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MÉDECINS DE L'ÉTAT CIVIL

ce service, si l'on voulait en assurer la régularité et en retirer tout le fruit possible, devait être soumis à un contrôle, à une inspection. On conlia d'abord, par arrêté du J5 avril 1859, ce soin à un comité composé du préfet, président; de quatre membres du conseil municipal; de quatre maires de Paris ; du doyen de la Faculté de médecine, d'un autre médecin notable, du chef de la 1"''= division de l'inspecteur en chef du service des pompes funèbres, de l'inspecteur en chef du service des inhumations et cimetières, du chef du bureau de i'éfat civil; enfin de quatre médecins chargés de l'inspection à domicile et n'ayant, dans le comité, que vois; consultative. On nomma, en même temps, des facteurs aux décès, chargés de recueillir les duplicata des mandats de visite, délivrés par les maires ou médecins vérificateurs, et de porter ces duplicata à l'Hôtel de Ville où venaient les prendre les médecins inspecteurs, pour aller ensuite faire au domicile des décédés un nombre minimum de visites. Sur le résultat de ces visites, ils dressaient des rapports dont ils donnaient lecture au comité. Cette organisation rencontra des difficultés de la part des maires et ne fonctioiuia que trois ou quatre ans. Le comité paraît s'être dissous de lui-même ; mais le service d'inspection subsista et lut réorganisé sous l'administration de M. liaussmann. Le nombre des inspecteurs fut porté de quatre à six d'abord, puis à huit, puis à dix ; ils durent se transporter dans le quart au moins des maisons des décédés ; classer les états de déclaration, etc. Ces états cessèrent d'être transportés à l'Hôtel de Ville et furent remis au bureau des décès de mairies désignées. Enfin, en 1864, les vingt arrondissements de Paris furent partagés en dix circonscriptions, à chacune desquelles fut attaché un inspecteur.

2° Naissances. C'est seulement à la fin de 1868 que les médecins vérificateurs des décès furent également chargés de la constatation des naissances (arrêté préfectoral du 28 décembre).

La constatation à domicile des naissances a pour but d'éviter le transfert à la mairie du nouveau-né dans les trois premiers jours de son existence, ainsi que le portent les termes du Code. Cette mesure, réclamée par des hygiénistes éminents, tels que Villermé, Quételet, Orfîla, appliquée d'ailleurs en beaucoup de pays, en Russie, en Angleterre, en Prusse, était déjà mise en pratique depuis un certain temps à Bruxelles, à Versailles, à Toulouse, à Limoges, quand on se décida enfin à l'introduire dans la capitale, grâce surtout aux efforts du docteur Loir, qui se fit de cette question une sorte de spécialité à partir de 1845. Après bien des discussions, après une assez vive opposition de la part de M. de Piambuteau, et malgré la diversité d'avis des Conseils généraux, consultés sur ce point, l'administration se montra favorable au projet. Vers 1853, beaucoup de médecins l'appuyèrent encore dans des écrits spéciaux, ainsi que la société protectrice de l'enfance ; des orateurs lui prêtèrent dans les Chambres l'appui de leur parole ; et l'on se décida enfin à passer de l'approbation théorique du principe à sa mise en pratique sur le modèle déjà adopté dans d'autres villes.

La constatation des naissances à domicile est facultative et non obligatoire pour 'les familles ; celles-ci ont le droit ou de présenter l'enfant dans les trois premiers jours, ou de requérir la visite du médecin de l'état civil. Cette constatation est gratuite.

Les médecins de l'état civil à Paris sont actuellement au nombre de 73. En moyenne, chacun d'eux a quatre naissances ou décès à constater par jour. Leur traitement varie de 1 ,800 à 2,400 francs, suivant l'importance de la circonscription, eu égard soit à l'étendue du périmètre, soit à la densité de la population.

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