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beaucoup d'exemples, le constater pour la Voïvotlie serbe, qui, de loulcs les provinces d'Antriche, a simultanément la niatrimonialité, la natalité et la mortalité les plus considérables {voy. article Autriche, p. 441). D'ailleurs, dans le cas de mortalité rapide, cette simultanéité des mouvements est évidemment une condition d'existence, puisque celles de ces populations, 'qui ne répareraient pas rapidement leur grande mortalité par des unions hâtives et largement fécondes, seraient nécessairement condamnées à disparaître ; et c'est ainsi que plusieurs ont disparu en effet, ou, comme la colonie islandaise, sont menacées de disparaître. Celles qui durent et que nous observons ne le doivent qu'à l'accélération simultanée de tous leurs mouvements. Mais l'erreur des auteurs a été de croire que la réciproque était également obligée, et que tout peuple qui présentait une natalité, une matrimonialité très-prononcées, était fatalement marqué d'une forte mortalité. L'observation des faits prouve qu'il n'en est rien, pourvu que Ton ne confonde pas la morto//te' </e'«e'ra/e, nécessairement accrue quand, conjointement aux mariages, les naissances sont nombreuses, avec la mortalité à chaque âge. Qu'une population ait une succession d'années prospères, que l'abondance, le travail et l'espace lui soient donnés, les mariages et à leur suite les naissances vont s'accroître dans les plus larges proportions, sans que le danger de mourir à chaque âge augmente ; il diminuera bien plutôt. C'est certainement ce qui arrive souvent en Amérique, quand les difticultés ds l'acclimatement ne viennent pas compliquer les autres conditions sociales. Je ne citerai qu'un exemple en Europe, mais très-net, très-démonstratif; c'est le Palatinat. Nous avons montré, dans notre article Bavière, qu'il est à la fois, de toutes les provinces bavaroises, celle qui a le plus de mariages, de naissances, d'émigrations, et pourtant dont la population a la meilleure constitution, dont la vitalité est la plus assurée à chaque âge. De ces considérations, il y a lieu de conclure qu'une ample matrimonialité peut être l'indice, soit d'une mortalité rapide^ soit de conditions dans lesquelles le travail, ou la terre cultivable, et, par suite, les subsistances abondent.
12. Fréquence des mariages entre parents. Nous verrons, en traitant la question de l'hygiène afférente aux mariages entre parents, combien serait importante une bonne enquête sur ce sujet. Malheureusement elle est encore à désirer. D'abord la France seule relève ce détail démographique, et encore ne le fait-elle d'une façon moins imparfaite que depuis 1864. De plus, on n'y enregistre pas les unions entre cousins issus de germains, alliances réputées malfaisantes par les adversaires des mariages consanguins. La critique doit encore obsen'er que les sommes des mariages consanguins relevés ne donnent vraisemblablement que des minima, car il est tout à fait présumable que, malgré la circulaire ministérielle de novembre 1865, plusieurs omettent de signaler une parenté qui, devant l'Église, les expose à des redevances pécuniaires. Ces réserves faites, pour les deux années 1864-1865, il a été déclaré 13,1 mariages consanguins sur 1000 mariages généraux, et, sur 1000 de ces unions vraiment consanguines (non compris beau-frère et belle-sœur), il y en avait, suivant les registres de l'état civil : 14 entre neveux et tantes, 51 entre oncles et nièces, 935 entre cousins germains, 11 faut ajouter, en dehors de ces unions consanguines et par 1000 mariages généraux, 3,55 contractés entre beaux-frères et belles-sœurs et dénoncés par les actes judiciaires, ou au moins 3,8*, si l'on préfère s'en rapporter aux registres de l'état civil ^ Ces derniers mariages,
* Deux renseignements sur ce sujet nous sont en effet fournis, l'un par les registres d'état civil, l'autre pai- les fastes judiciaires, mais seulement pour les mariages que la loi
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en dépit des préventions dévotes, nous paraissent fort naturels, fort louables, et offrir toutes les garanties possibles de bonbeur, car les fiancés se connaissent de longue date et ont été conduits à l'union conjugale par des convenances longtemps éprouvées et par l'estime réciproque. D'ailleurs, le public parait apprécier comme nous ces unions, car, depuis 18o2 où elles ont été permises, elles sont très-rapidement croissantes : ainsi, de 1855 à 1840, la moyenne annuelle des mariages entre beaux-frères et belles-sœurs était de 552 ; elle s'est élevée à 668 dans la période suivante (1840-1845); et, par une crue continue, je la trouve, dans la dernière période quinquennale (1864-1868), dont j'ai les relevés, arrivée à 1 141; enfin à 1200 dans les dernières années (1867-1868), soit alors 38 par 10 000 mariages généraux, et 260 par 10 000 mariages en secondes noces, les seuls où ces unions soient possibles. 11 nous paraît donc regrettable que ces mariages nécessitent encore une permission du souverain ; c'est là une vieille entrave du bigotisme que repoussent l'hygiène, les mœurs et la raison.
15. Mariage selon l'état civil antérieur des conjoints. Les fiancés peuvent être tous deux célibataires, tous deux veufs, ou l'un veuf et l'autre célibataire. De là, quatre sortes de positions. Nous avons déjà montré, par le 11'= tableau, la probabilité de mariage des célibataires et des veufs à chaque âge. Le IV* tableau, ci-contre, donne en chaque pays : 1°, à gauche, la proportion de chaque sorte d'unions pour 1000 mariages en général; 2°, à droite, pour chaque sexe, la proportion des célibataires et des veufs se mariant. On remarquera, par exemple, combien est faible le nombre des mariages entre veufs et notamment en Bavière (18 par 1000), en Suède («a), tandis que la Hongrie compte beaucoup du ces unions (l4i). Ce fait, qui pourrait faire admettre tout d'abord dans la Hongrie le goût exceptionnel des veufs pour les veuves, peut trouver aussi une autre explication au moins adjuvante ; c'est la forte mortalité que nous avons constatée dons la Hongrie (voy. Autriche, p. 451), décimant les adultes de 24 à 40 ans, ce qui amène sans doute un grand nombre de veufs et de veuves encore jeunes et dès lors des secondes noces. Au contraire, la faible mortalité des adultes en Suède, en Suisse, rend compte aussi du petit nombre des seconds mariages.
Ainsi la signification de ce tableau est complexe ; et, ici comme pour la mortalité, il est beaucoup rnoins instructif d'étudier les rapports des mariages entre eux que leur relation avec les vivants qui les fournissent, comme nous avons essayé de le faire dans le deuxième tableau ; malheureusement les données officielles permettent rarement cette analyse.
14. Mariages selon les âges. Dans chaque pays, la loi fixe l'âge minimum où le mariage est permis : en France, c'est 15 ans pour la jeune fille, 18 ans
a soumis ù une autorisation préalable, à savoir : l» les unions entre tantes et neveux, et entre oncles et nièces, réunies en un seul groupe ; 2° les mariages entre beaux-frères et bellessœurs. Or, tandis que les relevés de l'élat civil donnent toujours des nombres relativement plus considérables pour les unions des neveux ou nièces avec leurs ascendants {731, au lieu de 444 mariages de cet ordre, pendant les trois ans 1865-65); ces mêmes registres donnent des nombres inférieurs aux actes judiciaires pour les mariages entre beaux-frères et bellesœurs (2763, au lieu de 3007 pendant les trois années 1863-65). Nous pensons que la première différence tient à des mariages entre cousins germains, qui, par erreur, et selon l'usage de certains pays (Bretagne, etc.), sont dits entre tantes et neveux, oncles et nièces sur les registres de l'état civil, où l'on se contente d'une simple déclaration verbale ; et que la seconde, concernant beaux-frères et belles- sœurs, résulte d'omission des employés de l'état civil ; j'adopte donc les chiffres des comptes rendus judiciaires, comme offran t plus de garanties.
iJiCT. te. 2° s. V. 2
MAKlAbb (DÉMOGRAPHIE).