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que contrairement à ce que divers auteurs ont avancé depuis Virchow (1864) et Billroth (1866), {voy. aussi l'art. CARcmoME, p. 360), ces tumeurs ne forment pas chez l'homme les mélanoses proprement dites les plus fréquentes, tandis que c'est le contraire qui s'observe sur les chevaux blancs. En outre, on constate dans ces tumeurs que les cellules fusiformes ou étoilées renferment beaucoup moins de granules pigmentaires que ne le fait supposer d'abord l'examen du tissu à l'œil nu, tissu dont la couleur peut varier du gris brunâtre au noir ardoisé. Au lieu d'être remplies par les granules souvent cohérents et ne laissant voir que le noyau se dessinant en clair, comme dans les circonstances notées plus haut (page 387), ces granulations noires sont très-petites ordinairement, éparses çà et là avec les granulations grisâtres, ou réunies près l'une de l'autre en petits groupes. Ce n'est que rarement qu'elles enlèvent à l'élément isolé toute sa transparence naturelle. D'autres granules, en quantité variable d'un cas à l'autre sont libres, c'est-à-dire, groupés ou épars entre ces éléments anatomiques.
Dans deux cas de tumeurs fibreuses proprement dites, dures, tout à fait noires avec quelques faisceaux grisâtres seulement, les grains mélaniques libres dans le sens sus-indiqué étaient de beaucoup les plus abondantes Elles avaient absolument la structure de celle du cheval dont il sera question ci-après, sauf une consistance plus grande coïncidant avec une proportion moindre de granules mélaniques. L'une de ces tumeurs fibreuses mélaïniques située dans la région parotidienne qui m'a été remise le 5 décembre 1858, avait presque le volume du poing et son examen a eu un certain retentissement dans le procès du charlatan dit le Docteur noir.
Les tumeurs fibreuses mélaïniques sont composées d'une trame de fibres lamineuses disposées comme dans le tissu de ce nom. Mais le tissu est d'autant moins vasculaire que la tumeur est plus grosse. Beaucoup de ces éléments sont à l'état de corps ou cellules fibro-plastiques fusiformes ou étoiles. La plupart de ces derniers n'offrent, comme ceux dont il vient d'être question, qu'un petit nombre de fins granules pigmentaires. La plupart des granulations sont libres entre les éléments anatomiques ou mieux plongés dans une substance amorphe, hyaline, interposée aux fibres. Cette matière et les granules sont souvent, mais non toujours, d'autant plus abondants par rapport aux fibres que le mélanome est plus volumineux et pins mou.
On a alors des exemples de la structure des tumeurs dites mélanose simple on pure. Lebert en a décrit une ayant cette structure qui avait été enlevée par M. Desmarres sous la conjonctive oculaire {Traité des maladies cancéreuses. Paris 1851, p. 840). DeGraefe en a vu dans l'iris. Beaucoup d'ophthalmologistes en ont décrit qui sont données comme analogues, prises sous la conjonctive et même entre la choroïde et la sclérotique, mais la détermination de leur nature n'est que rarement bien donnée. Dans deux tumeurs accompagnées d'accidents inflammatoires occupant l'une l'épaisseur de l'iris, l'autre celle du cercle ciliaire, d'un gris rougeàtre demi-transparent, très-vasculaires, molles, et présentant des taches noirâtres, celles-ci avaient la structure qui vient d'être indiquée. Le reste du tissu offrait une texture analogue à celle des végétations dites fongueuses ou gélatiniformes qui entourent les tumeurs blanches anciennes ou à celle des tumeurs décrites à l'article Lamineux ( p. 261-263). Ces tumeurs m'ont été remises par M. Desmarres père.
Quant à la matière ramolUe et même fluide des plus grosses tumeurs fibreuses mélaïniques, elle ne se compose que de Ja matière amorphe devenue
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fluide tenant en suspension des granules, des leucocytes, quelques corps fibroplastiqucs pigmentés ainsi que les leucocytes et des débris de faisceaux de fibres lamineuses.
Mélanoses lamineuses et fibreuses du cheval. La plupart des particularités analomiques signalées précédemment, peuvent se rencontrer sur le cheval lors de la production des tumeurs mélaïniques depuis longtemps bien décrites par les vétérinan-es, tels que Brugnone (1781), Gollety-Latournelle (1784-1809), Gohier (1815), Hurtrel d'Arboval (1825-1827) etc., et par Trousseau et Leblanc (i828).
En dehors de la propagation de la mélanose dans diverses glandes, devenant par suite plus ou moins grosses et dont il sera question plus loin, ces lésions sont décrites comme étant toutes d'une seule et même nature anatomique. Mais il importe de spécifier dès à présent que sur le cheval, ainsi que je l'ai montré le premier, non théoriquement, mais par des faits, ou trouve comme chez Thomme, des mélanomes qui sont des tumeurs fibreuses pigmentées et d'autres qui sont des tumeurs pigmentées de nature épithéliale {cancer mélanique des auteurs) ; seulement tandis que ces derniers sont de beaucoup les plus fréquentes chez rhomme, elles ne se rencontrent guère qu'une fois sur dix sur le cheval. Il en sera fait mention plus loin.
Parmi ces produits morbides mélaïniques du cheval, on peut considérer comme représentant les plus simples ceux dans lesquels il y a uniquement en quelque sorte hypergenèse et non production hétérotopique de mélanine : tels sont ceux, primitifs ou secondaires, et dont parle Hurtrel d'Arboval, dans lesquels cette production amène l'épaississement, le ramollissement, puis la destruction de la choroïde et consécutivement de la rétine. Le corps vitré auquel se mêlent les granules mélaniques et les débris du tissu hypertrophié qui se dissocie, s'écoule en une masse noire et fluide comme de l'encre, pouvant être parsemée de grumeaux pulpeux.
Quant aux tumeurs mélaniques proprement dites des autres parties du corps du cheval, elles ont un volume qui varie depuis celui d'une petite goutte de cire ou d'un grain de chènevis dont elles peuvent avoir la forme, jusqu'à celui d'un grain de cassis ou d'une noisette. Elles siègent surtout dans la peau du périnée, de la queue et des régions voisines, puis successivement dans l'épaisseur des piemères rachidienne et cérébrale (Hurtrel d'Arboval), des muqueuses intestinales, des séreuses, dans le tissu lamineux sous-jacent et dans le névrilème, les parois veineuse et externe des artères, dans les glandes salivaires et dans le tissu lamineux de divers organes déjà indiqués. Trousseau et Leblanc en ont vu du volume d'un grain de chènevis attachées par un pédicelle à la face antérieure de l'iris. Elles peuvent graduellement atteindre un volume énorme et un poids de 15 à 20 kilogrammes (Gohier, etc.). Tant qu'elles sont peu volumineuses, elles sont sphéroïdales, plus ou moins aplaties, ovoïdes, en forme de testicules, etc.; mais en grandissant elles deviennent plus ou moins bosselées et mamelonnées à la surface, qui est lisse sur la masse entière ou sur chaque lobe. Leurs formes deviennent diversement irrégulières quand elles se soudent les unes aux autres. Ainsi que le notent Trousseau et Leblanc, leur coupe est d'aspect homogène quand elles ne dépassent pas le volume d'un œuf de pigeon, mais si elles sont plus grosses, elles sont partagées en lobes et lobules à surface lisse ; ces lobes sont bien limités et séparés les uns des autres par des cloisons de tissu lamineux proprement dit, tantôt très-minces, tantôt épaisses et conservant la couleur propre demi-transparente ou blanche du tissu, couleur qui tranche sur celle du reste dç la tumeur.
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Ces tumeurs peuvent être disposées en chapelet en grappes irrégulières, etc., dont chaque lobule a un volume variant entre celui d'un grain de groseille et celui d'une noix. Leur couleur v;irie du gris ardoisé plus ou moins brunâtre, à celui d'une truffe ou noir de suie ou de cirage le plus intense avec ou sans teinte -, rougeâtre ou pourpre foncé, à reflets brillants quand le tissu est terme et donne une coupe d'aspect homogène, comme le fait est ordinaire. Le tissu lamineux périphérique, ayant parfois l'aspect d'un kyste, peu consistant et sans vaisseaux autres que quelques capillaires, est dans certains cas rendu plus ou moins grisâtre par de petites taches mélaniques à peine perceptibles. Quand les tumeurs touchent le périoste, celui-ci est rendu noir par les granules pigmentaires interposés à ses fibres (Goliier), et le tissu osseux sous-jacent est iioirci également sur une faible épaisseur. La consislance de ces tumeurs est en général analogue à celle des ganglions. lymphatiques, mais un peu plus grande, et avec plus ou moins de friabilité, suivant les cas.
A l'intérieur des masses mélaniques considérables, on peut trouver un ou plusieurs points ou foyers, de consistance pulpeuse, dont le doigt fait sortir une pulpe assez cohérente, noire ou même un liquide noir, boueux semblable à du cirage un peu épais, soit seul, soit mêlé à cette pulpe ou à des portions encore consistantes {melanose ramollie ou liquide). On peut vider les parties ramollies de la tumeur et on les voit nettement circonscrites par les cloisons divisant la masse en lobes et les centres de ces derniers peuvent avoir conservé la consistance ordinaire et l'état dit de crudité. A la longue, tous les lobes peuvent se ramollir et se réunir en une ou plusieurs poches contenant un hquide noir, sans viscosité, inodore comme le tissu même, le liquide est retenu par la couche du tissu lamineux repoussée par la tumeur avec ou sans cloisons profondes et s'épaississant en forme de paroi très-dense, grisâtre et à face interne noire.
Tant que les tumeurs de ce genre ne sont pas ramollies, leurs ulcérations se cicatrisent facilement dès qu'on empêche le frottement des harnais. Si elles sont ramollies, leurs plaies ne se cicatrisent plus ; elles versent une sérosité noirâtre ce qui amène l'amaigrissement et la mort d'autant plus vite que la quantité de hquide est plus grande.
Certaines de ces masses et surtout celles qui, en augmentant de volume se creusent dans les muscles une cavité en détruisant les faisceaux striés, etc., par compression et résorption graduelles prennent au contraire un certain degré de dureté, de sécheresse et de friabilité particulières. Ici prédominent les granules pigmentaires libres sur les fibres hmineuses qui se retrouvent encore, et surtout sur la matière amorphe dont il a été question plus haut.
Au point de vue de leur constitution et de leuR nature anatomiques, les tumeurs mélaniques du cheval sont des tumeurs fibreuses, des fibromes pigmentés. Au point de vue de la consistance, de la ténacité ou mieux de la résistance, quand elles ne sont pas encore ramollies, leur trame est entièrement comparable à celle du tissu lamineux {voy. Lamineux, p. 275) qui forme la masse de la mamelle chez les femmes maigres hors de l'état de grossesse ou des femmes âgées. On sait, du reste, que parmi les fibromes il en est un certain nombre qui offrent des caractères analogues. Seulement le tissu de ces mélanomes est plus friable et l'est d'autant plus qu'ils sont plus chargés de granules pigmentaires. Cette trame est aussi formée de faisceaux, parfois très-gros, de fibres lamineuses très-serrées les unes contre les autres, accompagnés de fibres en nappes dans lesquelles l'accollement des fibres est plus distinct. On ne trouve pas de fibres élastiques dans
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cette trame. Malgré l'absence apparente de vaisseaux, l'acide acétique et l'acide sulfurique en gonfJant et ramollissant le tissu y font découvrir des capillaires en certain nombre, bien recoiinaissables par leurs couclies de tibre-cellules vaS' culaires. Jamais on ne voit de granules noirs dans cette tunique, et la tunique extérieure oa adventice des plus gros n'en moivtre que quelques-unes éparses ou pas du tout.
Quant aux granules mélaniques, la plupart sont interposés aux fibrilles qu'ils écartent et sont disposés en traînées linéaires, ou en anuis ayant quelques centièmes de millimètre de longueur ou d'épaisseur et des foimes très-diverses. Le nombre et le volume de ces. amas sont d'autant plus considérables que les tumeurs sont plus grosses et plus ramollies. Ce sont ces granules qui s'écbappent et noircissent les doigts quand on coupe *t qu'on presse les masses morbides; ils sont alors accompagnés d'une matière amorphe glulineuse qui ne se mêle pas très-facilement à l'eau et qui agglutine sous le microscope une partie de ceux qui sont ainsi rendus libres. 11 y a en outre des granules dans les faisceaux fibreux proprement dits, mais en moindre nombre. Ils sont soit en séries, soit en amas ou traînées étroits, plus ou moins longs, fusiformes ou non, rectilignes ou incurvés.
Çà et là se trouvent, en groupes plus ou moins larges, des corps ou cellules fibro-plastiques fusiformes ou étoiles, remplis de granules mélaniques et tout à fait noirs. Les granules s'étendent plus ou moins loin dans les prolongements qui en partent, mais peu le plus souvent. Leurs bords sont rendus comme grenus ou dentelés soit par les granules inclus qui font saillie à leur surface, soit par ceux qui leur adhèrent. On peut constater quand ils sont isolés qu'ils sont aplatis. Us p;uaissent plus ou moins irrégulièrement polygonaux ou arrondis iorsqu'en les isolant, les fibres qui en partent ont été rompues. Parfois il est de ces cellules dans lesquelles les granules ne font qu'entourer le noyau sans le recouvrir ; alors il se dessine en chair. L'état granuleux de ces éléments les rend très-friables.
2» Mélanose méldinique epithéliale.
Fioppelons d'abord ici que chez les reptiles, les poissons, les crustacés, etc., ou trouve des granulations pigmentaires dans le névrilème, les muscles, à la surface de la peau ou sous le péritoine, etc., dans des cellules dites cliromalophoi'es ou chromoblastes (G. Pouchet). Ces dernières cellules soûl parfois assez grosses pour être apparentes à l'œil nu. Elles sont sphériques à l'état de repos, mais le plus souvent elles se présentent avec des expansions ramifiées, parfois anastomosées, en voie incessantes de changements, par des contractions amiboïdes. Ce sont leurs divers degrés d'expansion et de resserrement sur lesquels influent le système nerveux qui amènent les variations de teinte de divers animaux selon les conditions dans lesquelles ils se trouvent. Ces cellules commencent par être incolores, et ce n'est que peu à peu sur l'embryon que s'y produit des granules mélaniques ou soit une matière bleue ou rouge, soit une matière jaune solubles dans l'acide acétique, et il y-en a qui restent toujours incolores. Il y a ainsi trois sortes de cellules dans lesquelles se dépose du pigment mélanique, les cellules épitliéliales, les cellules fibro-plastiques et les chromoblastes. Mais, outre le pigment mélaïnique, ces derniers peuvent contenir les autres principes colorants que nous venons de signaler.
L'existence des granules pigmentaires est normale dans les cellules épithéliales de la iace interne du système irido-choroïdien, de la couche profonde ou de toute l'épaisseur de l'épiderme cutané et de celui des muqueuses dermo-papillaires [voy. l'ai't. Peau). Elle est accidentelle sans être morbide dans l'épiderme des
39 i MÉLA.NOSE.
taches de rousseur et dans celui du derme épaissi qui forme les variétés de nœviappelés spili, grains de beauté on signes (voy. N^vus). L'exagération de la quaatité du pigment normal est déjà morbide dans un grand nombre d'alfections cutanées et autres dont il sera parlé à propos des articles qui les concernent [voy. l'art. Bronzée (maladie), p. 80, etc.] ; tel est le cas des nigrities cutanées et luiguales, qui sont dues à la production des granules pigmentaires jusque dans les cellules épidermiques superficielles. Que la nigritie linguale s'accompagne ou non de trichoglossie, il ne faut ]>as la confondre avec l'état fuligineux de la langue dont il a é!é question page 574. Tel est encore le cas des verrues {voy. Verrue) à épiderme pigmenté, et celui de quelques tumeurs dermiques, fibreuses ou autres {iiœvi vasculaires, etc.), qui bien que non pigmentées par elles-mêmes amènent la production des granules mélaniques dans la couche de Malpighi ou dans toute l'épaisseur de l'épiderme de la peau qui les recouvre. Tel est encore celui des mélasmes ou taches brunâtres survenant à la suite de certaines formes de névralgies, etc., celles de la peau des jambes des vieillards, de l'abdomen de certaines femmes ayant eu des enfants, etc., qu'il ne faut pas confondre avec les plaques noirâtres hématosiques observées quelquefois le long des varices.
Tumeurs épithéîiales mélaniques cutanées. La mélanose prend un caractère morbide évident quand les granules pigmentaires se forment non plus seulement dans les cellules épithéîiales, mais encore dans la substance des papilles et plus ou moins profondément dans le derme. Cette production, véritablement hétérotopique, s'observe souvent dans les spili, dans les verrues plus ou moins colorées en noir ou m\rmécies, dans les verrues ou cors à longues papilles et à couches épidermiques épaisses, peu saillantes, mais douloureuses à la pression sous la plante du pied, dans les verrues plus ou moins saillantes sur le scrotum et d'autres parties de la peau. Elle s'observe aussi, mais plus rarement, sur les naevi vasculaires pigmentés. Dans tous les cas, elle marque le début de l'altération du derme qui se continue sous forme d'épaississements en ces tumeurs qui sont dites cancers ou cancroïdes cutanés, épithéliomas papillaires, cancer mélané ou tubéretix à Alibert, cancer anthracine de Jurine, etc., se produisant ensuite à la manière des autres épithéliomas dans les ganglions lymphatiques voisins, puis dans les divers organes profonds. Comme phase intermédiaire se présente celle où soit les verrues, soit les spili, sont égratignés par l'action de gratter que suscite les démangeaisons dont ils sont cause ou accidentellement, avec ou sans cicatrisations et ulcérations alternatives plus ou moins répétées.
C'est alors surtout que se produit l'épaississement épithélial, ordinairement avec allongement des papilles qui sont plutôt amincies qu'épaissies ; ces phénomènes sont bientôt suivis de Venvahisseme^it graduel du derme et des tissus sous-jacents avec ou sans ulcération, s'accomplissant de la même manière, qu'il y ait ou non pigmentation, et d'après le mécanisme physiologique suivant. A la partie profonde de l'épaississement épithélial, coloré ou non, ou au-dessous de l'ulcération, si elle existe, on trouve une couche blanchâtre ou, s'il y a mélanose, grisâtre ou noire; elle est homogène, assez friable, épaisse de 1 à 10 millimètres environ. Elle s'étend souvent plus loin que l'ulcère, sous la peau saine, au-dessous même des glandes sudoripares et des follicules pileux, et alors elle est quelquefois comme plissés, à coupe onduleuse, peu ou pas vasculaire du tout ; elle se termine en s'amincissant insensiblement, ou entoure la masse d'épilhélium quand celui-ci forme des masses ou tubercules. Cette couche montre, dans sa partie profonde : 1° la genèse de noyaux d'épilhélium entre les éléments des tissus voisins on à
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leur place, à mesure que ceux-ci s'atrophient et disparaissent; 2" la production entre les noyaux d'une matière amorphe finement granuleuse, avec segmentation de celle-ci autour de ces noyaux (d'oi!i résulte la génération de cellules épitiiéliales), fuit auquel on a donné le nom à' infiltration des éléments d'épithéliums dans la profondeur des tissus. Ces deux phénomènes élémentaires sont aussi la cause qui l'ait que les tumeurs épidermiques ou les tumeurs d'origine glandulaire, ulcérées, envahissent les tissus voisins ou eous-jacents. Souvent la substance homogène, finement granuleuse, est parsemée de noyaux devenus volumnieux, pourvus d'un ou deux nucléoles brillants et entre lesquels se trouvent les granules mélaïuiques, si la tumeur est colorée. La portion de cette couche, qui est tournée vers l'extérieur, est formée d'une quantité considérable de saillies papillil'ormes, dont la base est en continuité de substance avec ia substance précédente, et dont le sommet est conique, plus ou moins aigu, ou au contraire renflé en massue. Leur largeur est de 1/10^ à 1/2 millimètre, leur longueur est de 1 à 5 milhmèlres environ. Elles sont pressées les unes contre les autres et ne peuvent être isolées et reconnues que par la dilacération suivie de l'examen au microscope. Les plus petites, et celles qu'on prend à la périphérie de la couche qui s'étend sur la peau au delà de l'ulcération, sont formées de la même substance que leur base, et, comme elle, uniformément parsemées de noyaux dans toute leur étendue. Dans les autres, cette substance se segmente ou se partage, autour de chaque noyau comme centre, en cellules polyédriques ou allongées, fusiformes ou mieux bipyramidales, ayant tous les caractères de forme et d'aspect des cellules épithéliales du reste de la tumeur, sauf le noyau qui est le plus gros, et dont il existe quelquefois deux dans chaque cellule. C'est surtout à la surface de ces prolongements réguliers, papilliformes, qu'a lieu cette segmentation en cellules, et c'est elle qui, dans la portion ulcérée, fournit l'épithélium qui se desquame à mesure que l'ulcération gagne en profondeur. Dans d'autres saillies papilliformes, c'cjt au centre que la segmentation en cellules est le plus évidente. Souvent cette segmentation s'étend à toute l'épaisseur de la couche dont ces saillies sont un prolongement, et Ton peut voir des points où ces portions segmentées tombent en quelque sorte en pulpe pulvérente, formée de cellules épithéliales, noirâtres ou non selon l'état de la tumeur. En même temps l'ulcère donne la sanie ordinaire, plus ou moins fétide, propre à cet ordre de lésion, et plus ou moins colorée en noir par des cellules, des granules mélaniques libres et quelques hématies. Il est commun encore de trouver, soit au centre des saillies papillaires, soit dans la couche qui les porte, des cellules excavées et de nombreux globes épidermiques. Cette matière amorphe, persemée de noyaux, prend une surface disposée en forme de papille et se segmente ; en outre, à mesure qu'elle naît, elle s'étend sous la peau, sous les glandes pileuses et sudoripares, etc., en conservant sa disposition en couches à surface papillaire, et en se repliant sur elle-même sous forme de festons plus ou moins réguliers {voy. Lorain et Ch. Robin, Note sur le cancer des ramoneurs, iu Moniteur des hôpitaux, Paris, 1855, in-4°, t. III, p. 186).
Ces tumeurs offrent du reste, de l'une à l'autre, toutes les variétés de siège, de disposition intérieure et de consistance qu'on rencontre sur les épithéliomas en général et peuvent devenir plus ou moins grosses, avant de s'ulcérer en distendant et amincissant plus ou moins la peau qui laisse entrevoir leur couleur. J'en ai vu qui offraient la structure des formes à paroi épaisse, noire, papilleuse à sa face interne, avec un contenu pulpeux, friable, un peu sec, d'une teinte variant du noir grisâtre au noir le plus intense, contenu composé de cellules agglo-
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mérées les unes avec un noyau, les autres sans noyau et rendues tout à fait opaques par les granules mélaniques ayant de O^^jOOl à 0"™,004 qui les remplissaient.
La généralisation consécutive fréquente de ces lésions consiste en la production au seia des ganglions voisins d'abord, puis avec le temps dans divers organes profonds (poumons, foie, séreuses, etc., etc.), de masses, petites ou grosses, enkystées ou non, dites parfois metastatlques, composées par un épithélium de même type que celui de la première tumeur cutanée et de texture semblable, ainsi que cela a lieu aussi lors de la généralisation des tumeurs d'orioine glandulaire (CI). Robin, Sur tme altérât, du tissu propre de la mamelle, in Comptes rendus des séances de VAcad. des se. de Paris, 1855, in4'^, p. 352, et Gaz. des hôpitaux, Paris, 1855, in-fol., p. 422. Journal d'anat. et de physiologie, 1865, p. 1 18 et suiv. Des tissus et des sécrétions, Paris, 1869, in-8°, p. 109etsuiv.).
Ces tumeurs profondes ou cutanées de production consécutive, sont ellesmêmes plus ou moins pigmentées que la première, soit en totalité, soit seulement en une partie de leur masse. '
Les faits dont il vient d'être parlé sont de l'ordre de ceux dont Wardrop (1815), Norris, (1820), Schilling (1851), Williams (1855) et surtout Paget, Cazenave (1859) et leurs successfurs ont parlé en tant que mélanoses provenant de nœvi, signes et verrues irrités, dégénérés, hypertrophiés^ s'étant généralisés, qu'il y ait eu ou non ablation du produit originel.
Les tumeurs épithéliales papillil'ormes pigmentées, qui ont ainsi pour point de départ évolutif et de leur généralisation des verrues colorées et des nœvi, représentent à peu près la moitié des cas de mélanose observés.
Ils offrent la marche et la gravité due à leur généralisation, propres aux tumeurs épithéliales ; mais toutefois il n'est pas douteux que, suivant les remarques d'Alibert, de Cruvcilhier, de Lebert, de Virchow et autres, la présence du pigment mélanique augmente leur tendance à se reproduire sur place après leur ablation et à se généraliser.
Ainsi ces tumeurs sont de nature épithéliale et il faut se garder de croire, contrairement à ce qu'avance Virchow (Tdmeurs, trad- tranç., t. III, p. 225), qu'elles sont sarcomateuses, c'est-à-dire fibro-plastiques ou de la nature du tissu cellulaii'C, et que les espèces de verrues et de nœvi dont il a été question plus haut, se transforment en sarcomes [ligraentés ou non sous Vinfluence des irritations locales, des exanthèmes, de la variole, etc.
Il est vrai que dans bien des cas, surtout lorsqu'elles sont encore petites, non ulcérées, et lorsqu'elles siègent dans des régions où la peau est épaisse, comme à la plante du pied, ces tumeurs ont à l'œil nu un aspect analogue à celui des tumeurs dites fibro-plastiques ou sarcomateuses. Leur coupe offre un aspect charnu, homogène, d'une teinte variant du brun rouge de chair au noir, avec des portions rosées à peine mélanotiques. Il en est qui occupent toute l'épaisseur du derme sous forme d'épaississements mamelonnés, recouverts d'un épidémie plus ou moins épaissi, composé de cellules simples, à contour souvent hérissé de longues et fines pouites rapprochées, surtout quand il s'agit des tumeurs de la plante du pied, de la main et de la joue.
Ordinairement, sous ces ép;ussissements et à 1 ou 2 centimètres de profondeur, même dans le tissu adipeux, se voient plusieurs nodules ou petites tumeurs, du volume d'une tète d'épingle, d'un pois, etc., ronds ou lenticulaire?, de même consistance charnue que les précédents, d'un blanc opahn demi-transparent, avec
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ou sans portions rosées, brunâtres, etc. Ces nodules, qu'ils soient ou non en continuité de tissu avec les productions intradermiques, ontaussi leur surlace chargée de papilles ayant la même structure que celles qui se trouvent à la superficie de ces dernières. Ces papilles et le tissu sous-jaceut, à la surface duquel elles s'élèvent en restant en continuité avec lui par leur base, sont formées d'une substance homogène parsemée de noyaux tellement nombreux que leur masse l'emporte sur celle de cette substance. Ces noyaux sont ordinairement ovoïdes, plus ou moins allongés, tous ou presque tous nucléoles. Le tissu de la portion des tumeurs qui porte les papilles ou portions centrales, ainsi composé, est cloisonné par des foisceaux de tissu fibreux analogues à ceux du derme, mais non vasculaires et n'étant pas accompagnés par une trame de fibres élastiques. Il est des tumeurs dans lesquelles (siirtoui dans les petites) le tissu de cette trame fibreuse l'emporte, quant à la masse, sur le tissu épilbélial ; mais l'inverse se produit à mesure qu'elles grossissent. Leur nature épitliéliale ne peut donc pas être mise en doute. Vers la profondeur de ces nodules pathologiques, cette trame fibreuse est remarquable par le nombre et le volume des noyaux embryoplastiques, souvent allongés, inclus entre les fibres des faisceaux. En dissociant ces derniers, on isole beaucoup de corps ou cellules fibro-plastiques, plus grands qu'à l'état normal et pourvus d'un ou deux noyaux souvent assez volumineux et allongés.
Quel que soit le volume des tumeurs,, les saillies papillaires et la portion superficielle de la masse qu'elles surmontent peuvent, d'une tumeur à l'autre, ou même d'une portion à l'autre d'une seule tumeur, présenter déjà ou non la segmentation en cellules épithéliales à un ou plusieurs noyaux dont il vient d'èti e question (p. 594), et à noyau et nucléole plus ou moins gros. Dans les portions noires de ces masses morbides, les granules pigmentaires peuvent ou non masquer le noyau, et souvent, quand les cellules en sont remplies de manière à être tout à fait opaques, les tvmieurs sont tout à fait noires et opaques.
Il y a aussi des granules mélaniques dans la matière amorphe inter-nucléaire non encore segmentée. Là encore les faisceaux des cloisons fibreuses dont il a été question sont parsemés de groupes de granules mélaniques, plus ou moins larges, ou étroits, effilés à leurs extrémiités, avec quelques granulations éparses autour d'eux, rendant leur contour plus ou moins mal limité. Il y a également de ces granules dans les cellules tibro-plastiques, tant fusiformes qu'étoilées ; mais ils n'en remplissent qu'un petit nombre, et dans la plupart ils sont ép;irs autour du noyau. Quand ils remplissent les cellules, ils leur donnent l'aspect de plaques noires, rondes ou polyédriques, et en masquent ordinairement le noyau en partie ou tout à fait. Quand les granules mélaniques, ainsi diversement disposés, abondent dans ces faisceaux fibreux de la tumeur, ils donnent à la coupe de celle-ci un aspect strié de noir. Il est de ces tumeurs dans lesquelles, ou dans certaines portions desquelles, les granules pigmentaires sont plus nombreux dans ces faisceaux fibreux que dans le tissu épithélial qu'ds cloisonnent.
Tumeurs mélaniques orhitaires. Quant à l'autre moitié des cas de tumeurs épithéliales de cette sorte qu'on observe, moitié qui est sensiblement la plus considérable, elle comprend ceux dans lesquels la tumeur originelle a pour point de départ quelque partie du globe oculaire ou la peau de la région orbitaire. Je n'ai pas à traiter ici des causes diverses héréditaires, inOammatoires, traumatiqres, etc., considérées comme déterminant 1 apparition de ces tumeurs. Ce sont, en effet, les mêmes que celles auxquelles on attribue l'apparition des tumeurs dites cancéreuses ou épithéliales, en général ivoy. CARCiiNOJiE, partie clinique).
398 MiUANOSE.
Tout ce qui a été dit plus haut (p. 596 et 597) s'applique aussi à celles de ces tumeurs qui ont pour point de départ la pe.iu du sourcil et la conjonctive.
Quant à celles qui se produisent dans l'orbite, presque tous les auteurs s'accordent à reconnaître avec Lebert que les plus communes naissent hors du globe oculaire. C'est aussi ce qui résulte des faits que j'ai pu observer. Lebert et Yirchow citent des cas dans lesquels, après avoir pris un volume plus ou moias ccnsidérable en arrière de l'œil, elles ont perforé la sclérotique et pénétré dans la cavité plus ou moins avant. Les plus nombreuses de ces tumeurs intra-orbitaires, mais longtemps ou toujours extra-oculaires, adhèrent à l'enveloppe du nerf optique ou à la sclérotique. Elles peuvent siéger sous la conjonctive autour de la cornée, en s'avançant ou non au-devant de celle-ci, ou plus ou moins loin de cet organe. Elles peuvent aussi envahir la conjonctive ou débuter dans son épaisseur.
Dans l'un et l'autre cas, mais surtout dans le premier, au-dessous de l'enveloppe tibreuse (non perforée et restée blanche du nerf optique), la surface de celui-ci est parfois noircie par des granules hbres et par d'autres inclus dans des corps libro-plastiques usiforrnes ou étoiles analogues à ceux dits de la lamina fusca.
Quant aux tumeurs intra-oculaires pigmentées, on peut les trouver adhérentes à la sclérotique seulement et repoussant vers la cavité du globe les autres membranes. Plus souvent elles occupent l'épaisseur de la choroïde seule, avec ou sans adhérence à la sclérotique et plus rarement à la rétine également. Quand elles sont encore peu volumineuses, on constate que l'épilhélium de la choroïde passe au-devant d'elles, ainsi que J.-V. Hulke l'a vu le premier. J'ai vu une tumeur de ce genre enlevée par M. Sichel, qui occu|iait les deux tiers antérieurs de la cavité oculaire, y compris la chambre antérieure et englobait le cristallin sans laisser trace des procès ciliaires ni de l'iris, bien que la sclérotique et la choroïde fussent intactes, sauf le plus grand volume des cellules épithéliales de cjUe-ci. Beaucoup de ces cellules contenaient des gouttes huileuses brillantes. Cette production avait été précédée de petites tumeurs sous-coujonctivales, non pigmentées, péricornéales, qui avaient été enlevées quatre ibis avec cicatrisation régulière consécutive. Un pédicule formé par la rétine atrophiée allait de l'entrée du nerf optique à l'arrière de la tumeur ; un liquide noirâtre remplissait l'espace compris entre cette sorte de pédicule rétinien et la choroïde devenue d'un noir rougeâtre et un peu plus épaisse qu'à l'état normal.
Quand la tumeur, quel que soit son siège intra-oculaire, ne remplit pas la cavité, on trouve la rétine décollée par un fluide noirâtre repoussant plus ou moins la rétine altérée et le corps vitré. Ce liquide contient des granules pigmentaires et souvent des hématies et des granules d'hématosine. Il contient surtout nombre de cellules épithéliales pigmentées, hypertrophiées,- dont certaines atteignent jusqu'à un dixième de millimètre d'épaisseur. Beaucoup n'ont plus de noyau. Elles sont sphéroidales ou ovoïdes, présentant parfois une saillie conique sur un point de leur surface. Elles sont creuses et la rupture en fait écouler le contenu liquide et granuleux. Les moins pleines laissent voir le mouvement brownien de leurs plus petits granules avant la rupture. Beaucoup de ces derniers, d'un noir bru' nàtre, rougeâtre ou jaunâtre, atteignent un volume de 0'"'",012, et sont ou noiS accompagnées de gouttes graisseuses. Quand il reste de l'humeur aqueuse, elle est rendue plus ou moins noire par des cellules épithéliales pigmentées, hypertrophiées, et par des globules sanguins avec ou sans granules d'hématosine.
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De la choroïde, il n'y a de détruit que la portion à laquelle adhère la tumeur, et celle-ci reste en quelque sorte pédiculée, lors même qu'elle remplit et au delà le globe de l'œil. La face interne de la choroïde restée à peu près intacte est tapissée de cellules analogues aux précédentes, plus ou moins grosses, avec des gouttes huileuses ; mais leur forme polyédrique est conservée. Dans les cas de elaucome et autres affections de l'œil avec décoUetement rétinien, on trouve un liquide brun ou noir contenant des cellules telles que les précédentes.
Quand ces tumeurs arrivent à remplir la cavité oculaire, elles font disparaître la rétine par atrophie, repoussant le cristallin vers la cornée, amincissent celle-ci ou la sclérotique vers leur jonction commune et les détachent l'une de l'autre. Parfois c'est la sclérotique qui est amincie et perforée plus ou moins loin de la cornée sur un ou plusieurs points. Dans ce cas, la tumeur sort et soulève la conjonctive, dans l'autre, elle fait directement saillie hors de l'œil. Elle se développe alors plus ou moins vite au dehors sous forme de champignon, source d'hémorrhagies fréquentes.
Indépendamment des perforations précédentes, ou en même temps qu'elles ont lieu, des traînées de mélanine, ou le tissu de la tumeur, se pro; agent par les orifices qui laissent passer les tubes nerveux du nerf optique et amènent à des degrés variables l'épaississement et la pigmentation de celui-ci, sans colorer son enveloppe fibreuse. La propagation du tissu accidentel, pgimenté partout ou par place peut se faire ainsi jusque dans la dure-mère, la cavité du crâne et le cerveau ; elle amène alors ordinairement la mort avant qu'il y ait généralisation du tissu dans le reste de l'économie. Dans le cas contraire, il y a production successive d'un tissu accidentel semblable, en masses plus ou moins grosses, partiellement ou totalement pigmentées dans la peau et divers organes, comme dans les cas dits de diathèse cancéreuse {voy. CARciiNOME, partie clinique). 11 n'y a presque pas d'oiganes dans lesquels on n'en ait trouvé. J'en ai vu jusque dans la tunique externe de l'aorte thoracique, le cœur, etc.
La oiavité des épithéliomas mélaniques oculaires, au point de vue de la rapidité de leur propagation aussi bien que de l'intensité de leur généralisation, a depuis longtemps été notée par tous les chirurgiens.
Au nombre des exemples de cette génération progressive de ce tissu accidentel dans des parties plus ou moins éloignées de l'œil, il en est qu'il faut citer spécialement i ce sont ceux dans lesquels il s'en produit hors de l'œil en même temps que dans sa cavité ou plus ou moins longtemps après. Cette production peut avoir heu contre la lace externe de la sclérotique au niveau de la tumeur interne, sans que la tunique fibreuse soit perforée, alors même que les deux tumeurs noires lui adhèrent fortement. J'ai observé un cas de ce genre sur un œil envoyé par M. Desmarres père, dans lequel la tumeur externe était plus grosse que la tumeur interne, qui remplissait seulement le quart de la cavité du globe, et bien que toutes deux eussent la même composition anatomique, cette dernière était seule noire, surtout vers son centre, et l'externe était grisâtre, sans granules pig-
mentaires.
Ces tumeurs, dont l'apparition marque les premiers termes de la généralisation, peuvent aussi se produire sur la sclérotique, plus ou moins loin de l'adhérence de la tumeur interne, ainsi qu'en dehors delà gaine du nerf optique, contre elle, que ce nerf soit lui-même envahi ou non et que la tumeur ait ou non fait issue hors de la cavité oculaire.
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J'arrive maintenant à l'indication de la composition anatoraique et de la texture de ces tumeurs, qui permet d'en déterminer la nature. Disons de suite qu'elles sont épitlîéliales, c'est-à-dire de même nature anatomique que les tumeurs se produisant primitivement dans la peau, ayant pour point de départ les verrues, les ncevi, dont il a été déjà question (p. 393 et suiv.). Leur texture est également analogue. Ici la comparaison de la structure des tumeurs primitives à celle des masses qui se produisent successivement en divers points de l'économie dans les cas de généralisation et l'observation directe, me forcent à me mettre en opposition formelle avec Virchow, Billroth et leurs imitateurs {voy. l'article Carcinome, p. 560), lorsqu'ils affirment que ces produits sont des tumeurs sarcomateuses ou fibro-plastiques pigmentées, c'est-à-dire des tumeurs dérivant du tissu conneclif on lamineux, lorsque, par suite, ils disent que les sarcomes mélaniques ou mélano-sarcomes sont plus fréquents que les cancers mélaniques ou carcino-mélanomes (tumeurs épitlîéliales mélaïniques) qui seraient très-rares.
Cela n'est vrai quR pour le cheval, mais est absolument faux pour l'homme*. L'emploi de trop faibles grossissements et d'autres particularités encore sont cause de cette confusion, comme de celle qui a fait croire à la transformation des verrues et des nsevi en sarcomes [voij. ci-dessus, p. 593 à 594). Je ne sais sur quelles données repose l'hypothèse de Virchow touchant la provenance des melanoses orbitaires extra-oculaires aux dépens du tissu graisseux de l'orbite, mais elle n'est pas plus admissible que les autres, car ces tumeurs ont la même structure que celles qui naissent dans l'œil.
Or ces tumeurs sont, de nature épithéliale à surface papillaire, comme celles dont il a été question plus haut (p. 395), qu'elles soient .ou non pigmentées plus ou moins fortement, par places seulement ou dans toute leur étendue. Celte particularité se voit sur celles qui sont intra-oculaires comme sur celles qui sont extra-scléroticales. Tant que leur surface ulcérée n'a pas été trop exposée à l'air et trop atteinte d'hémorrhagies, elle se montre chargée de papilles plus ou moins longues, mais très-généralement coniques, à sommet pointu. On voit, de plus, que ces pupilles sont formées par la juxtaposition immédiate de cellules épitlîéliales bi-pyramidales dont les extrémités assez aiguës sont dirigées parallèlement au grand axe des papilles. Elles ont un ou deux noyaux ovoïdes, clairs, non grenus, avec un ou deux nucléoles brillants, plus ou moins gros, selon les cas. Cetle juxtaposition des cellules ainsi configurées se voit jusque dans la couche commune du tissu morbide, au-dessus de laquelle s'élèvent les papilles, ou avec laquelle se confond leur base. On la suit jusqu'à une profondeur qui, d'une préparation ou d'une tumeur à l'autre, varie de quelques dixièmes de millimètre à 5 ou 4 millimètres. Au delà, on ne trouve plus qu'une masse homogène de substance finement grenue, de même aspect que celle des cellules et parsemée de noyaux semblables aux leurs ou plus petits. En examinant cette substance pour remonter vers le sommet des papilles, on arrive à voir les points où les
* Il n'y a de tumeurs mélaïniques dérivant du tissu lamineux ou ayant ce tissu pour trame que celles dont il a été question plus haut (p. 386 à 392). L'asserlion précédente repose sur un lait dont m'ont convaincu des obseivalions répéiées et l'étude attentive des descriptions et des figures publiées sur ce sujet; en réalité, les auteurs auxquels je viens défaire allusion ont pris pour des cellules ou corps libro-plasliques lusi termes du tissu cellulaire les cellules épilhéliales de la variété bipyramidale qui sont les éléments anato* miques de presque toutes les tumeurs épilhéliales papillaires, pigmentées ou non, des régions sourciliére, palpébrale, de la conjonctive et de l'intérieur de l'œil, communément dites fumeurs cancéreuses et caiicroides.
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sillons de segmentation qui la délimitent et l'individualisent en cellules commencent à se montrer {voy. ci-dessus p. 594-595), puis enfin on retiouve les cellules dont il vient d'être parlé. Celles-ci, de même que cette substance, sont parsemées de granules pigmeutaires, en général fins, d'autant plus abondants que la tumeur est d'une coloration brunâtre ou noirAtre plus foncée.
11 n'y a là aucun vaisseau ni tissu lamiueux, mais plus profondément on voit que la matière épitbéliale, non encore ou déjà segmentée en cellules, forme des masses lobulées ou des couches repliées sur elles-mêmes en festons (comme il a été dit à la p. 595), entre lesquelles sont de minces cloisons de tissu lamineux vasculaire, à vaisseaux souvent assez gros et à parois minces. Dans ces cloisons il y a parfois, mais non toujours, beaucoup d'éléments. à l'état de corps libro-plasticjues fusiformes ou étoiles comme dans la choroïde, etc. Il y a de plus quel- (juefois, mais non dans tous les cas, des granules pigmeutaires tant libres qu'inclus dans ces cellules fibro-plastiques.
Indépendamment des faits précédents qui démontrent la nature épithéliale de ces tumeurs, il faut ajouter que les cellules des papilles résistent bien plus à l'action de l'acide acétique que les éléments du tissu lamineux pigmenté ou non. Il faut de plus, à un autre point de vue, ajouter aussi que la très-grande majorité de ces tumeurs oculaires, sinon toutes, se généralisent à la manière des autres tumeurs ayant pour élément fondamental les épilhéliums et dites cancéreuses; or celles-ci diffèrent, comme on le sait, en plus d'un point des tumeurs fibro-plastiques qui récidivent plus sur place qu'elles ne se généralisent. Enfin les tumeurs et les ulcères de la région sourcilière incontestablement reconnus comme de nature épithéliale montrent le plus souvent ces mêmes cellules épithéliales bipyramidales, juxtaposées en papilles coniques aiguës, et les autres particularités de textures sus-mentionnées, sauf la présence des granules pigmeutaires.
On sait que des tumeurs épithéliales mélaniques analogues à celles de l'orbite se produisent successivement dans la peau, le foie, le poumon , le pancréas , la mamelle, la thyréolde, les glandes salivaires, etc., les muscles rouges {myomélanose. Warren, 1857), les fibres musculaires du cœur et ses tuniques séreuses interne et externe, les tendons, le périoste, les néo-membranes, les os spongieux, les pouri.ons, les reins, les ovaires, la tunique externe des artères , les parois des veines, la muqueuse utérine (Blasius), les muqueuses vésicale (Peulevé) et autres, etc., etc. Lorsque leur siège permet à la vie de se prolonger suffisamment, on retrouve au moins à la superficie de chacune d'elles la structure de la tumeur primitive, pourvu que le ramollissement dont elles deviennent le siège, quand elles atteignent un certain volume, ne s'étende pas à toute leur épaisseur. Le type de celte structure diffère selon que la tumeur originelle a eu pour point de départ les papilles cutanées en général, ou mieux l'épiderme sus-jacent, ou si, au contraiie, elle s'est produite dans le sourcil, la paupière, la conjonctive, la choroïde ou la cavité orbitaJre, Ce type diffère encore lorsque, dans les cas également confondus sous le nom de cancer, cette production successive de tumeurs a eu pour point de départ telle ou telle glande primitivement affectée.
Dans le cas spécial ifui nous occupe ici, ces tumeurs peuvent être colorées partiellement, ou en entier, du gris brunâtre au noir le plus intense. Lorsque la coloration est partielle, ces teintes tranchent plus ou moins sur l'aspect dit encéphaloïde que ])résente souvent le reste de la tumeur. Elles ont aussi la consistance propre aux tumeurs de cette sorte, d'oii Blasius a proposé de les appeler adénoïdes et non mélaniques. La surface de la tumeur ou chacun de ses replis WCT. £AC. 2= s. VI. ^0
402 MÉLANOSE.
en forme de lobules ou de festons plus ou moins réguliers, ont la structure papiliaire décrite plus haut, à saillies formées de cellules fusiformes ou mieux bi-pyramidales, quand la première est d'origine orbilo-oculaire et plus ou moins régulièrement polyédriques, quand les nsevi, les verrues de la surface du corps ou de la plante du pied en ont été le point de départ.
Au-dessous, cette disposition cellulaire se prolonge plus ou moins profondément, vers le centre delà masse, d'une tumeur à l'autre. Là, les cellules sont généralement bien plus grandes que celles qui sont juxtaposées. En même temps, elles sont devenues irrégulièrement polygonales, avec ou sans prolongement des angles, plus ou moins chargées de gouttes graisseuses, ce qui les éloigne souvent beaucoup du type qu'elles ont présenté lors de leur délimitation en cellules par segmentation de la masse ou couche dont elles dérivent. Cela est surtout trèsprononcé dans les tumeurs ramollies. Quand le ramollissement va jusqu'à la fluidité complète avec plus ou moins de viscosité (observations de Lancereaux, Peulevé, etc.), les cellules sont souvent fort rares dans la matière fluide contenant les granules mélaniques. 11 est de ces tumeurs dans lesquelles la partie profonde reste formée de noyaux plus ou moins volumineux inclus dans la matière épithéliale, pigmentée ou non, finement grenue, amorphe, c'est-à-dire non encore segmentée en cellules. Ces productions sont parfois dites nucléaires, parce que les éléments figurés qui les composent sont alors surtout des noyaux libres; ces derniers sont réellement flottants dans une matière demi-liquide, lorsque la masse est ramoUie. Mais dans ces tumeurs nucléaires même, la partie centrale offre seule cette disposition, tandis que la surface est papilleuse.
Ici encore, les cloisons lamineuses interlobulaires, pigmentées ou non, sont seules vasculaires, mais parfois le sont à un haut degré. Tous ces faits concernant la constitution et l'évolution des tumeurs généralisées ou de formation successive, les caractères propres de leurs éléments analomiques, leur mode de génération et d'évolution, qui sont les mêmes que ceux des épithéliums en général, montrent encore que ces tumeurs, qui sont manifestement les plus communs des mélanomes humains, ne sont pas des tumeurs sarcomateuses ou fibro-plastiques.
Mélanose mélaïnique épithéliale du cheval. Parmi les mélanomes du cheval, il en est qui sont analogues à ceux qui viennent d'être décrits chez l'homme et que pourtant toutes les descriptions confondent avec les fibromes pigmentés du premier (p. 340). Elles ne s'en distinguent pas essentiellement par la forme, mais on les voit se généraliser dans les glandes lymphatiques abdominales et thoraciques, es parois de l'aorle, etc. , dans les muscles ou leurs interstices, le foie, etc., avant que celle qui est apparue la première ait pris un volume aussi grand que dans les autres cas des tumeurs fibreuses du périnée. Je n'en ai pas vu qui lobées ou non lussent plus grosses que le poing ou environ. Efles ont pourtant en général pour point de départ comme cefles-ci l'anus, le rectum ou sa muqueuse. En outre la tumeur primitive et celles qui se sont produites successivement sont ordinairement d'un noir grisâtre ou rougeâtre et rarement d'un noir aussi foncé que les fibromes pigmentés. Enfin ces tumeurs sont notablement plus friables que les tumeurs fibreuses de même volume et elles se ramollissent avant d'avoir atteint d'aussi grandes dimensions que ces dernières.
Leur structure intime les distingue du reste de la manière la plus nette. Dans tous les cas que j'ai observés, elle était la même, depuis les plus grosses situées près de l'anus contre le rectum jusqu'aux plus petites disséminées dans les glandes lymphatiques et autres, la tunique externe de l'aorte, etc. Toutes étaient
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constituées, pour les neuf dixièmes environ, par des cellules épithcliales prismatiques, mais oflrant toutes les variétés et les irrégularités de forme qu'on observe dans les tumeurs ou ulcères rongeants du col de l'utérus {voy. Cli. Robin, Sur la muqueuse utérine, in Me'ni. de l Académie de médecine. Paris, 1 861, in-4", p. J 10 et suiv. planche IV, fig. 12 et fig. 13, ab). On voit des cellnles depuis celles qui sont en quelque sorte réduites à leur noyau avec une petite quantité de matière amorphe autour do lui, jusqu'à celles qui sont presque fusiformes, en raquette, étoilées, à bords plus ou moins concaves, ovoïdes, sphériques ou au contraire régulièrement prismatiques, pyramidales ou mênie polyédriques et de la grandeur de celles de la muqueuse intestinale ou plus petites. Toutes ou presque toutes ont un noyau ovoïde, sans nucléole quand il est petit, nucléole, quand il est gros. Quelques-unes sont dépourvues de granules pigmentaires, mais elles sont rares. La plupart en contiennent depuis un petit nombre jusqu'à une quantité telle, qu'il masquent tout à fait le noyau ; celles-ci se présentent en ffénéral sous forme d'un globule sphérique tout à fait opaque ou à peu près. La distribution des granules autour du noyau, d'un seul de ses côtés ou çà et là dans le corps de chaque cellule offre des variétés sans nombre. Ces granules sont presque tous très-fins ; on n'en voit pas dont le diamètre atteigue comme dans les fibromes pigmentés, jusqu'à près de 2 centièmes de millimètre et qui soient alors comme ceux-ci sphériques, ovoïdes ou anguleux et de teinte un peu rougeùtre.
Il y a en outre des granules libres çà et là entre les groupes de cellules, et surtout entre les fibres lamineuses du tissu immédiatement contigus à la masse épitbéliale ou interposé à ses lobules.
Ces cellules se dissocient très-aisément et il ne m'a jamais été possible sur le tissu irais ou durci d'arriver à déterminer leur arrangement réciproque, leur texture, aussi nettement qu'on le peut l'aire sur celles de l'homme {voy. p. 400). 3» Mélanose mélaïnique des épithéliums glandulaires. Pour compléter les données qui précèdent ajoutons que dans divers cas de généralisation des tumeurs épithéliales pigmentées, on peut trouver dans leur voisinage les cellules de l'épithélium des glandes où elles se sont produites (foie, pancréas, rate, etc.,) parsemées ou même remplies de granules pigmentaires. Ces cellules peuvent n'avoir subi aucune autre modification, au contraire les granules peuvent être en assez grand nombre pour les rendre plus grosses en même temps que le tissu est devenu plus ou moins noir. Chez le cheval, que se rencontrent ou non dans les glandes mêmes les masses noires déjà décrites (p. 402), cette production mélanique peut amener une hypertrophie plus ou moins considérable du foie et de la rate en particulier ; j'ai vu dans un cas de ce genre le poids de cette dernière dépasser 10 kilogrammes et le foie presque doublé de volume. Laurens a vu la glande pinéale du cheval pigmentée dans un cas de ce genre. Dans ces circonstances, les cloisons inter-glandulaires de tissu lamineux sont en même temps plus ou moins pigmentées et même épaissies. iNotons que pour les ganglions lymphatiques, outre les cas dans lesquels s'y forment des tumeurs semblables à la lésion cutanée primitive, il en est d'autres dans lesquels les granules pigmentaires se sont principalement accumulés comme le font les granules de charbon {voy. l'art. Lymphatique, p. 450). Ils les colorent et en font augmenter plus ou moins le volume. Les granules mélaniques comme ceux du charbon se ti'ouvent dans les cellules épithéliales des ganglions, dans les corps fibro-plastiques réticulés de leur trame, et surtout à l'état libre entre les épithéliums nucléaires et autres.
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Quand ces ganglions s'abcèdent, le pus qu'ils donnent est rendu noirâtre par des granules pigmentaires (observation de Peulvé). 11 en est de même de la sanie que donnent les mélanomes fongueux ulcérés ; ici en outre il y a des cellules épithéliales entraînées par l'ichor ; ce sang qui s'écoule de la surface de ces ulcérations entraîne aussi ces granulations et ces cellules pigmentées (observations de Dubrueil et Lancereaux).
4° Mélanose viélaïniqiie du tissu médullaire des os. Des tumeurs de même nature que la production primitive peuvent se produire dans le tissu osseux (observation de Damascliino dans la tlièse de Peulvé; etc.), dans les cas de généralisation; mais alors, souvent aussi les granules de mélanine se déposent dans la moelle osseuse et la colorent plus ou moins, et parfois en noir intense.
Girard (cité par Laurens), Trousseau, Leblanc et autres ont vu la moelle des os du cbevaltrès-noircie dans des cas de généralisation mélanotique sur cet animal.
Halliday, Pawdington, Lobstein, Lancereaux et Dubrueil, Damascbind, Peulvé, Nepveu, etc., en citent des exemples chez l'homme, comprenant à peu près tous les os de l'économie, dont le tissu propre est plus ou moins atropliié ou raréfié, suivant l'expression reçue.
On peut constater que la coloration est due à des granules mélaniques, les uns libres, que l'on voit jusque dans les canalicules de Havers, et les autres inclus dans les médnllocelles, qu'ils colorent plus ou moins en brun (Damaschino et Ranvier, dans la thèse de Peulvé).
Notons ici que dans les caries avec expulsion de séquestres noirs, la mélanose osseuse peut être due : 1° à des détritus d'un brun noir foncé, insolubles dans l'acide acétique adhérents aux surfaces osseuses extérieures et à la face interne des canaux de Havers, surfaces nettement limitées au-dessous desquelles tranche par plus de transparence la sub.-tance propre des os. Celle-ci, toutefois, est en général devenue ici plus jaunâtre qu'à l'état normal. 2° La coloration noire peut encore être due à ce que en même temps que se voient les altérations ci-dessus, ou à leur exclusion les ostéoplastes se sont remplis d'une substance grenue, opaque, noire. Ici la cavité seule des cellules osseuses est remplie de cette substance, mais les canalicules radiés qui en partent n'en contiennent pas.
5" Mélanose méldinique du tissu nerveux central. Indépendamment des cas dans lesquels les tumeurs pigmentées de l'orbite se prolongent le long du neri optique ou se produisent successivement sur les côtés de ce nerf, jusqu'auprès des tubercules quadrijumeaux, il est des cas de généralisation mélanique dans lesquels la substance cérébrale est colorée plus ou moins en noir par des granules de cette teinte.
Dans des cas de généralisation de mélanomes ayant pour point de départ un naevus, des verrues ou des tubercules noirâtres de la plante du pied, Behier, Lancereaux, Dubrueil et Peulvé ont observé des tumeurs ou des plaques noires remarquables dans la substance cérébrale, avec ou sans lésion analogue de la piemère. Une fois, Virchow a vu la moelle épinière envahie par une tumeur mélanique de l'arachnoïde.
Dans un fait dû à Lebert, la sérosité ventriculaire était noire (Anat. pathol, Paris, 1857; in-fol.,t. l,p. 121). Les masses mélaniques étaient formées uniquement de granules pigmentaires disséminés dans la matière amorphe cérébrale et entre les éléments du tissu nerveux, sans trace de cellules. Dans le fait de Lancereaux et Dubreuil il n'y avait qu'une tîiche noire de la substance grise, due à la présence de granules pigmentaires dans les myélocytes et dans la paroi des ca-
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pillaires. On voit, par ce qui précède, que l'étude de la constitution intime des lésions raélaniques dans l'encéphale laisse à désirer et doit être reprise, en ayant soin, là comme pour les autres cas, do comparer avec soin la structure de la partie superficielle à celle de la portion centrale des productions morbides.
Pour ce qui concerne la mélanose des centres nerveux du clieval et dn bœuf, voy. p. 587-588.
V. Physiologie pathologique des mélanoses mélamiques. Nous ne connaissons pas nettement quelles sont les conditions qui, dès l'âge embryonnaire, amènent la production des granules de mélanine dans les cellules épitbéliales, dans celles du tissu lammeux et dans les cliromoblastes, soit normalement, soit téralologiquement dans les nsevi. Nous ne connaissons pas davantage celles qui ompéclient ou diminuent sa formation sur les albinos et les animaux à poils blancs ou blonds, pas plus que celles qui, avec l'âge, amènent sa disparition dans les poils. Nous savons seulement que les tumeurs noires d'origine cutanée, oihitaire et oculaire de l'homme se produisent d'après les mêmes causes génér;.les d'hérédité, etc., que les tumeurs dites cancéreuses {voy. Carcikome, partie Clinique), de composition et de texture analogues, et que leur marche est la même bien que souvent plus rapide, il n'y a donc pas à revenir ici sur ce point.
On sait cependant que c'est surtout chez les hommes très-bruns que se montrent celles qui ont la peau pour point de départ, soit spontanément, soit consécutiveraeni; à une lésion traumatique. Toutefois, on ne connaît encore qu'une seule observation (celle de Montgommery, 1844), du moins en Europe, concernant la généralisation de tumeurs mélaniques chez un nègre ; elle survint à la suite d';imputation pour une tumeur de cette variété développée à la plante du pied. En outre, ces productions se manifestent plus souvent sur les adultes ou au delà de cet âge que sur les jeunes sujets, si ce n'est peut-être pour celles de ces tumeurs qui surviennent dans l'œil ou dans l'orbite, et qui ont plusieurs fois été vues sur les enfants (Pemberton et autres). Nous avons déjà dit qu'il est avéré que, quel que soit l'organe dans lequel se montre une des tumeurs pigmentées de cette sorte, son tissu offie toujours une tendance plus prononcée à se propager dans les organes voisins ou à se produire successivement dans un grand nombre d'organes. Les usages de ces derniers sont ainsi troublés, comme ils le sont par les tumeurs analogues non colorées, et la mort survient plus ou moins vite, suivant la nature et le nombre de ceux qui sont affectés, et la rapidité de l'évolution du tissu accidentel.
Quant à la cause même de leur coloration, on ne connaît autre chose que ce qui se rapporte à ce qu'on nomme l'influence du voisinage dans les cas de régénération des tissus et de production accidentelle, et même aussi dans les tissus normaux. C'est ainsi, par exemple, que les couches de cellules épithéliales pigmentées de la choroïde, des procès ciliaires et de l'iris, est séparée de la trame même de ces organes par une couche hyaline tout à fait incolore, non pigmentée, épaisse de quelques centièmes de millimètre, surtout vers l'iris, et dite à tort lamelle élastique. Or l'iris, les procès ciliaires et la clioroïde sont d'autant plus colorés, plus riches eu granules de mélanine, que parlant de leur face externe ou scléroticale, on s'approche plus de la couche d'épithélium essentiellement pigmentée, bien que le tissu propre de ces organes en soit séparé par la lame hyaline précédente. C'est un fait de cet ordre qui semble se manifester dans les cas oùime tumeur adhérente à la sclérotique est noire, bien qu'elle soit séparée d'une tumeur iiitra-oculaire semblable, ou simplement de la choroïde tumescente ou non, par la
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libreuse intacte. Il en est de même naturellement quand il s'agit de tumeurs ayant pour point de départ des nsevi, ou des petites verrues ou tumeurs noires portées depuis longtemps sans accidents, surtout par les hommes bruns.
Quant à l'extension progressive de la formation des granules de mélanine dans le tissu lamineux, autre que celui du système irido-choroïdien, tant dans les enveloppes cérébro-spinales de l'homme, etc., que sur le cheval, le bœuf, le chien, le chat, le lapiu, le rat, la souris, etc., tout ce que l'on sait se rédait à peu de choses en fait.
Pour les animaux, depuis les observations de Brugnone (1781) et de Golettv- Latournelle (1784-1809), puis de Gohier, Rigot, etc., on sait que, contrairement à ce qui s'observe sur les hommes, ce sont les chevaux blancs, gris, café au lait et tachés de blanc qui sont habituellement affectés de tumeurs mélaniques, à compter de l'âge de huit à dix ans. Les poulains mâles et femelles en sont euxmèmies atteints lorsqu'ils proviennent d'étalons portant de ces productions. De là vient qu'il est généralement admis depuis Trousseau et Leblanc (1828), Haycock (1848), que la production des colorations et des tumeurs mélaniques du tissu lamineux du cheval, etc., est la conséquence de la non-production du pigment uoir dans les régions où il se produit normalement, tels que les poils.
Cette production de la mélanine, soit primitive ou hétérotopique, soit secondaire ou métastatique , c'est-à-dire coïncidant avec sa disparition dans quelque autre partie du corps, est admissible, bien qu'on ne sache encore rien de bien précis à cet égard.
Fergusson seul (1852) a cité un cas dans lequel, en une année, les divers poils du corps devinrent blancs pendant la géiiéraHsation de timieurs mélaniques, à la suite de l'ablation d'une tumeur vasculaire sanguine de la région ombilicale. Mais depuis qu'on connaît les diflérences si tranchées qui séparent la mélanine des autres principes colorants de l'économie {voy. p. 576), il n'y a pas lieu de comparer les tumeurs mélaïniques aux produits morbides colorés par rhématosine,etc., ainsi que le font encore quelques auttairs, ni de considérer comme autrefois la production ou le dépôt hétérotopique de la mélanine comme une métastase de la matière colorante du sang, de la bile, des capsules surrénales, etc. II n'y a non plus aucune raison sérieuse de regarder la chromaturie comme une élimination mélanotiqiie.
Nous avons déjà vu, du reste, que l'hypothèse qui veut que toutes les matières colorantes de l'économie, telles que le pigment mêla nique, la bdiverdine, etc., dérivent les unes des autres et de celles des globules rouges en particuUer, n'est prouvée par rien encore, bien que le fait ne soit pas impossible. Mais dans l'état actuel de la science, il est tout aussi probable que ces matières peuvent se former à l'aide et aux dépens des principes du plasma sanguin incolore. Les inverlébres à sang incolore, jaunâtre ou verdàtre, sans globules colorés par l'hémoglobine ou autrement, ont, en effet, de la biliverdine dans leur bile dont la couleur varie du brun au vert foncé, de la mélanine dans leurs taches pigmentées, dans la poche à encre des céphalopodes et dans la couche choroïdienne de leurs yeux. Celle-ci contient, en outre, une matière colorante d'un brun rougeâtre, soluble dans l'acide sulfurique, et ailleurs encore divers principes jaunes, rouges, etc.
H im[)orte, du reste, de signaler ici que la composition élémentaire de la mélanine est, ou bien très-\ ariable, ou encore mal déterminée, malgré que Dressler lui donne pour formule C^*H'®Âz*0* {Untersuchung der Farbstoffes eines melanot. teberkrebses, in Vierteljahr. fur die prakt. Heilk.; gr. in-8°, Prag, t. lY de l'an-
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née 1860, p. 9; et Weiterer Beitr. zin- Kenntniss der... Melanin genannten Pigmente, ibid., t. l de l'année 1869, p. 59). Les intermédiaires omis, les quantités des composants varient en effet d'une analyse à l'autre ; pour le carbone, de 46 (Dressler) à 57 (Scherer) ; pour l'hydrogène, de 4 (Heintz, Dressler) à 5,98 (Scherer); pourTazole, de 7,66 (Dressler) à 13,77 (Scherer), et pour l'oxygène, de 22,71 (Scherer) à 38,71 (Dressler). On ne trouve pas de soufre dans la mélanine, mais elle doime 1 ,47 pour 100 de cendres formées pour environ un cinquième d'oxyde de fer et un tiers d'acide phosphorique. Dressler a bien constaté qu elle ne se décompose pas ou ne se décompose que difficilement par la putréfaction, et qu elleest insoluble dans l'acide sulfurique concentré, fait constaté aussi par Goujon dans mon laboratoire (thèse, 1866). Berzelius a déjà noté qu'elle se dissout lentement et incomplètement dans la solution concentrée de potasse froide; mais elle est soluble dans les alcalis et les carbonates alcalins bouillants, et les acides la précipitent de cette solution (Dressler). L'acide azotique bouillant la dissout en rouge loncé et par l'évaporation laisse un résidu jaune, sans acide picrique. Comme Berzehus, Dressler a encore constaté qu'elle se colore en jaune ou rougeàtre au contact des acides faibles, des acides acétique et chlorhydrique, de l'eau et de l'alcool, sans s'y dissoudre, du moins notablement. Le chloroforme, le sullure de carbone et l'éther, ne la dissolvent pas. Le chlore la décolore en peu de mmutes dans les solutions alcalines, et lentement si elle est en suspension dans un liquide acide (Dressler). L'analyse comparative des matières noires du poumon et des glandes bronchiques, par Dressler , n'a fait que confirmer les résultats des anciennes recherches de Schmidt et Melsens (1844) sur leur nature charbonneuse.
Les tumeurs mélaïniques n'étant simplement que des tumeurs pigmentées, ne développent pas de symptômes qui leur soient propres, ainsi que depuis longtemps l'ont signalé divers observateurs. Toutefois, indépendamment de la gravité plus grande des tumeurs d'origine épithéliale pigmentées, comparativement aux autres, indépendamment du trouble mécanique du jeu des organes causée par les tumeurs mélanotiques du cheval, on peut observer encore d'autres particularités morbides. L'accumulation des granules mélaïniques dans les ganglions lymphatiques en cause l'hypertrophie et trouble leurs usages propres. Il en est de même certainement pour les séreuses infiltrées de ces granules, pour les muscles, les centres nerveux, pour les parenchymes dont les cloisons seules ou en même temps les cellules épithéliales sont dans le même cas. La nutrition ou rénovation moléculaire des éléments anatomiques, remplis on simplement comprimés anormalement par ces corpuscules, doit certainement être troublée, et, par suite, aussi le rôle spécial rempli par eux dans chaque tissu. Déjà Laennec croyait la mélanose capable d'amener graduellement une altération très-marquée de la nutrition, d'oiî résultent la diminntion des forces, l'amaigrissement, l'œdème et même l'hydropisie des séreuses. L'observation de Dupont et Denucé montre d'une manière remarquable la vérité de ces remarques, même pour les cas oîi, sans former de tumeur, la mélanine se trouve répandue dans le tissu lamineux interstitiel etdans les membranes qu'il forme.
Indépendamment de la production de la mélanine en telle ou telle région de l'économie, il faut encore noter ici un fait qui en diffère nettement et qui, en vérité, lui est surajouté. La mélanine formée au sein d'une tumeur peut, en effet, passer dans les lymphatiques, être transportée par eux dans les ganglions, et comme ses granules sont assez petits pour traverser les sinus de ceux-ci, il doit nécessairement en arriver dans le sang. Ce dernier fait semble bien résulter de
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l'onservation (le Dupont et Beniicé; quant au passage des granules dans leslj'tn. phatiques et à leur transport, il est prouvé parleur présence dans ces conduits, Bnbrueil et Lancereaux l'ont constatée d'une manière péremptoire à l'œil nu et au microscope dans les lymphatiques de la jambe du côté oii existait au pied une tumeur mélanotique dont la généralisation avait entraîné la mort.
La mélanose est héréditaire, mais n'est pas contagieuse par le contact des ulcères pendant le coït (Bredin, Gohier, llurtrel d'Arboval, etc.). Gohieret autres ne sont pas parvenus à l'inoculer. Virchow n'a obtenu que des résultats négatifs en plaçant de la mélanose humaine sur des chiens et des lapins. Pourtant Klencke dit avoir réussi à inoculer la mélanose d'un cheval sur un autre cheval et sur un chien.
Mais il est aujourd'hui péremptoirement prouvé par les nombreuses expériences de Goujon que non-seulement les tumeurs épitliéliales peuvent être grefïécs et se généraliser ensuite (thèse 1866), mais encore que la matière mélanique de l'homme exprimée des tumeurs de cette nature encore fraîche et injectée sous la peau des chiens, des lapins, des cobayes, des rats, augmente de quantité dans les points injectés et se propage dans divers organes.
Au bout d'un mois ou deux, la quantité de matière noire, insoluble dans l'acide sulfurique, etc., trouvée à l'autopsie, peut être supérieure de dix fois au moins à celle quia été injectée. Une ou plusieurs véritables tumeurs mélaniques se produisent autour du point oi!i l'injection a été faite. Les ganglions lymphatiques voisins, puis ceux qui sont éloignés dans le thorax, l'abdomen, etc., s'hypertrophient et montrent des granules mélaniques, tant contenus dans des cellules épithélialcs que libres. On en trouve aussi parfois en taches ou en plaques dans le mésentère, dans les cornes de l'utérus et, à la longue, dans le tissu médullaire des os. A partir de la région où a été faite l'injection, il se produit souvent de la mélanine colorant sur une grande étendue le tissu lamineux sous-cutané et intermusculaire et les aponévroses, sans pénétrer dans les muscles. Les animaux vivent ainsi pendant des mois sans souffrir, et c'est après les avoir tués qu'on trouve les organes ainsi pigmentés (Goujon, 1867). En injectant du pigment oculaire pris dans des yeux de lapin et de bœuf très-frais, on obtient des résultats tout à fuit analogues aux précédents.
Pour tous les cas dont il a été question précédemment, on ne connaît encore aucun moyen d'empêcher la production anormale du pigment mélaïnique, non plus que d'en arrêter ou en faire l'étrograder le développement une fois qu'il est commencé. - Ch. Robin,
BiiiLioGRAPiiiE. — Outres les ouvrages cités dans cet article, voyez les traites et les ouvrages touchant l'anatomie patholog-ique, etc., de Cfuveilhiek, LoBsiEm, Alibert, Axdrai, Carswell, Meckel, J. Muller, Vogel, Lebert, Gluge, E. Home (1850\ H. Bennett, Paget, Roki- TANSKY, BiLLROTu, FÔRSTEB, Anger ; les articles MÉLANOSE des divers Dictionnaires de médecine, la bibliographie des art. Bronzée [maladie] , MELii;NA, Mélanémie, de ce Dictionnaire et prefque tous les vol. des Bulletins de la Soc. anatomique de Paris et les Traités des maladies des yeux. Les journaux de médecine anglais et autres contiennent pour la plupart dans chacune de leurs années, une ou plusieurs observations de mélanoses de tel ou tel organe en particulier, dont par suite l'indication ne doit être donnée ici. Voyez de plus: \\v%w%. Laurentii Eusii Hippiatria. Parisiis, '1551, p. 152. — Vegetius Renatus. Vegetii Renati artis veterinar., Lïh. Mannhemii, ITSl, lib. I, cap. 50. — Morgag.m. De sedibiis et causis per anat. indagatis. I.ugduni Bat., 4707, lib. IF, Epist. xvn, art. 15, p. 53. Epist. x.\n, art. 21.— MoiiTON. Phlhisiolog . Lib, II, c, ii. — Haller. Opusc. pathol., obs. 17. — Higiimore. Disquisitio corp. hum. anatomica, 1651, p. 73. — HExra, De abccRni mesenferii. Halœ, 1712. — Haller. Diss. med. pract., t. III, p. 516. — Lorry. De melancholia et morbis mclancholicis. Lutetiae Paris, 1765, t. I, p. 325. — Gouier. Mémoires et observations sur la chirurgie et la
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9IÉLANOTRIQL'ES (de [a^ocç, noir et ôpt?, cheveux). Types humains à cheveux noirs \yoy. Pileux (système); voy. aussi Liotriques].
MÉLANTHACÉES. Ce uom a été donné par un certain nombre de botanistes, Robert Brown, Lindley, EndHcber, etc., à la famille des monocotylédoues, que l'on désigne plus communément sous le nom de Colchicacées ivoy. ce mot).
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]MÉLA\THIOI. C'est actuellement le nom d'un genre de la famille des Mélanthacées ou Colchicacées, qui ne présentent pas d'intérêt particulier au médecin.
Chez les anciens, ce mot était appliqué à diverses espèces de Nigelles, plantes de la famille des Renonculacées. Le Mc).«v9tov d'Hippocrate et de Dioscoride se rapporte très-probablement au Nigella saliva L. Les auteurs du seizième 'siècle, Matthiole, et après lui Clusius, les Bauhin, Lobel, etc., appliquent ce nom aux Nigella saliva L., N. DamascœnaL., N. arvensis L. {voy. Nigelle).
LiNNÉE. Gênera, n" i5i. — Endi.icher. Gênera, n° 1073. — JIippocbate. Slerilit., 075. ~
MELASTOMACEES- 411
DioscoRiDE. Mat. medic, III, 95. — Mathiole. Comment, de Dioscoride. Lib. III, cap. 93. — , Sprengel. histor. Rei Lerb. I, 45, 171, 541. Pl.
MÉLtlVURÉîWIQllE (Acide). (C 11* Ag*0*). Par l'action prolongée de la chaleur sur l'urée, ce corps se décompose en acide cyanurique et en acide mêlanurénique. Le premier de ces acides est éliminé par l'eau boudlante dans laquelle il est soluble, et il reste une poudre blanche, insoluble dans l'eau, soluble dans les alcalis et dans les acides ; en faisant bouillir ces solutions pendant quelque temps, l'acide mélanurénique se décompose en acide ganarique et ammoniaque.