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comme on le croyait autrefois. Dans le premier cas {voy. Anthracosis, p. 254), ils viennent du poumon ulcéré dont le tissu infiltré abandonne des poussières charbonneuses qu'il est facile de distinguer des pigments, quoi qu'aient pensé à cet égard quelques auteurs. Ces crachats renferment alois presque toujours soit des globules sanguins, soit même des granules d'hématosine. Dans le second cas, les crachats sont noircis par les particules de charbon ordinaire ou de noir de fumée retenues par le mucus, les épithéliums et les leucocytes bronchiques et rejetéos avec lui.
Il faut signaler encore la mélanose dentaire qui est due à la fixation contre l'émail de particules colorées par le phosphate et le carbonate de chaux sali- \ aires, plus facilement sur certains individus que chez les autres. Ces particules sont du charbon de la fumée de tabac chez les fumeurs, des particules brunâtres organiques, solubles dans l'acide sulfurique chez les individus plus ou moins avancés en âge qui ne fument pas (pour les cas pathologiques, voy. l'art. C\r,iE, p. 510 et suiv., et ci-après p. 382). Sur les herbivores ce sont des grains de chlorophylle qui sont fixés ainsi par places contre les dents et produisent de la sorte des taches plus ou moins noires.
Ce sont encore des particules charbonneuses ou naturellement noires ou brunes qui colorent en brun la langue, par leur adhésion immédiate aux cellules épidermiques superficielles des papilles, à la suite de l'ingestion de certains aliments, tels que le café, le chocolat, etc. (voy. aussi p. 593).
II. Mélanose par formation dans l'écokosiie de composés chimiques de coii- LEUR NOIRE. Il y a des mélanoses de teinte ardoisée, noirâtre ou tout à fait noire qui sont dues à la formation de certains composés chimiques métalliques dans l'épaisseur ou dans les interstices des éléments anatomiques. Elles sont du reste peu communes et en général peu intenses.
Notons d'abord que la coloration noire ou d'un brun corné du cristallin, dans les cataractes noires n'est pas due à la formation de granules mélaniques dans ses éléments. Par suite de modifications moléculaires intimes, les prismes perdent leur transparence et toute leur substance prend une teinte brune particulière très-sensible sous le microscope. Leurs bords sont plus foncés qu'à l'état normal, sans qu'il y ait des granulations entre eux, pas plus que dans l'épaisseur de ces éléments ou des cellules de la couche superficielle. L'analyse faite par Bouchardat en 1847 sur la demande de Sichel a montré en outre qu'd n'y a pas formation de sels de fer, ni de manganèse dans le cristallin (Robin et Sichel, 1857).
Dans les cas se rattachant à certains états morbides de l'estomac où la langue prend une teinte fuligineuse plus ou moins foncée, celle-ci est due à ce que les cellules épithéliales des filaments papillaires prennent un aspect analogue à celui qui vient d'être noté pour les fibres du cristallin. Bien que les cellules ne contiennent pas de granules pigmentaires l'acide sulfurique ne fait que les rendre roussâtres sans les décolorer. C'est une modification semblable qui donne à la langue et aux gencives l'aspect fuligineux dans la dothiénentérie; mais alors il y a de plus cà la surface de ces parties du mucus contenant des granules de noir de fumée, des granulations moléculaires foncées solubles dans l'acide acétique, parfois des globules sanguins, etc. Il sera question plus loin des cas de nigritie linguale proprement dite.
1" La plus anciennement connue, des mélanoses décrites dans ce paragraphe, bien décrite par Vogel, s'observe sur une faible épaisseur dans le tissu limitant les abcès ou les trajets fistuleux fétides de longue durée, entretenus par une
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carie ou une nécrose. La couleur esl uniforme ou par plaques à contours mal limités, d'une teinte variant de l'ardoisé au noir plus ou moins foncé. Le microscope fait reconnaître dans ce tissu des granules noirs, polyédriques à angles arrondis, épais de quelques millièmes de millimètre, souvent réunis en petits groupes de formes variées pouvant avoir une largeur de 2 à 3 centièmes de millimètre. Ces granules sont quelquefois accompagnés de granules d'hématosine qui se distinguent par leur teinte rougeâtre. L'ammoniaque dissout ces derniers et non les premiers, qui semblent bien être composés de sulfure de fer comme l'admet Yogel. Ceux-ci se dissolvent par le contact prolongé de l'acide acétique et ils reparaissent quand on sature l'acide par le sulfhydrate d'ammoniaque. Les acides chlorhydrique, sulfurique et azotique les dissolvent plus rapidement.
2° Dans les expériences à l'aide des sels d'argent amenant ou non la mort des animaux et durant l'emploi thérapeutique de ces composés, on voit survenir dans divers tissus une teinte ardoisée ou noire plus ou moins foncée. En effet, ces composés qui ne s'éliminent pas en nature, comme les azotates, les chlorates, les hyposulfates de potasse et de soude, se dédoublent dans l'économie, en donnant d'abord du chlorure d'argent ou du sulfure d'argent, puis ces derniers se réduisent à leur tour en donnant de l'argent métallique.
Cette réaction s'effectue surtout dans les parties du corps qui sont exposées à la lumière, c'est pour cela qu'on observe le plus souvent sur la peau la coloration ardoisée chez ceux qui ont été soumis pendant un temps suffisamment prolongé à uu traitement par le nitrate d'argent (Patterson, etc.). Elle se produit également dans les parties soustraites à la lumière, par exemple dans la profondeur de l'organisme, car les matières organiques ont des propriétés réductrices. Ainsi, Charcot en examinant les reins d'un sujet qu'il avait soumis à un traitement prolongé par le nitrate d'argent, a vu que ces organes offraient, à la coupe, une belle coloration bleue. Au microscope, on observait des points noirs déposés autour des glomérules et dans l'intérieur des pyramides. Ces corpuscules noirs étaient solubles dans le cyanure de potassium et dans l'acide azotique, non dans l'ammoniaque, ni dans l'hyposulfite de soude, ce qui prouve qu'ils n'étaient pas formés par du chlorure, mais bien par de l'argent métallique, Liouville a également constaté un fait de ce genre.
On pourrait objecter que la coloration ardoisée de la peau n'est pas due à un dépôt d'argent métallique, puisque les lavages avec l'acide nitrique, avec le cyanure de potassium, ne la font pas disparaître, comme ils font disparaître les taches d'argent qui se produisent sur les doigts après leur contact avec du nitrate d'argent. Mais il faut tenir compte du siège des molécules d'argent. Dans ce dernier cas, les taches reposent sur l'épiderme même et d'ailleurs elles disparaissent avec lui spontanément lorsqu'il se desquame. Il n'en est pas de même de la coloration noire consécutive à l'usage des sels d'argent ; celle-ci est due à un dépôt du métal dans le derme même, ou mieux dans la paroi même des capillaires des réseaux cutanés superficiels. La preuve de ce fait c'est que l'emploi des vésicatoires, comme l'a démontré Biett, ne peut la faire disparaître ; il s'agit d'une coloration presque indélébile qui ne peut s'affaiblir que par le temps.
Les granulations à la présence desquelles est due cette coloration, se montrent dans ces cas-là au sein même de la substance des éléments anatomiques (les fibres du tissu lamineux exceptées), et aussi à leur superficie, comme dans les cas de précipitation des solutions du nitrate d'argent, lors de l'imprégnation artificielle des préparations microscopiques des séreuses, des vaisseaux, etc. Ces granules
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n'ont pas O^^jOOl de large ; ils sont opaques ou à peu près, à reflet bleuâtre ou ardoisé. L'acide azotique étendu avec la moitié environ de son volume d'eau, afin d'éviter la crispation et la coloration du tissu dissout et fait disparaître ces granules au bout de quelques heures.
7)° ]. a me Janurie on émission morbide d'urine d'un noir ou d'un bleu noirâtre plus ou moins foncé résulte de l'excrétion par le rein d'une certaine quantité d'indigotine ou indican; celui-ci a autrefois été considéré comme un principe spécial et appelé mélanourine et cyanourine (Braconnot). Il en sera question à l'article Urine. Dans les cas d'envahissement du rein par des tumeurs mélaïniques, il ne serait pas impossible de voir l'urine colorée en noir par des granules mélaiiiques passant dans les canalicules urinifères ; quelques médecins disent avoir constaté ce fait. La chromidrose ou mélanidrose, c'est-à-dire la production de sueur mélanique, sueur noire ou noirâtre, est caractérisée par l'excrétion de sueur chargée d'un principe colorant d'un noir violacé, formant à la surface de la peau une sorte de vernis d'un noir brun plus ou moins foncé. Il en sera question aux articles Chromidrose et Sueur.
Si l'on ajoute les cas d'atrabile dont il sera fait mention plus loin, ce sont là les seuls exemples connus de mélanoses liquides. Les observations de mélanose liquide dont parlent les aiiatomo-pathologistes qui n'ont pas soumis les produits morbides à l'analyse microscopique sont, en effet, toutes relatives à des faits dans lesquels il s'agissait de particules colorantes solides en suspension dans un mucus ou une sérosité, comme ceux dont nous allons parler {voy. aussi p. 384i).
III. Mélanose hématique. La matière '^.olorante des globules sanguins, séparée de ceux-ci à l'état d'hématosine, teint en noir souvent très-intense, les tissus normaux ou accidentels de l'homme bien plus souvent que tous les autres principes immédiats colorés de l'économie. Elle se présente sous le microscope, qui seul a fait reconnaître, avec la forme de granules plus ou moins irrégulièrement arrondis ou ovoïdes et d'un rouge pourpre ou orangé caractéristique ; en raison de l'opposition qui existe entre les phénomènes de réfraction de leur centre et de leur périphérie, ces granules sont d'autant plus foncés ou plus noirâtres qu'ils sont plus petits. Leur volume varie entre un et trente millièmes de millimètre environ. Ils sont insolubles dans la soude, la solution de potasse saturée froide ou chaude, l'ammoniaque, l'eau, l'éther, l'alcool, la glycérine, les acides acétique, azotique et chlorhydrique.
Il y a pourtant un acide dont l'action est telle, qu'elle permet de les distinguer aisément des particules de charbon qu'ils accompagnent souvent dans les glandes lymphatiques et dans le poumon, ces particules ayant très-probablement déterminé des hémorrhagies ecchymotiques des capillaires sanguins. Cette action est celle de l'acide sulfurique qui, après 15 à 30 minutes au plus de contact avec les grains d'hématosine anciennement ou récemment formés, les dissout en colorant en rouge jaunâtre soit le réactif, soit en même temps le tissu qu'il gonfle, quand on opère sur des grains d'hématosine encore contenus dans les fragments de ce dernier. Au bout de quelques heures, la coloration disparaît en passant au violet bleuâtre, puis verdâtre plus ou moins foncé. L'acide peut être celui que le commerce livre habituellement pour les laboratoires, mais incolore ou à peu près ; il faut le placer directement sur le tissu, sans addition d'eau. Si la préparation a été traitée deux ou trois fois par l'éther, l'action dissolvante est plus rapide. Cette réaction est plus démonstrative que l'action de l'éther, qui, ainsi que l'a fait remarquer Ordonez, donne aux contours des granules une netteté cristalline, mais
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qui agit difficilement sur les granules inclus dans l'épaisseur des fragments des tissus observés. Cet état anguleux à bords nets des granules d'hématosine, surtout de petit et de moyen volume est, du reste, fréquent et important à noter. Il en est ainsi encore de la coloration très-foncée des plus petits, qui même sont tout àfliit noirs sous le microscope s'ils sont vus à un grossissement ne dépassant pas 300 diamètres. Quand, avec les grains d'hématosine, il y a cristaux d'hématoïdine l'acide suHurique émousse leurs bords, et ils sont entourés d'une auréole foncée virant au bleu verdàtre ou violacé sur d'autres préparations ; du reste, on peut voir que la potasse, la soude, et surtout lamnioniaque, gonflent, fendillent et dissolvent ces cristaux, dont les parcelles se dissolvent ensuite peu à peu. Notons en passant que les cristaux d'hémoglobine restent sans moditication pendant des heures dans ces réactifs, si ce n'est dans l'ammoniaque qui les dissout rapidement. Dans les taches mélanotiques ou autres, l'action dissolvante de l'ammoniaque et de l'acide acétique sur les hématies sert à en débarrasser les granules d'hématosine, de mélanine, etc., qu'ils accompagnent parfois dans la préparation ; car elle ne dissout pas ces granules.
L'action dissolvante de l'acide sulfurique sur l'hématosine la différencie nettement des granules de la mélanine oculaire, cutanée, ou de celle des tumeurs, avec lesquels elle est parfois mélangée et avec lesquels il importe dans tous les cas de ne pas la confondre. Sous ce rapport, ce fait est important, car on trouve souvent de petits épanchements sanguins en forme de pétéchies ou d'ecchymoses dans les tumeurs et les infiltrations de mélanose mélaïnique. La couleur des grains d'hématosine, leur volume généralement plus grand et plus irrégulier les fait déjà distinguer de ceux de la mélanine ; mais parfois ils se ressemblent assez sous ces rapports et qu'ils soient mélangés ou non , il faut pour les différencier, recourir à la réaction caractéristique de l'acide sulfurique qui vient d'être indiquée.
Quant aux granules de la mélanine, on sait que ce sont les parties les plus réfractaires aux agents chimiques que l'on connaisse dans l'économie animale.
Ils ne sont modifiés en rien par l'action des réactifs cités plus haut, tant à chaud qu'à froid, alors même qu'ils dissolvent ou détruisent les éléments dans lesquels ils sont plongés; car, contrairement à ce que j'ai autrefois dit avec quelques auteurs, ils ne sont pas dissous, à froid ni même à chaud, par l'acide sulfurique ordinaire, comme le sont à froid déjà les grains d'hématosine. Il faut se garder de prendre pour une dissolution de la mélanine la dissociation, due à la dissolution par l'acide chauffé, des fragments du tissu préparé, tissu qui disparaît ainsi en réalité, mais dont les granules de mélanine se retrouvent intacts dans la préparation mise sous microscope. Il faut dire dès à présent que les granules de mélanine se comportent à cet égard comme le charbon ; il serait par suite impossible de les distinguerde ceux du noir de fumée, si, en chauffant jusqu'à l'ébullition un fragment de tissu contenant les premiers dans la solution saturée de potasse récemment faite, on ne les rendait jaunâtres et cohérents, comme par fusion, sans pourtant les dissoudre à proprement parler; au contraire, si l'on porte ensuite sous le microscope une préparation de tissu contenant du noir de fumée, traitée de la même manière, on voit que les corpuscules noirs ne varient pas. Il en est de même naturellement des particules de la poussière du charbon pulmonaire ou des glandes bronchiques, etc. ; mais ici la forme anguleuse et le plus grand volume de cellesci suffit déjà pour les faire distinguer. Ces réactions de la mélanine sont les mêmes sur les invertébrés et les vertébrés, tandis que les granules de la matière colorante jaune ou orangée qui, sur les batraciens, les reptiles, etc., se trouve dans
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(l'autios cellules, se dissolvent dans l'acide sult'urique comme rhématosine et aussi dans l'acide acétique.
Comme l'insolubilité dans l'acide sulfurique se retrouve pour le pigment noir ou brun, sur les invertébrés dont le sang manque de globules rouges, tels que les céphalopodes (sépia) et autres, il n'est pas possible d'admettre l'hypothèse de ceux qui veulent, avec Breschet, Rokitansky, puis Kœlliker, Engel, Ecker, Virchow et autres, que tout pigment provienne des globules rouges du sang, et que, dans les cellules normales ou des tumeurs des hématies pénètrent dans des cellules et s'y transforment ultérieurement en pigment noir. Il n'est surtout pas exact de dire avec Billroth que le sang extravasé dans les tissus produit soil de l'hématoïdine, soit de la mélanine. Il est parfaitement prouvé en tout cas que dans la peau et dans la choroïde ce n'est pas ainsi q\ie se produit leur pigment {voy. Liltré et Cli. Robin, Dictionnaire de médecine. Pans 1865, gr. in-S" art. pigmentation). Ce qu'il y a d'important ici, comme caractère distinctif indiquant une différence de nature spécifique, chimiquement et physiologiquement parlant, entre la mélanine et l'hémalosine d'une pari, puis entre celle-ci et l'hémoglobine ainsi que l'hématoïdine d'autre part, c'est la résistance énergique de la première, dès son apparition embryonnaire, à l'action de l'acide sulfurique ; ce sont encore les diflérences de réaction indiquées plus haut qui concernent les trois autres de ces composés. Cette résistance est la même, soit que les granules de mélanine aient sous le microscope un ton noir proprement dit ou une teinte d'un brun rougeâtre, sépia pâle ou foncé, ainsi qu'on peut le rencontrer d'un individu à l'autre sur l'homme ou les animaux domestiques d'une même espèce '.
Les modifications mélanotiques des tissus et des humeurs dues à l'accumulation de rhématosine sous forme de granules peuvent se présenter surtout sous forme: 1° de taches, de traînées ou de plaques; 2° de tumeurs; 5° d'altération directe des tissus mortifiés ; 4" de liquides sécrétés divers, et 5° il y a lieu d'en rapprocher sans les confondre les colorations noires des solides et des liquides dues à la biliverdine.
Disons avant tout que ce groupe de mélanoses, pas plus que le précédent, n'est accompagné de troubles fonctionnels qui leurs soient propres, et que leur étude est purement d'ordre anatomique, et faite dans le but de ne pas les confondre avec les mélanoses mélaïniques.
1" Mélanoses héinatosiques en lâches, plaques, couches, etc.
Après les épanchements sanguins, que la résorption des globules et de la fibrine ait lieu simultanément, comme cela se voit souvent dans les apoplexies de l'ovaire, dafts les corps jaunes ; que, comme dans le cerveau et dans d'autres tissus les globules du sang disparaissent, au contraire, assez longtemps avant la fibrine, toujours on trouve, dans le voisinage des foyer sanguins, que la matière colorante, qui s'est séparée des globules en voie de résorption, reste bien plus tard que ces derniers, et même quelquefois plus tard que la fibrine. Cette matière colorante siège habitiiollement en grains isolés ou diversement groupés entre les fibres ou
* Ajoutons que la mélanine a une action colorante sur la peau, le papier, etc., se conservant à peu près indéfiniment, notée déjà par Trousseau et Leblanc (lb28), que ne présentent pas les mélanoses formées par des granules d'hématosine. La possibilité de se servir de la mélanine, variant de teinte du bistre sépia au ton de l'encre de Chine pour écrire ou dessiner comme avec la sépia, a même été prouvée depuis longtemps par Alibert, Cazenave et leurs élèves (article Mélanose, Diclionn. de méd., 2^ édit., Paris, 1839, t. XIX, in-S», p. 331. Alibert, Nosologie méthodique, Paris, 1817, in-f% 1. 1, p. 542 et suiv.).
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dans l'épaisseur même des éléments anatomiques, fibres ou cellules ; elle reste le plus souvent à l'état de granules arrondis, mais quelquefois, pendant la durée de ces phénomènes, elle prend l'état d'hématoïdine, c'est-à-dire qu'elle perd son fer pour fixer un équivalent d'eau en même temps qu'elle passe à l'état cristallin. Cette matière colorante prend toujours une teinte plus foncée que celle qu'elle avait à 1 état normal, dans les globules, et elle peut, mélangée aux éléments anatomiques, donner aux tissus vus par la lumière réfléchie, une coloration absolument noire.
Dans les cas d'apoplexies pulmonaires et hépatiques, on constate aussi ces particularités, et on voit les amas de cette matière avoir une coloration qui varie du rouge à la teinte ocreuse, au brun rougeàtre ou au noir le plus intense. La coloration est d'autant plus éloignée du rouge, d'autant plus foncée, que les granules d'héniatosine sont plus nombreux, plus rapprochés et moins mélangés d'hématies non encore résorbées. Mais, quelque intense que soit la coloration noire du tissu vu à l'œil nu, le microscope montre que les granules d'hématosine conservent toujours, individuellement, non-seulement leur coloration propre, mais encore leurs réactions. Aussi ne comprend-on pas que quelques auteurs aientpu répéter, avec Virchow, que le pigment libre, provenant directement des épauchements sanguins interstitiels des tumeurs, peut être facilement confondu avec le pigmeiit mélanotique proprement dit.
Ces granules d'hématosine se rencontrent non-seulement libres, mais ils peuvent se déposer dans l'épaisseiK de certaines cellules, comme on le voit chez des individus bien portants, dans celles des plexus choroïdes, des tubes urinipares, etc. On observe, en outre, ce fait constamment dans les cellules épithéliales des canalicules respirateurs du poumon, chez les individus morts de rétrécissements des orifices aortique ou auriculo-ventriculaire gauche, chez ceux qui sont affectés d'hémoptysie, autour des foyers apoplectiques pulmonaires, etc. Dans les affections chroniques oià la couleur de la rate fait dire celle-ci rate noire (Tigri) , ou constate que sa couleur est due à des granules foncés de cette sorte, soit libres, soit hiclus dans les cellules épithéjiales remplissant les aréoles de la glande, soit interposés aux fibres de sa trame et des parois vasculaires. On en trouve fréquemment dans les cellules d'un grand nombre de tumeurs épithéliales, dans les myéloplaxes des épulis, lorsque ces productions sont compliquées d'épanchements sanguins. J'ai vu des amas considérables de cette matière colorante demi-solide être devenus, dans les épithéliomas de la face, etc., le centre ou noyau de globes épidermiqiies. Ces granules peuvent être isolés ou contigus sur un seul point très-restreint des cellules, où ils les remplissent, les déforment, les distendent plus ou moins et les rendent souvent presque opaques. La matière colorante semble s'être introduite molécule à molécule dans les cellules, comme le fait souvent la graisse, et s'être réunie en granules polyédriques ou en gouttelettes arrondies. Celles-ci ont, à tort, été décrites par quelques auteurs comme des globules du sang ayant pénétré dans les cellules de la rate, du foie, du poumon, de diverses tumeurs, etc.
Dans la plupart des circonstances dont il vient d'être question, les granules existent seuls, c'est-à-dire ne sont pas accompagnés de cristaux d'hématoïdine; niais quelquefois on trouve de ceux-ci, surtout lorsqu'un épanchement sanguin un peu abondant a eu Ueu. Dans ces conditions, on peut trouver quelques cristaux qui se sont formés au milieu de la substance de certaines cellules. Les parois des petits vaisseaux delà pie-mère, de l'encéphale à l'état normal, sur les adultes.
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et dans les cas d'apoplexie, de ramollissement cérébral, etc., renferment souvent des grains d'hématosine, plus ou moins gros, ayant souvent 0'"'",050 et même au delà (Cli. Robin et Mercier, Mém. sur Vhématoïdine, etc.. Comptes rendus et Mém. de la Soc. de biologie. Paris, 1855, in-8°, p. H5). Ils peuvent en contenir assez pour en recevoir une teinte ardoisée à l'œil nu. Il est facile de constater, en examinant les tissus, jusque dans les points oîi ces granules n'existent plus, que, ni dans ce cas ni dans les précédents, ils ne provieiment de globules du sang ayant pénétré dans les cellules et s'y transformant ultérieurement en pigment, comme l'admettent encore Virchow et quelques autres auteurs. Ils sont, en effet, insolubles dans l'eau, dans l'ammoniaque et dans l'acide acétique, alors que ces derniers attaquent plus ou moins les cellules dans lesquelles ils sont inclus, et dissolvent rapidement les globules sanguins libres dans la préparation ou inlravasculaire. Ce caractère montre, à lui seul, que la forme arrondie et la couleur des granules d'hématosine ne suffisent pas pour faire considérer ces derniers comme représentant des hématies et faire admettre que celles-ci ont pénétré dans les cellules épithéliales de la rate, des tumeurs épithéliales et autres. Dans bien des cas du genre des précédents et dans les petites tac'ties noires stelliformes des séreuses ou sous-séreuses, il n'est plus possible de trouver des lésions des capillaires, ni des globules du sang sortis des vaisseaux permettant de dire si les granules d'hématosine, groupés ou épars entre les fibres, proviennent d'un épancliement sanguin, ecchymotique ou apoplectique. Ces granules semblent être dus à une issue exosmotiquc, molécule à molécule, de l'hématosine des hématies, qui se réunit en cor^juscules, soit entre les fibres, soit dans les cellules même, comme on vient de le dire.
Dans certaines des circonstances qui ont été mentionnées, dans les parties ardoisées des tissus contus et dans quelques tumeurs, on ■voit souvent ces grains arrondis d'hématosine s'agglomérer dans l'épaisseur des leucocytes ou dans les cellules ou corps fibro-plastiques fusitbrmes ou étoiles, qu'ils distendent et rendent sphériques. Les globules ainsi constitués reproduisent, dans leurs particularités de forme, de volume, d'opacité, etc., presque toutes celles qui sont offertes par les leucocytes dits globules d'exsudation ou globules gramdeux de l inflammation, remplis de granules graisseux.
M. Tholozan et moi avons constaté les faits de ce genre chez un malade mort scorbutique, qui offrait de larges plaques de teinte ocreuse, un peu rougeâtre, dans le derme, dans les tissus adipeux et cellulaire, dans le tissu lamineux inlermusculaire particulièrement ; les muscles présentaient d'espace en espace des taches d'un rouge brun, à centre foncé et même noir, à contour se perdant insensiblement. On voyait un très-grand nombre de granules isolés, arrondis ou irrégulièrement polyédriques épars ou contigus dans les mterstices des éléments anatomiques de tous ces tissus. 11 n'y en avait pas dans la cavité des cellules adipeuses, mais il en existait en petit nombre en dedans du myolemme, dans les faisceaux primitifs striés des muscles. On voyait, dans les parties noires surtout, un très-grand nombre de ces granulations colorées, cà centre rouge assez vif, à contour foncé noirâtre, qui étaient réunies dans les corps fibro-plastiques qu'elles rendaient granuleux. Ces globules granuleux avuient de 15 à 40 millièmes de millimètre ; les uns étaient ovoïdes ou arrondis, d'autres allongés, les autres étoiles, plus ou moins anguleux. Dans quelques-uns, aucune granulation rouge ' ne dépassait 3 à 4 millièmes de millimètre ; la plupart étaient formés en grande partie par ces petits granules et étaient accompagnés de deux ou trois autres
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ayant de 5 à 9 millièmes de millimètre. Les plus foncés étaient remplis en presque totalité de ces gros granules rouges, mais ils étaient peu nombreux. Bien que les pétéchies de ce scorbutique existassent depuis plusieurs semaines, aucun cristal d'hématoïdine n'accompagnait les granules d'hématosine.
De toutes les dispositions accidentelles de l'hématosine qui viennent d'être signalées, résulte la production de stries, de traînées, de taches ou plaques minces ou épaisses, variant en coloration du rouge au brun noirâtre ou ardoisé, ou arrivant au noir, soit mat, soit bleuâtre. Les petites sont stelliformes, arrondies ou irrégulièremen; polygonales. Leur diamètre peut avoir, depuis des dimensions presque imperceptibles, jusqu'à des diamètres qui atteignent ou dépassent plusieurs décimètres, comme on le voit pariois dans les culs-de-sacs du péritoine.
C'est à ces modifications de la texture des séreuses que sont dues les taches noires, de lormes et d'étendues très-diverses, que l'on trouve souvent, surtout au fur et à mesure des progrès de l'âge, dans la plupart d'entre elles, ou dans le tissu lamineux sous-jacent, mais surtout dans la plèvre et dans le péritoine ; ici, c'est dans celui surtout qui recouvre la rate, le foie, l'intestin, etc. Comme dans le cas des oariules {corps jaunes), graduellement devenus d'un noir intense, on est toujours frappé de la couleur rouge qu'offrent, par la lumière transmise sous le microscope, les granules, qui, accumulés, absorbent tous les rayons incidents qu'ils reçoivent, et, par suite, forment des amas dont, à l'œil nu, l'image se peint en noir sur la rétine.
C'est à ces particularités anatomiques accidentelles que sont dues les colorations, variant du gris au noir, observées assez souvent dans la muqueuse utérine des brebis, des chèvres, etc. (Goubaux, 1850), sur une étendue uniforme ou non, tant en surface qn'en profondenr, et plus ou moins grande, dans les kystes divers, dans le péritoine viscéral et pariétal, à la suite des hématocèles, des péritonites chroniques, dans les sacs herniaires, la plèvre, les pie-mères cérébrale ou rachidienne, Tépendyme ventriculaire ; ces colorations sont accompagnées ou non d'épanchements sanguins, de sécrétions séreuses, muqueuses ou purulentes, d'épaississements, de granulations, etc., des séreuses. Les altérations dites tuberculeuses de ces membranes, dans le péritoine surtout, avec ou sans péritonite chronique, dans la plèvre, etc., en sont entourées souvent plus ou moins. La membrane dite pyoge'nique, limitant les foyers des abcès par congestion et des trajets fîstuleux anciens, montre souvent des taches, des couches ou même de petites masses, dont la teinte varie de l'ardoisé au noir intense, constituées comme nous venons de le dire. Il en est encore de même des muqueuses intestinales, de leurs ulcérations et de leurs cicatrices sur les sujets âgés, morts d'entérite chronique, etc., et des néo-membranes des séreuses, et des méninges.
Fréquemment conibndues avec la mélanose mélaïnique, ces dispositions pathologiques comptent au nombre de celles qui ont été décrites sous les noms de mélanose infiltrée et de mélanose en couche. Avant et depuis Lobstein, tous les traités d'anatomie pathologique en citent un grand nombre d'exemples, aujourd'hui tellement familiers à tous, qu'il est inutile de les passer en revue, aussi bien que de décrire la constitution particulière de chacune d'elles. Quoique l'examen à l'œil nu soit complètement insuffisant pour en préciser la nature réelle, qu'il est toujours important de connaître, celle-ci sera facilement déterminée à l'aide des moyens qui viennent d'être indiqués.
Quant à la coloration noirâtre hématosique ou autre des tissus à la suite des fièvres paludéennes de longue durée voy. l'article Mélanéuie.
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2» Mélanose liématique des tumeurs. Berzélius a fait connaître la résistance aux actions chimiques bien plus grande dans la mélanine que dans l'hématosine; il n'a plus été possible, depuis lors, de confondre l'un avec l'autre ces deux composés. On ne peut non plus considérer le premier comme dérivant du second par une altération directe survenue dans les vaisseaux ou hors d'eux, ainsi que le pensaient Barruel, Breschet, Lobstein et les médecins qui, après eux, ont rapproché les tumeurs mélaniques proprement dites (dont il sera question plus loin) du purpura, du mélœna, en tant que sang modifié sous certaines influences générales. L'exameii à l'aide du microscope venant aussi montrer les différences qui séparent les granules d'hématosine de ceux de la mélanine, a conduit à distinguer les tumeurs colorées par celle-ci, de celles qui sont noircies par la première.
Aussi, depuis longtemps, des tumeurs dites cancéreuses parce qu'elles étaient noires, ont-elles été reconnues comme colorées par du sang épanché et appelées, d'après cela, fausses mélanoses (Broca, Lobert, Bîdl. de la Soc. anat., Paris, 4852, in-S", p. 24 et 43) ou tumeurs mclaniques par épanchement sanguin (Ordonez, Bull, de la Soc. anat. Paris, 1858, in-S", p. 119 à 121), etc., afin de les différencier des tumeurs colorées par la production, dans leur épaisseur, de granules noirs de même espèce que ceux qui sont dans la choroïde et dans l'épiderme.
Dans tous les cas, du reste, on ne peut être sûr d'avoir sous les yeux telle ou telle espèce de ces deux sortes de produits, qu'après avoir déterminé la nature de la matière colorante sous le microscope, comme il a été dit plus haut (p. 576).
11 n'est pas possible de passer ici en revue toutes les espèces de tumeurs qui sont accidentellement colorées par de l'hématosine, car dans la plupart, sans distinction de nature anatomique, pourvu qu'elles fussent vasculaircs, on a trouvé de temps à autre une portion ou la totalité du tissu rendu noir par de l'hématosine, non résorbée pendant la disparition des globules de sang épanché en infiltrations ou en caillots apoplectiques. Ce sont surtout celles qui sont molles, très-vasculaires, exposées à des mouvements répétés, à des frottements ou à des violences extérieures, telles que celles du testicule, des membres, de l'orbite, etc., qui sont dans ce cas. Quand les tumeurs sont en certain nombre sur un individu, il peut se faire qu'une seule soit ainsi colorée.
La part que les grains d'hématosine prennent à la formation de la masse morbide, n'est, du reste, que rarement très-considérable. Les hémorrhagies multiples des petits vaisseaux avec infiltration des hématies et de la fibrine entre les éléments du tissu, déterminent, plus que les granules qui en proviennent, l'augmentation de la inasse des tumeurs, avec ou sans induration de celle-ci. C'est ce qu'on voit surtout dans celles qui sont appelées fongus hématodes et télangiectasiques, dans les tumeurs fibro-plastiques molles, des membres, de l'orbite, etc.
La mélanose dentaire à ton bleuâtre parfois qui survient de la profondeur vers la surface de l'organe, sans que celui-ci présente de carie, mais le plus souvent à la suite de coups violents l'ayant ébranlé, est due à la pénétration des canalicules de l'ivoire par de l'hématosine. Celle-ci provient sans doute des globules du sang épanché entre le bulbe et la dentine. La coloration s'étend jusqu'à l'émad sans le pénétrer et dure autant que la dent {voy. plus haut, p. 574).
5« Mélanoses hématiques gangreneuses. Plusieurs auteurs signalent avec raison que, dans les diverses formes de gangrène, dans les parties mortifiées de la peau et des tissus sous-jacents des tumeurs charbonneuses, le sang extravasé et même celui qui est contenu dans les petits vaisseaux s'altère au point de prendie
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une couleur brune ou même noirâtre et de donner à des parties plus ou moins o-rosses une couleur brune ou tout à fait noire. L'examen à l'aide du microscope montre que cela est dû à une modification des globules eux-mêmes qui sont ramollis, deviennent cohérents et passent même soit à l'état d'un fluide d'un rouge noirâtre, soit à l'état de dissociation en petits granules d'un brun rougeâtre. Ces matières réfléchissent la lumière eu la colorant en noir lorsqu'elles sont vues en masses un peu épaisses à l'œil nu.
Dans les gangrènes séniles et autres, la matière résultant de cette liquéfaction des cflobules sanguins colore par imbibition les vésicules adipeuses. Quant au tissu musculaire devenu plus ou moins noir, il doit sa couleur probablement à des modifications de la substance colorante et aussi à son passage à l'état grenu ; cet état est de telle sorte que les stries des faisceaux disparaissent pendant que leur masse semble comme entièrement formée de granules grisâtres foncés, épais de 0™'",001 au plus. Le myolème devenu friable conserve son homogénéité habituelle. Un peu de sérosité d'un rouge brunâtre existe en outre souvent entre les faisceaux et dans le tissu lamineux dont les fibres ne perdent pas leur aspect habituel.
Il sera question plus loin des ostéomélanoses hématiqiies à propos de la mélanose mélaïnique de la moelle osseuse.
4° Mélanose hématique des humeurs. Divers liquides peuvent prendre une teinte plus ou moins foncée pouvant aller jusqu'au noir mélanique, sans contenir autre chose, comme particule colorante, que des globules sanguins à divers degrés d'altération, mais sans séparation de leur héinatosine.
C'est ainsi, par exemple, que le sang épanché dans l'estomac peut être rejeté avec sa couleur rouge encore peu modifiée quand il est resté peu de temps au contact des liquides gastriques {liématémèse). Mais s'il y a séjourné longtemps et surtout s'il s'est écoulé peu à peu, comme par les capillaires rompus d'un ulcère de l'estomac, il n'est plus rejeté sous forme de caillots, mais sous celle d un liquide caillebotté ou uniformément fluide, brun ou brun noirâtre et même tout à fait noir (vomissements noirs), semblable à de la suie délayée. Dans ce dernier cas, presque toutes les hématies sont dissociées sous l'influence du suc gastrique en granules irréguliers, larges de un à quelques millièmes de millimètre. Il ne reste qu'un petit nombre de globules encore circulaires, soit dentelés, soit à contour net, de teinte brune et friables, non susceptibles de s'étirer et de se déformer au contact des corps étrangers. Dans les autres cas, les globules qui se trouvent à cet état sont nombreux et sont remarquables par la netteté de leur contour, la transparence et la largeur de leur centre comparativement cà la teinte foncée brune de leur bordure plus épaisse. Ces granules et les globules sont devenus réfractaires à l'action de l'eau, mais l'acide acétique les dissout encore.
Le sang qui de l'estomac passe dans l'intestin et le traverse, ou qui s'est épanché dans l'intestin grêle et même dans les premières portions du gros intestin, peut être rejeté sous forme de liquide plus ou moins épais, complètement noir ou d'un brun rougeâtre foncé [melcena).
On reconnaît à l'aide du microscope que la coloration noire est due à des hématies que l'action des sucs intestinaux a dissociés presque tous en fins granules comme ceux dont il vient d'être question. En même temps, leur couleur a été modifiée à ce point que, bien que d'un rouge brun foncé sous microscope, ils colorent les déjections en noir, parfois aussi foncé que le font l'usage du charbon en poudre ou du sous-nitrate de bismuth à l'intérieur. La forme des granules prove-
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liant des hématies et l'action de l'acide acétique permettent de les distinguer aisément des particules charbonneuses et de sulfure de bismuth.
Dans divers kystes de la thyréoïde, de l'ovaire et autres organes, il arrive fréquemment que le liquide, tout en conservant sa fluidité, prend une teinte brune chocolat ou noire. Cette coloration est due à la présence des hématies qui, n'étant pas au contact de l'oxygène, prennent une forme spbérique et une teinte foncée brunîitre qui colorent en brun plus ou moins foncé les humeurs qui les tiennent en suspension quand elles sont vues à l'œil nu.
Lorsque les kystes sont très-anciens, le liquide devient plus épais, parfois boueux, d'une consistance et d'une couleur qui l'ont fait comparer au caté moulu délayé dans l'eau. Alors on y trouve, en outre, des granulations d'hématosine, à l'état de grains sphéroidaux, irréguliers, provenant de globules du sang qui se sont décomposés. Dans ce liquide brun, on voit beaucoup de leucocytes devenus granuleux, hypertrophiés, chargés de granulations graisseuses, avec des cellules épithélialcs ([ui sont dans le même cas.
5° Mélanoses biliaires. Sous ce nom, l'on désigne les cas dans lesquels la bile et les concrétions biliaires, au lieu de la teinte plus ou moins verte qui leur est habitur'lle, deviennent plus ou moins noires. Cette coloration n'est pas due à du charbon, ni à de la mélanine, comme quelques auteurs l'ont autrefois admis, mais à des modifications directes et isomériques de la matière colorante biliaire même. Elle est à l'état liquide comme à l'ordinaire lorsqu'il s'agit àeVatrahileon bile noire dans certaines maladies {voy. l'art. Bile, p. 277). Elle est à l'état de granules ou de masses homogènes, de volume variable, microscopique bruns verdàtres ou noirs, dans les sables et les calculs biliaires noirs. Lors même que ces concrétions sont tout à fait noires, quand elles sont vues à l'œil nu, à l'aide de la lumière réfléchie, les fragments de la matière colorante vus par la lumière transmise sous le microscope, ont une couleur orange safranée foncée, à reflets verdàtres. Mais cette matière solide conserve les réactions qui lui sont propres (i;oî/. du reste les art. Bile, p. 274, et Biliaire, p. 590 et suiv.). Quant à ce qui concerne la coloration plus ou moins noire de la peau dans les cas d'ictère, voyez ce mot.
IV. De la MÉLANOSE MÉLAÏNiQUE OU PROPREMENT DITE. L'altération des tissus dont il va être question est plus particulièrement la mélanose de Laënnec (1806), que Carswell a nommée plus tard mélanome (4838). C'est à elle que, d'une manière générale, s'appliquent les descriptions nombreuses des traités classiques. Mais, même parmi les modernes, plusieurs ont fait rentrer dans ces descriptions des cas de mélanoses hématiques. La persuasion erronée où, depuis Breschet, presque tous les cliniciens et les anatomo-pathologistes sont restés, que le sang épanché dans les tissus peut donner lieu à la transformation de sa matière colorante non-seulement en hématosine et en hématoïdine, mais encore en mélanine, a été cause, en effet, que nul ne s'est préoccupé de distinguer, l'un de l'autre, ces corps colorants dans les. produits pathologiques, à l'aide des réactions indiquées plus haut. C'est ainsi, par exemple, que la mélanose liquide des auteurs classiques comprend des cas dans lesquels du sang épanché a subi les modifications dont il a été question, et d'autres dans lesquels de véritables tumeurs mélaniques se sont ramollies jusqu'à l'état de fluidité ; on connaît même des exemples d'envahissement de la paroi d'un kyste, ou de plusieurs kystes, tels que ceux de l'ovaire, par des mélanoses ayant mêlé leur substance au liquide et l'ayant rendu plus ou moins noir et boueux. D'autrefois, c'est dans le liquide des séreuses affectées, dans celui des ventricules cérébraux eux-mêmes (Lebert), que parulcé-
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ration, en quelque sorte, et plus ou moins superficielle, tombent des granules de mélanine en quantité assez considérable pour colorer le liquide. Bien que trèspelits, ces granules peuvent êlre retrouvés à l'aide du microscope, surtout dans le dépôt qui se forme au fond du vase api'ès un repos plus ou moins prolongé du liquide.
De plus, il arrive que parfois des grains d'hématosine provenant de sang épanché ; bien qu'en petit nombre, accompagnent la mélanine, il résulte de là que bien des ob.-crvations anciennes méritent d'être recueillies de nouveau en se plaçant à ce point de vue, ainsi que l'ont fait Broca, Lebert et Ordonez {voy. ci-dessus, p. 382).
La mélanoie dont il s'agit dans ce paragraphe est celle qui est caractérisée par la production des granules de mélanine ou mélaïne dans l'épaisseur ou dans les iutei'stires des éléments anatomiques des tissus, soit de ceux qui jusque-là étaient nornnux, soit de ceux qui se sont accidentellement développés, les colorant en absorbant, sans les réfléchir, les rayons lumineux, comme elle le fait dans les cellules épithéiiales pavimenteusps de l'épiderme et de la choroïde, et dans les cellules ou corps liLro-plastiques fusilormes et étoiles du tissu irido-choroïdien, ainsi que dans leurs interstices {voy. l'art. Lamineux, p, 210 et 217), dans les chromoblastes des batraciens, etc.
La part que peuvent prendre les granules de mélanine à l'augmentation du volume des tissus dans lesquels ils se produisent accidentellement est rarement considérable et ne répond pas à l'intensité de la coloration qu'ils leur donnent. Il sera question de ce point spécial à propos de chacun de ces tissus en particulier. Ce fait correspond entièrement dans l'ordre pathologique à ce qu'on observe à l'état normal dans le système irido-choroïdien, qui, quelle que soit l'intensité de la couleur, n'offre naguère plus d'épaisseur de l'une à l'autre de ses parties que lorsqu'il manque partiellement ou complètement de pigment, comme sur les albinos.
En outre, à part l'absence des granules noirs, ces éléments offrent individuellement, et sous le rapport de leur texture, des dispositions identiques dans les
deux cas.
Or, quand a lieu la production pathologique de la mélanine, c'est un fait de même ordre que l'on observe, c'est-à-dire que l'on a sous les yeux soit des tissus proprement dits, soit des tumeurs pigmentées par de la mélanine et non des tissus ni des tumeurs pigmentaires, c'est-à-dire composés "principalement par le pigment même. Il résulte de là que l'anatomic pathologique n'a pas à faire la description d'une espèce distincte de tumeurs, à proprement parler, mais seulement à décrire la manière dont les granulations mélaïniques sont distribuées dans telle ou telle espèce de tumeurs ou dans des tissus normaux dont elles changent plus ou moins la couleur et [larfois aussi le volume.
Il faut spécitier pourtant qu'on voit, sur les chevaux blancs surtout , la mélanine se produire primitivement dans le derme ou dans le tissu lamineux sousculané, et y donner lieu à la formation de tumeurs dans lesquelles les granules de mélanine finissent par l'emporter, quant à la masse, sur celle des fibres lamineuses anciennes et de nouvelle génération, dès qu'elles dépassent le volume d'un œuf ou environ. Elles représentent alors ce qu'on a désigné sous le nom de mélanùse pure, laquelle, ainsi qu'on le sait, n'existe jamais originellement de la sorte; elle a parfois, quoique rarement, été observée chez l'homme, et plus souvent à l'état d'épaississement des enveloppes cérébrales, qu'à l'état de tumeurs proprement dites.
DiCI ENC. 2' s. VI. '*