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BACHELIER

Les examens pour le grade de bachelier n'avaient heu que tous les deux ans ; il fallait, pour y prendre part, avoir 25 ans révolus et faire la preuve, par certificats, témoignages, etc., qu'on avait régulièrement suivi les cours de la Faculté pendant quatre ans. L'examen durait quatre jours pleins. Le premier jour, ou était examiné sur les choses naturelles, le second sur les choses non naturelles, le troisième sur les choses contre nature, le quatrième, enfin, lepostulaut devait

' Singulis annis duœ sallemanatomiœ exhil'canlur.... Les magistrats ne doivent, d'ailleurs, délivrer de cadavres qu'à la demande du doyen.

MÉDECINE (enseignement). 641

commenter un aphorisme d'Hippocrate. L'élève refusé était renvoyé à deux ans; ceux qui était reçus prenaient le titre de bachelier; ils faisaient désormais partie de la Faculté, et recevaient un diplôme spécial. Ce titre de bachelier ne leur donnait pas le droit d'exercer la profession médicale, on citait cependant des praticiens qui n'étaient que bachehers ; c'était une exception sans importance.

Le temps du baccalauréat durait deux ans et conduisait à la licence. Nous avons déjà dit que les bacheliers étaient chargés délire et de commenter les auteurs choisis par la Faculté ; mais surtout ils avaient à subir, pendant ces deux ans, des épreuves aussi nombreuses que fatigantes. Vers le mois de mai ou de juin, ils passaient l'examen des herbes qui consistait à reconnaître et à décrire les plantes. En outre, le bachelier devait donner tous les ans au doyen un catalogue complet des plantes cultivées dans le jardin botanique. Pendant le semestre d'hiver, avaient lieu les disputes relatives aux questions quodlibitaires, sortes de thèses roulant sur un point quelconque de la médecine. L'argumentation durait de six heures du matin à midi. De six heures à huit, tous les bacheliers présents argumentaient le candidat; de huit à onze heures, neuf docteurs, trois du grand banc et six du petit banc, argumentaient à leur tour et pouvaient, au besoin, céder la parole à un docteur quelconque ; enfin de onze heures à midi chaque bachelier devait répondre sur une question de médecine proposée par un docteur.

Puis venait le tourde la thèse cardinale, instituée par le cardinal d'Estouteville, et qui roulait exclusivement sur l'Iiygiène. La dispute, cette fois, durait de cinq heures à midi. Chaque bachelier devait poser deux questions au candidat. Si ceuxci faisaient défaut, ils étaient remplacés par des docteurs.

Licence. Ainsi se passaient les deux années de baccalauréat ; on était dès lors apte à recevoir la licence et on en devait faire la demande à tous les docteurs réunis dans ce but aux écoles supérieures. Il restait cependant encore une épreuve à subir, celle qu'on appelait l'examen particulier [examen particulare) K Le candidat devait se rendre reverenter à la maison de chacun des docteurs de la Faculté et là, sans témoin, subir un examen sur la pratique médicale proprement dite. Cet examen subi à son honneur, le bachelier avait enfin terminé ses travaux et pouvait être reçu à la licence.

Nous n'avons point à décrire ici l'importante et solennelle cérémonie de la licence, donnée par le chancelier de l'Université, et à laquelle étaient conviés tous les grands corps elles grands personnages de l'État. Il nous suffira de dire qu'une fois en possession de la licence, on pouvait désormais exercer la profession médicale sans nulle entrave, seulement on ne faisait pas encore réellement partie de la Faculté ; il fallait pour cela avoir pris le titre de docteur.

Le Doctorat. C'était d'ailleurs chose relativement très-aisée ; le licencié faisait la demande à la Faculté, celle-ci devait être consultée tout entière et, si rien ne s'y opposait, le futur docteur était admis à la vespérie. Le président de cet acte, un docteur du banc des anciens, prononçait un discours qui n'était généralement que l'éloge pompeux de la très-salubre Faculté de médecine de Paris; puis il proposait au candidat une question à résoudre et soutenait avec lui une légère discussion. Enfin, quelques jours après, dans une cérémonie spéciale et^très-pompeuse, le licencié recevait le bonnet de docteur.

Désormais il appartient à la Faculté et jouit de tous ses droits et de toutes ses prérogatives; s'il ambitionne le titre de docteur régent, il doit, vers la Sain

» Nota — Si un bachelier a fait un acte de chirurgie, il ne pourra être admis â la licence

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