GÉOGRAPHIQUE
lS°o6' à 22'55'
Dans ce tableau, toutes les localités ont été rangées selon l'ordre de leur température moyenne, eu commençant par la température la plus élevée {Asie
méridionale, 25'^, 06), et en finissant par la plus basse {Laponie, 0°). Puis, chacune des trois colonnes princijjales (1° température annuelle, 1" âge de la puberté, 5° latitude géographique) se trouve précédée d'une colonne de numéros d'ordre, qui a pour objet d'indiquer quel est, dans la succession des éléments de cette colonne, le rang ou l'importance que chacun d'eux y occupe. Par exemple, dans la seconde grande colonne relative à l'âge de la puberté, on voit que le numéro d'ordre qui correspond à Marseille est trois, et que celui qui correspond à Paris est huit; ce qui signifie que Marseille, au point de vue de la précocité de la première menstruation, occupe le troisième rang, quoiqu'il ne tienne que le sixième sous le rapport de la température moyenne, et pareillement que Paris arrive en huitième ligne pour la précocité menstruelle, quoiqu'il ne soit qu'en onzième ligne pour la température moyenne et qu'en treizième pour la latitude géographique.
On voit ainsi que, par la comparaison des numéros d'ordre pour une même localité, il est facile de constater si celle-ci conserve une proportion exacte entre la température, l'âge de la puberté et la latitude, ou bien si, au contraire, elle s'en écarte et quel est le degré de l'écart. C'est ainsi que pour Lyon, comme pour l'Asie méridionale et pour Corfou, les rapports entre les trois termes sont parfaitement conservés. Mais il n'en est plus de même pour les autres villes ou contrées, dans lesquelles on voit qu'une certaine discordance existe entre les trois termes dont il s'agit. Il est remarquable, par exemple, que la Laponie, qui occupe le dernier rang quant à la température moyenne et à la latitude, corresponde cependant au vingtième quant à l'âge de la puberté; et que Copenhague, qui, au contraire, occupe la dix-huitième ligne relativement à la température et la dix-neuvième relativement à la latitude, se trouve relégué au vingt-deuxième rang quant à l'époque de la première menstruation.
Que signifient ces discordances, si communes qu'en réalité elles constituent la règle ? Elles indic[uent évidemment que d'autres éléments exercent aussi leur influence pour avancer ou retarder l'âge de la puberté, et qu'ils modifient de la sorte l'accord naturel qui se serait manifesté, en dehors d'eux, entre le climat et l'apparition de la puberté. Déjà nous avons signalé deux de ces éléments : la constitution originelle de l'appareil génital, et l'hérédité ou la race. 11 nous reste à en indiquer plusieurs autres, dont l'action n'est pas moins incontestable. Mais, avant d'aborder ce dernier point, revenons encore sur la question des climats qui a été l'objet de si nombreux travaux.
Raciborski, pour dresser le tableau ci-dessus, a utilisé les statistiques de Robertson, de Courty, de Raffaello Levi, du docteur Bernard, d'Albert Puech, de Bouchacourt, de Pétrequin, de Brierre de Boismont, de P. Dubois, de de Soyre, de Francis Demouy, de Leudet, des docteurs Guy, Lee, Murphy et Tilt, etc., etc. Nous ne croyons pas devoir nous étendre longuement sur cette étude, assurément très-intéressante au point de vue physiologique, mais lort complexe, fort obscure encore dans les détails, et surtout d'une utilité presque nulle sous le rapport de la pratique. Nous nous bornerons, en conséquence, à reproduire quelques passages du traité de Raciborski.
Sous la latitude moyenne de l'Asie méridionale, qui s'étend de 20 à 25°, l'époque de la puberté correspond à douze ans dix mois et vingt-sept jours ; sous la latitude de Laponie, qui est à 68", la puberté s'observe, au contraire, à seize ans sept mois et vingt-sept jours. « Il y a donc, entre ces deux i:oints du globe, séparés par 48" de latitude, trois ans dix mois et treize jours de difiérence quant à
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l'âge correspondant à la première raenstruation. Si l'on coupe cette dislance par moitié, on tombe à peu près sur la latitude de Paris, qui est de 48"50'14". La moyenne de la puberté, con-espondant à Paris à quatorze ans sept mois, se trouve de vingt et un mois et seize jours plus élevée que celle des Indes, et de vingt-trois mois et trois jours moins élevée que celle de la Lapoiiie. La moitié de trois ans dix mois et treize jours étant de vingt-trois mois et six jours, il est facile de voir que le rapport entre les degrés de la latitude et l'âge de la puberté se montre d'une certaine exactitude.
« Mais ce rapport n'est plus aussi régulier à des distances moins grandes, par exemple, entre Toulon et Cliristiania. La latitude de la première de ces villes est de 43°, celle de la seconde est de 59°, ce qui domie 16' de différence. L'âge de la première éruption des règles à Toulon est de quatorze ans; à Christianiii, il est environ de seize ans, ce qui donne deux ans de différence pour 16°, ou un an pour 8° de latitude.
« D'un autre côté, entre la même ville de Toulon et Varsovie, il y a 9' de différence dans la latitude géographique (45° et 52°). L'ùge moyen de la première éruption des règles ne présente, au contraire, dans ces deux villes qu'un an de différence (quatorze et quinze ans), ce qui fait un an pour 9° de latitude. Entre Toulon et Gœttingue, il y a 8° de différence dans la latitude (45° et 51°); la différence dans l'âge correspondant à la puberté étant de deux ans (quatorze et seize ans), il en résulte une proportion d'un an pour 4° de latitude.
« Un an de différence dans l'âge de la puberté correspondrait donc à une différence, tantôt de 8°, tantôt de 9° et tautôt de 4° de latitude. Ainsi, on peut admettre comme certain qu'en général l'âge correspondant à la puberté est en raison directe de la latitude géographique ; mais il ne faut pas s'attendre à trouver un rapport exactement proportionné entre les degrés de latitude et l'âge représentant l'époque de la première menstruation. »
La remarque qui précède touchant l'iulluence de la latitude peut, d'ailleurs, s'appliquer exactement à celle de la température. C'est ce qui ressort d'une laçon manifeste de l'étude comparée des éléments du tableau que nous avons donné à la page 706.
D. Influence du milieu : ville ou campagne . Régiyne alimentaire ; éducation; position sociale Toutes les conditions extérieures au milieu desquelles se trouve placée la jeune fille sont susceptibles, par leur continuité, de hâter ou de retarder la première apparition de ses menstrues. La température , ou plutôt le climat, représente une de ces conditions les. plus importantes. L'habitation dans les villes ou dans les campagne^, de même que le mode d'éducation et le régime ahmentaire, en représentent d'autres dont l'influence n'est pas moins réelle, quoique plus restreinte. Brierre de Boismont, l'un des premiers, chercha à déterminer le degré d'action de ces dernières. Comparant un certain nombre de femmes nées à Paris et habitantes de cette capitale, avec d'autres femmes originaires de diverses contrées de la France, il trouva pour âge moyen de la puberté : chez les premières,» quatorze ans six mois, et chez les secondes, quatorze ans dix mois, ce qui constitue une différence de quatre mois à l'avantage des Parisiennes.
De sou côté, Raciborski, poursuivant la solution du même problème, s'appliqua à ne comparer avec les jeunes filles nées à Paris que celles qui appartenaient à des communes voisines, telles que Vilry, Choisy-le-Roi, Thiais, etc.; cette précaution ayant pour but d'égaliser autant que possible les conditions géo-
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logiques et météorologiques. Or, sur 50 observations de villageoises ainsi recueil lies, il trouva que :
i fem.T.e avait ité formée l\ 10 ans.