MÉDUSES
I. Sendschreiben von Ausrottung derer Kimierblattern. Frankf. u. Leipzig. — II. Ge~ schichte periodisciter KranhheUm. Carlsruhe, 1704, in-8°. Frankf., 1794, in-S°.Tracl. franc., par LEFtBVRE DE ViLLEDRu.vE. Paris, 1790, in-12. — III. Sammhing von Beobachiungen ans dcr Arzneywissenschaft. Zurich, 1764-1766, 2 vol. in-8°. \h\à., 1776, iii-8». — IV. Briefe an den Hern I. G. Zimmermann, ûber einige Erfahrungen aus der Arzneywissenschaft. Mannheim, 17e6, in-8°. — V. Deux lettres à M. Petit sur les rechutes et sur la contagion delà petite vcroJe Ahunhem, 1767, iii-S". — VI. Von dem BevoUcerungsstand in Kurpfah, bcsonders in Mannheim. Ibid., 1769, in-8°. — VU. Vorlesung von der Lebenskraft. Ibid.,1774, in-4°. — VIII. Vorlesung iiber den Satz : Nicht das Klima sondern eine gliickliche biirgerlische Regierung istdie Mutter der Wissenschaften . Ibid., 1775, in-i°, etc. E. Bgd.
MEDIOI. Sous le nom de medion {médium en latin), Dioscoride indique une plante des rochers et des lieux ombreux, à feuilles d'iris, ayant une tige de 0 coudées, des fleurs grandes, pourprées, arrondies, des graines petites comme celles des Cnicus et une racine d'un [jouce de long, ayant la grosseur d'une baguette. La racine est donnée comme astringente et réfrigérante, arrêtant les ilux menstruels ; tandis que les S'jn:ences, prises dans le vin, sont emménagogues.
Il est difficile de savoir exactement quelle est cette plante. Dans les Icônes de Lobel, elle est rapportée avec doute à trois espèces :
1" A Vlris spiiria. L. {Iris sylvestris maritimus Narbonensis).
2° A une sorte de Jacée {Centaiirea nigra — Jacea nigra vidgaris).
0° Enfin, et c'est l'opinion la plus généralement admise, à une espèce de Campanule, le Campanula médium, L. On admet alors que les copistes ont altéré le le.\te primitif de Dioscoride et changé Sériais en Iridis, de sorte que les feuilles du médium doivent être comparées à celles de la chicorée et non à celles de l'iris. C'est la version que Matthiole a adoptée; la plante qu'il figure sous le nom de Dioscoride est bien le campanula médium, qu'on appelait alors, d'après Dodœus, Viola mariana. C'est enfin l'opinion que Linné a consacrée en donnant à cette cimpanule le nom de médium. Lemery attribue d'ailleurs à cette espèce des propriétés rafraîchissantes et astringentes analogues à celles de la plante des anciens.
Une opinion, qui n'a pds eu de partisans, est celle de Rauioolf, qui rapporte
le mediîim de Dioscoride à une espèce du Liban, ressemblant aux viola mariana.
•C'est le Michauxia campamdoïdes. Pl.
Dioscoride. Materia medica, lib. IV, cap. xviif. — Matthiole. Comment, in Dioscor., édit. 1565, p. 987. — Lobel. Icônes, p. 68-324 et 541. — Bauhin (Jean). Histor. plant., édit. Cher- 1er.. ., p. 804. — Rauwolf. Itin., pars IV, n° 284. — Li.nxé. Spccies, 256. — Spkengel. Bist. Rei. herb., I, 379. Pl.
mÈDRE AMBOIE. M. Lefebvre, dans un rapport manuscrit au ministre de l'agriculture et du commerce, fait en 1843, donne ce nom à un arbre d'Abyssinie dont l'écorce est employée pour le tannage des cuirs. Pl.
MÉDULLAIRES (Artères, Ganal , Membra>;e, T(SSTi). {Voy. Cerveau, Moelle, Os).
mÉDLXLlTE. Inflammation de la moelle des os {voy. Ostéomyélite).
MÉDLXLOCELLE. Élément anatomique qui se trouve dans la moelle des os (Robin). {Voy. Moelle des os.)
MÉDîUSES {Medusœ). Zoologie. Les méduses sont des animaux marins de l'embranchement des Piadiaires, dont la substance est transparente comme du cristal et molle comme de la gelée. Elles ont la forme de disques ou celle de calottes spliériques et de cloches. La partie principale de leui' corps reçoit le nom d'om-
518 MËDUSES.
brelle.Le pourtour en est souvent garni de lilaments très-délicats constituant des ornements fort gracieux et entre les découpures qui le limitent, on remarqued'autres fois de petits organes dont les uns sont des yeux, reconnaissables à la présence de cristallins, et les autres des oreilles, ce qui est rendu évident, si l'on examine les concrétions, comparables aux otoconies, qui en garnissent l'intérieur.
Certaines méduses ont une bouche en saillie plus ou moins proboscidiforme, conduisant à un estomac distinct ; certaines autres ont plusieurs orifices pour l'entrée des aliments, et la face inférieure de leur ombrelle est garnie d'expansions radiculaires dont la forme est souvent très-bizarre. Avec la partie principale de leur appareil digestif communique un système gastro-vasculaire, plus ou moins compliqué, répondant spécialement à la fonction bépatique. On tire de ces organes de digestion des caractères sur lesquels reposent plusieurs des classifications qui ont été données de ces animaux.
Les méduses ont aussi un appareil de reproduction consistant, chez beaucoup d'espèces, en un système de quatre cercles disposés en rosaces et visibles à la face supérieure de l'ombrelle. Dans certains individus d'une même espèce cette rosace renferme des ovules, ce qui indique le sexe femelle ; dans d'autres ce sont des spermatozoïdes, et les sujets qui sont dans ce cas sont, par conséquent, du sexe mâle.
Quelques méduses de nos côtes deviennent très-volumineuses ; leur ombrelle a jusqu'à 50 et 60 centimètres de diamètre (exemple les Rhizostomes), et il yen a de plus grosses encore dans les mers intertropicales ; d'autres sont d'une moindre dimension, quelques-unes restent, au contraire, fort petites.
Ces zoophytes sont du groupe des Acalèpbes;. ils flottent au sein des eaux au lieu de rester fixés aux rochers et aux autres corps sous-marins, comme le font la plupart des actinies. Leurs mouvements sont produits par les contrarions ou dilatations alternatives de l'ombrelle ; on les a comparés à la diastole et à la systole du cœur ainsi qu'aux inspirations et aux expirations successives de l'appareil respiratoire, ce qui a fait appeler parfois les méduses des poumons de mer; mais comme ces animaux résistent peu aux courants , leurs colonies sont souvent jetées sur la plage et elles viennent y mourir. On constaté la présence de fibres musculaires chez les méduses. .
Beaucoup de ces animaux sont phosphorescents. Il en est aussi parmi eux qui déterminent des phénomènes d'urtication très-prononcés lorsqu'on les prend sans précaution et surtout lorsque l'on porte les mains aux yeux ou aux narines après les avoir touchés, et que ces organes sont encore imprégnés de la bave qui s'échappe de l'appareil digestif de ces méduses ; celles-ci ont d'ailleurs des organes spéciaux d'urtication comparables à ceux des polypes ou zoophytes cœlentérés du groupe des actinies. Les pélagies et les Rhizostomes de nos côtes sont au nombre des méduses qu'il faut manier avec le plus de réserve. La pélagie est, en même temps, une des plus phosphorescentes.
Les méduses, longtemps mal connues des naturalistes dans leurs différentes espèces, ont été, au commencement de ce siècle, l'objet d'un travail monographique fort bien fait, dû à Pérou et à Lesueur, qui avaient eu, pendant leur voyage autour du monde, l'occasion d'en observer un grand nombre, et qui ont complété leurs recherches, à cet égard, dans plusieurs ports européens, soit au Havre, soit à Nice etc. Les résultats obtenus par ces auteurs ont constitué la plus grande partie des documents, d'après lesquels Lamarck et Cuvier ont parlé de ces animaux dans leurs ouvrages. Des observations également recueillies pendant un voyage de circumnavigation, ont permis à Eschscholtz de faire faire des progrès im-
MEDUSES. 51'J
portants à l'histoire des méduses, et de Blaimille en a profité pour la rédaclion de son traité d'actinologie. Quelques années après, Mertens, dont les recherches ont été publiées par M. Brandt, a recueilli, au sujet d'un assez grand nombre d'espèces exotiques du même groupe de zoophytes, des renseignements également précieux.
Mais une étude des méduses étendue aux différents âges de ces animaux, à leur mode de propagation et à leurs métamorphoses devenait indispensable, et cette étude ne pouvait être faiteque par des naturalistes sédentaires résidant sur les bords de la mer et pouvant suivre pendant un temps suffisant les diverses phases de la vie de ces animaux. Les aquariums pouvaient être alors d'une grande utihté.
Les premières observations instituées à cet égard, confirmèrent ce que l'on savait d'ailleurs déjà, que les méduses se multiplient dans certains cas par bourgeons ou stolons, se détachant bientôt du corps de la mère, comme cela se voit chez les hydres et chez beaucoup d'autres zoophytes dans des conditions analogues ; le produit est alors de même forme que les parents, dont il ne diffère que par une moindre taille. Mais on constata bientôt des faits inattendus et qui modifièrent complètement les idées ayant cours au sujet du rang des méduses dans la classification.
Les méduses qui avaient été regardées jusqu'alors, par tous les auteurs, comme un groupe d'animaux distincts de tous les autres, furent reconnues pour un état particuher de certains polypes dont elles constituent la forme fécondatrice, comme les cucurbitains sont celle des ténias. La première constatation de ce fait important est due à Sars, natuiahste suédois, auteur de remarques très-délicates relatives aux animaux inférieurs.
Sars, qui avait décrit sous le nom de scyphistome un très-petit polype marin, comparable à un actinie ou plutôt à une hydre, reconnut que le scyphistome dont le corps est simple et muni de tentacules n'est qu'un premier âge du strobile, autre forme de polypes dont le corps se compose de disques superposés et dont il avait fait lui-même un genre particulier. Poussant son examen plus loin, il vit le strobile se diviser en autant de petites méduses de l'espèce dite Aurélia aurita, que ce zoophyte comportait lui-même de segments.
D'autre part, Nordmann, Dujardin, van Beneden et des observateurs encore différents de ceux-là, ont observé que certains polypes classés, avec tous les zoophytes de ce nom, dans un groupe différent de celui des Acalèphes, donnent aussi de petites méduses et que ces méduses constituent la forme sous laquelle ces polypes (qui sont les tubulaires, les campanulaires, les syncorynes, etc.) possèdent des organes de reproduction et voguent librement au sein des eaux au lieu de rester fixés comme ils le font sous leur état de polypes.
Ces curieuses remarques ont fait entrer l'histoire des méduses dans une nouvelle voie, et en les étendant aux acalèphes hydrostatiques, c'est-à-dire aux Physophores, aux Physales, aux Velelles, etc., on a été conduit à établir que ces deux catéeories d'animaux, les acalèphes médusaires et les acalèphes physophores, ne forment pas une classe indépendante de celle des polypes. Au contraire, elles doivent rentrer dans l'embranchement qui comprend ces derniers et prendre rang dans les groupes spéciaux qui renferment aussi les polypes dont ils émanent. C'est sur ces données récentes que repose en partie la théorie dite des générations alternantes.
Dans ces dernières années l'histoire des méduses a fait de nouveaux progrès par suite des travaux de Forbes et de plusieurs autres savants, et surtout de ceux de plusieurs savants Allemands, au nombre desquels nous devons plus pailiculièrement citer M. Gegenbaur, dont les observations, comme la plupart de celles de ses compatriotes, ont été faites dans la Méditerranée.
320 MÉGLIN.
M. Alexandre Agasslz a donné le tableau des espèces du même groupe qui vivent dans la partie de l'Atlantique baignant les côtes de l'Amérique septentrionale.
D'après M. L. Agassiz, les polypes des millepores donneraient également naissance à des méduses.
11 résulte de ces travaux et de ceux qu'on avait antérieurement publiés que les hydres ou polypes à bras vivant dans les eaux douces, sont des zoophytes du même ordre que les méduses et que les autres polypes qui se transforment en méduses; aussi dans le Traité de zoologie médicale que M. van Benedea et moi avons publiés, avons-nous donné à l'ensemble de ces animaux le nom de Polypoméduses.
Telle est l'extension que l'on doit maintenant accorder au groupe des acalèphes simples de Cuvier que d'autres auteurs appellent les médusaires, et qui répond aux Discophores d'Eschscboltz et aux Âraclinodermaires de Blainville.
Les principales familles de Polypo-méduses sont celles qui ont pour type les genres Rliizostome, Aurélie, Cyanée, Lucernaine, Océanie, Équorée, Géryonie Mélicerte, Bougainvillée, Sarsie; ces quatre derniers, provenant de la transformation des polypes, autrefois décrits dapiès leur état polypiforme comme coustiluant des animaux d'une classe différente sous les noms de Sertulaires, de tabulaires, etc. Ainsi que nous l'avons déjà rappelé, les hydres ou polypes à bras de Trembley sont aussi des Polypo-méduses.
Nous ajouterons, pour terminer cet article, que l'on a trouvé dans ces dernières années des empreintes fossiles de méduses si bien conservées qu'il a été possible de comparer leurs caractères avec ceux des espèces actuelles et de les décrire presque aussi exactement qu'on le fait pour ces dernières. Ces empreintes proviennent principalement des calcaires lithographiques de la Bavière qui font partie des terrains jurassiques. P. Gervais.
MEERîJ. Marcgrav et Pison distinguent sous ce nom brésilien le Canna inclica L., dont les feuilles, disent-ils, sont employées en cataplasmes émollients contre les maladies de la peau, et, aussi, en digestion dans l'huile contre certaines inflammations du loie.
GwL. PisoN. De medicina Brasil., lib. IV, 116. — Marcgrav (Georg). Histor. Plant, natur. Brasil, 4. Pt.
MÉGLIM (J.-A.) Né à Sultz (Alsace) en 1756. Il pratiqua son art avec succès dans sa province natale, et mourut à Colmar le 13 mars 1824;. Méglin était membre conespondant de l'Athénée de médecine de Paris, qui avait alors une certaine importance. Son nom est resté attaché à la formule de pilules qu'il conseillait contre la névralgie faciale. Voici la liste de ses publications.
I. Analyse des eaux de Soultzmalt, en haute Alsace. Strasbourg (?), 1779, in-8°. — II. Obs. sur un tétanos, guéri principalement par la combinaison du mercure et de l'ojrium. In Journ. de Leroux, Corvisart, etc., t. XX, p. 358; 1810. — III. Mém. sur l'anasarquc à la suite de la fièvre scarlatine. Ibid., t. XXI, p. 18; 1811. — IV. Obs. sur une affection douloureuse de la tête, ou tic douloureux de la face. Ibid., t. XXII, p. 531 ; 1811. — V. Obs. sur une affect. doidoureuse de la tête, etc. Ibid., t. XXIII, p. 3 ; 1812. — VI. ïïotice sur la fièvre scarlatine qui a régné à Colmar, etc. Ibid., p. 323. — VII. Obs. sur le tic douloureux, etc. Ibid., t. XXVII, p. 128; 1815. — VIII. Obs. sur différentes personnes mordues par des animaux enragés. Ibid;, t. XXVIII, p. 227; 1813. — IX. Mém. sur les fièvres hiflammatoircs putrides . In Bibl. méd., t. XLVII, p, 289; 1815. — X. Recherches et observations zur la névralgie faciale. Strasbourg, 1816, in-S". — XI. Obs. sur un tétanos. In Bibl. méd., t. XLVII, p. 50; 1817. — Xil. Mém. sur l'usage des bains dans le tétanos, Strasbourg, 1822, in-8°. E, Uod.
MEHADIÂ (eacx minérales de). 321
mCHADIA (Eaux minérales de), hyperthennales, amétaUites oit chlorurées moyennes, carboniques moyeiines ou fortes, sulfureuses moyennes. Le chemin le plus long, mais le plus agréable pour s'y rendre, est la voie ferrée jusqu'à Donauwôrt, et le bateau à vapeur qui descend le Danube jusqu'à Orsova. Ceux qui veulent y aller promptement, doivent prendre le chemin de fer jusqu'à Pesth, et gagner Orsova par le bateau ; 25 kilomètres séparent cette dernière ville de Mehadia. Des voitures publiques font le trajet en deux heures [ ar une route ravissante, tracée au milieu de montagnes élevées, presque toutes couvertes d'arbres de leur base à leur sommet. La route, très-bien entretenue, serpente dans une vallée des Karpathes supérieures, et ne quitte pas les bords de la Tserna, cours d'eau, qui rappelle beaucoup nos gaves pyrénéens. Mehadia est aux confins militaires de l'Autriche, dans le Banat, sur les limites de la petite Valachie et de la Servie. Les costumes que l'on trouve à Orsova, ceux que l'on voit jusqu'à Mehadia, ne sont pas ceux de la Hongrie, et les modes turques sont déjà exclusivement suivies dans cette contrée. Les monnaies dans les cheveux, les ceintures en effilé rouge, les pièces de couleur sur les hanches, forment la parure ordinaire des femmes. Les hommes, occupés pendant les chaleurs de l'été aux travaux agricoles, sont vêtus seulement d'une longue chemise, et leurs enfants sont littéralement nus. Mehadia ne compte que trois cent cinquante habilants pendant l'hiver ; mais, pendant la saison qui s'ouvre au commencement du mois de mai, et qui finit le 45 septembre, les militaires et les autres baigneurs de la Hongrie et des Principautés danubiennes portent souvent le nombre de sis hôtes à deux mille, et même davantage. Ce joli village, composé de deux rangées de maisons, n'a qu'une seule rue qui, s'élargissant à son milieu, forme la place, sur laquelle on a érigé une fontaine monumentale, surmontée de la statue d'Hercule, patron de ces thermes, auxquels il a donné son nom. Le torrent, dont les eaux mugissantes traversent Mehadia, le voisinage des versants boisés des Karpathes, les belles promenades qui entourent cette station, la fraîcheur et la riche végétation des arbres des forêts, feraient de ce poste minéral un séjour délicieux, s'il y avait un peu plus d'animation dans la vie des baigneurs qui restent, pendant tout le temps de leur cure, pour ainsi dire étrangers les uns aux autres. Ainsi, nous avons pu constater par nous-même, et par le récit de plusieurs Français que nous y avons envoyés, qu'avec tous les éléments d'une société agréable, composée de personnes aimant la distraction et le plaisir, on est cependant poursuivi à Mehadia par l'isolement et l'ennui. Des promenades sur la place d'Hercule, dans les bois environnants, où l'on a installé de dislance en distance des bancs, des tables ou des kiosques, qui offrent aux malades un abri contre la pluie et contre le soleil, ou un moyen de repos, quelques rares excursions dans la montagne, sont la seule manière de passer son temps à Mehadia. Les salons de lecture ou de conversation, les bals, les concerts, les réunions particulières même, y sont inconnus. Un orchestre, composé de Bohémiens, se fait entendre deux fois par jour, et il semble causer un tel plaisir aux hôtes accidentels de Mehadia, réduits à des amusements aussi peu variés, et à une mélodie aussi peu harmonieuse, que l'on est vraiment étonné du peu d'efforts tentés pour organiser des distractions plus distinguées, et pour favoriser des relations assurément désirées, dont il serait facile aux médecins de cette station de fournir l'occasion.
L'administration des sources appartient à l'Autriche, qui les a affermées. Pendant tout le temps que l'État a régi l'établissement de Mehadia, les dépenses
DICT. ENC. r S. VL 21
522 MEHADIA (eaux minéuales de).
ont dépassé les revenus, mais c'est un poste thermal pour les militaires blessés ou malades dans cette partie de l'empire.
Mehadia compte neuf sources principales, indépendamment des trois sources chaudes, situées derrière la chute d'eau, et d'une source qui se trouve à 4 kilomètres du village, et que l'on n'a pas utilisée, quoique sa température et sa composition chimique soient à peu près les mêmes que celles de l'Herkulesbrunnen. Voici le nom de ces neuf sources : Eerkuleshrunnen, Karhhrunnen, Ludwigshrunnen , Carolinenbrunnen , Kaiserbrunnen, Ferdinandsbrunnen^ Badequelle, Francisbrunnen et Schwarzquelle.
1" VHerkulesbrunnen (Source d'Hercule) est la plus éloignée des sources de Mehadia ; il faut suivre, pour s'y rendre, une belle allée, plantée de tilleuls, de hêtres et de chênes, établie le long de la Tserna. On a organisé son captage dans le vestibule et sous la cage de l'escalier d'une maison attenante à l'établissement de bains, alimenté par l'eau de cette fontaine, dont le débit suffirait assurément pour faire tourner la roue d'un fort moulin. Au moment ou son eau, qui est portée jusqu'à la rivière par un canal souterrain, se mêle à celle du torrent, il s'élève une colonne de vapeur d'une température que la main peut supporter ; mais la chaleur qui vient de l'Herkulesbrunnen est si intense dans le vestibule oii elle est située, qu'il est difficile de rester auprès de la source. L'Herkulesbrunnen est presque exclusivement employée à l'extérieur en bains et en douches, cependant quelques personnes la prennent en boisson. Le bâtiment le plus voisin de la source est YHerkulesbad (Bain d'Hercule), qui renferme douze salles isolées, ayant chacune leur baignoire, et une piscine oii huit personnes peuvent se baigner à la fois. L'eau de la Source d'Hercule est parfaitement transparente, d'une grande limpidité, sans odeur, d'une saveur salée et pourtant uu peu fade. Son action sur les préparations de tournesol est nulle ; l'air extérieur marquant 26° centigrade, elle fait monter le mercure du thermomètre à 52" centigrade. Sa densité est de 1,006. Nous donnons son analyse chimique dans le tableau qui suit la description de la Carohnenbrunnen.
2° Karîsbrunnen (Source de Charles). Cette source est à 30 mètres de la pTécédente, du côté du village. Elle est employée en boisson seulement. Elle est abritée par un pavillon, qui protège les malades contre le soleil ou la pluie. H faut descendre pour trouver la fontaine, oii l'eau arrive avec un sitflement intermittent. Elle émerge du même rocher que l'Herkulesbrunnen, et vient probablement cependant, d'une nappe d'eau différente, puisqu'elle n'a pas les mêmes propriétés physiques et chimiques. Elle possède, par exemple, une odeur sulfureuse que n'a pas l'eau de la Source d'Hercule. A 100 mètres du pavillon de la Karîsbrunnen, sort du creux d'un rocher une autre source, ayant les mêmes caractères qu'elle, mais qui ne sert à aucun usage thérapeutique. L'eau de Karîsbrunnen n'est pas complètement claire, elle semble tenir en suspension de très-petits corpuscules, qui se sont précipités au contact de l'air. Son odeur est hépatique, son goût est à la fois sulfureux et salé. Elle ne modifie en rien la couleur de la teinture de tournesol. La température de l'air ambiant étant de 17° centigrade, elle élève la colonne thermométrique à 57" centigrade. Elle semble moins chaude à la bouche que l'eau ordinaire élevée à la même température. Son analyse chimique suit la description de la Carolinenbrunnen.
3° Ludwigsbrunnen (Source de Louis). Son eau est principalement employée à l'usage externe, en bains généraux surtout. Le Ludwigsbad (Bain de
MEHADIA (eaox minérales de). 523
Louis) est rétablissement que l'on trouve dans la première maison à gauche en entrant à Mehadia, lorsqu'on revient d'Herkulesbrunnen ou de Karlsbrunnen. Doux escaliers conduisent aux corridors voûtés des vingt-huit salles de bains, ctabhes dans le sous-sol. Une petite ouverture sert à éclairer et à ventiler chacune des salles, séparées par une cloison de bois ; mais une coupole, élevée de plus de 20 mèlres, est commune à tous les cabinets de bains, et une grande fenêtre, ouverte au sommet de l'édifice, projette la lumière, et permet de renouveler l'air des salles de Ludwigbad. Ses baignoires sont creusées dans le sol; il faut descendre un escalier avant de pouvoir s'asseoir dans son bain. Deux des pièces seulement ont un salon de repos, le Bain de Louis a aussi trois piscines, dans chacune desquelles dix personnes peuvent aisément se baigner à la même heure. L'une d'elles est réservée aux militaires. L'eau de Ludwigsbrunnen a une transparence et une limpidité parfaites ; son odeur est sensiblement sulfureuse, et sa saveur est à la fois sulfureuse et salée. Elle n'altère pas la teinture de tournesol,, sa température est de 57° centigrade; sou analyse est après la description de la source suivante.
4" CaroUnenbrunnen (Source de Caroline). Son eau est employée en bains seulement, et l'on trouve le Carolinenbad (Bain do Caroline) à l'extrémité de Mehadia opposée au Ludwigsbâd, un peu avant le pont jeté sur la Tserna, qui fait communiquer à la route d'Orsova. L'eau de cette source est hmpide, transparente, d'une odeur hépatique, et d'une saveur à la fois salée et sulfureuse. Sa température est de 45° centigrade. Un refroidissoir spécial est attenant au bain de Caroline, tandis que dans les deux établissements dont il vient d'être question, on laisse descendre l'eau à la température convenable dans les baignoires ou dans les piscines elles-mêmes. M. le docteur J. Ragsky, professeur de chimie à Vienne, a fait, en 1847, l'analyse des sources de Mehadia; il a trouvé dans 1,000 grammes de leur eau les principes suivants :
HEHKULES- KAHLS- LUDVIGS- CAnOUNEN-
BRO^NE^'. BRUN>"EI>'. BRtl^JiEN. BRUNISEN.
Chlorure de sodium 1,0779 0,7187 0,8916 0,6835
— calcium 0,7800 0,3360 0,5213 0,5910
— magnésium » » » 0,0980
Sulfate de chaus 0,06i5 0,0394 0,0783 0,0385
Carbonate de chaux 0,0364 0,0341 0,0100 0,06-23
Silice OjOU'â 0,0143 0,0110 0,0230
lodure de sodium, ou de calcium, ou de 1 ^^,^^^^ ^^^^^^ ^^^^^^^ ^^^^^^
magnésium, bromure de calcium. . )
Total des matières fixes . . . 1,9730 1,1827 1,5124 1,5205
I acide carbonique libre 30cc,24 23,92 32,40 41,04
azote 27 52,86 81,86 31,32
hydrogène sulfuré » traces. 0,96 55,10
^ carboné » » 22,14 17,28
Total DES GAZ. .... 57cc,24 58,78 157,56 124,74
S" et 6° Kaiserbriinnen (Source de l'Empereur), et Ferdlnanclshninnen (Source de Ferdinand). Ces deux sources sont abritées par un même bâtiment que l'on trouve immédiatement après avoir traversé le pont de la Tserna, et sur la route d'Orsova. Les eaux de la Kaiserbrunnen et de la FerdinandsLrunnen, mélangées avant d'arriver aux baignoires du Kaiserbacl (Bain de l'Empereur) ou du Ferdinandsbad (Bain de Ferdinand), qui ont chacun une entrée distincte, sont employées en bains seulement. L'eau des Sources de l'Empereur et de Ferdinand a à peu près les mêmes caractères physiques, chimiques et thérapeu-
ô"24 NEHADIA (eaux minérales de).
tiques, ce qui ftùt que nous décrivons ces sources dans le même paragraphe. Toutes les deux sont limpides, ont une odeur sulfureuse, une saveur hépatique et salée. Elles sont sans action sur les préparations de tournesol. La température de la première est 51»,1 centigrade, et celle de la seconde de 55'',8 centigrade. Nous donnons leur analyse chimique après la description de la Schwarzquelle.
7" Badehrunnen (Source des Bains). Malgré son nom, l'eau de cette .source sert exclusivement à l'intérieur. Elle a pourtant une grande réputation parmi les gens du peuple, employée en applications topiques dans les états morbides que nous spécifierons bientôt. Son analyse chimique est comprise dans le tableau de la Schwarzquelle.
8° Francisbrunnen (Source de François) . Le kiosque qui abrite cette source est à 1 kilomètre de Mehadia. Pour s'y rendre, on suit, pendant cinq miimtes environ, la route d'Orsova; on prend alors à droite un petit sentier qui conduit à un pont de planches, jeté sur la Tserna, près duquel est bâti le pavillon de la Francisbrunnen. Un tuyau, toujours ouvert, laisse couler cette eau, employée en boisson, en bains et en douches. Le Francisbad (Bains de Fz'ançois) est un bâtiment situé de l'autre côté de la rivière, et presque sur le bord de la route d'Orsova. Il se compose de dix-huit baignoires, creusées dans le sol de cabinets séparés. Un filet, distinct de cette source, émerge derrière le kiosque de la Francisbriuiuen; il est connu sous le nom de Auyenbadquelle Source du Bain des yeux). Son eau n'est usitée, en effet, qu'en applications topiques dans les maladies aiguës et chroniques des organes de la vue. Les pierres des bassins delà Francisbrunnen et de l'Âugenbadquelle sont recouvertes et comme incrustées d'une matière blanche, savonneuse, qui se précipite, au bout d'un certain temps, au contact de l'air. Comme celles de la Karlsbrunnen, les eaux de la Francisbrunnen ne sont pas complètement limpides, et elles semblent tenir en suspension de petits corps étrangers; mais, après un examen plus attentif, on reconnaît que ces prétendus corps étrangers ne sont que des bulles gazeuses, montant peu à peu à la surface de l'eau. On s'aperçoit à l'odeur, et surtout au goût, que l'eau de cette source est à la fois plus sulfureuse et plus chargée en principes minéralisateurs que les autres sources de Mehadia. Elle produit une vapeur abondante, et parait très-chaude à la main ; cependant, on l'avale assez aisément sans la laisser refroidir. Mais, afin d'éviter son effet excitant, on recommande assez souvent de l'exposer pendant quelques instants au contact de l'air extérieur. Elle n'a aucune influence' sur les préparations de tournesol; la température de l'atmosphère étant de 22° centigrade, celle de l'eau est de 55° centigrade. Deux filets inutihsés, de la Francisbrunnen, captés séparément, n'ont qu'une chaleur de 35°, 8 centigrade. Nous donnons son analyse chimique avec celle de la source suivante.
9° et 10° Schwarzquelle (Source Noire) et trois sources chaudes derrière la chute d'eau. Ces quatre filets doivent être regardés comme faisant partie du régime de la Francisbrunnen. Ils sont employés en bains locaux de siège, de pieds, de mains. La température de la Schwarzquelle est de 45°, 5 centigrade, et celle des Trois Sources est de 45° centigrade. On doit aussi à M. le professeur Ragsky l'analyse des Sources de l'Empereur, de Ferdinand, des Bains de François, de la Som-ce Noire, et des Trois Sources chaudes derrière la chute d'eau; ce chimiste a trouvé dans 1,000 graimnes de chacune d'elles les principes suivants :
MEHADIA (eaux minérales de). 525