‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.58Chapitre 17 sur 50 · LUTZ · texte numérisé non relu

LUTZ

MÉLAIVIJRIIVE ou MÉLAIVOIJRIKE. Braconot a donné ce nom à une matière noire, très-soluble dans les acides affaiblis, trouvée par lui dans une urine dont il avait retiré la cyanurine {voy. Cyanurine). D.

jnÉLASME. On donne ce nom à des taches qu'on observe fréquemment chez les vieillards, plus particulièrement aux jambes, et qui consistent dans une desquamation noirâtre de l'épiderme. On a rattaché cette lésion au pityriasis (voy. Pityriasis), D.

MÉLASSE. Quand, par la pression de la canne à sucre, on a obtenu le vesou (([ui est une solution aqueuse de sucre), on soumet celui-ci à diverses opérations qui seront décrites ailleurs, puis on le verse dans des tonneaux munis de robinets, où il se refroidit, en déposant des cristaux. Les robinets, ouverts, laissent écouler U!i sirop, qui est cuit de nouveau et remis dans les tonneaux à plusieurs reprises. Quand il ne donne plus de cristaux, il est devenu épais et noirâtre. C'est ce qui conslitue la mélasse.

La mélasse n'est guère employée en médecine que dans les lavements, auxquels elle communique des propriétés laxatives (de deux à quatre cuillerées à soupe pour un adulte). Cependant quelques personnes en mêlent une petite quantité au café au lait. D.

MÉLASSIQtîE (Acide). Acide brun formé par l'action des alcalis caustiques, à chaud, sur la glucose. En neutralisant le liquide par un acide, l'acide mélassique se précipite sous forme de tlocons noirs, insolubles dans l'eau, solubles dans l'alcool. P. ScH.

jHÉLASTOmACÉES. Famille de dicotylédones, voisine des Myrtacées, comprenant des plantes rarement herbacées, le plus souvent des arbustes ou des arbustes à leuilles opposées ou verticillées, d'ordinaire très-belles, marquées de 3, 5 ou 7 nervures longitudinales, réunies parmi grand nombre de petites nervules transversales. Les fleurs sont régulières, hermaphrodites. Elles ont un calice gamosépale, libre ou soudé à l'ovaire; une corolle à pétales en général tout à fait distincts, insérés sur la gorge du calice ; des étamines, en nombre égal ou double, dont les anthères sont longues, d'ordinaire attachées par la base au sommet du filet et s'ouvrant généralement par des pores, quelquefois par des fentes longitudinales. L'ovaire est bi ou pluriloculaire, ou devient uniloculaire par la disparition des cloisons. Il contient de petits ovules nombreux. Le fruit, renfermé plus ou moins complètement dans le tube du calice, est sec ou charnu, se rompant irrégulièrement ou s'ouvraut par des valves loculicides. Il contient des graines à testa coriace, à embryon sans albumen.

415 MÊLASTOME.

Cette famille ne donne que Irès-peu de plantes utiles à la médecine. On en a cité cependant un petit nombre dans les auteurs, qui appartiennent presque toutes aux Melastoma de Linnéc, mais qui se distribuent aujourd'hui dans divers genres de la famille, et particulièrement dans i'un des plus nombreux en espèces, le genre Miconia.

EsDLicHER. Gênera Plant., 1203. — Naitin. Annal Scienc. Satiir., o" série, \II et XVIII. TnuNA. Les Mélostomacées. In Transactions of t/ie Linnean Society of London. XXVIII.

Pl.

1HÉLAST09IES, il/e/fls^oma Burmann. Genre de plantes Dicotylédones, qui donne son nom à la famille des Mélastomacées. Ce genre, établi par Burmann pour une espèce de Ceylan, fut étendu outre mesure par Linnée et les botanistes qui le suivirent immédiatement. On y fitentrer successivement toutes les Mélaetomacées à Iruit charnu. Don, R. Drown, de Candolle, etc., le restreignirent dans ses vérilables limites, et, tel qu'on le comprend aujourd'hui, il ne contient que des plantes de l'Asie tropicale et de l'Archipel océanien, présentant les caractères suivants :

Calice à tube ovoïde, couvert de poils, de soies ou de paillettes, surmonté de 5 lobes, plus rarement de 0-7, caducs. Cinq jn'tnles alternant avec les lobes du calice. 10 ét;!mines, plus rarement 12 ou 14, très-inégales; les grandes étamines ayant des anthères très-longues, violacées, dont le connectif, prolongé inl'érieuremenl, forme à l'anthère une sorte de support très-développé, arqué, portant à la partie antérieure de sa base deux lobes, tubercules ou éperons. L'anthère elle-même est linéaire, subulée, le plus souvent recourbée, et formée de 2 loges ondulées sur le bord, s'ouvrant par un pore termnial. Les petites étamines ont des anthères jaunes, à connectif non développé en support basilaire. L'ovaire est libre, ou plus ou moins rattaché au tube du calice par 5 cloisons. Le fruit est une baie coriace ou chariuie, qui se rompt irrégulièrement. Il contient de petites semences sans albumen.

Les Melastoma sont des plantes ligneuses, généralement des sous-arbrisseaux ou des arbrisseaux ; une seule espèce est herbacée et rompante. Dans le genre, tel qu'il est limité aujoiîrd'hui, il ne reste guère qu'une espèce qui puisse intéresser la médecine, c'est le Melastoma malabathricum L., qui est très-répandu dans les Indes orientales et dans l'archipel Indien. C'est la plante qui a servi de type pour l'établissement du genre. Elle forme un arbrisseau d'élévation médiocre, dont les rameaux portent des feuilles ovales lancéolées, entières, à 5 nervures longitudinales, dont 5 plus marquée? que les autres. Ces feuilles sont couvertes des deux côtés, surtout à la face inférieure, de poils courtS; roussàtres, qui les rendent rudes au toucher. Les fleurs sont- grandes et belles, de couleur pourpre. Les fruits sont sphéiiques, charnus, ayant une pulpe d'un rouge noirâtre, que mangent volontiers les enfants. Ils teignent la bouche en noir, à la façon de nos mjTtilles ; de là l'étymologie du mot mélastome {ailaq, noir; <776v.a, bouche; bjuche noire), appliqué par Burmann à tout le genre.

On a utilisé la couleur noire des fruits pour la teinture du coton. Quant aux feuilles, elles sont astringentes et employées à ce titre dans les diarrhées et aussi eu injections contre les pertes blanches.

Nous avons vu que le genre Melastoma avait été singulièrement restreint depuis les botanistes liunéens. Il en résulte qu'un certain nombre d'espèces, ayant un intérêt médical, qui étaient jadis des Melastoma., rentrent maintenant dans

MÉLÈN'E SLLFIDE. 413

d'autres genres. Nous allons les indiquer ici, en les rapportant à leur véritable groupe. iSous renverrons, pour un certain nombre, celles qui ont le plus d'importance, au genre auquel elles appartiennent. Pour les antres, qui ne méritent point un article à part, nous indiquerons brièvement lenrs propriétés. Un grand nombre d'espèces américaines, décrites surtout par Aublet, font maintenant partie du genre Miconia, un des plus riches en espèces de la famille des llélastoniacées. Ce sont les Melastoma a/ato Aublet; M. holosericea L. ; .)/. lœvigata Aublet; M. longi folia Xuhlet; M. parviflora Xnhlet; M. TamoneaSvf., et il/, theœzans Bonpl. {voij., pour ces espèces, au mot Miconu).

Le Melastoma Tococa Desr. est le Tococa giiyanensis Aubl. {voy. Tococa).

Parmi les autres espèces, un ceitain nombre d'anciens Melastoma donnent des fniits comestibles. Ce sont :

Le Melastoma arboy^escens d\Kuh\e[ , qui est de\em\\e Loreya arborescens DC, et dont les fruits portent à la Guyane le nom de Mêle ;

Le Melastoma flavescens Aubl,, qui est actuellement le Henrietella flavesceiis Triana ;

Le Melastoma succosa Aubl., dont le fruit porte à la Guyane le nom de caca Henriette; c'est maintenant ÏHenriettea succosa DC. ;

Le Melastoma guyanensis Poiret, Majeta giiyanensis Aubl. -,

he Melastoma spicata kuh]., Clidemia depeiidens Don ;

Le Melastoma elegans Aubl., Clidemia hirta Don.

Toutes ces espèces sont de la Guyane et des contrées adjacentes.

Parmi les espèces employées comme médicament, nous citerons le Melastoma grand i flora Xi\h\., qui est à présent le Rhincanlhera grand i/lora DC. C'est une plante de 5 à4 pieds de hauteur, à feuilles cordiformes, dentées eu scie, ciliées, ayant 7 à 8 nervures longitudinales. Les fleurs sont assez grandes, d'une couleur violette. Elles sont paniculées et ont 10 étamines,dont 5 avortent et restent trèscourtes; 4 sont longues, et une cinquième est encore beaucoup plus développée que les autres. Le fruit est une baie rongeàtre.

Les fleurs de cette espèce sont employées, aux. Antilles, en infusions émollientes contre la toux. Les feuilles et toute la plante, e:vcepté les pétales, laissent découler une liqueur visqueuse et balsamique, dont l'odeur est agréable. Les fruits verts peuvent remplacer le verjus : ils sont doux, rafraîchissants, et donnent un sirop agréable qu'on utilise dans les diarrhées et les coliqnes bilieuses. Leur suc, mêlé à celui du citron, fait un très-bon gargarisme.

Signalons encore le Melastoma hirta Desr. {Heterothricum angustifolium DC), dont les fruits sont comparés aux groseilles d'Europe, et dont le suc, mêlé à celui du limon, est aussi employé dans les cas d'angine, de diarrhées et de fièvres de mauvaise nature.

Bi'FMANs. Flora Zeylania, 72. — Brown' (R.). Tuckeij Congo, 43i. — Dox. Mém. Wern. Soc. IV, '281. — De Gaxdûlle. Prodromus. III, p. 14i et Mémoire sur les Mclaslomacées , p. 53. — ExDLicHER. Gênera Plant., n" (3219. — Benthaji et IIooker. Gênera. Plant., p. 746. — Tbiaxa Les Mélastomacées. In Transactions of tlie Linnean Society of London , XXVIII, p. 59. — AiDLET. Plantes de la Guyane, I, 414. — Descourtilz. Flore médicale des .Antilles, V. p. 157, pi. 545, et VII, 293, pi 521. Pl.

MÉLÉIIVE SULFIDE. Résidu sulfuré obtenu sur d'autres produits par l'action de la chaleur sur l'aciJe persulfocyanhydrique. Se présente sons terme d'une poudre brune ou jaune. P« Scu.

m MELETTE.

MELETIUS. C'était un moine de Tiberiopolis, eu Phiygie. On ne coimiiit pas exactement l'époque à laquelle il vécut. On peut cependant la fixer vers le huitième ou neuvième siècle, puisqu'il cite Stephanus, d'Athènes, qui llorissait sous Héraclius (vers 620). Du reste, il parle de lui-même à la troisième personne. Nous avons de cet auteur un traité en grec {li-.pl r/j; toO «v^owttou Tiaou- (7JCÎUÀÇ, Sur la structure de l'homme) qui est surtout l'œuvre d'un compilaleûr et il ne pouvait guère en être autrement à cette époque. Le texte grec a paiu pour la première fois dans les Anecdota grœca de Cramer (Oxford, 1836) ; in-8', édition peu correcte, dit-on. Petreius de Corcyre en avait donné une traduction latine au milieu du seizième siècle, publiée avec quelques autres ouvra-'-es, de. Polémon, d'Hippocrate, etc., sous le titre : Meletii phÛosophi de natura, structuraque honiinis opiis. Polemonis, etc.. Omniahœc non prius édita. Venetiis, 1552, in-4°. Ritschel, en 1837, fit paraître le commencement de l'ouvrao^e de Meletius : Meletii commentarius de natura honiinis, etc. Vratislaviae, 1837, in-4''.

Suivant Haller, il existe, dans les bibliothèques, plusieurs manuscrits de Meletius E.Bgd.

mELETTE. Genre de poissons malacoptérygiens de la fomille des Clupes, peu diflérent de celui des Sardines, et dont nue espèce propre à l'Océanie est susceptible, dans certaines circonstances, de devenir vénéneuse au point d'occasionner la mort, ce qui l'a fait appeler Melelta vencnosa.

La melette vénéneuse diffère peu de la sardine par ses caractères extérieurs, mais elle se reconnaît à une bande latérale verdàtre se fondant insensiblement avec la couleur argentée du reste du corps. Cette raie s'étend depuis le dessous de la pectorale jusqu'à l'aplomb postérieur de la deuxième dorsale. L'oeil est entouré d'un cercle jaunâtre.

Ce poisson visite les côtes de la Nouvelle-Calédonie, et c'est dans ces parao-es qu'ont été constatés les cas d'empoisonnement enregistrés dans la science. Ces accidents ont eu particulièrement lieu à bord du Câlinât et du Prony, bâtiments français qui ont fait partie de la station des mers du Sud.

M. Lacroix, chirurgien-major du Catinat, a rédigé, à propos des cas d'empoisonnements qu'il a observés, un rapport qui a paru dans la Revue coloniale pour le mois de mars 1856.

On doit aussi à M. Reymonens et à M. Meunier, également chirurgiens de la marine française, des détails sur le même sujet.

Cinq hommes du Catinat ont péri par cette cause. L'autopsie de l'un d'eux a permis de constater la présence de plaques rougeàtres sur la membrane de l'estomac.

Chez tous les malades, le pouls devenait lent et concentré, et il y avait du délire» Parfois une paralysie partielle des membres apparaissait. Les autres symptômes consistaient en vomissements, crampes dans les membres, dilatation de la pupille et céphalalgie intense.

Comme il y avait quelque analogie entre les symptômes observés et ceux produits par la loelladone, on a prescrit des excitants, tels que l'alcool et surtout le café, traitement qui a réussi pour quelques malades.

Des naturels qui mangèrent des mêmes poissons à bord du Catinat furent également empoisonnés, et deux d'entre eux moururent ; mais il est à croire qu'ils étaient au nombre des hommes qui s'étaient bornés à faire griller les melettes. Lorsque l'on fait bouillir ces poissons dans l'eau, ils sont en eifet sans inconvé-

MELEZE (botanique). 4i5

nient, ou ne produisent qu'une légère indisposition. Or les naturels les font cuire anisi, après les avoir enveloppés dans des feuilles de bananier. Ils ont d'ailleurs bien soin de jeter l'eau qui a servi à cette préparation culinaire, parce qu'elle s'est chargée du principe toxique. Les hommes du Calmât dont on a eu à regretter la mort avaient tons mangé les melettes simplement grillées. P. Gervais.

MÉLÈZE. § I. Botanique. Larix. Tournefort, suivant en cela les auteurs de la Renaissance, avait sous le nom Larix, établi un genre spécial dont le type était notre Mélèze, et ce genre a été adopté, après lui, par un certain nombre de botanistes. La plupart, cependant, font entrer actuellement le Mélèze dans les f^enres voisins; quelques-uns, dans les Abies; d'autres, donnant au genre Pinus, la large extension que lui attribuait Linnée, comprennent sous ce nom les Cèdres, Mélèzes, Sapins et Pins proprement dits. Quoi qu'il en soit, et qu'on considère les Larix comme genre spécial, ou comme une simple section du grand genre Pinus, on les reconnaît aux caractères suivants : les feuilles sont caduques, annuelles, et laissent l'arbre dépouillé en hiver ; les cônes sont latéraux, ont des écailles minces, non épaissies au sommet, sans ombilic comme celles des Pins proprement dits. Les fleurs mâles sont en chatons isolés et non fascicules

Une seule espèce, notre Mélèze d'Europe, mérite par ses produits l'attention du médecin. C'est le Larix decidua Mill. {Larix europœa Desf., Abies Larix Poir. Pinus Larix L.). Il s'élève à une hauteur considérable, qui peut atteindre 100 pieds. Son tronc est droit, cylindrique, et porte des rameaux qui, par leur eiisemble, forment une couronne pyramidale. Ses feuilles sont étroites, linéaires, pointues dans le jeune âge, devenant obtuses plus tard. Elles naissent d'abord par faisceaux de bourgeons écailleux et globuleux, et deviennent alternes par l'allongement du bourgeon en rameau. Ces feuilles tombent en hiver, et donnent ainsi au Mélèze cet aspect dépouillé, qui le distingne des conifères voisines. Les chatons mâles sont petits, globuleux, épars sur les rameaux, ainsi que les chatons femelles. Les bractées de ces derniers sont m.unies d'une assez longue pointe, qui dépasse de beaucoup les écailles qui sont à leur aisselle. Les cônes sont ovoïdes, petits, n'ayant que 5 centimètres de longueur, et formés d'é« cailles Lâches, arrondies, obtuses à l'extrémité.

Le Mélèze croit sur les Alpes suisses et françaises, où il s'élève jusqu'au voisinage des régions alpines, à plus de 5,000 pieds au-dessus du niveau de la mer. On le trouve aussi dans les Apennins, en Allemagne, en Russie et en Sibérie. Quelques auteurs ont décrit, comme une espèce particulière, le Mélèze qui croit dans l'empire russe [L. sibirica, Ledeboiir). Mais il paraît n'être qu'une simple variété de notre Mélèze ordinaire.

Le Mélèze donne un bois rougeàtre, serré, qui est capable de résister plus longtemps que celui du sapin aux intempéries des saisons. Aussi, l'emploie-t-on souvent comme bois de construction. L'écorce, surtout dans les jeunes branches, contient du tannin et est quelquefois employée en Suisse à la préparation des cuirs.

Comme la plupart des conifères, le Mélèze donne une exsudation oléo-résineuse, une térébenthine. Ce produit très-estimé, qu'on emploie, pour l'usage interne, de préférence aux produits analogues, porte le nom de Térébenthine de Venise {Terenthina veneta seularicina). Elle découle en très-petite quantité parles fissures naturelles de l'écorce. Mais on l'obtient en assez grande abondance, en faisant avec une tarière des trous qui pénètrent à travers les couches ligneuses jusqu'au centre mêm^du tronc. Un pied de Mélèze peut donner ainsi, eu moyennej

lï(j MÉLIA.

3 ou 4 kilogrammes de produit, et cela, pendant 40 ou CO ans (pour les caractères do la Térébenthine de Venise, voy. le mot Térébenthine).

Eu outre, le Mélèze domie sur ses feuilles et ses jeunes rameaux une exsudation blanchâtre, sucrée, qui suinte, surtout, pendant les temps chauds et secs, et que l'on nomme Manne de Briançon {voy. le mot .Ma^ne).

Enlin, c'est sur le tronc des vieux Mélèzes que croit le champignon, connu sous le nom d' Agaric hlanc, et qui appartient au genre Polyporim {voy. Polypore) .

Bai-bin (J ). Hist. Plant., I, pars 2, p. 2G5. — Tournefort. Inslitutione.i, 586. — IrsytE. Specics, 1420. — De Gandolle. Flore de France, lll, 277. — LAUAncK. Illustrât., tab. 785, fig. 2. — ExDLicHER. Gênera Plant., n" i795. — Otto Bebg. Dar.stellung und Besc/ireibungder officinellen Gewâc/tse. XI Bd. — Gcibourt. Drogues simples, 6^ édit., II, p. 248. Pl.

§ II. Emploi médical. Le bois de mélèze est employé, comme d'autres bois résineux , à administrer les hains de vapeur térébenthines {voy. Bai.ns MÉDICAMENTEUX, p. 225). G'ost du uiélèze que provient la térébentliine la plus estimée pour l'usage interne et qu'on connaît sous le nom de térébenthine suisse ou térébenthine de Veiiise, parce qu'on l'extrait surtout dans la Suisse-Savoie et sur le littoral de la mer Adriatique. On l'appelle aussi térébenthine fine.

L'extraction se fait en perçant le tronc de l'arbre avec une tarière. La résine qui s'écoule est conduite dans un vase par une gouttière faite généralement d'écorce. C'est, du reste, en traitant spécialement de la térébenthine qu'il sera question de sa préparation {voy. Tériîbenthine). D.

MÉLÉZITOSE. Nouveau principe sucré découvert par M. Berthelot dans la manne de Briançon. On l'en extrait facilement à l'aide de l'alcool bouillant. Elle est très-soluble dans l'eau, l'alcool froid la dissout à peine, elle est un peu plus soluble dans l'alcool bouillant, et s'en sépare parle refroidissement en petits cristaux brillants qui s'effleurissent à l'air, en perdant Teau de cristallisation. La liqueur cu['ro-potassique n'est pas réduite par la mélézitose. L'acide sulfuriqu: étendu et bouillant la convertit en glucose. Mêlée à de la le\njre de bière elle fermente, mais seulement après avoir été transformée en glucose.

MÉIilA. Genre de plantes qui a donné son nom à la famille des Méliacées et dont les caractères sont les suivants. Les Melia ont les fleurs hermapbrodites et régulières, avec un réceptacle convexe, un calice quinconcial et une corolle de (inq pétales, imbriqués ou tordus dans la préfloraison. Lesétamines sont au nombre de dix, monadelphes; tous leurs filets étant réunis en un tube cylindrique et dressé. Supérieurement, ce tube porte dix anthères introrses, biloculaires , déhiscentes par deux fentes longitudinales et, plus extérieurement, une vingtaine de petites dents. Le gynécée est formé d'un ovaire supère, surmonté d'un style à sommet dilaté en tête, stigmatilère, partagé en lobes égaux en nombre à celui des loges de l'ovaire. Celui-ci est entouré, à sa base, d'un disque glanduleux, charnu, et il renferme cinq loges opnositipétales, contenant chacune deux ovules, aisérés dans l'angle interne, descendants, anatropes, avec le micropyle supérieur et extérieur. Le fruit est une drupe dont le péricarpe peu épais recouvie une ou plusieurs graines à albumen peu abondant, entourant un embryon charnu. Les .1/e/ia sont des arbres ou des arbustes, à feuilles alternes, composées ou décomposées, peiuiées, sans stipules. Leurs fleurs sont réunies dans l'aisselle des feuilles, en cymes bipaies composées, fort raniiliées. L'espèce la plus couuue qui se cultive

MELIANTHUS. 417

souvent dans nos jardins, surtout dans le Midi, est l'Azédérach, originaire, croit-on, de l'Asie, et souvent appelé Lilas des Indes, de la Chine, Arbre saint, Arbre à chapelets, Laurier grec, Lotier blanc, Margousier, Patenôtre, Cyrouenne, Faux- Sycomore. C'est \e Melia Azederach, L. {Spec, 550), espèce à feuilles bipennées, avec des folioles lisses, incisées, subquinées. Ses fleurs sont violacées. Ses feuilles sont employées en décoction (sous le nom à' Aria bepou dans l'Inde), comme astringentes, stomachiques. Son écorce intérieure (Cortex Azederach de la pharra. améric), ses fruits, sa racine sont vermicides, et guérissent, dit-on, du teeuia, des ascarides lombricoïdes. Les fruits passent pour vénéneux ; cependant on assure qu'à la Caroline les enfants les mangent sans inconvénient. Leur pulpe sert à l'extraction d'une huile employée pour l'éclairage et la peinture. Les noyaux servent à fabriquer des chapelets. Les feuilles sont employées en teinture. Le bois est usité en ébénisterie. On dit aussi qu'à forte dose, cette plante est purgative, que son écorce guérit les angines chroniques, les douleurs hystériques, les diarrhées, etc. On aattribué les mêmes vertus au M. sempervirens, Sw. {FI. ind. occ, U, 737), qui était pour Linné une variété américaine de l'Azédérach, et qu'on nomme vulgairement Li/as des Antilles. Le M. Azadirachta L. (Spec, 550), dont on a fait un genre, sous le nom à' Azadirachta indica A. Jdss. (in Mém. Mus., XIX, 220, t. 13, fig. 5), est aussi un vermifuge usité dans l'Inde. Son ccorce estamère, astringente, tonique; elle sert au traitement de l'hystérie et des fièvres d'accès, sous le nom de JSeem ou Nimba. Ses fruits fournissent en abondance une huile {Oleum Margosœ), qui sert à l'éclairage; la plante s'emploie aussi en teinture. On a vanté le M. Azadirachta comme spécifique du choléra ; mais il est probable qu'il n'agit que comme astringent et anti-diarrhéique.

L., Gen., n. 516 (pari). — G^rtn., De fruct., II, 474 (part.). — Gavan., Dissert., t. 207. — Endl., Gen., n. 5520. — Guib., Drog. simp., éd. 6, III, 586. — Lindl., Fl. méd., 151. — BENTu.et HooK., Gen. plant., l, 332. — Rosexth., Syn. plant, diaphor., 765. — H. Bx, ia Payer Fam. nal., 404. H. Bs.

inÉLIACÉES. Famille de plantes Dicotylédones, qui appartient à la série des polypétales hypogynes et que caractérisent principalement : un calice peu développé, un disque de forme variable, des étamines souvent (mais non constamment) monadelphes, à anthères stipitées ou sessiles, portées sur le tube commun, un ovaire entier à plusieurs loges, des ovules ordinairement géminés dans chaque loge, avec le micropyle extérieur et supérieur. Ce sont des arbres et des arbustes, à feuilles sans stipules, généralement alternes, composées-pennées, plus rarement entières. Cette famille comprend comm^ subdivisions principales ; le Méliées, les Trichiliées, les Cédrélées et les Swié^C^niées ; les genres utiles en médecine qu'elle renferme, et qui seront étudiés ioolément, sont les Azédérachs (Melia), Carapa, Cedrela, Guarea, Khaya, Syietenia, Trichilia, etc. (voy. ces mots).

H. Bn.

J., Getï., 265 [Méliées], in Mém. Mus., III, 436 [Méliacées]. — DC„ Prodr., I, 8l9. — Em., Gen. , 1046. — H. Bx, in Payer Fam. nat., 404. H. Cn.

MELIâTVTHfJS. Genre de plantes Dicotylédones, dont on a fait le type du petit groupe des Mélianthées, placé près des Zygophyllées par un certain nombre de botanistes, par d'autres près des Gérauiacées et des Sapindacées.

Les Melianthus sont des plantes ligneuses, à feuilles alternes, pinnées avec impaire, à folioles dentées, inaquilatérales, accompagnées de stipules libres ou soudées en une seule. Les fleurs disposées en grappes a.xdlaires ou terminales, Dic:. E.\c. 2' s. VI. ■'^7

418 MELICOCCA.,

ont : un calice à cinq divisions profondes et inégales, dont deux grandes, antérieures, une postérieure plus petite, deux latérales presque linéaires; qiiatre pétales insérés des deux côtés des sépales latéraux autour d'une glande considérable; quatre étamines, dont deux postérieures, soudées par leur base, opposées aux sépales latéraux, deux antérieures libres, opposées aux sépales antérieurs; enfln, un ovaire excentrique, à quatre loges.

Les Mélianthus sont des plantes du Cap, dont la principale espèce Melianthus major, L., a été depuis le dix-septième siècle transportée dans nos jardins. Cette plante est remarquable par sa tige de 5 à 6 pieds de haut, ses grandes feuilles atteignant, parfois, 1 pied de longueur, à pétiole commun ailé, à folioles grandes dentées en scie, enfin, à stipules réunies en une seule, ayant jusqu'à 2 pouces de longueur. Toutes ces parties sont de couleur glauque. Les fleurs sont en Tappes terminales d'une couleur rouge pur ou teinté de verdàtre.

Le Melianthus major, qu'on appelle aussi fleur miellée ou Pimprenelle d'Afrique, laisse découler en abondance du disque nectarifère de ses fleurs une sorte d'exsudation noirâtre, mielleuse, qui se répand jusque sur les feuilles. Cette liqueur a une saveur qui n'est point désagréable. Elle est recherchée par les iïottentots, qui habitent les environs du Cap, et est réputée cordiale, stomachique et nourrissante. C'est cette sorte de miel qui a valu au genre le nom qu'il ijorte [liûi, miel, av9o;, fleur). Quant à la plante elle-même, elle a dans toutes ses parties une odeur fétide, vireuse, qui rappelle celle du Datura Slramonium.

Le Melianthus minor, L. , qui n'est ni glabre, ni glauque, dont les stipules sont distinctes et très-étroites, dont les grappes de fleurs sont axillaires, a également une odeur vireuse, plus prononcée même que celle du Melianthus major.

TocRSEFORT. Institutioiies, 245. — De Candoixe. Prodromus, I, 708. — Linnée. Gêner. 795. — Ekdlicher. Gênera, n° 6045. — Plaschon (J.-E.). Tratisact. Linnean Society, XX, 414, tab. '20,. — lig. 1-14. Bektham et Hooker. Gênera Plant. I, p. 412. Pt.

mELICA, L, Nom d'un genre de Graminées, qui n'a pas d'intérêt pour la médecine. Ce nom a été aussi appliqué au Sorgho par quelques auteurs anciens {voy. Sorgho).

BIÉLICÉBIS (de ptsXzïjpov, rayon de miel). Espèce de loupe constituée par l'accumulation à l'intérieur des follicules pileux d'une matière ayant l'apparence du miel {voy. Loupes). D.

MEUCOCCA L. C'est le nom d'un genre de la famille des Sapindacées. les quelques espèces qui composent ce genre, sont des arbres glabres, à feuilles pinnées, ayant deux à trois paires de lolioles opposées, membraneuses. Les fleurs sont en longues grappes, ou en panicules. Elles sont régulières, à quatre ou cinq pièces au calice et à la corolle, à huit ou dix étamines. Les fruits sont des espèces de drupes ovoïdes, à noyau crustacé, uni ou biloculaire, contenant dans chaque loge une seule graine, dressée, à testa coriace, entourée d'un arille pulpeux. L'amande est composée d'un embryon à cotylédons épais, sans albumen.

On mange la pulpe des fruits d'une espèce de ce genre, le Melicocca bijuga, h., qui croît dans l'Amérique tropicale. Cette pulpe a une saveur un peu acidulé et sucrée, d'où le nom de fruit mielleux {y.éh, v.oy.-aoz), donné au genre tout eutier. L'amande a un goût acerbe, mais qui disparait lorsqu'on la rdtit : elle devient alors bonne à manger.

On a rapporté à ce même genre, sous le nom de Melicocca diversifolia , une plante qui croît spontanément dans les forêts de l'île Maurice, où on l'appelle Bois

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