MARCUS
monarque. Il en récl)appa ; et l'on rapporte une partie de la gloire de cette gué»
rison à Mai'cot {Voy., sur cette maladie de Louis XV, Bibl. nat. ; Becueil de
pièces, t. XVI, 120, 8"; 1"'^ série, 1. 1. p. 502. Voy. encore Journal de Barbier,
iS47. 8°, t. II, p. 406).
Je ne connais que deux mémoires de Marcot :
I. Mémoire sur un enfant monstrueux IM'm. de l'Acad. des se. de Paris, année 1716, p. 32!)). 11 s'agit d'un acéphale. — II. Observation analomique sur une tumeur ancvrysrnale et polijpeusc de l'artère aorte [Ibid., 17'24, p. 414). A. C.
MARCUS ou Ni/%RKf]S (Adalbert-Friedreich). Médecin allemand d'un rare mérite, mais qui ne se distingua pas précisément par la stabilité de ses opinions scieulifiquos. Il était né <à Arolsen, dans le comté de Waldeck, en 1753, et se fit recevoir dcctenràGœttingen, en 1775, ce qui, après un an de pratique dans sa ville natale, ne l'empêcha pas d'aller compléter son instruction à Wiirtzbourg, auprès du célèbre Siebold. En 1778, il se fixa àBamberg où sa réputation s'étant rapidement développée, il devint le médecin et le conseiller du prince-évêque de celle ville, et il profila du crédit dont il jouissait dans l'intérêt de la science et de l'humanité. A son instigation, on créa une école d'instruction pour les sages-femmes, et un hôpital de 120 lits dans lequel devait être installée une clinique. Eu 1794, à la mort de son protecteur, Marcus perdit à la fois et les positions brillantes qu'il occupait et la possibilité de continuer ses œuvres d'utilité publique ; mais, en 1803, rélecteur de Bavière (la Bavière ne fut érigée eu royaume qu'en 1806), qui venait de s'annexer Bamberg, connaissant les rares talents de Marcus, le mit à la tète, avec le titre de directeur, de tous les affaires relatives à la médecine et aux hôpitaux dans les principautés de la Franconie. Il put donc reprendre le cours de ses rélormes. II institua dans chaque arrondissement un médecin pensionné, et dans chaque commune une sage-Ienime subventionnée; il modifia le régime intérieur et les condilions hygiéniques des hôpitaux ; il fit établir un liospice pour les incurables, une maison d'accouchement, et enfin une sorte d'institut destiné à former des infirmières et à leur donner une retraite pour leurs vieux jours.
Marcus voulait relever l'Université de Bamberg, détruite en 1805, lors de l'annexion de cette principauté à la Bavière, mais, ici, il échoua devant les intrigues et les clameurs que tant de services rendus avaient nécessairement soulevées contre lui dans les hautes régions. Il se rJsigua et se renferma exclusivement dans l'étude des grandes questions de doctrine et de pratique médicale. Ce savant illustre, ce véritable philauthroiie mourut le 26 avril 1816, au milieu des regrets universels de toute cette province de Bamberg dont il avait été le bienfaiteur.
Comme systématique, et quoi qu'on en ait dit, Marcus ne mérite de fixer l'attention que par la versatilité de ses opinions au milieu des théories spéculatives de cette époque. Lorsque le système de Brown commença à se répandre eu Allemagne, Marcus en devint un des adeptes les plus fervents, et il se hâta de mettre sa pratique en harmonie avec les idées du célèbre réformateur écossais. Mais un nouvel aliment allait être fourni à son imagination ardente. Le célèbre Schelling était venu à Bamberg étudier le browuisme au point de vue clinique, et il initia Marcus aux secrets de la nouvelle philusopliie qu'il allait fonder, sous le nom bien mal justifié de philosophie de la nature. Cette identification du suiijectil et de l'objectif ou du moi et du non-moi, suivant la belle langue métaphysique, en d'autres termes, cette idée de l'identité absolue de l'esprit qui est dans l'homme avec la nature qui est en dehois de lui, était bien faite pour passionner une tête allemande du dix-huitième siècle. Voilà donc Marcus qui modifie les principes de