‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.58Chapitre 20 sur 50 · MO MELON · texte numérisé non relu

MO MELON

bres accessoires s'ajoutaient au membre principal , soit souciés à celui-ci , soit entièrement libres, mais toujours difformes. D.

OTELOIV. § I. Botanique. Fruit du Cucumis Melo, L., de la famille des Cueurbitacées. La plante qui le produit sera décrite avec ses congénères au mol Concombre {voy. ce mot), qui est le nom générique. On sait que le melon est très-répandu comme aliment, et qu'on en trouve dans les jardins de nombreuses variétés. Pl.

§ 11. Bromatologie et emploi médical. Des nombreuses vfiriétés de melon qu'ont créées la culture et ie climat, celles qui jouent le principal rôle dans l'alimentation sont : le melon brodé, dit encore maraîcher, présentant à la surface des rides, des lignes saillantes qui forment une sorte de broderie : le cantalou, dont Murât et Delens disent avoir envoyé des graines à Cantalou, eu llalie, où on ne le connaissait pas, et qui est découpé eu côtes épaisses et vorruijueuses; enfin, ie melon de Malte, oblong et à écorce lisse. La variété la plus estimée est le cantalou.

Le melon, comme aliment et sous le rapport de la salubrité, a ses preneurs et ses détracteurs; plus des derniers que des premiers. On ne s'accorde qu'à le trouver délicieux. Eu réalité, son degré de digestibilité diffère beaucoup suivant la (jiialité de sa chair, qui est très-variable, et suivant les disposition de l'estomac qui le reçoit.

Le melon peut être plus ou moins mucilagineux et plus ou moins riche en matière sucrée (Payen en a extrait du sucre) ; sa pulpe peut être plus ou moins molle ; son huile essentielle, plus ou moins abondante. Un melon bien mûr, bien fondant, bien sucré, d'une odeur suave, doit être réputé digestible. Si, au contraire, sa chair crie sous le couteau et résiste à la dent ; si sa saveur est peu sucrée et, surtout, s'il a un goiit acre et résineux, il y a chance pour qu'il soit mal digéré. Certains melons, quoique peu sucrés et durs, mais dépourvus d'àcreté, passent assez bien, si l'on a la précaution d'en rejeter la pulpe après l'avoir broyée dans la bouche; ce sont surtout les melons d'arrière-saison, dont l'huile essentielle est peu abondante et peu active.

D'un autre côté, à qualités égales, le melon convient infiniment moins aux individus débiles, anémiques ; aux convalescents, à ceux dont les fonctions gastriques languissantes ont besoin d'être slimulées, qu'aux individus doués d'un estomac robuste et bien pourvu de liqueurs digestives. C'est pour cela qu'il est devenu d'usage de le manger, les uns avec du sel et du poivre, les autres avec du sucre. Ou a même proposé d'y mêler du tabac (Dehaën) ; mais c'est un précepte que ne suivent pas les gourmets modernes.

l.a pulpe de melon sert aussi à faire des compotes, qu'on aromatise avec la cannelle ou le girolle. On fait quelquefois confire l'écorce qui prend alors un goût agréable.

\j usage thérapeutique du melon est, on le devine, assez restreint. Cependant, comme ce fruit possède à quelque degré, grâce à son mucilage et à son huile es- entielle, des propriétés rafraîchissantes et relâchantes, on en ordonne, parfois, l'usage fréquent aux personnes constipées, et qu'on sait, par expérience, le bien digérer. Autrefois, on ie faisait prendre sous forme de tisane, qu'on préparait en broyant la pulpe dans de l'eau et passant dans un tamis. On en faisait aussi des cataplasmes qu'on appliquait sur les tumeurs enflammées, sur les brûlures, sur les abcès, etc. En un mot, la pulpe de melon est, en thérapeutique, l'analogue de

MEMBRANES (\natomie). . 441

la pulpe de carotte, qu'elle vaut probablenieut, bien qu'elle n'ait pas gardé la nième réputation. On la dit mênie, comme cette dernière, douée de propriétés diurétiques, ce qui est au moins discutable.

Eufiii, les grtdaes de melon faisaient, avec celles de pastèque, de calebasse et de concombre, partie des quatre semences froides. Le mucilage et l'huile douce, qu'elles renferment les rendent propres à en faire une émulsion très-adoucissante (40 à 60 grammes de graines pour 500 grammes d'eau), qu'on domiait autrefois dans les maladies fébriles. D.

in£LO!\GÈ\E. Voij. Adbeiigi.ne.

MÉLOPHAGE DU MOtTOX. Insecte rattaché à l'ordre des Diptères, quoiqu'il soit privé d'ailes. Il est pupipare ; tète séparée du corselet par une suture; suçoir placé entre deux longues valves. Cet insecte reste enfoui dans la laine des moutons et vit de leur sang. D.

mÉLOPLASTlE (de y:~0.o-j, pommette, et 7r>â(r5-;iv, former). On a donné ce nom à la restauration de la face par autopListie.

MELOPEPO. C'est le nom s|)écifique du Pâtisson (Cuctirbita Melopepo Duchesue), qui appartient à la famille des Cucurbitacées et au genre Citiaouille {i'uij. ce mot). P.

MELO'rDRIA L. Genre de dicotylédones de la famille des Cucurbitacées. Une es]jèce du Brésil, le Meluthria pendilla L., a quelque intérêt pour la médecine, ses fruits étant un purgatif drastique assez énergique. C'est une plante herbacée, à tiges grêles, munies de vrilles, au moyen desquelles elle s'attache aux soutiens qu'elle peut atteindre. Ses feudles sont alternes, pétiolées, cordées à la kise, à lobes anguleux, un peu obtus, dentées en scie sur les bords. Les Jleurs sont mâles ou hermaphrodites, naissant sur des pédoncules simples, a\illaires, plus longs que les. pétioles. Les fruits sont de petites baies lisses, de la forme d'une olive, de la grosseur d'un pois. Ce sont ces fruits qu'on prescrit comme puigatifs, à la dose d'une moitié de fruit, ou tout au plus d'un entier. Trois ou quatre suftisent à purger les chevaux.

LiNXÉ. Gênera, n" 50. — Lamarck. Illust. des Genres, n" 435, tab. 28. — Bentham et Iîooker, Gênera, I. 850. — Mautius. Journal de chimie médicale, III, 498. Pl.

HELOTHROIV. Mot employé par Théophraste et que les commentateurs ont appliqué, les uns à la Bryone, les autres à la Douce- Amère.

MELT. Liqueur fermentée provenant de l'agave [voij. Agave et Pdlque).

aiKUBRAKES. (Anatomie.) On désigne sous ce nom des parties de l'orgaganisme, caractérisées par leur disposition en forme de lames, de tuniques, de toiles, d'une faible épaisseur par rapport à leur surface étendue, et qui revêtent divers organes ou pénètrent entre eux, tapissent les cavités des organes creux ou en constituent les parois. Les membranes ont par conséquent des fonctions trèsvariées, elles circonscrivent les organes, en facilitent le glissement ou forment des viscères creux, dont le rôle est aussi complexe que celui des parenchymes les plus compactes.

L'expression de membrane caractérise par conséquent une disposition particulière de tissus très-différents les uns des autres, elle est employée comme qualificatif accessoire d'un certain nombre de tissus, d'organes, et de systèmes.

m . MEMBRANES (anatomie).

On comprend ainsi comment les anatoniistes décrivirent isolément un grand nombre de membranes auxqnelles a été donnéje nom de l'organe (|u'elles tapissaient ou qu'elles limitaient, par exemple les membranes de l'estomac, du cerveau, de la vessie, les membranes de l'œuf ou du fœtus, quelquefois un organe entier a été considéré comme une membrane {M. du tympan), et plus tard on a été conduit à grouper les membranes en un certain nombre de divisions basées sur des caractères communs, d'aspect et de structure, sur des analogies de fonctions et sur la coïncidence et les rapports des lésions qu'elles présentent.

Haller avait pressenti la possibilité d'établir une description générale et comparative des organes et des lissas décrits sous le nom de membranes. Pinel a montré qu'il y avait utilité eupatbologie à distinguer les maladies des principaux groupes de membranes, et il étudiait séparément les phlegmasies des muqueuses, des séreuses, des synoviales, du tissu cellulaire, du tissu fibreux, de la peau.

L'essai de généralisation, remarquable entre tous, est l'étude comparative des oi'ganes ayant forme de membrane, qui nous a été laissée pai' Bichat, et a constitué dès son apparition un titre de gloire pour son auteur.

Bicbat rapporte les membranes à deux divisions générales, comprenant l'une les membranes simples, l'autre les membranes composées. Les membranes simples sont celles « dont l'existence isolée ne se lie que par des rapports indirects d'organisation, avec les parties voisines : les composées résultent de l'assemblage de deux ou de trois des [irécédentes. » Les membranes simples comprennent trois classes générales : les muqueuses, les séreuses et les fibreuses. Les membranes composées sont divisées en fibro-séreuses (portion de l'arachno'ide adhérente à la duremère, portion libre du péricarde, feuillets réunis de l'albuginée et de la vaginale, synoviales réunies aux capsules articulaires et aux gaines tendineuses), en séromuqueuses (partie inférieure de la vésicule biliaire), enfin, en fibro-muqueuses (membrane des uretères, du conduit déférent, muqueuse de l'oreille interne, de la portion membraneuse de l'urèthre, trompes de Fallope). Bichat, en outre, distingue les membranes non classées et les membranes contre nature.

Dans son anatomie génJrale, Bichat s'inspirant de notions beaucoup plus larges semble avoir complètement abandonné cette classification. Il s'élève à la conception des systèmes, et alors décrit les membranes dans des chapitres particuliers, les rapportant, aux systèmes fibreux, muqueux, séreux, synovial; mais la distinction des membranes n'apparaît plus qu'à titre de forme des. organes constituant ces systèmes.

Il nous semble donc qu'il n'y a pas lieu en anatomie générale de constituer des groupes généraux basés sur un aspect extérieur, il n'y a pas de système membraneux, ni de tissu membraneux proprement dits, il y a des tissus et des systèmes disposés en forme de membranes et dont la structure, les attributs 'ou les fonctions sont tellement différents qu'il n'y a pas avantage à les réunir dans une étude synthétique; celle-ci, pour être complète, devant comprendre le tégument externe, les muqueuses, les séreuses, les synoviales, les organes fibreux, le périoste, et même le système vasculaire, des membranes vasculaires, la choroïde, la pie-mère, etc., enfin des mem'nranes nerveuses, la rétine, la membrane du labyrinthe, sans compter les membranes transitoires qui concourent au développement de l'organisme. Les seules conclusions exprimant les caractères et les propriétés communes à chacun des éléments d'un groupe aussi considérable, comporteraient des considérations générales sur les modifications dans les propriétés physiques de résistance, d'endosmose et d' exosmose, et dans les propriétés phy-

MEMBRANES DE l'ŒUF. 445

siologiques des tissus (nutrition, innervation, sensibilité spéciale), apportées par h disposition en membranes. Elles nous entraîneraient loin du cadre qui nous est assigné et elles seront plusieurs fois indiquées dans les articles consacrés aux organes, aux tissus, aux systèmes qui présentent une forme membraneuse.

Pour faciliter les recherches, nous indiquerons les divers articles à consulter sur. les membranes en particulier, au point de vue anatomique.

Membranes fibreuses, muqueuses, séreuses, tégumentaire. Voy. les mots FiBRi;ux, Lamineux, Muqueux, Séreux, Peau, Blastodeume.

M. Accidentelles, voy. Néomembranes.

M. Amphiblestrdide, voy. RÉTiiNE.

M. Adventice, voy. Artères.

M. Anhiste, voy. Caduque.

M. Basilaire, voy. Oreille.

M. Clignotante, voy. Paupière.

M. Cricothyroïdienne, voy. LARyi>fx.

M. de Demours ou de Descemet, voy. Cornée.

M- Èlytvoïde, voy. Testicule.

M. de l'émail, voy. Dejnts.

M {Pseudo-}, voy. Pseudo-membranes.

M. Granuleuse, voy. Ovaire.

M. Haptogène, voy. Haptogème.

M. Hyaloïde, voy. (En.

M. hiter-digitale, voy. Inter-digitale (membrane).

M. Inter-utero placentaire, voy . Grossesse.

M. de Jacob, voy. Rétine.

M. Kératogène, voy. Cornée.

M. Limitante, voy. Rétine.

M. Médullaire, voy. MdhnihKiKE (tissu).

M. Nictitante, voy. Paupière.

M. Obturatrice, voy. Bassin.

M. Piluitaire ou de Schneider, voy. Nasale (région).

M. Pupillaire, voy. Rein et Fœtus.

M. Pyogénique, voy. Arcès.

M. de Reissner, voy. Oreille.

M. Héticulaire, voy. Oreille.

M. de Ruysch, voy. Choroïde.

M. du Tympan, voy. Oueille.

M. Utéro-épichoriale, voy. Grossesse.

M. Villeuse, voy. Villeux. A. Hékocque.

mEMBRAIVES (Fausses). Voy. Néomembranes et Pseudo-membranes.

MEMBRANES DE L'ŒUF. Souvent désignées par les accoucheurs sous les noms iV arrière-faix, délivre, secondines {b^j-tpu, Szuzzpcda', secundœ, secundime; Nachgeburt en allemand), noms qui s'expliquent par cette circonstance, que leur expulsion hors de la matrice est normalement postérieure à celle du fœtus, et constitue un acte séparé, secondaire et conclusif, de l'accouchement. Quelquefois les membranes de l'œuf sont nommées, avec assez peu de correction, membranes du fœtus. Il a même été proposé de les distinguer en membranes appartenant à la mère, et en membranes appartenant au fœtus ; mais il me sem-

4U A!EMBR.\>'ES DK L'ŒUF.

ble que, si l'on s'engage dans la voie de semblables distinctions, on devrait admettre trois provenances diverses, lune maternelle, l'autre fœtale, et une troisième ovarique proprement dite, qui servirait eu quelque sorte d'uitermédiaire et de lien aux deux précédentes. Les membranes de l'œuf sont les diverses couches constitutives d'une paroi simple en apparence, et circonscrivant une }Oche ovoïde, close de toutes parts, pleine d un liquide particulier, nommé liquide amniotique, au sein duquel est plongé le fœtus, qui se rattache à cette paroi, et simultanément à l'organisme de la mère, par le cordon ombilical. C'est là d'ailleurs une définition qui ne peut être justement appliquée à l'œuf qu'après raccom[)lisseraent des premières pbases du développement. Cette paroi est d'une simplicité absolue, et de nature purement ovarique, au début, le feuillet externe du blastoderme ne devant entrer dans la composition de la paroi de l'œuf que d'une manière partielle et après la formation de l'aranios ; en sorte qu'elle n'est d'abord représentée que par la membrane vitelline. Mais plus tard elle devient complexe par l'adjonction d'éléments ovariques nouveaux, et d'éléments fournis par la mère d'un côté, par l'embryon de l'autre. Les nouveaux éléments se développent, puis subissent diverses transformations ; les anciens, au contraire, s'atrophient pendant le même temps, au point de ne plus même laisser de traces appréciables de leur existence; et l'on peut dire que, sauf rciément vasculaire de la région pi icentaire, tous les autres éléments constitutifs de la paroi de l'œuf ont subi un processus rétrograde à l'époque de la délivrance. On voit que le sujet à traiter ici est changeant et multiple, comme c'est ordinairement le cas pour les questions embryologiques; en sorte que les mêmes appellations ne s'appliquent pas à des objets constamment identiques à eux-mêmes, mais bien à des objets qui varient avec les progrès du développement. Aussi pour exposer avec méthode et clarté l'ensemble des principaux faits qui se rapportent à l'histoire des membranes de l'œuf, nous ferons d'abord connaître leur constitution définitive; puis, remontant aux origines, nous mdiquerons les divers états préparatoires ou transitoires. Mais pour éviter de répéter inutilement à cette place ce que nous avons dit ailleurs, nous avertissons le lecteur qu'il peut se reporter, pour les détails, aux mots amnios, allantoïde, caduque, cordon ombilical, placenta. Ici nous devons nous borner à traiter des membranes de l'œuf en général, de manière à montrer leurs relations réciproques, et à présenter, comme dans une vue d'ensemble, les phénomènes de production, de développement, et d'involution qui composent leur vie organique.

L Des membranes de l'œuf défimtivemem constitdées. Dans \ arrière-faix, normalement expulsé hors de la matrice, on retrouve toutes les parties constituantes de la paroi de l'œuf avec un degré de conservation qui permet suffisamment leur analyse. On remarque d'abord le placenta, extérieurement recouvert par une couche de muqueuse utérine ayant environ 1 millimètre d'épaisseur, et qui n'est autre chose que la portion superficielle et caduque de la sérotine. De la circonférence du placenta pend une sorte de sac, à peu près complet dans les cas favorables à l'étude, et seulement déchiré au point qui correspondait à l'oritice utérin ; la paroi de ce sac est une membrane qui paraît simple au premier coup d'œil, mais qui en réalité est composée, de debors en dedans : 1° de la caduque directe et delà caduque réfléchie, hidissolublement soudées l'une à l'autre; 2" du chorion et de l' amnios, qui adhèrent aussi entre eux, bien qu'on puisse les distinguer et les séparer facilement." Mais pour l'étude méthodique des membranes de l'œuf, il vaut mieux employer un utérus parvenu le plus près possible du terme de la gestation, afin de reconnaître, dans leur parfaite intégrité, la situation et

les rapports réciproques de toutes les parties qui entourent le fœtus. Incisant avec précaution de dehors en dedans, on constate que toute Irace de la cavité utérine a disparu, c'est-à-dire qu'il n'existe plus aucun intervalle séparatif entre la face interne de la muqueuse de la matrice et la périphérie de l'œuf; et il en résulte que la libération de ce dernier, au moment de l'accouchement, ne peut s'effectuer que par une sorte de séparation traumatique, de l'ancienne muqueuse de l'utérus, ou, plus exactement, des parties de cette muqueuse qui font partie des membranes de l'œuf, et qui, par conséquent, sont caduques comme elles et de la muqueuse de remplacement, qui est une membrane de fonuation récente, appelée membrane feutrée. Au-dessous de cette première couche, dérivée de l'ancienne muqueuse de la matrice, on trouve le chorion, la plus importante des membranes de l'œuf. Le placenta, qui se développe autour de l'insertion périphérique du cordon ombilical et dans la région qui correspond au fond de l'utérus, n'est, presque absolument, qu'une partie du chorion, dans laquelle semble se concentrer, à un moment donné, le mouvement de genèse anatomique, plus ou moins étendu, dans les premiers temps, à la généralité de la paroi ovarique ; aussi l'épaisseur totale de cette piroi est-elle considérable au niveau du placenta, au centre duquel elle dépasse parfois 2 centimètres, tandis qu'en dehors du placenta elle est mince au point d'offrir l'aspect d'une vessie translucide, malgré la pluralité des couches qui la composent. C'est avec ce caractère qu'elle apparaît au début de l'accouchement, lorsque partiellement chassée hors de la cavité de l'utérus, et distendue par le liquide amniotique, elle forme, à chaque nouvelle contraction de la niatnce, une tumeur saillante et tendue, appelée poche des eaux par les accoucheurs. Vamnios, membrane très-mince, diaphane, est unie au chorion par sa face externe, tandis que sa face interne, lisse et polie, est baignée par Veau de Vamnios, et circonscrit immédiatement la cavité où est renfermé le fœtus. L'adhérence de l'amuios au chorion n'est pas telle qu'ils ne puissent être sépai'és avec assez de facilité, d'autant plus qu'une substance particulière, tunica média (Bischoff), magma réticulé (Velpeau), est interposée entre eux. Entre eux encore, on trouve, même à la fin de la grossesse, à quelque distance du placenta et adhérente à l'amuios, une véhicule de 4 à 5 millimètres de diamètre, munie d'un long pédicule ; c'est hvésicule ombilicale, et le conduit omphalo-mésentérique (fig. 2 ; e, f).

Après avoir donné cet aperçu du nombre, de la position respective, et des caractères les plus apparents des membranes de l'œuf, considérées après leur consilution définitive et à la fin de la grossesse, nous examinerons chacune de ces membranes séparément, pour compléter leur description en tout ce qui est essentiel. La plus externe d'entre elles est la muqueuse épichoriale, ordmairemeut nommée caduque. Elle forme une couche unique au-dessus du placenta, appelée membrane utéro-épichoriale, inter-utéro-placenlaire, ou sérotine, tandis qu'au delà du placenta, elle comprend deux couches de même nature et de même origine, la caduque directe et la caduqiie réfléchie. Primitivement distinctes et séparées, on les trouve confondues en une membrane unique à la fin de la grossesse, sans qu'il soit possible d'y retrouver avec le scalpel la couche utérine et la couche ovarique. L'aspect est celui d'une pseudo-membrane fibro-lamelleuse, molle, friable, de surface irréguiière, et d'un ton jaunâtre ou grisâtre lavé de rose. On peut retrouver dans son épaisseur, préférablement dans le voisinage du jdacenta, des villosités choriales qui y ont pénétré à une époque antérieure, mais qui plus tard se sont oblitérées, et sont demeurées invasculaires et fibreuses. Nous avons exposé, à l'article Caduque (t. XI, p. 461), que la majeure partie de hséroline

446 MEMBRAiNES DE L'ŒUF.

était persistante ; sa couche la plus superficielle et le réseau do trabécules fibreuses qu'elle envoie dans l'épaisseur du placenta fœtal, entre les divisions et les subdivisions cotylédonnaires, subissent exclusivement le sort des membranes fœtales et représentent la caduque dans la région inter-utéro-placentaire.

Le chorion définitivement constitué, S""^ chorion ou chorion vasculaire, est une membrane d'origine à la fois ovarique et fœtale, comme nous le montrerons dans le paragraphe suivant. Elle forme l'enveloppe externe de l'œuf proprement dit ; elle est la plus externe des deux membranes exclusivement admises par les anciens accoucheurs. Un fait anatomique vient à l'appui de la distinction des membranes en matei'uelles et ovariques ; il existe, en effet, sur toute la surface externe du chorion, une couche d'épithélium identique à celui, bien connu, qui revêt extérieurement les villosités vasculaires ; il en résulte en quelque sorte une membrane distincte et limitante entre la caduque générale d'un côté, le chorion et l'amnios de l'autre. Bien qu'à la fin de la grossesse ces deux dernières membranes aient subi un amincissement notable, et adhèrent l'une à l'autre néanmoins elles demeurent distinctes et séparables. Au point de vue histolo^ique, le chorion est composé de deux couches de nature diflérente ; l'une est formée de l'épilhélium dont nous venons de parler; l'autre, située plus en dedans, consiste en tissu conjonctif et en vaisseaux. La couche épithéliale dérive de la membrane appelée enveloppe séreuse [die serôse Hûlle) par Baer, la couche cellulo-vasculaire provient au contraire d'un organe purement embryonnaire, de l'allantoïde, mais, d'après un processus, qui demeure à la vérité encore obscur en plus d'un point. Le chorion définitif apparaît comme une membrane mince, transparente et incolore ; en dehors, il est uni à la caduque par des filaments courts et déliés, presque tendineux, qui ne sont autre chose que les villosités, invasculaires et oblitérées, du chorion secondaire ; elles rendent malaisées la s'paration du chorion et de la caduque. La face interne du chorion est séparée de la face externe de l'amnios par une couche pulpeuse d'albumine coagulée, et par la vésicule ombilicale. On verra plus bas quelle est l'origine de cette couche albuniineuse, dont on a voulu à tort faire une tunique spéciale, sous le nom de tunica média ; sa présence facilite l'isolement de l'amnios par dissection.

Vamnios est la plus interne des membranes de l'œuf. Au terme de la grossesse, c'est une poche close, ou du moins sans autre ouverture que celle nécessitée par le passage des éléments du cordon ombilical vers le placenta. Cette ouverture est le lieu de la réflexion de l'amnios sur le cordon, le long duquel il se prolonge, en forme de gaine, jusqu'à l'ombilic de l'embryon. Il est mince et diaphane ; sa face libre est lisse et polie comme celle d'une séreuse, et il paraît entièrement formé de cellules épithéliales, au terme de la grossesse, du moins est-il toujours dépourvu de nerfs et de vaisseaux propres ; mais l'histoire de son développement démontre qu'il est formé, à une certaine époque, de deux couches, dont l'interne est un simple épithélium pavimenteux, tandis que l'externe constitue un tissu conjonctif renfermant des cellules disséminées dans toute son étendue. On sait que l'amnios renferme dans sa cavité un liquide particulier, dont la composition varie avec la date de la gestation, mais est en somme toujours analogue à du sérum sanguin dilué.

II. De la formation et de l'évolution des membranes de l'œof. Nous venons de donner une esquisse de la constitution définitive de la paroi de l'œuf; nous savons de combien de couches elle est composée, nous savons quels sont leurs tappoi ts mutuelsj leurs caractères extérieurs et leur nature anatomique vers la un

de la gestation. Nous devons à présent remonter aux premiers développements de l'œaf, déterminer quelle est primitivement sa paroi, et re(;liercher par quelle série de phénomènes cette paroi, d'abord simple, acquiert le degré de complexité que nous lui avons reconnu dans le paragraphe précédent. Ici encore nous nous bornerons à indiquer les faits iraportants, renvoyant pour les détails aux articles particuliers consacrés dans ce Dictionnaire aux diverses membranes de l'œuf et au placenta.

Lorsque, le huitième jour environ après la fécondation, l'ovule arrive dans la matrice, il n'est formé d'aucune autre partie solide que deux enveloppes membraneuses, sphériques, emboîtées l'une dans l'autre, à savoir ; la membrane vitelline, autrefois appelée zone transparente, et la vésicule blaslodermique. Sur un point de cette dernière, les cellules primordiales, plus granuleuses et plus accumulées qu'ail-

Fig. 1.

Dessin schématique repiôsenlant une coupe loiigi tudinale de l'œuf et de l'einbiyon, au niomi^nt où V enveloppe séreuse de Baei- et l'amnios athèvent de se former, et sont sur le point de devi'nir mutuellement indépendants. — a, gaînc amniotii|ue caudale; h, espace en voie de se produire entre l'amnios et le cliorion ; il e>t rempli d'un liquide alhumineux, qui donnera lieu à la formation de la tunica média de Bisdioff; c, membrane vitelline déjà amincie, et couverte de végétations; d, feuillet moyen du blastoderme, qui ne dépasse pas d'abord les limites de Vaire germinative, mais qui enveloppe leurs, produisent un point obscur, la V^^ à peu toute la vésicule ombilicale, et forme sa ,7 7 . i> ■ 1 1 > 1 1 I tunique externe ou vasculaire; lorsque le dédouble-

tache embryonnaire. Mais le dédouble- ^^^^ ^u feuillet moyen [s) est terminé, la portion

ment du feuillet constituant la vési- désignée ici par la lettre d se continue du côté de 1 1, , 1 • • , l'embrvon avec le feuillet fibreu'i intestinal; e, feuillet

Cule blastodermique commence imme- interne du blastoderme (feuillet mnqueuz de Pandiatement à se produire, et simultané- der), devenant à ce niveau la tumque épilhéliale 1, 1 • [. de la vésicule ombilicale; f, sinus terminalis; a,

meut, pour que 1 ovule se puisse flxer eav.lé, relativement très-grande en ce moment, de dans la cavité de la matrice, des saillies 'a vésicule ombilicale; A, cavité de l'amnios, plus

étroitement accolée à l'embryon, pendant les premiers temps de la formation, que ne le montre la figure; elle est incomplètement fermée, l'occlusion de l'ombilic amniotique, pat la rencontre mutuelle des gaines, n'ayant pas encore eu lieu ; i, allantoïde, j, portion du feuillet interne du blastoderme représentant le feuillet glandulaire intestinal de l'embryon; k, conduit oinphulo-mésentérique ou vittUo-mtestiline représente alors, sous un état de n^' ; '• •^^^'^f cervicale, dans laquelle se développe

le cœur, qu'on a négligé de représenter ici (vov. 11g. i et 2, t. 1, p. 91); m, paroi ventrale antérieure, an niveau du cœur ; n, gaine céphalique formée par les trois feuillets du blastoderme; o, feuillet externe du blastoderme (feuillet séreux de Pander); après l'occlusion de Torabilic amniotique, la portion de ce feuillet qui est située au delà, devient une enveloppe indépendante de l'œuf, connue pie, homogène, hyaline, très-élastique sous le nom d'ent/e/oppe «creuse de Baer; p,amnios, /ç À \ ' 'i A' ^ ■ t f'"''"^ *"^ dépens d'une partie du feuillet externe

(Ilg. 1, C), n aurait, a après ce qui est ^^ blastoderme qui se convertit en sa tunique oii

généralement admis, qu'une durée de épilhéllale; — g, embryon; r, gaine amniotique céj . n ' • • -I i j- phalique ; s, portion embryonnaire du iBuillet moyen

peu de jours ; elle s amincirait, et dis- 5„ blastoderme. paraîtrait plus ou moins complètement.

Reichert aurait même constaté sa complète disparition sur l'œuf de lapine, et son remplacement par une nouvelle membrane villeuse, développée aux dépens de \ enveloppe séreuse de Baer.

C'est l'enveloppe séreuse de Baer qui constitue, en se compliquant légèrement ù

plus ou moins ramifiées, des villosités, apparaissent à la surface de la membrane vitelline, et s'enfoncent dans la portion la plus rapprochée de la muqueuse de l'utérus. La membrane vitel-

simplicité primitive, la paroi de l'œuf, et Baer lui donnait le nom de premier chorion {chorion primitivum, membrana ovi externa). Cette première membrane limitative de l'œuf, sim-

448 MEMBRANI'S DE L'ŒUF.

la superficie externe, le deuxième chorion ; et celui-ci ne retient rien du premier, du moins sous une forme figurée quelconque. Le deuxième chorion est simple, invàsculaire, villcux, comme le premier, mais au lieu de consister en une couche de substance homogène, il est composé de véritables cehules; et les villosités qui viennent se surajouter à la surface externe, ne sont plus de simples végétations pleines et amorphes, comme celles de la membrane viielline, mais de véritables tubes, creux et ramifiés, et formés de cellules identiques à celles de la membrane qui les porte. Le deuxième chorion, faux amnios de Pander, a reçu de Baer le nom d'enveloppe séreuse (vesica serosa), pour rappeler sans doute qu'il provient d'une région délimitée du feuillet séreux du blastoderme. En effet, ce feuillet se décompose en trois parties: la première, épaissie et comprise dans la tache embryonnaire, devient le feuillet corné de Remak ; la deuxième donne naissance à la tunique interne ou épithéliale de l'amnios (fig. 1, p. 4-i7) ; la troisième, après s'être recouverte de villosités devient le deuxième chorion. Ainsi l'amnios et l'enveloppe séreuse ne sont originairement que deux fragments d'une même membrane, du feuillet superficiel de la vésicule blastodermique. Lorsque les gaines amniotiques sont formées, l'ombilic amniotique est le lieu de rencontre de ces deux fragments ; puis l'ombilic se réduit à un canal filiforme qui s'oblitère et se résorbe, et dès ce moment l'amnios et l'enveloppe séreuse deviennent deux enveloppes de l'œuf, complètes et indépendantes l'une de l'autre. On ne connaît pas exactement chez l'homme l'époque de l'occlusion de l'ombilic amniotique, mais l'amnios et l'enveloppe séreuse étaient déjà séparés sur un œul' humain ; de quinze à 18 jours appartenant à Coste, et qui est figuré dans la planche 11 du grand ouvrage de cet auteur sur VHistoire générale et particulière du développement des corps organisés. Ce n'est que vers la fin du premier mois ou le commencement du deuxième, que l'ovule cesse d'être mobile dans l'espèce de chambre ou • de loge qui lui est fournie par la caduque réfléchie et la sérotine ; les villosités du deuxième chorion sont alors nombreuses et bien développées, et ce sont elles qui fixent l'ovule, en s'enracinant pour ainsi dire dans les parois de la chambre où il est contenu.

Il ne semble pas que le deuxième chorion n'ait qu'une existence éphéinère comme le premier, bien qu'il subisse dans sa portion extra-placentaire un processus rétrograde et atrophique des mieux caractérisés. Ainsi Kolliker a pu se convaincre, en examinant l'œuf de quinze à dix-huit jours mentionné ci-dessus, que l'épithéliura qui recouvre les villosités du deuxième chorion est identique à celui des villosités vasculaires, ou villosités du troisième chorion (Entwickl. des Menschen, etc. , etc. ; p. 127). Il semble donc que l'addition d'un peu de tissu cellulaire et un riche développement de vaisseaux transforment directement en chorion définitif l'eHiieloppe séreuse pourvue de villosités et constituant, ainsi que nous l'avons dit, le deuxième chorion. D'où proviennent ces nouveaux éléments anatomiques ? De l'allanto'i'de évidemment, quoique suivant un mode qui est loin d'être connu dans tous ses détails. La vésicule allantoïdienne perdrait toute trace de cavité lorsque, par suite de son accroissement, et surtout de son allongement, elle arriverait à toucher, par le sommet, le deuxième chorion (nommé encore, par quelques auteurs, chorion primitif). Elle se développerait circulairemenl autour du point de contact en une membrane qui, demeurant constamment appliquée à la face interne de l'enveloppe séreuse, la doublerait dans une étendue progressivement croissante, jusqu'à formation et occlusion d'un ombihc allantoïdien en un point diamétralement op})osé au point de départ. Le rôle le plus important de l'allantoïde est de

MEiVIBRANES Llî^ L'ŒUF.

Fig. •2.

Dessin schématique des membranes de l'œuf humain, à une époque assez rap|irochée de lotir constitution définilive, — a, tissu musculaire de la mat)ice; b, embouchure de la tionipe gauche; c,

porter le système des vaisseaux ombilicaux à la surlace de l'œuf, de mauière qu'une anse capillaire terniinule ijéiiètre diins chaque villosité, et fournisse des subdivisions vasculaires, par sou sommet, à toutes les ramifications de cette dernière ; m;iis elle aurait encore un autre rôle qui mérite également considération, c'estde fournir au troisième chorion une deuxième tunique, c'est-à-dire sa tunique interne, entièrement formée de tissu celhilaireet de vaisseaux. Cette composition histologique est d'ailleurs celle du feuillet extérieur de l'allantoïde, feuillet dont l'existence se prolongerait, par la transformation et la destination nouvelle que nous venons d'indiquer, tandis que le feuillet interne périrait au moment ou disparaît la cavité même de la vésicule allantoï- (lieune. Tout ce processus organogénique, sans être rigoureusement démontré, parait très-vraisemblable. Quand il est terminé, à la fin de la deuxième semaine, chez l'homme, la membrane

Choriale, définitivement constituée, est muqueuse utérine devenue feuillet direct de la' ca'

richpment OOUrvne de vaisspqiiY dan-; ''"'•"^ {decidua vera); d, feuillet réfléchi delà UUiemeni pour\ue ae vaisseaux aans caduque (rf«c(rf«a re/Ze^a); e, vésicule ombilicale; toute son étendue, et dans Cbacune de A conduit omphalo-mésemérique ; g, amuios; h,

ses villosités • mais rellp's-ri ne rnnlipn ^^'"^ ''" "'"'°" ombilical; i, cavité de l'amnios, ses viisosiiei, , mais ceiies-Cl ne COntien- contenant, au lieu du liquide amniotique, l'enve-

U:nt pas trace, dans leur intérieur du '"PP^ et le cordon; j, portion non placentaire du

tissu conjonctif qui forme néanmoins la deuxième couche du chorion ; ce a'est que plus tard, pendant la quatrième semaine, qu'on découvre, du tissu cellulaire dans l'axe des villosités. L'extension de la vascularisation à toute la périphérie du chorion a pu être constatée même dans le cours du deuxième mois, bien que la plénitude de son développement tombe du vingt-cinquième au trentième jour. A partir de ce moment, le progrès des vaisseaux, la multiplication des ramifications des villosités, cesse dans toute la portion du chorion qui correspond à la caduque réfléchie, mais persiste, au contraire, avec toute son activité dans la région en rapport avec la sérotiiie, et qui ne tarde pas à se transformer en placenta fœtal (fig. 2 ; /, 7n). Les villosités diamétralement opposées à celles du placenta sont les premières dont les vaisseaux se flétrissent et dispar.iissent, et dont la cavité demeure imperméable et comblée de tissu cellulaire devenu fibreux. Ce processus atrophique s'étend de proche en proche en gagnant du côté de la zone placentaire, en sorte que vers le troisième mois, il y a deux portions très-distinctes du chorion, l'une invasculaire, à peu près lisse, l'autre éminemment villeuse et pourvue de vaisseaux, portions distinguées depuis longtemps par les noms de chorion lœve, et chorion frondosum (fig. 2, y. /). 11 n'est nullement probable d'ailleurs qu'aucune des villosités nées sur le chorion lœve

Dicr. EKC. 2= - ^'i • 2U

choiion, à la surface duquel la production de villosités est liientôt arriHée, et qui, ù la suite de l'atrophie des villosités déjà formées, devient le chorion lxve;k, porliiin encore subsistante de la cavité de la matrice que l'accroissement de l'œuf achèvera bientôt de laire disparaître; Breschet la croyait à tort remplie d'un liquide particulier (|u'il avait nommé hydropérioiie; l, villosités placentaires émises par la portion fœtale placentaire du chorion (chorion frondosum), et formant le placenta fœtal; m, portion intermédiaire on inter-utéro -placentaire de la muqueuse utérine, ou sérotine de Bojanus; on voit les cloisons qu'elle envoie parmi les villosités, dans Tépaisseur du placenta fœtal.

disparaisse jamais d'une manière complète, etCh. Robin, les a toujours retrouvées, solides, fibreuses et invasculaires, sorte de filaments tendineux, ramifiés, à base généralement élargie, qui, demeurant greffés sur la paroi de la caduque, permettent difficilement de la séparer du chorion. Bien plus, au voisinage du placenta les villosités deviennent plus nombreuses et demeurent perméables au sang à des degrés divers ; leur raréfaction apparente est une simple illusion, qui est due à ce qu'elles cessent de se multiplier, tandis que la périphérie de l'œuf s'accroit rapidement en tous sens, ce qui produit une grande dissémination des villosités existantes. Le placenta, au contraire, est presque exclusivement formé de villosités très-développées, puisqu'il n'entre dans sa composition, comme tissu maternel qu'une mince couche de la sérotine, et le réseau de trabécules qu'elle envoie dans son épaisseur; or on sait combien cette épaisseur est considérable à la fin de la grossesse.

L'histoire des périodes évolutives du chorion est la partie la plus intéressante du développement des membranes de l'œuf. Il ne nous reste plus, après les avoir l'ait connaître, qu'à dire quelques mots des deux autres membranes entre lesquelles il est compris, et qui sont ïamnios et la caduque. Nous venons de voir, en traitant du chorion, qu'il existe originellement des connexions intimes eutre lui et l'aninios, puisque l'enveloppe séreuse devient la tunique épitliéliale et externe du troisième chorion, et qu'elle n'est autre chose qu'une partie de ce même feuillet séreux du blastoderme qui produit la tunique épitliéliale et interne de la membrane amnios, la seule qui soit persistante et définitive, comme parait l'être également l'enveloppe séreuse (fig. d ; p. 447). Nous avons exposé ailleurs suivant quel mode se formait l'amnios [voy. t. Ill, p. 742), nous n'y reviendrons pas ici ; mais nous rappelons qu'il est la conséquence de la production des gaines amniotiques, et que de même que celles-ci {voy. fig. 1,2; ks; et fig. 3; iv, bh.; t. I" p. 91 et 93), de même encore que la membrane ventrale primitive qu'elles continuent, il est formé de deux feuillets blastodermiques, représentés: l'un par la tunique interne épithéhale, dont nous parlions à l'instant ; l'autre, par la tunique externe, non représentée sur la figure 1 , et qui prolonge cette moitié du feuillet moyen dédoublé que Baer avait appelée couche musculaire, Remak feuillet cutané, et que l'on désigne souvent sous le nom de lame miisculo-cutanée, Hautnmskelplatte (voy. Blastoderme, t. IX, p. 605). Dans un travail récent de S. L. Schenk [Beitrœge zur Lehre vom Amnion ; in Archiv fiir mikroscop. Anat. de Max Schultze, t. "Vil, troisième fascicule, p. 192, 1871), publié postérieurement à l'article amnios de ce dictionnaire, un plus haut degré de complication est admis dans la composition de cette membrane, en concordance non-seulement avec l'observation directe, mais encore avec la doctrine du même auteur sur les éléments anatomiques de la lame ^nusculo-cîitanée, lesquels étant destinés à former les revêtements de la cavité pleuro-péritonéale, et ne se métamorphosant jamais en tissu conjonctif, dans n'importe quelle région de l'embryon, ne peuvent rendre compte de la nature histologique de la tunique externe de l'amnios (Beiti^ag z. Lehre yonden Organanlagen im motorischen Keimblatte ; in Sitzungsberichte der k. Àcad. der Wissenschaft. Wien, LVll Bd. II. Abth. 1868). Il est vrai qu'on trouve cette membrane exclusivement formée de deux couches de cellules, en continuité avec les deux feuillets blastodermiques précités, quand on l'examine dans les premiers temps de sa formation, et même jusqu'à l'époque de l'occlusion complète de l'ombilic amniotique. Mais plus tard une troisième couche de cellules vient s'interposer aux deux qui nous sont connues, et si on en ( herclie

MEMBRANIÏS DL L'ŒUF. 451

l'origine, du côté de l'embryon, on la trouve aux lames vertébrales, situées de chaque côté de la moelle et de la corde dorsale, entre elles et les bords internes des feuillets moyens. Cette couche intermédiaire doit être considérée comme la source des éléments non-épithéliaux de l'amnios. Elle apparaît d'abord à la base des gaines, et, continuant de s'insinuer entre les deux couches interne et externe, elle arrive d'une manière progressive jusqu'au lieu où s'est fermé l'ombilic amniotique. A partir de cet instant, la tunique externe de l'anniios, prolongement de la lame musculo-cutanée, entre dans une période alrophique, pendant lai|uelle on voit les cellules qui la composent s'amoindrir, s'aplatir, et finir par disparaître complètement, sans qu'il demeure une trace quelconque de la tunique externe tout entière. Quant aux éléments de la couche intermédiaire, issue de la lame vertébrale, et devenue maintenant tunique externe de l'amnios, il est très-vraisemblable qu'elles résultent, pour une part, de la segmentation des cellules préexistantes de la lame vertébrale, et, pour une autre part, de la métamorphose d'éléments qui ont traversé les parois des vaisseaux sanguins. Ces éléments ne tardent pas d'ailleurs à revêtir les caractères que l'on reconnaît au tissu conjonctif embryonnaire, depuis les recherches de Obersteiner et de Kuzneroff {Sitzungsbericlite derk. Wiener Académie der Wissenschaften, LVI. Ed., II Abth, 1867). L'amnios, au moment de l'occlusion de son ombilic, est si étroitement appliqué à la surface de l'embryon qu'il faut quelque attention pour l'en distinguer ; mais il s'accroît avec tant de rapidité, et sa cavité devient si spacieuse, que la production d'une quantité de plus en plus grande de liquide amniotique est rendue nécessaire pour combler l'espace laissé inoccupé par l'embryon. Il résulte de l'agrandissement progressif des diamètres de l'amnios, que la surface externe se rapproche incessamment de la surface interne du chorion, et que l'espace qui existait d'abord entre ces deux sphères membraneuses, et qui était rempli d'un liquide particulier de la nature albumineuse, tend à disjiaraître. Néanmoins, l'amnios n'arrive jamais au contact immédiat du chorion ; une mince couche d'alburaine coagulée et inorganisée, reliquat ultime du liquide extra-amniotique, demeure interposée entre eux deux , de même que la vésicule ombilicale (fig. 2 ; e), qui se conserve pendant la durée entière de la gestation. La tunica média de Birschoif, le magma réticulé de Yelpeau, ne sont autre chose que cette albumine coagulée, et ne présentent conséquemment aucune importance. Elle n'empêche aucunement d'ailleurs l'adhésion de l'amnios au surplus des membranes de l'œuf, adhésion qui devient même assez intime pour rendre assez difficile, dès le milieu de la grossesse, l'isolement de lambeaux considérables de l'amnios.

Mous terminerons cet exposé par quelques lignes résumant les principaux faits relatifs au développement de la caduque. C'est la plus superficielle des membranes de l'œuf, et celle dont l'origine est maternelle. On sait qu'à chaque période menstruelle, l'arrivée imminente d'un simple ovule infécondé dans la cavité de la matrice, suffit à imprimer un mouvement évolutif à la muqueuse de cet organe. Le mouvement ne tarde pas à s'arrêter alors, tandis qu'il se continue, s'il y a en fécondation, pour aboutir à la formation des caduques. Par leur orignie, elles ne sont autre chose que les différentes parties de la muqueuse du corps de la matrice, accrues et transformées pour s'adapter à la fonction de fixer l'ovule, après sa chute, et de le rattacher intimement à l'organisme de la mère ; aussi perdentelles toute raison d'être au moment de l'accouchement, et, devenues inutiles, elles sont expidsées au dehors. Lorsque l'ovule fécondé arrive dans la matrice, la muaueuse cfU corps est en voie d'accroissement considérable, à la fois suivant

l'épaisseur et la superficie. Acquérant plus d'étendue que la paroi musculaire sur laquelle elle s'applique, elle forme de gros plis, dans l'un desquels, suivant toufe apparence, l'ovule se trouve arrêté. Dans le voisinage immédiat de l'ovule, la muqueuse, stimulée pour ainsi dire avec excès dans son travail évolulif, se soulève comme pour l'envelopper, atteint son équaleur, le dépasse, et produit, à l'antipode du point de contact de l'ovule avec le fond de l'utérus, une sorte d'ombilic qui ne tarde pas à se lermer. La muqueuse utéi'ine a produit ainsi, au sein de sa propre cavité, une cavité distincte, close de toutes parts et occupée par l'ovule. L'accroissement de cette deuxième et récente cavité amène peu à peu la réplétion, et finalement l'occlusion de la première (fig. 2; A;). Avant que ce dernier résultat soit atteint, on peut distinguer trois parties distinctes à la caduque: l'une circonscrivant la portion de l'ovule qui fait saillie dans la cavité de la matrice, c'est la caduque réfléchie; les deux autres en rapport avec le tissu musculaire utérin, et appelées caduque hiter-utéro-placentaire ou serotine, et caduque directe ou -pariétale; de celles-ci, la première occupe normalement le fond de l'utérus et est en rapport avec la zone placentaire du chorion, la deuxième revêt le surplus de la surface interne de la cavité somatique (fig. 2 ; m, c). Nous avons dit à l'article caduque, auquel nous renvoyons le lecteur pour les détails, que le procédé d'inclusion de l'ovule parla caduque réfléchie iQ\ que iioi;s le décrivons, n'est expérimentalement et positivement connu que dans son résultat final, mais qu'on jicut le considérer comme très-vraisemblable dans l'ensemble de ses détails, et qu'il s'achève avant la fin de la deuxième semame, époque à laquelle l'embryon et la vésicule ombilicale suffisent encore à remplir presque entièrement la cavité de l'œuf ou du chorion, et où lamnio.s est à peine distant du corps de l'embryon; état en somme très-analogue à celui représenté par la figure 1. La cavité de la caduque réfléchie qui, vers la même époque, est comparable en grandeur à une noisette, par son accroissement incessant amène finalement en contact intime les doux caduques directe et réfléchie. Le contact se transforme en adhésion du cinquième au sixième mois, en procédant successivement de la région du placenta vers celle du col; en sorte qu'au huitième mois, par exemple, c'est à peine si les deux caduques demeurent sépai'ées sur une zone de 3 à 4 centimètres de hauteur, à partir de l'orifice interne du col pour remonter vers le fond de la matrice. En réalité, au terme de la grossesse, les deux caduques sont confondues en une membrane unique, jaunâtre, fibro-lamelleuse, et n'ayant plus qu'une épaisseur d'environ un demi-millimètre. On voit combien la muqueuse utérine a dû perdre de l'épaisseur qu'elle avait acquise aux débuts de la gestation. Elle subit donc un processus atrophique, particulièrement dans ses vaisseaux et ses glandes, qu'on remarque en premier lieu dans la caduque réfléchie, et qui affecte déjà la zone antiplacentaire dans le cours du troisième mois; à la fin du quatrième mois, elle est déjà amincie au point d'être devenue translucide, et elle finit par se transformer en une mince pellicule invasculaire. La période atrophique ne s'établit qu'à une époque beaucoup plus reculée dans la caduque utérine; vraisemblablement elle est en étroite dépendance avec le processus de coalesctiuce des deux caduques ; ainsi, au troisième mois, on observe qu'elle possède encore un beau réseau vasculaire sous-épithélial, encore même que ses capillaires n'ont pas tous atteint leur entier développement. Quant à la serotine, sa partie la plus superficielle est seule caduque, ainsi que le réseau des cloisons qu'elle envoie dans l'épaisseur du placenla entre les cotylédons et leurs subdivisions; elle n'entre donc que pour une faible part dans la constitution des secondiues. Cami'AxXa.

SÎEMKRES (ANATOMiE). 453

MEiiBîSES. § I". Anatomie générale. Les membres sont des appendices mobiles, situés et attachés sur les parties latérales du tronc chez la plupart des animaux, et généralement destinés à la locomotion, à la préhension, et à l'accomplissement de tous les grands mouvements. Le nombre et la forme de ces parties diffèrent beaucoup dans la série animale ; mais nous ne devons nous occuper ici que des membres de l'homme.

Chez l'homme, les membres sont au nombre de quatre, et symétriquement disposés, ils se distinguent en supérieurs ou thoraciques et inférieurs ou abdominaux ; ces derniers sont encore désignés sous le nom de membres pelviens. Les uns et les autres présentent une remarquable analogie de structure, et il n'y a de différences entre eux que celles qui sont commandées par la différence de leurs fonctions.

Les membres sont formés de quatre segments qui se correspondent ; le membre supérieur est formé par l'épaule, le bras, l'avant-bras et la main; le membre inférieur, par la hanche, la cuisse, la jambe et le pied.

L'étude complète de l'anatomie et de la pathologie de chacune de ces régions sera faite dans des articles spéciaux (Epaule, Eras, Avant-Bras, etc.); nous n'avons à traiter que de l'anatomie et de la pathologie générales des membres exanunés dans leur ensemble.

Les considérations anatomiqnes et pathologiques auxquelles donnent lieu l'épaule et la hanclie, dillèrent totalement de celles qui appartiennent aux autres segments des membres, et ne pounaicnt rentrer alors dans notre description générale. On trouvera ce qui concerne ces régions auK articles qui leur sont cousacrés. Nous ne faisons que suivre l'exemple de A. Bérard qui, se plaçant au point de vue chirurgical, dit que Ton ne peut regarder l'épaule et la hanche comme faisant partie des membres.

Conformation extérieure. Les membres ont la forme d'un cylindroïde allongé ; leur surface présente des saillies dues au soulèvement de la peau par les muscles et les apophyses osseuses qui sont au niveau des articulations. Entre ces saillies se trouvent des dépressions, des fossettes, des sillons. Ces irrégularités de la surface externe tendent à disparaître à mesure que la couche cellulograisseuse sous-cutanée augmente d'épaisseur. Chez la femme, elles sont moins sensibles que chez l'homme, ce qui tient à l'épaisseur plus considérable du tissu graisseux sous-cutané, au volume moindre des muscles et des extrémités osseuses.

La connaissance des saillies et dépressions de la surface externe des membres, importe à l'artiste et au chirurgien. L'artiste doit même connaître avec plus de précision, l'anatomie des membres que celle du tronc ; en effet, la sculpture a bien moins de formes conventionnelles, de formes adoptives, pour les membres que pour le tronc. Les statues antiques présentent beaucoup de formes conventionnelles sur la face antérieure du corps.

Le chirurgien utilise les saillies musculaires comme points de répète, pour aller à la recherche des vaisseaux et des nerfs situés dans la profondeur des membres ; les plis, les sillons, qui existent au niveau des articulations servent à trouver la situation des interlignes articulaires et peuvent guider dans les opérations.

Les membres supérieurs sont moins volumineux que les inférieurs, leurs os sont plus grêles et plus légers. Lenrs divers segments présentent avec le tronc des rapports intéressants : le bras descend jusqu'au niveau de l'ombilic; l'avantbras jusqu'à l'ai'ticulation de la hanche, et l'extrémité des doigts jusqu'au-dessous du milieu de la cuisse.

454 MEMBRES (anatomie).

Les membres inférieurs ont des os plus solides, et qui se correspondent par des surfaces plus larges ; ce que ces membres gagnent en solidité, ils le perdent en agilité.

La longueur moyenne des membres, d'après les recherches de Sappey, est de 0°',7oO pour les membres supérieurs et de 0'",859 pour les membres intérieurs, chez riiomme; chez la femme, les premiers ont une longueur de 0'",686 et les seconds de 0'",795. Chez l'un et l'autre, les membres abdominaux l'emportent donc sur les thoraciques de 11 centimètres.

Superposition et structure des plans. Nous les étudierons successivement en allant de la profondeur à la superficie.

1° Os. Le squelette des membres est composé d'os longs, qui augmentent de nombre et diminuent de volume à mesure que l'on s'éloigne du tronc. Le bras et la cuisse n'ont qu'un seul os, l'humérus et le fémur, qui occupe l'axe du membre et qui est enveloppé de tous côtés par une couche épaisse de muscles.

L'avant-bras et la jambe possèdent chacun deux os, à peu près parallèles (le radius et le cubitus, le tibia et le péroné), qui laissent entre eux un intervalle nommé espace interosseux ; les deux os sont beaucoup plus rapprochés de la peau que dans le segment précédent. Ainsi, le tibia est sous-cutané dans toute l'étendue de sa face interne ; à l'avant-bras, le bord externe du radius et celui du cubitus sont reconnus facilement à travers la peau, surtout à leur partie inférieure.

Le squelette de la main et du pied est formé par un nombre d'os beaucoup plus considérable, qui sont disposés en trois séries ; la première ne renferme que des os courts, les deux dernières ne renferment que des os longs. Des deux flices du squelette de la main et du pied, l'une est presque sous-cutanée, l'autre est recouverte par une couche épaisse de parties molles.

Le carpe et le tarse sont constitués par des os courts, réunis entre eux transversalement, de manière à représenter plusieurs séries mobiles les unes sur les autres ; ces os sont au nombre de huit dans le carpe (scaphoide, semi-lunaire, pyramidal, pisiforme, trapèze, trapézoïde, grand os et os crochu), et de sept dans le tarse (calcanéum, astragale, scaphoïde, cuboïde, les trois cunéiformes).

Le métacarpe et le métatarse sont formés par cinq colonnes osseuses assez grêles, parallèles entre elles et dont les espaces interosseux sont remplis par des muscles. Enfin, les phalanges continuent les colonnes osseuses du métacarpe et du métatarse, et représentent une sorte de colonne brisée en deux fragments pour le pouce et en trois pour les autres doigts ou orteils ; ces os sont situés au milieu des parties molles.

2° Articulations. Le bras et la cuisse s'articulent avec le tronc par une énarthrose. L'articulation scapulo-humérale est, de toutes les articulations du corps, celle qui permet les mouvements les plus étendus, ce qui tient à ce que la tête liuniérale répond à une cavité plus petite qu'elle et à ce que la capsule est trèslàcbe, et permet un écartement considérable des deux os. L'articulation coxofémorale est beaucoup plus serrée et jouit de mouvements moins étendus ; la tète fémorale est reçue dans une cavité profonde qui l'embrasse exactement, elle est entourée par un manchon fibreux dont la tension limite bientôt les meuvements du menobre.

Les articulations du bras avec l'avant-bras, de la cuisse avec la jambe sont des articulations trochléennes ou ginglymes angulaires ; mais les articulations du coude et du genou sont loin de se ressembler complètement. Au coude, les sur-

MEMBRES (anatomieV 4ù5

faces articulaires se correspondent exactement, au genou il n'en est plus ainsi, deux fibro-cartilages sont interposés entre les surfaces, aussi Sappey en iait-il une articulation bitrochléenne.

Les articulations qui réunissent les deux premiers segments des membres permettent surtout les mouvements de flexion et d'extension. Sappey admet en outre que des mouvements d'inclinaison latérale peuvent se passer dans l'articulation du coude, et qu'on les rencontre aussi dans l'articulation du genou, mais seulement qnnnd cette dernière est déjà en demi-flexion; de plus, dans cette même position, la rotation de la jambe sur la cuisse pourrait se faire autour d'un axe vertical passant par la tubérosité interne du tibia.

Les seconds segments des membres possèdent deux os: dans la jambe, ces deux os peuvent être considérés comme étant immobiles l'un sur l'autre, et comme ayant une position invariable ; à l'avant-bras, au contraire, ils se déplacent l'un sur l'autre. Lorsque le membre est en supination, les os de l'avant-bras sont à peu près parallèles entre eux et à l'axe du membre; s'il est en pronation, le radius croise le cubitus. Dans la position normale des bras pendant le long du tronc, le dos de la main regarde en dehors, la paume en dedans et le pouce en avant ; le radius a subi un léger mouvement de rotation autour du cubitus, l'avant-bras est dans une très-légère pronalion. La mobilité des deu\ os de l'avant-bras, donne à la main des mouvements que l'on ne retrouve pas au pied.

Les articulations qui unissent les deu\ derniers segments des membres entre eux, la main avec l'avant-bras, le pied avec la jambe, ne sont pas conformées sur un type analogue ; l'articulation radio-carpienne est uni-condylienne et jouit de mouvements très-étendus, l'articulation tibio-tarsienne, appartenant à la classe des articulations trochléennes, a des mouvements moins nombreux et moins étendus.

Les articulations des os du carpe et celles des os du tarse, complètent, par la disposition de leurs surfaces, 'les mouvements précédents. Quant aux articulations des 05 du métacarpe, du métatarse et des phalanges, elles sont conformées sur le même type dans les deux membres, avec celte différence importante cependant, qu'à la main le premier métacarpien est indépendant des autres, ce qui permet les mouvements d'opposition du pouce.

5^ Muscles. Les muscles des membres sont presque tous des muscles longs, les uns sont rubannés, les autres ont leur partie moyenne renflée, plus volumineuse, ils sont fusiformes. Les extrémités des muscles sont terminées par des tendons ou des rubans aponévrotiques ; les tendons de l'extrémité mférieure des muscles ont souvent une longueur considérable : ils glissent dans des gaines séreuses, gaines synoviales tendineuses, qui sont spéciales aux muscles des membres, et que l'on trouve surtout autour des articulations. La partie charnue du muscle répond, en général, à la partie moyenne de chaque segment du membre, tandis que les tendons se rencontrent au niveau des articulations. Ainsi, le tiers inférieur de l'avant-bras et de la jambe renferme un grand nombre de tendons et peu de fibres charnues. Quelques chirurgiens, jugeant que dans toute amputation on doit conserver des lambeaux musculaires, rejetaient, en conséquence, toutes les amputations pratiquées à la partie inférieure de l'avantbras ou de la jambe. Aujourd'hui cette opinion n'est pas acceptée et avec juste raison; les muscles, en effet, sont inutiles en tant que muscles dans l'épaisseur des lambeaux, ils ne servent que par la quantité de vaisseaux et de tissu cellu-

456 MEMBRES (anatomie).

Jaire qu'ils renferment, et viennent alors augmenter la vitalité des lambeaux, quand la peau et le tissu cellulaire sous-cutané sont trop minces et trop peu vascul aires.

La disposition des fibres musculaires varie dans les muscles selon qu'ils sont superficiels ou profonds. Dans ces derniers, les fibres sont plus courtes, elles s'insèrent par une de leurs extrémités aux os, ou aux cloisons aponévrotiques et se rendent obliquement vers un tendon ; les fibres, superposées ainsi, comme dans les muscles penniformes, présentent donc une longueur beaucoup moindre que celle du corps charnu du muscle auquel elles appartiennent. Dans les muscles superficiels, les fibres s'insèrent par leurs deux extrémités sur des tendons, et ont ainsi une longueur beaucoup plus grande et presque égale à celle du corps charnu du muscle.

Les muscles des membres sont disposés en général eu deux couches, l'une superficielle, l'autre profonde.

Ceux de la couche superficielle s'insèrent souvent par leurs deux extrémités sur les os qui s'articulent avec le segment de membre dont ils font partie, s?,ns avoir de rapport direct avec le squelette même de ce segment; ainsi, le couturier s'insère sur l'iliaque et le tibia et non sur le fémur, le biceps humerai s'insère sur l'omoplate et le radius et non sur l'humérus. Les muscles de la couche profonde, au contraire, vont le plus souvent d'un os à l'os inférieur, le brachial antérieur va de l'humérus au cubitus.

La disposition des couches musculaires varie selon les différents segments des membres ; dans les segments à un seul os, elles forment autour de ce dernier une sorte de cylindre régulier qui permet l'emploi de procédés d'amputation que 1 oa ne pourra appliquer sur les segments de membres à deux os. Ceux-ci, par fexistence des espaces interosseux, présentent des espèces de gouttières dans lesquelles sont renfermés les muscles. On ne pourra donc faire d'amputation par les sections successives des muscles d'après les procédés de Desault et de Dupuytren, il faudra avoir recours aux manchettes de peau ounux lambeaux. Toutes les méthodes d'amputation sont applicables, au contraire, dans les segments^de membre à un os.

La connaissance exacte des rapports des couches musculaires et de la longueur des fibres charnues importe au chirurgien dans la pratique des opérations. Le raccourcissement d'un muscle contracté est en raison directe de la longueur de ses fibres ; si l'on coupe un muscle en deux parties par une incision transversale, la portion la plus longue se rétracte plus que l'autre. Il en résulte que dans une amputation, la rétraction des muscles de la couche superficielle sera plus considérable que celle des muscles profonds ; d'où l'aspect conique que prend la surface de section. C'est pour éviter la conicité des moignons que Louis et Desault ont proposé découper les couches musculaires en plusieurs temps. Ou incise d'abord la peau, puis la couche superficielle des muscles au ni\cau de la peau rétractée, et enfin la couche profonde au niveau de la ligne où s'arrête la rétraction de la couehe superficielle. On a alors un cône creux dont le sommet est en haut sur l'os, au lieu d'un cône plein dont la base était en haut sur la peau.

En certains points, ce procédé ne donne pas des surfaces de section bien régulières, ce qui est dû à la différence de rétractilité des muscles, les uns se retirant plus haut que d'autres. On pourra combattre cet inconvénient par l'emploi du procédé de Dupuytren ; après avoir incisé la peau, on coupe simultanément les deux couches musculaires jusqu'à l'os : les muscles se rétractent et forment un

MEMBRES (anatomie). 457

cône plein à sommet inférieur, ou pratique alors une nouvelle section des muscles en portant le couteau au niveau de la base du cône.

Les deux couclies musculaires jouissent donc d'une certaine indépendance, l'un par rapport à l'autre, ce que l'on remarque encore pendant une amputation, quand l'aide chargé de faire la rétraction du moignon, tend à ramener les chairs vers la partie supérieure du membre ; on voit alors que les muscles superliciels ghssent facilement sur les couches profondes, tandis que celles-ci sont retenues en partie parleurs insertions aux os.

Ajoutons que quand on pratique une amputation sur la partie supérieure d'un des segments des membres, la rétraction des chairs est moins considérable, les muscles étant coupés à peu de distance de leur insertion supérieure.

La disposition des couches musculaires a encore nnn certaine influence sur les déplacements des fractures. Les muscles profonds, parleurs rapports immédiats avec les os, par leurs insertions sur kdiaphyse, tendent à maintenir les fragments au contact; les muscles superficiels, au contraire, tendent à leur imprimer un déplacement angulaire ou suivant la longueur.

4*' Aponévroses. Les membres sont enveloppés par une sorte de cylindre aponévrotique qui s'étend dans toute leur hauteur ; ces aponévroses d'enveloppe sont situées au-dessous de la peau et recouvrent les muscles, les os, les vaisseaux et les nerfs.

La face externe des aponévroses est recouverte par une couche de tissu cellulaire lâche, le fascia superficialis, qui permet le glissement de la peau sur l'aponévrose. Cette disposition a été mise à profit par J. L. Petit dans son procédé d'amputation circulaire; au lieu de retourner la manchette de peau et de disséquer, successivement, il se contente de faire tirer la peau directement par en haut ;la la^;ité du tissu cellulaire est quelquefois telle, que cette rétraction de la peau suffit pour donner une longue manchette ; dans la désarticulation radiocarpienne par la méthode circulaire, on peut employer ce procédé sur la face dorsale du poignet, ouvrir l'articulation et tailler de dedans en dehors la portion palmaire de la manchette.

Le peu d'adhérence de la peau à l'aponévrose, vers la partie moyenne des segments de membre, a encore pour résultat de faciliter le décollement de la peau dans les traumatismes. Je dois ajouter que les aponévroses reçoivent leurs vaisseaux du tissu cellulaire sous-cntanc ; leur nutrition est alors liée à celle de la peau et les décollements de cette membrane peuvent amener une mortification partielle de l'aponévrose. C'est peut-être à cette cause que 1 on peut rattacher la persistance de certaines fistules sous-cutanées, à la suite de suppurations superîicielles=

De la face interne des aponévroses des membres, se détachent des lamelles .%reusès qui vont s'insérer sur les os qui occupent le centre de la région, et divisent ainsi le cylindre aponévrotique principal en plusieurs cavités secondaires, dans chacune desquelles se trouve contenu un groupe particulier de muscles. Ces loges secondaires sont elles-mêmes divisées en autant de compartiments qu'elles contiennent de muscles. Les cloisons qui vont de l'aponévrose aux os sont résistantes, assez épaisses, tandis que celles qui isolent les muscles les uns des autres sont beaucoup plus minces, presque cellulaires. A ces canaux fibreux qui sont dans l'épaisseur des membres, il faut ajouter une gaine fibro-cellulaire spéciale qui renferme les troncs vasculaires et nerveux; ainsi au bras, la gaine des vaisseaux et des nerfs forme une sorte de canal, qui tend à établir une communication

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entre le tissu cellulaire de l'aisselle et celui du coude. On comprend que, dans certains cas donnés, la présente de ces cloisons fibreuses puisse avoir de l'influence sur la direction des épanchements sanguins et purulents.

Les aponévroses d'enveloppe de chaque segment de membre se continuent entre elles au niveau des articulations. En ce point, elles prennent des insertions sur les apophyses des extrémités osseuses, et reçoivent quelques faisceaux de renforcement qui leur viennent des tendons. Ces expansions tendineuses ont en outre pour fonction de tendre les aponévroses, fonctions qu'elles partagent quelquefois avec certains muscles, dits muscles tenseurs des aponévroses.

Au niveau des articulations, les aponévroses sont généralement très-résistanles, de plus en certaines régions, elles présentent une disposition particulière qui a pour but d'empêcher les tendons de sortir de leurs gaines. Cette disposition se rencontre au poignet, au cou-de-pied et au niveau des articulations des phalanges; en tous ces points, les aponévi'oses présentent des faisceaux de renforcements transversaux (les ligaments annulaires) qui jouent, par rapport aux tendons, le rôle de pouUes de renvoi.

Notons encore que les aponéfroses ne présentent pas partout la même épaisseur et qu'elles offrent de petites ouvertures arrondies ou losangiques qui donnent passage aux ramifications vasculaires et nerveuses et peuvent faciliter l'issue au dehors du pus qui vient des parties profondes.

Chez l'adulte, dont le système musculaire est bien développé, les gaines apoaévTotiques sont exactementappliquées sur les muscles, auxquels elles servent depoint d'appui pendant leurs contractions et dont elles empêchent aussi les déplacements. D'après Bérard, il n'en serait plus de même chez les vieillards ou chez les individus qui ont subi un amaigrissement rapide, sous l'influence d'une maladie quelconque. Dans ces cas, les muscles sont devenus très-gréles et les aponé^Toses n'ayant pas éprouvé un retrait proportionnel à celui des muscles, ceux-ci ne sont plus alors exactement maintenus par leurs gaines. Béiard en tire comme conséquence, que dans les amputations il sera plus difficile de fixer les chairs et d'en faire une section régulière.

Une conséquence qui semble plus importante, c'est le trouble que cet étal doit amener dans les fonctions des muscles. — 11 est nécessaire à la régularité et surtout à la précision des mouvements, que le muscle soit maintenu, non-seulement par les insertions de ses extrémités aux os, mais encore par la pression qu'exercent sur lui l'aponévrose et les muscles voisins. Si les muscles sont grêles, s'ils ne remplissent pas leurs loges fibreuses, on peut supposer qu'il en résultera un trouble dans la précision des mouvements et aussi une diminution de leur énergie.

Je terminerai en disant que dans les amputations circulaires à manchette, il faut avoir soin de ne pas comprendre l'aponévrose d'enveloppe dans la première incision, car celte membrane fixée aux os par ses prolongements internes ne se rétracte pas et gêne la dissection de la manchette.

5" Artères. Les artères des membres émanent d'un tronc unique placé à la racine du membre. Ce tronc se divise en deux branches principales au niveau du second segment des membres et chacune d'elles se divise encore au moment oii el'e arrive au dernier segment.

Les artères du membre supérieur viennent de l'humérale, qui se bifurque au pli du coude, pour former les artères radiale et cubitale, lesquelles donnent à la main les arcades palmaires. L'artère humérale naît à droite du tronc brachio-cépha-

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lique, par l'intermédiaire de l'axillaire et de la sous-clavière ; à gauclic, elle naît directement de la- crosse de l'aorte par les mêmes intermédiaires. Cette différence d'origine entre les deux artères a été considérée comme pouvant rendre compte de la difiérence qui existe, sous le rapport de la vigueur, entre le membre supérieur droit et le membre supérieur gauclie. On a constaté aussi que quelquefois les artères du côté droit sont un peu plus volumineuses que celles du côté gauche, différence qui, comme le fait remarquer Cruveilhier, peut n'être que consécutive à un exercice plus fréquemment répété du côté droit que du côté gauche.

Le tronc artériel du membre supérieur occupe toujours le côté de la flexion, où il est en même temps ujieux protégé. Il fournit autour des articulations, un grand nombre de branches anastomotiques qui établissent une circulation collatérale, destinée à remplacer celle du tronc principal quand celui-ci est oblitéré. Ces anastomoses existent dans chacune des couches principales du membre; on irouve ainsi des rameaux cutanés, musculaires, périostiques, osseux et quelquefois nerveux.

C'est grâce à ces anastomoses, que la circulation peut se rétablir après les ligatures. Si l'humérale est liée à sa partie supérieure, les anastomoses avec l'axillaire étant peu considérables, le sang ne passe que par les rameaux musculaires, et par les branches récurrentes de l'artère humérale profonde qui s'abouchent avec les artères circonflexes, thoraciques et scapulaires. Si l'humérale est liée à sa partie inférieure, le sang passe de ses collatérales externe et interne, dans les récurrentes radiales et cubitales. Au poignet, la circulation peut se rétablir par les branches carpiennes antérieure et postérieure ; à la main et aux doigts, par les arcades anastomotiques.

Dans les premiers segments du membre supérieur, il n'y a qu'un seul système artériel, un ou plusieurs troncs situés au centre du membre, donnent des branches collatérales, qui se dirigent vers la périphérie et qui se rendent à toutes les parties constituantes. A la main, au contraire, les artères sont très-nombreuses et forment deux systèmes : l'un superficiel, l'autre profond; ce dernier est appliqué sur les os, et est protégé contre la pression que peut subir la paume de la main. On peut dire, avec Cruveilhier, que cette disposition des artères de la main a pour but d'assurer la circulation, quand l'arcade superficielle est comprimée pendant l'acte de la préhension, quand on serre fortement un objet, par exemple.

Les artères du membre inférieur viennent de la fémorale, qui se continue avec la pophté et se divise au-dessous du genou, pour former l'artère tibiale antérieure et le tronc tibio-péronier. Ce dernier ne tarde pas à se diviser en artère péronière et artère tibiale postérieure ; les deux artères tibiales fournissent les rameaux destinés au pied. Dans cette région on ne retrouve plus, comme cà la main, deux systèmes artériels : l'un superficiel, l'autre profond; l'analogue de l'arcade palmaire superficielle manque ; la compression, d'une semblable arcade était encore plus .à craindre au pied qu'à la main, aussi la circulation supplémentaire est-elle reportée à la face dorsale. En ce point, le pied possède, en effet, des vaisseaux beaucoup plus importants que la main. Quant à l'arcade plantaire, elle est profondément située, et est protégée par la disposition en voûte de la plante du pied. Autour des articulations du membre inférieur, on trouve également un grand nombre de branches anastomotiques, qui occupent aussi les différentes couches du membre.

Ces anastomoses rétablissent la circulation quand on lie le tronc principal. Si l'artère fémorale est liée au-dessus de la fémorale profonde, le sang est amené

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dans le membre inférieur parles artères fessière, ischiatique et honteuse interne, qui s'unissent aux récurrentes de la cuisse ; mais c'est surtout l'artère obturatrice qui joue alors un grand rôle dans le rétablissement de la circulation. Si k ligature de la iémorale porte au-dessous de la fémorale profonde, la circulation se rétablit facilement par les anastomoses des divisions de cette dernière artère, avec les articulaires du genou.

Dans la ligature de l'artère poplitée, la circulation peut se rétablir aussi avec facilité ; le sang arrive de la cuisse par les musculaires de la fémorale, par la grande anastomolique et aussi par les articulaires supérieures, et se rend dans le réseau des articulaires et dans les récurrentes tibiales. Au niveau du cou-de-pied, les trois artères de la jambe s'anastomosent entre elles; si l'on fait la ligature de l'une d'elles, les deux autres ramènent le sang dans le bout inférieur.

Structure des artères des membres. Les artères ne présentent pas absolument la même structure dans les dilférentes régions du corps, nous devons donc indiquer les particularités de leur structure dans les membres; ce que nous ferons d'après les recherches de Gimbert, élève du professeur Robin.

Sur les artères du membre supérieur, la tunique externe, toujours formée des mêmes éléments, présente des différences dans leur arrangement ; dans l'humérale, les fibres élastiques forment autour de la tunique moyenne une enveloppe résistante; dans la cubitnle, ces fibres perdent de leur importance, la tunique externe devient celluleuse dans toute son épaisseur ; dans les artères de la main et des doigts, il n'y a plus que quelques fibres élastiques.

La tunique moyenne conserve la même épaisseur, depuis l'humérale jusqu'à l'arcade palmaire ; dans l'humérale, les fibres musculaires sont plus nombreuses que dans l'axillaire; mais elles augmentent encore relativement dans la cubitale et la radiale, pour acquérir leur importance maximum dans l'arcade palmaire.

Quant à la tunique interne, elle présente partout la même structure dans le membre supérieur.

Sur les membres inférieurs, on trouve les particularités suivantes dans la structure des artères. La tunique e;terne offre des faisceaux élastiques nombreux, qui forment un feutrage inextricable sur la tunique moyenne. Ces faisceaux sont plus abondants dans la fémorale que dans les iliaques primitive et externe. Leur nombre prédomine surtout vers l'anneau du troisième adducteur. A partir de ce point, la tunique externe perd graduellement de sa richesse en fibres élastiques; elles sont moins nombreuses sur le tronc tibio-péronier, la tibiale, la péronière. Dans les terminaisons de la pédieuse, des plantaires, il n'y a plus de faisceaux élastiques, mais seulement des fibres isolées.

La tunique moyenne diminue d'épaisseur, de la fémorale à la pédieuse, en proportion directe du calibre des vaisseaux. Cependant Gimbert a noté trois fois des augmentations d'épaisseur au niveau des bifurcations. Il semble, dit-il, que l'artère s'épaississe, pour fournir plus d'éléments aux branches qui eu dérivent immédiatement, et augmenter son action directrice sur la colonne sanguine qui, en ce point, éprouve une certaine résistance de la part des éperons artériels. Les fibres musculaires augmentent à mesure que l'on se rapproche du pied; dans l'artère poplitée, dans l'origine des artères de la jambe, la tunique moyenne renferme beaucoup de fibres musculaires qui sont séparées par de la matière amorphe. Ces fibres augmentent encore dans les péronière, tibiale, pédieuse, et se présentent en quantité considérable dans les plantaires et les collatérales des orteils-

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La quantité ries fibres musculaires, examinée sur une même étendue de tunique moyenne, augmente donc, en raison directe de la diminution de calibre des vaisseaux.

La tunique interne, ici comme dans les membres supérieurs, ne change pas, elle reste à peu près invariable, depuis l'arcade fémorcde jusqu'aux orteils.

6» Veines. Les membres possèdent un seul système artériel ; ils ont, au contraire, deux systèmes veineux, l'un superficiel, l'autre profond.

Les veines superficielles ou sous-cutanées tirent leur principale origine du dernier segment des membres, de la main et du pied ; leur, volume, dans ces régions, ne répond pas à celui de vaisseaux destinés à recevoir le sang qui vient de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané ; mais comme une grande partie du sang qui arrive par les artères palmaires et plantaires revient par les veines dorsales, celles-ci forment alors l'origine des veines superficielles. Ces dernières sont situées dans l'épaisseur du tissu cellulo-adipeux sous-cutané, et glissent sur l'aponévrose en même temps que la peau.

Les veines profondes accompagnent les artères et sont situées, en général, sur un plan plus superficiel que celles-ci. Chaque artère a deux veines satellites, qui s'anastomosent souvent entre elles de façon à former un plexus qui gêne beaucoup dans la ligature de certaines artères. Ces plexus s'observent surtout autour des artères cubitale, humérale, péronière, tibiale postérieure.

La fémorale n'est accompagnée que par une seule veine ; il y en a deux pour toutes les autres artères des membres.

Les deux plans de veines, le superficiel et le profond, communiquent entre eux par des canaux anastomotiques larges et courts, qu'on rencontre surtout au niveau des articulations. Gnice à ces anastomoses, les veines sous-cutanées forment une voie collatérale qui facilite le retour du sang.

Les veines des membres présentent un grand nombre de valvules ; elles sont plus nombreuses dans les veines profondes que dans les veines sous-cutanées.

Les veines des membres supérieurs n'ont pas été l'objet de recherches spéciales; nous dirons seulement que les veines superficielles forment des réseaux à larges mailles et qu'elles se terminent par deux troncs, la veine céphalique, qui se jette dans l'axillaire, et la veine basilique, qui se jette dans une des humér.des ou dans l'axillaire.

Le plan superficiel communique avec le profond au niveau des articulations : les veines collatérales des doigts s'anastomosent avec les veines profondes au niveau des replis interdigi'aux ; la veine céphalique, avec les radiales, au niveau de l'articulation trapézo-métacarpienne ; les veines postérieures de l'avant-bras, ;;vec la veine interosseuse postérieure, au-dessus de l'articulation radio-carpieune; la veine médiane, avec les veines profondes, au niveau du pli du coude ; la basilique, avec l'humérale profonde ; les veines anastomotiques sont dépourvues de valvules, d'après Sappey.

L"étendue des anastomoses qui existent entre les veines d'un segment de membre et celles des segments voisins, explique l'absence d'interruption du cours du sang d;\ns la ligature d'un gros tronc veineux. Sappey a fait des expériences qui ont démontré qu'après la ligature de la veine sous-clavière le sang du membre supérieur était ramené vers le cœur par des voies collatérales. Les anastomosas sont tellement considérables, dans cette région, qu'une injection faite avec du suif les traverse sans effort, sans dilatation préalable. La veine axillaire a été liée par

462 MEMBRES (anatomie).

Coste au-dessous de l'embouchure de la veine céphalique, et il ne se produisil aucun œdème sur le membre.

Les veines du membre inférieur ont été plus étudiées. Verneuiî et Ledenlu ont appelé l'attention sur cette partie de l'anatomie.

Les veines profondes sont au nombre de deux pour chaque artère ; les artères poplitée et fémorale sont accompagnées par un seul tronc veineux. Houzé a démontré que les veines profondes ont beaucoup de valvules, et qu'elles présentent même sur leur face interne de petits tractus fibreux. Elles ont des parois plus épaisses que celles du membre supérieur; c'est ce qu'on remarque surtout sur les veines poplitée, péronière et tibiale postérieure.

Les veines superficielles forment un plexus à larges mailles; elles tirent leur origine des veines du pied, puis des veines de la peau et du tissu cellulaire souscutané du membre. Les réseaux que l'on trouve sur la face dorsale du pied et la partie inférieure de la jambe sont beaucoup plus développés que ceux qui existent dans les autres parties du membre inférieur. Par leur réunion ils forment deux troncs, la veine saphène externe, qui se jette dans la poplitée, et la veine saphène interne, qui se jette dans la fémorale.

Les plans veineux superficiel et profond communiquent entre eux, principalement au niveau des articulations, par des anastomoses nombreuses. Au pied, Houzé a constaté que ces anastomoses présentent des valvules dont le bord concave est tourné vers la peau, de sorte que le sang passe facilement des veines profondes vers les superficielles, mais ne peut refluer des superficielles vers les profondes. Sur la jambe, les valvules ont une direction inverse ; il en résulte que le sang passe librement des veines superficielles vers les profondes, mais ne peut revenir de celles-ci vers les premières.

Les anastomoses qui existent entre les deux plans veineux sont de deux sortes : les anastomoses directes et les anastomoses indirectes ou intramusculaires. Les premières partent des saphènes ou de leurs branches et sont représentées, selon Ledentu, par une seule veine ou par deux. Les anastomoses indirectes, décrites également par Ledentu, se jettent dans les veines profondes par l'intermédiaire des veines intramusculaires.

On trouve, en outre, annexés à quelques-unes des veines du membre inférieur des canaux veineux d'un ordre spécial, que Ledentu appelle canaux de sûreté; ils ont deux attributions distinctes, suivant leurs connexions avec les troncs dont ils proviennent. Les uns, canaux de sûreté de Verneuiî, mettent en communication des segments d'une même veine, séparés par des valvules, et y équilibrent la tension ; les autres, canaux de dérivation de Ledentu, servent de voie d'échappement au sang, quand la circulation est gênée ou interrompue dans les troncs qui leur donnent naissance.

Nous avons vu, à propos du membre supérieur, que l'on pouvait lier la veine axillaire et même la sous-clavière sans produire de gêne dans la circulation en retour. En est-il de même pour le membre inférieur?

La gangrène de ce membre était considérée par Boyer et Roux comme presque inévitable à la suite de la ligature de la veine fémorale ; Guthrie allait même jusqu'à préconiser l'amputation du membre pour une plaie de cette veine. Malgaigne s'est élevé avec foixe contre ces conclusions, et a soutenu avec raison que la gangrène par oblitération de la veine fémorale était loin d'être démontrée. Voyons maintenant ce que donnent les expériences. Sappey, dans des expériences répétées, n'a pu faire pénétrer le liquide solidi-

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fiable au-dessus d'une ligature faite sur la veine crurale au pli de l'aine.

Dans une expérience que j'ai faite {Des plaies et de la ligature des veines, thèse d'agrégation, 1872, p. 113), j'ai obtenu le même résultat négatif: la fémorale est liée au-dessas de l'embouchure de la saphène, et une injection, foite à la fois par la saphène et la poplitée, remplit les veines delà cuisse, mais ne franchit pas la racine du membre. La matière à injection était de la colle de peau, siihstance à demi soliditiable. J'ai répété alors l'expérience en employant ui\ liquide non soliditiable, de l'essence de térébenthine colorée avec du vermillon. Alors l'injection, laite dans les mêmes conditions, passait avec la plus grande facilité et presque sans pression. En examinant ensuite les voies par lesquelles le liquide était remonté jusque dans l'oreillette droite, j'ai constaté qu'il avait pénétré dans toutes les branches de la veine hypogastrique, lesquelles étaient remplies de vermillon.

M. Sappey, à qui je parlai de ce fait, m'a dit qu'il était convaincu que tout liquide non soliditiable arriverait facilement des veines du membre inférieur dans le cœur, après la ligature de la fémorale.

11 est donc bien établi que la circulation en retour est largement assurée, après kl ligature de la veine fémorale à la racine du membre ; mais les expériences démontrent en même temps, que les anastomoses du membre inférieur avec le tronc sont moins larges que celles du membre supérieur.

7° Capillaires. Les canaux artériels et veineux des membres communiquent entre eux par des vaisseaux capillaires dont l'étude ne présente ici rien de spécial. Je rappellerai seulement que les capillaires varient un peu dans leurs diamètres, et forment des réseaux plus ou moins riches selon les organes ou les tissus; en ajoutant à ces variétés anastomotiques l'influence du système nerveux, on conçoit que la circulation présente des variations selon les tissus, et aussi dans les différents points du même tissu.

8" Vaisseaux dérivatifs. On a voulu établir l'existence de communications, autres que les capillaires, entre les artères et les veines. Sucquet a décrit des vaisseaux d'un diamètre assez large allant directement des artères dans les veines. Il leur donne le nom de vaisseaux dérivatifs, et prétend en avoir rencontré à la paume des mains, à la plante des pieds, au coude et au genou.

Vulpian n'admet pas l'existence de ces vaisseaux. Il a injecté dans l'artère fémorale du chien, de l'eau tenant en suspension de la poudre de lycopode, sans avoir jamais rencontré cette dernière dans les veines du membre; ce qui serait certainement arrivé, s'il y avait eu entre les deux ordres de vaisseaux des anastomoses directes, analogues à celles que décrit Sucquet.

De son côté, Sappey a fait, sur ce sujet, des recherches qui l'ont conduit aussi à nier l'existence des vaisseaux dérivatifs.

9^ Vaisseaux lymphatiques. Dans les membres, les vaisseaux lymphatiques forment comme les veines, deux plans : l'un superficiel, l'autre profond. Les troncs lymphatiques sont généralement situés en dehors des veines, et les capillaires lymphatiques sont, dans la peau, plus superficiels que les capillaires veineux.

Les lymphatiques superficiels du membre supérieur naissent de la peau, et surtout, de la peau des doigts et de la paume de la main ; les troncs qui font suite aux réseaux se réunissent en trois faisceaux : deux postérieurs ou latéraux et im antérieur; les deux premiers, formés par les réseaux digitaux, commencent sur laface dorsale du métacarpe, gagnent la face postérieure du poignet, pui^ accompagnent, l'un, les veines radiales, l'autre, les veines cubitales. Au niveau du pli

-iCi MEMBRES (asatomie).

du coude, ils se réunissent, en partie, au troisième faisceau ou faisceau antérieur. Celui-ci, né de la paume de la main, accompagne la veine médiane jusqu'au pli du coude.

Au bras, on ne retrouve plus les trois faisceaux de lymphatiques, qui existaient à r avant-bras ; ces conduits occupent ici la face interne de la région, et on en rencontre peu sur les faces antérieure et externe. Quelquefois, uuou deux troars suivent la veine céphalique (Cruiksliank, Mascagni, Sappey), et aboutissent aux ganglions sous-claviculaires. Aubry de Rennes a trouvé dans l'interstice des muscles deltoïde et grand pectoral, trois petits ganglions qui accompagnaient la veine céphalique. Les troncs lymphatiques du bras, au nombre de quinze à dix-huit, d'après Sappey, vont se jeter dans les ganglions axillaires. Dans leur trajet, ils rencontrent un gauglion superficiel situé au-devant ou au-dessus de l'épitrochlée c'est le ganglion sus-épitrochléen. 11 donne des vaisseaux efférents qui s'anastomosent avec les lymphatiques profonds. D'après certains auteurs, le nombre des ganglions superficiels du bi as serait plus considérable, il y en aurait souvent deux, trois ; Meckel en admet quatre ; Theile en décrit deux qui seraient situés à 8 centimètres au-dessus du pli du coude.

Les lymphatiques profonds du membi e supérieur suivent le trajet des vaisseaux sanguins, ils sont au nombre de deux pour chaque artère. Les ganglions lymphatiques profonds sont encore peu connus. Sappey, dont les travaux sur les lymphatiques sont si remarquables, indique de petits ganglions sur le trajet des troncs radiaux, cubitaux et brachiaux. Tous les lymphatiques profonds se terminent dans les ganglions axillaires.

Les lymphatiques du membre inférieur forment aussi deux plans, l'un superficiel, l'autre profond.

Les troncs lymphatiques superficiels naissent des réseaux de la peau des orteils, de la plante du pied et aussi, mais en moindre grand nombre, de la peau de tout le membre. Ils recouvrent la face dorsale du pied et la moitié antérieure de la partie inférieure de la jambe, puis ils suivent la direction de la veine saphèae interne pour venir se jeter dans les ganglions inguinaux.

La veine saphène externe est accompagnée aussi par des troncs lympatiques, qui viennent de la peau et des muscles de la partie externe du pied, et vont se rendre dans les ganglions poplités.

Les lymphatiques profonds suivent le trajet des artères; les faisceaux principaux accompagnent les artères pédieuse et tibiale antérieure, les artères plantaires et tibiale postérieure, et l'artère péronière. Les lymphatiques de la jambe, avant leur arrivée dans les ganglions poplités, ne présentent généralement pas de ganglions sur leur trajet; Sa[)pey a, cependant, rencontré un ganglion tibia! antérieur vers le tiers supérieur de la jambe.

Les ganglions poplités sont petits et peu nombreux, les superficiels sont situés à l'embouchure de la saphène externe, les profonds sur les parties latérales de l'artère poplitée. Us donnent naissance à des vaisseaux efférents qui accompagnent l'artère fémorale, et se terminent dans les ganglions inguinaux profonds.

La science n'est pas fixée sur l'existence d'anastomoses, entre les plans lymphatiques superficiels et profonds. Mascagni en a décrit qui siégeraient vers le tiers moyen de la cuisse, mais Sappey n'a pu les observer.

10" Nerfs. Les membres reçoivent trois ordres de fibres nerveuses, des fibres motrices et des fibres sensitives, qui viennent de la moelle épinièreet forment des nerfs mixtes ; puis des fibres vaso-motrices qui viennent du grand sympalhi-

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que, accompagnent les artères dans toutes leurs divisions, et ne présentent ici rien de particulier. Les vaso-moteurs du membre supérieur tirent leur origine du ganglion cervical inférieur ; ceux du membre inférieur naissent du plexus lombo-aortique, et un certain nombre du plexus bypogastrique.

Les troncs nerveux des membres sont reetilignes, ils marchent parallèlement aux artères et sont situés plus superficiellement que les veines. Le membre supérieur reçoit ScS nerfs moteurs et sensitifs des quatre derniers nerfs cervicaux et du premier thoracique. Le nerf circonflexe commande au mouvement d'abduction (lu bras ; le nerf radial, au mouvement d'extension des doigts, de la main et de l'avant-bras ; il tient aussi sous sa dépendance, le mouvement de supination. Trois nerfs produisent le mouvement de flexion ; le musculo-cutaué fléchit l'avant-bras sur le bras, le médian et le cubital fléchissent les doigts et la main. Le médian préside aussi au mouvement de pronation de l'avant-bras et au mouvement d'opposition du pouce.

Les aeifs sensitifs du membre supérieur tirent leur origine du plexus brachial et des nerfs intercostaux, et se rendent dans les diverses parties constituantes du membre, mais surtout dans la peau. Les nerfs cutanés, sortis des interstices musculaires, se dirigent vers les parties latérales du membre, traversent l'aponévrose et se distribuent les uns k la peau de la moitié externe du membre, les autres à la peau delà moitié interne. Aussi, Sappey, divise-t-il ces nerfs cutanés en deux groupes. Le groupe interne est formé par les rameaux des nerfs intercostaux, par une branche du radial, par tout le brachial cutané interne et, enfin, par la branche dorsale du cubital. Le groupe externe se compose des branches qui viennent du circonflexe, du radial et du musculo-cutané.

Le membre inférieur tire ses nerfs moteurs et sensitifs du plexus lombaire et du plexus sacré. Le mouvement* d'extension est produit par trois nerfs, le petit sciatique étend la cuisse sur le bassin, le crural la jambe sur la cuisse, et le grand sciatique étend le pied sur la jambe. Le mouvement de flexion est sous la dépendance de deux nerfs, les nerfs du muscle psoas iliaque et le nerf grand sciatique ; le mouvement d'adduction appartient au nerf obturateur, l'abduction au nerf fessier supérieur.

Les nerfs sensitifs proviennent tous de nerfs mixtes. Le crural donne des branches qui se rendent dans la peau des faces antérieure et interne de la cuisse, et le sciatique poplité externe, dans celle des faces externe et antérieure de la jambe. Le petit sciatique se distribue à la peau de la face postérieure du membre, qui, plus bas, reçoit des rameaux du grand sciatique.

11*^ Tissu cellulaire. Le tissu cellulaire qu'on rencontre dans les membres est disposé en deux couches : l'une sous-cutanée, l'autre sous-aponé\Totique.

Le tissu sous-cutané est formé lui-même de deux couches, l'une qui constitue le tissu cellulo-adipeux sous-cutané proprement dit, et dont l épaisseur varie beaucoup selon les individus; l'autre est le fascia super ficialis ; c'est à la surface externe de ce dernier que rampent les veines, les lymphatiques et les nerfs souscutanés.

A la paume des mains et à la plante des pieds, le fascia super ficialis manque complètement, le derme étant fixé à ^aponévro^e par des tractus fibreux.

A la racine des membres, le tissu cellulaire sous-cutané se continue avec celui des régions voisines ; puis, à travers les orifices des aponévroses d'enveloppe, il se continue aussi avec le tissu sous-aponévrotique. Ce dernier se rencontre de préférence le long des faisceaux des troncs vasculo-nerveux et, surtout, sur le pourtour

nicT. E.NC. -J s. YL ï>0

466 MEMBRES (physiologie).

des articulations, du côté de la flexion ; par ses déplacements faciles, il permet le rapprochement des segments des membres, c'est ainsi qu'on le trouve en abondance au pli du coude et au creux poplité. Le tissu cellulaire sous-apoiiévrotique se rencontre encore dans les interstices des muscles; et chez certams individus, ' chez les femmes généralement, il se charge de cellules graisseuses et forme alors entre les muscles des cloisons plus ou moins épaisses, qui se montrent à travers l'aponévrose d'enveloppe, sous l'aspect de lignes jaunâtres plus ou moins larges. Ces lignes facilitent la recherche des interstices musculaires dans les ligatures d'artères.

Le tissu cellulaire sous-aponévrolique se continue avec celui des régions voisines ; celui qui occupe le canal vasculo- nerveux du bras, se continue en haut avec celui de l'aisselle et en bas avec celui du pli du coude. Cette continuité du tissu cellulaire d'une région à l'autre, explique la pi'opagation de certains phlegmons et aussi le trajet, quelquefois très-long et très-irrégulier, des abcès par congestion. Le pus suit de préférence les espaces occupés par le tissu cellulaire, passant alors entre les autres organes.

g IL Physiologie. Usagées. Les membres jouissent de mouvements trèsétendus, dont le but diffère pour les membres supérieurs et pour les membres inférieurs ; nous n'avons pas à nous occuper des mouvements appartenant à chaque segment de membre, nous ne ferons qu'indiquer les mouvements d'ensemble.

Je dois dire un mot des mouvements de flexion et d'extension, dont la définition donne lieu quelquefois à des discussions ; il y a extension quand le segment mobile tend à se mettre dans l'axe du segment fixe, et flexion quand Taxe du segment mobile fait un angle avec celui du segment fixe. Cette opinion soutenue par Denonvilliers et Sappey est la plus rationnelle, c'est celle qui doit prévaloir. D'après cela, quand la main est dans l'axe de l'avant-bras, elle est en extension ; si sa face dorsale se rapproche de la face correspondante de l'avant-bras, il y a flexion dorsale de la main, position que l'on désigne inexactement sous le nom d'extension forcée ; si la face palmaire se dirige vers la face antérieure de l'avant-bras, la main se met en flexion antérieure ou palmaire.

Pour le pied, il y a flexion quand la face dorsale tend à se rapprocher de la face antérieure de la jambe ; ce mouvement correspond à la flexion dorsale de la main; il y a extension quand l'axe du pied tend à se placer dans le prolongement de celui de la jambe.

Les deux membres possèdent-ils chacun des mouvements de pronation et de supination? Ces mouvements sont très-prononcés au membre supérieur et se produisent à l'avant-bras, grâce à la disposition des articulations radio-cubitales; mais sur le membre inférieur on ne retrouve pas de mouvements semblables; le seul qui pourrait s'en rapprocher, ce serait le mouvement de rotation du tibia sur le fémur. Ce mouvement ne se produit que quand la jambe est déjà fléchie ; dans la position assise, la jambe jouit, en effet, de mouvements de rotation assez étendus. Sœmmering va même jusqu'à dire, que dans ce cas, la jambe et le pied ont une mobilité égale à celle de l'avant-bras et de la main, et il admet que le pied possède alors comme la main, la faculté de se placer en pronation et en supination. Le mouvement de rotation du tibia peut être considéré comme l'analogue du mouvement de rotation du radius, mais il y a loin de ce mouvement limité, aux mouvements de pronation et de supination de l'avant-bras.

Les membres supérieurs sont les organes du toucher et de la préhension, ils

MEMBRES (riiYsioLOGiE). 467

sont destinés à nous mettre en relation avec les objets extérieurs ; aussi, jouissentils d'une mobilité très-grande ; non-seulement Tarticulation scapulo-liumérale est conslituée de façon à permettre des mouvements très-étendus, mais encore les mouvements du bras ne sont presque jamais isolés et s'accompagnent de mouvements secondaires, qui se passent dans les articulations acromio-claviculaire et slerno-claviculaire.

Ces appendices ont encore pour fonction de maintenir le corps en équilibre, dans la marche et la course, et servent, pour ainsi dire, de balancier. Malgaigne a émis l'idée, qu'une inégalité considérable entre les deux membres supérieurs, pourrait peut-être amener une déviation de la colonne vertébrale, par suite des efforts que le tronc est obligé de taire, pour ne pas incliner du côté le plus lourd. Le même auteur a publié {Gazette médicale, 1832, p. 501) l'histoire d'un coureur, amputé de l'avant-bras gauche par Dupuytren et qui était devenu moins agile, par suite des efforts qu'il était obligé de iaire, pour ne pas tomber du côté droit. Dupuytren lui conseilla de porter un avant-bras artificiel, afin de rétablir l'équilibre.

Le squelette du bras est disposé de telle sorte que dans le mouvement de flexion, la main se porte vers la face antérieure de la poitrine et vers la bouche. La direction de ce mouvement est due à deux causes ; la première, est l'obliquité de la tiochlée que Bichat et Cruveilhier considèrent comme suffisante ijour amener le mouvement en dedans ; la seconde, que Sappey admet seule, est la direction de l'extrémité inférieure de l'humérus, qui ne regarde pas directement en avant, mais en avant et en dedans ; l'axe transversal mené par l'épicoudyle et l'épitrochlée se dirige, en effet, en arrière et en dedans.

Les membres inférieurs sont destinés à soutenir le poids du corps, ils servent aussi à la marche, à la translation. Ils diffèrent des membres supérieurs par leur volume plus considérable, par leur solidité plus grande et par leurs mouvements i>ioins étendus. Le fémur se meut sur le bassin, c'est-à-dire sur un point fixe, et ei' outre les surfaces articulaires sont fortement appliquées l'une sur l'autre ; en un mot le membre inférieur gagne en solidité ce qu'il perd en agilité.

Milgaigne a résumé, ainsi qu'il suit, les conditions que doivent remplir les niemL res inférieurs pour bien exécuter leurs fonctions ; on verra en même temps combien sont multiples les causes de claudication. Les membres inférieurs doivent être d'une égale longueur ; ils doivent s'insérer au bassin à un même niveau ; se fléchir dans leurs diverses articulations pour la marcIie, se raidir en une colonne solide pour la station ; leur direction doit être telle, que la plante du pied pose pleinement sur le sol, et ne soit pas trop éloignée du centre de gravité du corps ; enfin, ils doivent avoir la force nécessaire pour ne pas fléchir sous le poids qu'ils ont à supporter.

Après avoir examiné rapidement les usages et les principaux mouvements d'ensemble des membres, voyons maintenant si la circulation et l'innervation offrent quelques particularités dans ces régions.

La circulation dans les artères des membres donne lieu à quelques remarques intéressantes ; c'est ainsi que nous signalerons l'influence qu'a sur elle, la flexion et l'extension, les troubles qui peuvent survenir dans la marche quand le tronc principal est oblitéré, enfin l'existence à l'état normal des mouvements d'expansion des membres.

Dans la flexion forcée de l'avant-bras sur le bras et de la jambe sur la cuisse, on peut observer la suspension des battements dans les artères situées au-des-

40S MEMBRES (riiysiOLociE^

soub du coude et du genou. Cette notion a été utilisée dans le traitement des hémorrhagies et aussi des anévrysraes. Dans ce dernier cas, la flexion est plus efficace parce que lanévrysme forme une tumeur assez volumineuse, qui est plus facilement comprimée. Nous n'avons pas à insister ici sur les bons effets de la flexion de la jambe dans le traitement de l'anévrysme poplité.

L'extension paraît jouer un rôle analogue à la flexion ; Verneuil, en 1858, a appelé l'attention sur ce sujet dans un mémoire publié dans le journal de physiologie de Brown-Séquard. Il a constaté que, dans l'extension forcée du coude, l'artère humérale est comprimée par les expansions aponévrotiques du biceps et du brachial antérieur, et que le pouls radial est suspendu. L'auteur ne dit pas que l'interruption de la circulation soit complète, mais, que dans cette position, les artères de l'avant-bras et de la main reçoivent moins de sang. Enfin, Verneuil a fait remarquer également, que dans l'extension forcée de la jambe, les battements pouvaient cesser dans les anévrysmes poplités. Mais cette mcLliode de traitement ne doit pas être appliquée aux anévrysmes, car elle peut amener des tiraillements sur les parois du sac, qui ne se déplace pas aussi facilement que l'artère saine.

Quant aux anneaux fibreux sous lesquels passent les artères, ils ne gênent pas la circulation de ces vaisseaux, pas plus que celle des veines.

Après avoir indiqué l'influence de la flexion et de l'extension, nous voulons attirer l'attention sur un phénomène particulier qu'on observe quand la circulation artérielle des membres est gênée ou interrompuee, je veux parler de la claudication intermiUente, qui survient à la suite d'une oblitération artérielle ou d'une compression de l'artère.

Ce symptôme a été observé pour la première fois par Bouley jeune sur le cheval en 1851 ; en 1858, Cliarcot a donné, le premier, une description étendue des signes cliniques et des lésions anatomiques de la claudication intermittente chez l'homme, à propos d'un malade qui présentait une oblitération complète de l'une des artères iliaques primitives; enfin, en 1872, Ollivier a communiqué à la Société de biologie une très-intéressante observation de claudication intermittente chez l'homme.

H. Bouley explique les phénomènes qui surviennent à la suite de l'oblitération artérielle, par l'insuffisance de la quantité de sang qui afflue vers les muscles quand ceux-ci sont en activité ; exphcation qui est acceptée par Charcot et Ûllivier.

Voici comment s'exprime H. Bouley, d'après les faits observés sur le cheval : Les muscles ne demandent pas pour fonctionner une quantité de sang qui soit toujours la même. L'artère imparfaitement oblitérée, ou les voies anastomotiques adjacentes, peuvent leur en envoyer une quantité qui suffise pour l'entretien de leur activité, alors que le corps est seulement en équilibre sur ses colonnes de soutien, ou mis à une allure lente, mais qui deviendra complètement insuffisante lorsque les muscles seront sollicités à des contractions plus intenses et plus répétées, comme celles que nécessitent des allures plus rapides. Dans ces cas, l'inertie musculaire se manifeste d'une manière intermittente : au repos et pendant les allures lentes et peu prolongées, les membres dont les artères sont malades, remplissent encore assez bien leurs fonctions, comme colonnes de soutien ou comme agents d'impulsion ; mais la marche vientelle à être activée, peu de temps se passe avant que se manifestent des désordres dans la locomotion, caractérisés d'abord par l'affaiblissement croissant de l'action musculaire dans les membres dont l'artère est malade, et puis, en dcinie- lieu,

MEMBRES (physiologie). 459

par l'inertie complète de ces n)embres ; d'où résulte presque fatalement la chute du corps sur le sol. Il y reste étendu jusqu'à ce que la circulation générale se soit ralentie et que les muscles frappés cVinerlie momentanée aient récupéré par le repos leur excitabilité.

Les lignes qui précèdent définissent très-bien la claudication intermittente, en même temps qu'elles en donnent une explication claire.

La circulation veineuse des membres donne lieu aussi à quelques considérations spéciales. Nous avons vu, àproposdel'anatomie, que les membres possèdent deux systèmes veineux, l'un superficiel, l'antre profond ou sous-aponévrotique; de plus, les veines qui accompagnent les artères ne présentent pas partout les mêmes dimensions relatives. Tandis qu'au bras, à l'avant-bras, à la cuisse, à la jambe, les veines profondes sont volumineuses et forment, par leur réunion, un canal plus spacieux que le canal artériel correspondant ; au contraire, à la main et au pied, les veines profondes sont très-petites. Dans ces dernières régions, les veines souscutanées sont très-développées, elles le sont relativement beaucoup jilus que dans les autres segments des membres ; en sorte que ces veines de la main et du pied forment la principale origine des troncs veineux sous-cutanés. 11 y a là un fuit qui doit fixer l'attention du physiologiste, et du reste, la cause de cette disposition anatomique se comprend facilement ; la paume des mains, la plante des pieds étant soumises à des pressions plus ou moins considérables, plus ou moins brusques, devaient présenter un système veineux particulier, disposé de telle façon qu'une preâsion exercée sur un point quelconque de la face palmaire, par exemple, ne put interrompre la circulation veineuse dans les vaisseaux situés audessous de ce point. Pour cette raison, les veines sous-cutanées palmaires sont rudimentaires, et il y a des anastomoses nombreuses entre les veines profondes et les veines sous-cutanées dorsales.

Les veines profondes étant supposées remplies de sang, pendant la marche ou pendant la préhension d'un objet, ces veines sont comprimées, le sang est chassé ù la fois dans les veines profondes du segment supérieur et dans les veines sous-cutanées dorsales. On remarque, en effet, que les veines dorsales du pied sont très-gonflées pendant la marche.

Cette impulsion communiquée au sang veineux se reproduit à chaque instant, à chaque pas pendant la marche. C'est une force qu'il faut ajouter à celles qui impriment le mouvement au sang veineux.

Ces forces sont d'abord l'action du cœur ou vis à. tergo, qui agit d'une façon lente et continue, puis la pesanteur qui tantôt facilite et tantôt ralentit la circulation veineuse ; l'on sait en chirurgie combien est grande l'influence de la position des membres sur la circulation. Mais ce sont surtout les contractions des muscles qui font progresser le sang veineux. Ajoutons, l'aspiration thoracique qui i'acilite le cours du sang en vidant les veines caves, et aussi la contractilité des veines, qui quoique faible, existe néanmoins. A ces forces on doit donc ajouter encore l'impulsion irrégulière et intermittente qui résulte des pressions exercées sur la paume de la main et sur la plante du pied.

Ces différentes forces donnent bien au sang le mouvement, mais elles ne le dirigent pas toutes dans un sens déterminé : c'est en effet aux valvules qu'incombe le rôle de diriger le sang veineux ; elles sont disposées de telle sorte, que le sang ne peut refluer.

Avec ces données, voyons si nous pouvons apprécier exactement la circulation veineuse dans les membres.

470 MEMBRES (physioloogie).

La circulation dans le système veineux profond est très-simple ; le sang, grâce aux valvules, pénètre dans des troncs veineux de plus en plus élevés ; mais dans le système veineux superficiel, et dans les anastomoses entre les deux systèmes, la circulation est plus difficile à saisir.

Les veines superficielles reçoivent d'abord la plus grande partie du sang de la main et du pied; puis, au niveau des articulations, elles s'anastomosent avec les veines profondes, et presque toujours ces vaisseaux anastomotiques permettent le passage facile du sang des parties profondes vers les superlicielles. Il en résulte alors, que le système veineux superficiel forme une sorte de diverticulum destiné à recevoir le trop-plein des vaisseaux profonds; pendant la marche, la circulation des membres inférieurs est activée, les muscles chassent le sang veineux, qui ne trouvant .pas un écoulement assez facile par les veines profondes seules, passe dans les veines superficielles qui le transportent dans un jionit plus élevé du membre. Il est à remarquer que les troncs des veines superiicielles s'abouchent dans les grosses veines profondes, près de la racine des jnembres, dans des points oui l'écoulement du sang est facile.

Veut-on préciser davantage la direction du cours du sang veineux dans les membres supérieur et inférieur ; comme cette direction est déterminée par celle des valvules, et que ces derniers replis ne sont pas encore parfaitement connus dans leur nombre et leur disposition exacte, il en résulte que la direction du cours du sang dans chaque segment du membre est diversement interprétée.

Au membre supérieur, d'après les recherches de Houzé de l'Aulnoit, les vaisseaux anastomotiques qui unissent les veines superficielles £t profondes ne possèdent pas de valvules, de sorte que le sang passe facilement des veines profondes dans les superficielles et réciproquement. Mais, au-dessous des deux embouchures du vaisseau anastomotique, la veine profonde et la veine superficielle ont des valvules qui empêchent le reflux du sang vers l'extrémité du membre. Au membre supérieur, le système veineux sous-cutané est donc un véritable diverticulum du système veineux profond.

Dans le membre inférieur, la disposition des valvules indiquée par Houzé et acceptée par Ledentu, rend plus difficile l'explication de la circulation veineuse. Ici, les anastomoses ont des valvules ; au pied, la cavité des Talvules est dirigée vers la peau ; le sang passe donc facilement des veines profondes dans les superficielles, mais il ne peut reÛuer des superficielles vers les profondes.

A la jambe, les valvules des veines anastomotiques seraient dirigées vers l'axe du membre, de sorte que le sang, pénétrant facilement dans les veines profondes, ne pourrait revenir de ces dernières dans les superficielles. Les veines superficielles du membre inférieur ne seraient donc destinées à recevoir que le sang du pied et ne serviraient pas de diverticulum aux canaux veineux des autres segments du membre. Il semble qu'il y ait là quelques desiderata qu'une étude plus complète des valvules, faite surtout au point de vue de la circulation, pourra faire disparaître.

A propos de la circulation artérielle et veineuse des membres, nous devons dire un mot de l'influence que peuvent avoir sur le cours du sang, les anneaux ou arcades fibreuses que traversent les vaisseaux. C'est à tort, croyons-nous, que certains auteurs ont admis que les anneaux fibreux pouvaient, h l'état iiormal, comprimer les vaisseaux. Tous les anneaux que l'on rencontre dans les diverses régions des membres présentent la même disposition. Si nous prenons pour exemple l'arcade du muscle soléaire, nous voyons qu'elle s'insère par une de ses

MEMBRES (physiologie). A'A

extrémités sur le tibia, et par l'autre sur le péroné; elle reçoit des fibres musculaires qui s'insèrent toutes sur son bord convexe, et qui, au moment de leur contraction, tendent à éloigner l'arcade, des vaisseaux qui passent au-dessous d'elle, bien loin de l'appliquer sur eux.

Nous terminerons ce qui a trait à la circulation des membres par l'étude des mouvements d'expansion de ces appendices.

Les membres, comme l'a démontré Piégu, possèdent des mouvements d'expansion analogues à ceux du cerveau. Ces mouvements, qui constituent ce que l'on appelle le pouls des membres, sont rendus évidents par l'expérience suivante de l'auteur précité. On enferme la jambe et une partie de la cuisse dans une boîte, qui jouera par rapport au membre le même rôle que la boîte crânienne par rapport au cerveau. On adapte à la boîte un tube d'exploration, et on remplit l'appareil d'eau tiède. L'appareil ne contient pas d'air, el ne donne à l'eau d'autre issue que le tube d'exploration. Voici alors ce que l'on observe ; la colonne de liquide s'élève et s'abaisse alternativement dans le tube, par une double succession d'efforts, dont les uns correspondent aux mouvements respiratoires, dont les autres correspondent aux battements du cœur et au pouls. La dépression du niveau du liquide est à sou maximum dans l'mspiration, l'élévation de ce même niveau est à son maximum dans l'expiration; le passage de la dépression maximum à l'élévation maximum, et réciproquement, est marqué par une série de saccades exactement concordantes aux contractions du cœur. Les saccades de l'expiration sont accusées par une suite de mouvements de la colonne liquide vers le haut du tube; celles de l'inspiration, produites plus brusquement, par une suite rapide de sauts descendants, jusqu'à ce que le niveau soit arrivé à son point le plus bas. Généralement, il y a de deux à quatre secousses ascendantes ou expiratoires, et de une à trois secousses descendantes ou inspiratoires. C'est donc véritablement une oscillation double, composée d'une grande et de petites renfermées dans la grande. L'amplitude de ces doubles oscillations est en rapport avec l'amplitude que l'on donne aux mouvements respiratoires. C'est, comme le dit Piégu, une ressemblance complète avec les mouvements du cerveau dans l'appareil du docteur Bourgougnon.

Ces mouvements d'expansion des membres sont dus aux contractions du ventricule gauche, et à l'arrêt que subit la circulation veineuse pendant l'expiration.

Chaque ondée sanguine, chassée dans les artères, amène la dilatation de cellesci qui coïncide avec le pouls, La dilatation se produit sur toutes les artères, et a pour résultat l'expansion de la masse organique où elles se distribuent; mais le pouls n'est appréciable que dans les vaisseaux d'un certain calibre, il va en s'atténuant dans les petites divisions artérielles, au point de n'être plus perceptible que sur de grandes masses de tissus, ou bien quand il y a une vive exagération de la sensibilité , développée par quelque état inflammatoire. Cette expansion est suivie d'un retrait général qui coïncide avec la systole artérielle .

Les mouvements de la respiration ont aussi une influence sur l'expansion des membres, par l'intermédiaire du système veineux. Pendant l'inspiration, le sang s'écoule facdement dans l'oreillette droite; mais, pendant l'expiration, la poitrine se resserre, les cavités veineuses qu'elle renferme sont comprimées et livrent passage à une moindre quantité de sang veineux, qui se trouve arrêté dans sa marche centripète au moment où il arrive au niveau des parois pectorales , qu'il veut franchir. Ce sang s'accumule alors de proche en proche, depuis les limites

472 MEMDKES (piitsiologis).

des parois pectorales jusqu'à l'extrémité des membres ; c'est donc là une nouvelle cause d'expansion de ces régions ; pendant l'inspiration, le sang s'écoule facilement, les vaisseaux veineux se vident et les membres subissent un mouvement de retrait.

Ainsi donc, sur l'être vivant, les membres sont animés d'une façon continue de mouvements d'expansion et de retrait qui sont trop légers pour être perçus à l'oeil nu et au toucber, dans les conditions ordinaires, mais qui deviennent trèsmanifestes dès qu'un appareil spécial on augmente l'apparence.

Il est intéi'essant de bien connaître ces mouvements d'expansion des membres, car ils donnent l'explication de bien des sensations physiologiques et pathologiques. Piégu fait remarquer que, dans certaines conditions normales ou pathologiques, l'on éprouve dans tous les tissus mous périphériques deux sensations distinctes par leur nature et connexes cependant. Ce sont : une sorte de sentiment de dilatation générale et simultanément une pulsation rhythmée ; la première correspond au temps de l'expiration, la seconde au pouls.

Ces sensations se produisent à la suite d'une excitation générale; après une course soutenue, après des efforts répétés ; elles devieiuient très-évidentes à l'extrémité des doigts, lorsque nous pressons quelque corps solide eu faisant une expiration forte ; elles accompagnent constamment les premiers moments d'application des appareils contentifs, sur une certaine étendue de membre. A l'état morbide, on les constate dans tous les cas d'inflammations aiguës circonscrites, lorsque la sensibilité des tissus se trouve exagérée et surexcitée. Ainsi, dans l'engelure, dans le panaris, on ressent dans les doigts un état de turgidité et des battements réguliers. Chaque battement, qui correspond au pouls, donne l'idée d'une augmentation simultanée du volume des doigts, et, au moment de l'expiration, il semble que ce volume augniente encore. Ces sensations se ifetrouvent dans le furoncle, l'anthrax, le phlegmon circonscrit ; on les observe encore dans la migraine, le corjza intense, la grippe.

Eutîn, ces battements et ces mouvements d'expansion sont très-marqués dans les tumeurs cirsoides; ils existent aussi dans les tumeurs sohdes, de quelque nature qu'elles soient, quand l'élément vasculaire est abondant. L'intensité des sensations varie avec la richesse vasculaire du tissu de la tumeur.

Je ferai remarquer, entin, que ces sensations ne peuvent être perçues par le sujet lui-même que dans deux conditions, lorsque les vaisseaux sont nombreux, ou lorsque la sensibilité est exagérée.

Piégu attribue les mouvements d'oscillation du pied et de la jambe, qui se produisent quand les deux jambes sont croisées l'une sur l'autre, non à la dilatation seule de l'artère poplitée, mais à une turgescence des parties molles représentant la somme de toutes les dilatations vasculaires. Ces mouvements de projection eu avant ont une certaine puissance, et, au dire de Senar et de Haller, ils se manifesteraient encore, un poids de 50 livres étant attaché au bout du pied.

Sensibilité cutanée des membres. II était admis, jusqu'alors, que chaque nerf tenait sous sa dépendance une partie déterminée de la peau et que la section de ce nerf devait amener de l'insensibilité dans toute la région où il se distribuait. On admettait aussi que le bout périphérique d'un nerf rachidieu sectionné n'était pas sensible. Plusieurs faits de section traumatique des nerfs de la main et de l'avant-bras, avec conservation de la sensibilité dûiis le territoire du nerf lésé, vinrent jeter le trouble dans cette question. Les recherches expérimentcdes de

MEMBRES (physiologie). 473

Arloing et Tripier nons donnent l'explication des phénomènes que l'on avait observés. Ces auteurs ont étudié spécialement la sensibilité des téguments et des nerfs de la main.

Us ont constaté que lorsque l'on coupe l'un des nerfs cutanés de la main, les deux bouts sont sensibles, et que la sensibilité du bout périphérique est d'autant plus prononcée que l'on se rapproche davantage de l'extrémité terminale des nerfs ; elle s'affaibHt, à mesure que l'on s'éloigne de cette extrémité, et cesse d'exister, quand les sections des nerfs sont pratiquées au-dessus du coude.

Cette sensibilité du bout périphérique ne peut tenir qu'à la présence de fibres récurrentes. Arloing et Tripier pensent que ces fibres ont^leur source principale dans les plexus nerveux terminaux ou intradermiques des nerfs cutanés, et, d'après leurs expériences, ils admettent que chacune des divisions d'un tronc nerveux reçoit deux sortes de fibres récurrentes, les unes viennent d'une autre division du même tronc nerveux, les autres, des troncs nerveux voisins.

Sappey, par des dissections minutieuses laites sur l'homme, a constaté que les fibres récurrentes avaient encore une autre origine. 11 a observé des anastomoses très-évidentes entre les deux nerfs collatéraux du même côté des doigts, c'est-à-dire entre le radial et le médian, entre le radial et le cubital, entre la poi'tion dorsale de ce dernier tronc et sa portion palmaire. Les plus remarquables sont celles qui répondent à lu racine des doigts, et celles qu'on trouve sur les côtés delà dernière phalange. De plus, il existe d'autres anastomoses rares et déliées, qui unissent les deux collatéraux dorsaux et les deux collatéraux palmaires.

Nées de ces différents points, les fibres récurrentes remontent sur le rameau nerveux auquel elles sont destinées, mais il semble qu'aucune d'elles n'arrive jusqu'au centre nerveux; elles s'épuisent rapidement. D'après Sappey, elles se termineraient peut-être dans le tronc nerveux auquel elles sont accolées, ou s'en détacheraient pour se perdre dans la peau .

Avloing et Tripier sont donc autorisés à nier l'indépendance fonctionnelle des ûbres nerveuses, et à dire qu'il existe une corrélation fonctionnelle entre les différents nerfs qui se rendent à la peau. Il est impossible de délimiter la portion de la peau qui serait, au point de vue fonctionnel, sous la dépendance du médian, du cubital ou du radial. Si l'on coupe un seul des nerfs collatéraux des doigts, la sensibilité des téguments n'est pas modifiée sur le territoire de ce nerf ; si l'on en coupe deux, elle est un peu diminuée ; si l'on en coupe trois, elle devient obtuse ; enfin elle ne disparaît qu'après la section du quatrième.

Les recherches de Arloing et Tripier, ainsi que celles de Sappey, trouvent leur application directe, dans l'étude des phénomènes immédiats qui succèdent à la section traumatique des nerfs.

C'est surtout au membre supérieur que l'on a observé les sections des nerfs. Béclard (Descot, Dissert, sur les affect. loc. des nerfs, 1825, p. 39), rapporte une observation de section du nerf cubital, dans laquelle, pendant les premiers tjoursqui suivirent l'accident, le petit doigt et une partie de l'annulaire restèrent engourdis, et la sensibilité d'abord nulle, y devint ensuite obscure, comme si le loucher avait lieu au travers d'un gant. Paget (Paget, Lectures on surgical yatliGlogij; London, 1855) a publié deux cas de section complète du médian au niveau du poignet, dans lesquels la sensibilité reparut du dixième au quinzième jour. En 1864, Laugier a communiqué à l'Académie des sciences un cas de section du médian, dans lequel la sensibilité revint le soir même; quelques jours après cette communication, Houel citait à la Société de chirurgie, un fait de résection

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par une membrane à la vérité incomplète, et les deux membres supérieur et inférieur soi.t très-semblables l'un à l'autre, du moins à de légères différences près, telles, par exemple, qu'un faible excès d'épaisseur de la portion plantaire sur la portion palmaire. Les différences caractéristiques n'apparaissent pas avant le commencement du troisième mois. Pendant la neuvième semaine, on saisit les premiers indices de la saillie du calcanéum et de la production de l'angle tibio-tarsien, et en même temps la longueur du membre inférieur commence à devenir prédominante sur celle du membre supérieur. On peut distinguer, vers la même époque, les pbalanges unguiales, renflées comme les extrémités de baguettes de tambour, et portant des rainures semi-circulaires à la place que viendront occuper les racines des ongles. Le repli cutané formant la matrice de l'ongle n'existe réellement d'ailleurs qu'à la fin du troisième mois. Bientôt après le carpe et le métacarpe achèvent d'acquérir leurs dimensions proportionnelles normales.

Abandonnons maintenant l'examen ex-térieur des membres, pour nous occuper de ce qui se passe dans leur intimité. Nous savons qu'ils consistent exclusivement, à l'origine, en une masse de cellules embryonnaires ou indifférentes. D'où proviennent les muscles, les os, les vaisseaux et les neris qui sont les éléments les plus importants de leur constitution définitive? Gomment peut-on rattacher ces divers organes aux formations blastodermiques primitives ? Même en recourant aux observations recueillies sur les embryons de poulet, il nous sera impossible de répondre d'une manière absolument complète et précise, et nous ne chercherons pas à combler les lacunes qui existent dans cette partie de la science en affirmant ce qui jusqu'à présent demeure douteux ou simplement vraisemblable. Le premier indice de la formation des membres, avons-nous dit, est un épaississement réguhèrement circonscrit du feuillet cutané primitil. Presque simultanément, au quatrième jour de l'incubation, chez les embryons de poulet, on voit naître ces productions dérivées des masses vertébrales primitives, qu'on nomme les lames musculaire, nerveuse et osseuse (voy. Développement de V abdomen, t. Y\ p. 95). On sait qu'elles ne tardent pas à envahir le feuillet cutané primitif, et qu'elles semblent pénétrer dans son épaisseur en vertu de leur accroissement, de leur allongement progressifs. On ne peut douter que ces lames ne produisent, chacune respectivement, les muscles de l'épine dorsale et de la paroi vertébrale, les nerfs spinaux et leurs ganglions, les vertèbres et les côtes. Si donc on acceptait, comme pouvant tenir lieu d'observations positives, les simples données de l'analogie, nous ferions dériver des trois lames issues des masses vertébrales primitives les systèmes musculaire, nerveux et osseux des membres. D'ailleurs, ce qui a pu être constaté directement est en accord avec les prévisions suggérées par l'analogie. On pratique une série de coupes transversales sur l'un des membres supérieurs d'un embryon de poulet parvenu au quatrième jour de l'incubation ; l'examen microscopique démontre que les coupes à cette époque ne sont plus formées d'un tissu de cellules partout identique à lui-même, qu'un changement très-a))parent, très-aisé à percevoir, est survenu : dans l'axe des coupes, le tissu contraste, par une transparence plus grande, avec le tissu environnant, distribué à la périphérie du membre, et ayant conservé tous ses caractères précédents. Les deux substances claire et obscure, en dépit de la difféi'ence optique, sont formées de cellules embryonnaires toutes semblables. Remak a noté que les deux zones claire et obscure étaient indissolublement liées entre elles, continues l'une à l'autre, et que même

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leur ligne de contact était vague et indécise. Les deux circonstances les plus importantes sont la prolongation de cette substance plus claire au delà du membre, et sa continuation directe avec les trois lames dérivées des masses vertébiales ■primitives. Il reste un seul point, à la vérité très-important, que n'ont ])u éclaircir ni Remak ni aucun des observateurs qui lui ont succédé, malgré bien des efforts : la substance claire est-elle parvenue dans l'axe du membre par simple élongation des trois lames dérivées des masses vertébrales primitives, ou bien est-elle née sur place et, dans ce cas, est-elle originaire du feudlet cutané primitif, qui seul forme au début la substance du membre? Ou bien, pour énoncer une opinion mixte, les nerfs, le scapulum et les muscles de l'épaule dérivent-ils immédiatement et exclusivement des masses vertébrales primiùvcs, taudis que le feuillet cutané fournirait de son côté la clavicule et ses muscles?.... Les seuls faits qui demeurent certains, c'est que les systèmes osseux, musculaire et nerveux des membres se développent aux dépens de la substance claire qui occupe leur axe à un moment donné, quelle que soit la source dont elle provienne ; que le derme provient du feuillet cutané, et l'épiderme, du feuillet corné. A l'extrémité libre du moignon, Remak a observé un épaississcment de forme couique dans le feuillet corné, et il le croit destiné à la production des plumes et des ongles.

Après les généralités que nous venons d'exposer, il faudrait pouvoir traiter séparément du développement de cliacun des organes qui entreutdans la compositiou des membres, mais ce n'est guère possible, sauf pour les différentes [lièces du système osseux. On n'a que bien peu d'observations, même sur le dévelonpemeut particulier du squelette cartilagineux, et encore moins sur les muscles. Tout ce ipie nous pouvons dire ici des nerfs des membres, c'est qu'à la fin du quatrième jour d'incubation leur volume est énorme, vraiment disproportionné. Ils représentent alois une série de gros cordons cylindriques, occupant la majeure partie de l'épaisseur du membre; ils se perdent dans la zone centrale de substance claire, sans que leurs extrémités se, ramifiant ou s'amincissent; enfin leurs terminaisons demeurent vagues et confuses. Nous passons immédiatement à Létude du squelette osseux des membres ; nous y comprenons le scapulum et la clavicule, plusieurs auteurs ne séparant pas, surtout en anatomie philosophique, les os des membres de la ceinture osseuse à laquelle ils sont attachés; quant au développement des os pelviens, il a déjà été exposé à l'article Bassin (Développement du).

L'ossification de la clavicule offre matière à discussion. D'après G. Bruch, elle rentrerait dans le groupe des os, tels que ceux de la voûte du crâne, dans lesquels l'ossification se fait par envahissement, et non par substitution. En d'autres termes, la clavicule n'aurait pas une phase d'existence pendant laquelle elle serait exclusivement cartilagineuse; son tissu cartilagineux se transformerait en os au fur et à mesure de sa production, comme cela a lieu pour l'accroissement des parties du squelette dont l'ossification vient de se terminer. Je crois peu à ce mode exceptionnel d'ossification pour la clavicule, et s'il a été admis, c'est peutêtre que les premières phases du développement ont échappé à l'observation. On savait depuis longtemps que l'ossification de la clavicule était très-précoce, mais on n'en faisait remonter le début qu'à la septième semaine. En rendant les pièces transparentes par leur immersion dans la glycérine, on observe avec bien plus de sûreté qu'autrefois l'apparition des cartilages et les commencements de l'ossification, et par ce procédé on a pu constater que les sels calcaires deviennent apparents dès la lin de la quatrième semaine, dans la clavicule. A ce moment, elle

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existe réellement à l'état de cartilage rougeàlre, et sa longueur est d'environ 4 millimètres. A. son centre, on découvre une traînée opaque, c'est-à-dire une agglomération de granules osseux qui se multiplient rapidement en gagnant du côté des extrémités, « de telle sorte qiie le tour de l'os était cartilagineux, ainsi que ses deux extrémités; au centre, se trouve un axe de tissu osseux » (Rambaud et Renault, Origine et développement des os, p. 191). Kerkringe et Heister pensaient que le premier des os qui apparaisse dans le corps humain est la clavicule. La précocité de la clavicule est incontestable, mais elle existe au même degré dans plusieurs os delà face et même dans les côtes moyennes. L'allongement de la clavicule est très-rapide, surtout du troisième au quatrième mois. Jleckel a noté qu'à 2 mois elle a une longueur équivalente à quatre fois celle du fémur Au commencement du troisième mois, les courbures sont bien dessinées, et l'ossification est achevée, sauf qu'il reste une mince plaque de cartilage à l'extrémité sternale. La portion de cette plaque en rapport avec la rainure de la facette articulaire du sternum s'ossifie à l'âge de 18 ans, et se convertit en une lamelle épiphysaire, dont la réunion au corps de l'os ne s'effectue que vers le terme de la croissance, de 22 à 25 ans. Parfois cette réunion n'a jamais lieu, et cela s'est même vu sur des sujets dont toutes les autres épiphyses étaient complètement soudées aux corps de leurs os respectifs.

L'ossification de Vomoplate est assez compliquée. Elle comprend d'abord un centre principal d'ossification, avec trois points pour Yécaille, l'épine, et Yapoplujse coracoide, regardée à tort comme une épiphyse; puis neuf à dix points complémentaires, dont un pour une pièce intercalaire, analogue cà l'os cotyloïdien du coxal (voy. Développement du bassin, t. Vllf, p. 455). Le début de l'ossification, annoncé par l'opacité du cartilage, coïncidant avec l'apparition de granules osseux visibles à.la loupe, arrive entre la cinquième et la sixième semaine, et aussitôt se forment les deux points centraux de l'écaillé et de l'épine, lesquels se confondent rapidement en un seul. Au commencement de la vie extra-utérine, apparaît le troisième point au centre de l'apophyse coracoïde. L'os sous-coracdidien, ainsi que le nomment Rambaud et Renault (loc. cit., p. 193j, ou l'os intercalaire, est placé entre la base de l'apophyse coracoïde et la cavité glénoïde. 11 commence à s'ossifier de 10 à H ans. Par analogie avec Vacelahulum du coxal, la cavité articulaire de l'omoplate est constituée par trois pièces osseuses, à savoir, les trois points principaux sus-mentionnés, et l'os intercalaire. L'apophyse coracoïde se réunit au corps de l'os de 17 cà 18 ans, et cet âge est aussi très-approximativement celui où se forment les points épiphysaires. 11 y en a deux pour l'apophyse coracoïde, celui de la base et celui du sommet ; deux pour l'acromion; un pour l'épiphyse glénoïdienne, laquelle recouvre la surface articulaire d'une plaque osseuse, ayant beaucoup de ressemblance avec les plaques épiphysaires des corps vertébraux. En dernier lieu, naissent les points formant la marge épiphysaire du bord spinal, et de l'angle inférieur de l'os. La soudure des épiphyses a lieu de 25 à 28 ans.

Le développement de Y humérus doit attirer notre attention d'une manière spéciale, parce que certaines particularités de sa conformation ont acquis beaucoup d'importance en anatomie transcendante, surtout depuis les travaux de Ch. Martins, de "Welcker et de Gegenbaur; nous devrons dire quelques mots de la torsion de l'humérus, mais à la fin de cet article, pour ne pas interrompre ce que nous avons à exposer du développement particulier des os des membres. L'humérus s'ossifie par neuf points : un pour la diaphyse, trois pour l'épiphyse

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supérieure, cinq pour l'épiphyse inférieure. L'ossification commence de la cinquième à la sixième semaine, parla production de granulations osseuses au centre de la diaphyse ; quant aux extrémités, elles ne s'ossifient qu'après la naissance, conformément à cette règle : que les extrémités de la plupart des os longs demeurent entièrement cartilagineuses jusqu'après la naissance. La production de granules osseux a d'abord lieu dans l'extrémité supérieure. Pendant le cours de la deuxième année, il s'y produit trois centres d'ossification qui sont, par rang d'importance, celui de la tête humérale, celui de la grosse tubérosité, celui de la petite tubérosité. Dans l'extrémité inférieure, on ne voit encore à 5 ans qu'un seul point osseux, placé au côlé interne du condyle, le deuxième point se montre dans l'épitrochlée, mais seulement vers l'càge de 12 ans; enfin quelques années plus tard on peut constater l'existence des trois derniers points, dont l'un occupe l'épicondyle, et les deux autres la trochlée. Les trois points de l'extrémité supérieure se joignent réciproquement de 6 à 7 ans, et vers 12 ans ils constituent une masse unique. Pareille fusion des cinq points de l'extrémité inférieure s'accomplit de 19 à 20 ans. La soudure des épiphyses avec la diaphyse s'opère de 24 à 26 ans chez l'homme, un peu plus tôt chez la femme. L'extrémité supérieure, quoique la première ossifiée, est la dernière à se réunir au corps de l'humérus. On voit se vérifier ici la loi admise par Béclard, et d'après laquelle, des deux extrémités d'un os long, celle vers qui se dirige le canal nourricier est la première à se confondre avec la diaphyse. L'humérus, comme tous les autres os du reste, est loin de présenter, pendant qu'il se forme et s'accroît, tous les détails de la configuration qui lui appartiendra chez l'adulte. On peut constater, au huitièmi; mois, que la diaphyse de l'os du bras, de même que toutes les autres diaphyses en général, est lisse et arrondie, sans trace des saillies, dépressions, arêtes, surfaces inchnées, qu'il possède à l'état adulte. L'apparition successive de ces modifications superficielles n'est aucunement due à une action mécanique quelconque, résultant, par exemple, du fonctionnement musculaire. Une des principales causes de ces modifications consiste, d'après Rambaud et Renault (loc. cit., p. 199), dans la formation plus ou moins tardive de couches osseuses, qui se produisent et se répartissent d'une manière inégale à la superficie de l'os, de préférence sur les régions qui donnent attache aux tendons et aux ligaments. Au huitième mois de la vie intra-utérine, l'humérus, encore dépourvu de ces dépôts osseux superficiels qui plus tard viennent compléter sa forme, n'a offert aux deux anatomistes que nous venons de citer aucune trace de ce qu'on appelle torsion de la diaphyse, ce qui est confirmatif des résultats obtenus parCh. Martins lui-même. L'apparence cylindrique et rectiligne ne se modifie à un degré suffisant pour être immédiatement discernée que pendant la première année qui suit la naissance. Ce n'est même qu'après la réunion des épiphyses avec la diaphyse que l'épicondyle et l'épitrochlée, et peut-être aussi le col humerai, acquièrent tout leur développement proportionnel.

La pénurie des notions disponibles sur la genèse des différentes pièces du système cartilagineux empêche de contrôler l'ancienne assertion d'après laquelle mi cartilage unique, se divisant plus tard en deux parties, représenterait originairement les deux os de l'avant-bras ; 'tout ce qu'on peut dire, c'est qu'elle est peu vraisemblable. Il y a cinq points d'ossification pour le cubitus ^ un pour la diaphyse, deux pour chacune des extrémités. Comme toujours, le point central diaphysaire paraît le premier, pendant le cours du deuxième mois. Bien longtemps après, à 10 ans, quelques grains osseux, disséminés dans l'extrémité cartilagi-

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