‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.58Chapitre 19 sur 50 · C8KH08 = G»H6K0H · texte numérisé non relu

C8KH08 = G»H6K0H

MELLITATES d'ammoiviaque. On en connaît deux : le sel neutre et le sel acide. Le premier s'obtient en faisant digérer la mellite (mellitate d'alumine), en poudre fine avec du carbonate d'ammoniaque. En faisant bouillir au contact de l'air une solution coucentrée de mellitate neutre d'ammoniaque, de l'ammoniaque se dégage et il se forme un sel acide beaucoup plus soluble. Les melli. tates métalliques, autres que les alcalins, étant insolubles, ou très-peu solubles dans l'eau, peuvent être obtenus facilement par double décomposition. On verse dans la solution du sel métallique que Ton veut transformer, du mellitate neutre d'ammoniaque. Le mellitate métallique se dépose, le plus souvent en poudre cristalline, on le lave et on le fait sécher. L.

IMELLITES. Les mellites sont des sirops, dans lesquels le sucre de canne est remplacé par !e miel. Ces médicaments se conservent moins bien que ceux que que l'on prépare avec le sucre, aussi sont-ils moins employés. On applique à la préparation du mellite à peu près les mêmes règles que pour celle des sirops; ils doivent être amenés au même degré de concentration {votj. Sirops).

Le miel est, comme on le sait, constitué par un mélange de sucre incristallisable lévogyre (lévulose) et de glucose associé à une faible quantité de sucre de canne. Il en résulte que la présence dans le miel du sucre incristallisable exerce une influence marquée sur la préparation des mellites. 11 existe deux propriétés essentielles de ce sucre qu'il ne faut pas perdre de vue : 1° sa solution aqueuse s'altère très-promptement, et se colore en brun par le seul fait de l'ébullition; 2° elle est très-sensible à l'action des alcabs même les plus faibles, qui le colorent fortement, cette dernière propriété est partagée par la glucose. Il en résulte, que dans la préparation des mellites, il faut éviter avec le plus grand soin l'action prolongée de la chaleur, et, surtout, la présence des matières alcalines.

Le miel se clarifie de lui-même par l'ébullition; aussi, est-il presque toujours inutile d'employer l'intermède de l'albumine. On enlève la première écume et celles qui se forment au moment de la filtration ; si l'on prolongeait l'ébullition inutilement , on finirait par séparer une forte proportion Je miel. Les liqueurs que l'on emploie à la préparation des mellites médicamenteux, sont les mêmes qui servent à la préparation des sirops ; on les obtient pai' les mêmes procédés. En général, pour préparer ces mellites, on mélange les liqueurs au miel et Ton évapore en consistance de sirop; il est de la plus hante importance d'obtenir ces liqueurs très-concentrées, afin de les mettre à l'abri de l'altération profonde que le miel éprouve, ainsi que nous venons de le dire, par une cuisson prolongée. Pour éviter ce grand inconvénient, il faut n'employer que la quantité de liqueur absolument nécessaire pour la préparation des mellites par simple solu-

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lion. Dans le cas où il n'est nas possible d'oblenir directement une assez pelite quantité de liqueur, on la concentre par une évaporation préalable. Desdiamps d'A vallon a publié des observations intéressantes sur ce sujet : pour 1,000 de miel, il fixe à 240 la quantité de liqueur aqueuse qui doit servir à la préparation d'un mellite ; mais ces proportions ne peuvent pas être acceptées d'une manière absolue, et elles varient un peu avec la qualité des miels. Le miel et le liquide sont rais dans un bain-marie, on y ajoute du papier à filtrer (procédé Desniarest), que l'on a mouillé et bien divisé en le battant avec un fouet d'osier, on fait cliauifer, et après avoir tenu l'eau du bain-marie en ébullition pendant quelque temps, ou laisse refroidir, on enlève l'écume, et l'on passe sur une étamine que l'on a préalablement mouillée et exprimée.

Plusieurs mellites sont employés en médecine. On se sert surtout du mellite simple ou sirop de miel, et des mellites de rose rouge, de mercuriale, de scille, de colcbique, etc.

Mellite simple ou Sirop de miel. Pour le préparer, on fait dissoudre à chaud 4,000 grammes de miel blanc dans 1,000 grammes d'eau. Assurez-vous, au premier bouillon, que le mellite marque 1,27 au deusimètre (ôl° B.). Écumez, clarifiez à la pâte de papier et passez à travers un étoffe de laine (Codex).

Le sirop de miel qui n'a pas été obtenu avec des miels de première qualité, ne possède jamais une transparence parfaite ; cette opalinitédoit être attribuée à de la cire qui reste en suspension. Si, pour débarrasser le sirop de cette substance, on fait intervenir la craie ou la magnésie dans la préparation, comme le conseillent quelques pharmacologistes , ces agents , par leur action sur les principes constituants du miel (lévulose et glucose), lui font prendre une couleur brune. 11 y a donc toujours avantage à préparer les mellites avec du miel blanc. Le sirop de miel constitue un léger laxatif.

Èlellite de rose rouge ou Miel rosat. On le prépare en faisant infuser 1 ,000 grammes de roses rouges dans 6,000 grammes d'eau bouillante, pendant douze heures; on passe avec expression; on laisse déposer, et l'on décante. On évapore la liqueur au bain-marie jusqu'à ce qu'elle soit réduite au poids de 1 ,500 grammes. On ajoute alors 6,000 grammes de miel blanc ; on met la bassine à feu nu, et on donne un bouillon. On s'assure que le mellite marque 1,27 au densimètre (51° B.). On écume, on clarifie à la pâte de papier et on passe {Codex).

Le miel rosat, ainsi préparé, a pour caractère de posséder une odeur prononcée àe rose rouge, une saveur astringente non acide. Sa solution aqueuse d'un rou^^e jaunâtre donne par l'agitation une mousse abondante et persistante. Le miel rosat étendu de 500 parties d'eau est coloré en vert foncé par l'acétate de fer; un petit excès d'acide sulfurique affaiblit la couleur, en conservant à la solution sa teinte verte; 1 de miel rosat et 1,000 d'eau donnent une liqueur encore colorable par l'acétate ferrique. La potasse colore le mellite de rose en jaune foncé presque brun. Le miel rosat est fort usité comme médicament légèrement astringent ; on l'emploie le plus souvent sous la forme de gargarisme, à la dose de 50 à 00 grammes dans 100 grammes d'eau.

Mellite de mercuriale ou Miel de mercuriale. On l'obtient, en mettant dans une bassine 1,000 grammes de suc non dépuré de mercuriale et 1,000 grammes de miel blanc. On porte à l'ébullition et on écume. On l'ait cuire ensuite jusqu'à ce que le mellite bouillant marque 1,27 au densimètre (51° B.), on passe (Codex).

Comme le miel s'altère sensiblement, surtout lorsqu'on opère sur de grandes

MCI. EMC. 2^ s. Vi. 28

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quantités, Soubeiran a conseillé de remplacer le suc de la plante par l'extrait obtenu avec le suc dépuré. 11 faut alors employer 100 grammes d'extrait pour ijOOO grammes de sirop de miel.

Ce mellite s'emploie surtout comme laxatif sous la forme de lavement. La dose est de 50 à 100 grammes.

Melhte de scille ou Miel scillitique. Squames sècbes de scille, 50 grammes; eau bouillante, 300 grammes; miel blanc, 600 grammes. On fait infuser la scille dans l'eau pendant douze heures ; on passe avec expression; on laisse déposer; on décante. Ou ajoute le miel àla liqueur; on fait cuire, jusqu'à ce que le sirop marque au densimètre 1,27 (31° B.). On clarifie à la pâte de papier et on passe.

Ce médicament s'altère vite.

Mellite de bulbe de Colchique ou Miel de Colchique. On le prépare de la même manière que le mellite scillitique.

Mellite de mercuriale composé ou Sirop de longue vie. Sous ce nom, on désigne la préparation suivante : racine d'iris commune, 60 grammes; racine de gentiane sèche, 50 grammes ; vin blanc, 360 grammes. On fait macérer pendant vingt-quatre heures, on passe, on exprime et on ajoute : suc non dépuré de raercuiiale, 960 grammes; sucs non dépurés de bourrache et de buglosse, de chaque, !250 grammes ; miel blanc, 1,500 grammes. On fait cuire jusqu'à 51" bouillant, et on passe au blauchet.

Ce mellite est purgatif à la dose de 15 à 30 grammes.

Les mellites dans la préparation desquels on fait entrer le vinaigre simple ou des vinaigres médicinaux, portent le nom dOvymels on d' Oxymellites ; leur préparation ne diffère pas de celle des mellites {voy. Oxymellites). T. Gobleï.

MELLITATE. Voy. Mellitique (Acide).

niELLlTIQUE (Acide). Syn. Mellique acide. Chimie comp. C*H*0*.

Combiné à l'alumine, cet acide constitue un minerai très-rare, qui porte le nom de mellite; c'est de ce minerai que Klaproth a extrait l'acide mellitique.

Extraction. Le mellitate d'alumine est traité à chaud par une solution de carbonate d'ammoniaque; l'alumine se précipite, l'acide carbonique se dégage, et il se forme du mellitate d'alumine ; on le purifie par plusieurs cristallisations successives; finalement, on le fait dissoudre dans l'eau et on le précipite par de l'acétate de plomb; le précipité ayant été lavé, on le décompose par l'hydrogène sulfuré. La liqueur filtrée fournit, par l'évaporation, une poudre cristalline, soluble dans l'alcool, où elle cristallise, par une évaporation lente, en aiguilles groupées en étoiles.

L'acide mellitique a une saveur très-acide, la solution rougit fortement le tournesol. 11 est inaltérable à l'air ; soumis à la chaleur, il entre en fusion, et peut supporter une température de 300°, sans se décomposer. Par la distillation sèche, il se sublime de l'acide pyro-mellique avec un résidu de charbon. Les acides sulfurique et azotique sont sans action sur lui, même à la température de l'ébullition. L.

MELLOIV. Le mellon est une poudre d'un jaune citron; il est insoluble dans l'eau, l'alcool, l'élber, les acides chlorhydrique et sulfurique étendus ; il se dissout en se décomposant dans l'acide nitrique concentré et les alcalis fixes. A la chaleur rouge blanc, il se décompose en trois volumes de cyanogène et un volume d'azote.

MELLOrs'URES. «r.

Le mellon se forme en chauffant au rouge sombre du sulfocyanogène dans une cornue; le siillocyanogène se décompose en sulfure de carbone et soufie, qui se volatilisent en mellon qui reste.

La calcination de Vamnieline, de Vammélide, de la melamine, de V acide mélanurenique, des sulfocyanures d'ammonium et de mercure, laisse également le mellon comme résidu.

M. Liebig qui a découvert ce corps, le considère comme un radical composé analogue au cyanogène ; en effet, combiné à l'hydrogène , il forme de l'acide mellonhijdrique ; avec les métaux il forme les mellonures. M. Liebig lui assi'^ne la composition C^H^ cependant, d'après les nombreuses analyses dont il a°été l'objet, il contiendrait de l'hydrogène, et, selon Gerhardt, on peut le représenter comme de la dicyanuramide, c'est-à-dire une molécule triple d'ammoniaque, dans laquelle deux molécules triples d'hydrogène seraient remplacées par deux de cyanogène, trois fois condensé.

Cf) Cy^ Az'.

IP j

L'action prolongée de la chaleur en chasse cependant tout l'hydrogène sous forme d'ammoniaque, et on obtient alors le mellon pur de Liebig, qui sera de la tricyanuramide,

MELLOIVHVDRIQVE (âcide). On le prépare en dissolvant du niellouure de potassium dans l'eau bouillante, et décomposant la solution par de l'acétate de plomb; du mellonure de plomb se précipite, le précipité est lavé, délayé dans de l'eau et décomposé par un courant d'hydrogène sulfuré. Le liquide, séparé par la fdtration du sulfure de plomb formé, est évaporé, on obtient ainsi des pellicules blanches et opaques, qui constituent l'acide mellonhydrique à l'état de pureté.

L'acide mellonhydrique se présente sous la forme d'une poudre blanche légèrement jaunâtre. Il est plus solubie à chaud qu'à froid, possède une faible réaction acide, et est inaltérable par les acides nitrique et chlorhydrique. L.

MELLOIVURES. Le mellon se combine directement au potassium ; lorsqu'on chauffe ces deux corps ensemble, ils donnent, aveciguition, du mellonure de potassium. On l'obtient également en fondant au rouge le sulfocyanure de potassium dans une capsule de porcelaine, et en ajoutant du mellon à la masse fondue. On cpuiselerésidu perde l'eau bouillante ; par le refroidissement, le liquide abandonne des cristaux de mellonure de potassium. Le sulfocyanogène, chassé de sa combinaison par le mellon, se décompose à la haute température oui il est exposé, en sulfure de carbone, soufre et mellon.

Le mellonure de potassium cristallise de sa solution aqueuse en aiguilles incolores, fixes et groupées en flocons volumineux. Il est peu solubie dans l'eau froide; la dissolution est sans saveur. Par la chaleur, les cristaux perdent leur eau de cristalhsation, et se ti'aiisforment en une masse transparente, vitreuse et jaauàlrc.

Une dissolution de mellonure de potassium précipite de leurs dissolutions tous les sels des métaux proprement dits, et ceux des métaux terreux. On peut donc obtenir les mellouures métalliques par double décomposition. L.

MELOCACTUS, Tournefort. Genre de plantes Dicotylédones, appartenant à la famille des Cactées. Ces espèces, dont on trouve un certain nombre, dans nos serres, ont une grosse tige, plane à la base, renflée, globuleuse, munie de côtes verticales tuberculeuses, et armées d'aiguillons fascicules ou étoiles. Ces plantes grasses n'ont d'autre intérêt médical que de donner une pulpe fraîche et légèrement vulnéraire. Pl.

For.sTER. Gêner. Plant., p. 57, tab. 179. — Endlicher. Gênera, xx" 5578. — Mi:rat et De Lens. IV, 298. Pl.

MELOCARCOPALLI. On donne ce nom, dans les Indes orientales, à un fruit gros comme un melon, ayant un goût de cerise, qui vient dans la province de Carcopal. D'après Thevet, il est comestible et un peu laxatif.

Mérat et De Len?. Dict. mat. mrdic, IV, 298. Pl.

JMELOCIIIA (L., Gen., n» 829). Genre de plantes de la famille des Malvacées, série des Bultinériées-Ilermanniées, remarquable en ce que ses fleurs pentumères ont cinq étamines fertiles oppositipétales, et un ovaire à cinq loges, également oppositipétales. 11 n'y a, plus rarement, que de deux à quatre loges ovariennes. Souvent cinq étamfnes stériles sont opposées aux pétales , et chaque loge ovarienne renferme deux ovules ascendants, à micropyle inférieur et extérieur. Le fruit est une capsule, parfois pyramidée, loculicide, à graines ascendantes, avec un albumen plus ou moins abondant et un embryon à cotylédons plats. Les Melochia sont des plantes ligneuses ou herbacées, de toutes les régions tropicales du globe. Leurs feuilles sont entières ou serrées, stipulées ; et leurs inflorescences sont latérales par rapport aux feuilles ; c'est-à-dire que nées d'une aisselle inférieure, elles ne ^e détachent que plus haut et au niveau d'une feuille plus élevée, du rameau avec lequel elles ont été soulevées et entraînées. Beaucoup d'espèces sont employées dans la médecine usuelle des pays chauds. Le M. corchorifolia sert comme adoucissant et alexipharmaque dans l'Inde orientale. Il a, comme plusieurs autres espèces du genre, les propriétés émollientes des Malvacées. H. B>'.

RosENTH., Syn. pl. dinphor., 727. — H. Bn., Hist. des plantes, IV, 75, 116.

9JELODIN, Melodinus Forster. Genre de Dicotylédones de la famille des Apocynées. Ce sont des arbrisseaux grimpants, à feuilles opposées, glabres, qui habitent l'Asie tropicale et les îles chaudes de la partie australe du grand Océan. Une seule espèce, le Melodinus scandens Forst. de la Nouvelle-Calédonie a quelque intérêt par ses fruits globuleux, remplis d'une pulpe abondante contenant de nombreuses semences. Les habitants de la Nouvelle-Calédonie se servent de ces fruits sèches et vidés, comme de nos gourdes pour y renfermer la chaux dont ils préparent leur bétel. Pi-.

TounxEFORT. Inslitutiones, 655. — Exdlicher. Gen. Plant., n" 5154. — Bentham et Hookek. Gênera., I, p. 847. Pl.

MELOE. Genre d'insectes, connus depuis longtemps, très-remarquables par leurs liropriétés médicinales et par les particularités de leur développement. Les MeAoe forment le type d'une famille naturelle d'iasectes coléoptères connus aussi

sous les noms de Canthaiidies et de Vcsicants. Le nom de Meloe, donné par Linné, a été réservé dans ces derniers temps aux insectes qui font le sujet de cet article.

Les Meloe se distinguent de tous les autres genres de la grande section des coléoptères hétéromérés par leur corps allongé, pourvu d'un abdomen fort yoluniineux et mou, recouvert par des élytres courtes et imbriquées. Du reste voici leurs caractères précis : corps allongé, épais, parfois cylindrique. Tête verticale et en triangle ovalaire, convexe ; épistome tronqué. Yeux peu saillants, presque réniformcs. Labre transversal, siuué en avant et avec les angles arrondis. Palpes maxillaires longs, presque cylindriques, cbaquo article faiblement rétréci à la base, le dernier, un peu plus long que le précédent, est tronqué. Menton enliexagone transversal. Palpes labiaux courts. Antennes de longueur médiocre, ordinairement épaissies ; deuxième article très-court, le dernier allongé ; articles intermédiaires parfois ddatés et coudés chez les mâles. Prothorax transversal; écusson caché. Élytres courtes, imbriquées à la base, déhiscentes en arrière, avec le bord interne arqué et les épipleures embrassant les côtés du sternum et même la base de l'abdomen; celui-ci grand, rebordé, avec le dernier segment sinué chez les mâles et entier chez les femelles. Pattes assez longues, robustes. Tarses postérieurs de quatre articles seulement; ongles de tous les tarses toujours bifides, à divisions d'égale longueur.

Les Meloe ont une couleur sombre, d'un noir plus ou moins bleuâtre, violacé ou verdàtre, rarement varié de jaune ou de rouge. Les mcàles sont toujours plus petits que les femelles. Ces insectes sont très-lourds, ils se traînent sur la terre, dans les prés, les champs, au bord des chemins, préférant les endroits sablonneux ou calcaires exposés au soleil ; ils paraissent surtout au printemps et parfois en automne.

Plusieurs mâles de ce genre d'insectes ont les 5", 6^ et 7^ articles des antennes élargis au milieu, et l'antenne présente ainsi une échancrure en forme de croissant; les mâles, dans l'accouplement, retiennent avec leurs antennes celles de leurs femelles.

L'abdomen des Meloe femelles est très-remarquable par sa grosseur et la quantité considérable d'œufs dont il est rempli ; la ponte de ces femelles a été souvent observée. Goëdart a vu celle du Meloe proscarabée pondre, du 12 mai au 12 juin, environ trois mille œufs. Ces œufs étaient jaunes ; les larves qui en sortirent et qu'il essaya vainement d'élever ressemblaient à de petits poux, ayant à l'extrémité du corps de longs appendices en forme de soies. Fisch a vu ces larves, mais Geoffroy s'est trompé en disant qu'elles ressemblent à l'insecte parfait : étant grosses, lourdes, molles, à tête écailleuse, se trouvant dans la terre où elles éprouvent leurs métamorphoses.

De Géer a décrit avec détail les œufs et la larve du même Meloe proscarabée. Une femelle qu'il avait renfermée dans un vase à moitié rempli de terre, y pondit un gros tas d'œufs oblongs, d'une couleur orangée et appliqués les uns contre les autres. Ces œufs étaient petits et cylindriques. Les larves naquirent un mois après la ponte, et ces larves hexapodes, d'un jaune d'ocre avec les yeux noirs, ont été parfaitement vues et figurées par de Géer.

Kirby, dans son Histoire naturelle des Apides d'Angleterre, mentionne, sur le corps d'un diptère, VEristalis intricarius, sur des Apiaires et sur des Bourdons une larve qu'il figura sous le nom de Pediculus melittœ. Je ne citerai point, après ces éminents observateurs, les fiùts relatifs à l'éclosion des jeunes

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lurves de Meloe, je l'ai, du reste, observée moi-même ; je dirai seulement que Léon Dufour avait désigné sous le nom de Triungulinus andrenetarum la larve d'un Méloïde {Annales des sciences naturelles, 1'" série, t. XIII, p. 62, 18'i8). Il était réservé à NewporL {On the Natural Eistory, Anatomy and Developement of the oïl Beetle, Meloe cicatricosus. Trans. oftheLinnean Soc., t. XX, p. 297 et 521, pi. 14, t. XXI, p. 167, pi. 20) et surtout à Fabre (Mémoire sur l hyper métamor' phose et les mœurs des Méloïdes. In Ann. des sciences naturelles, 4* série, t. VU, p. 299, 1 857), de nous révéler les métamorphoses ultimes des MeJoe, et de prouver que ces insectes ont un développement compliqué, tout à fait extraordinaire, el du plus haut intérêt.

Après la ponte et l'éclosion de l'œuf, le mode d'évolution des larves de Meloe a lieu d'une manière que Fabre a caractérisée par le mot hyperme'tamorphose. Cette évolution consiste en ce qu'une larve à métamorphose complète, au lieu d'augmenter simplement de volume, eh conservant sa l'orme primitive jusqu'à la nympîiose, offre des formes différentes, toutes spéciales, dont quelques-unes n'ont aucun rapport entre elles : ces formes sont au nombre de quatre, que Fabre désigne sous les noms de larve primitive, seconde larve, pseudo-chrysalide et troisième larve. La première ressemble à un Pediculus et elle est agile, la troisième est inerte, la seconde et la quatrième ont la forme d'un ver apode, la troisième larve se transforme directement en nymphe. Fabre a démonlré que les Meloe femelles ont de deux à quatre pontes dont les premières, comme l'avait vu Goëdart, se composent de plusieurs milliers d'œufs et les autres d'un nombre moins élevé. Pour chaque ponte ces insectes creusent dans la terre un trou où les œufs très-petits sont déposés, puis recouverts de terre. Ces œufs sont d'un jaune orangé et éclosent au bout de trois à six semaines environ, selon la chaleur de l'atmosphère. Les larves des Meloe sont pédiculiformes, jaunes, allongées, presque parallèles el un peu déprimées. Leur tête, en triangle, porte de claque côté un stemmate arrondi et saillant, et des antennes de trois articles, dont le 2*^ est long et le 5*^ terminé par un cirrhe sétiforme, plus ou moins distinctement biarticulé. La bouche se compose d'un labre arrondi en avant, de deux mandibules, assez courtes, arquées et entières au bout; de deux mâchoires d'un seul lobe, portant des palpes de deux articles, dont le dernier est cyhndrique; enfin d'une petite lèvre inférieure munie de palpes biarticulés. Les trois segments thoraciques, à peu près aussi longs que l'abdomen, sont très-distinctement séparés, presque triangulaires et subégaux. Les pattes sont assez longues et composées de cinq pièces, dont la dernière, en forme d'onglet et représentant le tarse, est munie de deux crochets presque aussi longs qu'elle. L'abdomen est finement pubescent, de forme oblongne et composé de neuf segments (dix d'après Newport) égaux, dont le dernier est terminé par quatre longues soies, et en dessous, par deux courts mamelons rétractiles. Selon Newport, il y aurait dix paires de stigmates, dont une sur le mésothorax et les neuf autres sur les segments abdominaux. Les deux premières paires sont plus grandes que les autres, toutes sont à la fois supérieures et latérales. Je crois pouvoir dire que le nombre des stigmates doit être de neuf seulement au lieu de dix. II y a là un point douteux à éclaircir.

Les larves de Meloe récemment écloses restent agglomérées, puis au bout d'un temps variable, elles se dispersent et sont d'une activité fort grande. Elles grimpent sur les plantes, principalement sur les Composées et lesÇenonculacées. De là elles s'accrochent aux Hyménoptères et même aux Diptères qui se posent sur les fleurs ou qui se tiennent à leur portée; elles s'attachent fortement parles mandibules

ot les ongles aux poils de ces insectes. Parfois il leur arrive de se cramponner à (les espèces qui ne sont pas nidifiantes, et alors elles sont destinées à périr. Quand une larve a été transportée dans le nid de l'insecte Hyméno] tère auquel elle s'est attachée, cette larve dévore l'œuf pondu dans le nid, et puis elle se change en seconde larve et consomme la pâtée ou le miel destinée à l'habitant naturel qu'elle a tué. Sous la forme de seconde larve, mal vue par Newport, mais bien décrite par Fabre, la larve est cylindrique, arquée, pubescente, composée de treize segments.

La pseudo-chrysalide inerte a un corps formé de ti'eize segments, elle est renfermée à moitié par sa partie postérieure dans la peau desséchée de la seconde larve. La troisième larve diffère peu de la seconde, et, comme il a été dit, se 'ransforme directement en nymphe.

On voit, par cet exposé soaunaire, combien le développement de ces insectes offre d'intérêt. Plusieurs genres voisins, tels que les Sitaris [voy. Fabre, mém. cité), les Zonitis {voy. J. Giraud, Ayin. de la Société entom. de France, 1866, p. 94), etc., présentent des mœurs ayant une grande analogie, et les Cantharides doivent certainement, ainsi que je l'ai déjà dit {voy. Caxtharide, t XII, p. 192 du Dictionnaire), se rapprocher par leur développement de celui des Meloe.

Au point de vue médical, les Meloe ont depuis longtemps été employés en médecine comme auxiliaires ou succédanés des Cantharides. On les a regardés aussi comme r.n spécifique contre la rage ; les vétérinaires les ont fait macérer dans J'huile et en ont lait usage en hippiatrique. Latreille a pensé que les insectes signalés par les anciens auteurs grecs, sous le nom de Buprestes, et pouvant causer la mort des bœufs qui les avaient avalés par mégarde avec de l'herbe, étaient des Meloe {voy. Buprestes, t. XI, p. 314 de ce Dictionnaire). Les Meloe desséchés sont riches en cantharidine, et A. Fumouze les a expérimentés sous ce rapport. Je me suis assuré moi-même, en brisant l'abdomen des il/e/oe conservés depuis longtemps dans les collections, que la cassure était brillante et comme saupoudrée de paillettes qui n'étaient autres que de la cantharidine pure. J'ai déjà fait observer que, dans plusieurs localités, on a mêlé les Meloe et les Cantharides pour l'usage vésicant.

Linné a compris sous le nom de Meloe, les Cantharides, les Mylabres et plusieurs autres vésicants, et il divisait ces insectes en aptères et en ailés. Quelques auteurs les ont appelés Scarabées onctueux, parce qu'ils font sourdre des articulations fémoro-tibiales de leurs pattes, lorsqu'on les saisit, une liqueur jaunâtre et oléagineuse à odeur peu prononcée. Ces insectes contrefont le mort lorsqu'ils sont inquiétés, et il est très-facile de s'en emparer.

Dans les ou\Tages modernes d'entomologie, les Méloïdes vrais sont divisés en trois genres : Meloe, Cysteodemus et Henous {voy. Lacordaire, Gênera des coléoptères, suites à Buffon, de Roret, t. V, 2^ part., p. 658). Les vrais Meloe renferment une trentaine d'espèces, presque toutes de l'ancien contineut, car il y en a très-peu se trouvant dans le nouveau monde. A. Laboulbène.

rriËLOnÈLES. Genre de monstres de la famille des poJyméliens, caractérisé par l'insertion d'un ou de plusieurs membres accessoires sur un ou plusieurs des membres normaux. Les deux membres, partant de l'omoplate ou de l'ischion, sont soudés à leur origine en un tronçon commun, mais séparés plus loin, à partir d'une articulation. Ils peuvent être entièrement séparés quant au squelette, mais réunis sous des téguments communs. Enfin, on a observé des cas oii deux mem-

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