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III. he Matricaria inodora L. est le Pyrethrum inodorum Sm

IV. Le M. capewsts Thunb., ou Matricaire sauvage du Cap, a, dit-on, les mêmes propriétés que nos Camomilles. H. Bn.

§ II. iWatière médicale. Pharmacologie. Les parties usitées de la matricaire officinale sont : l'herbe entière et les sommités fleuries. Cette plante est regardée comme plus active étant fraîche, son odeur se perdant en partie par la dessiccation. La matricaire simple, sauvage, est préférable à la double, selon Bodard; Mérat et de Lens préfèrent, au contraire, les fleurs doubles, parce qu'elles ont plus d'arôme et par suite plus d'activité.

L'odeur de la matricaire est forte, résineuse, désagréable, sa saveur chaude, amère et un peu acre. Elle contient de la résine unie à un mucilage amer, et une essence de couleur bleue comme celle de la camomille.

Formes pharmaceutiques et doses. A l'intérieur, infusion, 4 à 12 grammes pour 1,000 d'eau.

Poudre. 1 à 4 grammes, en nature, enveloppée de pain azyme, en bols ou pilules, en électuaire.

MATRICAIRE (matière médicale). 229

Eau distillée. 30 à 100 grammes dans une potion.

Huile essentielle. 2 à 6 gouttes en pilules, en saccharolé dans une potion.

A l'extérieur. 10 à 30 grammes, en infusion ou décoction dans 1000 d'eau pour lotions, fomentations, injections, etc. ; feuilles cuites, en cataplasmes, ou farine du cataplasme délayée avec l'infusion.

Emploi médical, i" Matricaria Parthenium. Tout ce qui a été dit de la camomille peut s'appliquer à la matricaire; celle-ci est, comme la première, légèrement tonique et stimulante, stomachique, carminative, antispasmodique ; on peut l'employer dans les mêmes cas. La camomille est plus dans nos usages; elle le doit peut-être à une réelle supériorité d'action dans certains cas; elle le doit surtout à une odeur plus agréable qui la fait mieux accepter. Elle paraît supérieure à la matricaire, par exemple comme fébrifuge; elle l'est probablement aussi comme stomachique. Mais la matricaire a acquis une réputation qui l'emporte sur celle de la camomille comme antispasmodique, surtout exerçant une action élective sur l'utérus. Les anciens auteurs, plus familiarisés avec son emploi aujourd'hui presque tombé en désuétude, la mettaient au nombre des excitants les plus favorables de l'utérus, soit pour le réveiller d'un état de torpeur, soit pour combattre un spasme entravant les fonctions de cet organe ; ils la prescrivaient en conséquence comme emménagogue dans l'aménorrhée, comme moyen obstétrical pour vaincre l'inertie utérine dans l'accouchement ; de là les noms de parthenium, ntxpdi^oç, vierge, et matricaire, mater. Une observation intéressante de Caziii ( Traité des plantes médicinales indigènes) nous montre cette plante triomphant, chez une jeune fille, d'une dysménorrhée qui avait résisté aux antispasmodiques les plus réputés en pareil cas. C'est donc un moyen à mettre en hgne, ne fût-ce qu'à titre d'adjuvant, contre cette anomalie douloureuse de la menstruation. 11 a toujours été, du reste, mis au nombre des meilleurs médicaments pour solliciter l'exonération utérine, soit qu'il s'agit de règles en retard, ou de lochies suspendues, soit qu'il y eût lieu de décider, après la parturition, les délivrances tardives.

L'odeur fétide de la matricaire tendait à la faire assimiler aux substances analogues, estimées, non sans quelque raison, antihystériques. Si la matricaire ne saurait lutter d'énergie avec la valériane, le castoréum, l'asa fœtida, elle pourrait du moins leur prêter son concours.

On a aussi parlé de son utilité contre la leucorrhée. Je ne pense pas que l'usage interne de la matricaire puisse avoir une sérieuse influence sur cette lésion sécrétoire ; mais il n'en serait pas de même de son emploi en injections vaginales sous forme d'inlusion ou de décoction. J'en juge par l'excellent parti que je relire iournellement d injections à base de camomille, qui suffisent à réprimer les flux leuconhéiques peu abondants, et contribuent grandement à modérer les plus opiniâtres, en modifiant eti même temps les lésions utérines qui les accompagnent si souvent. Je m'inscris également, avec beaucoup de chirurgiens, en faveur des lotions, fomentations ou toute autre application topique d'infusion de camomille, sur les plaies, et notamment les plaies d'armes à feu ; je m'en suis habituellement servi, et j'en ai retiré le plus grand avantage dans les circonstances de guerre que nous avons récemment traversées. Là, comme ailleurs, à défaut de camomille romaine, la matricaire et les plantes similaires, c'est-à-dire les suivantes et celles mentionnées à l'article Camomille produiraient vraisemblablement des effets analogues.

2y Matricaria ChamomiUa^ matricaire camomille, camomille commune, or-

250 MATTHliE.

dinaire, vraie. Elle ressemble, par ses propriétés, tant à la matricaire qu'à la camomille romaine. Oa doit rapporter à cette plante, d'après Cazin, tout ce que l'on trouve dans les anciens auteurs, à commencer par Dioscoride, sur la camomille. Souvent on la substitue à la camomille romaine et on lui substitue la camomille des champs ; on fraude en outre la camomille romaine avec de la matricaire, de sorte que, en délinitive, on est toujours loin d'être assuré du produit livré sous le nom de camomille. Heureusement, comme nous l'avons dit, ces diverses plantes ont à peu près les mêmes propriétés, et pour l'usage externe au moins, ces substitutions ou mélanges ont peu d'inconvénients.

o** La Matricaire odorante {matricaria suaveolens), dont les fleurs, plus petites, exhalent une odeur plus forte quand on les froisse, peut remplacer, dans tous les cas, suivant Loiseleur-Deslongchamps, les diverses espèces de camomille.

Delioux de Savignac.

Mi&TTEIJCCI (Carlo), physicien et physiologiste éminent, naquit à Forli le 21 juin 1811 ; il fit ses études scientifiques à Bologne et y fut reçu docteur es sciences mathématiques en 1829. Il vint ensuite à Paris suivre les cours delà Sorbonne et du Collège de France, De retour à Forli, en 1851, il commença ces belles recherches sur l'électricité qui ont fondé plus particulièrement sa réputation. L'éclat de ces travaux lui fît obtenir la place de professeur de physique à Ravenne, en 1838, et, deux ans après, il quitta cette ville pour occuper la même chaire à Pise. C'est lui qui établit les premières lignes télégraphiques en Toscane, et il en fut récompensé par le titre de directeur de cet important service. Après la formation de l'unité italienne, Victor-Emmanuel, voulant s'entourer des hommes les plus érainents de son nouveau royaume, appela auprès de lui Matteucci pour lui confier le portefeuille de l'instruction publique (1862). Dans celte position élevée, Matteucci s'efforça de réorganiser les diverses branches de l'instruction sous la forme la plus libérale. Malheureusement, une mort prématurée vint l'enlever à la science dans le mois de juin 1868 ; il n'avait que cinquantesept ans..

Cet illustre savant est surtout connu des médecins par ses recherches relatives à Faction que les courants électriques exercent sur les muscles et sur le système nerveux.

Nous ne donnons ici que les ouvrages spéciaux qu'il a fait paraître sur ces intéressantes questions.

I. Traité des phénomènes électriques et physiologiques des animaux, suivi, etc. Paris, 1844, in-S". — II. Leçons sur les phénomènes physiques des corps vivants. Paris, 1847, in-12. — III. Un très-grand nombre de communications consignées dans les comptes rendus de l'Académie des sciences, et de mémoires publiés dans les Annales de physique et de chimie, et notamment un mémoire en société avec le professeur Longet : Sur la relation qui existe entre le sens du courant électrique et les contractions musculaires dues à ce courant. {Ann. 3' sér., t. XII, p. 574; 1844.) E. Bgd.

injLTTHl.£ (Georges). Né à Schweling (Schleswig), le 20 mars 1708, mort à Gœttingue, le 9 mai 1773. Matthias s'est plus occupé de belles-lettres et de l'étude des langues que de médecine proprement dite ; c'était un savant érudit, mais son sentiment critique laisse iort à désirer. Il fut, en 1756, nommé gardien de la bibliothèque de l'Université de Gœttmgue, et put, dès lors, se livrer à son goût pour la bibliographie. Plus tard il obtint la place de bibliothécaire, fut nommé, en 1755, professeur extraordinaire et, en 1764, professeur ordinaire de médecine. Le nom de Matthise serait peut-être oubUé aujourd'hui, s'il n'avait

MA.TTIOLI. 251

publié une sorte d'histoire de la médecine, qui, quoique incomplète, mérite encore d'être consultée. Pour l'époque oii il parut (1761), et malgré quelques erreurs et beaucoup d'omissions, ce livre était vraiment remarquable. On a de Matthias :

I. Idea professorum académies Georgice Augustœ. Gœttingue, 1757, in-4"'. — II. Conditàn academice minister: carmen immortalibus virtutibus illustrissimi herois togati, Gerlac- Adolphi L.-B. de Munchhausen dicatum. Gœttingue, 1758, in-8°. — III. de habitu medicinœ ad religionem, secundum Hippocratem. Ibid., 1759, in-8°. — IV. Tractatus de philosophicî medici Hippocralis, quem recensait. Ibid., 1740, in-4°. — V. Lissertatio de praxi medicinali secundum theoriam instituenda. Ibid., 1741, in 4°. — YI. AUocutio ad medicinœ cultoris inuniversitate Georgia Augusta, qiia suam iis offert operam et officia. Ibid. 1742, in-4°. — VII. Disquisitio de cognitione veritatis in medicina. Ibid., 1745, in-i°. — VIII. Untersiichiing der Frage : Ob die christliche Religion einen besondern Nutzen in der Medicin kabe? Helrastâdt. 1745, in-4'>. — IX. Frage: Ob Hippocrates Wind gemacht liabe, ah er vor mehr denn 2000 Jahren geschrieben, die Medicin sey schon ganz erfunden ? Ibidem, 1745, in-4''. — X. Novum locupletissimum mamiale lexicon latino-germanicum et germanico-latinum. Halle, 1748, 2 vol. in-4°. — XI. Programma de laude dei in Hippocrate. Gœttingue, 1755, in-4°. — XII. Conspectus historiée medicorum chronologicus, in usum prœlectiomim academicarum confeclus. Ibid., 1761, in-S". — XIII. Dissertatio de vera samtatis humanœ notione. Ibid., 1765, in-4''. — XIV. Dissertatio de A.-C. Celsi medicina continens additiones ad D. Ckricum, J.-A. Fabricium, J.-H. Schulzium, J.-B. Morgagmim et aîios. Ibid., 1766, in-i».

H. Mn.

MiiTTIOLI (Pietro-ândrea), par corruption MATTHIOLE, né à Sienne, le 23 mars 1.500, mort à Trente, en 1577. Le père de Maltioli était lui-même médecin à Venise, mais il destina son fils à l'étude du droit et l'envoya à l'Université de Padoue. Le jeune homme avait peu de goût pour la jurisprudence, il en avait beaucoup , en revanche, pour les sciences naturelles , et il obtint d'étudier la médecine. Il fut reçu docteur à Padoue, exerça quelque temps à Sienne et vint se fixer à Rome, où il pratiqua la médecine jusqu'en 1527. A cette époque, et à la suite de troubles continuels et de guerres incessantes, il se retira près de Trente, où il vécut jusqu'en 1 540 ; il alla alors se fixer à Gôritz.

Dans sa jeunesse, Mattioli avait connu la misère, mais sa réputation s'étant promptement établie, il n'avait pas tardé à acquérir une fortune, sinon considérable, au moins très-suffisante pour lui. 11 abandonna dès lors sa clientèle pour se li\Ter aux travaux de cabinet et à ses études favorites sur l'histoire naturelle. C'était à grand'peiije qu'il se décidait à faire quelques rares visites à ses propres malades, quelle que fût leur position de fortune. Il vivait ainsi, se complaisant de plus en plus dans ses études favorites, quand il en fut arraché, en quelque sorte, par l'archiduc Ferdinand, plus tard empereur du saint-empire. Il resta à la cour d'Autriche comme premier médecin, de 1552 à 1562, époque à laquelle il résigna toutes ses fonctions pour se retirer de nouveau à Trente, où il se maria en secondes noces à ufie jeune personne dont il eut plusieurs enfants. Il mourut de la peste, à l'âge de 77 ans.

Comme savant, Mattioli a été véritablement l'homme heureux par excellence ; il a eu, comme médecin, une notoriété immense et une clientèle qui lui a trèsrapidement donné la fortune ; il a, pendant toute sa vie, joui d'une réputation considérable qui a grandi encore après sa mort, et son nom est arrivé jusqu'à nous parmi les plus, illustres et les plus connus. Pour la postérité, ce qui a fait la réputation de Mattioli c'est son Commentaire de Dioscoride. Ce livre ne mérite pas, selon nous, toute sa réputation ; c'est, sans aucune contestation, l'œuvre d'un travailleur acharné, et on est encore surpris de toutes les connaissances dont l'auteur a fait preuve. Cependant, pour l'apprécier à sa juste valeur, il faut se repor-

252 MATURATIFS,

ter à l'époque où il a paru ; car on peut, à très-juste titre, reprocher à Mattioli des

inexactitudes assez tréquentes, des descriptions où l'imagination joue un trop

grand rôle, une crédulité entantine et un manque presque absolu d'ordre et de

critique. Aujourd'hui, croyons-nous, bien peu de médecins auraient le courage

de lire les Commentaires sur Dioscoride; ils n'offrent un véritable attrait qu'au

( point de vue de l'histoire de la science, mais, sur ce point, ils sont véritablement

aussi curieux que précieux. On se demande avec surprise, et peut-être avec envie,

comment s'y prenaient les savants de celte époque pour apprendre tout ce qu'ils

savaient. 11 est vrai que les Mattioli de nos jours aiment, je crois, la science, mais

ils préfèrent les bénéfices d'une riche clientèle. Tant pis pour eux et tant pis

pour la science.

On a de Mattioli :

I. De morbo galHco liber unus.Venise, 1535, in-S". — II. H Dioscoride con g li suoi discor si, agyiuntovi il seslo libro degli antidoli contra tutti i veleni. Ibid,, 4544, in-fol. ; ibid, 15i8, in 4° ,• Mantoue, 1549, 111-4°; Venise, 1550, in-4''; ibid., 1568, in-fol.; ibid., ItiOi, in-fol.; Ibid., 1645, in-fol. — III. Conimentarii in sex libres Pedacii Dioscoridis, adjectis quam plurimis plantarum et animalium imaginibus Ibid., 1554, in-fol. Cette édition est accompagnée de petites planches, représentant des plantes et des animaux. Il en a paru d'autres (Venise, 1557, in-fol.). Le commentaire a été traduit en français par Antoine du Tinet. L^on, 1561, in-fol.; ibid,, 1566, in-fol. ; ibid., 1572, in-fol. ; ibid., 1575, in-fol. ; ibid., 1580, in-fol; ibid., 1619, in-fol. ; ibid. , 1656, in-fol. et par J. Desmoulins, Lyon, 1572, in-fol,; ibid., 1579, in-fol.; en bohème, Prague, 1562, in-fol.; en italien, Venise, 1554, in-fol.; ibid., 1555, in-fol.; ibid., 1565, in-fol.; ibid., 1570, in-fol.; ibid., 1584, in-fol.; ibid., 1604, in-fol.; ibid., 1621, in-fol.; en allemand par G. Handsch, Prague, 1565, in-fol.; par Danz, avec des additions de J. Camerarius, Francfort, 1586, in-fol.; ibid., 1590, in-fol. ; ibid., 1596, in-fol.; ibid., 1598, in-fol.; ibid., 1600, in-fol. ; ibid., 1610, m-fol.; ibid., 1614, in-fol.; ibid.; 1626, in-fol. ; ibid., 1678, in-fol. — IV. Epistola de bulbocastano, holocanitide, niamira, trasi, moly, doronico, zelin ad G. Fallopium. Prague, 1558, in-S". — \.Apologia adversus Amatum Lusitanum cum censura in ejus enarrationes. Venise, 1558, in-S". —

VI. Epistolarum medicinalium libri quinque. Prague, 1561, in-fol.; Lyon, 1564, in-8°. —

VII. Disputatio adversus XX problemata Gwiteîif/MU. Venise, 1561, in-S"; Padoue, 1562, in-S». — VIII. De simplicium medicamentorum facultatibus, secundum locos in génère. Venise, 1569, in-12; Lyon, 1571, in-16. — IX. Compendiuin de plantis omnibus, de quibus scripsit in commentariis in Dioscoridem. Venise, 1571, 111-4°; Ibid., 1586, in-4°; Francfort 1586,

• in-4° , avec des commentaires de J. Camerarius. — X. // magno palazzo del Cardinale di Trento. Venise, 1559, in-4''. — XI. Opéra omnia hoc est: 1° Commentarii in sex lihros Dioscoridis, adjectis in tnargine grœci textus lectionibus, ex antiquissimis codicibus desumptus, qui Dioscoridis depravatam lectionem resf.iluunt, a Gaspare Bauhino aucti, synonymis quoque plantarum et notis illustrati; adjectis plantarum icontbus supra priores editiones plusquam 200 [quarum quam plurimce hic prinium describuntur) ad vivum delineatis. 2° De ratione distilkmdi Liber. 5° Apologia in Amatum Lusitanum cum censura. 4° Epistolarum medicinalium libri quinque. 5° Dialogus de morbo gallico. Bâle, 1598, in-fol. , ibid. 1674, in-fol. ; Venise, 1712, in-fol. ; ibid., 1744, in-fol. H. Mr.

IHi&TURATiFS. On désignait autrefois sous ce nom, les moyens très-divers auxquels on attribuait la propriété de faire mûrir les abcès, c'est-à-dire de hùter la formation du pus et sa réunion en collection. Les pharmacopées étaient jadis encombrées de formules de maturatifs ; la médecine vulgaire a soigneusement recueilli ces épaves et elle voue aux cataplasmes ou onguents maturatifs un culte qu'ils ne méritent pas toujours. L'article inséré par Petit dans le Dictionnaire des sciences médicales (t. XXXI, p. 247), montre la multiplicité des moyens auxquels ou appliquait ce nom. Il divise les maturatifs en deux classes : 1" les émollients ; 2° les excitants. Il y a confusion ; les prétendus émollients ne sont que des réservoirs ou des isolants pour le calorique ; les cataplasmes n'agissent pas autrement; les huiles douces, le jaune d'œuf, les graisses, la laine grasse, etc., n'ont d'autre effet que de s'opposer à la déperdition du calorique local,- et ils constituent, par

MAUXOIR (les). 253

conséquent, des maturatifs à action également stimulante, mais indirecte. Il y a donc, en réalité, deux sortes de maturatifs : la chaleur et le stimulant médicamenteux. Une page ne suffirait pas pour énumérer ceux-ci ; je nommerai seulement comme les plus usuels et les plus accrédités : le styrax, l'onguent basilicum, la térébenthine, le baume d'Arceus, les oignons crus, le romarin, etc. Ces moyens agissent par une stimulation locale qui exalte et pousse les phénomènes inflammatoires des tissus à se résoudre dans la suppuration. F.

MAUCHARD (BuRcnARD David). Né à Marbach, le 19 avril 1696, mort à Tu-

bingue, le 11 avril 1752. Il était fils d'un médecin pensionné de Marbach, il fît

SCS premières études au gymnase de Stuttgart, et passa ensuite à l'université de

Tubingue, puis à celle d'Altorf. Selon l'excellente habitude du temps, il se mit a

voyager, visita Strasbourg, et passa deux années à Paris où il cultiva l'anatomie et

la chirurgie avec ardeur ; les affections de l'œil devinrent surtout pour lui un

sujet d'études. En 1728, on le retrouve dans sa patrie, occupant une chaire

d'anatomie et de chirurgie, et médecin de la cour. Manchard a écrit trente-neuf

dissertations sur diverses parties de l'art, mais particulièrement sur les maladies

des yeux. On distingue parmi ces dernières :

I. De fistida corneœ. Tubingue. 1742, in-4°. — II. De empyesi oculi. 1742, in-4».

III. De ulceribus corneœ, 1742, in-4°. — IV. De ungue oculi. 1742. in-4°. — V. De examine anatomico plujsiologico tunicce corneœ. 1743, in-4°. — VI. De tnaculis corneœ, 1745, in-4». — VII. De hijdropldhalmia. 1744, in-4°. — VIII. De paraccntesi oculi in hydrophthalmia et amhhjopia senum. 1744, in-4». — IX. De myclria^i. 1745, in-4°. — X. De piipillœ phthisi acsynezesi. 1745, in-4°, etc.

Son fils, David i^iancbard, né à Tubingue en 1735, mort en 1767, s'est occupé aussi d'ophthalmologie, et a laissé sur cette spécialité :

Dissertatio : novum problema chirurgicum de exlractione cataractœ ulb-a perficienda, 1752, in-4°. A. C.

MAUIKOIR (Les). Famille de Genève qui a donné à sa patrie et à la science trois médecins ou chirurgiens très-distingués.

Maunoir (Jean-Pierre), chirurgien et opthalmologiste éminent, est né à Genève en 1768. Il avait fait une partie de ses études médicales à Paris, sous l'illustre Desault, et il les acheva en Angleterre, oîi il prit le titre de docteur vers 1797. De retour à Genève, il professa longtemps l'anatomie à l'académie de cette ville et se livra à la pratique des opérations chirurgicales, et particulièrement de celles que réclament les maladies des yeux. 11 avait conquis une grande habileté dans l'opération de la cataracte, qu'on lui vit faire jusqu'à l'âge de quatre-vingts ans, à l'aide d'un ingénieux système d'appui qui donnait à ses bras la fixité nécessaire. Maunoir a essayé de réhabiliter la section de l'artère entre deux ligatures dans l'opération de l'anévrysme, mais il est bien reconnu que cette section n'ajoute rien à la sûreté de la ligature simple. Bien que fondée sur une explication analomique de la structure de l'iris qui n'est généralement pas admise aujourd'hui, le procédé d'iridectomie qu'il a proposé pour la formation d'une pupille artificielle, a obtenu le suffrage des chirurgiens et est encore favorablement apprécié dans les traités d'ophthalmologie. On lui doit une bonne description de certaines tumeurs enkystées de la région cervicale antérieure, auxquelles il donne le nom d'hydrocèles du cou et que l'on croyait, avant lui, appartenir à la glande thyroïde ; l'emploi du séton proposé par lui pour ie traitement de cette maladie a été généralement admis.

234 MAU^OIR (les).

Quelques bio-bibliographes éminents, tels que Dezeimeris et Callisen, confondant ce savant et habile praticien avec son frère Charles-Théophile (voy. plus bas), fixent sa mort au 25 février 1850. C'est une erreur : Jean-Pierre Maunoir a prolongé sa carrière jusqu'au 21 janvier 1861, c'est-à-dire jusqu'à l'âge de 93 ans.

On a de lui :

I. Mét7i. physiologique et pratique sur l'anévrysme et la ligature des artères. Genève, i802, in-8°. — II. Sur une surdité guérie par la perforation du tympan (simple note). In Eibl. britannique, t. XXVI, p. 58., 1804. — III. Questions de chirurgie : Exposé des diverses méthodes chirurgicales du traitement des ulcères ; de l'extraction des corps étrangers introduits ou formés dans différentes cavités (Th. de Conc. ch, de clin. chir.). Montpellier, 1812, in-S". — IV. Mém. sur l'organisation de l'iris et l'opération de la pupille artificielle. Paris, 1812, in-8'. — V. Extrait d'un ouvrage de M. W. Adam sur quelques maladies des yeux et sur les opérations chirurgicales dont elles sont susceptibles. Genève, 1814, in-8°. — VI. Mém. sur les fongus médullaire et hématode. Ibid., 1820, in-S". — VII. Mélange de chirurgie étrangère (avec Mayor, Peschier, Morin, etc.). Ibid., 1824, ^1-8», 3 vol. — VIII. Mém. sur les amputations, Vhydrocèle du cou, etc. Ibid., 1825, in-8. — IX. Mém. sur les causes de non-succès dans Ippératioii de la cataracte et sur les moyens d'y remédier. In Cojnpt. rend, de VAcad. des se, t. III, p. Qli, 1856. E. Bgd.

Mannoir (Charles-Théophiie), frère cadet du précédent, né à Genève vers 1770, vint terminer ses études médicales à Paris, où il fut admis au doctorat en 1805. Étant alors retourné dans sa ville natale, le nom déjà célèbre de son frère, mais plus encore son mérite personnel, attesté par quelques publications remarquées, lui assurèrent bientôt une brillante position et les titres de chirurgien des prisons, de professeur de chirurgie, etc. Il était membre de plusieurs sociétés savantes : de la Société de médecine de Paris, de la Société pour l'avancement des sciences et des arts, et de celle des sciences naturelles de Genève, etc. On lui doit plusieurs idées chirurgicales ingénieuses; c'est ainsi qn'il a proposé de renoncer à l'extirpation du testicule dans le sarcocèle et de la remplacer par la ligature des artères principales qui se distribuent â la glande séminale et à l'épididyme, de manière à amener l'atrophie de la tumeur par défaut de nutrition. Il a soutenu très-énergiquement les idées de son frère sur la section de l'artère entre les deux ligatures dans l'opération de l'anévrysme.

Cet estimable praticien est mort le 25 février 1830.

Charles-Théophile a laissé les écrits suivants :

I. Dissertation sur la section de l'artère entre deux ligatures dans l'opération de l'anévrysme. Th. de Paris, an XIII (1805). n° 328. — II. Expulsion du tœnia par l'huile de térébenthine. laBibl. britannique, t. LX, p. 252, 1851. — III. Obs. sur une plaie pénétrante de l'artère axillaire gauche guérie par la ligature et la section de l'artère. In Annal, de la Soc. de méd. prat. de Montpellier, t. XI, p. 286 ; 1808. — IV. Obs. sur une plaie pénétrante de l'abdomen compliquée de l'issue d'une portion considérable de l'estomac, etc. Ibid., t. XIV, p. 154; 1809. — V. Nouvelle méthode de traiter le sarcocèle sans avoir recours à l extirpation du testicule. Genève, 1820, in-8°. — VI. Guérison d'un écartement congénital des deux portions du maxillaire supérieur. In Dupasquier, compte rendu, etc. Lyon, 1851, n-8».

Mannoir (Théod.-D.wid-Eugène), neveu de Jean-Pierre et fils du précédent, naquit à Genève en 1806. A l'exemple de son père, il vint faire ses études médicales à Paris et suivit spécialement les leçons de deux maîtres illustres de ce temps, Louis et le professeur Roux, dont il demeura l'ami. Reçu docteur en 1855, il retourna à Genève et se consacra plus particulièrement à la pratique de la chirurgie, où il obtint de grands et légitimes succès. Ce praticien distingué est mort en 1869, à peine âgé de soixante-trois ans.

MAURICE (SAINT-) (eaux minérales de). 255

I! a laissé plusieurs travaux estimables :

I. Quelques points de l'histoire de la cataracte suivis d'une statistique comparée quant aux résultats. Th. de Paris, 1853, n° 345. — II. Sur quelques cas rares d'accouchements. — III. Sur un vice de conformation du vagin. In Gaz. hebd., 1856, p. 574. — IV. Sur un ané~ vrysme de l'artère fémorale poplitée guéri par la flexion. Ibid., 1859, p. 79, etc.

E. Bgd.

MAIJBICE (SAOIT-) (Eaux MINÉRALES de), mésothermales., ■proîothermales ou hypothermales , polymétallites, bicarbonatées sadiques moyennes, chlorurées sadiques moyennes, carboniques moyennes. Dans le département du Puy-de- Dôme, dans l'arrondissement de Clermont-Ferrand, dans la commune de Saint* Maurice, sur la rive droite de l'Allier, presque eu face du plateau où émergent les sources de Saint-Martial (voy. ce mot) auprès d'une chapelle sous l'invocation de Sainte-Marguerite, sortent les sources de Saint-Maurice, connues encore sous le aom de fontaines de Vic-le-Comte ou de Sainte-Marguerite. Les griffons principaux sont au nombre de onze; mais, à gauche et à droite da chemin de Miretleurs, il suinte de la roche ou du sol une foule de filets d'eau minérale qui se répandent dans les marais ou dans les fossés voisins. Les sources les plus importantes s'appellent : la source Sainte-Marguerite, les sources de la Rivière, les cinq sources de la Grève, la source des Graviers et la source Voûtée.

1° Source et établissement de Sainte-Marguerite. Cette source est la seule qui soit régulièrement captée et qui alimente un établissement thermal. Elle appartient, comme les autres sources de la station de Saint-Maurice, à l'administiation des Eaux et Forêts qui les a données à bail. Son eau est claire, limpide et transparente, elle laisse déposer cependant une couche rouillée assez épaisse, et elle incruste, au bout d'un certain temps, les objets qu'elle recouvre ; elle forme aussi à la longue des travertins composés de carbonates de chaux, de fer et d'une certaine quantité de matière organique. Des bnlles de gaz grosses et nombreuses viennent incessamment s'épanouir à sa surface et recouvrent de perles les parois intérieures des vases dans lesquels on la reçoit. Elle pique le nez et sa saveur est aigrelette, ferrugineuse et saline. Sa température est de 52°, 8 centigrade ; son analyse chimique a été faite en 1844 par M. le professeur Nivet, de Clermont- Ferrand, qui a trouvé dans 1,000 grammes de cette eau les principes suivants :

Bicarbonate de soude ^ 2,9699

— chaux ^ 0,9197

— magnésie 0,0356

— fer 0,0498

Chlorure de sodium 2,0300

Sulfate de soude 0,2000

Silice 0,1600

Perte • 0,1230

Alumine, sels de potasse, matière organique traces.

Total des matières fixes 6,7860

L'établissement de Sainte-Marguerite est petit, mal aéré, mal tenu et trop bas d'étage. 11 renferme deux cabinets de bains isolés et deux piscines. Des cloisons de planches séparent les deux piscines en trois compartiments.

2"^ Sources de la Pâvière. On ne peut voir les trois grilfons de ces sources que lors des basses eaux de rAllier. Ils émergent à environ 8 mètres de l'établissement. L'eau du premier griffon fait monter le thermomètre à 53°, 7 centigrade, celle du second à 55°, 5 centigrade, et celle du troisième à 52°, 8 centigrade seulement. L'eau mélangée de ces sources a donné sur 1,000 grammes à M. le

236 MAURICE (SAINT-) (eaux minérales pe).

professeur Nivet, en juin 1845, un résidu salin du poids de 4 grammes 96 centigrammes. L'eau de ces trois sources n'a aucun usage.

5° Sources de la Grève. L'origine de la première est à 7 mètres au sud de la maison des bains de Sainte-Marguerite. Son débit est très-peu abondant et son eau est reçue dans un bassin de forme octogonale. Sa température varie entre 25° et 24" centigrade. Le bassin de la deuxième source est semblable à celui delà première ; il est à 50 mètres à l'est de la fontaine Sainte-Marguerite. Sa température est de 22" centigrade. Le griffon de la troisième est aujourd'hui enfoui sous des décombres. Les deu.t filets très-peu importants qui constituent les quatrième et cinquième sources de la Grève., sont à 10 mètres à l'est du bassin de la deuxième. La température de l'eau du filet principal est de 21°, 5 centigrade.

¥ Source des Graviers. Son eau est reçue dans une petite fontaine éloignée de 120 mètres à l'est de l'établissement de Sainte-Marguerite et très-près du lit de l'Allier. Sa température est de 25" centigrade.

5° (Source Voûtée. Elle sort d'un banc de calcaire tertiaire, à 60 mètres à l'est de la chapelle Sainte-Marguerite et au bord du chemin de Mirefleurs. Son eau est renfermée dans un puits voûté qui lui a donné son nom. Sa saveur n'est pas la même que celle des autres sources de Saint-Maurice ; aussi est-elle plus gazeuse, moins alcaline, moins salée et pas du tout ferrugineuse. Elle ne laisse déposer aucun sédiment calcaire ou ocreux. Sa température oscille entre {&" et 18" centigrade. La source Voûtée est de toutes les sources de Saint-Maurice celle qui est le moins souvent recouverte par les eaux de l'Allier; c'est cette eau qui est la plus agréable ; aussi sert-elle à la boisson habituelle des personnes du voisinage qui en coupent aux repas leur vin, dont elle n'altère pas la couleur, et auquel elle communique un piquant dû à la grande quantité de gaz acide carbonique qui la sature.

EuPLor THÉRAPEUTIQUE. L'cau de toutes les sources de Saint-Maurice est exclusivement employée en boisson à l'exception de celle de Sainte-Marguerite auprès de laquelle on a bâti une maison de bains. Le mode d'administration et la dose de ces eaux, la durée des bains de baignoires ou de piscines, varient avec le caprice des malades.

Les baigneurs et les buveurs assurent, après Jean Banc qui y avait traité son fils, que les eaux des sources de Saint-Maurice à l'intérieur et à l'extérieur, mais à l'intérieur surtout, ont une grande vertu curative dans les fièvres intermittentes invétérées ; dans les hypertrophies du foie et de la rate qui en sont ou non la conséquence ; dans les dyspepsies acides, surtout accompagnées de pyrosis ; dans les embarras gastriques non fébriles ; dans la gravelle hépatique ou rénale ; dans la goutte commençante ; dans le rachitisme et les désordres scrofuleux qui portent principalement sur les articulations ; dans l'anémie, la chlorose et enfin dans les troubles occasionnés par le rhumatisme. Il est inutile d'ajouter que les sources les plus chargées de principes chlorurés et ferrugineux sont celles qui doivent être choisies de préférence lorsqu'il est indiqué de reconstituer l'économie et de redonner au sang la matière cruorique qui lui manque. 11 faut employer, au contraire, les sources peu chargées d'éléments analeptiques, comme l'eau de la source Voûtée, lorsqu'on a affaire à des états pathologiques ou diathésiques, où une eau chlorurée sodique ou bicarbonatée ferrugineuse ne peut convenir. ,

La durée de la cure est d'un mois, en moyenne.

On exporte dans les environs l'eau des sources Sainte Marguerite et du puits

Voûté, A. llOTUREAU.

MAURICUEAU. 257

BiBLioGUAPHiE. — Canc (Jean). La manière renouvelée des merveilles des eaux naturelles en faveur de nos Nymjjhes françaises. Paris, 1C05, p. 87.— Landreï (Jehan). Hydrologie ou discours de Veau. Paiis, 1614. — De Villefont (Fernand). Bref discours des fontaines de Yic-le-Comtc. Lyon, 1616. — Duclos. Observations sur les eaux minérales de plusieurs provinces de France {Vic-lc-Comte et Martres de Veyre). Paris, 1675. — Patin (Guy). Lettre<t choisies [Vic-le-Comte, Saint-Maurice). La Haye, 1707. — Legband d'Aussy. Voyage fait en

1787 cH788 dans In ci-devant haute et basse Auvergne. Paris, an III de la république.

Pkghoux. Annales d'Auvergne, t. III, Clermont-Ferrand, 1830. — De Montcerviki!. Annales iC Auvergne, 1852, pag. 14.— Nivet (V.). Dictionnaire des eaux minérales du département du Puy-de-Dôme. Clermont-Ferrand, 1846, in-S», p. 157-144. A. R.

MAURICE (Ile). L'île Maurice ou Me de France, située dans l'océan Indien, à 140 kilomètres environ de l'Ile de la Réunion, se rapproche trop de cette dernière par le climat et divers autres éléments de la géographie médicale pour qu'il ne soit pas utile de les réunir dans un même article [voy. Réunion (lie de la)].

MAVRICCAIJ (François). Né à Paris, en 1637, mort le 17 octobre 1709. Maiiriceau était un excellent chirurgien, il fut même prévôt de la communauté de Saint-Côme, mais il abandonna de bonne heure la chirurgie proprement dite, [wur se livrer tout entier à la pratique des accouchements, où il acquit une réputation aussi grande que justement méritée. Il n'avait rien négligé pour se perfectionner dans son art, et il l'avait longuement étudié et pratiqué à l'Hôtel-Dieu avant de s'y livrer dans la clientèle de la ville. Les ouvrages de Mauriceau ont eu une réputation immense, et encore aujourd'hui ils sont lus et consultés avec fruit. Honnête et consciencieux, Mauriceau ne parle que des choses qu'il a observées et bien observées, aussi ses descriptions brillent-elles par la plus scrupuleuse exactitude. Il a été vivement ci^itiqué par Lamothe, par Peu, et Astruc porte de lui le jugement suivant : « Mauriceau écrit sans ordre et sans méthode, et c'est un guide très-infidèle quand il se mêle de raisonner. Mais comme il avait de l'expérience, on trouve dans ses hvres des faits de pratique qui méritent d'être recueillis. » Ce jugement sévère est vrai jusqu'à un certain point, mais il n'enlève pas grand'chose au mérite très-réel de Mauriceau ; il est incontestable que Mauriceau, le premier, même après Guillemeau, s'est occupé d'une façon nette, suivie et complète de la science obstétricale ; qu'il a bien observé la nature et l'a parfaitement interprétée ; qu'il a fait faire d'immenses progrès à la science à laquelle il avait consacré sa vie.

Les ouvrages de Mauriceau ont été traduits dans presque toutes les langues ; en voici les titres :

I. traité des maladies des femmes grosses et de celles qui sont accouchées. Paris, 1668, * 1675, 1675, 1681, 1694, in-4°. — II. Aphorismes touchant l'accouchement, la grossesse et les maladies des femmes. Paris, 1694, in-lÔ"; Amsterdam, 1701, in-4''. — III. Observations sur la grossesse et V accouchement des femmes et sur leurs maladies et celles des enfants nouveau-nés. Paris, 1695, 1715, in-4°. Dernières observations sur les maladies des femmes grosses et accouchées. Paris, 1708, in-4''. H. Mr.

MAURICHEAU ou MORICHEAU. Deux médecins contemporains, tous les deux originaires de Poitiers, l'un ayant le surnom de Beauchamp, l'autre celui de Beaupré, sans doute pour distinguer deux branches de la m«'me famille, comme on le fait souvent en province, nous présentent, quant à l'ortlographe de leur nom, une singularité qui nous signalerons à l'occasion de chacun d'eux.

258 MAURICHEAU.

MjtllRICIlEAfJ-BEAllCHAIfiP (René-Pierre), né à Poitiers vers 1776, se livra à l'étude de la médecine, et montra, dès le début, d'assez heureuses dispositions pour qu'il fût envoyé à Paris, aux frais de son département, afin d'y compléter son instruction; et, là, il fut admis parmi les membres de la Société médicale d'émulation, qui se recrutait parmi les élèves les plus distingués de la Faculté.

De là, il entra pendant quelque temps comme chirurgien dans un régiment de hussards, et se fit recevoir docteur à Montpellier en 1802, puis retourna directement s'établir dans sa ville natale. Mais, chose singuUère, sa thèse est signée Mauricheau-Beauchamp, et désormais sur ses autres écrits, dans les actes publics, il ne figure plus que sous le nom de Moricbeau; c'est avec cette dernière orthographe que nous le voyons professeur en médecine à l'École secondaire de Poitiers, dont il devint directeur en 1821 ; médecin de l'hôpital civil et du dépôt de mendicité; membre delà Société de médecine de Paris, de celle de Bruxelles, de celle des sciences et arts de Rochefort, etc. Ce médecin distingué mourut à Poitiers le 2 octobre 1832, laissant les ouvrages suivants :

I. Des parotides dans les maladies aiguës. Thèses de Montpellier, an X, n. 13. — II. De la nuit et de son influence sur les maladies (Mém. cour, par la Soc. de Méd. de Bruxelles, le 2 vendém. an XIV). Paris et Poitiers, 1808, in-8°. — III, Rapp. sur les vaccinations pratiquées dans le département de la Vienne en 1807 et 1808. Poitiers, 1808, in-8°.

RIAIJRICHEAIJ-BEAUPRÉ (Pierre-Jean) naquit également à Poitiers en 1778, et entra comme chirurgien militaire à l'armée d'Italie en 1799. 11 fit successivement les campagnes de l'Empire en Allemagne, en Illyrie et en Russie, où il fut fait prisonnier pendant la désastreuse retraite de 1812. Revenu en France, à la paix, il profita de ce moment de calme pour prendre le grade de docteur à la Faculté de Médecine de Montpellier, en 1817. Et ici nous allons voir l'inverse de ce que nous avons constaté pour le précédent ; sur sa thèse, il prend le nom de Moricbeau, et il la dédie à son oncle, François-Marie Moricheau-Beaupré, chirurgien à Poitiers ; mais, à partir de ce moment, il ne signe plus que Mauricheau-Beaupré, nom que nous lui conservons ici. Aussitôt après sa réception, il lut placé à la tête des hôpitaux de Montmédy, puis de Calais ; et rentrant bientôt dans le service actif, il suivit les expéditions d'Espagne (1823), de Morée (1828) et d'Alger (1830), cette fois avec le grade de chirurgien en chef de l'armée. Rendu, enfin, au repos après tant de fatigues, il reprit ses fonctions de médecin à Phôpital de Calais; c'est là qu'il prit définitivement la retraite, après avoir refusé le titre de médecin en chef de l'hôpital militaire de Lyon, Il mourut là, le "10 septembre 1857, à l'âge de soixante-dix-neuf ans, des suites d'une attaque d'apoplexie.

Maurich eau-Beaupré était officier de la Légion d'honneur, décoré de différents ordres d'Espagne et de Grèce, etc. Les écrits qu'il a laissés montrent qu'il était du nombre de ces médecins laborieux qui veulent faire profiter la science des fruits de leur expérience et de leurs travaux.

On a de lui :

I. Des effets et des propriétés du froid avec un aperçu historique et médical sur la campagne de Russie. Thèses de Montpellier, 1817, n. 90, in-8°,— IL Mém. sur le choix des hommes propres au service militaire dans l'armée de terre. Paris, 1820, in-8°. Trad. allem. Weimar, 1822, in-8% tabl. — III. Observations sur quelques maladies de ïoreille. In Réc. des mém. de méd., etc., milit.ji" sér., t. XVI, p. 90, 1825. — IV. Plaie de la joue avec fracture de l'os maxillaire supérieur. Ibid., p. 234, — V, Relation de l'expédition faite

MAUTHNER. 239

dans l'Atlas au mois de novembre 1850. Ibid., t. XXXI, p. 144. — VI. Histoire de l'épidémie de grippe, qui a régné à Calais, en 1857. Calais, 1837, in-S". E. Bgd.

IH4URITIA (L. FIL.) Genre de plantes, de la famille des Palmiers, tribu des Lépidocaryinées, dont les fleurs sont polygames-dioïques, disposées sur un spadice à rameaux distiques, sans spathe générale, mais avec des spathelles qui enveloppent isolément les fleurs. Celles-ci sont trimères, avec six étamines dans les fleurs mâles. Dans les fleurs femelles et hermaphrodites, il y a un ovaire triloculaire. Le fruit est une baie monosperme, slrobihforme, tesselato-cortiquée. Les Maiiritia sont de très-beaux palmiers qui croissent dans l'Amérique tropicale. Lear tige est inerme ou chargée d'aiguillons. Leurs feuilles sont flabelliformes-pinnatifides. L'espèce la plus connue est le M. flexiiosa L., originaire de l'Orénoque, et cultivé à Cayenne, sous le nom de Bâche. Il fournit aux Guaranis des fibres tirées des feuilles, qui servent à fabriquer des abris, des nattes, des vêtements, des hamacs, des filets; un sagou tiré de sa moelle {Ipuruma), du vin fabriqué avec sa sève, un pain préparé avec son amande broyée. Le M. vhiifera Mart., du Brésil, donne aussi du vin et de l'alcool. Le M. Sagus Schult. [Sagus americana Pom.) est une des sources de la fécule ahmenLaire qu'on nomme Sagou américain. Le M. aculeata II. B. K. sert à couvrir les huttes, à fabriquer des nattes. La sève sucrée de la plupart de ces espèces se boit fraîche comme rafraîchissante ; étendue d'eau elle sert de tisane dans les cas d'affections fébriles. H. Bn.

L. Fils, Siippl., 1456. — Humboldt, Ans. der Nat., 26, 131. — Martius, Palm., 42, t. XXXVIII-XLIV. — AuBLET, PI. Guian., Append., 103. — Endl., n. 1743. — Duch., Répert., 29. — Mér. et Del., Bict. Mat. méd., IV, 268. — Endl,, Enchirid., 137. — Rosenth., Sijn. pl. diaplwr., 152.

iWiitJRO. Un des anciens maîtres de l'école de Salerne, un peu plus jeune que Musandino et peut-être son disciple ; paraît avoir vécu à la fin du douzième siècle. Gilles de Corbeil, qui suivit ses leçons, dit qu'à la mort de Musandino, son savoir passa à Mauro :

Cujus [Musandini] si fuerit resolutum funere corpus, Spiritus exultât, et magni pectora Mauri Tota replet...

[De comp. med., v. 93 et suiv.)

Mauro a joui dans son temps d'une très-grande réputation, il était médecin à la cour, et très-recherché par les grands. 11 a laissé un ouvrage sur la phlobotomie {Liber phlebotomiœ) , qui est resté manuscrit, et un traité De urinis et febribus, édité pour la première fois par Renzi, dans sa CoUectio Salernitana (t. III, p. 2-51. Napoh, 1854, in-8"), sous le titi-e : Regulœ urinarum. Renzi croit que ce traité faisait partie d'un grand ouvrage de seméiotique et de pjrétologie. E. Bgd.

MAUTHNER (Ludwig-Wilhelm), né à Raab, en Hongrie, le 14 octobre 1806. Après d'excellentes études premières, il entra, en 1825, comme élève chirurgien militaire à l'Académie impériale et royale Joséphine. Grâce à son application et à son ardeur au travail, il se fit recevoir, en 1831, docteur en médecine et en chirurgie, maître en ophthalmologie et en accouchements. Les services rendus par lui pendant le choléra de Vienne et pendant une épidémie de typhus qui régna en Galicie, et dont il a donné une excellente relation, furent récompensés par le grade de chirurgien de régiment. Mais des raisons de famille lui ayant lait quitter le service mili-

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