GENEVE
Les cas de méningite entrés 1 à l'hôpital des enfants ] pendant une période de/ 10 années , nous ont \ donné en ce qui con cerne l'âge
.\u-dessous de 2 ans admis par evcep-
tion 20
Dans la 5" année 84
— i' année 58
— 5° année 54
6" année 42
— 7" année 54
— 8° année 22
— 9* année 12
— 10' année 24
— Il' année 20
— 12" année 16
— 13° année 8
— 14" année 10
— l.-)" année 10
> Sexe. La statistique donne ici des résultats variables suivant les observateurs , ce qui pourrait bien tenir à ce que le sexe joue un rôle négatif et qu'il faudrdiit attribuer les différences à des causes fortuites. Fothergill admettait que la maladie était plus fréquente chez les garçons, et Barthez n'est pas éloigné de partager cette croyance.
Coindet avait constaté l'égalité de chiffre entre les deux sexes, tandis que suivant Becquerel, les filles étaient plus souvent atteintes. Si l'on veut, d'ailleurs, considérer que les différences signalées par les observations sont extrêmement minimes, ce sera plus qu'il n'en faut pour démontrer le peu d'intérêt qn'offre cette comparaison des sexes.
J'ai tait à l'hôpital des Enfants, un relevé portant sur une période de 10 ans, et comprenant 414 malades, ce qui m'a donné comme répartition suivant le sexe:
Filles 212
Garçons -202
Ces chiffres prouvent, il me semble, ce dont on pouvait se douter par avance, que les deux sexes sont à peu près également atteints.
Dentition. 11 n'est pas contestable que la maladie est surtout fréquente, pendant la période qui répond à la fin de l'évolution du premier appareil dentaire, et au commencement du deuxième, de sorte que sans vouloir reconnaître dans cette coïncidence, un rapport de cause à effet, il est permis d'en inférer que le travail auatomo-physiologique qui préside à l'éruption dentaire, et qui d'habitude s'ac-
620 MÉ^MKGES {pathologie),
compagne de phénomènes congestifs et douloureux peut bien concourir a déterminer, du côté de l'encéphale, une fluxion propre à favoriser le développement de la phlegmasie tuberculeuse. L'influence de la dentition a été d'ailleurs reconnue ou niée par différents auteurs, sans qu'aucun ait pu donner à Tappui de son opinion autre chose que des raisonnements.
Constitution. Eu général, les sujets, enfants ou adultes, sont délicats, chétifs, pâles, en un mot très-faiblement constitués, et si l'on a pu voir la méningite tuberculeuse survenir chez des enfants qui offrent les attributs d'une conslitution robuste, ce sont des exceptions. Encore convient-il de bien examiner s'il ne s'agissait pas là de ces enfants à mine, fleurie, mais au fond très-lympbatiques et même scrofuleux. Je sais bien qu'on ne voit le plus souvent les enlants, que lorsqu'ils Sont dans le cours de la période prodromique, et par conséquent déjà très;affaiblis ; mais en interrogeant avec soin leurs parents on acquiert la conviction qu'ils n'ont jamais été robustes. Les enfants qui ont une vive intelligence et une tète volumineuse, sont le plus souvent, pour leur famille, une cause d'inquiétude et font redouter l'invasion d'une affection cérébrale. Cette appréhension, qui ne nous semble nullement justifiée, a pris sa source dans l'opinion d'anciens médecins (Hufeland, Wendt), qui considéraient comme une cause d'hydrocéphalie le volume considérable de la tète par rapjiort au reste du corps.
Nous n'avons pas constaté que cette disposition fût particulière aux enfants qui meurent de méningite ; et cette affection est inconnue dans bien des familles oiî tous les enfants ont la tête volumineuse.
Hérédité. Après ce que nous avons dit, au commencement de ce paragraphe, et dans tout le cours de l'article, sur la nature de la maladie, il est pre>que inutile d'ajouter qu'elle est héréditaire ; et c{ue les ascendants et les collatéraux des malades comptent parmi eux ou des tuberculeux ou des scrofuleux. C'est encore par hérédité qu'on s'explique la multiplicité des cas dans une même famille; et l'impossibilité pour certaines d'élever aucun enfant. Comme le plus souvent la méningite est due à une évolution précoce de la tuberculisation, il peut se faire, qu'un jeune enfant qui en meurt ait des parants en apparence très-bien portants et que dans ce cas l'influence héréditaire n'apparaisse pas. Alors il faut rechercher dans la santé des grands parents et des collatéraux, ou attendre de l'avenir l'explication de cette exception, car il arrive que le père ou la mère meurent phtliisiques longtemps après la perte de leurs enfants.
L'état mental des ascendants paraît ausji constituer un facteur important, et nous partageons tout à fait l'opinion de Rilhet et Barthez, qui attribuent une grande influence à l'aUénation mentale, à l'hypochondrie et aux troubles cérébraux en général. « Presque tous les enfants que nous avons observés dans les classes supérieures de la société, disent ces auteurs, et chez lesquels, par conséquent, l'influence des causes antihygiéniques doit être regardée comme nulle, sont nés de parents hypochondriaques ou ahénés, ou tout au moins font partie de familles dans lesquelles l'aliénation est notoire. Nous citons les classes supérieures parce que les renseignements étiologiques sont bien plus sûrs, mais nous sommes convaincus que l'influence de cette cause se retrouverait dans toutes les couches de ordre social.
Conditions sociales. Suivant les mêmes auteurs la maladie atteint les classes supérieures et moyennes dans une forte proportion, et ils se demandent si l'on ne peut pas trouver l'explication de cette prédominance, dans la fréquence beaucoup plus grande des affections mentales chez les gens riches. Mais il faudrait d'abord dé-
MÉNIISGES (pathologie). 621
montrer que la méningite tuberculeuse est moins fréquente dans les classes pauvres; ce que ne parait pas démontrer la statistique hospitalière et en second lieu que l'aliénation est plus fréquente dans les classes supérieures. Voici d'ailleurs, la slatistique des cas récoltés par Rilliet à Genève, elle ne nous semble même pas de nature à motiver la proposition de l'auteur.
Classe riche et ai^iîe 8
Classe moyenne 25
Pauvres 27
Misérables 2
Les saisons n'ont évidemment qu'une influence secondaire sur le développement de la maladie, mais en consultant les différentes statistiques laissées par Guersant, Piet, Rilliet et Barthez, on voit la fréquence augmenter du mois de janvier au mois d'août et diminuer ensuite :