bandes, étroites et verdâtres, qui se croisent en biais; elle est ainsi divisée en un grand nombre de petits losanges, d'un vert plus foncé, au centre desquels est un point obscur. Suffisamment giossi, celui-ci apparaît comme l'ouverture d'une petite bouche respiratoire, c'est-à-dive d'un stomate. Quant aux cellules plus profondes, celles du parenchyme du thalle, elles forment plusieurs assises plus ou moins parallèles; et, de distance en distance, on observe dans l'intervalle des cellules de grandes cavités qui communiquent avec l'air extérieur par les ouvertures des stomates. A la surface du thalle, tant en dessus qu'en dessous, les cellules sont hicolores et leur ensemble foï'me comme un vaste sac aplati enveloppant tout le parenchyme sous-jacent avec lequel cette couche n'est que lâchement unie ; ainsi sont formés l'épiderrae supérieur, celui qui seul porte des stomates, et l'épiderme inférieur, celui qui se prolonge dans les filaments unicellulés ou cloisonnés auxquels on a donné le nom impropre de racines. Rien d'analogue par la forme à des feuilles ne se montr& sur ces thalles des Marchantia, comme il arrive dans celles des Hépatiques qu'on a nommées H. caulescentes. Tour cette raison, les Marchantia peuvent être considérés comme des types de ce qu'on a appelé des II. membraneuses, bans les endroits humides et obscurs où l'on récoltait principalement les Hépatiques pour les employer eu médecine, les Marchantia ne développent pas toujours les organes reprod\icteurs ordinaires aux Cryptogames de ce groupe; mais bien plus ordinairement leur
MÂRCHANTIE (botanique). 77!
thalle se couvre de curieux petits organes auxquels on a donné, à cause de leur forme, le nom de Corbeilles ; ce sont en effet des petits récipients fort élégants, découpés régulièrement sur les bords en languettes triangulaires dentelées, et qui sont remplis de nombreuses petites masses lenticulaires. B.-Mirbel a démontré que ces masses, placées dans des circonstances favorables, pouvaient donner naissance à d'autres pieds de Marchanlia. On les a appelées quelquefois Soboles ou Bulbilles; mais Payer leur réserve le nom de Sporules, à cause de leur évolution, analogue à celle des spores, lorsqu'il s'agit de reproduire la plante, en faisant remarquer que ces Sporules naissent dans des organes spéciaux, et non sur un point quelconque, et non modifié, de la surface du thalle. P>.-Mirbel a ;^uiYi avec beaucoup de soin l'évolution de ces singulières corbeilles, dont il a vu la paroi formée par le soulèvement de la couche cellulaire superficielle se détachant du tissu sous-jacent, et se divisant en ces dentelures convergentes qui plus tard occuperont le bord de la corbeille. Il a vu encore les sporules naître au fond de celle-ci, à la surface du tissu sous-jacent à l'épideime, dans des cellules particulières qu'il appelle des sortes de matrices, puis, d'abord diaphanes, se remplir graduellement ds matière verte; après quoi la matrice disparait, et la sporule, libre, alfecte la forme d'une palette composée de cellules rangées avec symétrie. Elle a un pédicule qui finit par se détacher; et alors elle est apte à germer, ce qu'elle fait en devenant un jeune Marchantia, quand on la place, comme l'a fiit B.-Mirbel, au contact du grès humide. En outre, le Marchantia a des organes sexuels. Au fond des échancrures de son thalle, quand la saison est favorable, il y a des écailles minces, rougeàtres, sous lesquelles se produit un mamelon arrondi, puis déprimé, vert, qui n'est que l'extrémité tuméfiée d'une des principales nervures du thalle. Le mamelon repousse les écadles en grossissant, puis il est soulevé par un pédicule que lui constitue la nervure allongée, et il s'élargit définitivement en une sorte de chapeau qui est, suivant les sexes, ou aplati, sinué, ou profondément découpé en huit ou neuf lobes épais, cylindriques, plus ou moins obliquement dirigé. Dans le premier cas, il est mâle et porte les zoothèques ; dans le second, il est femelle et porte les archéjones. Le M. pûlymorpha est dioïque ; donc les chapeaux sinués et lobés sont placés sur des thalles séparés. Si l'on examine isolément l'un des lobes du chapeau à archéfTones, on voit ses bords et sa surface inférieure charges de membranes minces, ttansparentes, irrégulièrement dentelées, déchiquetées et Ibrmées de cellules pauvres en chlorophylle. Ce sont les membranes de deux lobes voisins qui constituent par leur rapprochement un véritable périchèze oii sont cachés et abrités les arché'^ones. Ceux-ci sont renversés, pendants vers la terre, d'autant plus jeunes, qu'ils sont plus excentriques dans un périchèze donné. Quant aux chapeaux sinués, ils deviennent concaves et plus ou moins mamelonnés en dessus, et contiennent dans leur épaisseur des j^oches qui répondent aux mamelons et communiquent avec eux et la surface par un canal tubuleux. Dans chaque poche, il y a un zoothèque en forme de bouteille à long goulot, et dans laquelle se développent les corps reproducteurs mâles, c'esl-à-diro des anthérozoïdes doués de mouvement, sortant de leur cavité à une époque donnée pour aller féconder les or'^anes femelles, et étudiés dans ces derniers temps par un grand nombre de^ physiologistes. Quant aux capsules femelles ou sporanges, elles présentent et c'est là un caractère commun aux Marchantiées en général, une surface intérieure revêtue d'élaléres, et sont dé] ourvues de columelle centrale. Le développement des sporanges constitue un des plus remarquables chapitres du tra-
7'- MARCllETTI (les delx).
vuil de B.-Mirbel sur le Marchantia, et il a acquis une importance immense en ;)!iysiologie depuis que cet illustre observateur a fait voir comineut les cellules Ultérieures du sporange, d'abord toutes semblables entre elles, devenaient f^raliuellemeut, par les progrès de l'âge, les unes des corps arrondis, à peu près :i:iliér,ques, et les autres des tubes étroits et allongés, qui s'épaississent et dont .'.a paroi présente bientôt sur toute leur longueur deux stries parallèles, disposées en hélice, lesquelles deviennent définitivement des fentes et découpent la p.iroi en deux fdets spiraux dont les circonvolutions s'écartent en tire-bouchon ; analogie frappante dans ce développement de l'élatère avec ce qui se passe dans la formation si intéressante des trachées des végétaux plus élevés en organisation. II. B.x.
Marcu. F., in Act. par. (171Ô), 307, t. 5.— B.-Mibbel, Mémoire sur le Marchantia polymorplta., in JSouv. Ann. duMus., I, 55, ic. — Enpl., Gen.n. 470. — I'aïeb, Bot. cryptog éd II. Bâillon, 151-141, 145-148; fig. 5, &1, 63, 595, 596, U19-622, 056-658, 049, 150. Goi-hù
g II. Emploi médical. Le marchantia polymorpha a été célèbre jadis comme remède des maladies du foie et des autres viscères abdomniaux. Il devait cette réputation à la grossière analogie de iorme qu'il présente avec la glande hépatique. On l'a appelé aussi liclien des pierres {lichen petreus), el il passait pour guérir le lichen en [)urifiant le sang. Son emploi, comme dépuiatif a d'ailleurs été étendu à diverses maladies, notamment à la plithisie pulmonaire. Il faisait partie du sirop de chicorée.
Anjourd'liui, cette plante n'est plus gnère employée qu'à titre de diurétique. Un essai de Cazin tendrait à établir quelle jouit, en effet, à un assez baut deo^ré de la propriété d'accroilre le llux uriuaire, s'il n'était assez difticile de savoir lequel a le plus agi, dans ce cas, de la plante elle-même ou du vin blanc dans lequel elle avait été infusée (Cazin, Traité des plantes médic. indig.). L'expérience journahère des praticiens laisse peut-être moins de doute à cet égard ; beaucoup ont l'habitude de s'adresser, pour obtenir un effet diurétique, au marchantia, qu'ils ont aisément sous la main, et ils l'emploient d'ordinaire en décoction.
Un médecin d'Edimbourg, M. Short, assure avoir obtenu, dans leshydropisies, de bons elTets de cataplasmes de fannc de graine de lin, à laquelle on avait mêlé du marchantia préalablement bouilli dans l'eau. La quantité des urines aurait été naturellement augmentée dans un certain nombre de cas [Journ. de méd. et de chir. pratiq., t. IV, p. 105).
Comme nous l'avons dit, c'est le marchantia polymorpha qu'on emploie d'ordinaire ; mais quelques praticiens ont donné la préférence au conica. Les efftts sont les mêmes.
La dose de feuilles à administrer eu décoction est pour ainsi dire ilhmitée. Le mieux est de recourir à une décoction concentrée : c'est même le succès de cette préparation qui a rendu manifeste l'action diurétique de la plante. Pour la macéiMtion vineuse, on fait infuser de 60 à 100 grammes de feuilles dans un htre de Ain blanc, dont on donne de 100 à 150 grammes par jour. D.
lUAiccoE. Voii- Locomotion,
MARCHE a Tl (Les dkux), anatomistes et chirurgiens distingués de l'Italie.
narchetti (Pieure), né à Padoue vers l'année 1600, mort le 16 avril 1673, avec le titre de professeur d'anatomie et de cliiringie. 11 a laissé deux ouvrages qu'on consulterait encore aujourd'hui avec fruit :
J.'ARCOT. 773
1. Sylloge obsnrvnHomim medico-chirurrjicormn rariorum. Padoiie, 1CG4, in-4°.
II. Tcwlinis flexoris pollicis ab eqiio cviilsi, observatio seorsim édita. Padoue, 1G58, in-i".
Jviarcheui fDoMiMQCE), fils du précédent, né en 1626, mort en 1688. Il s'est f;iit connaître comme nn anatomiste habile et un physiologiste ingénieux. Son Anatomia, publiée en 1651, in-4", et dirigée un peu contre notre Riolan, conlient dos détails très-précis et des réflcxion.s pleines de sens. On doit signaler surtout ce que l'auteur dit de la sympathie qui existe entre le ceneau et l'estomac, sympathie attribuable aux nerfs pneumogastriques, aux nerfs de la sixième paire, comme on disait alors. A. G.
SlAKCBîl (Maf.co de), cliirurgien italien peu connu dont on pourrait se dis- ))enser de parler s'il n'était un de ceux qui ont préparé par leurs écrits la voie à la hthotritie. Mais son ouvrage intitulé : Osservazione ed esposiz-ione d' iina miova maniera di reddure inpezzi lapietra invessica (Venise, 1799), ouvrage dont nous n'avons pu prendre connaissance, n'est vraisemblablement que le développement des idées émises sur le même sujet, en Italie, par Alexanchre Benedetti d'abord et ensuite par Sanctorius.
Marco de Marchi pratiquait à Belluno vers la fin du dix-huitième siècle. D.
MARCOT (Eustache). Médecin savant, praticien habile, homme de bien : tel fut ce digne représentant de notre profession, que sa réputation poussa, comme malgré lui, dans l'atmosphère d'intrigues et de corruption de la cour de Louis XV, mais qui sut toujours y tenir une place honorée et respectée. Marcot était né à Montpellier en 1686; son père était un de ces médecins qui ne voient que dévouement dans l'exercice de leur art, et qui donnent volontiers aux pauvres une partie des honoraires qu'ils reçoivent des riches. Eustache hérita de cette noble qualité, et jamais un pauvre diable ne vint en vain frapper à sa porte pour obtenir secours et santé. Reçu docteur à Montpellier, en 1712, il se présenta, en 1752, pour disputer la chaire vacante par la démission d'Astruc. Marcot eut deux concurrents, Fizès et Ferrein, devenus depuis si célèbres dans deux carrières dit-, férentes, la pratique et l'enseignement. Plus médecin à cotte époque que Je premier, et moins anatomiste que le second, mais réunissant des connaissances qui manquaient à ses antagonistes, Marcot remporta la chaire mise au concours. 11 remplissait depuis peu de temps les fonctions de professeur, quand la voix de la renommée le fit appeler à la cour de France. C'était eu 1754 ; Séuac, médecin de l'École de Montpellier, occupait le premier rang ; Marcot fut de suite nommé médecin ordinaire, avec trois cents livres w pour ses droicts d'habits » [Arch. gén., k. 220, fol. 129, \°). En 17oo, il était premier médecin ordinaire, fonctions qu'il rempht jusqu'à sa mort, arrivée à Versailles en 1759. Sa charge de premier médecin ordinaire échut à Quesnay, qui l'avait, du reste, en survivance depuis plusieurs années. Il y a un événement qui augmenta singulièrement la réputation de Marcot. Nous voulons parler de la maladie grave, une fièvre maligne, que ce br-n roi Louis XV contracta à Mstz, en 1744 ; dans la nuit du 7 au 8 acùt, Sa Majesté eut une colique très-vive, que l'on calma par un lavement; le 8, la fièvre était déclarée; grand mal de tête, douleurs à l'estomac, maux de reins, lassitude générale, langue parcheminée, sèche; soif ardente, prostration, léger délire, etc. Dieu sait les médications de toutes sortes qu'employèrent, pour sauver une vie aussi chère... à la Du Barry, Chicoyneau, de Lassone, la Gaze, Gbomel, Mohn et d'autres rejetons d'Esculape : saignées, lavements, purgations, pigeons éventrés tout vivants, et dans les entrailles palpitantes desquels on fomra les pieds du